Celui-là, il est pour Fabiquen. Je sais que c'est pas vraiment la scène qu'il voudrait le plus mais ça devrait faire un bon deuxième. En tous cas, c'est une scène dont on a parlé après une de ses longues reviews (je sais pas pourquoi je précise, ses reviews sont toujours aussi interminables que mes notes d'auteur, ça doit être pour ça qu'on s'entend bien) et qui nous avait fait rire. J'espère qu'elle vous plaira aussi. J'ai rajouté d'autres idées que celle qu'on avait eu au départ. Joyeux Noël (chut, dites pas que je suis en retard !).
Oui, bon, je vais essayer d'en faire un peu plus, promis, mais en ce moment, j'ai l'inspiration fouillis, j'ai des tonnes de choses commencées en même temps, tout avance mais j'ai rien de clôturé, publiable.
Ils n'ont pas réfléchi avant de s'installer ensembles. Ils venaient de passer trois semaines parfaites en vacances ensembles et avaient adoré se réveiller dans les bras de l'autre. L'idée d'étendre ce sentiment parfait au reste de l'année leur semblait tellement naturelle. Ils n'avaient pas pensé que deux semaines de vacances à l'étranger n'avaient rien à voir avec partager le quotidien.
Ils vivaient ensembles depuis trois mois quand leur première dispute éclata. Ou plutôt leur première dispute due au fait de vivre ensembles. Surprenant que ça ne soit pas arrivé plus tôt : ils avaient chacun leurs petites manies et disons que ça demandait quelques ajustements.
« David ! Tu peux venir s'il te plait ? » cria Sebastian depuis les toilettes.
« Oui, qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Dave en arrivant vers son petit ami.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? »
« Heu… la cuvette des toilettes. » répondit Dave en jetant un œil à ce que Sebastian montrait. « Je pensais qu'à ton âge, tu saurais ça. »
« C'est pas de ça que je parle ! »
« D'accord… Tu parles de quoi alors ? »
« Y a rien qui te choque ? »
« Heu… non. Je devrais ? Je sens que je devrais. »
« Regarde bien la lunette. »
« Tu l'as changée ? Désolé, elle est de la même couleur que l'ancienne… »
« Je l'ai pas changée non. »
« Alors c'est quoi le problème ? Je comprends pas. »
« Regarde bien. Elle est comment là ? »
« Elle est… baissée ? » répondit Dave précautionneusement de peur de donner la mauvaise réponse.
« Voilà… Tu as enfin compris. »
« Honnêtement non, je vois toujours pas ce que c'est le problème. »
« Tu vois pas le problème ? »
« Non, je ne vois pas le problème. Tu peux peut-être me l'expliquer au lieu de jouer aux devinettes à sept heures du matin parce là il faut que je me prépare pour aller en cours. » s'énerva Dave.
« Dix-neuf ans que je dois lever et baisser cette putain de lunette à chaque fois que je vais pisser parce qu'apparemment, c'est à nous les hommes de faire tous les efforts pour que ces demoiselles n'aient rien d'autre à faire que s'asseoir tranquillement comme des princesses sur leur trône et quand enfin je m'installe avec mon petit ami sans une femme à l'horizon, il faut que je tombe sur le seul mec qui kiffe ça de baisser la lunette. »
« C'est juste ça le problème ? Il suffisait de le dire. Je ferai un effort pour la laisser levée. »
« Merci ! »
« Autre chose ? »
« Non, c'est tout. »
« Bon. Œufs brouillés ou omelette ? »
« Omelette ? Au fromage et au bacon s'il te plait. » répondit Sebastian, un peu radouci.
« Au fromage et au bacon, d'accord. » dit Dave en embrassant la joue de son petit ami.
Il fallu quelques mois, voire quelques années et plusieurs disputes avant que Dave ne perde sa vieille habitude.
« Tu peux me passer le lait Vid s'il te plait ? »
« J'adorerais ça, mais on n'en a plus. »
« Quoi ? C'est toi qui a fait les courses la dernière fois. Pourquoi tu en as pas repris ? »
« J'espère que tu plaisante là Sebastian ! »
« Non, pourquoi ? »
« Mauvaise réponse ! Je n'ai pas racheté de lait parce que quelqu'un a entamé la bouteille de réserve sans prévenir et qu'en plus ce même quelqu'un a fini la bouteille de lait, toujours sans rien dire et a remis la bouteille VIDE au frigo. Je croyais qu'il en restait, c'est pour ça que j'en ai pas racheté. Alors si tu veux du lait, tu lève tes fesses et tu vas en acheter. »
« Ou… je pourrais aller en chercher directement à la source. » dit Sebastian d'un ton suggestif en s'approchant de Dave.
« Commence par ta source personnelle parce qu'il n'y a aucune chance que tu ais accès à la mienne aujourd'hui. »
« Oh mais c'est qu'il est fâché mon bébé d'amour. »
« Essaie pas de m'attendrir, la prochaine fois, tu y repensera à deux fois avant de laisser la bouteille vide au frigo. »
En ressortant de sa douche après cette dispute là, Dave lança une dernière pique.
« Si tu sors pour acheter du lait, pense à prendre du gel douche aussi. C'est quand même pas compliqué de mettre la bouteille à la poubelle quand elle est vide ! » et sur ces mots, il jeta la bouteille de gel douche vide en direction de son petit ami qui la rattrapa de justesse.
C'est après cette dispute là qu'ils avaient mis en place le tableau de la liste des courses sur lequel chacun inscrirait au fur et à mesure ce qui manquait dans l'appartement. Ca n'empêcha pas d'autres disputes à ce sujet par la suite, Sebastian était assez tête en l'air pour ce genre de gestion, mais dans l'ensemble, ça fonctionnait plutôt bien.
Et quelques années plus tard, quand Lucy, Nalani et Adam avaient atteint l'âge de manger autre chose que du lait maternisé au petit déjeuner, Sebastian n'oubliait jamais d'ajouter à la liste leurs parfums de pop tart préféré quand l'un d'eux allait dormir chez eux.
« David, tu as vu mon pull en cashmere noir ? »
« Heu… Ailleurs que sur toi quand tu le porte ? Oui, des dizaines de fois dans le dressing. »
« Okay et sinon, dernièrement, depuis la dernière fois que je l'ai porté ? »
« Non, je sais pas. Tu as regardé dans le dressing ? »
« A ton avis ? »
« Ben je sais pas moi, peut-être au sale non ? »
« J'ai retourné tout l'appartement, je le trouve pas. »
« Dans le linge à repasser peut-être. »
« C'est du cashmere David, ça se repasse pas. »
« Essaie quand même, on a pu le mettre dans la pile par erreur. »
« Je vois pas comment, ce qu'on met à repasser, ça sort du sèche linge, ce pull ne va pas au sèche-linge. »
« Ah bon… » dit Dave d'un air penaud.
« Vid ? Tu l'as pas mis au sèche-linge ? »
« Heu, je… »
« David ! »
« Sebastian ? » rétorqua Dave d'une petite voix.
« Tu l'as mis au sèche-linge, c'est ça ? »
« Heu… »
« Mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête ? »
« Je l'ai pas mis au sèche-linge. »
« Alors qu'est-ce qui lui est arrivé ? »
« Il a pas tellement apprécié son passage à la machine à laver. »
« C'est du cashmere ! Evidemment qu'il a pas aimé son passage à la machine à laver ! »
« J'ai pas fait exprès. » s'énerva Dave.
« Encore heureux ! Il manquerait plus que tu l'ais fait exprès. »
« Peut-être qu'il aurait juste pas dû être dans le bac de linge sale s'il ne se lave pas à la machine. »
« Et où tu voudrais que je l'ai mis ? »
« Je sais pas moi. A un endroit qui dit je suis sale, il faut m'amener au pressing. Juste pas là où on met tous nos vêtements à laver à la machine. »
« Attends, tu es quand même pas en train de me dire que c'est de ma faute si tu as mis mon pull préféré à la machine ? »
« Et pourquoi pas ? C'est juste un pull Sebastian, c'est quand même pas la fin du monde. Je t'en achèterai un autre. »
« C'est pas juste un pull Vid, c'est le pull que tu m'as offert pour nos six mois ensembles. »
« Je sais, mais c'est quand même juste un pull. C'est pas un signe de rupture, toute notre histoire est pas dans ce pull. »
« Pour toi, peut-être. Moi je l'aime ce pull. Quand je le mets, je pense à toi, c'est comme si je me blottissais dans tes bras. Quand tu es pas là et que tu me manques, il me rassure. »
Dave se mit à sourire comme un idiot en entendant cette confession et Sebastian s'énerva en voyant ça.
« Voilà, je savais que tu te moquerais de moi si je te le disais. Mais tu as pas le droit de te moquer quand je suis énervé contre toi. »
« Je me moque pas de toi, je trouve ça adorable. Est-ce que je peux m'en tirer en te proposant mes vrais bras pour cette fois-ci ? Promis, je t'achèterai un autre doudou dès demain. »
« C'est pas un doudou. » bouda Sebastian.
« Si, c'en est un. Mais c'est pas grave. » dit Dave en allant chercher le vieux tee-shirt vert avec la Tour Eiffel que Sebastian lui avait prêté la première fois qu'il l'avait ramené chez lui.
« C'est quoi le rapport avec notre dispute ? » demanda Sebastian, un peu perdu.
« Le rapport, c'est que j'ai un doudou moi aussi. Quand tu me manque, je sors ce tee-shirt. »
« Mais il est affreux. »
« Peut-être, mais il me fait penser à toi. Tout le monde ne peut pas avoir un pull en cashmere comme doudou. Est-ce qu'on peut arrêter cette dispute maintenant ? »
« On peut y penser. » répondit Sebastian en se blottissant dans les bras de Dave. « Il faut juste que je trouve autre chose à porter pour ce dîner. »
« Ou… on pourrait appeler Tyler et Lisa et leur dire qu'on est malades et passer la soirée tranquilles tous les deux. »
« Ca, c'est un programme qui me plait. » répondit Sebastian en glissant une main sur l'entrejambe de Dave.
« Alors ça, c'est quelque chose que ce tee-shirt ne fait pas. »
« A quel point il n'a pas aimé la machine à laver ? »
« On va dire qu'il doit être à la taille parfaite pour un enfant de six ou sept ans. » répondit Dave en soulevant Sebastian qui s'accrocha à lui, les jambes autour de sa taille.
Ils achetèrent une panière spéciale pour le linge à amener au pressing dès le samedi suivant et Dave racheta un pull à Sebastian. Mais ils gardèrent le pull rétréci en souvenir. Quelques années plus tard, ils choisirent d'en faire cadeau à un enfant qui avait pris beaucoup d'importance dans leur vie.
« Sebastian, il faut que tu apprennes à te contrôler ! » s'écria Dave à peine passé la porte de l'appartement.
« Quoi ? Il nous insultait et j'aurais dû laisser faire ? » s'énerva Sebastian.
« Oui, tu aurais dû. Il faisait deux têtes de plus que toi et il était peut-être pas seul. »
« Et alors quoi ? Ca l'autorisait à nous insulter en toute impunité ? »
« Non, bien sûr, j'adorerais que tous les crétins de la terre se fassent remettre à leur place. Mais tu ne peux pas toujours t'en charger Scar. »
« Je peux pas tous les remettre en place, mais si je le fais pas avec ceux que je rencontre, qui le fera ? »
« J'en sais rien, je m'en fiche. Mais je tiens à toi, je veux pas que tu te fasses tuer parce que tu seras tombé sur un nerveux et que tu auras pas su tenir ta langue. »
« Il m'a pas tué tu vois. »
« Pas cette fois-ci, mais ça pourrait arriver. Je m'en remettrais pas si ça arrivait. »
« Désolé, mais je refuse de me laisser insulter… »
« Ah, tu es tellement frustrant parfois Sebastian ! Je t'aime, en vie. Je n'aime pas particulièrement me faire insulter non plus, mais j'ai juré de ne plus utiliser mes poings il y a des années. »
« Personne te le demande David. »
« Si, c'est exactement ce que tu m'obligeras à faire un jour si tu ne perds pas cette mauvaise habitude. Parce que le jour où l'un d'eux voudra te battre comme Blaine après son bal au lycée, tu ne peux pas espérer de moi que je reste les bras ballants sans rien faire. »
« Ca n'ira jamais jusque là. »
« Ah oui ? Et pourquoi pas ? Blaine n'avait rien fait, il ne leur avait rien dit, tout ce qu'il avait fait c'était aller à un bal avec un autre garçon. Tu peux me dire pourquoi toi ça ne t'arrivera pas alors que tu passes ton temps à les titiller ? Tu crois que tu es invincible ? »
« Je préférerais mourir sous leurs coups que me faire trainer dans la boue sans rien dire. »
« Je te hais Sebastian. Je t'aime mais quand tu fais ça, je te déteste. Je déteste savoir que tu préférerais me laisser pour toujours plutôt que juste laisser dire, une fois de temps en temps. Je ne viendrais pas fleurir ta tombe si ça arrive, tu es prévenu. »
Sur ses mots, Dave ressortit de l'appartement en claquant la porte violemment derrière lui, laissant Sebastian repenser à son comportement. Il fit plusieurs tours du quartier en marchant, laissant l'air frais de novembre apaiser un peu son angoisse d'un jour être séparé de l'homme qu'il aimait le plus à cause de son habitude de toujours titiller les homophobes sans jamais se soucier des conséquences.
« Non Vid, pas moyen. »
« Mais pourquoi pas ? »
« Parce qu'on l'a déjà vu des centaines de fois déjà. »
« Et alors ? C'est un bon film quand même. »
« Non Vid, un bon film c'est Le Majordome par exemple. »
« Mais tu peux pas comparer, c'est pas du tout le même genre. »
« D'accord, alors je vais te faire une comparaison que tu ne pourras pas réfuter. Love Actually, ça c'est un bon film. Pas ton 27 robes. »
« D'accord, Love Actually est meilleur, mais j'ai pas dit que c'était le meilleur film, juste que c'était un bon film. »
« Pas assez bon pour que j'accepte de regarder ça alors qu'il y a un match des Jets. »
« Quoi ? Les Jets ? Tu veux me faire rater 27 robes pour un match des Jets ? Est-ce que tu plaisante ? »
« Pas du tout, il est hors de question que je rate un match des Jets. »
« Les Jets ? Tu es sérieusement encore supporter des Jets ? Non, c'est juste pas possible. »
« Oui, je suis toujours fan des Jets. Me lance pas là-dessus, je vois toujours pas ce que tu trouve aux Bears. »
« Je sais pas, au hasard, c'est l'équipe de Chicago. Tu as qu'à le dire si tu aimerais mieux vivre à New-York. Fonce, Kurt est célibataire en ce moment je crois. »
« Non mais tu me fais quoi là ? Ca n'a rien à voir. C'est juste une équipe de foot, ne mêle pas Kurt à ça. »
« Et pourquoi pas ? »
« Parce qu'on en a déjà parlé des milliers de fois. Et surtout parce qu'on parle pas de Kurt là. »
« Tu préfères qu'on parle de Blaine peut-être ? »
« Mais je m'en fiche de Kurt et de Blaine, je suis avec toi, j'ai pas envie d'aller voir ailleurs. Je supportais les Jets avant de vous connaître tous. Et arrête de changer de conversation, on regarde le match. »
« C'est pas possible, je refuse de rater 27 robes pour un match des Jets. »
« Mais tu as le DVD Vid, pourquoi tu tiens tant à le regarder justement ce soir ? »
« Je dois à tout prix avoir une bonne raison ? »
« Pour me faire rater mon match, il vaudrait mieux que tu ais une bonne raison oui. »
« Ben désolé, j'ai pas de bonne raison, j'avais juste envie de le regarder ce soir, OK ? » s'énerva Dave.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu as eu une mauvaise journée, c'est ça ? »
« Mais non, je vois pas ce qui te fais dire ça. »
« Tu insiste pour voir le film que tu regarde quand tu as pas le moral, tu me soupçonne de vouloir regarder le match parce que j'aimerais mieux vivre à New-York avec Kurt ou Blaine. Je te connais Vid, il y a quelque chose qui te tracasse. »
« Je crois que j'ai raté mon dernier examen. Ca compte pour la moitié de la note. Je vais rater mon année. Je… Je savais que j'avais choisi la mauvaise filière. Comment je peux être un prof crédible si je rate mes examens ? » lâcha Dave, la voix tremblotante.
« Hé, non, Vid, je veux plus t'entendre dire ça. Tu vas être le meilleur prof qu'ils auront jamais eu. Et tu as pas encore raté ton année. Tu me fais le coup à chaque fois, tu me dis que tu as raté, et au final, tu as eu une super note. On va regarder 27 robes, on va manger un pot de glace, on ira se coucher et demain ça ira mieux, d'accord ? »
« Non. Tu as raison, on regarde le match, on garde la glace et si ça va pas mieux demain, on pourra regarder 27 robes. Et je suis désolé. Pour ce que j'ai dit à propos de Kurt et de Blaine. Je le pensais pas vraiment. »
« Je sais, ça va, je te pardonne. »
Sebastian savait. Il savait que Dave avait cette tendance à se sentir menacé quand son moral n'était pas au beau fixe. Souvent c'était Kurt ou Blaine, mais ça pouvait être n'importe quel homme de leur entourage. Une fois même, il avait fait une scène à propos de Lisa quand il avait été inquiet à propos du dernier examen médical de Paul, qui n'avait finalement rien révélé d'autre qu'un petit pic de cholestérol sans gravité.
Au fil des années, Sebastian avait appris à savoir que si Dave le soupçonnait de tromperie au milieu d'une dispute qui n'avait vraiment rien à voir, c'était signe qu'il devait s'inquiéter d'autre chose.
