Bonjour à tous et Bonne Année. Que 2014 vous apporte joie et bonheur dans tous les domaines.

J'ai écrit ça il y a un petit moment déjà, en fait, bien avant d'avoir écrit le chapitre dans lequel ce moment est évoqué. C'est écrit comme une page de journal intime du point de vue de Sebastian. Ca concerne sa première fois, autrement dit, sa seule fois avec quelqu'un d'autre que Dave (je clarifie, des fois que j'ai pas été claire à ce sujet dans La Rose et Le Renard, mon Sebastian est une grande gueule, comme on dit dans les pubs, ceux qui en parlent le plus… )

Pour ceux qui n'ont pas lu La Rose et Le Renard avant d'atterrir ici, d'abord, vous avez tort (et le tort tue) parce que c'est une jolie histoire dont je suis plutôt fière et ensuite, il faut savoir que sa première fois ne s'est pas bien passée, donc, si vous êtes un peu sensibles, j'entre pas trop dans les détails je crois, mais au cas où, peut-être vaut-il mieux s'abstenir.


Je l'aimais. Enfin, je crois que je l'aimais, je ne suis plus sur de rien après hier soir.

Stéphane m'a emmené au restaurant pour fêter nos deux mois ensemble. Il savait que je n'avais aucune expérience en matière de sexe. Il a vingt ans, pour lui c'est pas nouveau, il a déjà fait ça des millions de fois, avec plusieurs hommes. Et même une ou deux filles quand il était encore au lycée avant de réaliser qu'il n'aimerait jamais ça. Il est expérimenté, sûr de lui.

Il ne me mettait pas la pression pour qu'on couche ensemble mais je voyais bien qu'il en avait envie. Et je l'aimais tellement. Je crois que je l'aimais en tous cas. Je voulais lui donner ce qu'il voulait. Mais ça fait tellement mal maintenant.

Je voulais lui faire plaisir. Je devais avoir l'air nerveux au restaurant parce qu'il a passé le repas à me demander si j'allais bien. Je l'aimais. Je l'aimais vraiment.

Je ne sais pas trop comment j'ai réussi à lui dire ce que je voulais. En montant dans sa voiture pour qu'il me raccompagne chez moi avant de rentrer dans son petit appartement de banlieue, je ne sais pas trop comment c'est sorti mais je lui ai dit que je voulais finir la soirée chez lui.

Il a eu l'air d'hésiter mais ensuite il a démarré la voiture. L'arc de triomphe, la tour Eiffel qui s'éloigne, le périphérique, l'autoroute. Je n'ai pas vu passer la demi-heure que ça nous a prit pour arriver à son immeuble.

Je l'aimais tant. Pourquoi il m'a fait ça ? Ca fait si mal ! Il m'a demandé si j'étais sur avant de sortir de la voiture et j'ai répondu oui. On a pris les escaliers pour monter jusqu'à son appartement. Mon cœur battait si fort, je pensais qu'il allait exploser.

Et on s'est retrouvés dans son appartement. Il m'a proposé un verre, pour me détendre, il a dit. Ensuite, je sais pas vraiment ce qui s'est passé, soudainement on était dans sa chambre, nus tous les deux, à nous embrasser et il frottait son érection contre ma cuisse.

Je me suis retrouvé allongé sur son lit, sa main s'affairant à me faire bander pendant qu'il me parlait à l'oreille. Il me parlait en anglais. Pourquoi ? Il est français et on a toujours parlé dans sa langue. Je comprends pas pourquoi il s'est mis à parler anglais.

Il me disait de me détendre et que tout allait bien se passer et qu'il m'aimait et qu'il ne me ferait jamais de mal et que je devais avoir confiance en lui. Et j'avais confiance.

Je l'aimais et il m'aimait, il ne pouvait rien arriver de mal, non ?

J'étais à peine à moitié raide dans sa main et quand il a demandé si je voulais que ce soit lui qui me prenne, je n'ai rien pu faire d'autre que hocher la tête.

Et après, c'est allé très vite. Je n'ai pas vu d'où il a sorti les préservatifs et le tube de lubrifiant et il m'avait déjà fait allonger sur le ventre. Allongé contre moi, son souffle chaud dans mon cou. Et tout d'un coup c'est là, un doigt qui s'enfonce, froid et humide et sa voix qui me murmure que ça va faire un peu mal au début, qu'il faut juste que je me détende et il promet que ça sera bien. J'ai confiance, je l'aime. Son doigt bouge et mes muscles protestent contre l'intrusion.

Je mords l'oreiller, ça va passer.

Et puis un autre doigt et encore un autre. Mes muscles semblent avoir abandonné la bataille et il croit que tout va bien. Ca brûle à chaque fois que ses doigts bougent. Et je me demande combien de temps ça dure ''au début''. Et puis ses doigts ne sont plus là. Et c'est comme une délivrance.

Et ensuite il est là, le poids de son corps sur moi. J'ai envie de l'arrêter, de lui dire que j'ai changé d'avis mais les mots restent coincés dans ma gorge. Ses mains sont sur mes épaules et quelque chose appuie juste là où ses doigts étaient.

Tout se mélange. Sa voix dans mes oreilles dont je ne comprends plus les mots, son souffle chaud dans mon cou, ses mains qui se baladent sur moi.

Et le cri que j'étouffe dans l'oreiller quand son sexe s'enfonce lentement en me donnant l'impression de m'ouvrir en deux.

Il a dû croire que c'était un cri de plaisir ou je sais pas mais il a continué. Il n'a plus bougé. Combien de temps ? Aucune idée. Ca pourrait être trente seconde ou dix minutes. Et puis il s'est remis à bouger.

Son sexe allait et venait en moi et j'avais envie de hurler, de lui dire d'arrêter mais je n'y arrivais pas. Je bandais plus du tout et j'avais mal partout.

Mais je l'aimais, je pouvais plus lui dire d'arrêter. C'est moi qui avais voulu.

Je sais même pas combien de temps il a continué à faire sa petite affaire en me soufflant des mots à l'oreille. Il a finit par se retirer, il a enlevé le préservatif et il s'est branlé jusqu'à jouir sur mon dos.

Je me rendais pas vraiment compte que je pleurais. Il m'a nettoyé le dos et puis il m'a fait retourner. Il a vu que je bandais plus, il a dû croire que j'avais joui aussi et ça l'a pas étonné plus que ça qu'il n'y ait pas de sperme sur les draps.

Il a essuyé mes larmes en me souriant l'air un peu inquiet et il m'a demandé si tout allait bien. J'ai juste hoché la tête, je pouvais rien faire d'autre.

Si j'avais répondu non, il aurait voulu qu'on en parle et j'avais pas la force pour ça. J'avais pas la force de lui dire à quel point j'avais eu mal et que je voulais jamais recommencer. J'avais pas la force de lui briser le cœur.

Je l'aime trop pour ça. Enfin, je l'aimais.

Je ne sais plus quoi faire. J'aurais dû lui dire, il m'aurait écouté, parce qu'il m'aime. Je crois.

On repart en Amérique dans un mois. Ca me donne une bonne excuse pour rompre. Sans lui dire la vraie raison. Et juste un mois à trouver des excuses pour pas recoucher avec lui.

Je l'aimais et il m'aime. Et pourtant personne m'a jamais fait aussi mal.


Bon ben, en même temps, c'est pas un scoop que ça s'était pas bien passé tout ça. Il n'y a pas de méchant ici, juste un gros problème de communication. Stéphane s'est un peu laissé emporter sans lire les signaux silencieux et vu que Sebastian a rien voulu dire, forcément, c'était mal engagé pour eux. A la limite, j'en viendrais presque à défendre Stéphane en ce qui concerne la rupture parce qu'il méritait d'avoir au moins la vraie raison pour laquelle Sebastian avait choisi de rompre.

Ce qui explique d'ailleurs que quelques années plus tard, il veuille éviter de parler avec Stéphane quand il est en vacances en France (dans le chapitre en mails et statuts Facebook). Première fois mise à part, je jure que Sebastian a de bons souvenirs avec Stéphane.