Bon, le petit chapitre d'avant était court, alors en voila un second, très très long (enfin, plus long que les autres !)

XVII •

Hermione posa sa valise et poussa un soupir de soulagement. Elle était heureuse de retrouver son petit appartement et de pouvoir enfin se retrouver seule. Elle ouvrit toutes les fenêtres pour faire entrer le soleil et rangea rapidement ses affaires. Après quoi, elle se rendit compte qu'elle n'était pas si contente d'être seule : elle s'était habituée à la présence de Drago, à leurs chamailleries, à leurs étreintes au petit matin... Pour se changer les idées, elle décida d'envoyer un hibou à Ginny pour la prévenir de son retour, espérant qu'elles pourraient se voir, passer l'après-midi ensemble... La réponse ne tarda guère : elle organisait un repas ce soir.

Ravie de revoir ses amis, la brune se sentit impatiente. Mais il y avait l'après-midi entière à passer, seule, dans son appartement qui lui paraissait très grand. La jeune femme décida alors d'aller s'acheter une robe pour la soirée. Elle avait passé deux semaines à porter des pantalons qui étaient à moitié des joggings ainsi que des débardeurs. Malgré tout le confort qu'ils lui apportaient, sa féminité en avait pris un coup. Une petite voix lui souffla qu'elle faisait ça pour que Drago la remarque mais elle l'ignora. Attrapant son sac, elle quitta son appartement, dévala les escaliers et se retrouva au Chemin de Traverse.

La brune hésita quant au magasin où se rendre. Puis elle se rappela que Pansy en tenait un et que jamais elle n'y était allée. D'un pas vif, elle se rendit là-bas. La blonde ne pourrait que lui être de bon conseil. Elle poussa la porte et pénétra dans une jolie boutique, bien aménagée. Il n'y avait quasiment personne et Pansy la vit dès qu'elle entra.

« Hermione ! s'écria-t-elle, ravie, en s'avança pour enlacer son amie. Comment ça va ?
- Très bien et toi ?
- Aussi bien que possible. Ainsi vous êtes rentrés, c'est super ! »

Pansy confia la gestion du magasin à une employée et entraîna sa nouvelle amie dans l'arrière-boutique.

« Alors, ce camps pour Aurors ? demanda la blonde avec sa curiosité habituelle.
- Tu as reçu le hibou de Ginny pour ce soir ?
- Oui, pourquoi ?
- Alors tu sauras tout ce soir ! expliqua la brune avec malice. Ginny me tuera si tu sais tout avant et je ne veux pas me répéter.
- Ouuuuh, toi, tu as des choses à raconter ! »

Hermione se contenta de rougir mais le regard scrutateur de Pansy montrait qu'elle n'était pas dupe. Elle avait flairé l'histoire intéressante et mourrait d'envie de la connaître, désormais.

« J'étais là pour trouver une robe. Deux semaines en jogging, je n'en peux plus. »

Pansy prit un air compatissant et la tira aussitôt vers les cabines. Son esprit s'était détourné de l'histoire croustillante que Hermione ne manquerait pas de leur raconter pour se concentrer sur la recherche d'une robe pour son amie.

« Déshabille toi, je reviens ! »

La Gryffondor obéit, sans se douter que son amie allait revenir avec la moitié de son magasin. Elle passa une heure à essayer des robes de toutes les couleurs et de toutes les formes. Pansy finit par décréter qu'il lui fallait une robe rouge car c'était ce qui lui allait le mieux au teint. Là encore, elle ne fut pas sortie de l'auberge. La forme, la longueur, la coupe, rien n'allait. Hermione enfila une énième robe – elle avait arrêté de compter – et sortit sous l'œil critique de la blonde. La robe était composée d'une première couche, fine et opaque, qui formait un bustier et descendait jusqu'à mi-cuisse. La deuxième couche était faite de dentelle. Elle recouvrait la première couche mais montait en plus vers les épaules, laissant un espace en forme de v autour du cou et au-dessus du bustier, et descendait jusqu'aux poignets.

« Elle est par-faite ! s'écria Pansy. Tu aimes ?
- Oui, je crois que je vais prendre celle-ci ! »

Hermione se rhabilla, soulagée d'avoir enfin trouvé une tenue. Elle paya sa robe, malgré les protestations de Pansy qui voulut lui offrir, et la salua après d'interminables bavardages. Elle transplana directement chez elle. L'après-midi était passé à une vitesse folle avec tous les essayages que Pansy lui avait fait faire. Elle décida de lire un peu avant d'aller se préparer, la soirée n'étant plus très loin.

Trois chapitres plus tard, elle reposa l'épais grimoire et fila sous la douche. Elle sécha ses cheveux, les laissa détachés et légèrement humides afin qu'ils bouclent le plus possible. Elle se maquilla légèrement, enfila sa robe et des escarpins noirs.

Tu en fais trop, Hermione. Ginny va te griller tout de suite.

La Gryffondor fit taire la voix qui lui soufflait cela. Elle avait envie de mettre une jolie robe et de voir le désir enflammer les yeux de Drago.

Tu vois, tu ne peux pas te cacher la vérité bien longtemps.

Hermione se maudit, elle et son corps et ses réactions qu'elle ne maîtrisait pas. Ainsi que ses pensées, qui se jouaient d'elle. Décidée à ne plus penser au Serpentard, elle le chassa de son esprit. Quelques minutes plus tard, elle était fin prête à partir mais un coup frappé à la porte la retarda.

« Drago ? »

La jeune femme savait bien qu'il était invité au petit repas organisé par Ginny. Celle-ci était devenue très amie avec le blond, tout comme Harry, et il faisait désormais partie du petit groupe, au même titre que Blaise ou Pansy. Mais elle ne pensait pas le trouver là, sur le pas de sa porte, avant le repas. Elle le fixa, incrédule.

« Qu'est-ce que tu fais là ?
- J'espérais pouvoir entrer, railla-t-il. »

La brune s'écarta et referma la porte derrière lui. Il passa quelques secondes à observer l'appartement qu'il connaissait déjà et Hermione en profita pour le regarder. Il avait revêtu une veste de costume gris foncé, un t-shirt qui laissait supposer les muscles qu'il possédait dans la manière dont le tissu se tendait et un pantalon qui tombait parfaitement. Mains dans les poches, l'air détendu, il se tourna vers elle.

Hermione portait une belle robe rouge qui mettait ses belles jambes, sa taille et sa poitrine en valeur. Il avait envie de dégager son cou de ses beaux cheveux qui ondulaient joliment. Avec ses talons, elle faisait presque la même taille que lui et elle n'avait plus besoin de lever la tête pour le fixer. Il sentit le désir poindre dans son ventre et réduisit la distance qui le séparait de la jeune femme. Il se pencha vers son oreille, passant doucement ses lèvres sur sa mâchoire, savourant le frisson qu'il lui procura et chuchota :

« Jolie robe. »

Il se recula, ravi de l'effet qu'il lui faisait. La brune était consciente qu'il savait que le moindre contact la faisait frissonner et qu'il en jouait. Mais elle aussi pouvait jouer. Avec un grand sourire, elle répliqua :

« Tu trouves ? J'espère que Blaise pensera pareil. »

Elle avait visé juste. Drago se raidit et son visage se ferma. Elle leva les yeux au ciel, amusée, en voyant le tissus de ses poches se tendre, signe qu'il serrait les poings. Il maîtrisait parfaitement le sarcasme et l'ironie mais était incapable de saisir le second degré derrière les paroles de la Gryffondor.

« Je plaisante.
- Très drôle, répliqua-t-il, dardant un regard noir sur la jeune femme. »

Hermione se contenta de soupirer. Il finirait bien par se dérider. Elle n'avait qu'une envie s'était sentir le corps de Drago contre le sien. Elle déglutit, consciente de la tension qui l'habitait. Le Serpentard avait repris son air sérieux et ne semblait pas décidé à la faire tourner en bourrique une nouvelle fois, ce qu'elle regretta sans se l'avouer.

« Tu voulais qu'on aille chez Gin' et Harry ensemble ? demanda-t-elle finalement, pour rompre le silence. »

Il semblait hésiter, comme s'il se battait contre lui-même, incertain quant à ce qu'il allait dire. Il finit cependant par hocher simplement la tête et tendit sa main pour qu'ils transplanent ensemble. Mais Hermione sentit qu'il n'était pas venu pour ça, à la base. Cependant, elle ne dit rien. Vouloir forcer le Serpentard à parler équivalait à le faire se renfermer encore plus. Il valait mieux attendre qu'il se dévoile de sa propre initiative. Ils arrivèrent devant la porte du 12, Square Grimmauld et Hermione se dépêcha d'entrer, pressée de revoir ses amis. Elle pénétra dans le salon et une tornade rousse lui sauta aussitôt au cou.

« HERMIONE !
- Ginny ! Tu m'as manquée ! Mais... tu m'étouffes. »

La rouquine se recula en riant. Hermione enlaça longuement Harry et Ron puis salua Blaise pendant que Drago pénétrait à son tour dans la pièce et enlaçait Ginny amicalement avant de saluer les autres garçons.

« Je suis heureux de vous revoir vivants, j'ai bien cru que l'un de vous deux reviendrait mort quand Williamson m'a annoncé où il vous avait envoyés, lâcha Harry, amusé. »

Hermione eut un petit rire et vit que Ginny la regardait avec insistance, l'air de dire qu'elles allaient devoir parler. Elle voulut attraper la main de la brune, peut-être pour l'entraîner à l'écart, mais celle-ci remarqua quelque chose de brillant sur son doigt. Levant la main de sa meilleure amie jusqu'à ses yeux, elle étudia la magnifique bague avec attention.

« Tu n'aurais pas oublié de me dire quelque chose, Gin' ? »

La rouquine rougit et regarda son petit-ami avant de répondre, contenant mal la surexcitation qui s'était emparée d'elle.

« Je vais me marier !
- Avec Harry j'espère, plaisanta la Gryffondor. »

Ginny rit. Hermione vit que personne ne semblait surprise à par elle.

« Comment ça se fait que je sois la dernière au courant, bouda-t-elle.
- Tu te plaindras à Williamson, c'est lui qui t'as coupée du monde pendant deux semaines ! »

La Gryffondor ne grimaça pas longtemps, trop heureuse pour ses deux amis. La nouvelle ne l'étonnait guère, Harry lui avait parlé, il y a quelques mois de cela, de son envie de faire de Ginny sa femme. Et tout leur entourage savait bien que ce n'était qu'une question de temps avant que Ginny Weasley ne deviennent Ginny Potter.

« Vous faites ça quand, alors ? demanda-t-elle, les yeux brillants.
- Le quinze octobre !
- Mais c'est dans trois mois, s'étrangla la jeune femme.
- Et oui. Tu vas avoir un tas de choses à préparer, Hermione, répondit Ginny.
- Comment ça ?
- Je ne veux personne d'autre en demoiselle d'honneur que toi ! »

Hermione ne répondit rien. Elle poussa finalement un petit cri de joie et enlaça sa meilleure amie.

« Et je compte sur toi pour l'enterrement de vie de jeune fille, lança Pansy.
- Oh, tu es en couple je te rappelle ! s'exclama Ron.
- Sauf pendant les enterrements de vie de jeune fille, répliqua-t-elle. »

Le visage décomposé du Weasley fit rire tout le monde. Cependant, Pansy était déjà passée à autre chose et fixa Ginny, sérieuse.

« Mais avant, il me semble que c'est bientôt ton anniversaire. Tu comptes faire quoi ?
- Je sais pas, j'ai beaucoup trop pensé au mariage ces derniers temps pour penser à mon anniversaire, répondit la rouquine.
- On pourrait faire quelque chose en commun pour toi et Harry, vous êtes nés le même mois, proposa Hermione.
- Un week-end ! s'écria Blaise.
- De quoi ? interrogea Harry.
- Mais oui, tu as raison Blaise ! s'exclama Pansy à son tour, visiblement ravie. Pour une fois qu'il a une bonne idée, fit-elle tout bas, avant de reprendre, plus haut : Un week-end tous ensembles. Hum on pourrait aller au bord de la mer. Est-ce que vous pouvez tous vous libérer pour le week-end dans trois semaines ?
- Oui, firent-il en chœur.
- Et vous me faites confiance ?
- Non, lâchèrent Drago et Blaise. »

Ils se jetèrent un regard amusé et complice, tandis que Pansy écartait leur avis d'un geste de la main.

« Je m'occupe de tout ! Restez concentrés sur votre mariage, je prépare votre anniversaire ! »

Les discussions partirent dans tous les sens, Ginny parlant du mariage avec Ron qui refusait visiblement quelque chose, Pansy se disputant avec Blaise à propos de l'anniversaire dont elle avait la charge et Drago fixait Hermione, silencieux. Elle finit par lever les yeux vers lui et se plongea dans son regard gris. Tout son corps tendait à aller se coller contre le sien. Elle rompit le contact et adopta une mine impassible. Son regard croisa alors celui de Harry qui n'avait visiblement rien manqué de la scène et qui haussa un sourcil interrogateur.

Kreattur la sauva en annonçant que le dîner était servi. Son répit fut de courte durée puisqu'elle se retrouva installée à côté de Drago. Elle fut d'abord soulagée car elle n'aurait pas à faire face à son regard si profond durant tout le repas mais elle comprit vite qu'elle ne serait pas tranquille pour autant. La table n'était pas petite, pourtant elle sentait constamment la cuisse du Serpentard contre la sienne. Et dès qu'il faisait mine de s'essuyer la main sur sa serviette posée sur ses genoux, il en profitait pour laisser danser ses doigts sur la cuisse de la jeune femme, remontant jusqu'à sa robe. Cela déconcentrait profondément la brune qui devait faire un effort surhumain pour ne pas rougir sous ce contact et pour rester concentrée sur ce qu'on lui disait. Plus d'une fois elle perdit le fil de ce qu'elle voulait dire en sentant Malefoy la frôler et elle n'avait pas besoin de le voir pour sentir son sourire triomphant qu'il réprimait tant bien que mal.

Elle accueillit avec soulagement la fin du repas. Non pas que ses caresses soient désagréables et qu'elle ne les désirait pas, bien au contraire, mais elle se sentait horriblement gênée et, surtout, elle avait une grande envie d'établir un contact physique avec le blond. C'était une envie pressante, un besoin dont elle recevait les signaux de chaque partie de son corps. Son ventre fait des looping, son cœur ne battait plus comme il faut, elle respirait trop vite ou trop lentement et tous ses sens étaient décuplés dès qu'il s'agissait du jeune homme.

Kreattur allait se mettre à débarrasser et Hermione sauta sur l'occasion pour s'échapper.

« Je vais t'aider ! »

Aucun de ses amis ne broncha, connaissant le raisonnement de Hermione sur les elfes et ils se mirent à empiler les assiettes à leur tour. Hermione attrapa une pile et s'enfuit vers la cuisine où elle put respirer plus librement et reprendre ses esprits, loin de l'influence séductrice du Serpentard. Dans la salle à manger, ses amis haussèrent les épaules, ne cherchant même pas à la faire rester à table. Elle se rendit alors compte qu'elle avait chaud et qu'une seule envie la dominait : celle de sentir les mains, les lèvres de Drago sur sa peau. Celle de s'endormir près de lui et de se réveiller, pelotonner contre son corps.

« Arrête de m'éviter. »

Le souffle lui chatouilla le cou. Elle se retourna, coincée entre le plan de travail et le blond qu'elle n'avait pas entendu entrer.

« Je ne t'évite pas, répliqua-t-elle, la gorge sèche. »

Il passa son pouce sur sa joue, dessinant des trajets sur sa peau.

« Tu ne me regardes pas, ne me parles pas, alors que j'ai terriblement envie de te toucher, de te parler, de te regarder. »

Il avait dit tout ça en chuchotant, sans la lâcher des yeux. Ni tenant plus, obéissant pour une fois à ses impulsions et arrêtant d'analyser la situation, Hermione passa sa main dans ses cheveux et l'attira à lui pour l'embrasser. Elle ne l'avait embrassé qu'une fois mais cela lui avait terriblement manqué, elle s'en rendait compte alors que leurs lèvres s'écrasaient avec force et qu'ils se cherchaient avec violence. Ce fut lui qui rompit le baiser avant de se retourner prestement. Une seconde plus tard et Ginny pénétrait dans la cuisine avec le reste des couverts. Elle fixa Hermione un instant, qui savait pertinemment qu'elle devait avoir les yeux écarquillés, la bouche entre-ouverte et un souffle irrégulier, avant de s'intéresser à un Drago parfaitement maître de lui-même.

« Blaise te demande, Drago, fit-elle d'une voix égale. »

Il hocha la tête et quitta la cuisine au moment où Pansy entrait. Ginny ferma aussitôt la porte et les deux femmes forcèrent Hermione à s'asseoir à la petite table où elles s'installèrent également.

« Tu ne peux plus t'esquiver, tu dois tout nous raconter, ordonna la rouquine.
- Vous raconter quoi ? On a déjà longuement parlé du camp pour Aurors à table, répondit la brune en tentant de prendre un air convaincant.
- Tu mens mal, Hermione, répliqua Pansy. »

Elles ne la lâchaient pas des yeux et Hermione finit par craquer.

« Qu'est-ce que vous voulez savoir ?
- Vous avez couché ensemble avec Drago ? demanda Pansy, de but en blanc.
- Pansy ! s'exclama Hermione, outrée.
- Bah quoi ? Tu as passé quinze jours dans la même chambre que lui, je ne connais personne qui aurait tenu.
- Non on a pas couché ensemble.
- C'est moins drôle alors.
- Pansy !
- D'accord, d'accord ! Bon vous vous êtes embrassés au moins ? »

Hermione ne répondit pas. Elle vit les deux femmes se sourire.

« Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
- Mione, vous n'arrêtez pas de vous dévorer du regard dès que vous pensez que l'autre ne vous voit pas, souffla Ginny en levant les yeux au ciel.
- C'est si voyant que ça ?
- Que tu as envie de lui sauter et de lui arracher ses vêtements et qu'il te réserve le même sort ? Absolument, railla Pansy qui s'amusait follement de la situation. »

La brune soupira. De ce que lui disaient Ginny et Pansy, elle n'était vraiment pas discrète. Mais ce qui la rassurait c'est que le Serpentard ne l'était pas plus.

« Alors, vous vous êtes embrassés ? demanda Ginny, avide de savoir. »

Avec un nouveau soupir, Hermione entreprit de leur raconter leur relation : les disputes, les coups de colères de Malefoy, la nuit où ils avaient dormis ensemble – ce qui arracha des exclamations de joies aux deux femmes – pour en venir au moment où ils s'étaient embrassés.

« Vous n'avez même pas tenus un jour, en fait, lâcha Pansy.
- Et vous ne vous êtes pas embrassés par la suite ?
- Non. On dormait dans le même lit et on se réveillait le matin... euh... l'un contre l'autre mais rien d'autre.
- Mais pourquoi ? Vous en mourrez d'envie, ça crève les yeux.
- Je ne sais pas, souffla la brune en haussant les épaules. On était au camp pour devenir une équipe pas... pas...
- Un couple ?
- Pas un couple. Et qui me dit qu'il voudrait de ça avec moi ? C'était juste un baiser, il ne souhaite peut-être rien de plus.
- Toi en tout cas, tu souhaites plus, remarqua Ginny.
- Non ! se défendit Hermione.
- A d'autres ! Je te connais par cœur. Ose me dire que tu n'aimerais pas sortir avec lui ?
- Je... Je ne sais pas, non, je ne suis pas amoureuse.
- Qui a parlé d'être amoureuse ? interrogea Ginny, un petit sourire victorieux aux lèvres. Tu en parles toute seule, ça veut dire ce que ça veut dire. En tout cas, ce que je vois, c'est que tu meurs d'envie d'être contre lui, tout ton corps le hurle, de tes yeux à ton souffle. Je ne t'ai jamais connue si désorientée, la tête ailleurs. Et lui aussi puisqu'il s'est empressé de te rejoindre dans la cuisine.
- D'ailleurs il s'est passé quoi ? demanda Pansy, curieuse.
- Je l'ai embrassé... »

Ginny et Pansy se tapèrent dans la main, un grand sourire aux lèvres.

« Ce que je peux te dire, reprit Pansy, sérieuse, c'est que Drago ne souhaite pas juste t'embrasser. Ou de te mettre dans son lit. Il a changé depuis Poudlard, il ne se contente plus de courir après les filles pour les jeter après. Enfin, si, il le fait toujours. Mais il ne se donnerait pas autant de mal pour une fille. Il peut avoir qui il veut en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, souviens-toi des deux blondes du camp, et il ne s'embête pas à courir après une fille. Jamais. S'il n'a rien tenté de plus en dix jours, c'est qu'il tient à toi. Même si ça, il ne le sait peut-être pas encore. Et vu comme il s'est montré jaloux envers l'Australien, il tient vraiment à toi. »

Hermione fixa Pansy pendant un moment, incertaine. Elle était la meilleure amie de Drago, elle le connaissait sûrement sur le bout des doigts.

« Je sais pas... Je ne sais pas si j'ai envie d'être en couple... avec lui. »

Ses deux amies soupirèrent en même temps.

« Vous avez trop de fierté tous les deux, grogna Pansy.
- Ce n'est pas une histoire de fierté ! démentit la brune.
- Oh que si ! Tu refuses de voir ce dont tu as envie et si lui n'a toujours pas tenté plus c'est qu'il refuse de le voir aussi. Vous persistez à voir la personne que vous haïssiez à Poudlard : toi, tu ne veux te défaire de l'image du Serpentard arrogant, partisan du Seigneur des Ténèbres, et lui ne veut pas cesser de ne voir en toi que la miss-je-sais-tout de Gryffondor, la née-moldue qu'il exécrait. Ce n'est qu'une question de volonté, parce que ça vous permet de vous voiler la face et de ne pas vous avouer ce que vous pensez réellement de l'autre. Mais vous n'êtes plus les deux ennemis de Poudlard ! Vous êtes Aurors, équipiers, amis et vous voulez être plus que ça. Alors foncez ! Est-ce que je me suis arrêtée aux vieilles rancœur avec Ron ? Non ! »

Ginny montra du doigt Pansy et hocha la tête, un pouce en l'air, pour dire qu'elle approuvait complètement. Dans sa tête, Hermione ressentit un déclic, comme si Pansy avait mis les bons mots sur ce qui la bloquait. Drago avait encore l'image de celui qui l'avait persécutée à Poudlard. Et une part d'elle voyait toujours en lui l'apprenti Mangemort. Elle n'arrivait pas à passer au-dessus, malgré toute l'attirance qu'elle ressentait pour lui. Mais les filles avaient raison. Ils n'étaient plus à Poudlard, la guerre était terminée depuis cinq ans, et elle devait passer à autre chose, accepter que Malefoy avait changé. Et accepter qu'elle ait pu développer des sentiments envers son ancien ennemi.