narutine : Contente que l'enquête te plaise ! =)
• XXI •
La Gryffondor accueillit le vendredi soir avec soulagement. Leur affaire n'avançait pas et cela l'exaspérait au plus haut point. Malefoy aussi était énervé parce qu'ils faisaient du sur place et il y avait un peu de tension dans l'air entre les deux jeunes gens. Ce qui était normal, cela arrivait souvent dans une équipe d'Aurors, mais ils devaient, eux, réussir à mettre cela à la porte une fois qu'ils quittaient le travail et qu'ils rentraient chez Hermione. Pour le moment, ils s'en sortaient plutôt bien, même si la brune se sentait épuisée.
Mais la perspective d'un week-end avec ses meilleurs amis lui rendit le sourire. Pansy leur avait envoyé un hibou la veille pour leur donner rendez-vous sur l'aire des portoloins, au Ministère, à dix-huit heures tapantes. Hermione était arrivée en avance et en première : elle avait préparé ses affaires hier et avait emmené sa valise au bureau. Une fois sa journée terminée, elle n'avait eut qu'à descendre au bon étage. Drago, lui, était rentré chez lui pour préparer ses affaires. Elle patienta donc, plongée dans ses pensées, en attendant que ses amis arrivent.
Personne, hormis Pansy, ne savaient où ils allaient et la jeune femme avait hâte de le découvrir. Elle espérait qu'il y aurait des lieux historiques à visiter, que ce soit du côté moldu ou du côté sorcier, bien qu'elle devrait sûrement tirer quelques personnes par les oreilles pour qu'ils acceptent de venir. Hermione souhaitait également que ses amis la laisseraient en paix quant à sa relation avec Drago. Une nouvelle fois, elle lui avait demandé de ne rien dire à leurs amis et, encore une fois, il avait accepté. Elle ne savait toujours pas s'il le faisait à contre cœur ou non. A cette pensée, elle se mordilla les lèvres, espérant qu'elle ne blessait pas le Serpentard avec ses requêtes. Il ne montrait rien, ne lui avait même pas donné son avis sur la situation et n'avait pas cherché à savoir pourquoi elle ne voulait rien dire à ses amis. Ce qui l'arrangeait. Car la brune n'en avait aucune idée. Elle ne se sentait juste pas capable d'avouer à Harry, Ron et Ginny qu'elle sortait avec Malefoy, alors même qu'ils l'appréciaient. Hemione poussa un long soupir. Elle avait conscience que vivre dans la même maison que lui sans pouvoir l'embrasser, le toucher, se réveiller contre lui allait dur, d'autant plus qu'ils n'avaient plus dormi seuls depuis trois semaines.
Peut-être que je pourrais me glisser discrètement dans sa chambre...
Elle arrêta tout de suite de penser à ça. Même avec toute la discrétion du monde, ses amis, et particulièrement Pansy, Blaise et Ginny, trouveraient le moyen d'être au courant. Ils finiraient bien par l'être à un moment où un autre, mais pas maintenant.
« Mione ! »
Le cri la tira de ses pensées. Elle ouvrit les bras pour accueillir l'étreinte de Ginny puis enlaça Harry.
« Comment vont les futurs mariés ?
- On a hâte de savoir où Pansy nous emmène, répondit la rouquine. Au fait, j'ai besoin de toi samedi prochain, je vais commencer les essayages !
- Ce sera avec plaisir. »
Ils papotèrent, la discussion déviant un instant sur l'affaire de Drago et Hermione et sur celle dont s'occupait Harry en ce moment. Puis Drago et Blaise arrivèrent, Ginny étudiant avec attention les gestes des deux équipiers et ils parièrent tous sur la destination de leur week-end. L'heure commençait à se rapprocher et Pansy n'était toujours pas là. À quelques minutes du départ ils la virent arriver, visiblement furieuse, avec un Ron perdu derrière elle.
« Hé bien Pansy, la bonne humeur te sied au teint, ricana Blaise.
- Toi, ferme-la, aboya-t-elle. Ron nous a mis en retard, il était pas fichu d'emballer des paquets correctement. »
Le pauvre Weasley leva les yeux au ciel mais ne répliqua rien pour ne pas s'attirer les foudres de sa petite amie. On leur apporta un drap usé qu'ils attrapèrent tous d'une main ferme. Le sorcier en charge des portoloins fit le décompte et ils tourbillonnèrent un instant avant d'atterrir.
« Arrivée au Ministère grec à 18h03, en provenance du Ministère anglais.
- Oh, Pansy, on est en Grèce ! Mais c'est génial, s'exclama Ginny en lui sautant au cou. »
Ils remercièrent tous la blonde avec chaleur. Hermione commençait déjà à lister, dans sa tête, tous les endroits qu'elle voudrait visiter. Mais Pansy arrêta bien vite ses plans en annonçant qu'ils se rendaient sur une petite île sorcière, en plein milieu de la mer.
« Il faudrait qu'on se sépare, expliqua la Parkinson, et que trois d'entre nous aillent faire les courses puis reviennent prendre un portoloin. Il y a une échoppe, à la sortie du Ministère. »
Le Trio se regarda et se proposa d'une même voix pour aller faire les courses, ravis de pouvoir se retrouver seuls. Ils confièrent leurs bagages à leurs amis et partirent en quête de quoi les nourrir pendant trois jours. Hermione attrapa un chariot et ils commencèrent à faire le tour des rayons tout en discutant et en tentant d'empêcher Ron de rajouter toutes sortes de friandises, même s'ils finirent par en prendre une bonne partie.
« Alors Ron, ça va avec Pansy ? demanda le brun.
- Elle est surexcitée, brutale et susceptible mais... oui, ça va on ne peut mieux, fit-il en rougissant. Il rougit encore plus et continua : Je crois que je suis vraiment amoureux.
- Oh, Ron-Ron c'est merveilleux ! s'exclama son amie en gloussant. »
Il lui pinça le bras mais le rire de ses deux amis était communicatif.
« Et toi alors, avec Drago, fit Ron pour détourner la conversation.
- Il ne se passe rien avec Drago, assena-t-elle, ferme.
- Bien sûr. Si tu pouvais éviter de te mettre en couple avec lui avant le mariage de Gin' et Harry, ça m'arrangerait.
- RON ! Je croyais que tu ne pariais pas, s'écria la concernée.
- Ouais mais je voulais récupérer mes gallions, s'expliqua-t-il comme un enfant qui tente de se justifier lorsqu'il est pris sur le fait. »
La Gryffondor leva les yeux au ciel et retint un sourire.
S'ils savaient...
Elle se mordit les lèvres pour retenir un sourire. Finalement ils firent le plein de bierraubeurre et de whisky pur feu, sous l'œil à moitié désapprobateur de la jeune femme. Ils prirent beaucoup de sucreries et de quoi grignoter mais aussi de quoi se préparer de bons repas. Ils payèrent le tout et retournèrent au Ministère chercher le portoloin qui les emmènerait sur l'île. Ils atterrirent devant la maison et purent contempler l'endroit où ils allaient séjourner.
Les murs étaient lisses et blancs, percés de fenêtres entourées de volets bleus. Elle s'élevait sur deux étages qui ne faisaient pas exactement la taille du rez-de-chaussé mais s'élevaient plus comme des petites tours. Ils pénétrèrent dans la maison et découvrirent une immense pièce à vivre très épurée ainsi qu'une grande cuisine ouverte. Sur la droite, une arche menait à un second salon. De grandes baies vitrées leur dévoilait la terrasse et la magnifique piscine. Ils rangèrent les courses avec rapidité avant de retrouver leurs amis.
« On a déjà choisi nos chambres, lâcha Pansy. Harry, comme tu vas bientôt te marier et qu'on est ici pour ton anniversaire et celui de Ginny, vous avez la suite au dernier étage. »
Elle leur fit un clin d'œil l'air de dire qu'ils seraient aussi tranquilles que possible et Ginny et Harry se regardèrent amoureusement pendant que Ron faisait mine de vomir.
« Par contre, il n'y a que trois chambres au premier étage, continua la blonde. Une pour Ron et moi et deux autres pour vous trois. »
Pansy engloba Blaise, Drago et Hermione d'un geste avant de reprendre en se retenant de sourire. Ginny, elle aussi, semblait avoir en vie d'éclater de rire.
« Donc Hermione, tu dois choisir avec lequel des deux tu vas dormir ! »
Hermione avait senti cela venir dès que Pansy avait mentionné le nombre de chambres.
« Ou alors les deux garçons dorment ensemble et je prends la chambre restante, fit-elle, sans céder. »
Malgré tout, elle était déçue. Avec cette configuration, hors de question qu'elle rejoigne Drago dans sa chambre. Elle se morigéna : de toute façon, elle avait dit qu'elle ne le ferait pas. Mais son cœur se serra et elle n'eut pas besoin de regarder son petit-ami pour savoir qu'il était déçu lui aussi. Pansy et Ginny l'étaient tout autant : elles avaient voulu rapprocher le Serpentard et la Gryffondor mais celle-ci avait trouvé une faille.
Ron voulu visiter la maison et Harry et Hermione le suivirent. Au premier étage, Pansy avait déjà investi une chambre. Elles donnaient toutes sur la piscine et, au-delà, sur la mer. Hermione s'appropria celle au bout du couloir et ils montèrent à l'étage suivant pour voir la suite. La pièce était vitrée sur trois murs sur quatre. Un gigantesque lit trônait au milieu et la salle-de-bain était tout simplement magnifique.
Ils décidèrent de se changer et d'enfiler leurs maillots pour aller profiter de la piscine. En ce début du mois d'août il faisait très chaud et ils allaient sûrement pouvoir en profiter toute la nuit. Hermione plongea avec plaisir dans la piscine, rejoignant Pansy qui ne les avait pas attendus. Elles éclaboussèrent Drago et Blaise jusqu'à ce que ceux-ci se décident à plonger. Ils passèrent deux longues heures à nager, à tenter de noyer les autres, à se sauter dessus, à plonger, jusqu'à ce que la faim se fasse sentir. La nuit était déjà tombée quand Ron émit le premier des grognements venus tout droit de son estomac.
« Je ne pensais pas que tu tiendrais aussi longtemps sans manger, Ron, pouffa Pansy. »
Il eut plusieurs exclamations d'approbations mais, au final, ils avaient tous envie de manger et sortirent de la piscine pour se remplir le ventre. Hermione, Ginny et Harry se chargèrent de faire à manger pendant que les autres mettaient la table sur la terrasse.
« C'est prêt !
- Enfin ! s'exclama le Weasley, soulagé.
- Je te préviens, Ronald, si tu grossis, je te quitte !
- Mmmmm, grogna-t-il, trop occupé à remplir son assiette. »
Ils mangèrent de bon cœur puis Blaise ramena des bierraubeurre ainsi qu'une bouteille de whisky pur feu. La table fut vite débarrassée pour laisser place à l'alcool. Quand chacun fut servit, Blaise leva son verre.
« À nos futurs mariés ! »
Ils trinquèrent mais ne burent que de façon raisonnable, tous étant fatigués de leur journée respective. Harry et Ginny furent les premiers à monter dans leur chambre, sous les sifflements des garçons et les rires de Pansy et Hermione, puis cette dernière monta à son tour. Seule dans sa chambre, elle s'étira et bailla longuement. Elle avait hâte de se reposer pour être en pleine forme demain et profiter pleinement du soleil grec. Ouvrant sa valise, elle fouilla dedans pour trouver son pyjama. Elle avait simplement emporté un t-shirt de Drago, certaine que personne ne le reconnaîtrait si quelqu'un venait à la voir en pyjama, qu'elle enfila avec une culotte. Chaque chambre avait sa salle-de-bain propre. Hermione ouvrit la porte de la sienne et se brossa longuement les dents pour ne pas avoir le goût de l'alcool au réveil. Elle allait aller se coucher, épuisée, quand la porte s'ouvrit et que quelqu'un se glissa dans la pièce.
« Drago ? Qu'est-ce que tu fais ? chuchota-t-elle nerveusement.
- Je ne peux pas te voir, là, et ne pas te toucher ou ne pas t'embrasser, répondit-il, un peu trop fort au goût de la brune qui s'approcha de lui.
- Chut, parle moins fort. »
Il se pencha quand elle fut à sa portée et l'embrassa tout en l'enlaçant. Elle le lui rendit avec fougue, malgré le goût d'alcool que lui renvoyait l'haleine du Serpentard, se rendant compte à quel point cela lui avait manqué de ne pas pouvoir le toucher de toute la soirée. Elle sentit son désir s'enflammer en quelques secondes et du faire un énorme effort pour se détacher de lui.
« Je veux dormir avec toi, fit-il d'une voix pâteuse.
- Drago, tu es complètement saoul. Retourne dans ta chambre !
- Tu as honte de sortir avec moi ? »
Le Serpentard avait dit ça d'un ton neutre, son regard planté dans celui de la jeune femme qui fronça les sourcils.
« Mais non, pourquoi tu dis ça ?
- Tu ne veux pas qu'on le montre au grand jour, répliqua-t-il, amer, j'en déduis que tu n'es pas fière de m'avoir pour petit-ami.
- Tu racontes n'importe quoi. »
Elle se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur ses lèvres puis ouvrit la porte. Après s'être assurée qu'il n'y avait personne dans le couloir, elle le flanqua dehors avec un dernier baiser.
« Va dormir et arrête de raconter des bêtises. »
Puis elle referma sa porte et se glissa dans son lit. La fatigue avait disparu et Hermione se tourna longtemps dans son lit, les mots de Drago tournant dans sa tête. Croyait-il vraiment qu'elle avait honte de sortir avec lui ? Mais il n'avait pas tort : pourquoi refusait-elle de le dire à ses amis ? C'est avec cette question, à laquelle elle n'avait pas de réponse, en tête qu'elle finit par trouver le sommeil.
