Boooooon, je n'arrivais pas à résister, j'ai vraiment envie de vous partager la suite et d'avoir vos avis, alors voila xD

Milimagine : Nop, j'aurais bien aimé aller en Grèce moi aussi, mais ce n'est pas encore le cas. Blaise s'en fiche, il a pu "conclure" ;) Comme tu t'en doutes, il y a un truc qui va venir tout gâcher. On va passer dans la partie de la fic beaucoup moins romantique

• XXV •

Dix jours s'étaient écoulés depuis le merveilleux week-end en Grèce. De retour au bureau, l'affaire en cours avait de nouveau accaparé toute l'attention de Drago et Hermione. L'informateur du Malefoy ne lui avait rien appris de concret : ce n'était pas la première fois qu'il voyait un sorcier vêtu comme celui qu'ils avaient aperçu mais il ne savait rien de plus au sujet des meurtres. Quant aux objets volés, il n'avait pu leur apporter que de maigres informations : les deux commerçants étaient connus pour trouver les objets les plus noirs sur demande. Si quelqu'un souhaitait l'objet le plus maléfique dont personne n'avait plus entendu parler depuis des siècles, ces deux vendeurs étaient capables de le trouver. Si quelque chose avait été volé, il s'agissait sûrement de cela. Plus inquiétant, les rumeurs parlaient d'objets contre les moldus et les né-moldus. Tout ça ne leur disait rien qui vaille.

Plus Hermione épluchait le dossier, plus elle se heurtait à un mur. Aucun élément nouveau ne venait allumer une étincelle dans son esprit. Pourtant, elle le savait, elle détenait une pièce du puzzle, importante pour la compréhension du tout, mais qu'elle n'arrivait pas à la relier à son affaire. Quelque chose, un fil très ténu, qui était tendu dès qu'elle s'intéressait à l'affaire mais qu'elle n'arrivait pas à remonter jusqu'à la source. Tout cela ne lui apportait que de la frustration.

La brune s'étira et referma le dossier qu'elle avait sous les yeux avec un soupir. Le bureau d'en face était vide, Drago étant parti à la recherche d'informations. Un grand tableau noir occupait une partie du mur qui faisait face à la porte, cachant partiellement la fenêtre. Ils avaient notés tout ce qu'ils savaient dessus, c'est à dire par grand chose. La jeune femme regarda l'heure et décida qu'elle pouvait rentrer chez elle. Son cerveau lui criait qu'il était temps de s'arrêter avant qu'elle n'explose à cause de la tension et de la frustration. Elle ne laissa pas de mot à Drago : depuis une semaine, il dormait dans son manoir car il avait des affaires à régler. Il s'était montré évasif et Hermione n'avait pas insisté. Elle avait par contre refusé de le rejoindre, ne se sentant pas prête à remettre les pieds là-bas.

Après avoir transplané chez elle, elle se doucha puis se prépara un repas qui relevait plus de l'apéro puisqu'elle allait manger du saucisson, du fromage et du pain, tout en bouquinant. La soirée passa rapidement et c'est seule qu'elle se coucha, s'endormant difficilement à cause de l'absence du blond.

***

Hermione se servit un verre de jus d'orange et étala la confiture sur sa tartine. Elle mordit dedans, distraitement, ses pensées dirigées vers Drago. Ils devaient se retrouver, ce soir, pour aller manger elle ne savait où, le Serpentard ayant tenu à lui faire la surprise. Ses joues se colorèrent de rouge lorsqu'elle remarqua que ça allait être leur premier rendez-vous. Ils n'en avaient jamais vraiment eu... Ils avaient bien passé une journée à la fête foraine et au bord du lac, mais ça ne relevait pas du rendez-vous romantique par lequel passent la majorité des couples. Elle se sentit à la fois gênée et excitée et, soudain, la façon dont elle allait s'habiller, se coiffer et se maquiller pris une gigantesque importance. Elle allait pouvoir demander conseil à Pansy et Ginny puisque les trois femmes se retrouvaient cet après-midi pour les premiers essayages de robes de mariées.

Une chouette tapa du bec sur une des vitres et la brune alla lui ouvrir. Elle tenait dans ses pattes deux journaux auxquels Hermione était abonnée : la Gazette du Sorcier et Sorcière Hebdo. Elle lisait ce dernier surtout le matin, le feuilletant plus qu'autre chose, pendant qu'elle se réveillait. Ginny l'avait abonnée de force, décidant que Hermione ne pouvait pas rester éternellement plongée dans des bouquins épais comme pas possible et qu'elle devait aussi s'intéresser à l'actualité sorcière féminine.

Ouvrant le journal, elle se mit à tourner les pages. Les premières traitaient des nouveaux produits de beautés choc que l'on pouvait retrouver au Chemin de Traverse. Il y avait ensuite une sélection de vêtements à la mode, parmi lesquelles Hermione remarqua une jolie robe qui pourrait très bien aller pour ce soir. Elle nota soigneusement où la trouver puis continua sa lecture, un sourire aux lèvres.

Sur la page suivante, le titre annonçait l'interview d'une jeune sorcière, dans la vingtaine, qui souriait sur la photo en pied qu'on avait prise d'elle. Ses longs cheveux blonds, raides, lui descendaient jusqu'à la poitrine. Ses dents étaient parfaitement blanche mais son sourire n'arrivait pas à réchauffer son regard marron, aussi glacial que la banquise. Ces yeux exprimaient une grande arrogance. Elle se tenait droite, vêtue d'une robe qui aurait pu faire pâlir d'envie les plus grandes stars moldus. Mais ce qui fit pâlir Hermione et qui fit faner son sourire ce fut le sous-titre, la phrase d'accroche de l'article.

COLOMBE DE BOISREDON NOUS DIT TOUT SUR SON MARIAGE A VENIR AVEC DRAGO MALEFOY.

Hermione entendit à peine son verre se briser en mille morceaux lorsqu'il toucha le sol après s'être échappé de ses doigts. Elle resta figée, ne parvenant pas à détacher ses yeux de la photo. Toute sensation l'avait abandonnée, elle n'était plus que vide, un vide salvateur, protecteur qui l'empêchait de ressentir la douleur qui était bien là, tapie, prête à bondir pour la posséder toute entière. La Gryffondor écarta maladroitement le journal, refusant de supporter plus longtemps la vue de cette femme ainsi que le titre. S'agrippant au comptoir, elle marcha – ou plutôt, elle tituba – pour tenter de s'éloigner de ce journal, annonciateur de mauvaise nouvelle. Son pied rencontra un des débris du verre cassé mais elle ne s'en rendit pas compte et se réfugia, avec difficulté, dans la salle de bain. Elle ferma la porte à clef, comme pour se protéger de ce qu'elle venait d'apprendre, tituba encore mais ne parvint pas à atteindre la baignoire sur le rebord de laquelle elle voulait s'asseoir. Elle se laissa tomber au sol et se recroquevilla sur elle-même.

L'absence d'émotions commençait à disparaître, remplacé par un douloureux chagrin. Elle souffrait, complètement désemparée, désespérée. Aucune larme ne coulait, elle se contentait de fixer le vide, hébétée.

Comment ? Ce fût la première question qu'elle se posa depuis qu'elle avait vu l'article. Comment avait-il pu lui faire ça ? Comment avait-elle pu se laisser avoir à son jeu ? Il l'avait bien eu. Ah ça, oui, elle n'y avait vu que du feu. Une boule de rage naquit dans son ventre, se propagea dans tout son corps. Elle voulut taper, hurler, mais la rage mourut au bord de ses lèvres et elle laissa tomber ses bras, toute force l'abandonnant. Elle lui avait offert sa confiance, lui avait ouvert les portes de chez elle, l'avait accueillit dans ses bras, dans son lit, dans son cœur... Mais lui ne cherchait qu'à s'amuser. Ah, ça, il avait magnifiquement joué. Même Pansy pensait sincèrement qu'il voulait plus qu'une relation d'une nuit avec elle. Elle l'avait cru, elle les avait tous cru. Elle s'était laissée avoir par ses belles paroles, par ses mots doux, ses gestes tendres. Son corps frissonna à cette simple pensée.

« NON ! »

Le cri la sortit brièvement de sa torpeur mais elle y replongea aussitôt. Non. Elle ne voulait plus éprouver aucune émotion en pensant à lui. Il l'avait manipulée, cherchant à la mettre dans son lit, profitant d'elle, sachant pertinemment qu'un mariage l'attendait au bout du chemin. Alors il était hors de question que le souvenir de ses yeux gris la fasse encore frissonner, que le souvenir de son souffle, de ses baisers, la laisse transie de désir.

Elle n'arrivait pas à y croire. La brune se prit la tête entre les mains et poussant un gémissement de désespoir. Elle s'était attachée à lui, bien plus qu'elle ne le pensait, elle s'en rendait maintenant compte. Mais qu'elle idiote elle avait été ! Qui était-elle pour croire qu'elle pourrait changer le grand Drago Malefoy. Il avait du bien s'amuser et rire de sa naïveté.

Le désespoir céda petit à petit au mépris et à la haine. Elle lui en voulait d'avoir réussit à la berner, d'avoir réussit à abaisser ses défenses. Elle lui avait parlé de ses rêves, de ses pires cauchemars, ils s'étaient confiés... non, elle s'était confiée. Tout ce qu'il avait raconté ne devait être qu'un tissu de mensonges. Elle n'allait pas lui laisser le plaisir de voir à quel point il avait réussit à la briser, à la faire souffrir. Elle allait se relever, aller au travail, l'ignorer royalement, demander un changement de partenaire ou alors elle démissionnerait. Mais elle garderait la tête haute. Oui, elle allait faire ça.

Mais pour le moment, Hermione en était incapable. La simple idée de se lever lui donnait envie de vomir. Allongée sur le flanc, recroquevillée sur elle-même, elle resta là, amorphe, incapable d'éloigner ses pensées de la trahison qu'elle venait de subir. Car il n'y avait pas d'autres mots. Il l'avait trahie. Il s'était joué d'elle. Et le pire était qu'elle ne pourrait rien faire pour se venger. Il n'était pas dans sa nature de chercher à rendre les coups mais, surtout, connaissant le Malefoy qu'elle détestait, il ne serait pas touché par ses tentatives. Comment aurait-elle pu le blesser alors qu'il ne ressentait rien pour elle. Peut-être du mépris, tout au plus ? Cette idée lui arracha un rire hystérique. Il fallait qu'elle se lève, elle ne pouvait rester là, prostrée dans sa souffrance. Oui, il fallait qu'elle se lève. Mais pas toute de suite. Pour l'instant, elle ne pouvait que rester là, sur le carrelage, à tenter de maintenir la tête hors de l'océan d'émotions qui la ravageait, à retenir ses larmes.

***

« Hermione ? Hermione ?! Hermione ! »

Harry tapait à la porte de l'appartement de sa meilleure amie depuis dix minutes, sans réponse. Il était bientôt midi passé et, ne voyant toujours pas Hermione arriver au bureau, Williamson avait demandé à Harry d'aller voir ce qui lui arrivait, si elle allait bien. Drago était encore parti à la recherche d'indices, il n'avait pas pu lui demander s'il savait où était sa meilleure amie, ni le prévenir qu'on n'avait pas de nouvelles d'elle.

N'obtenant pas de réponse, il se décida à utiliser sa baguette. L'appartement de Hermione, comme la maison de Harry ou l'appartement de Ron, était protégé par des sorts qui empêchaient les alohomora d'ouvrir les portes. Mais ils avaient prévu une exception dans la protection : seul un membre du Trio ou Ginny pouvait se servir du sort pour entrer chez ses amis. C'est ce que fit le Survivant. Il referma la porte derrière lui et balaya l'appartement des yeux. Personne. Il remarqua aussitôt le petit-déjeuner encore sorti et s'approcha de la cuisine. Les éclats de verre lui sautèrent immédiatement aux yeux et il se pencha, inquiet. Son inquiétude augmenta d'un cran quand il remarqua le sang présent au sol.

L'Auror garda sa baguette en main et vit que le sang s'éloignait de cette pagaille. Il suivit les traces qui maculaient le parquet et arriva devant la porte de la salle de bain, fermée à clef.

Il appela plusieurs fois Hermione et, ne recevant aucune réponse, utilisa le même sortilège pour ouvrir la porte. Elle pivota sur ses gonds, dévoilant le corps de sa meilleure amie.

Elle était allongée sur le sol de sa salle de bain, les bras serrés autour de ses genoux, ramenés contre sa poitrine. Ses cheveux lui cachaient son visage mais il vit tout de suite la profonde entaille sur son pied droit.

« Hermione ! »

Le brun se précipita pour la relever. La jeune femme ouvrit à demi ses paupières et murmura le prénom de son meilleur ami.

« Oh, Hermione, que s'est-il passé ? »

La Gryffondor secoua la tête, comme si cela n'avait pas d'importance.

« Tu es pâle, je crois que tu as perdu beaucoup de sang.
- Du sang ? fit-elle dans un murmure, Comment est-ce possible, je ne me suis pas coupée...
- Tu n'as pas mal au pied ? »

Elle fit non de la tête. Fronçant les sourcils, Harry n'insista pas. Il prit Hermione dans ses bras et l'allongea sur son lit. La jeune femme ne sentit même pas le trajet, elle ne ressentait plus rien, en réalité. Son corps lui semblait étranger et ne lui transmettait plus aucune sensation. C'est à peine si elle sentit le matelas sous son dos.

« Mione, tu as perdu du sang, il faudrait aller à Sainte-Mangous...
- NON ! »

Son cri était fort mais faible malgré tout. Hermione, qui s'était redressée, se rallongea en soupirant. Elle commençait à sentir une douleur la tirailler au niveau de son pied.

« J'ai une potion de régénération sanguine dans mon armoire. »

Harry obtempéra et lui fit boire le liquide. Il avait pris un baume au passage pour faire cicatriser la plaie de laquelle s'écoulait toujours un peu de sang. Il se chargea de nettoyer les débris de verre, ainsi que la flaque de sang qui s'était formée dans la salle-de-bain, pendant que Hermione continuait de fixer le vide, ce qui l'inquiétait au plus au point. Il ne l'avait jamais vu comme ça. Puis il revint vers elle et s'installa sur le lit.

« Mione, qu'est-ce qu'il y a ? Pour que tu ne viennes pas travailler... Et Ginny t'as envoyé un hibou auquel elle n'a aucune réponse... Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

La brune leva les yeux sur son meilleur ami. Ses cheveux bruns en bataille, ses yeux verts brillant d'inquiétude, une paire de lunettes rondes qu'elle avait maintes fois réparée... Elle voulut ouvrir la bouche mais un sanglot sortit à la place des mots. Ce fut comme si on avait ouvert une porte qui donnait sur une pièce où sa tristesse et ses larmes avaient été enfermées. Elle sentit son cœur se déchirer en prenant conscience de ce qu'il se passait. Les larmes se mirent à rouler sur ses joues sans qu'elle puisse les retenir et vinrent se perdre dans les draps. Des sanglots incontrôlables la faisaient trembler.

Harry se précipita pour la prendre dans ses bras. Il la laissa pleurer, ne cherchant pas à la faire arrêter. Les larmes pouvaient être libératrices. Mais sentir le corps de sa meilleure amie agité de tremblements à cause d'une tristesse dont il ne connaissait pas encore la cause le rendait malheureux. Il ne l'avait jamais vu dans un état pareil, pas même pendant la guerre alors que les morts tombaient autour d'eux et qu'ils perdaient chaque jour des êtres chers. Même quand Ron les avait abandonné, sa crise de larmes n'avait pas été aussi angoissante. Car chaque sanglot exprimait une tristesse, une déchirure si profonde qu'il en était complètement bouleversé.

La jeune femme ne sut combien de temps son meilleur ami la tint dans ses bras. Peut-être une minute, peut-être une heure. Elle ne tenta pas de stopper ses pleurs car, quand bien même elle l'aurait voulu, elle en aurait été incapable. Tous les sentiments qui l'assaillaient depuis la lecture du journal s'exprimaient à travers les gouttes qui dévalaient ses joues. Amertume, tristesse, désespoir, désarroi, honte, regrets, haine, colère... Ces deux derniers sentiments prirent le dessus et elle eut de nouveau envie de frapper quelqu'un, quelque chose. De le frapper, lui. De le frapper, de lui faire mal, jusqu'à ce qu'il ressente physiquement la douleur intérieure qu'il venait de lui infliger. Parce qu'il ne pourrait jamais ressentir de douleur morale, lui qui était incapable de ressentir la moindre émotion. Enfonçant sa tête dans un coussin, elle retint un cri de douleur mêle de rage et mordit l'oreiller de toutes ses forces.

Ses yeux lui semblaient lourds, et sa tête l'élançait douloureusement. Mais ses larmes finirent par se tarir, et, avec elles, le flot d'émotions diverses et violentes. Elle repoussa l'oreiller et indiqua, du doigt, le bar à Harry, incapable d'articuler un mot. Elle sentait que, si elle essayait, elle allait de nouveau se mettre à pleurer. Et elle se refusait à laisser cette joie à Malefoy.

Son meilleur ami s'était levé et s'était approché du bar, cherchant ce que la Gryffondor voulait lui montrer. Il vit la Gazette du Sorcier mais elle était encore roulée et attachée et il ne voyait rien, sur la première page, qui aurait pu mettre Hermione dans cet état. Puis il aperçu un autre magazine, au sol. La couverture de Sorcière Hebdo lui faisait face. Il pinça le journal pour le prendre à la page même où il était tombé, sûrement poussé par Hermione. La femme dont la photo prenait une page entière ne lui disait rien mais le titre fut plus parlant. Il resta figé, relisant encore et encore les quelques mots qui étaient évidemment les responsables de l'état dans lequel se trouvait sa meilleure amie. Il les lu, encore et encore, jusqu'à ce qu'ils perdent tout sens, que chaque mot ne veuille plus rien dire. Mais la nouvelle qu'ils apportaient restait là, suspendue dans l'appartement, claire et précise.

Malefoy allait se marier avec cette Colombe, alors même qu'il entretenait une relation avec Hermione.

Il s'était bien foutu de sa gueule. Il s'était foutu de leur gueule à tous. Une colère sourde grondait chez Harry. Il desserra le poing quand il se rendit compte que le journal n'était plus qu'un amas de pages chiffonnées et le jeta à la poubelle, résistant tant bien que mal à l'envie de le brûler. Il revint s'asseoir près de sa meilleure amie, incapable de trouver les mots, sa colère contre le Serpentard grandissant quand il posa à nouveau le regard sur Hermione. Prostrée dans son lit, les bras ramenés contre son torse, comme pour se protéger d'un nouveau coup, elle semblait perdue, triste, mais ses traits affichaient aussi une froide colère. Non, Harry n'avait jamais vu sa meilleure amie comme ça. Et il s'en voulait. C'était lui qui avait assuré à Hermione que Drago avait changé, qu'il avait travaillé avec lui et qu'il n'était plus le même. Voila où cela menait d'accorder sa confiance trop facilement.

« Je vais le tuer. »

Sa voix était égale et il avait dit cela comme si c'était une évidence. Et, en effet, il avait une seule et unique envie : le tuer.

« Non, Harry... »

Hermione ravala les sanglots qui menaçaient de la saisir et se redressa. La vision qu'elle offrit à son meilleur ami serra le cœur de ce dernier. Les cheveux ébouriffés, les yeux rougis par les larmes, les joues encore mouillés... Mais le pire c'était ces deux pupilles noisettes qui exprimaient tout ce que Hermione n'arriverait jamais à transmettre avec des mots, elles ouvraient une fenêtre immense sur son âme et montraient à quel point elle était blessée.

« Je ne veux pas lui donner cette satisfaction. Je refuse qu'il sache à quel point il nous a eu, à quel point il a réussit à me blesser. Cela lui ferait trop plaisir et je refuse de lui faire ce cadeau.
- Si je ne peux pas le tuer, je refuse de lui adresser la parole.
- Je ne compte pas lui parler non plus. Je... je vais envoyer une lettre à Williamson, je vais m'occuper de ça. Mais s'il te plaît, ne lui dit pas, ne lui montre pas à quel point j'étais attachée à lui et à quel point il m'a fait souffrir. Ça lui ferait trop plaisir. »

Sa voix se brisa sur ces derniers mots. Harry ne put qu'acquiescer. Il enlaça sa meilleure amie et tenta de lui envoyer tout le réconfort qu'il pouvait dans cette étreinte.

« Retourne au travail, Harry.
- Je ne veux pas te laisser seule... Et Ginny s'inquiète toujours...
- Ne t'en fais pas, je dois la retrouver dans peu de temps, donc je ne serais pas seule longtemps. Et je te promet d'y aller ! »

Avec un soupir, Harry finit par hocher la tête.

« D'accord, mais tu sais que tu peux m'envoyer un hibou si tu as le moindre problème.. »

Hermione hocha la tête et sentit de nouveau les larmes monter. Elle enfouit sa tête dans le torse de Harry et respira longuement pour ne pas pleurer à nouveau.

« Merci, chuchota-t-elle. »

Harry l'embrassa sur le front. Il mit du temps avant de quitter l'appartement mais y parvint finalement, malgré l'angoisse qui le saisit à l'idée de laisser sa meilleure amie toute seule. Hermione se mit immédiatement à nettoyer les tâches de sang. Elle ne s'était pas loupée en se coupant avec le verre, pourtant elle n'avait ressenti aucune douleur. Puis elle s'attela à son bureau et se mit à rédiger une lettre à l'attention de Williamson. Elle fit de nombreux brouillons, peu sûre de la manière dont elle devait tourner cela. Finalement, elle opta pour quelques lignes, précises et courtes. Elle accrocha la missive qui annonçait sa démission au Chef des Aurors puis envoya sa chouette la porter.

Elle se retrouva alors désœuvrée, ses pensées menaçant de dévier vers ce à quoi elle ne voulait plus penser. La brune attrapa donc un gros livre complexe qui lui occuperait suffisamment l'esprit pour empêcher certaines choses de s'imposer à son esprit. Mais elle n'eut pas le temps de lire beaucoup, sa chouette revenait déjà. Hermione fronça les sourcils, surprise. Elle pensait que Williamson aurait mis un peu plus de temps afin de réfléchir à son départ. Elle détacha le papier et lu les quelques mots.

Hermione,
Je refuse ta démission et je ne reviendrais pas sur cette décision. Prend un congé, aussi longtemps que nécessaire, tu peux même travailler de chez toi si tu le souhaites. Mais ne prend pas de décision irréfléchie.
Envoie moi un hibou pour qu'on en parle.
Williamson.

Hermione sentit une douce chaleur la gagner. Elle remercia intérieurement son patron d'être si compréhensif et de lui laisser la possibilité de réfléchir à quoi faire. Elle avait voulu démissionner car elle se savait incapable de travailler avec Malefoy, désormais. Mais elle allait accepter ce congé que lui offrait le Chef des Aurors, elle en profiterait pour travailler tranquillement sur le dossier, et elle réfléchirait à la suite. Ce qui était certain, c'est que si elle voulait rester Auror au Ministère de la Magie anglais, Malefoy ne devrait plus l'être. Elle griffonna une rapide réponse, remerciant Williamson et lui promettant de passer dans son bureau dès le début de la semaine prochaine.

La brune observa sa chouette s'envoler, jusqu'à ce que le point disparaisse à l'horizon. Elle regarda alors l'heure et constata qu'elle devait rejoindre Pansy et Ginny. Cette dernière lui avait donné l'adresse de la boutique, aussi partit-elle aussi tôt après avoir pris une grande inspiration de courage. Hermione comprit, en franchissant le pas de sa porte, qu'elle avait peur. Une peur irrationnelle montait en elle. Elle avait peur de voir Malefoy, de le croiser sur le Chemin de Traverse, par surprise. Parce que, si cela arrivait, elle ne pourrait pas garder le contrôler sur ses émotions et elle ne voulait pas montrer l'étendue de sa détresse à son bourreau. Se persuadant que ça n'arriverait pas, elle parti retrouver ses deux amies.