NUIT DE PLEINE LUNE
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Disclaimer : Merci à J.K.Rowling de nous permettre d'emprunter son œuvre afin de satisfaire nos fantasmes, des plus banals aux plus fous. Je tiens à préciser que je ne tire aucun profit d'une telle utilisation, si ce n'est votre plaisir et le mien.
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6e Chapitre : Korè et Hadès
Noir ? Non. S'il ne faisait que sombre, il serait toujours possible d'y allumer une lampe, une bougie, un semblant de lumière, pour se retrouver. Mais ici, aucun moyen de se rassurer, de comprendre. Ni chercher, ni trouver. Immobile. Prisonnière. Etait-elle paralysée ? Elle l'ignorait, elle ne sentait plus et, pire que tout, ne voulait pas ni ne voulait plus sentir. Pourquoi ?
Quelqu'un pleure. Qui ? Quelqu'un qui pourrait l'aider ? Qui pourrait lui expliquer pourquoi ce néant douloureux dans son corps, dans sa tête ? Une femme. Oui, c'est une femme qui pleure. Elle veut l'appeler : « Madame ! », mais aucun son ne sort. De toutes ses forces, elle essaie d'être.
Et alors qu'elle s'éloigne, qu'elle retourne vers un semblant de vie, toujours les lamentations de cette voix la poursuivent, la marquent au cœur irrémédiablement…
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Elle se réveilla en sursaut, le visage hagard et le corps en nages. Quelqu'un la secoua doucement :
« Mademoiselle ? Calmez-vous, ce n'est qu'un mauvais rêve… »
Elle reconnut la voix de Remus, et se calma.
« Ca va ? » demanda-t-il.
Elle leva la tête vers lui, l'expression « tombé du lit » s'appliquait si bien à Remus Lupin qu'elle en aurait rie dans d'autres circonstances. Ses cheveux blonds se dressaient sur sa tête par un obscur contre-effet gravitationnel.
« J'ai entendu quelqu'un pleurer. Je crois que c'est quelqu'un que j'ai connu. » répondit-elle faiblement en se recouchant.
« Juste un cauchemar, rendormez-vous… » dit-il en l'installant confortablement dans les draps du lit.
Alors qu'elle obéissait et sombrait dans les bras de Morphée, elle murmura :
« Merci… »
« De rien. » répondit-il en l'observant avec une intensité qui n'était pas dénuée d'inquiétude.
Il s'éloigna lentement, puis se ravisa et se rapprocha d'elle avec hésitation. Il caressa ses longues mèches brunes un instant avant de l'embrasser doucement sur le front :
« Fais de beaux rêves ma douce Korè… Je te protègerai toujours. »
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Depuis combien de temps était-elle à Poudlard ? Deux jours ? Deux semaines ? Deux mois ? Une question simple à première vue mais qui revêtissait un aspect des plus effrayants… Elle commençait à se demander si ce n'était pas sa présence en ces lieux ou plutôt le fait qu'elle soit entourée par la magie qui… qui quoi ? Qui la rendait folle ? Qui lui faisait oublier, c'est certain. Oublier quoi ? Comment l'aurait-elle su, elle qui ne se souvenait même plus de son nom !
Pourtant, elle venait bien de quelque part ? Que faisait-elle dans ce bus autrement ! Elle se rappelait au moins les circonstances de son enlèvement. Où allait-elle ? Avait-elle une famille ? Bien qu'elle ne se rappelait plus son âge, elle avait l'air jeune mais peut-être avait-elle un mari, des enfants qui l'attendaient ? Elle se lamentait silencieusement sur l'absence de souvenir. Remus ne semblait pas étonné outre mesure de son amnésie. Ce qui contribuait à le rendre suspect à ses yeux… encore plus si possible.
Elle se trouvait à présent dans le salon du professeur de Défense contre les forces du Mal. Elle avait mis la main sur un livre, seul vestige de son passé parmi d'autres choses insignifiantes qu'elle avait amené avec elle (ou plutôt qui avaient droit au même statut de « ayant-été-enlevé-par-une-créature-qui-n'est-pas-censée-exister, tout comme elle). Absorbée qu'elle était par sa lecture, elle n'entendit que vaguement la question posée par Remus Lupin :
« Voulez-vous une tasse de thé ?»
En Angleterre, en 1622,
« Oui, ne vous inquiétez pas. »
James Potter,
«Pardon ? »
accusé d'actes fréquents de sodomie
Elle sourit, amusée. Intrigué, il l'interrogea :
« Puis-je savoir ce qui semble vous amuser ? »
sur ses animaux familiers,
« Non, vous ne pouvez pas. »
fut condamné à la décapitation mais ses juges, considérant ses bêtes comme autant de complices, infligèrent la même peine à une vache, deux truies, deux génisses et deux brebis.1
Elle éclata franchement de rire. La pression du regard de Remus ne fit que décupler l'intensité de son rire. Celui-ci, se croyant la cause de son hilarité, s'approcha rapidement et, avant même qu'elle n'ait pu le remarquer, lui arracha le livre des mains.
« Alors, pourrais-je espérer un peu de votre attention, maintenant que vous n'avez plus de distraction ? »
Elle stoppa net son rire. Mieux valait que Lupin ne découvrît pas la raison de son rire. Il pourrait mal prendre le fait qu'elle jouait avec la mémoire de son défunt ami. Il nota son regard paniqué sur le livre et comprit, rassuré, qu'il n'était pas le sujet de ses moqueries. Il lu rapidement le premières lignes :
« Mais qu'est-ce que ? »
« Lupin, ce n'est qu'un livre… »
Elle tenta de s'esquiver, mais il l'empoigna solidement. Elle gémit de douleur, il desserra son étreinte. Même après des années de lycanthropie, il avait encore du mal à contrôler sa force, moins encore en la présence de la jeune femme. De fait, il ne se maîtrisait plus dès qu'elle le fixait avec intensité, presque avec défi comme maintenant. L'animal qui sommeillait en lui, se délectait de la proie, compagne, qu'elle faisait : jamais elle ne s'avouait vaincue, conquise, toujours elle s'enfuirait et toujours il la traquerait… avec plaisir.
« C'est le genre d'exercices qui semble vous amuser ? Si ce n'est que ça pour vous satisfaire, je peux très bien… »
Elle le gifla violemment avant qu'il n'eût le temps de l'insulter plus encore. Avait-elle bien entendu ? L'accusait-il de… de… pratiquer ça… ?
« Taisez-vous ! Lâchez-moi, ce n'est tout de même pas moi qui ais écrit ce satané bouquin que je saches ! Etant donné que je suis amnésique à cause de vous, je l'aurai écrit que je ne m'en souviendrai pas ! »
Il la libéra de sa poigne et sortit sans un mot, sans un regard pour la jeune femme.
« Espèce d'homme des cavernes ! Aucun sens de l'humour… »
Elle se massa le bras en grimaçant. Elle se leva et se dirigea vers la fenêtre. Elle vit Remus sortir du château d'un pas rapide et pénétrer dans la forêt.
« Ô Hadès, mon aimé ? Est-ce moi que tu fuis avec si peu d'ardeur ? Point n'est besoin de s'ignorer puisque tu m'aimes et que je t'aime… »
Elle s'arrêta effrayée. D'où sortaient ces paroles ? Etait-ce elle qui venait de les prononcer ? Qu'est-ce que c'était, un poème ou quelque chose comme ça ? Curieux, elle ne connaissait pas et n'aimait pas la poésie d'habitude. Voilà au moins une chose dont elle était sûre.
Elle regarda une dernière fois dans la direction où Remus avait disparu, englouti par l'obscurité de la forêt, et poussa un soupir agacé.
« Une chose est sure, je me transforme à cause de cet homme. En qui ou en quoi, je l'ignore encore… »
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Le lendemain, elle eût la surprise d'être réveillée par Sirius Black en personne. A moitié endormie, ce fût à peine si elle réagit :
« Vous n'êtes pas censé être mort ! »
« Mort ? Qu'es-ce que vous racontez ! Allez, réveillez-vous, je dois vous parler tant que Remus est absent. »
Elle s'assit sur le lit.
« Absent ? »
« Oui, hier était la pleine lune. Vous n'avez pas remarqué qu'il n'était pas rentré se coucher ? Vous êtes une bien piètre compagne pour ce pauvre Rem… »
Cette fois elle se leva définitivement et pointa un doigt accusateur vers Sirius :
« Compagne ? Compagne ! Espèce de mort-vivant prétentieux ! Vous… » s'énervait-elle.
« Du calme. Je plaisantais, mais vous voilà bien réveillée à présent. » l'interrompit-il en souriant.
Avoir été manipulée de la sorte comme une débutante, lui restait en travers de la gorge. Elle décida qu'une petite vengeance, aussi puérile soit-elle, était de rigueur. Elle lui sourit puis s'étira d'une manière qu'elle voulait voluptueuse, et commença à déboutonner son pyjama jusqu'à découvrir ses épaules, le tout devant un Sirius plus qu'interloqué.
« Qu'est-ce que vous faites ? »
« Je me déshabille. C'est évident il me semble. »
Elle se délectait de la gêne de ce dernier. Elle s'amusait de penser que le Sirius Black, séducteur invétéré et dieu du sexe, décrit dans la plupart des fanfictions, rougissait pour un carré de peau dénudée. Elle ne put s'empêcher de ricaner en se dirigeant vers la salle de bain sous les « Sale peste » de Sirius. Quand elle fut fraîche, dispose et rassasiée, elle interrogea Sirius :
« De quoi vous vouliez me parler qui nécessite que Lupin ne soit pas là ? »
« En fait, j'ai plusieurs questions à vous poser. »
« Allez-y, mais je ne vous garantis pas de réponses. »
« Ne vous inquiétez pas. Nous avons paré à cette éventualité. Severus vous a préparé un véritaserum un peu particulier que vous venez d'ingérer avec votre café. »
« L'enflure ! » marmonna-t-elle pour elle. Néanmoins, elle fit en sorte de ne pas montrer au sorcier à quel point elle était déstabilisée.
« Vous savez qu'il n'est pas facile de vous parler ? Remus vous protège férocement tel son trésor. »
« Comment ça : protège ? Il ne sont pas censés être amis ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ! » pensa-t-elle surprise.
Sirius attendait une quelconque réaction, puis se dirigea vers la cheminée. Il prit une poignée de poudre de cheminette et la lança dans l'âtre :
« Bureau du directeur ! »
Il se tourna ensuite vers elle, elle recula inquiète :
« Vous n'allez pas me faire entrer là-dedans ! »
« J'ai bien peur que oui. Venez maintenant, vous êtes attendu. »
Cette dernière réplique n'admettait pas de refus, et, l'esprit quelque peu engourdi par la potion, elle le suivit docilement. Mais que lui voulaient donc Sirius et Dumbledore ? Elle se rappela avec angoisse son statut de prisonnière, et surtout les paroles qu'avait prononcé le vieux sorcier dans l'infirmerie alors qu'il la croyait endormie :
Un problème délicat à résoudre…
Elle se surprit à espérer la présence de Lupin à ses côtés et s'en flagella intérieurement :
« Idiote ! C'est lui qui t'a enlevé je te rappelle… »
Quand elle arriva au bureau, Dumbledore l'accueillit chaleureusement :
« Bienvenue Mademoiselle ! Un thé ? Des bonbons ? Asseyiez-vous je vous en prie. »
« Il se fout de moi, c'est clair. Des bonbons ? »
« Monsieur le Directeur, dois-je vous rappeler que nous n'avons pas de temps à perdre en mondanités ? » Severus Snape venait de s'exprimer en jetant un regard méprisant à la jeune femme.
« Oui, oui, oui ! Vous avez raison professeur Snape. Sirius vous voulez bien ? »
Sirius l'attrapa par les épaules et la fit s'asseoir sur une chaise. Les trois hommes l'entourèrent rapidement, baguettes en main et un air beaucoup trop sérieux pour être rassurant gravé sur leurs visages…
Fin du chapitre.
1. Bernard WERBER, L'Encyclopédie du savoir relatif et absolu.
R.A.R.
Harana : Hello ! Succulent ? Où tu te crois, dans un resto ?lol ! Ouais un resto de l'imagination… Moi aussi j'aimerai assez être à la place de l'héroïne, sauf que moi un Lupin qui me regarde comme ça, j'attend pas un chapitre pour lui céder tout ! Moi excessive ? Allons donc ! Sinon j'ai lu tes résumés (tu m'as mentionné dans ta bio alors que même moi je ne me mentionne pas !lol ! et oui, ma bio reste irrémédiablement vide… je ne sais pas quoi y mettre) Merci beaucoup très fort pour tes compliments chère Harana… et puis toi aussi tu écris tellement bien tout ce qui est fleur bleu et qu'on lit avec plaisir (et les larmes aux yeux parfois…). Grosse bise à toi !
giovannapotter : Merci pour ta rewiew si enthousiaste ! J'espère que la suite te plaît toujours autant !
nytshade : Salut ! Moi aussi je voudrai être à la place d' « elle »… parfois je me dis que je suis sadique de lui avoir donné une personnalité si difficile… pauvre Remus ! « Vivre l'un sans l'autre » ? Faut pas pousser, curieusement je ne les vois pas se déclarer un truc pareil… Qui sait, peut-être qu'ils vont changer au fur et à mesure ! Merci à toi.
Griselle : Succomber au charme de Remus… de Charlie… de James… de Severus… oh lala ! Je me découvre un aspect nymphomane affolant ! enfin tant que cela reste de l'ordre des fantasmes : - D J'espère que la soirée chez ta mère s'est bien passée et que tu as laissé ce pauvre clavier tranquille ! lol ! Bise à toi !
Zazaone : Et la palme de la rewiew problématique revient à … TOI ! Qui es-tu ? Qui t'envoies ? lol ! On peut dire que j'ai bien rigolé en lisant ta rewiew !lol ! Je me suis dit « Oh mon Dieu quelqu'un s'est davantage trituré les méninges que moi sur ma propre fic ! ». En tout cas, ça me plaît énormément que tu décortiques de cette manière, ça prouve qu'il y a matière ! Etant donné le temps que tu as mis pour une rewiew pareille (et je t'en remercie), il est normal que je prenne le temps de répondre d'une part à toutes tes interrogations et d'autre part à tous tes délires…
« A quel moment se passe cette histoire ? » Euh… Imaginons un espace temps d'une semaine. Elle se fait enlever lundi soir en rentrant du travail, elle tombe dans les pommes, disons qu'elle arrive à faire une nuit complète, fatigue plus choc aidant. Elle se réveille mardi à l'heure du déjeuner, dans l'infirmerie, rencontre avec Remus et compagnie, elle retombe dans les pommes jusqu'au soir (ça alors l'heure de dîner !son estomac lui sert de réveil).
« les loups-garous ne sont attirés que par ceux de leur race (HP3) ». Ah ? merde… bon faut que je précise que mon histoire n'a décidément rien à voir avec le monde de JKR ! En fait l'idée de créer une madame loup-garou ne m'avait même pas effleuré l'esprit, et pourtant c'est vrai qu'elle est sacrément bonne ! Par contre, le fait qu'elle s'évanouisse je te rassure ce n'est pas un effet de transformation mais plus un revers de sa rencontre avec le monde magique !
« Je n'aurais jamais cru que cela puisse marcher. » En fait ce n'est pas Pomfresh qui dit ça mais Dumbledore. Préméditation c'est sûr mais pourquoi… et ça je ne peux pas encore y répondre. Mais je confirme l'idée de la lycanthropie est bonne mais pas du tout en vigueur sur cette fic j'en ai peur !
J'admire la subtile analyse : « Elle trouve les appartements de Lupin comme ça : par le flair ? Chap3 quand elle se réveille, elle "renifle" les effluves et se gratte le ventre : pas très féminin, plutôt canin. » ta théorie tient la route ! Tu vas finir par me convaincre moi-même !lol
Je confirme je me suis bien marrée à la lecture de ta rewiew ! Surtout n'arrête pas et continue à me titiller de la sorte ! bisou
Angie Black : Salut la miss ! Une moldue comme les autres ? Allons donc, il fallait bien créer une situation un peu spéciale. Si elle était restée une simple moldue, l'histoire aurait tourné davantage au parodie (j'ai longuement hésité au début). « caractère bien trempé et ses envies ambiguës » voilà qui résume bien l'énergumène, finalement trop facile à cerner pour être honnête celle-là !lol ! Et puis tu sais même si j'attends avec impatience tes rewiews, même si elle arrive en retard je sais qu'elle finit par arriver, alors sans rancune ! gros bisou à toi Angie !
Salut à tous,
Une seule personne a pu deviné le prénom donné à l'héroïne en se rapellant les indices que j'avais semé. Bravo à Nepenthes de TWWO ! (je fais présentatrice TV là, non ?)
Parmi les rewiews que j'ai reçu, une idée bien ancrée revient régulièrement. Il faut accepter le fait que nous fantasmons toutes (tous ?) sur Remus Lupin et son regard animal ! Miam…
Quelques mots sur mes avancées aussi minimes soient-elles. Le chapitre 7 est terminé (en lignela semaine prochaine après relecture), mais ensuite j'ai bien peur de devoir ralentir le rythme de publication. Le chapitre 8 est fini mais plus à l'état de brouillon et j'ai commencé l'ébauche du 9e chapitre. Alors je n'avance pas de date, par peur de ne pouvoir tenir ma promesse, mais je ferai de mon mieux !
A bientôt,
Severia Dousbrune.
