Xata : Ahah, je vais satisfaire ton besoin vital alors ! =P
Deniz : Désoooooolée je travaillais toute la journée. Mais j'aime bien faire attendre ahah. Et ton commentaire de la racaille m'a fait mourir de rire même si j'ai pas compris de qui tu parlais xD Serdaigle c'est la meilleure maison de toute façon !
Maxine3482 : Tu as en partie raison mais je ne dis rien ! Tu verras dans les prochains chapitre ;)
Yui19993 : Merci, ça me fait plaisir ! J'ai toujours peur de tomber dans le mélodramatique un peu lourd...
Shana : Voila la suite alors, héhé !
Ravenclaw-Strega : Mais non je suis pas un monstre, je vous donne la suite !
GirondeMalfoy : Eeeet non, Drago n'intervient pas !
No3mieLozenge : Bon, les explications seront pas pour tout de suite - loin de là - mais elles viendront, promis !
Milimagine : J'ai failli aller en Grèce pour un voyage avec la fac aussi mais finalement non, les partiels étaient trop proches. J'aimerais bien faire les deux : visite culturelle et visite détente !
Bref, trêve de bavardages, voila la suite !
• XXVI •
Hermione arriva à la boutique de robes de mariées sans avoir rencontré celui qu'elle redoutait. Devant la porte de la boutique, elle inspira longuement et enfouit sa matinée au plus profond d'elle-même. Elle était là pour Ginny, pour son mariage, pour trouver sa robe de mariée. Il était hors de question qu'elle gâche ce moment avec ces histoires. Malefoy avait joué, elle avait perdu, c'était ainsi. C'est ce qu'elle se répéta en boucle jusqu'à ce qu'elle se décide d'entrer, absolument pas convaincue. Pourtant, il fallait qu'elle fasse comme si de rien n'était, sinon, ni Ginny, ni Pansy, ne laisseraient tranquille tant qu'elle n'aurait pas avoué ce qui n'allait pas et elle aurait alors définitivement gâcher cette après-midi d'essayage. Elle afficha donc un sourire, croisant les doigts pour que ses deux amies n'aient pas encore lu le Sorcière Hebdo de la semaine. Ce qui était peu probable, sinon elle les aurait vues débarquer chez elle.
« Mione ! »
Ginny courut vers elle pour la prendre dans ses bras. Elle avait crié son prénom avec joie et inquiétude mêlée.
« Ça va ? Tu as de tout petits yeux...
- Gin ! Je suis désolée pour ton message, j'étais plongée dans le dossier qui nous occupe. Je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui me gêne, j'étais complètement obnubilée. Et je dors peu à cause de cette affaire, ce n'est rien. »
La rouquine écarta son excuse de la main, signifiant que ça n'avait aucune importance et Hermione retint un soupir de soulagement. Elle arrivait de mieux en mieux à jouer la comédie, pensa-t-elle avec amertume. Le fait qu'elle soit depuis toujours un véritable bourreau du travail jouait sûrement en sa faveur. Pansy était déjà là, et elle enlaça affectueusement Hermione avant de se rasseoir sur un des poufs. Hermione prit le second pendant que Ginny montait sur une sorte de petite estrade ronde, au centre de la pièce qui était parée de nombreux miroirs et d'une cabine pour que les futures mariées puissent se changer.
« Bon, j'en avais déjà sélectionnées plusieurs, je compte sur vous pour me donner votre avis ! »
Les deux jeunes femmes hochèrent la tête et poussèrent Ginny à aller en enfiler une première. Une dizaine de minutes plus tard, elle ressortit, vêtue de la première robe. C'était une robe fourreau qui s'élargissait à mi-cuisse en des superpositions de dentelle légèrement ondulée. La robe était jolie mais Hermione, comme Pansy, émirent un avis mitigé. Elle était persuadée que Ginny pouvait trouver une robe plus jolie, qui lui siérait mieux. Pas de coup de cœur, donc.
La Weasley en essaya pas moins d'une dizaine. Elles étaient toutes magnifiques, telles que doivent l'être des robes de mariées, mais Pansy et Hermione furent intransigeantes. Elles en éliminèrent plusieurs d'office, hésitèrent un peu devant certaines, mais voulaient le meilleur pour la future Potter. Finalement, à la fin, il ne restait que deux robes rescapées de ce premier essayage. La première était une robe dont le bustier était brodé de fils d'or, offrant ainsi un motif magnifique. En dessous du corset, la robe s'évasait, aérienne, jusqu'au sol. Elle était plissée verticalement et deux ou trois morceaux de tissus étaient ramenés en hauteur et cousus, la couture dissimulée derrière une fleure blanche aux contours dorés. La deuxième était totalement différente, hormis que c'était également un bustier. Le tissu était de la soie fine, parfaitement blanche. Le bustier, plissé, épousait parfaitement les formes de Ginny. Le tissu était tendu jusqu'au niveau du nombril puis il tombait librement, très droit, jusqu'à ses pieds et formait une longue traîne. Du côté gauche, la robe était fendue et les deux parties étaient réunies en dessous du bustier par une broche en argent, si bien qu'on voyait sa jambe et qu'on ne faisait qu'apercevoir sa cuisse. Pansy avait noté qu'avec une jarretière, cette robe serait diablement belle. Et diablement sexy.
Ginny se rhabilla et demanda à la gérante de mettre ces deux robes de côtés. Puis elles sortirent sous le soleil d'août. Après avoir marcher plusieurs minutes dans le Chemin de Traverse, elles s'installèrent à la terrasse de Florian Fortarôme et commandèrent chacune une immense coupe de glace. L'après-midi était passée à une vitesse ahurissante, dévorée par les essayages, et Hermione avait complètement cessé de penser à son histoire avec Malefoy, malgré quelques absences pendant les essayages qui n'avaient pas échappé à Pansy. Assises sur la terrasse, la blonde tenta une question.
« Tu es sûre que ça, Hermione ?
- Oui, bien sûr, pourquoi ?
- Tu as l'air... ailleurs.
- Oh, non, ce doit être l'affaire, elle m'obsède. »
La jeune femme n'aimait pas mentir mais espérait s'en sortir avec cette pirouette. Heureusement, Pansy n'insista pas et Ginny, concentrée sur son mariage, dévia bientôt la conversation sur ce sujet. Hermione se félicita de réussir à passer outre ses émotions pour offrir une belle journée à sa meilleure amie. Il aurait été égoïste de gâcher l'après-midi. Cependant, une petite voix lui disait que Ginny ne serait pas ravie que sa meilleure amie ne l'ait pas mise au courant immédiatement. Mais, quoiqu'il en soit, elle ne se sentait pas d'en parler à ses amies. Avouer la chose la rendrait trop réelle pour qu'elle puisse garder son sang-froid, et elle ne tenait pas particulièrement à fondre en larmes au milieu d'une rue passante.
« Il faut aussi que nous allions trouver ta robe de demoiselle d'honneur, Mione. On pourra également trouver la tienne en même temps, Pansy.
- Avec plaisir !
- Tu as déjà une idée pour ta robe, Mione ?
- Hum non, je n'y ai pas beaucoup réfléchi.
- Mais quelle fille ne passe pas son temps à réfléchir à sa robe de demoiselle d'honneur ! s'écria Pansy. »
Hermione eut un petit sourire mi-amusé, mi-désolé.
« On verra au fils des essayages. Je pense qu'il te faut du rouge ou du bleu, ajouta Ginny, pensive, tout en avalant une cuillerée de glace. »
La jeune femme ne la contraria pas, amusée de voir sa meilleure amie si impliquée dans le choix de sa tenue, et hocha donc la tête d'un air approbateur.
« Quand es-tu disponible !? »
La Gryffondor fit mine de réfléchir. En réalité, elle n'allait pas être très occupée ces prochains jours. Comme elle avait accepté la proposition de Williamson, elle allait pouvoir travailler de chez elle et disposer de son temps comme elle le souhaitait.
« Je ne sais pas, je te dirais ça par hibou. »
Elle savait que, si elle donnait un jour trop rapidement, Ginny deviendrait soupçonneuse. La brune n'était pas connue pour lâcher si facilement son travail.
« Je te préviens, si tu ne parviens pas à te libérer pour mon mariage... fit Ginny, menaçante.
- Gin, répliqua Hermione, avec un petit rire, je te promet de me libérer pour des essayages. J'endurerais ça avec plaisir pour toi. »
Ginny se mit à rire aussi suivie de Pansy. Elles papotèrent en mangeant leur immense glace et, au grand soulagement de Hermione, ne parlèrent pas une seule fois de Malefoy. Bonne étoile ou simple chance, ou encore sixième sens de ses amies, elle n'en savait rien mais fut bien contente de ne pas aborder le sujet. Elle n'était pas sûre de pouvoir prononcer son nom sans que sa voix ne tremble.
Les sorcières se séparèrent en début de soirée. Hermione marcha un moment dans le Chemin de Traverse, pensive. Elle n'avait pas vraiment envie de retourner dans son appartement, qui lui apparaîtrait immensément vide, et de retourner à ses sombres pensées. La vague de douleur et de tristesse était toujours là, prête à la submerger et à la noyer, rôdant aux frontières de sa carapace. Elle s'arrêta, plongée dans ses pensées, devant la vitrine d'un restaurant, comme si elle lisait la carte affichée à l'extérieur. Sa gorge se serra. Elle aurait du être entrain de se préparer pour son rendez-vous avec Malefoy. Au lieu de ça, elle allait être seule dans son appartement et il allait retrouver sa future femme dans son immense manoir.
Ce fut un déclic. Hermione resta pétrifiée, tant l'évidence la saisissait. Comment n'y avait-elle pas pensé avant ? Quelle piètre Auror elle faisait pour relier les indices si tardivement. Depuis une semaine, il ne dormait plus chez elle, préférant rester à son manoir où il avait soit-disant une affaire à régler et où il savait pertinemment que jamais Hermione ne voudrait mettre les pieds. Et cette affaire ça devait être l'arrivée de sa fiancée. La brune ferma les yeux, refoulant la colère qui montait. Plus elle y réfléchissait, plus elle se sentait trahie, trompée. Comment n'avait-elle pu rien voir ? Une boule se forma dans sa gorge et elle sentit qu'elle était sur le point de pleurer.
Pas ici, pas en pleine rue.
Hermione sursauta quand une main se posa sur son épaule. Son cœur cogna dans sa poitrine à une vitesse folle et elle cru qu'elle allait s'évanouir.
« Bonsoir, Hermione. »
La voix la calma aussitôt. Ce n'était pas celle de Malefoy. Jamais elle n'avait ressenti un soulagement aussi intense. Elle se retourna et adressa un petit sourire forcé à l'homme qui lui faisait face.
« Bonsoir, Alec.
- Que fais-tu ici ?
- Oh, rien, j'allais rentrer chez moi.
- Est-ce que tu accepterais que je t'accompagne ? »
Une petite voix hurlait à l'intérieur de la tête de la Gryffondor que non, non elle ne voulait pas qu'il vienne. Elle ne voulait pas qu'il la touche, qu'il lui parle, car elle ne l'aimait pas, elle ne l'aimait plus et ne l'avait jamais aimé comme... elle interrompit aussitôt cette pensée dangereuse et refoula la petite voix qui protestait toujours.
« Oui, bien sûr. »
Sa conscience tambourinait aux limites de son esprit. Pourquoi avait-elle dit oui ? Qu'espérait-elle ? Que la compagnie de son ex-petit-ami parviendrait à effacer la tromperie de Drago ? Pendant un temps, cela marcherait sûrement, jusqu'à ce qu'Alec rentre chez lui. Elle ne faisait que retarder le moment inévitable où elle se retrouverait seule avec sa douleur et où elle serait forcée d'y céder, incapable de la garder loin d'elle plus longtemps.
Ils prirent le chemin qui conduisait jusqu'à l'appartement de la brune, profitant de l'air frais du début de soirée. Alec avait passé son bras autour des épaules de la Gryffondor qui ne s'était pas esquivée face à ce contact, même si elle avait frémi. Et pas de plaisir. La petite voix intérieure de Hermione se révoltait littéralement contre cette présence, mais la douleur provoquée par la trahison de Malefoy faisait que la présence d'Alec était apaisante. Comme si elle apposait un glaçon sur une brûlure. Tant qu'elle ne faisait pas la comparaison entre lui et le Serpentard. Ce qu'elle refusait de voir, c'était que le bien être procuré par le glaçon était de courte durée et que la douleur revenait alors, plus forte. Mais se trouver avec Alec, envers lequel elle ne ressentait rien lui permettait de ne pas se pencher sur ses sentiments. Elle se rendait bien compte qu'elle l'utilisait mais n'en éprouva aucun remords. Elle voulait juste éviter à tout prix de souffrir. Si pour cela elle devait supporter le Bannerman, alors elle le supporterait.
Arrivés devant la porte de son appartement, Hermione introduisit la clef dans la serrure. Elle eut un instant d'hésitation, partagée en deux. La petite voix lui hurlait qu'elle faisait une immense connerie, mais la blessure béante dans son cœur ne voulait qu'être comblée, pansée, anesthésiée. Alors elle s'abandonna au vide, pressée de ne rien ressentir, de se concentrer sur un homme qui ne lui inspirait aucun sentiment fort, pressée de lui donner toute son attention et d'oublier ce mal qui la rongeait.
« Entre, fit-elle avec un sourire feint. »
Alec lui rendit ce sourire, se pencha même pour l'embrasser sur les lèvres, et entra. La jeune femme ferma les yeux et refoula la tristesse qui montait. Elle n'avait rien ressenti quand le jeune homme l'avait embrassée, à part du dégoût et une forte envie de le repousser. Mais elle n'en fit rien. Elle le suivit et referma la porte derrière elle, avec un claquement définitif.
Drago Malefoy sentit une froide colère monter en lui. Il resta caché dans l'ombre, ses yeux glacés posés sur Hermione et Alec. Il se promenait dans le Chemin de Traverse, sachant qu'il allait bientôt devoir transplaner pour se préparer pour la soirée à venir, quand il l'avait vue. Il avait voulu s'approcher d'elle, l'enlacer et lui souffler quelque chose dans l'oreille afin de sentir ce délicieux frisson qui la parcourrait chaque fois. Il adorait le pouvoir qu'il avait sur la Gryffondor, les sensations qu'il provoquait et que son corps trahissait inévitablement. Mais il n'était pas en reste car elle faisait naître chez lui un tas d'émotions inconnues jusqu'alors. Comme cette immense, cette sourde colère qui montait en lui et grondait, l'emplissait toute entière. Jamais il n'avait ressenti une haine aussi pure. Même pas contre son père, même pas contre le Seigneur des Ténèbres, qui avaient tous deux fait de sa vie un enfer. Car alors qu'il allait s'approcher de la jeune femme, un autre homme était arrivé. Il n'avait pas entendu le court échange mais il avait parfaitement vu Hermione suivre Alec et ce dernier passer son bras autour des épaules de celle qui lui appartenait. Et elle n'avait fait aucun geste pour se dégager.
Le Serpentard les suivit jusqu'à l'immeuble de Hermione. Il transplana directement sur le palier de la brune et se cacha aussitôt dans l'ombre d'un couloir. Invisible mais voyant tout. Alec et Hermione arrivèrent, et la vue du bras toujours posé sur des épaules qui étaient siennes accentuèrent sa rage. Elle monta encore d'un cran quand Hermione déverrouilla sa porte et proposa à Alec d'entrer, un petit sourire aux lèvres. Et celui-ci se pencha vers elle pour y déposer un baiser. Le claquement de la porte le laissa là, seul, dans le couloir.
Chacun de ses muscles était tendu, il n'était plus qu'une boule de nerfs. Jamais le contrôle qu'il exerçait sur lui-même n'avait été aussi précieux, car il s'en était fallut de peu pour qu'il ne sorte sa baguette et jette un Endoloris sur cet homme qui osait toucher Hermione. Mais l'évidence s'imposait à lui. Il l'avait peut être touchée mais elle n'avait rien dit, ne l'avait pas repoussé. Sa colère montait, grossissait et il avait qu'une envie : frapper quelqu'un, faire du mal à Alec, faire du mal à Hermione afin qu'elle ressente un peu de ce qu'il ressentait en cet instant précis. Son poing frappa le mur avec violence. Il sentit ses os craquer et retint un cri de douleur. Les Malefoy ne montraient jamais qu'ils avaient mal.
Il laissa son bras pendre le long de son corps, incapable de déplier le poing sans hurler de douleur. Il s'était peut-être cassé un doigt, ou plusieurs. Qu'importe. La douleur physique ne parvenait pas encore à le détourner d'une autre douleur, plus violente, qui sourdait en lui. Hermione s'était moquée de lui. Elle ne comptait sûrement pas le rejoindre au restaurant, préférant l'étreinte de ce Bannerman. Elle lui avait fait ça, à lui. Drago Malefoy, membre d'une des plus grandes familles de sang-pur. Elle avait osé, elle, une misérable sang-de-bourbe.
Sa colère s'affermit et, avec elle, sa résolution. Elle avait joué avec lui alors que lui-même, pour la première fois de sa vie, ne jouait pas. Et bien il allait arrêter là les frais. Il avait été un renégat en rejoignant les rangs de Voldemort puis un lâche en les fuyant et, aujourd'hui, un traître aux yeux des puristes en ne gardant pas ses idéaux de sang-pur. Il avait trop entaché la réputation de sa famille, s'en était trop. Cette sang-de-bourbe finirait pas payer, un jour ou l'autre. Il s'en fit la promesse. Car un Malefoy ne laissait jamais passer un affront. Dans sa famille, on rendait chacun des coups, avec les intérêts.
En attendant, il savait ce qu'il lui restait à faire. Il n'allait pas la laisser se moquer ouvertement de lui. Lui aussi allait lui porter un coup et lui faire comprendre qu'il n'avait pas été sincère. C'est Colombe qui allait être ravie.
Sa décision prise, il jeta un dernier regard plein de haine et de dégoût vers la porte de la Gryffondor puis transplana.
Drago Malefoy était en colère. Drago Malefoy était blessé. Pour la première fois de sa vie il avait ouvert son cœur à une femme, il s'était abandonné dans une relation, acceptant de pouvoir avoir envie d'une femme pour plus qu'une nuit, acceptant d'avoir envie de construire quelque chose avec cette personne. Il avait même renié les idéaux de sa famille, ce qui avait été plus dur qu'on ne l'aurait pensé, pour elle. Néanmoins, s'il pensait que sa colère, sa rage étaient issues de ce fait, c'était qu'il se voilait la face. Car s'il ressentait ce maelström d'émotions violentes en cet instant, c'était à cause de quelque chose qu'il se cachait, quelque chose qu'il ne s'était pas avoué et qu'il refuserait désormais de faire.
Drago Malefoy était amoureux de Hermione Granger.
Un bruit sourd fit sursauter Hermione. Comme si quelqu'un frappait dans un mur. Sûrement encore son voisin qui faisait des expériences étranges. Elle soupira intérieurement et proposa un siège à Alec qui attendait un geste de sa part, planté au milieu du salon. Sitôt assis, il se mit à parler sans s'arrêter. Il était désolé, n'avait jamais voulu réagir ainsi, souhaitait reprendre là où ils en étaient...
« C'est bon ! le coupa Hermione. C'est oublié. »
Elle se força à lui sourire et il le lui rendit, éclatant comme toujours. La discussion s'arrêta là. La brune n'avait aucune envie de parler de leur rupture, sachant qu'elle ne pourrait pas faire semblant très longtemps. Elle n'avait aucune envie de se réconcilier avec lui, aucune envie de se remettre avec lui. Hermione ne souhaitait qu'une chose : oublier Drago, aussi longtemps qu'on le lui permettrait, acceptant tous les moyens à sa portée, même les moins moraux. Comme si elle lui avait donné le feu vert, Alec s'approcha et l'embrassa puis parcourut son cou de ses lèvres avant de descendre le long de son épaule gauche. Hermione ne put s'empêcher de constater qu'aucun frisson ne la parcourait, qu'aucune envie dévorante ne lui tordait le ventre. Elle avait frémit, son ventre s'était noué, mais de dégoût. Et la seule envie qui la dévorait était celle de fuir, de partir en courant loin de cet homme qui ne lui inspirait rien d'autre que du mépris. Mais elle enfouit cela au plus profond d'elle-même. Pour elle, Malefoy était mort et enterré.
Ils allèrent jusqu'au lit ou Alec débarrassa Hermione de ses vêtements. Il enleva ensuite les siens, sans cesser d'embrasser tout le corps de la brune qui commençait à ressentir un moindre désir, bien fade en comparaison de ce dernier mois. Il y eut peu de préliminaires, comme toujours avec Alec et l'acte en lui-même ne combla pas la brune. Dire qu'elle ne ressentit rien aurait été exagéré mais tout cela paraissait bien fade par rapport à ce qu'elle avait connu et avait appris à aimer. Alec faisait l'amour pour lui et non pour son partenaire. Ce qui comptait, c'était son plaisir à lui. L'égocentrisme porté à un niveau improbable.
Ils restèrent allongés dans le lit, Hermione gardant les yeux fermés, comme si elle somnolait. Ce qu'elle ressentait en cet instant, c'était un profond dégoût pour elle-même et pour ce qu'elle venait de faire. Tout ce qu'elle avait essayé d'oublier avec Alec revint à l'assaut, puissant et dévastateur.
Qu'il parte, faites qu'il parte...
Il était impensable qu'elle passe sa nuit à ses côtés. La souffrance était là, tapie dans l'ombre, prête à surgir d'un instant à l'autre, et elle voulait être seule, comme elle le serait maintenant que Drago l'avait laissée tomber.
Près d'elle, Alec bougea et elle comprit qu'il s'asseyait au bord du lit.
« Je suis désolé, je dois y aller, j'ai encore un dossier à traiter ce soir... »
Les excuses d'Alec ne lui firent ni chaud ni froid. Elle était habituée : il n'avait jamais dormi dans son appartement. Elle lui assura qu'elle comprenait et le laissa se rhabiller, ne prenant même pas la peine de l'accompagner à la porte. Quand il fut parti, que la porte claqua derrière lui, ce fut une vague de soulagement.
Roulée en boule, seule dans son lit, elle se dégoûtait. Les ongles enfoncés dans les paumes, elle s'en voulait pour ce qu'elle avait fait. Croire qu'elle pourrait oublier Drago dans l'étreinte d'un autre était une illusion dérisoire. Ses ongles s'enfoncèrent un peu plus profondément dans sa chair, piètre douleur comparé à la souffrance que subissait son cœur. Sa voix intérieure revenait à l'assaut. Elle n'aurait jamais du faire ça, jamais accepter de se servir d'Alec comme d'un moyen d'oublier. Car en plus, elle avait lâchement échoué. La douleur était toujours là, telle une plaie à vif sur laquelle on venait de frotter. Hermione attendit patiemment, sachant que l'inévitable allait se produire, que les émotions trop longtemps refoulées refassent surface.
Posée sur le sol, une peluche en forme de lion lui jetait un regard profondément accusateur. Avec un sanglot étouffé, la jeune femme jeta violemment le doudou sous le lit, là où elle ne pourrait plus le voir, et elle se roula un peu plus en boule.
La vague de souffrance balaya, ravagea tout sur son passage : son estime de soi, sa confiance en les autres, sa confiance en elle-même... Elle venait de vivre un mois de pur mensonge alors que ce mois avait été le plus beau et le plus doux depuis longtemps. Elle avait cru avoir trouvé une âme pour partager la sienne et s'était lourdement trompée. Incapable de faire face à cela, elle avait cherché à oublier dans les bras de quelqu'un qu'elle méprisait. Elle même ne comprenait pas son geste. Mais elle ne comprenait pas grand chose, aujourd'hui.
Puisant dans le peu de forces qui lui restaient, elle se leva et tituba jusqu'à la douche, dans laquelle elle s'assit après avoir mis une eau chaude, presque brûlante, à couler.
Les larmes, à l'instar de l'eau qui sortaient du pommeau de douche, dévalaient ses joues, chacune porteuse d'une souffrance qui lui coupait le souffle, l'empêchait de respirer. Hermione se mit à se frotter le corps, comme si elle se lavait sans savon, cherchant à effacer les souvenirs du corps d'Alec contre le sien, dans le sien. Cherchant également à faire disparaître toutes les traces que Drago avait pu laisser sur elle. Elle voulait que sa peau oublie ses baisers, ses caresses, son étreinte... Elle aurait voulu ne plus rien ressentir, tout plutôt que cette douleur qui la faisait haleter, qui lui donnait envie de s'ouvrir la poitrine pour en sortir ce cœur si douloureux. Elle avait mal. Elle était détruite. L'homme a qui elle avait accordé sa confiance l'avait trahie. Mais il n'y avait pas que ça. La douleur n'aurait pas été là, sinon. Non, il n'y aurait eu que la colère. Alors que là, elle souffrait comme si mille Endoloris lui étaient jetés en même temps. Le premier sanglot parvint à ses oreilles avant qu'elle ne comprenne qu'il était d'elle. Et d'autres suivirent.
Tandis qu'elle pleurait de tout son soûl, lâchant des sanglots à fendre le cœur, extériorisant cette douleur qui lui ravageait le cœur, une évidence s'imposa à elle, qu'elle ne put renier, même si elle le voulait de tout son cœur.
Hermione Granger était amoureuse de Drago Malefoy.
