Shana : Elle le regrette, t'inquiète, ahah !
Deniz : Aaaaah xD D'accord ! Oui, Alec est détestable et Hermione n'aurait jamais du faire ça !
Milimagine : Oui, mais s'ils avaient parlé il n'y aurait pas d'histoire. L'avenir nous dira s'ils arrivent à surmonter tout ça ! Mais tu es trop forte, parce que Hermione se posera exactement les mêmes questions ! xD
Ravenclaw-Strega : Une enflure qu'on aime quand même, hein :o
Yui19993 : Merci ! :D Mais oui, c'est un gigantesque quiproquo qui aurait pu se résoudre "si". Avec des "si" on referait le monde !
No3mieLozenge : La torture continue.
Le chapitre 28 ! Je crois que, du coup, on est pile poil à la moitié de l'histoire vu qu'il y a 56 chapitres et que 28 et 28 bah ça fait 56 !
• XXVIII •
Pansy déboula dans le bureau de Blaise telle une tornade. Elle avait traversé la salle d'attente avec ses nombreux fauteuils moelleux et les dizaines d'affiches de logements à vendre ou à louer, avec ignorer la secrétaire qui avait piaillé qu'elle ne pouvait pas entrer sans rendez-vous – comme s'il lui fallait un rendez-vous pour voir son meilleur ami – et avait sèchement ouvert la porte. Blaise rédigeait quelque chose, sûrement un compromis de vente qui lui permettrait de toucher la plus jolie des commissions. Il releva la tête, guère surpris de voir la blonde faire son apparition. Avec Pansy, il ne fallait pas compter sur la discrétion.
« Pansy. Que me vaut l'immense plaisir ? fit-il, sarcastique.
- Pas le temps de jouer, Blaise. »
Tout en parlant elle s'était assise en face du Serpentard. Celui-ci, au ton grave de la Parkinson s'était redressé et avait abandonné son air taquin. Il connaissait suffisamment sa meilleure amie pour savoir qu'il y avait quelque chose de grave. La blonde sortit le Sorcière Hebdo de son sac à main et le jeta sur le bureau du jeune homme, comme s'il s'agissait d'un serpent venimeux.
« Page trente-deux. »
Sourcils froncés, Blaise ouvrit le journal, se demandant pourquoi Pansy voulait qu'il lise un article de ce journal, qui traiterait sûrement d'une crème anti-rides ou de quelque chose de cet acabit. Il tourna donc les pages mais sentit son sang se glacer quand il arriva à la page trente-deux.
« Tu étais au courant ?
- Non, répondit-il en secouant la tête. »
Il rejeta le Sorcière Hebdo d'un air dégoûté et poussa un profond soupir. Il sentait déjà le mal de crâne poindre. Se massant les tempes, il ferma les yeux, comme pour mieux appréhender la nouvelle. Il se leva et s'approcha de la grande fenêtre qui donnait sur la rue passante.
« Hermione est dans un état lamentable ?
- Elle a lu le journal ?
- Oui...
- Et Drago ne lui a même pas parlé ?
- Non, et je pense qu'ils vont désormais refuser de s'adresser la parole... gémit-elle.
- Tu es allée le voir, constata-t-il.
- Oui, soupira-t-elle, et son visage se tenta d'un air désespéré. Blaise, il... Il est redevenu le Drago de notre sixième année. »
Blaise connaissait Pansy et Drago aussi bien que lui-même. Il était habitué à voir sa meilleure amie forte, saoule, entrain de hurler ou de se battre, mais elle était très rarement désemparée. Si ce qu'elle disait était vrai, et que Drago avait repris l'apparence du Mangemort qu'il était à une époque... Le Serpentard se retourna pour faire face à la blonde.
« Votre face à face ne s'est pas bien passé ?
- Non, pas vraiment, fit-elle, amère. Je lui ai demandé pourquoi où il avait fait ça, pourquoi il se mariait avec cette idiote...
- Tu lui as plutôt hurlé dessus...
- Pansy, à quoi t'attendais-tu en fonçant chez lui ? Tu sais bien que Drago ne supporte pas qu'on lui dise quoi faire ou, pire, qu'on lui montre qu'il a tort.
- Je sais, mais je ne pouvais pas laisser cette situation ainsi. Blaise, Hermione et Drago formaient le couple parfait ! Tout allait très bien et là, il décide subitement de se marier avec Colombe et... il parle de Hermione comme il parlerait d'une fille avec laquelle il a couché et qui n'est bonne qu'à jeter. Il l'a traitée de « sang-de-bourbe ». »
Blaise sentit le désespoir de son amie le gagner. Cela faisait des années qu'ils avaient tous compris l'absurdité de dénigrer les sang-de-bourbe. Que Drago reprenne cette attitude montrait bien à quel point il était redevenu l'ancien Malefoy, celui que ni Blaise ni Pansy n'avaient réussi à aider.
« Il y a quelque chose qui cloche, affirma le jeune homme, en écho aux sentiments de Pansy.
- Qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Je n'ai aucune envie de me disputer avec Drago. Je n'irais pas le voir aujourd'hui pour lui demander pourquoi il agit comme ça, ça ne servirait qu'à le faire se renfermer un peu plus... Quant à toi... tu es douée pour obtenir ce que tu veux. Essaies de faire en sorte que Hermione et Drago se voient, qu'ils se parlent, même si je ne sais pas comment on peut faire...
- Et moi donc... Mais je refuse de laisser Drago devenir une copie de Lucius. C'est hors de question. »
Blaise hocha la tête. Il croisa le regard inquiet de sa meilleure amie et su que le sien devait exprimer la même chose. Si Drago devenait définitivement tel que l'avait voulu Lucius Malefoy, ils auraient perdu à jamais leur meilleur ami pour trouver un sorcier au cœur de glace.
« Alors il ne faut surtout pas lui tourner le dos et lui reprocher constamment ce mariage... lâcha-t-il. »
Le week-end passa, entre moment de torpeur et crises de larmes incontrôlables, cauchemars la nuit et mauvais rêve éveillé la journée. Hermione n'avait pas été seule une seule fois. Ses amis se relayaient pour être avec elle : Ginny, Harry, Ron, Pansy et même Blaise. Ils n'avaient pas une seule fois abordé le sujet même si elle sentait que ça les démangeait. Mais elle refusait d'en parler. Elle n'en avait pas la force et savait ce que ses amis diraient : qu'elle devait aller le voir, parler, savoir le fin fond de l'histoire. Mais l'histoire était très claire et elle n'avait aucune envie de le voir en face d'elle, de lui parler. Elle redoutait plus que tout d'entendre la vérité de sa bouche, à savoir qu'elle n'avait été qu'un divertissement avant son mariage. Car cela lui ferait encore plus mal que lorsqu'elle l'avait appris dans le journal.
Alec n'avait pas cherché à la revoir, ce qui lui convenait parfaitement. Il lui avait envoyé un hibou pour lui dire qu'il était heureux de s'être réconcilié avec elle mais elle avait purement et simplement déchiré le parchemin en mille morceaux avant de les faire brûler.
Lundi arriva. Harry devait venir la chercher pour qu'ils aillent au Ministère ensemble. Hermione prit une longue douche qui lui permit d'avoir les idées plus claires mais n'atténua nullement l'angoisse qui la tenaillait. Non. Ce n'était pas de l'angoisse. C'était une peur viscérale qui lui tordait le ventre. Elle fit un effort pour ne pas ressembler à un Inferi puis attendit son meilleur ami en se rongeant les ongles. Quand il arriva, elle lui fit un sourire, petit, certes, mais qui était le premier depuis ce qui lui semblait une éternité, même si elle du forcer pour étirer ses lèvres.
« Tu es prête ?
- Oui, allons-y.
- Tu es sûre, Mione ? Si tu ne te sens pas...
- J'ai promis à Williamson de lui parler en face à face, il a le droit de comprendre pourquoi je ne souhaite pas continuer à être Auror actuellement. Et puis... tu es là. »
La jeune femme avait faillit dire qu'avec un peu de chance elle ne le verrait mais ne se sentait pas de l'évoquer. Elle voulait conserver le contrôle qu'elle avait sur elle-même à cet instant et préféra bannir Malefoy de son esprit pour y parvenir.
Harry et elle transplanèrent L'ambiance surchauffée du Ministère emporta bientôt ses peurs dans un tourbillon de sorciers qui se rendaient à leur travail. L'atmosphère familière l'apaisa, comme si tous les sorciers comblaient ses pensées par les leurs, l'empêchant de réfléchir à ce qui la faisait souffrir. Ils prirent l'ascenseur, Hermione oubliant de respirer dès qu'ils tournaient ou ouvraient une porte ou s'arrêtaient à un étage, de peur de voir celui qui hantait ses pensées surgir devant elle. Elle l'imaginait déjà, nonchalant, narquois, amusé de la voir dans cet état... Sa décision de ne rien laisser transparaître s'affermit. Elle se redressa, carra les épaules et afficha un air déterminé pour masquer sa tristesse. Harry lui jeta un rapide coup d'œil et lui pressa la main pour lui envoyer tout son soutien. Elle eut une bouffée d'amour pour lui et pour Ron, Ginny, Pansy et Blaise qui l'avaient soutenue tout ce week-end et qui continueraient aussi longtemps que nécessaire.
L'ascenseur arriva à l'étage tant redouté. Ils le quittèrent et marchèrent d'un pas pressé jusqu'au bureau de Williamson. Hermione garda la tête droite mais ses yeux étaient fixés sur le bureau de son chef, refusant de voir ce qu'il y avait autour par peur de croiser Malefoy. Harry frappa et Hermione se glissa avec rapidité dans la pièce, refermant la porte derrière, après avoir rendu son sourire à Harry.
« Hermione, assied-toi. »
Williamson lui indiqua un siège et la laissa s'installer, la regardant d'un air soucieux. Hermione avait beau être Auror depuis peu, elle était une des meilleures, promise à être la meilleure, avec Harry, il le savait. C'était un bourreau du travail, douée dans tout ce qu'elle entreprenait, dotée d'un instinct qui lui permettait de réussir nombre de ses missions. Aussi avait-il été extrêmement surpris et inquiet de savoir qu'elle voulait démissionner. Harry lui avait juste indiqué que quelque chose lui avait causé un grand choc, sans lui en dire plus.
« Comment vas-tu ?
- Aussi bien que possible, éluda-t-elle. »
Williamson accepta la pirouette. Il était le patron de Hermione, même s'il se targuait d'être proche de tous ses Aurors, aussi n'avait-il pas à insister.
« As-tu réfléchis à ma proposition ?
- Oui, en effet. Je ne veux pas quitter mon poste d'Auror. J'aime ce travail, j'aime les missions, j'aime me battre contre les méchants, dit-elle avec un petit rire. Mais je me sens actuellement incapable de continuer à travailler ici alors qu'il y a... qu'il y a...
- Quelqu'un que tu ne veux pas voir, devina le sorcier. »
Hermione hocha la tête. Il n'était pas bête et avait déjà du faire certains liens. Il avait sûrement compris qu'entre Hermione et son équipier, les choses n'étaient pas au beau fixe. Il n'était pas le chef des Aurors pour rien, après tout.
« Ecoute, je refuse de te perdre. Mais je ne peux pas me permettre de perdre d'autres Aurors, expliqua-t-il, lui indiquant subtilement au passage qu'il ne pourrait virer le quelqu'un qu'elle ne voulait croiser. Accepte ma proposition : prend autant de congés que nécessaires, travaille depuis chez toi sur les affaires si tu le souhaites. Et quand tu seras prête à revenir, si vraiment tu ne peux plus travailler avec cette personne mais que tu acceptes de la croiser de temps en temps dans les couloirs... alors j'essaierais de faire ce qu'il faut. »
La brune admira le tact de Williamson. Il lui proposait de lui laisser du temps puis de voir si elle pouvait continuer à croiser Malefoy et, si c'était le cas, changer les équipiers afin de pouvoir garder tous ses Aurors. Elle ressentit une nouvelle bouffée de chaleur, se rendant compte qu'elle avait un patron, qui était aussi un ami, vraiment merveilleux.
Naturellement, elle accepta sa proposition et demanda immédiatement où en était son affaire. Le travail lui permis de combler son esprit et de ne pas penser à Malefoy. Williamson lui rapporta les dernières avancées à savoir qu'un nouveau crime avait été commis et que les indices recueillis dans la boutique indiquaient que le ou les tueurs étaient entrés en possession d'un objet anti-moldu. La piste d'un homme ou d'un groupe cherchant à éliminer ou à asservir les Moldus semblait donc privilégiée. Williamson et elle parlèrent encore plusieurs minutes de l'affaire puis le sorcier lui donna deux dossiers : le premier relatait les faits du meurtre dont il venait de lui parler, et le second était le rapport de l'affaire Jugson qu'elle avait arrêté avec Malefoy. Retenant un soupir, elle se fit la réflexion que le reste de ses dossiers – dont elle allait avoir besoin puisqu'elle y avait consigné ses notes et ses observations – se trouvaient dans son bureau, bureau qu'elle partageait avec le Serpentard. Elle ne se sentait pas la force de se retrouver dans une pièce aussi étroite avec lui. Pourtant, elle devait les récupérer. L'angoisse ressurgit, plus forte, mais elle se força à rester impassible.
Gardant ses pensées pour elle, elle salua Williamson, le remerciant une nouvelle fois de lui permettre de prendre le temps de réfléchir à ce qu'elle voulait faire, puis quitta le bureau, les deux dossiers plaqués contre sa poitrine.
Harry l'attendait et se précipita vers elle dès qu'elle ouvrit la porte. Il voulut lui dire quelque chose car elle le vit ouvrir la bouche mais son regard se porta au-delà de son meilleur ami, sur la porte de son bureau qui venait d'être refermée par Malefoy.
Leur regard se croisèrent et ce fut comme si elle se prenait plusieurs coups de poignards en plein cœur. Les yeux de Malefoy étaient plus durs qu'elle ne l'avait jamais vu, plus durs encore qu'à Poudlard quand ils étaient les pires ennemis du monde. Il était habillé normalement, coiffé normalement mais, pourtant, elle n'arrivait pas à le reconnaître. Ce n'étaient pas seulement ses yeux mais aussi son visage, impassible, et son corps, dont tous les muscles semblaient tendus. Il n'avait rien du Drago avec lequel elle avait eu une relation.
Parce que c'était un jeu, il jouait la comédie
Au moment où cette pensée naissait, une autre personne la détourna de son observation du Serpentard. Une grande femme, élancée, perchée sur des hauts talons, s'avança et passa son bras autour de la taille du sorcier. Ses longs cheveux blonds étaient savamment coiffés, son maquillage lui donnait un air austère et le sourire qu'elle adressa à son fiancé était plus carnassier qu'amoureux.
Hermione ignora la douleur qui s'emparait d'elle. Sa fierté l'empêchait de montrer à quel point ce coup l'avait laissée à terre. Elle resta impassible, se concentrant sur tout, comme sur le fait de tenir deux dossiers, plutôt que sur le Serpentard, incapable malgré tout de rompre le contact visuel. Oui, se concentrer sur les dossiers qu'elle plaquait contre sa poitrine, comme s'il s'agissait d'une bouée qui lui permettait de ne pas se noyer.
Malefoy referma la porte derrière lui, laissant là son bureau et son affaire en cours. Hermione n'était pas venue travailler aujourd'hui. Si cela ne l'étonnait pas, il en gardait un arrière goût amer. Son orgueil renvoyait la jeune femme plus bas que terre, là où se trouvaient ceux qu'il ne considérait absolument pas, ceux pour qui il n'avait jamais eut aucun sentiment à part du mépris et de la haine. Il avait plus ou moins réussi à se persuader que sa colère et sa douleur provenaient de la tromperie de la Gryffondor et de l'audace qu'elle avait eu à le tromper, lui, le grand Drago Malefoy, et non pas des sentiments qu'il avait à son égard. Deux parties s'affrontaient, mais toutes deux auraient voulu se retrouver face à Granger aujourd'hui. L'une pour se convaincre qu'il avait raison d'agir ainsi, pour lui faire mal, la voir en son pouvoir et la briser, l'autre pour chercher des signes qui lui prouveraient qu'il s'était trompé. Mais elle n'était pas venue et il était seul dans son bureau depuis une heure ou deux. Il quittait la pièce pour retrouver Colombe qui lui avait annoncé qu'elle avait une demande d'interview de la part de Sorcière Hebdo. Le journal voulait absolument des photos du futur couple dans son prochain numéro. Le blond avait haussé les épaules. Il n'accordait aucune importance à cela mais sa méchanceté, issue de son orgueil meurtri, espérait que l'article provoquerait une réaction chez Hermione. Si possible négative. Plongé dans ses pensées, il ne s'attendait pas à plonger dans un regard noisette, son regard noisette, quand il releva la tête. Grâce à sa longue expérience, il put rester maître de lui-même et observa avec satisfaction qu'il n'en était pas de même pour la Gryffondor. Pendant un court instant, elle sembla complètement paniquée afin de redevenir impassible. Mais cet instant avait suffit à Drago pour comprendre qu'il pouvait jouer, lui aussi.
Il sentit un bras se resserrer autour de lui et ne tourna pas la tête, sachant que c'était Colombe. Son parfum sentait trop fort et il la précédait toujours là où elle allait. Il n'avait pas lâché Hermione des yeux. Une vague d'envie le submergea. L'envie de faire souffrir la brunette qui se trouvait en face de lui. Tout en passant son bras autour des épaules de Colombe, d'un geste possessif, il adressa un sourire à Hermione. C'était un sourire glacial, arrogant, cruel. Il vit avec satisfaction les pupilles noisettes s'écarquiller et son plaisir s'accentua quand elle se mit à trembler, ses jointures blanchies par la force qu'elle mettait à serrer deux pauvres dossiers. Une petite voix, qu'il fit taire sans ménagement, lui fit remarquer que la douleur transparaissait sur ses traits, une douleur empreinte de tristesse, reflet de celle qu'il ressentait quand il se montrait faible et laissait ses émotions remonter. Mais il n'en tint pas compte, ne voulut pas y penser, ne voulut pas réfléchir à ce que cela pouvait impliquer et fit un premier pas pour se diriger vers l'ascenseur devant, pour y accéder, passer entre Potter et Granger.
Il mettait les amis de la brune dans le même panier que celle-ci, ne pensant pas un instant qu'ils n'avaient pas pu être au courant de sa relation avec l'autre idiot alors qu'elle était avec lui. De toute façon, un Malefoy ne devait pas avoir ce genre de fréquentations. Les Weasley avaient beau être des sangs-purs, ils n'en étaient pas moins une honte de la population sorcière. Pansy aurait pu trouver un meilleur parti. Quant à Potter... il y avait tellement de raisons pour le haïr qu'il ne pouvait actuellement en énumérer aucune.
Hermione se força littéralement à inspirer et à desserrer ses poings avant que les dossiers ne deviennent des papiers froissés. Elle força ses émotions à reculer, refusant de laisser ce bonheur à Malefoy. Son sourire... il s'amusait énormément de la situation, se délectait de la souffrance de la brune. Elle le vit s'approcher, obligé de passer entre elle et Harry pour rejoindre l'ascenseur. Son corps se tendit pour sentir celui du blond contre lui mais, en même temps, elle dut se retenir pour ne pas avoir un mouvement de recul. Elle se fit violence mais réussit à ne pas bouger d'un pouce.
« Mione... »
La voix de Harry la fit réagir. Refusant de croiser le regard de Malefoy et rejetant l'idée que son geste allait être parfaitement puérile, elle lâcha d'une voix qu'elle voulut le plus assurée possible :
« Ne t'en fais pas Harry, tu peux aller travailler, de toute façon je dois rejoindre Alec pour manger avec lui. »
Puis elle s'éloigna à toute vitesse du couple pour se réfugier dans son bureau. La porte claqua dans son dos sans qu'elle ne remarque la réaction de Malefoy. Il n'en avait eu, en apparence, aucune continuant d'avancer vers l'ascenseur ministériel avec la De Boisredon à ses côtés. Mais, intérieurement, il s'était figé et ne devait qu'à sa parfaite maîtrise de lui-même de ne pas laisser exploser sa rancœur. Hormis ses yeux qui se voilèrent, il n'eut aucune autre réaction laissant entendre que Hermione l'avait touchée. Ce qui était pourtant le cas. Il avait déjà entendu des employées du Ministère commérer sur le fait qu'Alec Bannerman racontait partout s'être remis avec Hermione Granger. Mais l'entendre de la bouche même de la Gryffondor était plus douloureux. Il se força à puiser dans la colère que cela faisait naître pour avancer et ne plus penser à Granger autrement que comme une simple sang-de-bourbe.
Harry regarda Hermione s'enfuir dans son bureau après avoir parlé d'Alec ce qui, il s'en doutait, n'avait pour seul but que d'énerver Malefoy et tenter de l'atteindre comme il était parvenu à l'atteindre, elle. Il se retint de lancer un sortilège au Serpentard et partit, en traînant des pieds, vers son bureau. Sa meilleure amie devait avoir envie d'être seule, aussi n'alla-t-il pas la déranger. Il espérait simplement, de tout son cœur, qu'elle n'allait pas réellement manger avec Alec ce midi. Avec une grimace, il se promit d'en parler à Ginny pour qu'elle raisonne Hermione à ce sujet.
Ladite Hermione s'était appuyée, dos contre la porte de son bureau, cherchant à calmer les fols battements de son cœur. Elle écarta sans ménagement toute pensée qui la ramenait au blond et apaisa sa respiration. Puis elle s'avança vers son bureau dont elle ouvrit un des tiroirs. Elle sortit le dossier qu'il contenait et y rangea, à la place, celui sur l'affaire Jugson. Même si elle aimait lire les comptes-rendus de ses affaires, elle en avait une plus urgente à traiter, et Jugson pouvait attendre.
La Gryffondor resta un moment sur son fauteuil, observant les moindres détails de son bureau puis de celui de Malefoy. L'envie fut plus forte que sa raison et elle se releva pour aller s'installer dans la chaise du blond. Elle resta quelques secondes, indécise, puis commença à ouvrir les tiroirs. Malefoy était comme elle, aussi soigneux avec ses affaires et son espace de travail était parfaitement rangé. Elle trouva une plume magnifique, un pot d'encre, des parchemins, en se demandant ce qu'elle espérait en fouillant le lieu de travail du sorcier. Dans le dernier tiroir, elle trouva une boîte rectangulaire, recouverte d'une sorte de tissu doux et noir. Avec un pincement au cœur et ignorant royalement sa conscience qui lui disait qu'elle ne devrait pas l'ouvrir, elle écarta la partie haute de la partie basse. La boîte lui dévoila un magnifique bracelet, finement ouvragé. Fait d'argent, inflexible, il représentait un serpent qui devait s'enrouler autour du poignet, sa tête rejoignant le bout de sa queue. Les deux seules pierres se trouvaient à la place des yeux du serpent et il s'agissait de deux émeraudes. Comme envoûtée, la brune le prit entre deux doigts et le passa à son poignet. Il était parfaitement à sa taille et l'argent simple permettait d'offrir un parfait contraste avec les deux pierres vertes.
Hermione sursauta, comme si on venait de la tirer d'un mauvais rêve. Avec mépris, elle reposa le superbe bijou puis la boîte, sans ménagement, dans le tiroir qu'elle referma violemment. Le cadeau convenait aussi bien à celui qui l'offrait qu'à celle qui allait le recevoir. Un serpent fourbe et vicieux, à l'image même de Malefoy. Elle se releva avec colère, attrapa les dossiers puis quitta le Ministère.
