Maxine3482 : Mystère mystère ! Oui, ma fiction est entièrement écrite ! En fait, avant de poster un chapitre je le relis, je modifie ce qui ne me plaît pas, je rajoute des éléments oubliés... Parce que je suis une éternelle insatisfaite xD Et puis ça me permet de rajouter des choses, comme le passage entre Blaise et Pansy ! Mais je n'avais pas envie de commencer à poster une fic non finie, de peur de vous laisser en plan ! Alors voila, la fin est écrite, vous aurez le droit à touuuute l'histoire. :D
Winlie-chan : J'écris vite, non, en fait tout est déjà écrit, je poste juste au fur et à mesure que je relis et corrige ^^ Je sais que je suis cruelle, mais j'ai un coeur de guimauve, donc il y aura forcément une happy end, promis ! Peut-être qu'un jour je serais capable de les séparer définitivement mais... pas maintenant.

XXIX •

Quelques jours passèrent, durant lesquels Hermione oscilla entre la colère, la tristesse, le travail. Elle avait décidé de passer à autre chose, malgré ses sentiments, refusant d'offrir le plaisir de sa douleur à Malefoy. Il fallait qu'elle se remette, qu'elle répare sa blessure – ou du moins, qu'elle fasse semblant. Mais parfois, l'envie de pleurer et de se laisser submerger par le chagrin était plus forte. La plupart du temps, la colère dominait, ce qui convenait parfaitement à la jeune femme qui préférait cela qu'être abattue. Les dossiers l'avaient occupée mais, comme elle ne pouvait pas aller sur le terrain, de peur d'y croiser son équipier, ou plutôt ex-équipier, ses recherches et ses avancées étaient limitées. Pour ne pas dire quasi-nulles.

Avec un soupir elle referma la chemise en carton qui contenait les pages de l'affaire. Il lui manquait un élément, un tout petit élément qui lui permettrait de donner une cohérence à l'ensemble, elle le savait. Mais cette pièce lui échappait inlassablement. Son intuition lui disait qu'elle devait la trouver, au plus vite, car les gens à l'origine de ces meurtres n'avaient aucune intention louable. Et si cela concernait les moldus, on pouvait parfaitement s'attendre au pire. Malgré le fait qu'elle piétinait dans cette affaire, elle ne pouvait s'empêcher de passer de longues heures à relire les rapports et à tenter de trouver des éléments nouveaux. Aujourd'hui, comme les deux jours qui avaient passés, n'avait rien donné de nouveau.

La brune se leva, s'étira et regard par la fenêtre. Elle passait ses journées dans son appartement, ne souhaitant nullement sortir. Mais elle devait bien admettre que cette attitude ne lui apportait rien de bon. Sauf qu'entre Alec et Malefoy... Avec un nouveau soupir, elle se rendit à l'évidence. Elle ne pourrait pas passer sa vie à les éviter, tous les deux. Malefoy était Auror, qu'elle le veuille ou non. Même si Williamson acceptait de modifier les équipes, elle le croiserait encore. Mais il lui fallait du temps pour accepter. Quant à Alec... Depuis qu'ils avaient passé une nouvelle nuit ensemble, il semblait penser qu'ils formaient de nouveau un couple. Hermione n'avait pas la force de jouer la comédie alors elle l'évitait purement et simplement. Là encore, son attitude ne lui apporterait rien de bon et avait tout de la puérilité d'un enfant, mais elle n'était pas capable de mieux.

Un petit sourire amer lui barra le visage. Elle n'avait rien d'une Gryffondor, en cet instant. Où était passé son courage et sa force qui lui permettait d'affronter les épreuves qu'elle traversait ? Heureusement qu'elle n'était pas comme ça lors de la guerre car elle n'aurait pas été d'une grande aide à Harry. Cependant, elle avait beau s'auto-flageller et se traiter de lâche, elle n'arrivait pas à faire face. Elle avait l'impression d'être retourné six ans en arrière, après la Grande Bataille, où elle n'arrivait plus à faire face à tout ce qu'elle avait vécu, où elle avait purement et simplement perdu pied.

Les bras serrés autour de son torse, elle repensa au tournant qu'avait pris sa vie en une petite semaine. Son front appuyé contre le carreau de la fenêtre, elle ferma les yeux, refusant de se laisser abandonner à la tristesse. La colère, elle lui permettait d'avancer, alors que la trisse la laissait vidée. Elle serra les dents, refoula ses larmes et invoqua l'image de Malefoy, le bras de sa fiancée autour de sa taille, son sourire si cruel qu'il lui adressait et cela l'aida à ne pas se laisser abattre.

Elle se dirigea vers la salle-de-bain et s'arrêta en face de son miroir. Ce qui était le plus flagrant, c'étaient ses yeux. Ils étaient cernés et rétrécis par la fatigue qu'elle accumulait. Hermione tentait de s'endormir le plus tard possible pour éviter les cauchemars qui, inévitablement, la réveillaient tôt le matin. Après quoi elle ne voulait plus se rendormir de peur d'en faire à nouveau. Ses nuits étaient courtes, ses journées trop longues, et devoir contrôler ses émotions constamment ne l'aidait pas se reposer.

Elle entendait déjà les réflexions de Pansy sur son état quand elle rejoindrait ses amis chez Harry et Ginny, ce soir. Il était d'ailleurs temps qu'elle se prépare. Elle fit un effort, refusant d'arriver au repas comme un Inferi. Elle ne voulait pas être l'amie qui déprime et qui arrive, toujours vêtue de noir, pas coiffée ni maquillée et qui garde la tête plongée dans son assiette toute la soirée. Non, Malefoy ne la ferait pas tomber aussi bas. Elle allait mal, mais elle refusait la dépression. Alors elle se maquilla, tenta de masquer sa pâleur et ses cernes, enfila une jolie robe, des talons, attrapa la tarte qu'elle avait fait dans la journée et qui était encore tiède puis transplana.

Blaise était le seul des invités présents au moment où la Gryffondor arriva. Il la salua chaleureusement mais elle ne fut pas dupe et remarqua bien l'inquiétude qui tirait ses traits. C'était une des pires choses dans cette histoire : le fait de sentir ses amis constamment inquiets à son sujet. Elle avait l'impression d'être au bord de la mort et que tous s'attendaient à ce qu'elle décède subitement, devant eux.

« Comment tu vas ?
- Ça va, affirma-t-elle. Et toi ? Des nouvelles de ta conquête grecque ?
- Anthéa ? Non, aucune, mais je ne cherche pas à en avoir. La Grèce est loin et il y a une quantité de belles sorcières anglaises beaucoup plus proches, fit-il avec sa prétention habituelle. »

Il réussit à arracher un rire à la brune qui leva les yeux au ciel au passage. Ginny et Harry sortirent de la cuisine pour venir la saluer et elle leur tendit la tarte. Ils papotèrent, tandis que Harry se chargeait de leur servir à boire, évitant tous, avec soin, ce qui pouvait se rapporter de près ou de loin à Malefoy.

Ron et Pansy finirent arriver, avec leur retard habituel. Pansy était aussi excitée que d'habitude mais son regard se porta immédiatement sur Hermione. Ses sourcils se froncèrent et, comme la brune l'avait prévu, elle s'inquiéta tout de suite, son excitation baissant en flèche.

« Tu as vraiment mauvaise mine Hermione, rester enfermée chez toi n'est pas une bonne idée...
- Ça va, ne t'en fais.
- Même un Poufsouffle mentirait mieux que toi, lâcha Pansy, peu convaincue. Tu ne voudrais pas qu'on sorte un peu, avec Ginny ?
- Vous n'avez pas de travail ? demanda-t-elle, un petit sourire aux lèvres.
- Tu sais bien que la saison de Quidditch ne commence pas tout de suite, alors j'ai beaucoup de temps libre, fit immédiatement Ginny, trop ravie d'avoir une occasion de forcer sa meilleure amie à sortir.
- Et moi je suis la patronne, c'est moi qui décide.
- Ron peut confirmer, fit Blaise, sarcastique. »

Pansy se contenta d'une claque derrière la tête et Ron ne dit rien, ses joues rouges parlant pour lui.

« Pour de vrai, Hermione, tu ne peux pas continuer à... à penser à... à être...
- Malefoy est un con, grogna Ron avec son tact habituel.
- Ronald ! »

La blonde lui fit les gros yeux. Tous ses amis avaient du se concerter pour ne pas parler du Serpentard mais le Weasley semblait en avoir gros sur le cœur.

« Non, tu ne peux pas dire le contraire ! On lui a tous fait confiance ici. On était tous persuadé qu'il n'était plus le Malefoy de Poudlard et, dès qu'il a pu, il a planté un couteau dans le dos de ma meilleure amie. Alors je sais que parler de lui ne plaît à personne ici, mais regardez dans quel état est Hermione, tu n'es plus toi-même. Cet abruti a réussit à te rendre malheureuse. Et ça ne sert à rien de prendre des pincettes pour lui. Je... »

Ron n'arrivait plus à trouver les mots. Il était littéralement en rage contre Malefoy. Comme à son habitude, il avait mis les pieds dans le plat de manière pas du tout subtile. Du Ronald Weasley tout craché. Pansy lui jetait toujours un regard furieux mais le fait de voir son meilleur ami entretenir tant de rancœur contre le blond soulagea inexplicablement la jeune femme. Elle lui adressa un petit sourire qui sembla le calmer et détendre également sa petite-amie ainsi que les autres sorciers présent.

« Bon, il ne sert à rien de parler de ça ce soir, d'accord ? Mais il ne sert à rien non plus de vouloir me surprotéger. Je suis venue pour passer une soirée avec mes amis. Je ne suis pas au mieux de ma forme, je crois que je ne trompe personne, mais ça va, ne vous en faites pas. »

Hermione planta ses yeux noisettes dans ceux de chacun de ses amis qui acquiescèrent et le sujet fut clos. C'était comme si une vague de tension venait de disparaître et la soirée put enfin commencer sans que chacun ne retienne ses paroles pour ne pas malencontreusement lâcher un mot de trop.

Harry et Hermione parlèrent un moment de leurs affaires respectives, le brun tentant d'aider sa meilleure amie à démêler le nœud de son enquête, sans succès, mais ce fut le mariage qui emplit bientôt toutes les discussions, chacun parlant avec enthousiasme des différents préparatifs qu'il restait à faire. Les filles ne parlèrent plus que de la robe de mariée, revenant sans arrêt sur les deux robes qui avaient été mises de côté, décidant qu'il fallait faire de nouveaux essayages, puis dérivèrent sur l'enterrement de vie de jeune fille de Ginny.

Ils passèrent à table et Hermione alla aider ses amis à chercher les plats. Kreattur n'était pas là ce soir et tout avait été fait par le couple de sorciers. Pénétrer dans la cuisine fit revivre le souvenir du baiser échangé la dernière fois qu'elle était venue, avec Malefoy. Ses mains tremblèrent quand elle attrapa la viande mais elle prit sur elle, serra les doigts autour du plat, et se força à ne plus trembler.

Au final, elle passa une bonne soirée, mettant momentanément ses problèmes de côté. Pansy lui jeta plusieurs fois des regards pensifs qu'elle ne vit pas, se demandant comment elle allait pouvoir réconcilier Hermione et Drago. Avant cela, elle devait trouver ce qui avait créé cette situation et arranger ce fait. Elle restait convaincue qu'il devait y avoir un immense quiproquo. Sauf que ni Hermione, ni Drago ne semblaient désireux de discuter de l'autre et de l'éclairer à ce sujet. D'un geste rageur, elle planta sa fourchette dans une patate, comme si lui faire du mal pourrait forcer ses deux amis à se confier. Il lui manquait un élément, un peu comme Hermione avec son affaire. Sauf que l'enquête de Pansy ne visait pas à arrêter un meurtrier mais à remettre ses deux amis en couple. Elle ne savait pas trop si sa tâche à elle était plus facile ou non.

Pour le dessert, ils décidèrent de retourner dans le salon. Ginny interdit à Hermione de débarrasser, affirmant qu'elle allait s'en occuper. Sachant qu'il ne servait à rien de discuter avec sa meilleure amie, la brune se dirigea vers le salon. Elle s'installa dans un fauteuil et son regard fut attiré par un des magazines posés sur la table basse. Le titre, qu'elle connaissait bien, était parfaitement visible. Appréhendant ce qu'elle allait y lire, sentant d'avance la blessure se rouvrir, mais incapable de se retenir, elle attrapa le nouveau numéro de Sorcière Hebdo. Elle n'eut pas besoin de le feuilleter : Malefoy et sa fiancée faisaient la couverture. Lui, parfaitement impénétrable, elle, collée contre son corps, avec ce même sourire carnassier qu'elle avait déjà observé. Hermione sentit la tête lui tourner, incapable de détacher les yeux de cette image.

« Oh, Hermione ! »

La voix de Pansy la tira de son état figé. Elle releva la tête, ses yeux incapables de se fixer sur Pansy ou Blaise qui se tenaient dans l'encadrement. Pansy avait l'air effaré et Blaise immensément désolé, comme s'ils étaient responsables de ce qu'avait fait Drago. En voyant l'air blessé de Hermione, le Serpentard comprit alors à quel point Pansy avait raison. Hermione était attachée à Drago à un point qu'ils n'avaient peut-être même pas imaginé et, il le savait au fond de lui, il en allait de même pour son meilleur ami.

Hermione se sentait de nouveau perdre pied et elle refusait de craquer devant ses amis. Se relevant, cherchant à paraître assurée, la brune prit un ton neutre pour parler :

« Je vais rentrer, je suis fatiguée. »

L'excuse était pitoyable, elle ne se faisait aucune illusion. Elle abrégea les au revoir aussi vite que possible pour se retrouver dehors et s'éloigner des regards plein de pitié de ses amis. Il faisait nuit noire mais l'air n'était pas rafraîchissant, au contraire. Il faisait lourd et la Gryffondor pria pour qu'il se mette à pleuvoir. Elle mourrait de chaud, se sentait à l'étroit dans cette robe. Elle envoya valdinguer ses talons et se retrouva pieds nus, à marcher dans Londres, avec cette sensation d'étouffement qui ne la quittait plus. Elle ne voulait pas transplaner, ne voulait pas se retrouver seule chez elle. La bile lui monta aux lèvres. Puis elle eut un haut-le-cœur et rendit tout son repas dans un buisson. Au même moment, la pluie se mit à tomber, pour son plus grand soulagement. Elle fit disparaître la pellicule de sueur qui lui couvrait le visage et lui donna la force de se relever.

Après de longues minutes d'errance, Hermione pénétra dans un bar moldu et s'installa au comptoir, inconsciente des regards qui la suivaient, elle, jeune femme pieds nus, vêtue d'une belle robe, les cheveux complètement trempés par la pluie. Elle commanda, un verre, puis deux, trois et perdit rapidement le compte.

Quand elle se réveilla le lendemain, elle était chez elle. Comment y était-elle arrivée ? Elle n'en savait rien mais ça tenait du miracle. Sa tête lui faisait mal et pesait horriblement lourd. Tout son corps n'était qu'un bleu gigantesque, autant extérieurement qu'intérieurement. Chaque muscle lui faisait mal, comme si elle était tombé à de multiples reprises sur chaque os, chaque respiration était un effort et son cœur battait difficilement comme s'il souffrait. Elle se rendit compte qu'elle s'était endormie toute habillée et l'odeur de son souffle lui confirma qu'elle avait bu plus que raison. La bouche pâteuse, les yeux fatigués, elle tenta de se relever. Elle était fébrile et faible mais cela ne l'empêcha pas de courir jusqu'aux toilettes quand la nausée la saisit. Ce fut surtout de la bile, n'ayant rien mangé après être partie de chez Harry et Ginny.

Elle resta longtemps assise sur le carrelage froid jusqu'à ce qu'elle ose se remettre sur ses pieds pour traîner son corps jusque dans sa baignoire. Le bain chaud lui fit le plus grand bien. Ses pensées s'éclaircirent et la migraine s'apaisa, à défaut de disparaître. Hermione y resta jusqu'à ce que sa peau commence à se friper. Elle se sécha, enfila un vieux pantalon de survêtement, un t-shirt souple et avala un très léger déjeuner, son estomac encore fragile ne pouvant trop en supporter.

La brune passa un long moment, assise à table, sa tasse vide entre les doigts. La soirée d'hier ne l'avait pas laissée en très bon état mais avait eu le mérite de lui ouvrir les yeux. Elle n'allait pas bien. Pas bien du tout. Elle n'avait jamais fait ça, aller dans un bar, seule, pour se saouler et oublier ses problèmes, au point qu'elle en vomisse. Et rester ici n'arrangeait rien. Elle avait besoin de faire le vide, de tout oublier pour pouvoir passer à autre chose. Elle ne pouvait continuer à se cloîtrer chez elle de peur de voir Malefoy dehors, ce n'était pas sain et, surtout, ce n'était pas viable à long terme. L'idée s'insinua en elle jusqu'à devenir une évidence. Il fallait qu'elle parte, qu'elle quitte Londres quelques temps. Un peu comme un malade qu'on envoie ailleurs pour prendre un air nouveau, il lui fallait changer d'environnement.

Sa valise fut prête en peu de temps. Maintenant qu'elle avait décidé de quitter Londres, elle se sentait un peu plus sereine. Elle prit le temps de rédiger plusieurs hiboux, pour prévenir ceux qui devaient l'être, puis transplana aux Ministère, sa valise réduite à la taille d'un sac à main. Son statut d'Auror lui permit d'obtenir un portoloin plus rapidement que si elle était une simple sorcière qui n'avait pas prévenu assez tôt.

Sur le moment, sa décision lui parût être la meilleure. Hermione ne se rendit pas compte que, une fois de plus, elle fuyait pour échapper à ses tourments. Elle avait déjà fait cela, après la Grande Bataille. Elle avait tenu plusieurs mois avant de tout plaquer et de disparaître à l'autre bout du monde. Cette fois-ci aussi, elle avait cru que c'était la bonne solution, la meilleure chose à faire. Il fallait croire qu'on n'apprenait pas toujours de ses erreurs. Le bout de carton lui apparut comme la solution à ses problèmes et elle s'en empara sans hésiter. Quelques secondes passèrent puis un crochet se planta dans son nombril pour l'entraîner en avant, là où ses problèmes lui paraîtraient bien lointains.