Deniz : Désooooooolée. J'ai eu une journée bien remplie, je viens juste de me connecter ! Mais voici la suite ! Et j'ai pas de réponse à "pourquoi ils font ça". Ils sont cons, que veux-tu !
helo10 : Oui, Hermione est loin d'être blanche, je voulais pas faire de Drago le méchant de l'histoire et Hermione la pauvre victime, je la vois pas du tout comme ça x)
Shana : Bravo, tu as bien deviné :D
Ravenclaw-Strega : Ne me mords pas ! Et voila la suite :P
Maxine3482 : Où va-t-elle ? Voici la réponse à ta question !
Xata : Merci ça me fait plaisir :D
Milimagine : Oh, je pensais pas que tu le prendrais autant à coeur ! En fait, ils le jugent pas, mais ils le connaissent par coeur. Et ils savent donc qu'il peut agir comme le dernier des crétins et que sa réaction ne présage rien de bon. Si Pansy s'énerve c'est parce qu'elle est légèrement hystérique sur les bords ahah, mais aussi qu'elle connait son meilleur ami et refuse de le voir redevenir comme ça, donc ça l'énerve encore plus. Mais ils lui tournent pas le dos, ils vont pas refuser de le voir, comme dit Blaise, faut juste pas qu'ils parlent de ce sujet avant d'en savoir plus ! Ne t'en fais pas, il n'est pas seul. Mais dans l'état dans lequel il est, c'est lui qui va refuser l'aide, le soutien, la présence de ses amis en fait. Comme je l'ai dit à helo10, Hermione est loin d'être blanche, en effet, je refuse de faire de Drago le grand méchant et elle la pauvre victime, les torts sont partagés sinon c'est pas réaliste :P
• XXX •
Une fois déposée par le portoloin, Hermione transplana directement jusqu'à sa destination. La petite maison était construite de plein pied sur une petite élévation de terrain. De couleur blanche, les barrières et les volets en bois, elle ne manquait pas de charme. Elle se trouvait dans un quartier résidentiel mais était cachée à la vue des passants par des arbres luxuriants. On y arrivait par un petit chemin de terre qui dépassait les arbres et amenait dans un immense jardin dégagé au milieu de laquelle l'habitation se trouvait. Le soleil brillait de milles feux dans le ciel et éclairait la maisonnée. La Gryffondor grimpa les trois marches qui menait à la grande terrasse en bois puis s'avança jusqu'à la porte, à laquelle elle frappa, fébrile et pressée.
Le temps lui sembla très long jusqu'à ce qu'elle entende des petits pas se presser pour ouvrir. Une silhouette se découpa derrière la porte vitrée, floutée par les minuscules carreaux qui composait celle-ci. Enfin, sa mère ouvrit et apparut dans l'encadrement.
« Ma chérie ! »
Son exclamation surprise s'accompagna d'une longue étreinte puis d'une invitation à ce que sa fille entre. Hermione ne chercha pas à retirer sa main de celle de sa mère, qui la guidait désormais à travers le couloir pour la conduire sous la véranda, rassurée par cette petite étreinte, sereine même.
« Tu veux boire une citronnade bien fraîche ? »
La brune acquiesça, alléchée à cette idée et regarda sa mère disparaître dans la cuisine, des bruits de verres s'entrechoquant ne tardant pas à se faire entendre.
La guerre était terminée depuis plus de six ans, maintenant. Mais cela n'en faisait que trois depuis que la jeune femme avait rendu à ses parents la totalité de leur mémoire. La Gryffondor avait longuement hésité face à ce choix : rendre à ses parents leurs souvenirs et les tirer de cette nouvelle vie qu'ils s'étaient construites, mais les retrouver, ou alors les laisser dans l'ignorance de leur fille et vivre sans eux. Ne pas les voir pendant trois années avait été éprouvant, mais la décision n'avait cependant pas été facile à prendre.
Même si cette période avait marqué le retour de ses parents dans sa vie, Hermione n'aimait pas s'en souvenir. Car, si le choix de venir en Australie avait été motivé par la présence de son père et de sa mère, la décision de partir purement et simplement, de quitter l'Angleterre découlait, elle, du mal-être profond dont elle n'arrivait pas à se débarrasser depuis la Grande Bataille. Fuir avait été la seule solution qui lui était restée, ou du moins le percevait-elle ainsi à l'époque, et elle s'était réfugiée ici. Comme aujourd'hui. Le parallèle lui apparut, cruel, mais elle le repoussa, refusant d'obscurcir ses retrouvailles avec sa mère.
Celle-ci revint rapidement, un pichet remplit de citronnade dans une main, deux grands verres dans l'autre.
« Papa n'est pas là ?
- Oh, tu le connais. Toujours en vadrouille. Il est à la pêche avec un voisin, répondit sa mère d'un geste de la main signifiant qu'elle avait l'habitude des vadrouilles de son mari. »
Hermione eut un sourire tendre. Sa mère acheva de faire glisser des glaçons dans les verres et invita sa fille à la suivre à l'extérieur, de l'autre côté de la maison, là où s'étendait une terrasse plus intime. L'une et l'autre s'installèrent dans un rocking-chair et la Gryffondor se laissa apaiser par les doux balancements et par le goût de la boisson.
« Comment vas-tu, ma puce ? »
La question semblait innocente, surtout que cela faisait un moment que la mère et la fille ne s'étaient pas vues, mais Hermione perçut nettement l'inquiétude derrière la banalité de l'interrogation. Elle se mordit violemment la lèvre inférieure, ne sachant que dire. Sa tendance à garder ses problèmes pour elle l'emporta.
« Je vais très bien, et toi ?
- Hermione ?
- Maman ?
- Exact, je suis ta mère. Je t'ai faite et je t'ai élevée. Je te connais par cœur. Qu'est-ce qu'il ne va pas ? »
La jeune femme fut saisie par la capacité qu'avait sa mère de toujours savoir ce qu'elle ressentait. Elle sentit l'Angleterre et Malefoy se rappeler à son bon souvenir et les larmes se mirent à rouler librement sur ses joues alors même qu'elle ne voulait pas infliger ce spectacle à sa mère.
« Oh, maman. »
Celle-ci se leva aussitôt de son siège pour s'asseoir sur l'accoudoir de celui de sa fille, qu'elle serra contre elle, sa main faisant des va-et-viens apaisants dans ses cheveux bruns. Hermione pleura et ses pleurs furent plus libérateurs que tous les précédents. Peut-être était-ce du à la présence rassurante de celle qui l'avait élevée, en tout cas, elle se sentit mieux après cette crise de larmes là où les autres l'avaient laissée anéantie et épuisée. Elle se redressa et sécha ses joues, puis eut un petit sourire.
« Une histoire de garçon.
- C'est toujours une histoire de garçon, mon ange. »
Elles rirent à l'unisson, un rire protecteur pour la mère, un petit rire teinté de ses derniers sanglots pour la fille. Avec son tact légendaire, la mère d'Hermione ne lui demanda aucune précision sur qu'il s'était passé et sa fille lui en fut reconnaissante. Elles restèrent sur leur chaise à bascule, parlant de tout et de rien. La Gryffondor se sentait bien, détendue, mais ne percevait plus l'inquiétude, pourtant encore présente, chez sa mère.
La dernière fois que sa fille leur avait rendu visite, elle n'allait pas beaucoup mieux qu'aujourd'hui. Elle était dévastée, brisée. Il ne s'agissait pas de la même raison, mais elle avait déjà ressenti le besoin de fuir, de s'isoler. Ellen Granger ne pensait pas que c'était bon pour son enfant de se couper de tous ses amis pour se réfugier ici. Elle fuyait ses problèmes, espérant les faire disparaître. Bien sûr, cette retraite lui permettait de reconstituer ses forces et de se réparer. Mais ce n'était pas la meilleure chose à faire pour autant. Le temps aussi permettait de cicatriser, peut-être même plus que la distance. Pourtant, elle ne fit pas part de ses pensées. Hermione était majeure et adulte, elle comprendrait bien assez vite que l'isolement n'était pas ce qu'il lui fallait et qu'elle n'oublierait pas cet homme comme ça, pas temps qu'elle ne l'aurait pas directement affronté. Ellen connaissait sa fille par cœur et savait qu'une plaie ne pouvait se refermer temps qu'elle ne s'exposait pas directement à celui qui l'avait causée.
Elles ne quittèrent la terrasse que quand la soirée fut bien entamée et que le soleil déclinait. Il faisait cependant toujours aussi bon, le climat australien accordant une chaleur à toute épreuve en été. Hermione se rendit compte qu'elle mourrait de faim. Elle s'était levée et avait déjeuné vers midi mais n'avait rien avalé depuis, ce que son ventre ne manqua pas de lui reprocher. Pendant que sa mère préparait à manger, elle monta dans la chambre qui lui était réservée et rangea les quelques affaires qu'elle avait prises. Elle disposait plusieurs livres sur une étagère quand une chouette s'invita dans la pièce, entrant par la fenêtre ouverte. Elle tenait une lettre dans bec que la brune se dépêcha de décacheter.
On comprend tous ton envie de quitter Londres, Mione, même si ça nous attriste... Pansy voulait t'envoyer une beuglante pour t'ordonner de rentrer tout de suite mais Ron a réussit à l'en dissuader. Elle tient cependant à te dire qu'elle désapprouve ta
Ici, l'encre faisait une embardée puis reprenait une ligne en dessous, avec une écriture différente.
Faux ! Je ne désapprouve pas, Ginny est trop gentille dans ses mots. Je peux comprendre que tu ne souhaites pas croiser Drago mais est-ce que fuir est la bonne solution ? Je ne crois pas. Tu te voiles la face et tu retardes l'inévitable, car il faudra bien que vous vous affrontiez, un jour ou l'autre ! Avez-vous pensé, tous les deux, qui êtes les deux personnes les plus stupides de ma connaissance, qu'il vous suffisait peut-être de
Une nouvelle fois, le dernier mot se brouillait et l'encre s'étalait en un long trait. Puis l'écriture de Ginny revint.
Pansy raconte n'importe quoi, ne l'écoute pas. Mione... Tu es déjà partie, une fois, et tu n'as plus donné de nouvelles pendant trois mois... Je t'en prie, ne refais pas ça. Pas encore. Prends quelques jours pour réfléchir, te remettre... Mais ne disparaît pas encore une fois.
On t'aime tous.
PS : Même si tu es très stupide.
Cette dernière phrase provenait de Pansy qui avait du profiter que Ginny ait le dos tourné pour rajouter ce post-scriptum. Elle serra la lettre contre elle, remerciant intérieurement ses amis de se montrer si compréhensifs. Elle culpabilisa néanmoins : une nouvelle fois, elle fuyait, sans prendre le temps de voir ses amis avant son départ. Il était normal que Ginny ait peur que son absence se prolonge et qu'elle ne donne pas de nouvelles, étant donné que c'était ce qu'il s'était passé la dernière fois. La Gryffondor ne pouvait s'en prendre qu'à elle si sa meilleure amie ressentait cette inquiétude. Et les mots de Pansy trouvaient écho dans sa conscience qui lui soufflait depuis le début qu'elle avait tort de s'effacer. La faisant taire, elle rédigea quelques mots à l'intention de ses amis et renvoya la chouette.
Ne vous inquiétez pas. J'ai simplement besoin de quelques jours. Je vous aime aussi.
Elle espérait sincèrement qu'il s'agissait de la vérité, et que quelques jours lui seraient suffisants.
« Hermione, ton père est là ! »
La brune entendit en effet le bruit de la porte puis celui de quelqu'un qui se déchausse et pose ce qu'il portait dans l'entrée. Elle descendit les escaliers à toute vitesse pour s'enfoncer dans l'étreinte protectrice de son père.
Les quelques jours s'étalèrent, grandirent et devinrent une semaine puis dix jours. Hermione passait le plus clair de son temps à lire les grimoires qu'elle avait emmenés avec elle, assise sur la terrasse, vêtue d'un simple maillot de bain, faisant de fréquents allers-retours entre son rocking-chair et la piscine. En deux jours, le bronzage acquis en Grèce s'accentua et elle obtint une peau très bronzée, pas loin d'être matte. Quand sa mère remarqua qu'elle avait déjà lu quatre livres en seulement cinq jours, elle lui ordonna de sortir un peu se promener. Après tout, ils n'étaient qu'à quelques minutes en voiture du centre de Sidney où se trouvait également une allée réservée aux sorciers.
Cependant, tandis que la jeune femme conduisait la voiture de sa mère, elle décida qu'elle resterait du côté moldu. Elle voulait profiter de cette ville qui l'avait accueillie pendant trois mois. En effet, alors qu'elle était arrivée au Ministère Australien, trois ans auparavant, elle avait été incapable d'aller trouver ses parents tout de suite, incapable de prendre la décision de leur rendre leur mémoire ou non. Alors elle était resté dans un hôtel, passant ses journées à la plage et ses nuits dans la chambre. Jusqu'à ce que, au bout d'un long mois, elle se décide enfin à franchir le pas et à retrouver ses parents. Hermione se souvenait encore de ce jour-là. Ce jour où elle avait frappé à la porte de la maison de ses parents, où ils avaient ouverts, se demandant ce que cette inconnue pouvait bien leur vouloir. Elle était restée, pétrifiée, sur l'entrée, incapable d'articuler le moindre mot. Et puis, les larmes aux yeux, la brune avait tiré sa baguette et lancé le contre-sort. Les retrouvailles avaient été émouvantes, même si ses parents l'avaient longuement grondée pour avoir seulement osé imaginer ne pas leur rendre la mémoire et vieillir loin d'eux.
Hermione trouva une place de libre, se gara, et se rendit aussitôt à la plage où elle s'était rendue tous les jours pendant plusieurs semaines, trois ans plutôt. La jeune femme lézarda une après-midi entière au soleil. Un autre jour, elle fit les boutiques avec sa mère et trouva du plaisir à s'acheter un tas d'affaires. Pour la première fois depuis qu'elle avait appris le mariage de Malefoy, elle avait envie de se sentir belle et désirable. Son vœu fut exaucé, malgré elle.
Depuis dix jours qu'elle était ici, elle commençait à reconnaître les rues de Sidney. Elle flânait au hasard, laissant ses pas la conduire là où bon leur semblait. Elle était perdue dans ses pensées qui allaient de son affaire de crimes à ses amis, en passant par Malefoy, son métier d'Auror et tout le reste. Ce qui avait changé c'était qu'elle abordait le sujet avec une certaine sérénité qui lui redonnait confiance en elle et en son futur retour en Angleterre. C'est dans cet état d'esprit qu'elle se baladait dans les rues de la ville et qu'elle rentra dans un autre passant.
« Je suis désolée, vraiment dés... »
Son excuse mourut dans sa bouche quand ses yeux se posèrent sur celui qu'elle venait de bousculer.
« Jack !?
- Tiens, Hermione ! Si je m'attendais à te voir ici, fit-il, visiblement ravi.
- Et moi donc.
- Sauf que moi j'habite en Australie, répliqua-t-il, taquin. Que fait une Londonienne si loin de chez elle ? »
La jeune femme n'hésita pas une seule seconde à lui mentir ou, plutôt, à ne pas lui dire toute la vérité. Son instinct lui disait de rester circonspecte et méfiante.
« J'avais besoin de vacances et l'Australie me paraissait l'endroit idéal pour cela.
- Je ne peux qu'approuver ! Tu voudrais bien venir boire un verre ? »
Sa conscience disputa la partie à sa fierté, la même qui lui avait fait accepter les avances d'Alec au lieu de lui jeter un stupéfix. Une fierté qui lui disait qu'en acceptant les avances du jeune homme, elle contrariait ainsi Malefoy, même si lui n'en saurait jamais rien. Mais il n'y a pas de petit plaisir, et celui de se venger, même si elle devait être la seule à le savoir, ne put résister à sa voix intérieure. Elle accepta donc l'invitation, sachant qu'elle n'accepterait rien de plus venant de sa part, et suivit le sorcier jusqu'à un petit bar qui donnait sur l'océan. Ils prirent place sur une banquette qui faisait l'angle, une vue imprenable sur la plage et les eaux qui dominaient l'horizon. Jack était un peu trop proche d'elle à son goût, leurs genoux se frôlant plus que nécessaire, mais elle ne dit rien.
« Tu es venue seule en Australie ? »
La jeune femme comprit le sous-entendu de sa question et chercha comment elle pouvait dissiper immédiatement tout quiproquo. Elle était là pour profiter du beau temps en compagnie d'un collègue, c'était ce qui se rapprochait le plus de leur relation, et non pas pour entamer une relation quelconque.
« Oui, j'avais besoin de respirer et de me retrouver un peu seule. »
Elle espérait le sous-entendu suffisamment clair mais n'avait pas envie de se montrer désagréable, aussi ne dit-elle rien plus clairement. Il lui demanda ce qu'elle avait visité, si elle était allée dans la partie sorcière, combien de temps elle comptait encore rester... bref, ils parlèrent de tout et de rien, mais surtout de l'Australie et de ses richesses. Parler avec un presque inconnu ne fit qu'augmenter le manque qu'elle ressentait face à l'absence de ses amis.
Absence que tu t'es imposée toi-même, pensa-t-elle amèrement.
« J'ai l'impression que le camp des Aurors était hier... Cela vous a réussi, à ton équipier et à toi ?
- Oui, et à vous ? répondit la jeune femme, peu désireuse de détailler son histoire.
- Absolument, fit-il en hochant gravement la tête. Il faut dire qu'avec toutes leurs épreuves... Nous avons eu du mal lors de la première, avec toutes les créatures qui nous tombaient dessus, mais dès le parcours nous avons compris qu'il fallait travailler main dans la main et, aujourd'hui, ça nous réussit.
- J'en suis ravie pour vous ! Il est vrai que leurs exercices n'avaient rien de facile. Entre les créatures, les épreuves physiques, les... »
Hermione s'interrompit et devint blanche comme un linge. Une idée venait de fleurir, ou plutôt un souvenir, dans son esprit. Et ce souvenir venait de s'emboîter au puzzle incomplet qu'était son affaire.
« Hermione, tu vas bien ? »
Le ton inquiet de Jack la ramena à la réalité. Elle se secoua mentalement et attrapa son sac. Il fallait qu'elle rentre, qu'elle se retrouve seule, et vite.
« Je... Je suis désolée, je dois rentrer, je... On... »
Ses balbutiements étaient complètement incohérents mais, comme elle se levait en même temps, son intention était claire. Elle perçu la déception dans le regard mais aussi un fugace éclair d'autre chose comme de l'agacement ou de la contrariété. Ce détail glissa sur elle et elle ne s'y attarda pas. Avec un dernier salut pour le sorcier qu'elle plantait là, elle retourna en vitesse chez ses parents. Elle grimpa les marches quatre à quatre, déboula dans sa chambre et fouilla longuement dans ses affaires avant de trouver les dossiers qu'elle cherchait. Elle les étala sur le sol, à la page qui l'intéressait, puis s'installa en tailleur à même le sol.
Tout en étudiant attentivement les pages qu'elle avait sous les yeux, ses doigts jouaient avec ses lèvres, signes d'une intense réflexion et, aussi, d'un peu de nervosité. Inspirant profondément, elle chercha à comprendre ce que cela signifiait. Lorsque Malefoy et elle s'étaient rendus sur la seconde scène de crime, ils avaient vu un homme vêtu d'une robe noire, masqué, devant la boutique, les fixant. Il avait disparu dès qu'ils avaient ouvert la porte. Sur le coup, ils avaient pensé qu'il devait être mêlé à l'affaire et qu'il était là pour voir si les Aurors découvraient quelque chose. Mais, n'obtenant pas plus d'indice sur lui, ils avaient laissé tomber cette piste. Cependant, tout ce qu'ils avaient noté à son propos était consigné dans ce dossier. L'homme avait revêtu un robe noire, à capuche, ainsi qu'un masque de la même couleur : tout pour faire penser à un Mangemort. Sauf que la tenue n'était pas complètement noire : une bande blanche parcourait le bas de la robe du sorcier. Détail important et qui aurait du lui sauter aux yeux. L'informateur de Malefoy lui avait indiqué avoir déjà vu des sorciers vêtus ainsi et ils avaient pu les relier au premier meurtre, avec une quasi-certitude. Quand au troisième meurtre, qui s'était produit dans une rue plus commerçante, des témoins avaient relaté ce qu'ils avaient vu : un homme vêtu de noir, hormis une bande blanche, transplaner au seuil de la boutique. Il était désormais certain que cette tenue signifiait l'appartenance à un groupe et que ce groupe était responsable des meurtres dont elle s'occupait. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'est ce qu'ils venaient faire au camp des Aurors. Fermant les yeux, elle se remémora la seconde épreuve : ils avaient du passer divers obstacles au sein d'un chemin tout tracé. Alors qu'ils avaient presque atteint l'arrivée, ceux qu'ils avaient pris pour deux sorciers censés incarner deux Mangemorts étaient apparus. Malefoy et elle les avaient battus et ils s'étaient comme évaporés. Pour eux, ça n'avait été qu'une épreuve parmi d'autres.
Mais Hermione comprenait désormais que ça n'était pas le cas. Elle se souvenait clairement des deux hommes et ils étaient habillés de la même façon que ces ou ce sorcier qu'on avait vu sur les scènes des crimes. Cela ne pouvait pas être une coïncidence. S'ils étaient allés jusqu'au camps des Aurors, c'est qu'ils en avaient après Malefoy ou après elle. La brune faillit lui envoyer un message pour le prévenir qu'il était en danger mais arrêta son geste en se souvenant qu'elle n'était plus rien, qu'elle n'avait jamais été rien, pour lui, et que depuis deux semaines ils ne s'adressaient pas un mot. Ce qui serait sûrement le cas pour le restant de leurs jours. Elle en éprouva une pointe de culpabilité avant de se remettre à raisonner. De ce qu'on savait, le groupe de sorciers qu'elle traquait s'était emparé d'objets dont au moins l'un était, avec certitude, une arme contre les moldus. Ils n'avaient donc aucune raison de viser Malefoy, fils d'une grande famille de sang-pur. Même si son nom avait perdu son prestige dans le passé, il l'avait retrouvé. Ce n'était pas le cas de Hermione. Fille de moldus, sang-de-bourbe aux yeux des sorciers les plus radicaux, elle avait tout de la cible parfaite pour ceux qui cherchaient à porter un coup à ceux qui n'étaient pas des sang-purs.
Son sang ne fit qu'un tour quand elle compris qu'elle avait échappé à une attaque de sorciers. Mais s'ils avaient réussit à passer outre les défenses du camp pour Aurors, ils n'allaient pas s'arrêter là. Peut-être même avaient-ils déjà tenté autre chose. En plus un mois et demi, ils avaient déjà du songer à une nouvelle façon de s'en prendre à elle. Son cerveau fonctionnait à mille à l'heure. En venant ici, avait-elle mis ses parents en danger ? Même si ce n'était pas le cas, ça pouvait le devenir, il fallait qu'elle rentre immédiatement en Angleterre, avant que les sorciers qui voulaient s'en prendre à elle ne percent les défenses qu'elle avait érigées autour de la maison de ses parents.
Dehors, le temps avait rapidement changé : le soleil était caché pas de gros nuages noirs et l'air s'était alourdi. La brune hésita un instant puis décida de se changer. Si ses souvenirs étaient exacts, la météo annonçait de la pluie en Angleterre, autant qu'elle soit au chaud tout de suite. Elle rangea ses affaires en un tour de baguette, troqua sa courte robe contre un pantalon noir, des bottines à talons grises, un débardeur prune et un blazer gris dont elle retourna les manches, laissant paraître la doublure à rayures. Son sac à main prêt, elle descendit rapidement les escaliers, adoptant au passage une mine tranquille : elle ne tenait pas à inquiéter ses parents outre mesure. Elle leur annonça qu'une affaire urgente la demandait à Londres, mais rien de grave, qu'ils ne s'inquiètent pas, puis transplana immédiatement au Ministère australien d'où elle obtint assez rapidement un portoloin.
Le changement de température était net et elle se félicita de s'être changée, surtout en apercevant des sorciers trempés sortir des cheminées. Elle se dirigea d'un pas rapide vers les ascenseurs. Il fallait qu'elle parle à Williamson.
