NUIT DE PLEINE LUNE
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Disclaimer Merci à J.K.Rowling de nous permettre d'emprunter son œuvre afin de satisfaire nos fantasmes, des plus banals aux plus fous. Je tiens à préciser que je ne tire aucun profit d'une telle utilisation, si ce n'est votre plaisir et le mien.
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11e chapitre : De la nudité des rêves
« Alors tu viens avec nous ce soir ?»
« Non désolée, je… »
« Oui, on sait. Tu dois prendre soin d'elle. Bonne soirée ma belle ! »
Encore une fois, elle avait refusé. Pourquoi ? Par devoir… Quel mot pitoyable, qui comble une vie entière et la détruit en même temps. Avait-elle toujours envisagé son existence d'une manière aussi déprimante ? Est-ce que cette vie la dérangeait avant ? Avant quoi, elle ne savait pas dater ce changement d'esprit avec certitude. Aucun moyen d'en être sûr, ces trous de mémoire devenaient de plus en plus inquiétants. Peut-être serait-il plus sage de consulter un spécialiste ? Oui, demain elle le ferait sûrement. En attendant, elle devait vite la rejoindre avant qu'elle ne s'inquiète. Elle avait envie de passer la soirée avec elle, la seule personne à qui elle tenait, la seule personne qui l'aimait.
Elle accéléra l'allure, elle n'était pas rassurée de devoir marcher seule alors que la nuit était déjà tombée. Elle n'était pas du genre peureuse pourtant. Elle grimpa rapidement dans le bus qui démarra aussitôt. Depuis le temps qu'elle prenait ce vieux tacos, le chauffeur attendait son arrivée avant de partir. Evidemment, elle était le seul usager de cette ligne à cette heure-ci, le chauffeur préférait sans doute de la compagnie pour traverser la vieille zone industrielle ô combien sinistre la nuit.
Son regard suivait distraitement le lugubre paysage, elle s'assoupissait à moitié qu'une fois de plus cette pensée vint l'éveiller :
« J'ai une impression de déjà-vu. »
Elle jeta un coup d'œil au chauffeur et s'aperçut une fois de plus qu'il l'observait à la dérobée, dans son rétroviseur. Peut-être devait-elle arrêter de prendre cette ligne, qui sait ce que cet homme avait à la dévisager ainsi ? Peut-être qu'il n'était qu'un dangereux psychopathe guettant sa prochaine victime ? Elle déglutit péniblement et se força à contempler l'extérieur en feignant de ne pas avoir remarqué le manège du chauffeur. Avait-elle eu raison de craindre quelque malsaine tentative car à peine descendait-elle à son arrêt qu'elle l'entendit :
« Mademoiselle ? »
Elle sortit complètement du véhicule avant de se tourner vers lui (« J'aurai dû courir sans m'arrêter ! ») :
« Euh… oui ? »
« L'autre soir… »
Elle leva un sourcil interrogateur.
« Vous l'avez vu aussi le monstre, pas vrai ? »
« Pardon ?! »
« Je suis pas fou, vous étiez là. Cette bête a déboulé devant mon bus ! Ensuite je ne sais plus, le trou noir. Je sais juste que vous étiez là… et puis… vous n'étiez plus là ! »
Elle ne se donna pas la peine de répondre au chauffeur, elle rentra rapidement chez elle. Elle referma la porte et s'adossa à elle, essoufflée, elle murmura péniblement :
« C'était pourtant un rêve… j'en suis sure, rien de plus. »
Elle n'eût pas le temps d'y réfléchir davantage qu'une furie blonde lui sauta au cou !
« Grande sœur, tu as été trop longue !!! »
Quel plaisir de sentir tout cet amour après une longue journée de travail ! Elle garda sa sœur sur le dos (le fait est qu'elle s'accrochait dur la bougresse !) tout en enlevant ses chaussures. Quand elle dût retirer sa veste, elle ne vit qu'un moyen possible : chatouiller sa sœur jusqu'à ce que mort s'en suive ! Et de balancer le poids plume pour mettre en place son plan diabolique. La fillette ne fit pas long feu et réclama un cessez-le-feu :
« Stop ! J'en peux plus ! Pardon… »
Quoi ! Elle fixa sa sœur un long moment. Sa jeune sœur était ce qu'elle avait de plus chère en ce monde, une grande différence d'âge les séparant elle l'avait pour ainsi dire élevée à la mort de leurs parents.
Avait-elle été victime d'une hallucination collective… à deux (la perspective de partager quoi que ce soit avec le chauffeur de bus lui déplaisait fortement)? L'idée semblait si ridicule qu'elle en devenait plausible. Tout sauf accepter l'inimaginable. Comment aurait-elle pu reconnaître qu'elle s'était retrouvée dans le monde d'Harry Potter, le best-seller mondial. Ce soir là, elle ne dîna pas, elle prit rapidement une douche avant de se coucher.
Une forêt, la nuit. Mais que faisait-elle dehors à une heure pareille et dans un endroit semblable ? Etait-ce un cauchemar ? Sans doute. Il ne lui viendrait pas à l'esprit de faire une virée digne d'un film d'horreur… Qu'est-ce que c'était que cet endroit, pleins de bruits étranges, de plantes étranges, empreint d'une atmosphère étrange. La jungle ou quelque chose dans ce genre ? Assurément glauque.
Les fougères et autres broussailles se dressaient devant elle. Si elle avait un sabre, pensa-t-elle, elle pourrait se frayer un chemin dans toute cette végétation. Telle une aventurière perdue dans la forêt amazonienne, notre jeune héroïne défiait l'effrayante volonté des esprits hantant les lieux.
Soudain, un hurlement déchira l'atmosphère déjà plus qu'angoissante qui régnait. La peur la prit au ventre, l'envie d'hurler était tentante mais curieusement son instinct de survie l'intima de se faire aussi muette qu'une tombe. « Crier me soulagerait un peu pourtant… » murmura-t-elle. La perspective de rencontrer le propriétaire de l'horrible hurlement ne l'intéressant nullement, elle continua de marcher (le plus discrètement possible, cela va sans dire) dans les ténèbres. « Si seulement je pouvais me réveiller, là, maintenant ! » se lamenta-t-elle. Il paraît que les rêves sont les fruits de l'inconscient humain… Que pouvait donc contenir son esprit tordu pour en arriver à une telle représentation de l'horreur absolue ?!
Cependant, parce que tout ne pouvait être si noir, elle aperçut des lumières mouvantes. « Une boîte de nuit ? » se demanda-t-elle. De manière générale, la stupidité était un réflexe humain, la réflexion quant à elle ne survenait qu'après d'intenses efforts. Elle réfléchit donc un instant : « Ou alors… un feu ? Oui, les flammes dansent ! » Elle se dirigea vers la source de ce nouvel espoir en priant intérieurement, pour ne pas tomber sur quelques monstres et autres créatures ignobles. Plus elle se rapprochait, plus, lui semblait-il, la végétation se dispersait. La forêt l'aurait-elle volontairement dirigé vers ce feu ? Etait-ce un piège ? A présent, elle réalisa, malgré l'obscurité environnante, qu'une petite maison, plus une cabane en fait, se dressait devant elle. « Charmant, la maison des sept nains ! » ricana-t-elle pour se rassurer quand elle pensait tout bas « Pourvu que ce ne soit pas la cabane de l'Ogre violeur, découpeur et mangeur de jeunes filles ayant l'audace de s'aventurer dans la forêt… »
Alors que la panique s'emparait d'elle, un autre hurlement se fit entendre qui la tétanisa. Pourquoi cet hurlement lui semblait soudain plus fort que le précédent ? Etait-ce parce que… non ! Elle n'osait même envisager cette éventualité. « Tout sauf ça ! » soupira-t-elle alors que l'angoisse lui arrachait des larmes. Que devait-elle faire ? Partir, s'enfuir même semblait l'option la plus prudente. Se réveiller serait l'idéal, mais elle était prisonnière du sommeil. Peut-être lui avait-on jeté un sort ? Mais qui ? Quelle idée ridicule ! Elle pensa tout d'un coup à un principe qu'elle avait lu quelque part : une peur peut être confondue si elle est nommée. Regarder la peur en face demandait plus que du courage, cela exigeait l'ignorance la plus totale.
Néanmoins, sans savoir comment, ni dans quelles forces elle puisa une telle volonté, elle s'approcha lentement de la cabane. Puis avec précautions, elle s'accroupit sous la fenêtre. Elle se leva doucement et jeta un coup d'œil rapide avant de s'agenouiller à nouveau en position de décamper si besoin était. « Hein ? Mais… » Elle regarda à nouveau vers l'intérieur, et soupira d'un soulagement impossible à imaginer. Après être passée par tous les degrés d'une angoisse innommable, elle se sentit libérée de savoir que le propriétaire de ce terrifiant cri, de savoir que le résident de cette demeure était un être humain, juste un homme.
Toute à sa joie de ne pas être la prochaine victime d'un ogre abominable, elle détailla l'intérieur des lieux sans plus de gêne. L'homme faisait face au feu, nu, assis à même la terre, il se tenait les genoux et se balançait d'avant en arrière en gémissant tel un animal blessé. « Et si c'était un fou échappé de l'asile ? » paniqua-t-elle subitement. Elle n'était pas sans ignorer que les plus grands crimes de l'histoire n'étaient pas le fait de démons mais bel et bien d'êtres humains ! Malgré les circonstances qui jouaient en sa défaveur, l'homme paraissait inoffensif, elle le trouva beau avec sa peau mate qui semblait dorée à la lueur du feu, une chevelure qu'elle devinait claire sans pouvoir en définir la couleur, un corps et des muscles bien dessinés… Elle l'admirait sans aucune pudeur quand il poussa un autre hurlement qui fit danser les flammes de l'âtre comme seul un vent puissant en serait capable. Elle ne put s'empêcher de crier cette fois-ci, l'homme dirigea son regard vers la fenêtre, à l'affût « comme un animal » remarqua-t-elle encore une fois, ou plutôt comme un… un quoi ? Le mot lui manquait.
Elle entendit la porte claquer brutalement contre le mur, elle jeta un œil vers l'intérieur mais il n'était plus là ! Elle recula dans l'intention de s'enfuir mais buta contre quelque chose. Elle se retourna et tout ce que son esprit fut capable d'enregistrer durant les cinq secondes suivantes fut deux cercles d'or en fusion. Il la souleva sans plus de manières et pénétra à une vitesse incroyable dans la cabane, il la balança à même le sol au plus près de l'âtre. Elle pouvait presque sentir la chaleur du feu lui lécher la peau, mais le regard de l'homme la brûlait davantage encore. Ce n'était pas un homme, elle le sut instinctivement, mais un prédateur, voilà le mot qui lui manquait un peu plus tôt ! Encore une fois, elle ne put s'empêcher de le trouver beau, alors qu'il s'approchait d'elle d'une démarche bien féline, l'évidence s'imposa dans son esprit : elle était sa proie…
Il la prit sauvagement. Il la fit sienne corps et âme. Sans qu'elle ait pu empêcher quoi que soit, l'aurait-elle voulu ? Pendant qu'il lui faisait l'amour, elle chercha en elle le sens de ce sentiment qui l'inondait. Pourquoi aimait-elle ce qu'il lui faisait ? Cette bête lui faisait mal, et pourtant c'était comme s'il l'imprimait de tout son être, comme s'il avait peur qu'elle disparaisse… comme s'ils étaient un.
« Korè… »
Comme un signal d'alarme, elle s'éveilla transpirante dans son lit. Korè ? Elle existait en tant que Korè pour lui… Hadès. Tant qu'elle ne l'aurait pas rejoint, tant qu'elle n'aurait pas accompli son rôle, le néant s'étendrait encore et encore dans son esprit et sa vie. Assumer son destin était son seul choix…
Voilà pour le tragique grec. La vérité était bien plus simple, plus basique et élémentaire. Elle était une femme qui aimait un homme. Korè voulait Hadès…
Maintenant qu'elle avait chassé le doute de son esprit, comment allait-elle le retrouver ? Comment basculer à nouveau dans l'univers d'Harry Potter ? Devait-elle attendre qu'il vienne à nouveau la kidnapper ? Pouvait-elle attendre ?
Fin du chapitre.
Hello, ça fait un petit moment pas vrai… le moins qu'on puisse dire c'est que mon chapitre s'est fait attendre ! Je tenais néanmoins à tous vous remercier, mais après tout mieux vaut tard que jamais, non ? comment ça personne ne se rappelle plus de moi ?!!! Je sais qu'on a plus le droit aux réponses aux reviews, mais je tiens tout de même à remercier toutes les personnes qui ont pris le temps de lire toutes ces bêtise (je me suis relu il n'y a pas longtemps! Et je ne suis pas très fière…) Un merci sincère à :
Adelia, Angie Black (doublement, j'espère que l'Encyclopédie de Werber t'a plu !), Bunny (2 fois merci !!), Bunny 188, Gola, Griselle, Grispoil, Harana, Hedwige, Lyane, Lily, Lolotte, Nepenthes, Peu d'importance, ptitesorciere, Shéhérazade, Stella, Tchingtchon, Yria, Zazaone (merci pour la photo d'un Rémus fragile et fascinant que tu m'as envoyé il y a fort longtemps, je m'en suis inspiré pour ce chapitre) et les lecteurs qui n'ont pas laissé de reviews !!
En espérant que ce chapitre saura attirer votre attention…
Encore une dernière chose, vive le 7e tome d'Harry Potter !!!
A bientôt,
Severia Dousbrune.
