Xata : En fait, Drago et Hermione avaient été "attaqués" par des sorciers quand ils étaient au camp, et ces sorciers portaient une robe noire comme les Mangemorts, à la seule différence qu'il y avait une bande blanche sur le bas de leur robe. Ils avaient pensé que c'était une simple épreuve en plus. Et il y a un homme, vêtu de la même manière, qui les observait pendant qu'ils enquêtaient sur les meurtres. Et elle vient juste de faire le lien ! Je te rassure, je suis incapable de ne pas faire de happy end Je pourrais les torturer pendant 100 chapitres, à la fin ça irait bien quand même xD
Yui19993 : Oh, j'aurais du le rappeler, désolée xD
Shana : Elle a déjà disparu pendant trois mois la dernière fois, je trouvais que ça faisait beaucoup. :P Mais elle serait sûrement resté plus longtemps là-bas si elle n'avait pas découvert ça !
Milimagine : Peut-être que tu vas trop loin, peut-être pas, qui sait qui sait (a) ? Pour parler à Drago, malheureusement ce sera pas tout de suite, désolée :(
Ravenclaw-Strega : Non j'ai pas eu la motivation, hier soir, mais je me ferais pardonner en en postant un ou deux encore ce soir ! Promis ! (J'essaierais, en tout cas !)
Deniz : Peut-être que tu es plus brillante qu'elle encore ? :P
Enfin, bref, bonne lecture et ne me haïssez pas trop pour la fin de ce chapitre !
• XXXI •
L'ascenseur mit un temps fou à arriver. Tout lui paraissait anormalement lent depuis qu'elle avait compris qu'il y avait un lien entre ces sordides meurtres et l'attaque de faux Mangemorts dont ils avaient victimes au camp des Aurors. Hermione se demanda une nouvelle fois si elle ne devrait pas prévenir Malefoy, mais rejeta à nouveau cette idée. Williamson déciderait de ce qu'il fallait faire et il préviendrait lui-même le Serpentard de ce que la brune avait découvert. De toute façon, se répétait-elle en boucle, comme pour se rassurer, si ce qu'elle avait découvert était exact, les sorciers ne cherchaient à s'en prendre qu'à des né-moldus. En temps que sang-pur, il ne risquait rien.
Prenant son mal en patience, elle croisa les bras et se mit à se mordre nerveusement la lèvre. Il fallait qu'elle parle à Williamson afin de lui exposer ce dont elle avait pris conscience. Elle ne craignait pas pour sa vie, se sachant capable de se défendre, mais plutôt pour celle de ses parents et elle voulait savoir si son chef ajouterait un nouvel éclairage sur l'affaire au vu de cet élément neuf.
L'ascenseur arriva enfin et elle s'engouffra dedans, toujours aussi pensive. Un million de questions lui trottaient en tête. Y avait-il un seul sorcier ou était-ce tout un groupe ? Que comptaient-ils mettre en œuvre contre les moldus ? Pourquoi n'avaient-ils rien tenter de nouveau depuis le camp des Aurors si elle était une de leur cible ? Que lui voulaient-ils ? Voulaient-ils faire d'elle le premier exemple de ce qu'ils comptaient mettre en œuvre ? Elle n'avait malheureusement aucune réponse.
Les portes s'ouvrirent enfin sur l'étage des Aurors et Hermione fit un pas pour en sortir puis se figea. Devant elle, encadré par Harry, qu'elle était heureuse de revoir, son équipier et deux autres Aurors, se tenait Jugson, le Mangemort qu'elle avait arrêté avec Malefoy il y a de ça une éternité. Ou de moins, ce qui lui semblait être une éternité.
« Mione ! Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Le soulagement se lisait clairement sur le visage de son meilleur ami et la jeune femme se souvint avec culpabilité que demain était son anniversaire. Il étaient le trente juillet et elle avait faillit être absente pour cet événement.
« Je dois parler à Williamson, expliqua la brune, sans détacher son regard de Jugson.
- Il n'est pas là aujourd'hui. »
La brune ne répondit pas, dépitée de savoir son chef absent. L'ancien Mangemort la contemplait de toute sa hauteur, un petit rictus aux lèvres. L'un des Aurors fit un geste et Harry hocha la tête : ils devaient y aller. Le brun glissa néanmoins quelques mots à sa meilleure amie en passant.
« Content de te revoir. »
Hermione lui sourit et se retourna pour fixer leur dos tandis qu'ils pénétraient dans l'ascenseur. Pensive, ses yeux se portèrent sur Jugson, dont la robe de sorcier tournoya autour de lui quand il se tourna pour faire face à la sortie. Il posa une dernière fois son regard, dans lequel scintillait une lueur ironique, sur Hermione puis l'ascenseur s'enfonça dans les profondeurs du Ministère. La Gryffondor, elle, resta pétrifiée. Un nouvel élément venait de ressurgir dans son esprit. Son sang était de glace et elle du mettre toute sa volonté pour bouger et se diriger, presque en courant, vers son bureau.
La porte en bois s'ouvrit avec une brusquerie inhabituelle et Malefoy leva la tête, agacé d'être ainsi dérangé. Mais il se figea en reconnaissant la brune qui venait de pénétrer dans la pièce, telle une tornade. Son premier réflexe fut de la détailler de haut en bas et il sentit le désir renaître au creux de son ventre, contre sa volonté. Il avait toujours aimé la voir avec des talons et aujourd'hui ne faisait pas exception. Hermione ne l'avait même pas vu. Il croisa les bras, à la fois irrité de sa présence, heureux de pouvoir de nouveau la contempler, blessé dans son orgueil en voyant qu'elle ne le calculait pas, envahi par la colère désormais familière qu'il ressentait en la voyant. Il l'observa plonger sur son bureau, ouvrir un tiroir avec plus de force qu'il n'en fallait et fouiller dedans avec empressement. Elle finit par en sortir un dossier qu'elle ouvrit sans ménagement, et tourna les pages avec une telle violence qu'elle en arracha certaines. Ses cheveux tombaient sur son visage penché sur le bureau. Il sentit que son cœur battait un peu plus vite en voyant sa poitrine se soulever, sa main droite rabattre une mèche derrière son oreille, ses lèvres se pincer face à la nervosité qui l'emplissait. Elle s'arrêta aux environs du milieu du dossier, parcourut la page d'un air qu'il aurait pu qualifier d'avide. Il vit ses yeux s'arrêter en bas de la page et ses bras, fermement posés sur le bureau, se mettre à trembler. La brune resta dans cette position quelques secondes, jusqu'à ce que Malefoy toussote pour manifester sa présence, ne supportant pas d'être ignoré ainsi, composant rapidement un masque de façade. Il aurait pu rester encore un long moment à observer Hermione mais il ne supportait pas d'être ignoré et l'empressement de la jeune femme lui disait qu'elle avait découvert quelque chose. En rapport avec leur affaire ? Sûrement. Alors, si c'était le cas, il refusait d'être mis à l'écart. Si cette sang-de-bourbe croyait pouvoir le prendre de haut et faire comme s'il n'existait pas... La rancœur, désormais habituelle, reprit sa place.
Hermione releva la tête si vite qu'elle sentit une douleur naître à la base de sa nuque. Ses yeux noisettes rencontrèrent ceux, gris, de Malefoy et elle sentit son estomac se décrocher, comme si elle faisait une chute de plusieurs mètres. Elle n'avait pas remarqué qu'il était assis à son bureau et son regard inquisiteur, où se mêlaient interrogation et mépris le plus profond à son égard, la clouait sur place. La jeune femme resta figée quelques secondes puis détourna la tête. Elle n'avait pas de temps à perdre avec lui, pas maintenant. Refermant le dossier, elle le fourra dans le tiroir qu'elle claqua d'un geste et quitta le bureau aussi vite qu'elle y était entrée, sans voir le regard mi-abasourdi, mi-furieux du blond.
Jugson faisait partie du groupe de sorciers à la bande blanche. La Gryffondor s'était souvenue d'une bride de conversation lorsque le Mangemort s'était tourné, dans l'ascenseur. Ceux qui avaient été chargés de perquisitionner son manoir discutaient entre eux et, quand Hermione était passée à côté d'eux, elle avait vaguement entendu un commentaire sur sa garde-robe étrange : il détenait une dizaine de robes de sorciers, toutes noires avec une bande blanche sur le bas du vêtement. Hermione avait refoulé ce moment au fin fond de son esprit, n'y accordant guère d'importance à l'époque. Et maintenant, il ressurgissait pour établir un nouveau lien, éclairer d'une nouvelle lumière l'affaire qui la préoccupait.
La Gryffondor se dirigea vers le bureau de Williamson mais s'arrêta, la main sur la poignée. Il n'était pas là, Harry l'en avait informée. Elle se remit à se mordiller la lèvre. Que faire ? Elle venait de découvrir un élément essentiel mais hésitait à se lancer à la recherche de nouveaux éléments. Williamson insistait pour que ses Aurors travaillent en équipe mais il était absolument hors de question qu'elle aille trouver Malefoy pour lui demander de l'accompagner. Face à cette idée, son orgueil se dressa, fier et insolent. Non, elle était capable de se débrouiller seule. Elle n'avait pas besoin de Malefoy ni d'aucun autre Auror.
Sa fierté l'emporta, écrasant du pied sa conscience. Hermione quitta l'étage et transplana directement au petit village où Malefoy et elle avaient passé une semaine, lors de leur première mission. C'était là qu'ils avaient arrêté Jugson et là également que se trouvait son manoir.
Drago fixa la porte une longue minute, complètement furieux. De quel droit l'ignorait-elle ? Elle l'avait trompé et, maintenant, elle se montrait ostensiblement hautaine avec lui. Surtout que cela faisait bientôt deux semaines qu'il ne l'avait pas vue, ne savait pas ce qu'elle devenait. Dire que cela l'avait mis dans un état de nervosité extrême était un euphémisme. La rage le disputait à l'incompréhension. Son sang et son hérédité eurent le dessus : il refusait d'admettre ses sentiments envers Hermione, préférant se dire que les nuits blanches étaient dues au fait que, pour la première fois, une femme l'avait trompé avant qu'il ne le fasse et non pas parce qu'il avait le moindre sentiment envers elle. Absolument pas.
Furieux contre lui-même, contre Hermione et contre toute personne en ce bas monde, il se leva de sa chaise pour s'avancer vers le bureau de la jeune femme. Il ouvrit le même tiroir qu'elle, quelques secondes auparavant, et attrapa le dossier. Il émit un petit grognement en voyant qu'il s'agissait du compte rendu de l'arrestation de Jugson et de la fouille de son manoir, ainsi que des conclusions de l'enquête. Qu'est-ce que cette fichue Granger avait bien pu y trouver d'intéressant ?
Cette interrogation sonna comme un défi. Elle avait trouvé quelque chose, il devait en faire autant. Hors de question que la brune agisse comme s'il n'était pas Auror, lui aussi. Malgré tout, il eu beau tourner les pages dans tous les sens, rien ne lui sautait aux yeux, aucun élément ne lui semblait important.
D'un geste violent, il referma le dossier et retourna sur sa chaise. La tête entre les mains, il poussa un petit gémissement de douleur. Depuis deux semaines, il ne dormait que très peu et devait supporter la présence constante de Colombe. Et l'absence de Hermione, qu'il veuille se l'avouer ou non. Ces paramètres, et d'autres encore, le rendaient irritable, violent et plus méprisant qu'à la normale. Il resta quelques instants dans cette position, incapable de se comprendre et de comprendre ses réactions. Avec un soupir, il se redressa et ouvrit le dernier tiroir de son bureau, d'où il tira un écrin noir.
La dernière fois qu'il avait posé ses yeux sur ce petit écrin datait d'une dizaine de jours. Il revenait de la séance photo que lui avait imposée Colombe. Cela avait été un véritable calvaire. En temps normal, il aurait apprécié l'attention presque servile dont Colombe faisait preuve à son égard, il aurait adoré être le centre de toutes ses attentions, de se savoir observé avec avidité et il aurait répondu aux œillades provocantes de l'assistante du photographe. S'il avait été le même Malefoy qu'il y a six ans, oui. Mais il avait changé et le contexte aussi. La séance avait donc était une épreuve dont il avait accueilli la fin avec soulagement. Quand il était rentré dans son bureau, il avait découvert ce même tiroir, légèrement entrouvert. La petite boîte noire était mal refermée et renversée sur le côté, comme si elle avait été jetée là sans ménagement. Le Serpentard avait immédiatement compris que Hermione avait fouillé dans ses affaires, après qu'ils se soient croisés dans le couloir. Cette constatation avait fait naître une nouvelle vague de colère à l'encontre de cette sang-de-bourbe. Le tromper, lui, un Malefoy, ne lui avait pas suffit, il fallait en plus qu'elle s'octroie le droit de pénétrer dans son espace personnel. Cependant, derrière la colère perçait un peu de soulagement. S'il s'était penché sur cette sensation, il aurait peut-être compris qu'il était soulagé de savoir que la Gryffondor s'intéressait encore à lui, de quelque manière que ce soit. Mais comme il refusait de penser à elle, de la considérer un tant soit peu, comme il refusait d'admettre qu'elle était importante pour lui, il ne le comprit pas.
Drago observa un instant le serpent en argent et fixa son regard émeraude. Il restait intimement persuadé que ce bracelet irait parfaitement au poignet de celle à qui il le destinait. Mais, pour le moment, il le rangea et le cacha à sa vue.
Puis il quitta le bureau, emportant au passage le dossier sur Jugson, refusant de céder face à ce premier échec. Il trouverait ce qu'avait remarqué Hermione et il ne la laisserait pas en tirer tous les profits. Se convaincant intérieurement que c'était la seule raison qui le poussait à découvrir ce que la brune avait trouvé, il rentra au manoir Malefoy.
Hermione se retrouva sous une pluie tiède. Elle grommela en s'abritant sous un auvent et lança un sortilège qui la protégeait de la pluie avant de se mettre en route. La jeune femme hésita un instant : elle n'y était jamais allée, n'ayant pas fait partie de l'équipe chargée de la perquisition, et n'avait aucune idée de l'endroit où se trouvait le manoir de Jugson. Décidant de suivre son intuition, elle partit vers la gauche, là où le chemin montait pour sortir du village. Selon elle, Jugson devait être le genre de sorcier imbu de lui-même qui refusait de se mêler à la populace. Donc, si elle procédait avec logique, le manoir devait être en hauteur, à l'écart du village.
Qu'espérait-elle trouver dans la demeure du Mangemort ? Elle faisait confiance aux autres Aurors et au travail qu'ils avaient accomplis. Mais, au moment de la fouille de sa maison, alors qu'il avait déjà tout avoué, sans aucun remords, il s'était plus agit de répertorier toutes ses affaires que de découvrir des éléments pouvant l'inculper. Aujourd'hui, la brune y allait avec cet objectif précis en tête : trouver quelque chose le reliant à ces sorciers à la bande blanche. Elle les avait renommés ainsi dans sa tête car c'était beaucoup moins long de dire que ça que « le ou les sorciers tout de noir vêtus hormis une bande blanche en bas de leur robe ». Bref, elle espérait trouver quelque chose à côté duquel serait passé les Aurors qui n'avaient pas cette information alors.
Car, pour elle, il était évident que Jugson était lié à ce groupe : les robes trouvées chez lui étaient un premier point incriminant. Mais il y avait autre chose : il avait été pourchassé pour avoir commis des meurtres sur trois moldus, ce qu'il avait avoué dès qu'il s'était retrouvé dans les locaux du Ministère, avec fierté, qui plus est. Or, d'après les éléments recueillis, ce groupe de sorciers s'était emparé d'objets visant à être utilisés contre les moldus. Il y avait là un nouveau lien solide. Mais il lui fallait des preuves tangibles qu'elle pourrait présenter à Williamson et non pas uniquement des suppositions.
Le chemin serpentait entre deux collines. Elle avait laissé les dernières maisons du village derrière elle et avançait dans une semi-obscurité, les nuages pluvieux cachant le soleil. Hermione, toute à ses pensées, faillit rater le petit chemin qui partait sur la gauche. Il s'enfonçait entre les arbres jusqu'à un immense portail de fer noir.
Aucun doute, je suis bien chez lui.
Rien que le portail transpirait la richesse et l'orgueil que procure la noblesse. De plus, des lettres noires, d'un style gothique, étaient étalées au milieu des barreaux et écrivaient le nom de la famille qui résidait ici : Jugson.
Satisfaite d'avoir trouvé, Hermione eut un petit sourire. Même si elle commençait à avoir froid à cause de la pluie qui tombait et du vent, l'excitation prit le dessus. Elle serra sa baguette dans sa main droite et lança quelques sortilèges pour voir si elle allait devoir contourner des défenses. Il n'y avait rien : les précédents Aurors avaient du les supprimer, lui facilitant ainsi grandement la tâche. Elle poussa donc le portail, qui ne grinça pas comme dans un mauvais film d'horreur moldu, et continua à suivre le chemin, fait de gravier cette fois-ci.
Si un seul mot avait du décrire l'endroit, ça aurait été « lugubre ». Des arbres sombres s'élançaient vers le ciel et projetaient leurs branches très bas, si bien que Hermione en frôla plusieurs. En dehors de l'allée de cailloux, tout n'était qu'herbe. Et personne ne s'en était occupé depuis le départ du maître des lieux : des mauvaises herbes poussaient partout et la pelouse atteignait une trentaine de centimètres de hauteur, voire plus à certains endroits. La pluie qui tombait et l'orage qui menaçait n'aidait pas le paysage à être un tant soit peu accueillant et ajoutait une allure inquiétante au tout. Hermione secoua la tête, refusant de se laisser aller. Elle n'était pas peureuse, loin de là, et il faudrait plus qu'un décor de film d'horreur moldu pour l'effrayer.
Arrivée devant le manoir, sa belle assurance vacilla un peu. A l'image du parc qu'elle venait de traverser, la bâtisse était sinistre. Elle était toute noire, des pierres qui composaient les murs aux tuiles qui recouvraient le toit, avec des sortes de gargouilles à plusieurs endroits. Une grande porte à double-battants noirs se trouvait au-dessus de trois marches, noires elles-aussi. Derrière les grandes fenêtres, il n'y avait aucune lumière, juste la pénombre.
La brune émit un petit rire nerveux qui eut le mérite de la tirer de cette ambiance glauque. La propriété visait clairement à intimider ceux qui y pénétraient, mais elle ne se laisserait pas avoir. Elle s'avança jusqu'aux portes d'entrée, notant au passage que leur hauteur démontrait un ego légèrement surdimensionné, soulagée d'être à l'abri du vent. Là encore, aucun sortilège ne l'empêcha d'entrer. Elle pénétra donc à l'intérieur, refermant le battant dans son dos. Hermione prenait grand soin de ne faire aucun bruit même si l'endroit semblait vide. Un instinct primaire la poussait à être aussi silencieuse que possible.
La Gryffondor se retrouva aussitôt dans le noir le plus total.
« Lumos. »
Sa baguette fit naître une lueur qui lui dévoila une grande pièce circulaire, au milieu de laquelle un escalier en colimaçon montait vers les étages. Il y avait de nombreuses œuvres d'art : tableaux accrochés aux murs, sculptures posées sur des meubles en bois, un immense tapis qui recouvrait la quasi-totalité de la pièce. Rien que cette pièce, qui n'était qu'un hall d'entrée, transpirait la richesse et l'envie de la montre aux yeux de tous. La Gryffondor railla intérieurement ces sorciers tellement m'as-tu vu. Toutes les fenêtres, pourtant nombreuses, étaient cachés par de lourds rideaux sombres qui empêchaient la moindre lueur du jour de pénétrer.
Une impression dérangeante persistait, sans que la brune ne puisse mettre le doigt sur ce qui la gênait tant. Elle fit une nouvelle fois le tour de la pièce, sans trouver l'origine de sa nervosité. Elle se décida à monter l'escalier et déboucha sur un premier étage – l'escalier continuant à tournoyer vers le haut au-delà de ce palier – qu'elle se décida à parcourir, espérant y trouver la chambre de Jugson ou, pourquoi pas, une pièce où il aurait caché plein d'objets compromettants. Tant qu'à faire. Bien sûr, rien ne serait aussi simple, sinon les Aurors chargés de la perquisition auraient mis la main dessus.
Alors qu'elle ouvrait une première porte, Hermione comprit ce qui n'allait pas. Elle referma brusquement la porte dans son dos, s'assura que personne ne se trouvait dans la chambre où elle avait atterri et se força à respirer calmement. L'extérieur de la propriété démontrait clairement que personne ne s'était occupé du jardin depuis trois mois : herbes folles, feuilles tombées des arbres, branches cassées qui gênaient le passage... En toute logique, l'intérieur aurait du être dans le même état : poussiéreux, des toiles d'araignées dans tous les coins, les objets déplacés par les Aurors encore en plein milieu des pièces. Et, si elle avait pu entrer si facilement étant donné que les défenses n'étaient plus actives, n'importe qui aurait pu le faire : il devrait donc y avoir des traces d'effraction, des objets au sol, cassés, des objets manquants... Mais non. Le manoir, bien que lugubre, était propre et, si il avait fait grand soleil et que la nuit ne commençait pas à tomber, elle lui aurait sûrement trouvé un côté étincelant. La demeure ne donnait pas l'impression d'être à l'abandon depuis trois mois, non.
La seule explication plausible était qu'il n'était pas à l'abandon et que quelqu'un s'en occupait. Un elfe de maison ? Non, sinon le jardin serait impeccablement entretenu, à l'instar du manoir. Non, il s'agissait d'une personne, ou de plusieurs, qui s'intéressaient uniquement au confort matériel que l'intérieur procurait et s'assuraient que les lieux restent propres. Afin que personne ne se doute de quoique ce soit, l'extérieur était laissé à l'abandon.
Mais alors, si quelqu'un avait élu domicile ici, pourquoi n'avait-il pas remis les protections que la propriété possédait ? Le sang de la jeune femme ne fit qu'un tour et elle se figea. Les protections étaient bien là. On les avait simplement désactivées pour permettre à la sorcière de pénétrer dans les lieux. C'était un piège.
Hermione se força à garder son calme. Ce n'étaient que des suppositions, rien n'était sûr. Renforçant sa prise sur sa baguette, elle inspira longuement, pour se calmer, et tenta de transplaner. Elle avait toujours été douée pour cette branche de la magie, obtenant son diplôme sans difficulté. Aussi, quand sa tentative échoua, elle comprit que ses suppositions étaient justes : elle était prise au piège.
Elle aurait voulu retourner au rez-de-chaussé et quitter la propriété mais une voix lui souffla qu'on l'attendait et qu'elle ne sortirait pas par là. Sa seule et unique chance résidait dans le nombre de sorciers : un seul sorcier, elle pouvait s'en sortir sans problème. S'ils étaient trop nombreux, elle avait déjà perdu. Hermione refusa de se laisser aller au désespoir. Elle ne pouvait pas se laisser tomber au sol et trembler en attendant que ses ennemis la dénichent. Non, elle ne se laisserait pas faire aussi facilement. Il était également hors de question qu'elle ressasse son erreur. Si elle avait accepté d'en parler à Malefoy, si elle avait prévenu un autre Auror, où si elle avait simplement attendu que Williamson revienne, elle n'aurait pas été prise au piège, seule dans ce manoir, avec un nombre indéfini d'ennemis.
Les nerfs à vif, elle se décolla de la porte pour y poser son oreille. Pas un bruit. La Gryffondor ouvrit doucement la porte : le couloir était toujours plongé dans le noir. Grâce au faisceau de lumière de sa baguette, elle l'éclaira rapidement, assez pour constater qu'elle était seule. Ou qu'elle semblait l'être. Elle n'avait pas fait trois pas que toutes les bougies s'allumèrent brusquement et la brusque luminosité lui fit mal aux yeux. Cela détourna son attention une seconde de trop. Les yeux plissés, incapable de discerner plus que des silhouettes floues elle entendit une voix masculine lancer un Expelliarmus. Sa baguette lui échappa des mains, s'envolant loin d'elle et la laissant sans défense. Aussitôt, une autre voix prononça un Stupéfix. Juste avant que le sortilège ne la touche et qu'elle plonge dans le coma qu'il provoquait, elle perçut nettement une voix féminine, pleine d'ironie :
« La sang-de-bourbe est enfin parmi nous. »
Puis ce fut le néant.
