Shana : Voila, tu vas savoir ce qui lui arrive (en partie, haha)
Ravenclaw-Strega : Je peux pas répondre à ta question, c'est expliqué vers la fin de la fanfic, au dénouement, je vais pas te spoiler !
Sandra : Je suis touchée d'être celle à qui tu dédies ton premier commentaire ! Vraiment ! Merci beaucoup pour le compliment, j'espère continuer à te faire rêver avec la suite !
Xata : Fin de la pub, le film reprend :P
Deniz : Promis je recommencerais plus (ou pas :P) !
Milimagine : La mère de Drago, j'en ai parlé vite fait au début de la fanfic, elle est morte peu avant qu'il revienne en Angleterre !
• XXXII •
Hermione se réveilla plusieurs fois – elle perdit le compte après le troisième réveil – et c'était chaque fois la même chose. Elle papillonnait des yeux pour s'habituer à la forte lumière qui emplissait la pièce, tentait de distinguer les détails, mais une force la poussait à se rendormir, ce qu'elle faisait inévitablement. Lors du deuxième ou troisième réveil, elle se demanda brièvement si on ne la droguait pas : mais cela n'avait guère d'importance, s'était-elle dit, et elle avait sombré à nouveau.
Quand elle réussit, pour la première fois, à émerger complètement de la brume qui lui obscurcissait les sens, elle se redressa et la tête lui tourna aussitôt. Décidant qu'il valait mieux rester allongée, elle s'habitua lentement à la lumière et observa le lieu où elle se trouvait. Aucun doute, il s'agissait d'un cachot. Elle était allongée sur un matelas posé à même le sol, il y avait un seau dans un coin et une grande grille comme quatrième mur. Aucune fenêtre ne perçait les murs, la lumière provenait de nombreuses bougies, disposées un peu partout, qui éclairaient très bien son minuscule cachot mais qui lui empêchait de voir au-delà des ombres, derrière la grille.
Malin, comme façon de faire.
Ne sachant pas si elle était seule ou non, elle se tourna légèrement, sans bruit, mais une douleur à l'arrière du crâne lui coupa le souffle. Doucement, elle tâta sa tête jusqu'à trouver une grosse bosse qui l'élançait douloureusement et elle étouffa un cri de douleur quand elle la touche. Comment s'était-elle fait cela ? Quelques brides de souvenirs lui revinrent alors, puis sa mémoire lui rappela ce qu'il s'était passé : Jugson, sa révélation, le manoir, le piège... elle avait du se faire mal en tombant, sous le coup du stupéfix.
Hermione inspira profondément, cherchant à enterrer son anxiété et à garder son calme. Des sorciers l'avaient faite prisonnière, elle se trouvait sûrement dans un sous-sol caché du manoir, et la détenaient en leur pouvoir. Elle n'avait plus de baguette, ne savait pas combien ils étaient, qui ils étaient et ce qu'ils lui voulaient, même si elle penchait plutôt pour de mauvaises intentions. Depuis combien de temps était-elle ici ? Elle avait faim, donc cela devait faire au moins plusieurs heures. Impossible de savoir. Elle pria pour que Harry se rende compte qu'elle avait disparue, et remercia le ciel de l'avoir croisé dans les couloirs du Ministère. Sinon, il penserait qu'elle se trouvait toujours en Australie. Mais même après avoir constaté sa disparition, comme la trouverait-il ?
Malgré sa situation plus que précaire, elle ne bougea pas, ne parla pas, ne cria pas. Elle ne voulait pas leur donner cette satisfaction. Ils n'entendraient aucune supplication de sa bouche, aucun cri. En se faisant cette promesse, elle constata avec accablement que c'était plus facile à dire qu'à faire, mais se promit de s'y tenir aussi longtemps que possible.
Décidée à en savoir le plus possible, elle s'installa dans la même position qu'au réveil et fit semblant de dormir, les yeux fermés mais les oreilles grandes ouvertes. Si l'un de ses geôliers venait par ici, et qu'il parlait, elle l'entendrait et pourrait en tirer des informations.
Le temps s'écoula sans qu'elle ne puisse savoir combien de minutes étaient passées. Elle laissait ses pensées divaguer et l'emporter là où elles voulaient, tout en se gardant de s'endormir. De toute façon, elle n'était pas fatiguée le moins du monde tant l'anxiété et l'adrénaline l'éveillaient.
Quand elle entendit des bruits de pas, elle retint un sursaut et se força à rester immobile, la respiration égale. Les pas se rapprochèrent puis se stoppèrent tandis qu'une voix masculine poussait un juron.
« Debout, abruti ! »
Il y eut un bruit de chute, un cri de douleur, puis une deuxième voix, celle d'un homme encore une fois, répondit à la première.
« Je faisais juste une petite sieste, elle ne risque pas de s'enfuir, sans baguette, coincée dans un cachot, fit-il, sarcastique.
- Hm. Elle dort encore ? »
Il y eut un instant de silence pendant lequel elle les entendit se rapprocher puis l'un des deux émit un grognement affirmatif.
« Elle n'y est pas allée de main morte, sur la drogue. Deux jours qu'elle dort, gronda la première voix. »
Hermione se figea puis se força à rester détendue, du moins en apparence. Deux jours ? Sa gorge se serra. Ils avaient du lui donner à boire car elle ne ressentait aucune soif et même lui donner à manger, sinon son estomac protesterait plus que ça. Ainsi, ils voulaient la garder en état de se réveiller et de parler. Pour quoi faire ? Ils avaient besoin d'elle vivante, pour le moment. Son intuition lui soufflait que ce n'était pas une bonne chose.
« Bon, préviens-moi quand elle se réveillera. Ils sont impatients de pouvoir commencer. »
Des pas s'éloignèrent tandis que l'homme qui la surveillait tirait quelque chose, sûrement une chaise, pour se rapprocher de la grille. Elle entendait son souffle et sentait son regard peser sur elle. L'angoisse l'envahit tandis qu'elle gardait la même apparence : celle du femme endormie. Que voulaient-ils commencer ? Allaient-ils la torturer pour lui arracher des informations ? Et qui étaient-ils ? Trop de questions tournaient dans sa tête et il n'y avait qu'une seule pensée réconfortante : en deux jours, Harry s'était sûrement rendu compte de sa disparition. Il finirait pas la trouver. Se rattachant à cette idée, elle se força à se rendormir pour échapper encore un peu plus à ses bourreaux, aidée par la drogue encore présente dans ses veines.
***
« Toujours pas de nouvelles ?
- Non... »
Harry soupira, inquiet et Ginny soupira à son tour. Ils se tenaient face à face, entrain de prendre leur petit-déjeuner. Il y avait trois jours, au milieu de l'après-midi, il avait croisé Hermione au Ministère. Sa meilleure amie était absente depuis une dizaine de jours, partie en Australie à cause de Malefoy, et ils avaient tous eu peur de ne plus avoir de ses nouvelles pendant des mois, comme il y a trois ans. Alors, en la voyant à l'étage des Aurors, il en avait été plus que ravi. Il avait été chargé de s'occuper de Jugson et de le surveiller pendant ce début de procès, et la tâche l'avait occupé jusqu'à tard le soir.
Quand il était retourné à son bureau, Hermione n'était plus au Ministère. Il en avait déduit qu'elle était rentrée chez elle mais avait d'abord décidé de prévenir Ginny du retour de la brune. Puis ils s'étaient rendus chez elle. Sauf qu'elle n'était pas là. Il y était retourné, seul le lendemain matin, puis l'après-midi et le soir, enfin, s'était décidé à forcer son entrée. L'appartement était aussi bien rangé que d'habitude, et rien n'indiquait qu'elle y était passé récemment. Ginny et lui avaient envoyé un hibou à ses parents pour savoir si elle était retournée en Australie, avaient transplané jusque chez Alec, malgré la répugnance qu'il leur inspirait, mais n'avaient trouvé aucune trace de la jeune femme.
Hier matin, après une nuit de recherches, il était allé trouver Williamson dans son bureau pour lui annoncer la disparition de l'Auror. Son chef avait pris cela très au sérieux : après tout, elle était sur une affaire délicate et Harry avait déjà fouillé tous les endroits où elle aurait pu se rendre. Mais au bout d'une journée, aucune piste n'avait été trouvée : ils n'avaient simplement aucune idée de l'endroit où se trouvait sa meilleure amie.
« Je dois y aller. »
Le brun embrassa sa future femme et transplana au Ministère. Il se rendit sans attendre dans le bureau de Williamson.
« Il y a du nouveau ? demanda-t-il, plein d'espoir.
- Non, rien. Plusieurs sorciers l'ont vue sur l'aire de transplanage mais, comme elle n'a plus la Trace, il nous est impossible de savoir où elle est allée. »
Harry s'écroula, désespéré, sur le fauteuil.
« J'ai le sentiment qu'elle n'est pas en sécurité...
- Moi aussi, Harry. Il nous faut la trouver. »
Ils restèrent un moment silencieux, chacun tenant de trouver une nouvelle piste à partir des indices – très minces – qu'ils possédaient.
« Harry ? Il faudrait parler à Drago.
- Non. Hors de question.
- Ecoute. Je pense que, si Hermione voulait me voir, c'était parce qu'elle avait découvert quelque chose sur l'affaire dont elle s'occupe. Pour quelle autre raison serait-elle venue ici, si précipitamment ? Si elle avait voulu me parler de son poste, elle m'aurait au préalable envoyé un hibou. Comme je n'étais pas là, elle n'est pas entrée dans mon bureau. Pourtant, il s'est écoulé plusieurs minutes entre le moment où tu l'as vue et celui où elle a quitté le Ministère. Où était-elle susceptible d'aller à ce moment là ? Dans son bureau, où se trouvait Drago. De plus, si cela concerne vraiment leur affaire, il est le plus à même de nous aider. Et nous devrions lancer plus d'Aurors à sa recherche. »
Le jeune homme resta silencieux. Il savait que Williamson avait raison mais l'idée de demander de l'aide à Malefoy le répugnait. Malgré tout, c'était la vie de sa meilleure amie qui était en jeu.
« Très bien, soupira-t-il. Je m'occupe de lui parler.
- Et moi d'envoyer d'autres équipes chercher sa trace. »
Avec un soupir de résignation, Harry quitta le bureau du chef des Aurors et s'arrêta devant celui que Hermione partageait avec le Serpentard. Il frappa un coup puis entra sans attendre de réponse. Le bureau de sa meilleure amie était vide et son cœur se serra. Mais il se détourna de cette vue pour planter son regard vert dans celui de Malefoy, assis à son bureau, un dossier ouvert devant lui.
Drago entendit quelqu'un entrer et releva précipitamment la tête. En voyant qu'il s'agissait de Potter, il referma le dossier d'un coup sec et s'enfonça dans son fauteuil, les bras croisés, la visage exprimant clairement qu'il n'avait aucune envie de voir le Gryffondor.
« Malefoy, le salua froidement Harry.
- Potter. Que me vaut le déplaisir de ta présence ? »
Harry ne releva pas le sarcasme présent dans la voix traînante du blond. Il avait une préoccupation beaucoup plus importante que cette querelle. La vie de sa meilleure amie était en jeu, il n'avait pas le temps de se disputer avec son vieil ennemi.
« Est-ce que tu as vu Hermione dans ce bureau, il y a trois jours ? Dans l'après-midi. »
Drago se pencha en avant, intéressé. Qu'était-il arrivé à Granger pour qu'il vienne lui demander des informations ?
« Peut-être. »
Harry sentit son sang faire un tour, bouillant. Il serra les poings et contint sa fureur. Cette misérable petite fouine jouait avec lui alors que sa meilleure amie était peut-être en danger.
« Mais encore ? »
Le Serpentard remarqua la colère naissante que son interlocuteur et jugea que l'affaire devait être importante. La Gryffondor était-elle en danger ? Il se convainquit qu'il n'en avait cure, mais l'inquiétude avait percé sa carapace. Se répétant qu'il faisait cela parce qu'il était Auror et qu'il était de son devoir de protéger les gens, et non parce qu'il tenait à Hermione, il relata à Harry sa brève rencontre avec la brune.
« J'étais assis ici quand Granger est entrée comme une furie, sans voir que j'étais là. Elle s'est jetée sur son bureau et en a sorti un dossier qu'elle a parcourut jusqu'à une page. Là, elle a poussé un cri et est repartie aussi vite qu'elle était venue.
- Quel était le dossier ? »
Malefoy attrapa la pochette posée sur son bureau, qu'il avait refermée à l'arrivée de Harry, et la lui tendit.
« Le compte rendu de l'affaire Jugson ?
- Je le relis depuis trois jours, mais je ne vois pas ce que Granger aurait pu trouver d'intéressant là-dedans. »
Harry sentit l'abattement le saisir. Williamson et lui pensaient que sa disparition avait un lien avec l'affaire dont elle s'occupait actuellement, et voilà que Malefoy lui apprenait qu'elle s'était ré-intéressée à Jugson. Cela n'avait aucun sens !
« Que se passe-t-il ? »
La question était sortie avant que Malefoy ne puisse la retenir et Harry perçut très nettement l'inquiétude qui créait une tension chez le Serpentard. Il le jaugea d'un œil neuf, repensant à ce que lui rabâchaient Pansy et Blaise depuis deux semaines, et décida de lui accorder le bénéfice du doute. Le Malefoy qu'il connaissait à Poudlard n'en aurait rien eu à faire que Hermione disparaisse, il en aurait même été heureux.
« On n'a aucune nouvelle de Hermione depuis qu'elle a quitté votre bureau. On ne sait pas où elle est. »
À ces mots, le visage de Malefoy devint le parfait reflet de celui du Gryffondor. Le Serpentard sentit l'inquiétude monter en lui, balayant la colère qu'il ressentait à l'encontre de Hermione. Il avait beau la haïr pour ce qu'elle lui avait fait, pour l'avoir trompé alors que cette relation était une première pour lui, il ne pouvait effacer les sentiments qu'il ressentait aussi facilement. Il avait beau les nier, les refouler au plus profond de lui-même, ils étaient bien présents. Certes, il avait une manière particulière de montrer qu'il pensait constamment à elle : il voulait qu'elle souffre parce qu'il avait souffert, il voulait qu'elle pense à lui comme lui ne cessait de penser à elle, il ne supportait pas qu'elle l'ignore parce que lui-même en était incapable. Malgré toute la mauvaise foi dont il pouvait faire preuve, les sentiments ne disparaissaient pas, et savoir qu'elle courrait peut-être un grave danger l'affolait.
Harry perçut tout cela, plus ou moins, et regarda le sorcier qui lui faisait face, songeur. Pansy avait peut-être raison, au final. Il y avait quelque chose, un quiproquo, qui avait mis à mal la relation de leur deux amis. L'un comme l'autre, fiers et orgueilleux, s'étaient renfermés sans vouloir aucune explication. Peut-être que Malefoy n'était pas le gros con qu'il pensait, que Ron pensait, que Hermione pensait. Peut-être y avait-il une explication. Ces pensées durèrent une petite seconde puis il se secoua. Peut-être, mais pour le moment, Hermione n'était plus là. Alors même si Malefoy se révélait être encore celui qu'il considérait comme un ami, ce n'était pas le moment d'y penser. Malgré tout, il fut content de savoir qu'il pouvait de nouveau compter sur Drago et décida d'abandonner les vieilles rancœurs. Sa meilleure amie avait disparu, il fallait qu'ils mettent leurs forces en commun.
« Je vais relire le compte-rendu et tenter de trouver ce qui l'intéressait, lâcha finalement Malefoy, le regard lointain.
- Merci, Drago. »
Les yeux de Malefoy exprimaient un désarroi que seul pouvait ressentir quelqu'un de très attaché à Hermione. Il les releva pour regarder Harry, sans la moindre trace de mépris, et les dernières semaines de tensions entre les deux Aurors s'effacèrent. Refermant la porte derrière lui, le Gryffondor retourna au bureau de Williamson pour lui dire que Drago les aiderait désormais.
« Non, je ne pense pas. Elle se moque de nous, alors dépêche-toi. »
Hermione fut tirée de son sommeil par des voix qui se disputaient. Celle qui avait parlé, une femme, avait adopté un ton doucereux qui ne souffrait aucune contestation. La jeune femme entendit une clef tourner dans une serrure puis un bruit qu'elle identifia comme étant celui de la grille que l'on faisait glisser.
On venait la chercher. Elle garda les yeux ostensiblement fermés jusqu'à ce qu'elle entende un homme lancer un sortilège. Elle quitta le matelas et fut projetée contre un des murs. L'impact chassa tout l'air de ses poumons et elle suffoqua quelques secondes, avant de réussir à inspirer. Sous le choc, elle ouvrit les yeux, cherchant à distinguer qui lui avait fait ça.
Un homme se tenait près de la grille ouverte, baguette en main. Elle ne le connaissait pas, son visage ne lui disait rien. Elle distinguait, derrière lui, dans la pénombre, une autre silhouette, avec visiblement des cheveux blonds, mais n'arrivait pas à voir quoique ce soit d'autre.
« Et bien voilà, elle est réveillée. Emmène là. »
Son ordre donné, elle tourna les talons et disparut. Hermione était retombée sur le sol, la douleur dans son dos lui brouillant la vue. Des cordes apparurent de la baguette du sorcier et la ligotèrent. Puis l'homme la fit de nouveau léviter et l'entraîna à sa suite.
L'humiliation de cette position était douloureuse mais elle se força à la chasser. Les yeux grands ouverts, elle essaya d'engranger le maximum de détails. Ils longeaient un couloir sombre, percé de plusieurs grilles semblables à la sienne. Puis les grilles disparurent et laissèrent place, sur le mur de gauche, à une seule et une unique porte en bois de laquelle s'échappait une aura inquiétante. Elle n'eut pas le loisir de plus l'étudier car son bourreau venait d'emprunter des escaliers en colimaçon, elle à sa suite. Elle ne put compter le nombre de marches mais calcula vingt secondes pour monter. Puis une porte s'ouvrit, un rai de lumière éclaira le couloir, on la fit pénétrer dans la pièce et la porte se referma. Elle remarqua qu'une bibliothèque se trouvait juste à côté de la porte, constata des éraflures sur le mur, et en déduisit que, en temps normal, la bibliothèque cachait cette porte secrète. La décoration ainsi que la vue lui indiquèrent qu'elle se trouvait toujours au manoir Jugson, à son plus grand soulagement. Si elle avait changé de lieu, personne n'aurait jamais pu la retrouver. Il lui restait au moins ce mince espoir.
On la laissa tomber au sol et elle se redressa tant bien que mal en position assise, malgré les liens qui lui maintenaient toujours les bras le long du corps. Recouverte de moquette, la pièce rectangulaire devait servir de salon de réception. Un grand canapé, plusieurs fauteuils, une table basse, tout cela avait été poussé pour ne laisser qu'un grand espace. Il n'y avait personne, hormis elle et l'homme qui la surveillait, jusqu'à ce qu'une autre porte, dans son dos, s'ouvre. Elle entendit le nouveau venu la contourner et, quand il se plaça face à elle, elle en eut le souffle coupé.
« Bien le bonjour, petite sang-de-bourbe, j'espère que ta sieste t'as été profitable. »
La femme la fixait, un sourire cruel aux lèvres. Hermione n'avait aucune idée de s'il s'agissait de Ingrid ou de Nadja, mais c'était assurément une des deux jumelles. Loin de l'attitude provocante et aguicheuse qu'elle avait au camp des Aurors à l'égard de Malefoy, elle semblait ici sûre d'elle, hautaine et dangereuse. Ses yeux fixaient la jeune femme, agenouillée devant elle, amusés. Elle se délectait d'avoir la Gryffondor en son pouvoir ce qui n'était pas pour rassurer la brune.
« Comment vas-tu ? Et comment va notre cher Drago Malefoy ? »
La Suédoise marchait de long en large, en face de Hermione, sans jamais la lâcher du regard. L'évocation de son ex petit-ami pétrifia la jeune femme et raviva la douleur. Pourquoi lui parlait-elle de lui ? Est-ce qu'ils étaient proches ? La blonde répondit à sa question alors qu'elle se rapprochait.
« Je me demande si tu as couché avec lui. J'espère, au fond de moi, que non. Salir un sang aussi pur... Mais, en même temps, mourir sans avoir partagé son lit... c'est d'une tristesse. Alors dis moi, sang-de-bourbe, as-tu connu les mêmes délices que moi ? »
Hermione supporta son regard sans baisser les yeux, jusqu'à ce que la main de la sorcière claque douloureusement contre sa joue. Elle sentit le sang chaud couler à l'intérieur de sa joue mais releva néanmoins la tête. Malefoy avait couché avec une des deux jumelles, voire avec les deux. La trahison était cuisante. En plus de l'avoir trompée en lui cachant ses fiançailles, il avait partagé le lit de la Suédoise.
« Quand ? »
Ce fut la seule question qui perça les lèvres de la jeune femme. La blonde se rapprocha alors aussitôt, vivement intéressée.
« Le premier soir, au camp des Aurors. »
La réponse soulagea et blessa Hermione, tout à la fois. Elle était soulagée de ne pas avoir été complètement trompée, mais un goût amer envahit sa bouche. Le lendemain, il l'embrassait. Cela n'avait donc vraiment rien voulu dire pour lui. Le coup lui faisait mal mais elle s'interdit de verser la moindre larme et ne cilla pas. Pourtant, la sorcière avait remarqué que le sujet touchait la Gryffondor et elle ne se priva pas d'appuyer là où sa faisait mal.
« Oooooh, mais la petite sang-de-bourbe serait-elle triste ? Dis-moi, tu n'étais pas amoureuse de lui, quand même ? »
La Gryffondor baissa les yeux, une seconde, mais resta de marbre. Le mouvement de ses yeux suffit à la Suédoise. Elle éclata d'un grand rire, cruel et fier.
« Comment as-tu pu oser tomber amoureuse d'un sang-pur comme lui ? Comment as-tu pu croire que vous formeriez un couple ? Car tu y as cru, n'est-ce pas ? »
Elle ne semblait pas au courant de leur histoire, et Hermione se garda bien de lui expliquer. Une chose était sûre et occupait tout son esprit. Elle avait été prise pour la dernière des idiotes par Malefoy. Une nouvelle idée germa, douloureuse. Faisait-il parti de ce groupe ? Était-il là, non loin, entrain de se rire d'elle ? Non. Son instinct lui imposa la réponse et l'empêcha d'en douter. Les sorciers qui la détenaient la voulaient, elle. Si Malefoy avait été avec eux, cela aurait fait longtemps qu'elle se serait retrouvée prisonnière ici. Non, il ne faisait pas partie de leur groupe, et cela la réconforta grandement. Une autre pensée lui vint. La Suédoise était en colère car il n'était pas là, il ne faisait pas partie du groupe. Cela permettrait-il à Hermione d'avoir le dessus ? Pourrait-elle exploiter cette faille ? Elle en doutait mais ne pu se retenir de provoquer la blonde.
« En attendant, je ne le vois nulle part. Où est-il ? »
La brune avait mis toute la provocation possible dans sa voix et vit immédiatement que cela avait marché. La Suédoise lui jeta un regard plein de haine puis tira sa baguette.
« Tu veux jouer, sang-de-bourbe, nous allons jouer. »
Le premier endoloris la laissa pantelante et haletante. Mais ce n'était que le début. Un autre suivit, puis un autre, et encore un, jusqu'à ce qu'elle en perde le compte. La douleur était trop forte : chaque centimètre carré de peau lui envoyait une souffrance insupportable. Pourtant, elle ne cria pas. Au moins, la torture infligée par Bellatrix lui avait appris certaines choses. Plutôt que de se laisser aller à la torture, elle se renferma en elle-même, roula en boule le peu d'elle qu'elle parvint à conserver, se protégeant avec une seule et unique pensée qui lui apportait le réconfort dont elle avait besoin pour supporter les sortilèges : Drago n'était pas avec eux.
