NUIT DE PLEINE LUNE

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Disclaimer Merci à J. de nous permettre d'emprunter son œuvre afin de satisfaire nos fantasmes, des plus banals aux plus fous. Je tiens à préciser que je ne tire aucun profit d'une telle utilisation, si ce n'est votre plaisir et le mien.

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12e chapitre : Le retour de l'hiver

Rémus est mort ? Rémus est marié ? Rémus est père ! Toutes ces informations se bousculant dans sa tête menaçaient de faire exploser sa petite boîte crânienne. Comment était-ce possible ? Elle l'avait à peine aimé que sitôt partie, Nymphadora Tonks lui avait mis le grappin... et... il lui avait fait un môme! Au moins, si le couple avait fini par vivre heureux pour toujours, peut-être se serait-elle sentie apaisée, mais non ! Comment osait-il mourir alors qu'elle n'avait pas eu la possibilité de le revoir ! Des années sont passées depuis son retour à la réalité et elle n'avait trouvé aucun moyen de le rejoindre. Elle avait espéré tous les jours qu'il surgirait de nouveau pendant son trajet en bus, comme la première fois. Et puis cette maudite ligne avait été supprimée, elle avait alors envisagé d'aller en Écosse où les fans localisaient plus ou moins l'école Poudlard, à part le monstre du Lochness elle n'avait rien découvert. Les emplacements secrets marqués d'un X, elle n'avait vu ça que dans Indiana Jones...

Et maintenant, que faire puisque tout espoir était perdu ? Comment faire son deuil ? Elle referma si brusquement son livre, (le dernier volume de la série Harry Potter) qu'il tomba lourdement à terre faisant sursauter sa jeune sœur qui s'amusait à faire défiler ses poupées lors du defilé Victoria's secrets. La fillette se retourna, inquiète, et douée de ce pressentiment propre aux enfants, consentit à abandonner ses jouets, s'approcha de la jeune femme et l'enlaça :

« Pourquoi tu pleure grande sœur ? »

Elle se frotta le visage et fut surprise d'y découvrir des larmes, la prévenance de sa jeune sœur au lieu de la calmer ne fit qu'augmenter son chagrin, elle se laissa aller et les vannes retenues tant d'années, lâchèrent enfin… Brune et blonde, serrées l'une contre l'autre, deux sœurs au même destin, deux esprits dépendants l'un de l'autre, mais c'était l'enfant qui consolait l'adulte ce soir-là. Un moment plus tard, une fois calmée elle lança incertaine :

« Que dirais-tu de partir quelques jours en vacances ? »

La petite, enthousiaste à l'idée de n'importe laquelle excursion, était ravie :

« Ouais! Génial ! Où ça ? Où ça ?! »

La jeune femme essuya les dernières larmes de son visage et caressa les cheveux dorés de sa jeune sœur. Elle s'était toujours demandé comment deux sœurs de sang pouvaient être à la fois si différentes et pourtant si semblables physiquement. Sa jeune sœur avait les mêmes traits qu'elle, mais autant elle était brune, autant la fillette avait tout du petit chérubin ! Aucune jalousie dans ce constat, au contraire, elle était si fière de la fillette qui deviendrait bientôt une jeune fille ravissante. C'est MA sœur ! Ne put-elle s'empêcher de penser avec orgueil. Elle embrassa le front de l'enfant, puis répondit :

« Que dirais-tu de Londres ? »

La fillette la regarda, interdite, se demandant probablement ce qu'il y avait d'amusant à faire à Londres. Et puis se demandant sans doute également ce que c'était que ce Londres-la.

« Ce sera sympathique, tu verras. On fera du shopping. On se promènera dans de belles et vieilles rues. On ira au Starbuck's… »

« Starboque ? C'est quoi ? » Demanda la fillette, curieuse.

« C'est le meilleur café du monde ! Ils font d'énormes chocolats chauds ! »

« Grands comment ? » Interrogea sérieusement la petite.

La jeune femme mima un bol de la taille d'un melon de Cavaillon tandis que les yeux de l'enfant s'agrandirent d'envie.

« Oui, je veux ! Je veux aller voir Starboque ! »

Ravie par l'enthousiasme, ô combien contagieux, de sa jeune sœur, qui lui fit oublier un instant les raisons de son chagrin, elle continua sur sa lancée :

« Et on pourra manger des muffins… »

« Des Meuf fines ? Beûrk ! J'en veux pas moi... » refusa la petite purement et simplement la petite

« Tu ne veux pas de gâteau au chocolat ? et bien, je mangerai tout alors ! » conclut la jeune femme taquine.

« Non ! » hurla la gamine effarée en sautant sur sa grande sœur. Après l'avoir soumise à la torture des chatouilles-jusqu'à-ce-que-mort-s'en-suive, elle déclara forfait pour la plus grande joie de l'enfant. Elles parlèrent longtemps encore de leur prochain voyage, jusqu'à ce que la petite finisse par s'endormir sur l'épaule de sa grande sœur. Elle caressa doucement la chevelure blonde de l'enfant, lumière de sa vie, elle l'avait élevé, l'avait vu grandir et se délectait de la voir se transformer de jour en jour, elle en était certaine, un jour sa jeune sœur ferait chavirer bien des cœurs ! Heureusement qu'elle était là, comment aurait-elle pu supporter d'avoir été séparée de lui ? Les jours et les nuits sans lui, sans sa présence, son odeur, Dieu qu'il lui manquait ! Et maintenant, il n'existait plus, elle ne pourrait plus jamais le rejoindre, le voir, le toucher. Elle sentit la rage monter en elle, comment pouvait-il encore la faire souffrir après ces années, encore et toujours, son cœur saignait…

Rémus Lupin, je te hais !

Elle pensa stupidement que s'il n'était pas déjà mort, enterré et oublié, elle le tuerait volontiers de ses mains… Elle écarta ces pensées grotesques, prit sa sœur dans ses bras et l'installa dans son lit, puis elle s'allongea à ses côtés et la serra dans ses bras. Heureusement que l'enfant était là…

Quelle déception ! Alors qu'elles s'éloignaient toutes les deux de la gare de King Cross, elle sentit ses jambes fléchir, si elle ne tenait pas fermement la main de sa jeune sœur, nul doute qu'elle se serait effondrée en plein milieu de la gare ! La voie 9 ¾ n'existait pas. C'était stupide de sa part de penser que peut-être elle se retrouverait, comme par hasard, face à toute la bande à Potter, à King Cross. Elle se serait satisfait d'un signe, aussi minime soit-il, un panneau marqué d'un « Ici » sur le mur indiquant un emplacement magique, un hibou traversant le toit de la gare, un éclair de lumière. N'importe quoi plutôt de penser que peut-être, en définitive, elle avait rêvé… la rencontre avec Harry Potter, Lucius Malfoy et ses tendances perverses, et Rémus Lupin. Rémus et son regard doré si intense qui la brûlait chaque fois qu'il se posait sur elle, leurs querelles préludes à leurs jeux de séduction et d'amour, ses caresses si douces et exigeantes à la fois, tout cet amas de sensations, de sentiments qu'elle avait ressenti et qu'elle ressentait encore, tout cela n'aurait donc jamais existé ?

L'enfant se libéra de la poigne de sa sœur et tenta de retraverser la route en direction de la gare, la menace du danger imminent lui fit retrouver immédiatement tous ses esprits, elle secoua la tête et attrapa rapidement la petite par sa capuche en l'attirant vers elle.

« Où crois-tu donc aller jeune fille ? Qu'est-ce que je t'ai dit à propos de traverser les routes sans faire attention aux voitures ? »

Mortifiée, la fillette n'osait pas regarder sa grande sœur, elle murmura un vague « Pardon… » mais tourna un regard inquiet vers une peluche de Pikachu abandonnée sur la route. Elle ressentit une pointe de culpabilité pour avoir si rudement parlé à la fillette alors que celle-ci voulait simplement récupérer son ami inanimé. Elle regarda à droite puis à gauche avant de se diriger rapidement vers la peluche, tandis qu'elle se penchait pour le récupérer elle entendit des cris. Elle ne comprit pas pourquoi, elle entendit ensuite les crissements de freins, sentit deux bras l'entourer et la soulever dans les airs. Était-elle était en train de voler ? Quelle idée absurde, une voiture l'avait certainement écrasé, et maintenant elle était morte. Qui allait s'occuper de sa sœur ? Seigneur, la petite devait être morte de peur, seule dans ce pays étranger, sans en parler la langue et regardant des étrangers emmener le cadavre de sa seule parente.

« Et bien chère Mademoiselle, je constate qu'après ces années, vous avez toujours cette fâcheuse tendance à vous mettre en danger. »

Si quelqu'un lui parlait alors elle n'était pas encore morte. Qu'est-ce que c'était ce pincement au cœur, était-elle déçue ? Aurait-elle voulu mettre un terme à son existence ? Pour le rejoindre peut-être. Absurde, complètement absurde, que serait devenue sa jeune sœur sans elle ? Elle réalisa qu'elle était bel et bien vivante, enroulé dans les bras d'un inconnu telle une sangsue sur la jambe d'un gosse insouciant. Instinctivement, son corps s'était serré contre ce sauveur inespéré qui avait permis à sa jeune sœur de ne pas être veuve, ou bien est-ce soeuve ? En pensant à sa sœur, elle tourna la tête pour la repérer, la fillette en larme tenait son pikachu et la regardait avec inquiétude. Elle aurait voulu la prendre dans ses bras, la rassurer, lui dire qu'elle allait bien et que jamais elle ne la laisserait seule, mais tout ce qui parvint à sortir de ses lèvres fut un vague grognement…

« Korè… »

Elle sut. Elle sut que si elle ne trouvait pas une idée de génie, si le Saint-Esprit ne l'investissait pas d'un quelconque pouvoir là, maintenant, alors elle allait définitivement mourir. Son sauveur, lui avait permis d'éviter l'accident pour mieux la faire sombrer dans les ténèbres. Elle n'y avait pas prêté attention plutôt mais sa main s'emmêlait dans la crinière douce et platine de l'homme. Elle recula autant que possible et garda l'homme à distance de bras tendus, il la laissa faire la retenant néanmoins fermement pas les mains.

« Vous ne m'avez pas oublié n'est-ce pas ? »

Cette voix, si suave, si tentatrice. Un monde de délices interdits à portée, si seulement elle le voulait, si simplement elle lui cédait. Il la ramena fermement à lui et susurra, son souffle chaud lui caressant l'oreille :

« Moi, je ne vous au pas oublié… »

Elle frissonna, comment son corps pouvait-il réagir de façon aussi indécente alors qu'elle venait d'avoir la peur de sa vie. Alors qu'ils étaient dans une des rues les plus fréquentées de Londres. Alors que sa petite sœur était à deux pas. Il recula légèrement, en effleurant sa joue de ses lèvres minces et sensuelles, la faisant trembler un peu plus.

« Vous souvenez-vous de la promesse que je vous ai faites lors de notre dernière rencontre ? »

Dans un sursaut instinctif, elle tenta de se dégager mais la poigne se fit plus ferme, il ne la lâcherait pas aussi facilement.

« Oui… Délicieuse Korè, vous vous en rappelez… »

Il prit son visage entre ses deux mains, et s'approcha comme pour l'embrasser, il braqua ses yeux gris glacial dans les yeux apeurés de la jeune femme.

« Je vous aurai. Je vous aurai, et puis je vous tuerai. »

Simple, clair, inéluctable sentence de mort. Tout ce qu'elle souhaitait à cet instant c'était mettre un maximum de distance entre lui et elles, une mer de préférence. Elle se leva rapidement, sans qu'il ne la retienne cette fois, s'éloigna de lui, empoigna la main de sa sœur et s'enfuit.

Lucius Malfoy.

De toutes les personnes possibles et inimaginables sur lesquelles elle aurait pu tomber, pourquoi avait-il fallu que ce soit ce psychopathe ?! Elle l'avait repoussé, humilié et menacé dans sa virilité. Elle avait vu sa mort dans les yeux de Lucius Malfoy. Plus que cela, il lui prendrait tout ce à quoi elle tenait, puis il la détruirait. Elle courut comme si sa vie en dépendait… rectification, en fait réellement pour sauver sa peau. Elle longea Euston Road, et arriva à l'intersection de la Argyle Street, les effluves de fish and chips la rassurèrent, l'hôtel était tout proche. Elle se retourna un instant, Malfoy ne semblait pas les avoir poursuivit. Si tant est qu'un sorcier, se donne la peine de courir, à sa connaissance le cours d'EPS ne figurait pas dans le tronc commun enseigné à Poudlard. S'il était capable de transplaner, est-ce qu'il pouvait les pister à distance ?

Cette idée décupla sa peur, elle attrapa sa jeune sœur, la prit dans ses bras et couru plus vite encore s'il cela était possible, tandis que la petite éclatait en sanglots d'incompréhension. Elle pénétra dans l'hôtel, ne prit pas la peine de répondre au bonjour accueillant du réceptionniste et se dirigea à toute allure vers l'ascenseur en bousculant un couple au passage. Quelqu'un tenta de lui faire comprendre qu'elle devait attendre son tour pour prendre l'ascenseur, elle se contenta d'un cri et d'un signe du doigt assez significatif. Dans la cabine, elle posa enfin sa sœur et s'agenouilla à bout de forces, en tâchant de reprendre son souffle. La peur la submergeait, elle se sentait sur le point de s'évanouir et luttait de tout son être pour rester éveillée. L'enfant, effrayée par cette situation qui la dépassait complètement, posa une main tremblante sur l'épaule de la jeune femme :

« Grande sœur, qu'est-ce qu'il se passe ? »

Elle se maudit intérieurement d'avoir embarqué sa petite sœur dans toute cette histoire. Si elle n'avait pas souhaité revoir Rémus Lupin, ou tout du moins avoir la confirmation de sa mort et faire son deuil, avoir la certitude que ses souvenirs n'étaient pas seulement des rêves, jamais elle ne l'aurait mise en danger comme aujourd'hui. Avoir mis son trésor en présence d'un être aussi néfaste que Lucius Malfoy, quelle négligence de sa part. Elle caressa la tête blonde en forçant un faible sourire sur son visage.

« Ne t'inquiète pas ma chérie. Nous allons vite rentrer et tout ira mieux. »

L'ascenseur stoppa alors à leur étage, les portes s'ouvrirent, et tandis qu'elle avançait en tenant fermement la main de sa sœur, elle sentit une résistance et stoppa net. Elle se retourna quelque peu énervée:

« Mais enfin, on a... »

Non... Non! Il les avait retrouvé. Évidemment qu'il les retrouverait. Elle avait été bien naïve de croire qu'elles pourraient lui échapper. Lucius Malfoy se tenait dernière l'enfant et la retenait fermement par l'épaule. La fillette semblait sous le coup d'un enchantement, et semblait comme hypnotisée par le sorcier, ou peut-être le charme de la sirène opérait également sur les pré-pubères... Il déplaça sa main gauche et entoura la gorge de l'enfant de ses doigts irréels et longilignes. Il ne lui faisait pas mal, pas encore mais le message était on ne peut plus clair à ses yeux; si elle se permettait le moindre geste, elle pouvait dire adieu à sa seule famille... Tout aussi lentement, abominablement lentement, il passa son autre main dans la chevelure blonde de l'enfant en un geste que Lucius Malfoy voulait sans doute être une caresse. Elle y voyait le geste d'un prédateur qui jouait avec sa proie, d'un enfant qui jouait avec la nourriture.

Elle n'avait pas le pouvoir, aucune force, pas d'allié (techniquement son seul espoir était déjà mort), rien qui ne jouait en sa faveur, rien pour les sauver toutes les deux. Était-ce si sûr? Il y avait bien une chose que Malfoy semblait vouloir par-dessus tout, il n'en était pas caché et avait été toujours été agressivement éloquent sur le sujet. La chose que Malfoy désirait plus que tout: elle. Bien sûr, la seconde chose que Malfoy désirait étant sa mort, cela risquait quelque peu de compliquer la donne. Néanmoins tout son jeu se limitait à la perspective de gagner du temps. En attendant quoi. L'apparition de Superman ou de Zorro pardi! Gagner du temps pour penser à un meilleur plan était toujours une bonne stratégie. En l'occurrence la seule qui lui venait immédiatement à l'esprit. La perspective d'une mort imminente et douloureuse a la propriété d'annihiler un peu les facultés intellectuelles du cerveau humain, c'est de notoriété publique.

« Lucius... Ne faites pas cela. »

Elle dut prendre sur elle pour réprimer sa panique et donner l'impression de maîtriser la situation alors qu'elle était à deux doigts de fondre en larmes; Elle s'était surprise elle-même en ayant à peine un ton suppliant. Elle avait comme l'intuition que Lucius était tout à fait le genre d'homme (sirène, créature, truc) qui devait adorer qu'on le supplie. S'il s'avérait que c'était le cas, elle préférait autant garder cette carte en dernier et ultime recours. Lucius caressait dangereusement le cou de la fillette, toujours muette (comme c'est accommodant pour le cour de cette intrigue).

« Ma chère Korè. Encore une fois vous vous méprenez à mon sujet. Je n'ai pas la moindre intention de blesser cette délicieuse enfant. Bien au contraire... je ne lui veux que du bien. »

Il approcha alors son visage des cheveux dorés et inspira profondément.

« Hum... Quelle odeur exquise! Si jeune, si innocente! Encore intacte... »

Comment en était-on arrivé à cette situation? Elle apprécia une demi-seconde l'ironie de la situation. Lucius Malfoy était un être décadent, elle le savait mais de là à imaginer un moment qu'elle en aurait la preuve éclatante et répugnante au dépens de sa jeune sœur, cela lui soulevait le cœur et l'âme... Finalement elle devait se résoudre à utiliser la manière forte sur cette sirène aux mœurs perturbées.

« Je vous en supplie Lucius. Je ferais TOUT ce que vous voudrez. ABSOLUMENT TOUT mais ne la touchez pas, jamais. Ne lui faites aucun mal, jamais. »

Malfoy sourit de toutes ses dents. Comme le chien qui vient de déterrer un os. Ou comme une nymphomane qui trouverait Brad Pitt endormi dans son lit en rentrant chez elle. Ou encore comme un enfant qui recevait un kinder surprise. Oh, qu'est-ce que c'est? Le nouveau joujou sexuel de Lucius Malfoy. Pas besoin d'être médium pour deviner l'avenir répugnant auquel le sorcier la destinait.

« Oh Korè. Vos paroles me comblent de bonheur. C'est exactement ce que j'attendais de votre part. Vous, à genoux, me suppliant encore et encore... »

Son regard s'agrandit, se fit carnassier, l'engageant à continuer sur sa lancée humiliante dont il se délectait de manière ignoble. Elle se mordit la langue pour couper court à toute réponse spontanée qui mettrait du sel sur le feu. Elle se laissa tomber à genoux, posa ses mains au sol et inclinant la tête, elle dit adieu à toute dignité.

« Je vous en supplie Lucius. Je vous en prie. Je dirai ce que vous voudrez. Je ferai ce que vous souhaitez. Faites de moi ce que vous désirez. Cela m'est égal, si vous la laisser partir. »

Lucius eût un gémissement qu'elle qualifierait de post-coïtal. Il serra dans ses bras l'enfant tout en dévisageant la jeune femme.

« Oh Succulente Korè. Comment pourrais-je la laisser partir? Maintenant que je détiens le moyen de vous retenir auprès de moi. Vous... »

Elle fit mine de se relever à ses paroles, prête à libérer sa jeune sœur par une attaque frontale suicidaire. Le sorcier serra davantage l'enfant qui gémit de douleur ce qui eût pour résultat de stopper la jeune femme qui retomba lourdement sur ses genoux et tendit la main vers le sorcier en signe d'apaisement.

« Ne m'interrompez jamais Korè. Est-ce entendu? »

Elle demeura silencieuse, effrayée qu'elle était d'envoyer une répartie cinglante qui aurait eut une conséquence néfaste. Par exemple leur mort à toute les deux... Et pourtant, elle avait une envie quasi irrépressible de bondir sue lui et de lui arracher les yeux, une lubie soudaine.

Devant le silence de la jeune femme, la colère de Lucius décupla. Rageusement, il empoigna le bras de la fillette et le brisa aussi facilement qu'une branche de bois.

« NOOOOOOOOOOOON! »

Les deux sœurs hurlèrent d'un seul et même effroyable cri. Ce que le sorcier faisait à la plus jeune, la plus âgée le ressentait aussi surement que si c'était sa propre chair qui s'était déchirée. Elle luttait de tout son être pour maintenir son humiliante position et ne pas provoquer une fois encore la colère du monstre. Mais en cet instant, elle se faisait la promesse solennelle qu'un jour, et elle saurait attendre patiemment l'arrivée de ce jour, elle tuerait Lucius Malfoy de ses propres mains pour ce qu'il venait de faire à sa jeune sœur. Sans scrupules, sans regrets, sans aucun états d'âmes, elle mettrait certainement un terme à cette vie abjecte qui n'avait d'autre but que de semer horreur et désespoir sur son chemin. Elle ravala ses larmes en se mordant les lèvres jusqu'au sang et grimaça en sentant le goût de rouille qui lui souleva le cœur. Malfoy quant à lui, berçait gentiment l'enfant qui sanglotait dans ses bras.

« Je déteste ne pas avoir de réponse à une question que je pose, Korè. Ne me faites jamais répéter une seconde fois. » dit Lucius Malfoy d'une voix dangereusement douce.

« Ou... oui. » dit-elle simplement en répondant à la question que le sorcier lui avait posé avant cette cauchemardesque scène.

« Bien. Très bien. Maintenant que j'ai toute votre attention, je l'ai n'est-ce pas? (elle acquiesça rapidement, de peur des représailles) nous pouvons continuer notre discussion. Mais avant d'évoquer les termes de notre... partenariat... »

Partenariat? D'autres mots lui venaient à l'esprit évoquant sa relation avec Malfoy; Elle pensait: chantage, séquestration, torture, viol, humiliation, mort. Avant qu'elle n'ait pu s'interroger plus encore sur ce non sens, le sorcier écrasa violemment sa bouche contre la sienne en un baiser vorace. Lucius Malfoy était bien en territoire ennemi, il le savait, mais ce dont il était sûr c'est qu'il était en territoire conquis et il avait bien l'intention de le faire comprendre. OK, le message reçu cinq sur cinq... Il releva à peine la tête et lécha les lèvres de la jeune femme, elle réalisa alors que Malfoy devait goûter son sang et au vu de son expression gourmande, appréciait pleinement la situation... Quel homme répugnant, si au même moment il ne détenait pas sa jeune sœur, elle l'aurait repoussé et aurait tout tenter pour le blesser, s'enfuir, qu'importait si elle y laissait la vie. Mais l'enfant dépendant d'elle aussi.

« Korè, vous m'avez tant manqué. J'ai souvent pensé au goût de vos lèvres. A vos formes charmantes que j'ai à peine eu l'occasion de toucher. Mais je compte bien y remédier, pleinement, autant que je le souhaite. Peut-être même que vous aimerez ce que je vais vous faire... »

Il la serra dans ses bras et approcha doucement ses lèvres de son oreille qu'il mordilla. Elle réprima un haut-le-cœur. Ou était le charme de l'incube à présent?

« Oui Korè, et je sais comment vous y contraindre. »

Il dirigea alors sa baguette vers l'enfant. Un signal d'alarme s'éleva dans son esprit, allait-il tuer sa sœur? Jamais elle n'avait ressentit une telle impuissance, toute sa vie elle avait fait en sorte de protéger l'enfant, et aujourd'hui elle échouait à la promesse la plus élémentaire. La fillette continuait de pleurer en tenant son bras, quand elle réalisa qu'elle était redevenu l'objet de l'attention de l'affreux-méchant-sorcier, elle paniqua:

« Grande sœur! »

« Disaparete! »

Et devant ses yeux, l'enfant disparut, sans qu'elle ait pu même exprimer le moindre son. Malfoy semblait inquiet, mais tout à son horreur elle n'eût pas le loisir de s'interroger davantage.

« Votre sœur est dans un endroit qui n'est connu que de moi. Son avenir dépend entièrement de vous. Vous m'entendez? »

« Oui. » répondit-elle d'une ombre de voix.

Malfoy réagit comme s'il avait entendu du bruit, mais elle n'entendit rien de particuliers. Il la secoua pour la faire sortir de sa léthargie.

« Votre sœur est blessée, si vous voulez qu'elle soit soignée, bien traitée vous devez faire ce que je vous ordonne. »

« Oui. » sa sœur était donc encore vivante. Cette pensait faisait renaître un semblant d'espoir en elle.

« Vous êtes à moi. Tâchez de vous en souvenir. Si voulez que votre sœur survive. »

« Oui. » Pour le moment. Quand elle trouverait le moyen de récupérer sa sœur, elle le tuerait.

« Ils arrivent. S'ils croient une seule seconde que vous n'êtes pas à moi de votre propre initiative, je prendrai un plaisir infini à torturer votre sœur. Il faut qu'ils vous croient folle amoureuse de moi. »

Son regard dût être suffisamment éloquent car Malfoy eût un sourire mesquin, jeta un œil par-dessus son épaule puis l'embrasse de nouveau, plus langoureusement. Elle se demanda s'il s'agissait d'un nouveau jeu malfoyen, alterner violence et douceur. Elle préférait encore la manière forte, celle qui exprimait le plus honnêtement les sentiments haineux qu'elle nourrissait à son égard. Ce pseudo-baiser amoureux la révulsait tout autant que de sentir les mains du sorcier s'aventurer sur son corps; Quand il mit fin à leur baiser, il lui susurra seulement:

« Pensez à la pauvre enfant, qui n'attend que vous... »

Pourquoi insistait-il encore? Elle avait compris et accepté son sort. Et soudain, elle réalisa, elle le sentit avant même de le voir de ses propres yeux; L'attitude nerveuse de Malfoy, son empressement à faire disparaître sa jeune sœur et lui soutirer ainsi la promesse honnie. Ils n'étaient désormais plus seuls dans le couloir de l'hôtel. Il se tenait à quelques mètres d'eux. D'autres étaient là aussi, mais elle ne pouvait pas, ne voulait pas détacher son regard des yeux d'or qui la fixaient, la brûlaient ardemment.

Remus Lupin était bel et bien vivant! Elle eût une pensée fugitive pour l'auteur de la série Harry Potter, maudite soit-elle! Sa seconde pensée fut de se jeter dans ces bras qu'elle avait tant aimé et rêvé de retrouver. Mais la main de Lucius Malfoy pressée sur son épaule lui rappela leur ignoble « partenariat ». Si seulement Remus était arrivé plus tôt! Un instant auparavant! A présent, il était trop tard, elle ne s'appartenait plus. Elle devait sauver sa sœur même si pour cela elle devait se plier aux volontés tortueuses de l'incube. Mais soudain, le mirage parla et sa raison vacilla:

« Korè... mon amour... »

Fin du chapitre.

Cela fait longtemps, et je m'en excuse.