XXXIII •

Quand Hermione ouvrit les yeux, elle eut aussitôt envie de vomir. Elle les referma rapidement, ravalant la bile qui lui montait à la bouche. Tout son corps lui faisait mal, alors même qu'elle ne bougeait pas. Son crâne jouait une musique douloureuse, en accord avec les battements de son cœur qui résonnaient partout, dans chaque muscle. La torture avait été longue et il lui semblait se souvenir qu'elle s'était évanouie. Elle tenta de bouger un peu mais la souffrance irradia et lui arracha un gémissement. Mais le pire, c'était la douleur qui provenait de son ventre. Elle avait l'impression qu'on lui enfonçait des coups de couteau de l'intérieur, sans relâche. Elle chercha à faire disparaître le déchirement, en inspirant lentement et en tentant de calmer les battements de son cœur, mais rien à faire. Incapable de faire quoique ce soit, elle se renferma sur elle-même, éloigna la douleur, et s'enfonça dans le sommeil.

L'envie de vomir la réveilla une nouvelle fois. Malgré les protestation de son corps, elle se plia en deux jusqu'au seau dans lequel elle cracha un peu de bile et beaucoup de sang. Sans se préoccuper de cet état de fait inquiétant, elle se traîna sur son matelas et referma les yeux.

Dans un état entre les songes et l'éveil, elle entendit des pas venir jusqu'à elle. Deux personnes se disputaient, et elle en tira un certain réconfort mesquin.

« Tu es allée trop loin ! grondait une voix masculine.
- Elle n'a que ce qu'elle mérite, répliqua une femme.
- Peut-être, mais nous avons besoin d'elle en vie. Ne voulais-tu pas qu'elle constate elle-même la fin des moldus ? A quoi sera-t-elle bonne si tu la laisses à demi-morte à chaque fois !
- Serais-tu attiré par elle ?
- Ah ! fit l'homme, méprisant. Là n'est pas la question, Nadja, garde ta jalousie de femme pour toi. La prochaine fois, retiens tes pulsions où je me verrais obligé de te faire subir la même chose. »

La menace fonctionna puisque Nadja ne dit plus rien. Hermione sentit quelqu'un s'approcher d'elle, elle sentait presque son souffle lui chatouiller le cou.

« Hm. Il va falloir la réparer si nous voulons nous servir d'elle. »

Étonnement, savoir qu'on allait la soigner ne lui procura aucun réconfort. Elle pressentait qu'ils ne la guériraient que pour mieux la torturer ensuite. Inconscient de ce que pensait sa victime, l'homme murmura un sort que Hermione n'entendit pas et, aussitôt, la douleur s'atténua, notamment dans son bas-ventre, ce qui lui procura un immense soulagement. Elle avait toujours mal, mais plutôt comme après une trop longue séance de sport, quand on rentre courbaturé et plein de bleus.

« Emmène-là en haut. Et appelle moi quand elle sera réveillée. Je veux m'occuper d'elle moi-même. »

Le sous-entendu menaçant la fit frissonner intérieurement. Elle ne bougea pas, toujours à la limite du sommeil et sentit qu'on la faisait une nouvelle fois léviter. Elle n'en avait rien à faire, préférant sombrer dans l'inconscience.

La brune émergea de cet état, allongée sur quelque chose de mille fois plus confortable que son pauvre matelas dans sa cellule. Si l'endroit où elle était allongée était plus moelleux, la douleur était toujours omniprésente, bien qu'atténuée par le sortilège de soin qu'on lui avait lancé. Elle ne voulait pas pas se réveiller car le réveil signifiait affronter ses bourreaux et une nouvelle séance comme celle qu'elle avait vécu ne la tentait pas du tout, mais alors pas du tout. Les mots qu'elle avait entendus dans sa semi-inconscience lui revinrent en mémoire. Quelqu'un n'attendait qu'une chose : son réveil, pour pouvoir s'amuser à son tour.

Pourquoi elle ? La question lui trottait en tête mais la réponse aussi. Ces sorciers voulaient s'en prendre aux moldus et ils assimilaient les non-sorciers aux sorciers nés de parents moldus. Comme elle. À l'instar des Mangemorts, ils voulaient acquérir une certaine renommée, montrer au monde de quoi ils étaient capables et le convaincre du bien-fondé de leurs actions. Quel meilleur moyen, pour cela, que de tuer la sorcière née-moldue la plus célèbre d'Angleterre ? Hermione n'aimait pas se vanter et repenser à sa célébrité, encore moins à la manière dont elle l'avait acquise, mais si elle était honnête envers elle-même, elle devait bien l'avouer : avec Harry et Ron, ils étaient devenus de véritables stars. Six ans après, on les connaissait toujours autant et chacune de leurs importantes actions se retrouvaient dans le journal. Comme le mariage de Harry et Ginny. À cette idée, la brune poussa un petit gémissement de tristesse. Allait-elle pouvoir assister à leur mariage ? Quelqu'un devait la surveiller car elle sentit une présence bouger au moment où elle avait gémi.

Quelques secondes plus tard, une porte s'ouvrait et des pas se pressaient vers elle. Elle garda résolument les yeux fermés, jusqu'à ce qu'on la pousse et qu'elle tombe à terre. La chute ne fut pas très douloureuse mais elle ouvrit les yeux, par réflexe. Restés trop longtemps fermés, ils eurent du mal à s'habituer à la lumière de la pièce. Du peu qu'elle en voyait, c'était la même que celle où Nadja l'avait torturée. Une main l'attrapa par l'épaule et la redressa. Elle s'appuya contre ce qui lui semblait être un canapé, les yeux fixés devant elle, refusant de regarder ceux qui se tenaient là, opposant sa résistance farouche à la douleur qui menaçait de la submerger. Les ignorer était le seul pouvoir qu'elle détenait encore.

Il y eut quelques secondes de silence puis l'un des sorciers présents entra dans son champ de vision. D'abord ses genoux puis, il se baissa, et son visage s'imposa à la brune. Elle s'étrangla en voyant ces cheveux châtains, ce visage si banal, ces yeux si inexpressifs... L'homme fut ravi de son petit effet. Il émit un petit rire avant de tendre la main vers la jeune femme, l'attraper par le menton et soulever son visage pour que leur regard se croisent enfin. Hermione ne cilla pas, refusant de baisser les yeux. Elle mit toute la fierté qu'elle avait encore à disposition et toute la provocation possibles dans son regard, mitraillant littéralement Jack des yeux.

« Hé bien, hé bien, tu as l'air contente de me revoir. »

Elle ne répondit pas, mais cela ne l'affecta pas. Il leva les yeux, fit un geste de la main, et la Gryffondor compta deux personnes, au moins, qui quittaient la pièce.

« Enfin seuls, soupira l'Australien. »

Il se releva, comptant sûrement sur Hermione pour qu'elle le suive des yeux, mais elle n'en fit rien. Cependant, si elle pouvait s'empêcher de le regarder, elle ne pouvait pas s'empêcher d'entendre sa voix.

« Je pensais que ce serait plus simple de t'avoir, tu sais. D'abord au camps des Aurors, j'ai cru que tu céderais à mes avances. »

Il rit à nouveau, comme si ce souvenir était le plus agréable au monde.

« Mais non. Tu as également échappé à deux de nos membres, dans la forêt, et, par la suite, nous avons été trop occupés à chercher les objets que nous convoitions pour chercher à te faire tomber dans nos filets. Et puis, après tout, si nous n'avions pas le matériel nécessaire, à quoi bon ? »

Il lui racontait tout cela d'un ton badin, comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde et qu'il lui relatait ses vacances. Plus il parlait, et plus le sang de la Gryffondor se figeait. Ils avaient prémédité cela depuis si longtemps. Trop longtemps pour qu'elle espère s'en sortir. Une autre pensée la plongea un peu plus dans le désespoir. Aucun des sorciers présents ne se cachaient. Elle n'avait clairement vu que Nadja et Jack, mais, de ceux qu'elle avait aperçu du coin de l'œil, aucun ne portait un quelconque masque. Ils se fichaient que la jeune femme les voient et sachent qui ils étaient. La seule explication était qu'ils ne comptaient pas la laisser en vie assez longtemps pour qu'elle raconte ça à quiconque.

« Et je t'ai croisée en Australie. J'ai cru que la chance jouait en ma faveur : nous avions obtenu ce que nous souhaitions mais nous ne pensions pas te tenir en notre pouvoir si tôt. Malheureusement, tu m'as planté dans ce bar avant que je n'aie le temps de te rendre docile. »

Il y avait une note plaintive dans sa voix, comme s'il regrettait vraiment toute cette histoire. Plus il parlait, et plus la jeune femme était persuadée qu'elle avait à faire à un psychopathe. Qui d'autre pouvait avoir ce genre de réaction ? Il se délectait de la souffrance qu'il inspirait à la brune.

« Mais tu es venue toi-même te jeter dans nos bras, et te voilà, ici, avec nous. »

Jack s'était de nouveau arrêté en face de Hermione et celle-ci finit par lever les yeux vers lui. Il arborait un large sourire, comme un enfant devant un cadeau. Le cadeau, c'était elle. Il se tut un long moment, comme s'il attendait une réaction de la brune. Celle-ci ne pipa mot et il eut presque l'air déçu.

« Tu dois te demander quel est notre but, n'est-ce pas ? »

Comme elle ne répondait toujours pas, Jack se leva, agacé.

« Oh, pitié, personne ne t'as lancé de silencio, tu n'as quand même pas perdu ta langue ? »

Elle le vit tirer sa baguette et observa son visage changer du tout au tout. De l'homme affable légèrement flippant, il avait pris un air cruel.

« Peut-être que ça t'aidera à retrouver la parole. »

L'endoloris la fit s'effondrer sur le sol recouvert de moquette. Pour se retenir de hurler, elle se mordit violemment les joues, et sentit le sang couler dans sa bouche. Elle mit toute sa concentration dans ce fait, se préoccupant uniquement du goût métallique procuré par le sang qui lui emplissait la bouche. La torture cessa, une main la redressa à nouveau, et Jack reprit la parole, de nouveau aimable, comme si rien ne s'était passé. Hermione chassa les étoiles qui dansaient devant ses yeux, retint un hoquet de douleur, refusant de montrer sa souffrance.

« Bien, tu as retrouvé la parole ? »

Elle hésita quelques secondes. Se taire ne la mènera à rien, à par à contenter sa fierté, qui ne lui était d'aucune aide actuellement. Parler lui permettrait d'en apprendre le plus possible et de retarder, peut-être, le moment où ils en auraient fini avec elle.

« Oui, lâcha-t-elle finalement. »

Jack afficha un grand sourire satisfait qui fit tressaillir Hermione plus que les cris ou les injures. Il était maître de lui-même, trop à son goût.

« Tu vois, Nadja, il suffit de se montrer poli et on obtient ce qu'on veut, lâcha-t-il. »

Il y eut un bruissement et la blonde apparut dans le champ de vision de la Gryffondor. Un rictus mauvais lui barrait le visage, mais elle n'osa pas s'opposer à celui qui dirigeait le groupe, selon toute apparence.

« Selwyn ! »

Jack s'était tourné vers la gauche, là où se trouvait une porte. Le nom éveilla quelque chose chez Hermione et elle parvint à mettre le doigt dessus : il s'agissait d'un ancien Mangemort que l'on n'avait jamais réussi à attraper. Ça ne rassura pas la jeune femme. Les Mangemorts étaient des sorciers cruels qui ne reculaient devant rien temps qu'ils avaient un maître pour les guider. Jack semblait être ce maître et Hermione révisa son jugement : il avait beau être banal, de visage, il était capable de s'animer et possédait alors une aura, un charisme qui devait lui conférer assez de pouvoir pour asseoir son autorité.

La porte s'ouvrit mais l'homme ne parla pas, attendant les ordres.

« Ramène moi les objets. »

Pas de « s'il te plaît » mais simplement une confiance inébranlable qui poussait l'autre à lui obéir. Il se passa de longues secondes avant que le sorcier ne revienne. Il déposa religieusement les objets au sol, entre Hermione et Jack. Ce dernier les contempla, extatique. Il y en avait trois. Pas besoin de beaucoup de calculs pour savoir qu'ils en avaient volé un dans chacune des boutiques dont ils avaient tué le propriétaire. Le premier était un chaudron noir, de taille moyenne, qui dégageait une aura inquiétante et, en contraste, une douce fumée enivrante. Il n'avait aucun signe distinctif, à première vue. Mais au bout de quelques secondes d'observation, Hermione se ravisa : sur tout le pourtour du haut du chaudron, il y avait des runes gravées. Grâce à l'option Étude des Runes qu'elle avait prise à Poudlard, la jeune femme fut à même d'en comprendre le sens. Et ce qu'elle comprenait lui fit froid dans le dos. Chaque rune était extrêmement maléfique : il y en avait pour la mort, pour la douleur, pour le chagrin... La jeune femme déglutit et passa à l'objet de gauche : une coupe translucide, finement ouvragée, qui semblait faite d'un seul et même bloc. Sa douceur contrastait avec le chaudron mais l'Auror su qu'elle ne devait pas s'y fier. Elle avait beau être attirante, elle était terriblement néfaste. Rien n'était inscrit sur celle-ci, sa surface était entièrement lisse. Le troisième et dernier objet était plus étrange. Il aurait pu s'agir d'une baguette si ça n'avait pas été aussi fin et légèrement tordu au bout. Sa couloir translucide correspondait assez bien à celle de la coupe. Ils formaient un lot étrange dont l'utilisation échappait toujours à la Gryffondor.

« Il nous a fallut tellement de temps pour les réunir... te rend tu comptes de ce qu'ils représentent ? »

Il s'adressait à Hermione, même s'il ne la regardait pas, concentré sur les objets.

« Non, pas vraiment, répondit-elle, sarcastique. »

Jack eut un petit sourire indulgent tandis que Nadja serrait les poings, retenant manifestement sa colère pour ne pas subir celle de son chef. L'insolence de la Gryffondor la mettait hors d'elle mais elle se contint.

« Bien sur, bien sur, fit-il, d'un air compatissant. »

L'écart entre l'homme et la femme était saisissant mais c'était bel et bien la maîtrise et la tranquillité de Jack qui inquiétait le plus Hermione. Les accès de colère et de haine, elle pouvait les comprendre. Mais cette tranquille assurance, cette satisfaction à l'idée de faire le mal... Cela lui faisait froid dans le dos.

La douleur commençait à revenir, naissant dans son ventre et se propageant dans le reste de son corps. Elle se redressa un peu, tentant de trouver une position plus confortable qui lui permettrait d'avoir moins mal puis se força à ne pas penser à la souffrance qui irradiait dans son estomac. Il lui fallait toute sa concentration pour suivre la conversation avec Jack.

« Cet objet, commença l'Australien en lui montrant le chaudron noir, est essentiel pour la potion que nous souhaitons préparer. Sans lui, la préparation n'aura pas assez de force ni assez de portée. Les runes permettent d'insuffler une puissance énorme à la mixture que l'on prépare à l'intérieur. »

Il reposa délicatement le chaudron et attrapa la coupe.

« Celle-ci va de paire avec cela, expliqua-t-il en prenant l'objet que Hermione ne parvenait pas à identifier avec certitude. C'est une antenne qui permet de propager tout liquide versé dans cette coupe. La coupe elle-même agit comme un catalyseur et permet de cibler ceux que l'on vise. »

La Gryffondor sentit la sueur l'envahir. Ce qu'elle entendait ressemblait dangereusement à un plan terroriste, comme les moldus pouvaient en concevoir.

« Maintenant que nous avons tous les éléments en notre possession, le reste va aller très vite. Car la potion en elle-même n'est pas compliquée à préparer. Mais réunir ces trois objets ainsi que tous les ingrédients nécessaires a été dur... Trouver du sang de vampire nous a fait perdre cinq hommes. »

Il lui disait tout cela comme pour qu'elle mesure l'importance du sacrifice qu'ils avaient du commettre pour parvenir à leurs fins mais cela ne faisait qu'effrayer la brune un peu plus. Le sang de vampire n'était utilisé que dans de rares potions, toutes extrêmement néfastes.

Le sourire de Jack s'était élargit. Il arrivait à la partie la plus intéressante de l'histoire.

« Mais tu dois encore te demander quelle potion nous préparons ? »

Un petit silence ensuivit sa question et Hermione comprit qu'il attendait une réponse. Avalant sa salive, elle répondit.

« En effet.

Il s'agit d'une potion très ancienne, oubliée de tous, ou presque. Trouver sa recette n'a pas été chose aisée, fit-il avec un petit rire. Elle n'a plus de nom, ne nous reste que ses effets... C'est une potion de mort, tout simplement. Elle tue plus efficacement que n'importe quel sortilège, en moins d'une seconde, sans aucune possibilité de sauvetage. »

La jeune femme se figeait au fur et à mesure de ses paroles.

« Mais cette potion n'est rien sans la coupe et l'antenne. Vois-tu, si nous versons la potion dans la coupe, dans laquelle l'antenne sera placée, et que nous y ajoutons une goutte de sang, un cheveux de quelqu'un, n'importe quoi qui contienne son ADN, la potion se diffusera pour toucher tous ceux qui possèdent le même. »

Le cœur de Hermione s'arrêta de battre. L'entreprise que Jack avait montée était mortelle et abominable. Il pouvait, grâce à une goutte de sang de quelqu'un, tuer toute sa famille. S'il prenait le cheveux d'un père, ses enfants, ses frères, ses sœurs, ses parents, ses oncles, tous mourraient à leur tour. La jeune femme eut du mal à avaler sa salive. Il ne pouvait donc y avoir qu'une raison pour qu'elle soit ici...

« Heureusement, la potion de base ne touche que les moldus ou les nés-moldus. Tous ceux possédant du sang sorcier dans leurs veines seront épargnés, ce qui ne veut pas dire que leur parent moldu le sera, lui. »

Il se pencha vers la jeune femme, ses yeux brillants d'une passion destructrice.

« Enfin, enfin nous allons débarrasser le monde des moldus et de ceux qui se prétendent sorciers alors qu'ils n'en n'ont pas le sang. »

Il se recula puis se releva et Hermione du lever la tête pour continuer à la suivre des yeux.

« Comme toi, lâcha-t-il d'une voix froide. Avec un seul de tes cheveux, nous te tuerons, toi et tes parents. »

Le souffle lui manqua, sa vision se brouilla. Ses parents étaient en danger et elle ne pourrait rien pour les aider. Elle était à leur merci, sans aucun moyen de défense. La jeune femme cligna des yeux pour éclaircir sa vision et une larme roula sur sa joue. Elle avait abandonné l'idée de survivre depuis son premier réveil, déjà. Mais l'idée que ses parents allaient mourir, par sa faute, l'emplissait d'effroi. Elle ne pourrait pas les sauver, ne pourrait prévenir personne, ne pourrait pas empêcher Jack de lui prendre une goutte de sang ou une mèche de cheveux. Non, elle ne pouvait rien faire, et c'était bien le plus angoissant.

« Regarde, Nadja, la petite sang-de-bourbe a peur... Bien, j'en ai fini. Je te laisse t'amuser avec elle. Ne la tue pas, je veux qu'elle soit consciente quand on lui arrachera un cheveux pour la tuer, elle et sa famille. »

Puis il quitta la pièce. Quelques secondes s'écoulèrent avant que le premier endoloris ne touche la brune. Elle n'avait aucun moyen pour se protéger et protéger ceux qu'elle aimait. Mais elle ne leur donnerait pas la satisfaction de mourir humiliée, aussi retint-elle ses cris et subit la torture en silence, même si elle ne pouvait empêcher ses larmes de couler sur son visage.