Lula : Ne t'en fais pas, la suite est là !
Maxine3482 : Alors Drago, pas Drago... ;)
• XXXVI •
Malefoy repoussa les papiers qui encombraient son bureau d'un geste agacé. Il avait du travail par-dessus la tête avec la récente arrestation de tous ces mages noirs. Il fallait les interroger, recouper les faits, noter scrupuleusement les aveux, perquisitionner tous les lieux où ils vivaient, répertorier leurs objets, préparer les procès, mais le Serpentard n'arrivait pas à se concentrer, ses pensées volant toujours pour rejoindre Hermione.
Le contre-sort avait refermé les plaies causées par le Sectumsempra et ses cicatrices avaient disparues mais elle ne s'était pas réveillée pour autant. Avait-elle perdu trop de sang ? Sûrement. Drago et Harry avaient immédiatement transplané à Sainte-Mangouste avec la jeune femme, laissant leurs collègues s'occuper des mages noirs. Les médicomages n'avaient pas été très confiants à l'arrivée de la Gryffondor mais ils avaient réussi à la stabiliser. Même si elle était dans le coma, elle était en vie.
Il était allé la voir tous les jours, passant plusieurs heures à son chevet, lui parlant, lui demandant de se réveiller ou observant un silence affligé quand le reste de ses amis étaient présents avec lui. Oh, il ne lui avait rien pardonné, loin de là. La colère bouillonnait toujours en lui dès qu'il repensait au bras d'Alec posé sur son épaule et qu'il imaginait ce qui s'était ensuivi alors. Mais la voir si proche de la mort avait réveillé les sentiments qu'il avait cherché à cacher à tout le monde et à lui-même. Il ne pouvait plus nier l'attachement qui le liait à la brune. Pour la première fois de sa vie, il était prêt à laisser sa fierté de côté pour lui parler. Si elle faisait le premier pas ou si elle montrait le moindre signe lui prouvant qu'elle aussi souhaitait discuter.
Le récit, ce matin, de ce qui lui était arrivé avait réveillé une froide colère en lui mais il n'en avait rien montré, gardant son masque impassible. En réalité, il aurait aimé faire subir la même chose aux bourreaux de Hermione.
N'y tenant plus, il rangea ses affaires et quitta le Ministère. Il mit un moment avant d'atteindre Sainte-Mangouste, tenaillé par l'angoisse. Il ne savait comment il allait pouvoir aborder la brune qui semblait lui en vouloir autant que lui lui en voulait. Il arriva dans le couloir qui menait à sa chambre chargé d'un énorme bouquet de roses rouges. Pansy le lui avait ordonné : s'il se présentait au chevet de la Gryffondor alors qu'elle était réveillée, il devait lui amener le plus gros bouquet de roses qu'elle n'avait jamais vu. Lui trouvait cela passablement ridicule mais il savait qu'il valait mieux obéir à sa meilleure amie.
La porte de la chambre de Hermione était entrouverte et il y jeta un coup d'œil avant d'entrer. Il s'arrêta net, voyant une silhouette assise sur le lit de Hermione, lui tournant le dos. N'écoutant pas la bienséance qui aurait voulu qu'il se retire, il tendit l'oreille pour écouter, maîtrisant la colère qui montait face à ce catogan brun.
« J'ai appris par les journaux ce qu'il t'étais arrivé...
- Par les journaux ? s'étrangla Hermione.
- Oui, ils ont fait grand cas de ton histoire. »
La jeune femme poussa un petit gémissement désespéré. Il ne lui manquait plus que ça, que les journaux s'intéressent à ce qu'il lui était arrivé. Elle n'était pas sûre de pouvoir oublier le passé si on lui posait des questions dessus pendant des semaines. Or, c'était tout ce qu'elle voulait : oublier. Elle ne voulait pas se complaire dans la douleur, ressasser les tortures et se vautrer là-dedans. Non, elle voulait sortir la tête de l'eau, laisser cela derrière elle, comme s'il s'agissait d'un simple passage de sa vie d'Auror. Elle savait qu'il existait des risques et les avait acceptés. Mais elle était en vie, en bonne santé et voulait juste passer à autre chose.
« J'étais si inquiet...
- Mais je vais bien, Alec.
- Oui, mais... le bébé... »
Hermione se figea et, derrière la porte, Malefoy en fit de même.
« Le bébé, il n'y a plus de bébé, il ne sert à rien de revenir là-dessus, fit-elle, fermement.
- D'accord. Mais... tu ne voudrais pas en avoir un, pour de vrai ? »
La proposition d'Alec laissa la brune la bouche ouverte, stupéfaite.
De l'autre côté de la porte, Drago se retint d'exploser. À quoi bon pénétrer dans la pièce pour hurler sa haine si c'était pour paraître ridicule. Ridicule, il l'était. Avec un regard méprisant, il jeta le bouquet dans le couloir, serrant la main, dans sa poche, autour de la petite boîte noire qu'elle contenait, et quitta l'hôpital à grand pas. Il marcha de longues heures dans Londres, ne sachant pas où aller, la colère ne le quittant pas, le collant comme une seconde peau.
Pourquoi avait-il laissé l'espoir s'insinuer, une nouvelle fois ? Être trompé une première ne lui avait pas suffit, il fallait qu'il retende à nouveau la baguette pour se faire battre. Il se méprisait pour avoir été si faible envers ses sentiments, il exécrait le Bannerman et ses paroles mielleuses et il détestait Hermione qui occupait malgré tout toutes ses pensées. Que ce soit parce qu'il était énervé ou parce qu'il espérait une amélioration dans leur relation, il ne pouvait cesser de penser à elle.
Pourtant, il le fallait. Un Malefoy ne laissait jamais le ridicule ternir son image et Drago était un Malefoy. Il fallait que l'emprise de cette satanée Gryffondor sur lui cesse.
De son côté, Hermione resta de longues secondes interdites. Son cerveau avait complètement cessé de fonctionner quand Alec lui avait fait cette proposition. Elle fut seulement capable de bégayer.
« Un... un bébé...
- Oui, Hermione. Notre bébé.
- Je... Un... »
Alors elle éclata de rire. Son fou rire dura de longues minutes durant lesquelles elle pleura de rire à en avoir mal au ventre. Alec la regarda, inquiet quant à son état. La brune finit par se calmer, les grands éclats de rire se transformant en hoquets retenus qui laissèrent place à un sourire réprimé.
Hermione fixa le Bannerman comme si elle ne l'avait jamais vu. Il ne fallait pas trop qu'elle pense à la proposition qu'il lui avait faite, d'un air si sérieux, comme s'il y croyait vraiment, sinon elle allait se remettre à rire. Voyant qu'il la fixait, dans l'attente d'une réponse, elle poussa un petit soupir et fut claire.
« Alec, nous ne sommes pas en couple, nous ne le serrons plus jamais. Il est hors de question que j'ai un enfant de toi.
- Mais je croyais que tu m'avais pardonné...
- Cela ne voulait pas dire que je voulais être avec toi. »
Elle inspira et décida d'être franche, malgré le fait qu'elle allait sûrement passer pour la plus horrible des femmes. Il y avait eu trop de non-dits dans sa vie ces derniers temps, il fallait les éliminer et recommencer sur des bases plus saines.
« J'allais mal, j'avais besoin de réconfort, tu étais là. Mais je ne t'aime pas, et je ne veux pas d'enfant de toi. »
Dire ce qu'elle avait sur le cœur la soulagea intensément même si Alec était entrain de se changer en pierre.
« Tu aimes l'autre blond, c'est ça ? Ce Malefoy ? »
La brune se figea et lui retourna un regard chargé de colère.
« Ça ne te concerne plus. Va-t-en, maintenant. »
Le jeune homme semblait hésiter. Dans une dernière tentative, il passa sa main sur la joue de la jeune femme.
« Hermione, nous deux, on pourrait... »
Avec un éclair de lucidité, la brune comprit pourquoi Alec tenait tant à elle, subitement.
« Je suis redevenue une héroïne, c'est ça qui t'intéresse, souffla-t-elle, sidérée. C'est ce que les médias vont dire de moi, ils vont s'intéresser à ma vie et donc à la tienne, si je suis avec toi. Et ne parlons pas d'un enfant. Tu me dégoûtes. Va-t-en. »
Son ton était sans appel. Alec le sentit car il quitta la pièce sans dire un mot de plus. Elle soupira et s'enfonça profondément dans ses coussins comme pour disparaître. Elle se plongea de nouveau dans la lecture pour éviter de penser à tout ce qui partait à la dérive dans sa vie en ce moment et n'en sortit que quand ses amis arrivèrent. Pansy et Blaise étaient également là et elle accueillit l'étreinte de la blonde et les piques du Serpentard avec joie.
« Comment tu vas ? demande Pansy, inquiète.
- Je vais bien mieux, la rassura la brune.
- Tu es sûre ? Les cernes ne sont pas très à la mode pourtant, et le teint blafard des Inferis conviendrait plutôt à un cadavre, lâcha Blaise. »
Pansy le frappa à l'arrière du crâne mais Hermione émit un petit rire. Le Serpentard avait le don pour montrer la vérité sous un jour tout à fait risible.
« Je vais bien, répéta-t-elle.
- Et heureusement ! Il reste encore plein de choses à faire pour le mariage et...
- Pansy ! s'écria Ron. C'est moi qui doit prendre des cours de savoir vivre mais c'est toi qui lui parle d'un sujet sérieux alors qu'elle sort du coma.
- Le mariage ! s'exclama Hermione en même temps, n'écoutant pas ce que le roux disait. »
Elle fixa tour à tour Harry et Ginny, effondrée.
« Mais quelle amie je fais, fit-elle, abattue. Je vous ai laissé tomber parce que ma rupture était trop douloureuse sans penser que j'étais censée prendre part aux préparatifs... Je suis la pire demoiselle d'honneur au monde. »
Ron jeta un regard noir à sa dulcinée pour confirmer ses propos et celle-ci lui tira la langue dans un geste très mature.
« Mione, ce n'est pas ta faute... commença Ginny.
- Si, un peu quand même, la coupa-t-elle.
- Non. Je ne dis pas que tu as bien fait de partir en Australie, loin de là. Fuir tes problèmes ne t'aidera pas à les résoudre. Mais je comprenais ton besoin de t'éloigner. Et la suite des événements n'est pas de ton fait, alors cesse de t'accabler de reproches. Tu sors dans peu de temps de l'hôpital, tu auras tout le temps de te rattraper. »
Son sourire malicieux tira sa meilleure amie de son accablement.
« Promis je vais me rattraper ! Ton enterrement de vie de jeune fille sera inoubliable !
- Hé, je suis là ! s'exclama Harry. Fais attention à toi, Hermione. »
Le sourire faussement innocent de sa meilleure amie lui tira finalement un sourire. Il constatait qu'elle allait très bien, beaucoup mieux, en tout cas, que ce à quoi ils s'attendaient tous après tout ce qu'elle avait traversé.
« Tu as pu parler avec Drago ? demanda finalement Blaise avec prudence. »
Hermione tourna la tête vers lui, les sourcils froncés.
« Non. Pourquoi l'aurais-je fait ? Je lui enverrais une boîte de chocolats – périmés – pour le remercier d'avoir trouvé où j'étais et puis voilà. Je ne compte plus lui parler de toute ma vie.
- Hermione ! se récria Ron.
- D'accord, d'accord, ils ne seront pas périmés ! Je plaisantais, souligna-t-elle. »
Visiblement, ce n'était pas ça qui avait indigné son ami puisqu'il jeta un regard à Pansy puis à Blaise.
« Hermione, tu devrais lui par...
- Non, le coupa-t-elle, catégorique.
- Mais, Mione, il est resté tous l...
- Toi aussi, s'exclama-t-elle, atterrée en voyant Harry prendre sa défense.
- Je...
- Ce n'est pas possible, je ne suis pas restée dix jours dans le coma mais dix ans. Je ne veux pas parler à Malefoy, d'accord ? Ce n'est pas parce qu'il est celui à qui je dois d'être encore en vie que je lui pardonne. S'il n'avait pas... vous voyez, j'y serais sûrement allée avec mon équipier et je n'aurais peut-être pas subit des jours de tortures. »
Sa voix était devenue plus aiguë sur la fin avant de se briser sur le mot « tortures ». Les sorciers qui lui faisaient face se jetèrent des regards en biais, désolés. Ils auraient du savoir que Hermione ne serait pas assez remise pour aborder ce sujet mais ils s'en voulaient également d'avoir gâché leur seule chance.
De son côté, Hermione regrettait déjà ses paroles. Elle ne tenait pas le Serpentard responsable de ce qui lui était arrivé, loin de là. Mais elle n'avait aucune envie de lui parler et voulait que ses amis le comprennent.
« Je ne voulais pas dire ça. Il n'est pas responsable de ce qu'il m'est arrivé, mais il est bien le fautif dans notre « relation ». Alors maintenant, n'en parlons plus, s'il vous plaît. »
Ses amis acquiescèrent. Hermione devait déjà se remettre de son séjour au manoir de Jugson, elle n'avait pas besoin de remettre son histoire avec Malefoy sur le tapis. Ils le comprirent et n'insistèrent pas mais ils n'en pensaient pas moins. Ils n'abandonnerait pas si facilement.
« Quelqu'un est venu te voir cet après-midi ? demanda Ginny, pour changer de sujet. »
La brune devint subitement rouge.
« Pourquoi ? interrogea-t-elle prudemment.
- Il y a un immense bouquet de roses rouges devant ta porte. »
Alec m'avait apporté des roses ? Pourquoi ne me les a-t-il pas données ?
« Euh non, je ne sais pas.
- Tu ne sais pas si quelqu'un est venu te voir ? questionna Ginny, subitement soupçonneuse, sous l'œil attentif de leurs amis.
- Non, je ne sais pas de qui sont les roses.
- Tu as reçu la visite de qui ?
- Hermione, fit-elle, doucereuse.
- D'accord ! De Alec. »
Ses trois meilleurs amis la fixèrent, les yeux écarquillés. Blaise fixait le tout d'un air interrogateur tandis que Pansy croisait les bras, les sourcils froncés, signe annonciateur de colère. La blonde avait eu le droit à l'histoire détaillée de la relation entre Hermione et Alec et ce jeune homme ne lui plaisait pas du tout.
« Pourquoi ? s'écria Harry, outré.
- Il... hésita Hermione, il est venu voir si j'allais bien et si je n'étais pas trop affectée par la perte du bébé.
- En quoi ça le concerne, grogna Ron. »
Hermione rougit un peu plus et Ginny s'avança, plus suspicieuse encore.
« Hermione ? »
Quand sa meilleure amie utilisait son prénom en entier ce n'était jamais bon signe et la brune savait qu'elle finirait par lui dire la vérité un jour ou l'autre. Baissant les yeux, elle se lança à l'eau.
« Bon, avant tout, je pense qu'il faisait ça juste parce que les médias parlent de moi et qu'il ne veut qu'une chose : qu'on parle de lui, expliqua-t-elle à toute vitesse. Mais, hem... il voulait me proposer d'avoir un autre enfant, avec lui. »
Elle releva les yeux pour voir l'air sidéré de ses amis. La brune avait l'impression d'être une enfant qui venait de faire une grosse bêtise. Ce qui n'était pas loin de la vérité : elle avait fait une énorme connerie en couchant avec Alec, elle le savait. Mais là, elle devait affronter ce qui s'apparentait à quatre parents bien décidés à lui faire cracher la vérité et à la réprimander vertement. Pouvait-elle compter sur Zabini ? Un petit coup d'œil lui indiqua qu'il restait simple spectateur de la scène.
« Un « autre » enfant ? releva Pansy et Hermione lui jeta un regard noir car elle avait trop souvent tendance à relever les détails qu'elle préférait cacher.
- Il pensait que l'enfant que j'ai perdu était de lui, avoua-t-elle finalement.
- Pourquoi ? interrogea Ginny, impérieuse.
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi pensait-il que l'enfant était de lui ? Tu n'es plus avec lui depuis deux mois. Alors je répète ma question : pourquoi ? »
Sa voix était froide et, dans ces moments-là, Hermione avait l'impression de se tenir devant Molly Weasley. Et on ne pouvait pas mentir à Molly. Elle marmonna une réponse mais Ginny se pencha.
« Je n'ai pas entendu. »
La brune pris une grande inspiration et, refusant de croiser le regard de ses amis, lâcha la bombe.
« Le soir du jour où j'ai appris le mariage de Malefoy, j'ai couché avec lui. »
Le silence s'abattit sur la pièce, jusqu'à ce que Blaise le rompe.
« Et dire que tu avais une réputation de prude à Poudlard, s'esclaffa-t-il. »
Sa tentative de détendre l'atmosphère ne fonctionna pas et il adressa un regard désolé à Pansy, qui le fixait d'un œil noir. Ginny, Ron et Harry fixaient Hermione de la même manière.
« Mais pourquoi ? demanda finalement Harry.
- Je ne sais pas ! J'allais mal, je l'ai croisé dans la rue et il voulait me parler et, une chose en entraînant une autre...
- Mais Hermione... ça n'est pas toi, ça...
- Je sais Ginny et je regrette, crois-moi. »
Son ton était sincère et Ginny le sentit car elle se contenta d'un soupir et de lever les yeux au ciel.
« Ça ne colle pas, lâcha Pansy.
- De quoi ?
- Pour le bébé. Ça faisait trois semaines que tu étais enceinte. Et seulement deux que tu avais rompu avec Drago.
- Je sais. Mais l'expliquer à Alec m'aurait valut une trop longue conversation et je n'en avais aucune envie, soupira-t-elle. Je voulais juste qu'il parte au plus vite d'ici. »
Une question lui vint en tête. Malefoy savait-il qu'il l'avait mise enceinte ? Connaissant la capacité de Pansy à tenir sa langue, elle le pensait. Mais elle ne comptait toujours pas en parler avec lui. Qu'aurait-elle fait si le bébé était encore en vie ? L'aurait-elle gardé ? Aurait-elle accepté de porter l'enfant d'un homme qui la méprisait et qui ne voudrait jamais en entendre parler ? Hermione sentit que, si elle se lançait sur ce sujet, elle n'en tirerait rien de bon, aussi abandonna-t-elle la question.
Ils discutèrent encore des heures, évitant les sujets sensibles. Un médicomage vint pendant ce temps, assurant à Hermione qu'elle pourrait quitter l'hôpital dans deux jours, à son plus grand soulagement.
Pansy, elle, ruminait l'information qu'elle venait d'apprendre. Hermione avait couché avec Alec. D'une façon ou d'une autre, cela avait un rapport avec le changement d'attitude soudain de Drago. Elle allait bien découvrir le fin mot de cette histoire.
