Je suis trop motivée aujourd'hui, je vous poste tous pleins de chapitres.
Milimagine : Une deuxième confrontation qui va durer un peu plus longtemps arrive :P Mais qui ne fera pas avancer énormément les choses pour autant, ahah.
Xana : C'est gentil =)

XXXVIII •

« Prête ?
- Il le faut bien, soupira Hermione.
- Tu n'as pas le choix, de toute façon, surenchérit Pansy. Le mariage est dans une semaine et tu n'as toujours pas de tenue ! »

Les trois amies se trouvaient devant une boutique de robes. Ça devait être la dixième qu'elles faisaient, Hermione avait perdu le compte. Depuis cinq jours, elles emmenaient Hermione d'une boutique à l'autre pour lui trouver LA robe de demoiselle d'honneur, mais il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas. La Gryffondor espérait sincèrement que cette fois-ci serait la bonne. Elle-même se serait contenté d'une robe banale mais Ginny ne voulait pas de ça pour sa meilleure amie.

Les journées étaient passées à toute vitesse. Hermione était contente, au final, d'être en congé forcé, car cela lui permettait de se consacrer toute entière au mariage et à l'enterrement de vie de jeune fille. Les derniers détails étaient d'ailleurs bouclés depuis peu. Ne manquait plus que sa tenue.

« Allons-y ! s'exclama Ginny. »

Même la mariée avait choisi sa robe ! Hermione ne comprenait décidément pas l'acharnement de ses deux amies. Après tout, ça n'était pas elle la femme du jour mais Ginny. Qui se préoccupait de savoir comment elle était habillée ? Mais la rouquine était sur les nerfs et ne supportait pas qu'on la contredise. Alors Hermione se montrait docile et subissait les essayages.

Une heure plus tard, dix robes à terre, Hermione commençait également à avoir les nerfs à vif. Pansy lui tandis une énième robe, lui assurant que celle-ci était la bonne – comme elle l'avait dit pour au moins une centaine de robes depuis des semaines – et laissa la brune retourner dans la cabine.

La Gryffondor étudia un moment la robe et enleva son soutien-gorge en remarquant que c'était un dos nu. Elle enfila la robe et tira le rideau qui la cachait, résignée à subir un examen minutieux de ses amies.

La robe était bleu cobalt. Elle passait derrière le cou de la brune puis descendait en deux parties, chacune cachant un de ses seins. Les deux parties étaient réunies entre elle par quelques liens blancs qui laissaient voir la naissance de sa poitrine ainsi que la peau jusqu'au dessus de son nombril. La robe reprenait au plus bas de son dos, laissant ce dernier nu. Cousue sur la robe, une bande argenté, ouvragée comme de la dentelle mais dans une autre matière, faisait le tour de sa taille, apportant une touche blanche à la robe. Le tissu fluide descendait jusqu'au sol, cachant ses pieds même si elle portait des talons.

Ginny et Pansy gardaient le silence, demandant, d'un geste, à la brune de tourner sur elle-même. Cette dernière attendait qu'elles montrent du doigt tous les défauts de la tenue pour pouvoir en essayer une autre et en finir le plus vite possible. Elle allait finir par venir en pantalon à ce mariage.

« Tu la trouve comment, Mione ?
- Elle est jolie, répondit-elle, laconique.
- C'est tout ? Jolie ? Mais elle est magnifique. Tu te verrais dedans ! s'écria Pansy. »

Hermione jeta un nouveau regard sur sa robe, plus critique, et du admettre qu'elle était vraiment belle.

« Adjugé ! C'est celle là ! »

Le verdict de Ginny soulagea immensément la Gryffondor. Elle eut un petit cri de victoire et retourna se changer. Son calvaire avait enfin pris fin. Elles allaient payer la robe et dire au revoir aux essayages.

« MIONE ! »

Le cri la fit sursauter et, sans réfléchir au fait qu'elle était en sous-vêtements, elle quitta sa cabine. Harry semblait complètement paniqué et Ginny et Pansy s'étaient levées, inquiètes, en voyant débarquer le futur marié. Derrière lui, Malefoy apparut. Hermione rougit violemment en sentant son regard la parcourir. Elle s'était déjà retrouvée nue devant lui et ils avaient été assez intimes pour qu'il connaisse son corps par cœur mais elle était extrêmement gênée malgré tout.

Drago, de son côté, ne s'était pas attendu à trouver Hermione en sous-vêtements. Il du se faire violence pour maîtriser ses réactions physiques mais ne pu s'empêcher de la dévorer des yeux. Qu'est-ce qu'elle était désirable... Et ce n'étaient pas seulement ses sentiments qui parlaient : elle était réellement magnifique avec un corps à tomber.

« Harry ? Qu'y-a-t-il ? s'impatienta Hermione. »

Le blond revint à la raison qui les poussait à être ici. Harry hésita un moment mais la situation était trop grave pour qu'il prenne des pincettes.

« Jack s'est échappé. »

Hermione s'appuya contre un mur pour ne pas tomber. Ses jambes avaient du mal à supporter son poids et ses mains se mirent à trembler violemment. Depuis trois semaines, elle se reconstruisait, pensant le moins possible à ce qui lui était arrivé, même si les cauchemars étaient bien présents pour se rappeler à son bon souvenir. Au final, elle allait bien. Savoir les sorciers en prison, prêts à être jugés et condamnés la soulageait énormément car elle n'avait pas peur de tomber de nouveau en leurs mains. Dire qu'elle était guérie était peut-être présomptueux car il fallait du temps pour effacer les séquelles des tortures, elle le savait : six ans après, celles de Bellatrix Lestrange étaient encore marquées sur sa peau, au fer rouge. Malgré tout, elle réussissait à avancer parce qu'elle se savait hors d'atteinte. Mais tout s'effondrait si Jack était en fuite. Plus que Nadja, elle craignait l'Australien pour la maîtrise de lui-même qu'il avait et pour sa capacité à être froid, calculateur et réfléchi. Si c'était la Suédoise qui s'était enfuie, elle n'aurait eut qu'à l'attendre quelque part car elle aurait foncé tête baissée. L'homme, lui, allait tout mettre en œuvre pour la trouver et ne pas se faire prendre.

« Mais on est sûrs qu'il en a après Hermione ?
- Oui, Pansy. Durant chacun de ses interrogatoires, il a bien précisé que son but était de tuer la née-moldue la plus célèbre. Il est malade et je crois que rien ne le détournera de son but. »

Harry avait dit ça avant de se rendre compte, une seconde plus tard, qu'il venait de dire ça devant la principale concernée et que ça pouvait éventuellement l'effrayer encore plus. Mais Hermione n'avait pas peur. Elle semblait résolue à affronter une bonne fois pour toute celui qui en voulait à sa vie afin de se libérer de cette histoire et la laisser derrière elle. Ils la regardaient tous les quatre, une lueur inquiète dans leurs yeux. Refusant de paraître faible devant ses amis, et encore moins devant Malefoy, elle garda cet air résolu.

Lui-même ne voyait pas une sorcière faible en face de lui, bien au contraire. Il admirait le courage dont elle faisait preuve et retenait l'envie dévastatrice qui lui commandait de la prendre dans ses bras et de lui promettre qu'il la protégerait. L'image de la Gryffondor faisant entrer Alec dans son appartement surgit dans son esprit et il se renferma.

« Il faut le trouver, souffla Hermione.
- Tous les Aurors sont sur le coup, lui assura Harry. Mione, Williamson a demandé qu'on t'emmène à l'abri.
- À l'abri ?
- Oui. Une maison protégé par un Fidelitas.
- Non, refusa-t-elle. Si Jack veut me tuer, le meilleur moyen est de se servir de moi comme appât. Il faut...
- Non, Mione ! se récria Ginny.
- Si, Ginny. C'est le meilleur moyen pour l'arrêter le plus vite possible. Harry, tu sais que j'ai raison. »

Le brun hésita, oscillant entre l'air furieux de sa future femme et l'air déterminé de sa meilleure amie, avec laquelle il était entièrement d'accord.

« Nous pensions la même chose avec Williamson. Mais il faut d'abord trouver où il est passé et, en attendant, tu dois te rendre dans cette maison. Nous te rejoindrons ensuite pour décider de la meilleure façon d'agir. C'est l'affaire de quelques heures, tout au plus. »

Le feu s'était emparé de la brune. Elle ne voulait pas rester sans rien faire, à se ronger les sangs, se demandant où se trouvait Jack, mais elle reconnaissait le bien fondé de ce qu'avait dit Harry. Se précipiter ne mènerait à rien. Il fallait la cacher, décider du plan, et le mettre en marche. Elle pouvait bien patienter quelques heures.

« Très bien. »

Elle rentra dans la cabine pour se rhabiller et ne vit pas le soulagement s'inscrire sur le visage de son meilleur ami qui avait craint qu'elle ne veuille pas les suivre. Pansy, qui ne perdait pas le nord, récupéra la robe qu'elles avaient choisies et les deux femmes transplanèrent Square Grimmauld à la demande de Harry.

Harry, Hermione et Drago transplanèrent à leur tour. La brune ne reconnut pas l'endroit mais suivit les deux Aurors jusque devant une petite bâtisse d'apparence banale. Autant qu'elle puisse en juger, le quartier était moldu puisqu'il y avait des voitures devant toutes les maisons, même celle où ils se rendirent. Hermione observa le lieu d'un air suspicieux se demandant s'ils allaient dans cette petite maison sans défenses avant de se souvenir qu'il y avait un Fidelitas appliqué à ce lieu. Aussitôt, elle se demanda qui était le Gardien du Secret. Comme Harry sortait un parchemin avec l'adresse écrite dessus, elle en déduisit qu'elle n'en saurait rien. Le sorcier qui avait accepté de leur révéler ce secret devait vraiment les tenir en haute estime. Ou alors le Ministère disposait d'une dizaine d'endroits de ce genre, c'était tout à fait probable.

Dès qu'ils lurent les quelques lignes inscrites sur le parchemin, la maison moldue se troubla pour laisser place, petit à petit, à un superbe manoir. Ils pénétrèrent dans le hall et Harry les guida aussitôt vers la gauche, dans un grand salon décoré avec goût.

« Je reviens aussi vite que possible avec Williamson, Mione, et nous...
- Comment ça ? Je reste seule ici ? »

Non pas qu'elle soit apeurée par ce fait. Elle était protégée par un sortilège très puissant et même si le Gardien du Secret trahissait son secret, elle pouvait se défendre. Mais elle aurait préféré avoir la compagnie de son meilleur ami plutôt que de se morfondre pendant des heures en attendant son retour.

« Non, bredouilla celui-ci, gêné. »

Hermione le regarda, interrogatrice, avant de se souvenir la présence d'une troisième personne dans ces lieux.

« Non, non, non non non ! lâcha-t-elle à toute vitesse.
- Mione...
- Hors de question !
- Ecoute, plus vite tu me laisses partir, plus vite je suis revenu et plus vite tu quitteras ce lieu. C'est l'affaire d'une heure ou deux, tout au plus, je te le répète. »

La jeune femme lui lança un regard noir mais admit que c'était vrai. Elle n'aurait qu'à s'enfermer dans une chambre pour ne pas avoir à supporter l'image du blond. En réalité, son inquiétude était toute autre. Elle sentait le Serpentard, proche, et tout son corps réagissait à cette présence. Elle avait peur de se trahir et refusait de montrer ses faiblesses devant lui. Il était hors de question qu'il sache qu'elle était amoureuse de lui, hors de question qu'il prenne la pleine mesure de l'attirance qu'elle ressentait envers lui.

« D'accord. »

Harry l'embrassa sur le front, salua Malefoy d'un petit signe de tête, et fila à toute vitesse, fuyant l'atmosphère alourdie par la tension. Ne restèrent plus que Hermione et Malefoy, silencieux tout les deux.

La Gryffondor s'installa dans un fauteuil et se mit à fixer le vide tandis qu'elle réfléchissait à Jack et à ce qui allait bien pouvoir se passer. Elle ne supportait pas l'inaction et souhaitait de tout son cœur que son chef et son meilleur ami revienne au plus vite pour qu'elle puisse enfin faire quelque chose. Heureusement, sa longue épopée avec ses deux meilleurs amis, lorsqu'ils étaient à la recherche des Horcruxes l'avait habituée à la patience.

Si quelqu'un était entré dans la pièce à cet instant, il aurait vu deux statues de pierre qui fixaient toute la pièce, sauf l'endroit où se trouvait l'autre. Ils voulaient tellement s'ignorer que cela demandait toute leur attention. Et la tension grandissait, presque palpable. Hermione n'avait pu s'empêcher de s'imaginer ce qu'ils auraient fait si tout allait bien entre eux, à cet instant, et son ventre s'était tordu de désir. Malefoy avait eu à peu près la même réaction et chacun adopta la même solution : imaginer l'autre entrain de le tromper pour réduire toute envie de s'en approcher.

Un patronus les tira de leur immobilité. Le cerf s'immobilisa et délivra le message de Harry. Ils en auraient pour un peu plus de temps que prévu car Jack avait complètement disparu, sans laisser de traces.

« Super ! Rester coincée ici est tellement merveilleux, grogna la jeune femme, à voix basse. »

Mais le Serpentard l'avait entendue et il saisit l'occasion au vol pour briser le silence qui s'éternisait entre eux deux. Depuis qu'ils étaient seuls dans ce grand salon, l'un comme l'autre avait cherché un moyen de briser ce silence tendu mais sans trouver de raison valable. Ils mourraient d'envie d'entendre la voix de l'autre, ne supportaient pas d'être ignorés, mais refusaient de montrer leur intérêt.

« Arrête de te plaindre un peu, Granger. »

La remarque était sans importance et, avec n'importe qui d'autre, Hermione serait passée au-dessus. Mais elle tenait enfin une occasion de laisser libre court à son dépit et à sa rage ce qui l'empêcha de laisser la provocation couler.

« Je crois que j'ai toutes les raisons de me plaindre : un sorcier psychopathe veut ma peau et je suis enfermée ici avec le sorcier le moins respectable de toute la planète ! Mais sinon tout va très bien ! »

Sa voix maîtrisait mal toute la colère qu'elle avait en elle. Sa phrase réveilla celle de Malefoy qui délaissa son masque impassible pour un autre, plein de haine et de ressentiment.

« Je t'interdis de parler de moi ainsi, fit-il, menaçant.
- Ah oui ? Et que préférerais-tu que je dise ? demanda-t-elle, provocatrice. »

Cela faisait une éternité qu'ils ne s'étaient pas parlé aussi longtemps, sans chercher à fuir la discussion. Au contraire, le moindre mot était prétexte à la relancer et à crever l'abcès débordant. Ils avaient leur regard plongé dans celui de l'autre et refusaient de détourner les yeux, même si les regards étaient aussi assassins que des poignards, en cet instant.

« Parce que tu ne corresponds à rien du tout qui pourrait être respectable, continua-t-elle, cherchant à le mettre hors de lui. »

Même si cela pouvait s'avérer être un jeu dangereux. Cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait eu aucune réaction de sa part et sa colère était comme une drogue trop longtemps arrêtée. La satisfaction de voir qu'il lui accordait de nouveau son attention, même si c'était à cause de la haine, coulait dans ses veines et lui donnait envie de continuer, toujours plus loin. Malefoy n'était pas en reste. Il avait enfin cessé d'être ignoré par la brune qui le tourmentait tant et ne comptait pas laisser la chose s'arrêter si vite.

« Parce que toi, oui peut-être, railla-t-il.
- Je n'ai jamais été Mangemort, lança-t-elle, attaquant exactement là où ça faisait mal. »

Son tir fit mouche puis que le visage du blond s'assombrit encore plus. Ne maîtrisant plus leurs mots, ni l'un, ni l'autre, ils voulaient simplement enfoncer un couteau aussi loin que possible et faire mal, très mal.

« Je n'ai jamais été un Sang-de-bourbe, répliqua-t-il.
- Je n'ai pas fui pendant la bataille de Poudlard pour sauver ma peau, cracha-t-elle.
- Je n'ai pas passé ma scolarité à lécher le cul des professeurs afin d'être la meilleure partout. »

Et il se lança dans une cruelle imitation de la jeune femme entrain de lever la main. Celle-ci eut un rictus de rage et répliqua.

« Je n'ai pas fui devant une fille qui venait de me foutre une baffe, fit-elle, ironique.
- Je n'ai pas passé ma scolarité à courir après un rouquin qui, au final, n'en a rien à faire de moi.
- Tu ne sais rien de cette histoire avec Ron.
- Ce que j'en sais me suffit, lâcha-t-il, sarcastique.
- Au moins, je ne me cache pas dans les jupons de Papa et Maman. Ah... attends. Non. Papa est mort à Azkaban. Et Maman l'a rejoint. »

La pique était cruelle et Hermione devait le regretter par la suite, comme tout ce qu'elle avait dit lors de cette dispute, mais, pour le moment, elle prit un malin plaisir à voir la haine tordre le visage du blond.

« Ose encore parler de mon père une seule fois... menaça-t-il.
- Et quoi ? Tu ne peux plus appeler ton cher papa à la rescousse, tu es seul pour te défendre. Sans son influence que vas-tu faire, hein ? T'enfuir en pleurant ? Bébé Malefoy incapable de se défendre comme un grand. »

Et elle eut un bref rire sec. Malefoy bouillait littéralement et, s'ils avaient été des moldus, ils en seraient peut-être venus aux mains. Mais non. Le Serpentard avait simplement sa baguette qui le démangeait, l'envie de lancer un sortilège douloureux à la brune le torturant.

« Espèce de petite traînée, tu n'as aucun droit de parler de ma famille ainsi.
- Pardon ? »

Hermione quitta son fauteuil, l'indignation le disputant à la colère. Venait-il de la traiter de traînée ? Venant de sa part, c'était clairement l'hôpital qui se foutait de la charité. Elle, une traînée ? Elle avait toujours été fidèle à ses quelques petits amis et ils se comptaient sur le doigt de la main alors que les conquêtes du blond étaient innombrables.

« C'est moi que tu traites de traînée alors que tu as passé ta vie à coucher à droite à gauche, à tromper toutes les filles avec qui tu étais ? hurla-t-elle. »

Parler de tromperie réveilla la blessure chez Drago qui bondit de son siège à son tour. Ils se tenaient à seulement trois pas l'un de l'autre, debout, la rage et la colère tourbillonnants entre eux.

« Oh ne fait pas ta prude, tu es loin d'être toute blanche.
- Je le suis plus que toi ! Combien de filles as-tu sautées ? A combien de filles as-tu fait des promesses que tu n'as jamais tenues ? Même ta pauvre petite fiancée devrait s'inquiéter. Les liens du mariage ne te retiendront pas bien longtemps.
- Les filles que j'ai eu dans mon lit écartaient les jambes face au premier venu, un peu comme toi. Elles savaient ce qu'elles voulaient.
- Comment oses-tu, lâcha-t-elle, glaciale. »

Et, en disant cela, elle avait tiré sa baguette tandis que Malefoy en faisait de même. Ils s'étaient chacun rapproché d'un grand pas et l'espace était très réduit entre leur deux corps. La tension était presque solide, tel un bloc de plomb qui leur pesait lourd. Ils ne se lâchaient pas des yeux, chacun hésitant entre attaquer le premier et attendre pour se défendre efficacement. Les yeux noisettes de la Gryffondor brillaient de rage et ne donnaient pas envie de se confronter à leur propriétaire. Elle n'avait rien à envier au regard de glace que le blond lui accordait.

« Que se passe-t-il ? »

Malefoy et Hermione tournèrent la tête en même temps pour voir Williamson, la réprimande marquée sur son visage. Harry se tenait derrière lui, visiblement surpris que la tension ait atteint ce point là. Il se demandait également ce qu'il se serait passé s'ils n'étaient pas arrivés à ce moment précis. Malefoy comme Hermione étaient de grands sorciers et un duel entre les deux aurait été violent. Les deux Aurors firent disparaître leur baguette et s'écartèrent l'un de l'autre tandis que leur chef s'avançait.

« Ce n'est pas ce que j'attends de deux Aurors. Encore moins de deux équipiers. »

La brune accepta la semonce et fit de son mieux pour évacuer sa colère. La dispute avec Malefoy avait été étrange. A la fois libératrice, elle avait pu laisser sa rage exploser, et, en même temps, elle gardait une certaine frustration en elle car ils n'avaient pas pu aller plus loin et s'expliquer réellement. Elle doutait qu'une nouvelle occasion lui soit fournie et regretta aussitôt de ne pas avoir clairement exposé ses douloureux griefs.

Considérant que le sujet était clos, Williamson invita ses Aurors à s'asseoir puis prit la parole, l'air grave.

« Nous avons pu localiser Jack, annonça-t-il et Hermione se tendit, concentrée. Nous savons donc qu'il se trouve à Londres et tout laisse à croire qu'il te cherche, Hermione. Il s'est déjà rendu deux fois près de ton appartement. Je pense que ce serait le meilleur endroit pour mettre le piège en place. Mais, Hermione, tu n'es absolument pas obligée de servir d'appât, cela peut-être dangereux, je ne veux pas que tu te sentes acculée.
- Absolument pas. Cet homme doit être emprisonné. Je préfère être au cœur du plan plutôt que d'attendre des jours, voire des semaines qu'il se manifeste. »

Williamson hocha la tête, heureux que la brune fasse preuve du légendaire courage des Gryffondor. Ils mirent en place un plan très simple mais qu'ils voulaient efficace. Hermione se rendrait chez elle avec Harry tandis que le reste de l'immeuble serait rempli d'Aurors. Jack était trop dangereux pour qu'on laisse sa capture à la chance. Malefoy et Williamson resteraient également dans l'appartement de la jeune femme, cachés dans la salle de bain.

Cela décidé, ils transplanèrent, délaissant le manoir. Harry transplana une première fois avec Malefoy et Hermione avec Williamson afin qu'ils pénètrent dans l'appartement de la Gryffondor, puis les deux amis transplanèrent ensuite au Chemin de Traverse, au vu et su de tous.