Ravenclaw-Strega : Oui, bon d'accord, je cède face aux yeux de biche !
GirondeMalfoy : Bah oui, du coup je suis motivée et je vous en poste un dernier pour aujourd'hui =)
Deniz : Nooooon, ne meurt paaaas.
HinaMalfoy : Ravie que ça te plaise =D
Maxine3482 : Attends avant de te réjouir, la conversation débute maintenant, mais il en faut plus pour tout réparer !
Winlie-chan : Pas la torture, noooon.
Milimagine : Merci pour le compliment, j'espère être à la hauteur de tes attentes :P
Aly : Contente que tu aimes =D

XLVIII •

Sans se soucier du fait qu'elle traînait littéralement Malefoy derrière elle étant donné qu'elle avançait à grands pas – qu'elle courrait, presque – Hermione grimpa les marches quatre à quatre et s'engouffra dans sa chambre. Elle aurait voulu s'y enfermer, attendre la fin de ce jeu idiot, seule, mais le ruban la retenait au Serpentard et elle n'y pouvait rien. Seul le sorcier qui avait lancé le sortilège pouvait le rompre.

« Et maintenant, comment tu vas aux toilettes ? »

La voix railleuse du blond la ramena à la réalité. Elle lui jeta un regard noir, sans lui répondre. Il est vrai que son excuse paraissait très étrange, maintenant. Cependant, elle s'en fichait pas mal. Hermione calcula rapidement combien de temps encore elle devrait rester là pour que le jeu soit terminé. Il avait dit qu'ils arrivaient à la fin, donc quoi, une dizaine de minutes ? C'était déjà bien trop de temps en la seule compagnie de Malefoy.

« Je crois que je préférais encore rester là-bas que de me retrouver seul avec toi. »

Le jeune homme cherchait à provoquer une réaction chez la Gryffondor, ne supportant pas d'être ignoré et encore moins par elle. Même s'ils devaient se disputer et se hurler dessus, il préférait cela au silence. Et sa remarque fonctionna bien, faisait s'effondrer toutes les réserves de la brune, qui se contenait pour ne pas laisser libre court à ses émotions le concernant depuis le début de la soirée. Elle était tendue par sa proximité, et le fait d'être attachée à lui, ce qui lui empêchait de s'éloigner de plus d'une longueur de bras, n'arrangeait pas les choses.

« Alors pourquoi m'as-tu suivie ? Tu aurais très bien pu m'empêcher de bouger si tu l'avais voulu. »

Et elle leva son poignet, pour lui montrer qu'elle était attachée et que, s'il ne s'était pas levé, elle serait toujours assise à cette table et lui aussi. Malefoy haussa les épaules, comme si tout cela n'avait pas d'importance.

« Je n'avais pas envie que ma plus grande peur soit révélée à toute une table.
- Je me demande ce que tu fais à ce mariage, cracha-t-elle.
- Parce que tu aurais aimé que la tienne le soit ? demanda-t-il, sarcastique.
- Mes amis sont au courant, éluda-t-elle précipitamment.
- Ah bon ? »

Il s'était rapproché quelque peu, laissant leur bras respectif retomber au lieu d'être tendu.

« Et bien moi, même Pansy et Blaise ne le savent pas.
- Tu sous-entends donc que j'aurais donné la bonne réponse ?
- Ce n'est pas le cas ? Et je n'aurais pas donné la bonne réponse, moi aussi ? »

La brune ne répondit pas, détournant la tête pour ne plus avoir à affronter ce regard inquisiteur. Elle ne savait pas ce que sous-entendait réellement sa question mais connaissait la réponse : oui, il aurait eu juste, tout comme elle. Après tout, ils connaissaient presque tout de l'autre, le meilleur comme le pire. Et leur plus grande peur en faisait partie. La jeune femme déglutit, sentant que le Serpentard était tout proche, trop proche.

« Et je suis ici parce que j'ai été invité, fit à nouveau Malefoy, répondant à sa question première.
- Ce qui m'intrigue également, répondit-elle, ironique, reprenant un air sarcastique.
- Qu'on puisse m'apprécier t'intrigue ? demanda-t-il sur le même ton.
- Tu ne peux pas savoir à quel point, le provoqua-t-elle en plantant à nouveau ses yeux dans les siens.
- Pourtant c'est bien le cas de Harry, Ron, Gin'... »

Malefoy savait comment énerver la brune et tirer la corde sensible. Qu'il appelle sa meilleure amie par son surnom l'enveloppa de colère. Elle avait une nouvelle fois envie de lui lancer tout un tas de sortilèges pour lui faire abandonner sa suffisance mais elle était trop proche de lui pour pouvoir œuvrer correctement. Elle risquerait de se blesser au passage. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Peut-être que si elle le frappait avec ses poings, il ne penserait pas à se défendre ? La brune abandonna bien vite cette idée car Malefoy était bien trop fort et musclé et elle n'avait pas assez de force dans les bras pour lui faire assez mal. Il la maîtriserait rapidement et elle n'en serait que plus ridicule.

« Grand bien leur fasse, s'écria-t-elle, profondément agacée. S'il suffit que quelqu'un me sauve pour qu'il devienne de nouveau leur ami, c'est leur choix.
- Tu admets donc que je t'ai sauvé, observa-t-il, de sa voix toujours moqueuse.
- Je t'ai déjà remercié pour ça, il me semble.
- Mais pas pour le fait d'être resté tous les jours à ton chevet. »

Les mots étaient sortis trop vite. Il n'avait pas eu le temps de décider s'il voulait vraiment dire ça, s'il voulait vraiment dévoiler cette blessure qu'il portait encore et que sa colère avivait, comme de l'alcool sur une plaie béante. Hermione avait ce don de lui faire perdre toute maîtrise et toute retenue. Il parlait sans réfléchir, sans mesurer la portée de ses propos. Mais qu'il l'ait voulu ou non, le mal était fait, il avait abordé le sujet. Elle ne lui avait jamais soufflé mot de cela. Oh, oui, elle l'avait remercié pour lui avoir sauvé la vie, mais n'avait jamais abordé le fait qu'il soit resté à son chevet tous les jours, comme si elle se fichait de l'avoir su à ses côtés. Ce qui était probablement le cas. Il avait été là-bas, tous les jours, y passant ses nuits, car il avait espéré qu'elle se réveillerait et qu'ils pourraient se réconcilier. Il avait espéré comprendre pourquoi elle l'avait trompé et avait été prêt à dialoguer. Puis il l'avait vue en compagnie d'Alec, était parti et elle n'avait jamais cherché à en discuter avec lui.

« Pardon ? »

Ce fut le seul mot que la brune fut capable de prononcer. Dire qu'elle était stupéfaite était une bien piètre description. Ainsi il était resté dans sa chambre d'hôpital pendant dix jours ? Pourquoi ses amis ne lui avaient-ils rien dit ?

Parce qu'ils voulaient que tu parles avec Malefoy, que ce soit lui qui te le dise.

Si elle n'avait pas été accrochée au poignet du blond, elle se serait sûrement laissée tomber au sol.

« Ne fais pas l'innocente, tu sais très bien que...
- Non.
- Non ?
- Non. Je ne savais pas que tu étais resté tous les jours avec moi, à Sainte-Mangouste, répéta-t-elle avec plus de douceur dans sa voix qu'elle n'en avait jamais mis depuis bien longtemps pour parler au Serpentard. »

Savoir qu'il avait fait cela la plongeait dans un abîme de perplexité. Pourquoi ? Pourquoi avait-il des attentions pour elle si c'était pour l'ignorer et mieux la blesser par la suite ? L'incompréhension et la colère se disputaient en elle. Elle avait toujours su qu'il était lunatique, mais là, il atteignait des sommets. Il se plaignait car elle ne l'avait pas remercié pour avoir veillé sur elle quand elle était dans le coma, mais il n'était jamais venue la voir quand elle s'était réveillée.

« Pourtant c'est le cas. J'étais là tous les jours et toutes les nuits durant ton coma. »

La Gryffondor allait lui demander pourquoi, n'arrivant pas à y trouver la moindre logique, quand des souvenirs remontèrent à la surface. Elle se souvenait encore de la sensation qu'elle éprouvait lorsqu'elle avait été dans le coma, et certaines brides des rêves qu'elle avait faits revenaient parfois. Mais il y avait eu également des voix, des plaintes chuchotées à son oreille la suppliant de se réveiller. « Réveille-toi, s'il te plaît... J'ai tant de choses à te dire, nous avons tant de choses à rattraper, tu ne peux pas mourir, tu dois te réveiller... S'il te plaît. » « J'ai tellement de choses à te dire. Je voudrais que tu m'expliques, que je t'explique et qu'on se pardonne...Pour ça il faut que tu ouvres les yeux... Aller, ouvre tes yeux... » Elle avait toujours cru qu'il s'agissait d'Alec ou d'un de ses amis.

« Je... Je me souviens, souffla-t-elle, la voix pleine de larmes. Tu me demandais de revenir, qu'on devait parler... »

Elle s'éloigna à nouveau du blond pour s'asseoir sur le lit contre lequel elle était appuyée. Soutenu par le ruban, son bras resta en l'air mais elle ne s'en préoccupa pas. La même question tournait encore et toujours : pourquoi ? S'il avait vraiment fait tout ce qu'il disait, pourquoi en étaient-ils là, tous les deux, pourquoi l'avait-il trompée ?

De son côté, Malefoy était devenu glacé et ses yeux n'exprimaient plus rien qu'une froideur à toute épreuve. La colère pris le dessus chez la brune. Il n'avait pas le droit de sous-entendre qu'elle s'était montrée dédaigneuse en ne le remerciant pas d'être resté à son chevet alors qu'il n'était jamais venu la voir une fois réveillée.

« Mais pourquoi n'es-tu pas venu me voir quand je suis sortie du coma ? demanda-t-elle, la colère perçant sous ses mots. »

La Gryffondor releva la tête et planta ses yeux noisettes, brillants du feu de la colère, dans ceux du blond. Le moment des explications semblait enfin être venu.

« Je suis venu, fit-il, glacial, augmentant un peu plus la surprise de la brune. Tu étais avec Alec et vous parliez de bébé. »

Les mots n'auraient pas pu décrire toute la déception qui transperçait derrière les paroles du Serpentard. Hermione ouvrit la bouche, cherchant ses mots.

« Bébé... Je... mais... bafouilla-t-elle. Ils ne t'ont rien dit ?
- Qui aurait du me dire quoi ? demanda-t-il, méfiant. »

La jeune femme était sidérée et n'arrivait plus à aligner deux pensées cohérentes. Elle avait toujours pensé que Malefoy était au courant pour le bébé, leur bébé, et qu'il s'en fichait comme de son premier balai. Alors qu'il n'en était rien. Ses amis ne lui avaient rien dit, sûrement pour qu'ils en parlent tous les deux. Sauf qu'il était tombé sur Alec et en avait tiré les conclusions qui s'imposaient. Hermione se devait de lui raconter. Lui avouer qu'elle était enceinte de lui l'horrifiait. Comment allait-il réagir ? S'il n'avait aucune réaction, cela blesserait plus Hermione que lorsqu'elle avait appris la nouvelle, seule dans sa chambre. Pourtant, il le fallait, il avait le droit de savoir. Et elle ne pouvait pas le laisser croire qu'Alec et elle souhaitaient avoir un enfant ensemble.

« À cause des tortures de Nadja j'ai... j'ai... »

Elle se rendit compte qu'elle avait du mal à le dire, à en parler. La perte était plus douloureuse qu'elle ne se l'était avoué. La brune avait porté un petit être humain dans son ventre, pendant trois semaines. Même si celui qui était le père lui avait fait plus de mal que personne, ça aurait pu devenir un bébé, son bébé. Fermant les yeux, ravalant ses larmes, elle lâcha, d'un trait :

« J'ai perdu un bébé. »

Malefoy resta silencieux mais elle n'ouvrit pas les yeux pour voir quelle était sa réaction. Elle n'aurait pu supporter aucune réaction venant de sa part, que ce soit de la tristesse qui n'aurait fait que raviver la sienne ou de l'indifférence qui l'aurait blessée plus sûrement qu'un coup de poignard en plein cœur.

« J'étais enceinte de trois semaines, continua-t-elle. Alec pensait que c'était le sien et il est venu, attiré par la célébrité que j'avais acquise à nouveau avec cette histoire, pour me proposer de reformer un couple et d'en avoir d'autres. Je lui ai dit qu'il pouvait aller se faire voir. »

Sa voix était devenue froide et lointaine, comme si, par ce moyen, elle pouvait se détacher de ce qu'elle disait. Elle avait l'impression de relater les tortures subies chez Jugson, car elle adoptait le même détachement.

« Mais les dates ne correspondaient pas, ce n'était pas lui le père, termina-t-elle.
- Les dates ne correspondaient pas ? »

La voix glaciale du blond la fit sursauter et elle se mordit aussitôt les lèvres. Quelle idiote ! Il n'était pas au courant qu'elle avait couché avec Alec. Rouvrant les yeux, elle constata que si. Il savait qu'il y avait quelque chose car il ne semblait pas surpris, simplement furieux.

« Oui ! répondit-elle, énervée de devoir avouer qu'elle avait été enceinte de lui et qu'elle avait fauté avec Alec. Trois semaines avant que je ne sois entre les mains de Nadja, je n'avais que toi... euh, je n'avais été qu'avec toi... enfin, voilà ! »

Malefoy eut un soudain élan de tendresse face aux joues rougissantes de la brune. Elle garderait toujours cette petite part de pruderie en elle. Puis la réalité se rappela à lui et la tendresse disparut pour laisser place à toute la signification de ce que venait de lui avouer la brune.

« Un... on... un bébé ? bredouilla-t-il, abandonnant son impassibilité quelques secondes, avant de redevenir dur et méchant. Tu es sûre qu'il est de moi ? Quand on couche avec plusieurs hommes, il est difficile de savoir. »

La brune fut soufflée qu'il ait le culot de lui reprocher cela.

« OH, ARRÊTE ! cria-t-elle, ne remarquant pas qu'il sursauta imperceptiblement devant son accès de colère. Je ne t'ai jamais trompé. Je ne suis pas comme toi, ah. Quand je suis dans une relation, je ne le suis pas dans plusieurs. »

L'accusation était évidente mais elle glissa sur la fureur de Drago qui n'avait retenu qu'une chose « je ne t'ai pas trompé ». Alors qu'il en avait eu la preuve.

« Ah oui ? Et lorsque tu as fait entrer Alec chez toi, le soir où nous devions aller au restaurant, c'était pour jouer aux bavboules, peut-être ?
- Tu... tu étais là ? »

Ses joues se teintèrent à nouveau de rose. Pourquoi se trouvait-il dans son immeuble à ce moment là ? Elle n'en savait rien. Mais il avait vu qu'elle était entrée avec Alec, avait sûrement surpris le baiser. Et ne s'était pas trompé : ils n'avaient pas joué aux bavboules. La honte la saisit avant d'être remplacée par la colère. De quel droit se permettait-il de la juger ? Après ce que lui avait fait. Il était hors de question qu'elle ne se défende pas.

« J'ai honte d'avoir cédé. Mais c'était la seule fois.
- Tu m'as quand même trompé. »

Hermione comprit à quel point ce fait faisait souffrir Malefoy. Elle ne comprit cependant pas pourquoi il prenait cela comme une trahison. Ou alors, c'était simplement l'orgueil d'un homme qui prenait les femmes pour des jouets et n'aimaient pas quand elles en faisaient de même. Il aurait souhaité qu'elle reste gentiment à l'attendre plutôt que de chercher à se consoler dans les bras d'un autre.

« Je ne pensais pas que nous étions encore en couple, répliqua-t-elle, amère.
- Pourquoi ? »

Ils se fixaient, refusant de détourner le regard. Les yeux noisettes de la brune brillaient d'incompréhension. Il le faisait exprès ou sa question était-elle sincère ? Ceux de Malefoy, eux, étaient pleins d'attente.

« Mais parce que tu étais fiancé à Colombe. »

Ce fut au tour de Drago d'être complètement choqué et honteux.

« Comment le sais-tu ? Pansy, cracha-t-il, énervé contre sa meilleure amie.
- Non, ce n'est pas Pansy, répliqua la brune, glaciale.
- Mais alors, comment ?
- OH, ARRÊTE ! »

En criant, elle se releva pour se retrouver à la même hauteur que Malefoy. Elle le toisa, énervée qu'il se joue d'elle ainsi.

« Si tu veux garder un secret, évite de laisser un article en parler être publié dans un journal très connu. Ah ça, tu espérais pouvoir garder secret le fait que tu étais fiancé et continuer à me mettre dans ton lit à ta guise ? Remarque, tu m'aurais sûrement laissée tomber un jour ou l'autre avec une fille à tes pieds, prête à coucher dès que tu claquerais des doigts ! Qu'est-ce que j'ai pu être conne ! »

La haine la faisait parler sans qu'elle ne réfléchisse aux mots qu'elle prononçait. Plus elle parlait, et plus Malefoy se figeait.

« C'est la deuxième fois que tu me dis que je ne voulais que te mettre dans mon lit. Tu le penses donc vraiment ?
- Et comme pourrait-il en être autrement ? s'écria-t-elle. J'apprends que tu es fiancé alors que nous sommes censés être en couple, quelles conclusions dois-je en tirer ?
- Je n'étais plus fiancé quand je suis devenu ton équipier, lâcha-t-il d'une voix froide.
- Oh, c'est bien ça, vraiment très bien, répliqua-t-elle sarcastique. Mais visiblement, tu l'es redevenu.
- C'est quoi cette histoire de journal ?
- MAIS ARRÊTE DE FAIRE COMME SI TU N'EN SAVAIS RIEN ! »

Son cri laissa un Malefoy stupéfait. Il n'avait jamais vu Hermione aussi énervée et au bord de la crise de nerfs. Ses yeux étaient pleins de larmes qu'elle refusait de laisser couler. Il la vit alors telle qu'il avait refusé de la voir ces dernières semaines : blessée. Elle souffrait et sa douleur était visible. Comment n'avait-il pu rien remarquer. Alors, au lieu de répondre à la colère par la colère, il tenta de conserver son calme pour comprendre pourquoi elle souffrait autant.

« Pourtant c'est le cas, je n'en sais rien. »

La brune le jaugea, impérieuse et méfiante. Elle ne voyait pas de raison de ne pas lui raconter comment elle l'avait découvert.

« Ce jour où on devait aller au restaurant. Le matin, j'ai reçu la Gazette et Sorcière Hebdo. Dans ce dernier, il y avait un très bel article de plusieurs pages présentant l'interview de Colombe de Boisredon, la fiancée de Drago Malefoy. Alors arrête de faire l'innocent. Tu n'avais aucun mal à avouer à tes conquêtes que tu les trompais, à Poudlard, alors pourquoi faire cela avec moi ? Donc je me répète : quand j'ai couché avec Alec, je ne pensais plus que nous formions un couple. Je ne pensais plus que nous en avions jamais formé un. Je regrette d'avoir fait ça, parce que je n'en avais aucune envie. Mais je ne te trompais pas. »

Elle eut un petit rire amer et fixa Malefoy qui semblait perdu, loin, très loin.

Il n'avait entendu que la première partie du discours de la brune, ne comprenant pas les phrases suivantes tant son esprit était occupé par une unique pensée. Il n'avait pas connaissance de cet article. La colère fut comme une vague, immense, dévastatrice. Elle ne laissa en lui qu'une seule idée. Colombe avait brisé sa relation, avait brisé tout ce qu'il y avait entre lui et Hermione. Revenant à lui, il planta ses yeux gris dans le regard noisette de la brune, toujours en colère, qui attendait une réponse.

« Je n'en savais rien, répéta-t-il.
- Bien sûr.
- Hermione, insista-t-il froid. »

La brune sursauta en l'entendant l'appeler par son prénom. Il était tendu, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mais sa colère et sa tension n'étaient plus dirigées vers la jeune femme. Au contraire, dès qu'il lui parlait, ces deux émotions s'atténuaient légèrement. Dès qu'il se taisait, elles redevenaient l'objet de ses pensées.

« Je n'en savais rien. Je ne lis pas ce torchon, je n'ai jamais su qu'il y avait eu un interview de Colombe. »

La jeune femme consentit à admettre qu'il disait la vérité. Elle le sentait. Mais cela ne changeait rien au fait qu'il était fiancé lors de leur relation. Elle ne pipa donc mot, attendant qu'il continue.

« J'étais fiancé à Colombe quand j'étais en France. Je n'avais jamais voulu cela. Donc j'ai rompu mes fiançailles et je suis revenu en Angleterre. Je n'étais pas fiancé, avec personne, quand nous étions ensembles.
- Mais...
- Le soir où nous devions aller au restaurant, continua-t-il, sans se préoccuper de sa petite intervention, je suis arrivé plus tôt. Je t'ai vu parler avec Alec. J'allais m'approcher pour savoir ce qu'il se passait quand il t'a attrapée par l'épaule et vous vous êtes dirigés vers ton appartement. J'ai cru que c'était toi qui te moquais de moi, que tu n'avais jamais cessé de le voir. Que tu souhaitais... et bien, me donner une leçon, peut-être. Je suis retourné au Manoir. Colombe m'attendait pour me demander de reconsidérer nos fiançailles. Aveuglé par la colère, avec ce qu'il venait de se passer, j'ai accepté. Je ne savais pas qu'elle avait fait publier un article auparavant, ni que c'était cela qui t'avait conduite dans les bras de cet abruti. »

Même s'il parla en fixant la jeune femme, ses yeux étaient bien, bien lointains. Hermione, elle, avait l'impression de recevoir des centaines de coups. Elle avait le souffle coupé et n'arrivait plus à réfléchir correctement. Ses pensées étaient désunies et cherchaient à trouver une logique dans tout cela. Les pièces du puzzle s'ordonnèrent et la logique apparu, claire et nette. Ce n'était qu'une immense suite de quiproquos. Colombe avait donné cet interview alors que Malefoy n'était pas fiancé avec elle, qu'il avait rompu les fiançailles. Elle espérait sûrement qu'il n'oserait pas aller contre cela en sachant qu'un journal en avait parlé. Hermione l'avait lu et la présence d'Alec avait été comme un substitut. Sauf que Malefoy les avait surpris et avait donc accepté de se fiancer à nouveau avec Colombe.

Incapable de dire le moindre mot, Hermione se laissa de nouveau tomber sur le lit. Elle n'arrivait pas à savoir ce qu'elle ressentait. Sûrement pas de la joie, ça non. Elle aurait pu, pourtant. Car cela voulait dire que Malefoy ne l'avait jamais trompée. Mais non. Elle était complètement effarée et détruite. Tout ce qu'elle avait enduré n'avait été que les conséquences d'un immense quiproquo. Elle avait perdu une relation magique pour un malentendu, elle avait perdu l'homme dont elle était amoureuse pour ça. Certaines blessures sont irréparables, et elle n'était pas certaine que ses cicatrices pourraient se refermer. Leur relation, leur confiance, leur complicité, tout avait été piétiné, brûlé, détruit par une équivoque et par la fierté des deux concernés. S'ils étaient allés voir l'autre directement pour le confronter, ils auraient su beaucoup plus tôt que l'autre n'avait pas voulu rompre leur relation. La culpabilité monta alors et mortifia la Gryffondor. Si elle n'avait pas accepté les avances d'Alec, Malefoy l'aurait retrouvée, elle lui aurait hurlé sa haine, il se serait expliqué et ils n'en seraient pas là aujourd'hui. Tout était de sa faute.

La brune avait juste envie de se rouler en boule et de pleurer. Tout ça pour ça. Elle enfouit son visage entre ses paumes. Quelques secondes plus tard, elle nota que le poignet de Malefoy n'avait pas suivi. Le jeu devait être terminé car le ruban était tombé au sol piètre allégorie de leur relation actuelle.

« Le jeu est terminé, nota-t-elle, à voix basse. »

Elle lui indiquait ici qu'il n'était plus obligé de rester près d'elle. La Gryffondor ne savait pas si elle voulait qu'il reste ici ou qu'il parte mais penchait plus pour cette dernière option. Elle avait besoin de laisser libre court à ses émotions et sans qu'il ne soit là. Que pouvaient-il se dire de plus ? Tout ce qu'ils avaient détruit, pourraient-ils le récupérer, le reconstruire ? Elle n'en savait rien. Même si elle avait voulu s'allonger, dans les bras du blond, elle savait que ce n'était pas le bon moment. Ils ne pouvaient pas faire comme si de rien n'était. Il y avait un début d'explication mais trop de questions subsistaient et ils ne se retrouveraient pas aussi vite.

Malefoy, les yeux baissés, fixait la jeune femme assise sur le lit. Elle avait l'air dévasté. Si lui ne le montrait pas, il était dans le même état. Mais au lieu de se laisser abattre, il préférait puiser dans la colère qui l'habitait. Colombe l'avait privé de la femme dont il était amoureux, la seule qu'il n'ait jamais aimée. S'il y avait une coupable, s'était elle. Il comptait bien lui faire comprendre qu'il n'aimait pas être le pantin de quelqu'un. Il savait qu'il devait quitter cette chambre, que rien d'autre ne pourrait ressortir de leur conversation en si peu de temps. Mais il ne pouvait se résigner à laisser Hermione comme ça, sans rien faire ni rien dire. Ce serait un peu comme s'il la perdait une deuxième fois. Il se pencha, déposa un léger baiser sur son front, puis tourna les talons et quitta la chambre, le château, la réception. Il devait se calmer avant d'y revenir.

Hermione sentit les douces lèvres de Malefoy toucher son front puis le jeune homme s'éloigner. Elle se laissa alors glisser sur le lit et éclata en sanglot. Là où ses lèvres s'étaient posées, son front la brûlait, en redemandant encore. Elle était fatiguée. Depuis des semaines, elle ressentait beaucoup trop de choses, négatives comme positives, et là, c'était le coup de grâce. Tout ce qu'elle avait traversé n'était que le résultat d'un quiproquo. Elle était épuisée. Et ce n'était pas fini. Ils ne pourraient pas laisse leur relation en suspens, comme ça. Et cela l'apeurait. Que voudrait faire Drago ? Pourrait-il reprendre leur relation ? Et elle, le pourrait-elle ? Serait-elle capable de croire qu'il n'avait jamais voulu la tromper ? Cette dernière question avait une réponse déjà toute trouvée. Oui. C'était d'ailleurs le seul réconfort qu'elle avait actuellement. Il n'avait jamais voulu la tromper.

Quand elle se sentit calmée, elle se leva pour retourner dans la salle. Elle n'oubliait pas où elle était et refusait de gâcher, ne serait-ce qu'un peu, le mariage de ses meilleurs amis. Elle allait franchir le pas de la porte quand elle hésita et se retourna. Hermione revint sur ses pas, ramassa le ruban qu'elle accrocha à sa cheville, caché aux yeux de tous, puis se rendit dans la salle du repas où le plat principal était entrain d'être apporté.