Nedwige Stew : Merci pour ton commentaire ! C'est vrai que c'est agaçant quand tout se passe trop vite !
magiehp : Merci beaucoup pour le compliment, ça me touche ! Voici la suite =D
Deniz : Héééé *-*
Shana : Ahah, contente que ça plaise =D Et tu es mesquine, j'ai même pas pensé à faire tout ça =O Dans une prochaine fanfic peut-être que je serais aussi méchante que ça, mouahahaha.
Winlie-chan : La suite réconfortera encore ton petit coeur maltraité, promis juré !
Milimagine : Ouf, j'aurais pas aimé te décevoir avec ce moment ultra important de la fic !
Yui19993 : Arf, elle va essayer :P

XLIX •

Quand Hermione pénétra dans la grande salle, elle remarqua immédiatement que Harry et Ginny avaient quitté leur table pour faire un tour auprès de leurs invités. Bien, elle n'aurait pas à subir de questions dans l'immédiat. Les invités s'étaient levés, retrouvant leur famille, des parents éloignés qu'ils n'avaient pas vu depuis longtemps, des amis. Ils discutaient de tout et de rien, se remémoraient de vieux souvenirs d'enfance, échangeaient leurs opinions sur le mariage en cours... Bref, l'ambiance était à la bonne humeur générale. La Gryffondor décida de se laisser porter par cette vague de bonheur et de joie et amorça son retour à la table quand Molly l'interpella.

« Hermione, ma chérie, viens ici ! »

La brune s'approcha et salua la tablée d'un petit geste. Arthur lui rendit son salut avec un grand sourire rayonnant. Il n'y avait pas plus heureux que lui en cet instant : il voyait sa fille se marier avec un homme qu'il aimait énormément, et n'avait pas tout le stress qui pesait sur les épaules de sa femme, inquiète à l'idée que le moindre détail vienne gâcher le bon déroulement de la cérémonie.

« La salle est magnifique !
- Merci, Molly
- Tout va bien ? Je t'ai vu quitter la salle, il y a un soucis avec la réception ?
- Oh, non, rien du tout. Un elfe de maison avait simplement besoin d'un conseil sur le dressage des assiettes, mentit la brune en improvisant.
- Alors ça va, je suis rassurée. »

Molly lui adressa un grand sourire et la jeune femme s'éclipsa, les laissant reprendre leur conversation. Comme elle passait devant la table de l'équipe de Quidditch de Ginny, elle s'arrêta pour saluer Fay, Maria et Mathilde. Les jeunes femmes discutèrent un peu de l'enterrement, Hermione s'enquérant de leur état pour savoir si elles s'étaient bien remises de leur mal de crâne. Les quatre autres femmes se présentèrent : elles n'avaient pas pu venir à l'enterrement de Ginny, retenues par diverses obligations, mais étaient ravies d'assister à ce magnifique mariage. La brune discuta un moment avec les sorcières puis, quand les propos dévièrent vers le Quidditch, elle quitta poliment les joueuses.

Un regard à la table des mariés lui confirma son envie de ne pas y retourner tout de suite. Pansy ne la lâchait pas des yeux et attendait visiblement un compte rendu détaillé de ce qu'il s'était passé durant les dix minutes où Hermione et Drago n'avaient pas été dans la salle du repas. La brune se détourna et décida d'aller voir Luna, attablée avec Neville, Dean, Seamus et d'autres élèves de Poudlard. Ils formaient à eux seuls une grande assemblée. La Gryffondor avisa une chaise disponible et s'y installa avec un petit soupir, tout en saluant ses anciens camarades.

« Ginny est très belle, commenta Luna. Mais Harry a l'air très maigre.
- Tu devrais dire ça à Molly, elle sera sûrement d'accord avec toi, rigola Hermione. »

Elle remarqua que Lavande ne quittait pas Ron des yeux et se retint de lever les siens au ciel. Des années après, la jeune femme ne parvenait toujours pas à se défaire de sa jalousie à l'égard des petites-amies du rouquin. Amusée, Hermione s'imagine Lavande se battre avec Pansy. Un combat de furie. En écho à ses pensées, la voix de Lavande s'éleva.

« Ron avec une Serpentard, renifla-t-elle, dédaigneuse. Qui l'aurait cru.
- J'ai besoin d'un verre, éluda Hermione »

L'association Gryffondor-Serpentard la mettait mal à l'aise depuis sa récente discussion avec Drago. Et elle n'avait pas du tout envie de s'engager dans un débat avec Lavande. Contrairement à elle, elle soutenait complètement son meilleur ami, adorait Pansy, et ne souhaitait pas se disputer avec personne ce soir.

« Toi ! s'exclama Parvati, presque choquée de la déclaration de la Gryffondor.
- Pas de questions, passez moi la bouteille, répliqua Hermione. »

Les yeux écarquillés, quelqu'un lui passa la bouteille et elle se servit aussitôt une généreuse rasade de l'hydromel qui avait été apporté pendant son absence. Le goût était très appréciable : fruité et sucré. La jeune femme vida plusieurs tout en papotant avec ses camarades. Lavande ne démordait pas de sa jalousie à l'encontre de Pansy mais, pour les autres, l'humeur joyeuse était au rendez-vous. Ils se remémorèrent de nombreux souvenirs de Poudlard, rirent beaucoup et ressentir tous une grande vague de nostalgie.

Quand Hermione vit que Harry et Ginny retournaient à leur table, elle comprit que le plat principal allait être servi et se dépêcha de reprendre sa place. Et, en effet, les plats ne tardèrent pas apparaître, garnissant chacune des tables de la salle. Elle essaya de faire comme si la situation n'avait rien d'anormal mais la chaise vide à côté d'elle ne l'aidait pas beaucoup. Où était passé Malefoy ? L'inquiétude pointa à cette question, car elle n'en avait aucune idée. Elle espérait juste qu'il n'était pas parti définitivement du mariage. Les regards inquisiteurs de ses amis pesaient sur elle. Cependant, elle n'avait aucune envie d'étaler la discussion qu'elle avait eue avec Malefoy. Pas devant Bran, que cela ne concernait pas, ni devant George et Angelina. Si elle devait en parler, elle ne le ferait que devant ceux qui étaient au courant depuis le début. Alors elle continua de faire comme si de rien n'était, l'absence du Serpentard pesant lourdement à sa gauche.

Malefoy réapparut au milieu du repas. Le soulagement submergea Hermione en même temps qu'un certain contentement à savoir qu'il était revenu. Elle s'efforça de continuer à faire comme si sa présence ne la perturbait pas, mais peine perdue. Il l'avait embrassée sur le front, premier contact doux qu'ils avaient depuis une éternité, et tout son corps en redemandait. Leur bras se frôlaient, créant des frissons de désir chez l'un comme chez l'autre, et elle avait constamment envie de croiser son regard. Malgré cela, un abîme de non-dits les séparait toujours, impossible à franchir d'un seul pas.

Le plat principal terminé, de nouveaux jeu eurent lieu, surtout centrés autour des mariés, et Hermione put rester simple spectatrice, pour son plus grand soulagement. Tandis que tous les regards étaient centrés sur les mariés et ceux qui participaient aux différentes animations, la conscience qu'elle avait du Serpentard ne cessait de grandir. Confortablement enfoncée dans son siège, un de ses bras pendant le long de la chaise, ses doigts rencontrèrent ceux de Malefoy. Ils se frôlèrent seulement, tout d'abord, avant d'enlacer légèrement leurs doigts, à l'abri de tous les regards. Ce contact apaisa momentanément le feu qui s'était créé chez la brune, ainsi que ses inquiétudes. Ils devraient parler à nouveau, après le mariage, c'était une certitude. Elle ne pouvait pas se comporter avec lui comme elle l'aurait voulu car il était fiancé. Mais qu'importe. Ils avaient déjà fait un grand pas, peut-être que le reste ne serait rien d'autre qu'une formalité. Peut-être.

Ils eurent le temps de digérer le festin avant que la pièce montée n'arrive, superbe clou du repas. Elle était construite sur sept étages, aux couleurs choisies par Ginny. Des petits oiseaux voletaient autour et des rubans s'enroulaient continuellement autour des différents étages. On coupa des parts et tout le monde fut servi. Dans ce laps de temps, il y eut de nouveaux discours : Ron, Molly, la famille Weasley en général, des amis... Puis le groupe chargé de la musique s'installa et la première danse commença.

« J'appelle les mariés ! annonça l'animateur. »

Ginny et Harry se levèrent, tous sourires, main dans la main. La musique, douce, s'éleva, emplissant la salle, et ils se mirent à danser, bientôt seuls au monde dans leur petite bulle de bonheur. Hermione les observa évoluer sur la piste de danse, un sourire attendri aux lèvres. Ils allaient merveilleusement bien ensemble et la bulle de tendresse qu'elle ressentait à l'heure actuelle en voyant ses deux meilleurs amis menaçait d'exploser et de la submerger toute entière. Elle avait presque envie de pleurer tant elle était émue. Comme elle se doutait que l'alcool y était pour quelque chose, elle refoula ses larmes de joie.

De toute façon, lorsque la voix de l'animateur s'éleva à nouveau, elle n'avait plus du tout envie de pleurer de joie, mais plutôt de s'enfuir en courant, car il appela les témoins. Danser ? La jeune femme ne détestait pas particulièrement cela, au contraire, mais elle préférait quand elle avait un cavalier attitré avec lequel elle avait réellement envie de se trouver là.

Ron tendit sa main à Pansy et Hermione se leva, hésitante. Elle avait préalablement demandé à Blaise de l'accompagner pour cette première danse, car elle n'avait aucun cavalier. Mais maintenant, les yeux posés sur Malefoy, elle hésitait. Rien ne disait qu'ils pourraient se retrouver, que tout ce qu'ils avaient vécu n'était pas perdu, mort et enterré. Mais, si ce n'était pas le cas, Hermione ne voulait pas continuer à le fuir et à créer des obstacles à leur réconciliation. Ils avaient assez de choses à se reprocher, ce n'était pas la peine d'en rajouter de nouvelles. Et l'ignorer n'améliorerait rien. Avec un regard à Blaise pour lui signifier qu'il pouvait rester assis, elle accrocha enfin le regard gris du blond qui se leva après une petite seconde d'hésitation, comme pour s'assurer que c'était bien ce qu'elle voulait.

Les deux couples rejoignirent les mariés sur la piste de danse et évoluèrent à leur tour, lentement. Si Pansy et Ron, Ginny et Harry se noyaient dans les yeux de l'autre, la gêne séparait Drago et Hermione. Elle évitait de croiser son regard et rougissait dès qu'elle tentait de le soutenir. L'animateur appela tout le monde à venir danser et la Gryffondor se détendit, ayant moins l'impression d'être observée par l'assemblée.

Le slow les forçait à être collés l'un à l'autre, sensation loin d'être désagréable. Elle aurait aimé profiter pleinement de cette danse avec lui, mais sa conscience lui disait qu'elle dansait avec un homme fiancé, et ce bon souvenir l'empêchait d'être pleinement heureuse de la proximité de leur deux corps.

« Pourquoi ? chuchota Drago. »

La jeune femme plongea ses yeux noisettes dans les siens et secoua légèrement la tête pour signifier qu'elle n'en savait rien.

« Tu n'étais pas forcé, fit-elle sur le même ton.
- Je n'ai pas accepté parce que j'étais forcé. »

La brune baissa la tête, faisant mine de la poser sur son épaule, pour qu'il ne voit pas ses yeux s'emplir de larmes. Elle aurait aimé pouvoir danser avec lui en temps que petite amie et non pas dans cette situation trouble. Quoiqu'elle ait tenté toutes ces semaines pour l'oublier, elle l'aimait toujours, comme elle n'avait jamais aimé personne. Pas même Ron. Se retrouver dans un entre-deux, avec l'incertitude qui la rongeait, lui donnait envie de pleurer. Il faisait preuve d'une grande douceur avec elle, bien loin des regards aussi durs que des poignards qu'il avait l'habitude de lui accorder depuis leur « rupture ». C'était agréable mais douloureux également car cela lui rappelait constamment ce qu'elle avait perdu, peut-être pour toujours.

La chanson se termina et Hermione fit mine de reculer d'un pas. Les notes de la suivante s'élevèrent, dans un genre similaire. La plupart des couples ne cessèrent pas de danser et Drago retint la brune. Ses yeux gris exprimaient une supplique silencieuse. Incapable de résister, la Gryffondor entama cette seconde danse. Leur corps encore plus proches, elle sentait son souffle contre sa joue, contre son cou. Drago avait sa main posée sur le dos de la brune, nu, ce qui enflammait le désir du Serpentard, même s'il n'en montrait rien. Elle savoura cette danse, réprimant de toutes ses forces le désir qui montait. Si elle n'avait pas été aussi scrupuleuse, elle aurait sûrement embrassé Malefoy. Mais elle n'oubliait pas son statut et n'oubliait pas qu'ils avaient encore trop de choses à se dire.

Avec un petit sourire, à la fois triste de devoir le quitter et content car elle avait pu danser avec lui, elle s'éloigna de la piste lorsque la seconde chanson fut terminée et préféra la tranquillité des jardins à l'ambiance surchauffé de la salle principale. Elle s'installa sur la même fontaine où Pansy lui avait avoué être enceinte, enlevant ses talons et remontant sa robe pour plonger les pieds dans l'eau. Son regard se perdit dans la contemplation des gouttelettes qui tombaient du jet d'eau. Il faisait frais, la nuit étant bien avancée.

Hermione se sentait lasse, épuisée par le trop plein d'émotions. La joie immense de voir ses amis se marier, la festivité du mariage, la colère et la tristesse – mais aussi l'espoir et la peur – dues à sa conversation avec Malefoy, l'ivresse procurée par l'alcool...

« Déjà fatiguée, Mione ? »

Harry avait fait comme elle : ses chaussures enlevées, son pantalon remonté, il s'installa à sa gauche, les pieds dans l'eau, tandis que Ginny s'installait à droite. Elle entendit d'autre pas et Ron, Pansy et Blaise ne tardèrent pas à s'asseoir à leur tour. Ils formaient un étrange cercle, tous en tenue de mariage, les pieds dans l'eau d'une fontaine, comme s'ils s'étaient tous échappés d'une soirée.

« Non, je m'éloignais juste un peu du bruit. »

Ses amis laissèrent son excuse se dissoudre dans les airs.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Drago ? demanda Ginny. »

Hermione eut un profond soupir, pas parce qu'on lui posait encore des questions mais parce qu'elle repensait à leur conversation.

« Vous vous rendez compte que c'est votre mariage et que vous ne pouvez pas disparaître comme ça ? s'amusa la brune.
- Comme tu dis, c'est notre mariage. Si on veut venir consoler la demoiselle d'honneur, on vient ! grommela Harry qui savait néanmoins qu'il allait subir mille et une questions de la part de Molly sur leur absence.
- Alors ? insista Pansy.
- On a parlé.
- Il était temps, ironisa Blaise.
- En effet, admit la brune avec un sanglot dans la voix. »

Ses amis se regardèrent, inquiets. Qu'est-ce qu'ils avaient bien pu se dire et s'avouer ? La jeune femme se maîtrisa pour leur raconter. Après tout, pourquoi pleurer ? Hormis le fait qu'ils venaient de gâcher des semaines à se haïr sans aucune raison, tout semblait aller pour le mieux. Cette pensée ironique l'aida à écarter la tristesse pour se concentrer sur son récit.

« C'était un immense quiproquo, commença Hermione. Drago n'était pas au courant que Colombe avait fait publier un article annonçant leurs fiançailles, il ne l'avait pas même revue depuis son départ de France. Donc, quand il m'a vue avec Alec, il pensait que nous étions toujours dans notre relation, il n'avait pas conscience de ce que j'avais lu, de ce qui m'avait poussé à accepter les avances d'Alec. Quand il est rentré, Colombe l'attendait pour lui demander de reconsidérer leurs fiançailles, ce qu'il a accepté, vu qu'il pensait que je le trompais avec Alec. »

Elle avait dit cela d'une traite, pour s'en débarrasser le plus vite possible. Elle résumait, sachant bien que ses amis connaissaient la situation sur le bout des doigts et que ces éléments s'emboîteraient parfaitement parmi les faits qu'ils connaissaient déjà.

« Quand je suis sortie du coma, il est venu me voir – je crois que le bouquet de roses était de lui, d'ailleurs – mais Alec était déjà là. Il nous a entendu parler du bébé et est parti avant la fin de la conversation, pendant qu'on était réellement ensemble.

Un silence ensuivit cette déclaration, rompu par Pansy.

« Quelle paire d'idiots vous faites... Au moins, il a écouté mon conseil à propos des roses, bougonna-t-elle.
- Vous avez tout gâché avec votre fierté... »

Hermione hocha la tête. Elle savait tout ça mais n'en voulait pas à ses amis de le dire tout haut.

« Au final, c'est plutôt une bonne chose, fit Harry, hésitant. Non ? Vous venez de vous rendre compte que vous n'avez jamais voulu ça, tous les deux...
- Peut-être mais... On s'est tellement fait de mal mutuellement... Je ne sais pas si on pourra réparer ça... »

Un nouveau sanglot l'interrompit.

« Tout est réparable. Vous n'avez rien brisé définitivement, j'en suis persuadée, affirma Pansy. Tu es amoureuse de lui, et lui aussi. Contre ça, rien ne résiste. »

La brune lui adressa un regard plein de gratitude. Elle espérait qu'elle disait la vérité. En écho à ses pensées, Ginny lâcha :

« Le temps nous le ne dira. Mais je pense comme Pansy. Quand on est vraiment amoureux, on se retrouve toujours. Quelque soit les épreuves subies. »

La gratitude qu'elle ressentait en cet instant envers ses amis menaçait de déborder. La brune aurait voulu les enlacer tous, en même temps, mais le fait qu'ils soient tous assis en cercle au bord d'une fontaine l'en empêchait. Quand elle vit Ginny prendre la main de Harry, elle sut qu'elle avait raison. L'amour triomphait de nombreuses choses, Drago et elle pouvaient tout à fait se retrouver. Hermione allait proposer qu'ils retournent avec les autres invités quand Ron poussa une exclamation de dégoût.

« Pouaaaah mais c'est du jus de citrouille ça, Pansy. »

Il tenait le verre de sa petite amie à la main, pensant sûrement qu'il s'agissait d'alcool. Il était déjà saoul, arrivé au stade où s'en était comique. Durant toute la conversation de ses amis, il avait contemplé l'eau d'un air impavide, comme s'il se posait une question profonde sur l'eau qui remplissait le bassin. Il n'était sorti de sa torpeur qu'au moment d'attraper le verre de la Serpentard.

« Ça t'évitera d'être encore plus ivre, répliqua celle-ci.
- Comment ça se fait que tu ne boives pas d'alcool ? demanda Ronald, intrigué car la blonde n'était jamais la dernière quand il s'agissait de boire.
- J'ai pas envie !
- Pansy, tu me caches quelque chose ! »

Malgré l'alcool, le Weasley avait encore les idées assez claires pour s'en apercevoir. S'ensuivit une suite de « non », « si » jusqu'à ce la blonde prenne son courage à demain et entraîne son petit ami dans le château, en privé.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? »

Harry et Ginny étaient intrigués.

« Venez, à mon avis ça va être très drôle. »

Les quatre amis rentrèrent donc. Ils retrouvèrent Drago accoudée contre la chambranle d'une des portes vitrées.

« Je viens de voir Ron et Pansy partir. Ils ne savent pas se tenir, vraiment.
- Non, pas cette fois-ci. Pansy va lui avouer un gros secret, expliqua Blaise avec un grand sourire.
- Lequel ?
- Vous allez voir, répondit Hermione qui retenait son hilarité. Je pense que Ron ne restera pas discret là-dessus. »

Ils n'eurent pas longtemps à attendre, effectivement. Une tornade rousse déboula dans la salle, bousculant les danseurs. Il fit plusieurs fois le tour de la salle, en poussa de grands hurlements, les bras ouverts, faisant un câlin à tous ceux qu'ils croisaient. Il avait du se lancer un sonorus car on pouvait clairement entendre la phrase qu'il criait, encore et encore.

« JE VAIS ÊTRE PAPA, JE VAIS ÊTRE PAPA. »

Ginny, Harry et Drago regardèrent Blaise et Hermione, ahuris.

« Pansy est enceinte ? s'étrangla Ginny.
- D'un Weasley ? surenchérit Drago.
- Je crois que Molly va faire un malaise, annonça Harry, pointant la femme du doigt. »

Pansy était réapparue, rouge comme une pivoine, au moment où Ron était arrivé à la table de ses parents. Molly avait tout d'abord pensé à une blague mais, en voyant l'air béat de son fils, elle manqua de s'évanouir d'émotion. Elle était déjà grand-mère : Bill avait deux filles, Percy une et sa femme était de nouveau enceinte. Mais que Ron devienne papa... elle n'y était pas préparé du tout. Il fallut lui faire boire de l'eau, lui faire prendre l'air avant qu'elle ne se remette complètement. Pendant ce temps, Ron vint retrouver Harry et les autres.

« Félicitation, vieux !
- Merci, Harry. Désolé pour l'agitation, s'excusa-t-il en prenant soudain conscience qu'il avait hurlé pendant cinq bonnes minutes.
- Alors tu vas être papa ! répondit le concerné pour montrer qu'il s'en fichait pas mal et que l'agitation l'avait bien fait rire.
- Oui ! affirma Ron, béat de bonheur. »

Pansy ne tarda pas à les rejoindre, visiblement agacée.

« Ronald, je te hais. A cause de toi, j'ai un millier d'inconnus qui viennent me féliciter. Pourquoi ne puis-je pas être enceinte de quelqu'un qui a une famille normale, gémit-elle.
- Tu vas avoir un bébé Weasley, lâcha Drago, toujours sous le choc.
- Oh toi, tais-toi. Blaise, n'essaie même pas. »

Zabini venait d'ouvrir la bouche, sûrement pour lancer une nouvelle pique. Boudeur, il emmena son meilleur ami au loin et ils purent entendre « bébé », « roux » et « gryffondor » avant qu'ils ne disparaissent dans de grands éclats de rire.

« Je les déteste ! s'écria-t-elle.
- Non, tu nous adores ! répliqua Blaise qui avait entendu.
- Raaaah. »

L'effervescence provoquée par l'annonce fut bientôt calmée, même si Ron ne cessa de suivre Pansy partout pour lui demander si elle avait besoin ou envie de quelque chose jusqu'à ce qu'elle lui lance un sortilège de mutisme, et la soirée reprit son court. Des pâtisseries étaient mises à disposition et la musique continuait sans interruption.

Hermione s'amusa, occultant ce qui n'allait pas pour ne se concentrer que sur le meilleur. Elle parla peu avec Drago, ou que de banalités, sachant que ce n'était pas le bon moment. Elle dansa, avec pas mal de garçons différents, mais accorda de nombreuses danses à Malefoy.

Ce dernier observait beaucoup, n'ayant aucune envie de danser avec quelqu'un d'autre que la brune. Il ne l'avait jamais vu – hormis à l'enterrement de vie de célibataire – ainsi : légèrement alcoolisée, entrain de se déhancher avec Ginny, Pansy et d'autres filles qui étaient là au bar, sur de la musique. Les joues colorées par l'alcool, elle semblait heureuse et complètement libre. Ils ne pouvaient pas faire comme si tout allait bien mais n'arrivaient pas non plus à s'ignorer complètement, quand bien même ils l'auraient voulu.

La Gryffondor resta éveillée jusque tôt dans la matinée. Nombres d'adultes étaient déjà couchés à cette heure mais elle ne fut pas la dernière à quitter la salle, loin de là. Elle croisa Drago dans les escaliers et ils les montèrent côte à côte, en silence. Ils étaient logés dans la même aile. Hermione s'arrêta devant sa porte et Drago en fit de même, deux pas après. Il se retourna. Les deux sorciers se fixèrent, en silence, voulant briser le silence mais ne sachant que dire. Hermione n'avait aucune envie qu'il s'en aille, elle voulait qu'il reste avec elle. Elle ne voulait pas discuter, s'expliquer, pas pour l'instant. Elle voulait juste profiter du fait que l'animosité avait disparue. Et Drago était dans le même cas. Hermione brûlait d'envie d'ouvrir sa porte et de lui dire d'entrer mais elle ne pouvait pas, retenue par ses scrupules.

« Bonne nuit, murmura Hermione.
- Bonne nuit, lui répondit Drago dans un souffle. »

Et elle pénétra, seule, dans sa chambre.