Bon j'espère que les premiers chapitres vont pas disparaître... J'ai supprimé les documents dans le Doc Manager parce qu'il me mettait que le maximum était de 50 mais du coup je sais pas si ça va avoir une indice sur le fanfic Bref !
Milimagine : Il en faut, des transitions :P J'aime beaucoup aimé écrire la scène autour de la fontaine, même si elle est très courte, je la visualisais très bien !
Yui19993 : Oui, bientôt :P
Deniz : Ahah oui ça aurait pu être rigolo xD
Je sais que vous allez être content(e)s d'avoir un nouveau chapitre mais je pense que vous allez me haïr pour la fin xD Enfin, bonne lecture :P *court se cacher*
• LI •
« Assied toi, Hermione.
- Merci. »
Williamson lui souriait, de l'autre côté de son bureau. Elle avait reçu sa convocation par hibou dans le courant de la matinée. Cela faisait quelques jours que le mariage était terminé et que Harry et Ginny étaient partis en lune de miel. Il lui restait encore plusieurs jours de congé, pourtant, elle n'avait pas hésité une seconde à répondre au hibou de son chef. Elle tournait en rond depuis que ses deux meilleurs amis étaient partis à l'autre bout de la planète. Elle n'avait pas osé prendre des nouvelles de Drago ou provoquer la conversation qu'ils devaient avoir et lui n'en avait rien fait non plus. La brune avait rapidement vu Pansy mais celle-ci était très occupée. Hermione n'avait pas tout compris mais les mots « magasin, bébé, Ron » s'étaient nettement détachés du discours de la blonde. Le Weasley n'avait pas donné signe de vie depuis qu'il avait déboulé chez elle, paniqué, ce qu'elle prenait bien : cela voulait dire qu'il allait bien, qu'il ne doutait plus et, peut-être, qu'il était entrain de préparer sa demande en mariage. Quant à Blaise, elle l'avait croisé au Chemin de Traverse mais de nombreuses ventes accaparaient son attention.
Assise sur le fauteuil, face à Williamson, la Gryffondor espérait de tout cœur qu'il allait lui proposer de l'action, du travail, n'importe quoi qui lui permette d'arrêter de tourner en rond, telle une lionne en cage.
« Je sais que tu es en vacances actuellement mais...
- Non, quoique vous me demandiez, j'accepte ! Je n'en peux plus, je m'ennuie à mourir, fit-elle, suppliante.
- Je note. Mais tu voudras peut-être reprendre ta parole après t'avoir expliqué de quoi il retourne. »
Attrapant un dossier, il le tendit à Hermione. La première chose qu'elle vit fut une photo d'un homme qui n'avait pas l'air aimable du tout – et encore, c'était une piètre description. Si ses sourcils avaient pu être plus froncés, ils l'auraient sûrement été. L'homme avait le regard meurtrier et tout, dans son visage, indiquait une méchanceté sans bornes.
« Il s'agit de Selwyn, un ancien Mangemort.
- Il était avec Jack, non ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Oui. C'est le seul qui nous échappe encore... »
Hermione fixa longuement le visage de l'homme. Elle avait entendu son nom lorsqu'elle était torturée par Jack mais n'avait jamais vu son visage. Maintenant qu'elle le revoyait, elle se souvenait.
« Il a attaqué la maison des Lovegood. »
Williamson haussa un sourcil mais ne fit aucune remarque. Il connaissait bien le parcours effectué par le Trio lors de l'ascension de Voldemort et savait à quoi elle faisait référence.
« Où est-il ?
- Dans une de ses propriétés surchargée de sortilèges en tout genre. Nous ne l'avons repéré que ce matin et il nous faut agir vite, et discrètement, avant qu'il ne s'envole à nouveau.
- Très bien.
- Hermione...
- Hm ?
- Tu ne peux pas y aller seule...
- Oh. »
Ainsi donc, une mission avec Drago lui tombait dessus, bien plus tôt que prévu. Il s'agissait d'une urgence, elle le savait. Pouvait-elle travailler avec lui ? La réponse s'imposa aussitôt et elle comprit qu'elle se cachait la vérité depuis bien longtemps. Oui, elle le pouvait. Elle n'aurait jamais pu travailler avec quelqu'un d'autre, en réalité. Ils avaient partagé l'esprit d'une vraie équipe, avaient appris à fonctionner à deux. Ils se comprenaient d'un geste, n'avaient pas besoin de mots pour communiquer. Avec qui d'autre aurait-elle pu retrouver cette complicité sans faille qui avait fait d'eux une si bonne équipe ? Le regard ferme, elle supporta celui de Williamson, inquisiteur.
« Ne vous en faites pas. Où est M... euh, où est-il ?
- Il était parti en repérage. Il va bientôt revenir et t'emmènera. Selwyn est seul, vous serez deux. Mais il est retors et n'hésite pas à se servir de la magie noire, alors faites attention. Je vous aurais bien accompagnés si je n'étais pas attendu ailleurs...
- Williamson, nous sommes Aurors, ne vous en faites pas. C'est le métier qui veut ça. »
Elle savait qu'il s'inquiétait surtout pour elle, au vu de tout ce qu'elle avait subit. Mais elle se sentait prête à reprendre le travail. Elle avait d'ailleurs très envie d'arrêter Selwyn. Petite revanche personnelle. Et puis, il ne pourrait pas la materner éternellement. Elle était Auror, elle avait passé les examens avec brio. On n'envoyait pas plus de deux Aurors pour arrêter un seul et unique Mangemort, sauf dans de rares cas.
« Très bien. Alors bonne chance. »
Williamson la congédia d'un sourire. Il ne termina pas sa phrase qui sous-entendait clairement qu'il attendait des deux Aurors qu'ils reviennent en vie. Tous les deux. Il n'avait aucune envie de voir un de ses collègues faire un nouveau séjour à l'hôpital.
Hermione se dirigea vers son bureau dans lequel elle patienta, durant ce qui lui sembla être une éternité. Drago devait la faire transplaner chez Selwyn dès qu'il aurait terminé les repérages. Malgré ce qu'elle avait assuré à Williamson, elle sentait l'angoisse la tenailler. Il fallait qu'ils arrivent à passer au-dessus de leurs problèmes pour coopérer et arrêter ce mage noir. Sa petite voix intérieure lui souffla que, s'ils parvenaient à travailler main dans la main, ça pouvait être un premier pas pour une réconciliation plus profonde.
Avant qu'elle ne puisse se plonger plus en avant dans cette réflexion, la porte s'ouvrit enfin, dévoilant le Serpentard. La jeune femme se leva aussitôt et ils se fixèrent, gênés, même si le blond n'en montrait rien. Ils avaient tout deux envie de dire une foule de choses mais les mots ne sortaient pas. Ce n'était pas le moment, de toute façon.
« Williamson m'a faite venir...
- Je sais. »
Il y eut un petit silence, chacun étudiant l'autre, un peu comme deux loups qui doivent s'apprivoiser. Il s'était visiblement caché et avait beaucoup marché car ses cheveux étaient tout ébouriffés – comme le matin, au réveil, se souvint-elle, le cœur serré – et il avait une trace de boue sur la joue. La brune s'avança et posa son pouce sur sa joue pour l'enlever.
« Tu as une tâche... »
Elle ne sentit pas le petit sursaut du Serpentard à ce contact, mais perçut bien le petit courant électrique qui la parcourut lorsque leur peau se rencontrèrent. La jeune femme se recula, toute rouge. Il avait eu un geste identique à son encontre, lorsqu'ils étaient au camp pour Auror. Elle était couverte de boue et il avait passé son pouce sur sa joue pour lui enlever – mais il n'avait fait qu'en rajouter.
« Hm... Nous y allons ?
- Comme ça ? »
Il désigna les talons de la jeune femme qui leva les yeux au ciel.
« Bien sur que non. »
Un petit sortilège plus tard et elle se retrouvait en tennis.
« On y va, maintenant ? fit-elle sur un air de défi, obligée de lever la tête pour soutenir le regard du Serpentard. »
Ce dernier la regarda, amusé par sa réaction et par l'air sardonique qu'elle arborait. Il s'écarta, tendit un bras pour la laisser passer et la suivit alors qu'elle quittait le bureau d'un pas fier. Ils se rendirent à l'aire de transplanage et Drago lui tendit son bras.
« Granger ?
- Quoi ?
- Si tu ne me tiens pas, tu pourras pas transplaner et tu ne sais pas où on doit aller. »
C'était mot pour mot ce qu'ils s'étaient dit leur de leur première affaire, alors qu'il avait déboulé chez elle sans prévenir. Elle ne put retenir un sourire qu'il lui rendit, amusé. Il ne l'avait pas fait par hasard, elle le comprit bien. Elle posa son bras sur le sien et ils transplanèrent.
Le manoir se dressait, au centre de ce qui semblait être un immense parc, entouré de nombreux arbres qui cachaient une nombreuse partie de sa façade. S'ils empêchaient les Aurors de distinguer tous les détails de la demeure, comme les lumières allumées, les fenêtres condamnées, et tout le reste, ils leur permettaient de rester cachés à la vue des habitants qui pourraient fixer un peu trop longtemps l'extérieur. Le temps était clair mais quelques nuages jouaient en leur faveur car ils cachaient le soleil et empêchait la luminosité d'être trop forte.
« C'est quoi cette lubie des sang-purs d'avoir un manoir, marmonna-t-elle pour elle-même.
- Pourquoi vivre dans un minuscule appartement quand on peut avoir plus grand. »
La jeune femme leva les yeux au ciel à cette remarque. Les sorciers de sang-pur avaient une nette tendance à étaler leur richesse. Ce devait être un problème d'ego, forcément. Ils montraient leur richesse et leur puissance pour qu'on les considère riches et puissants, même s'ils n'étaient que pauvres, intérieurement, et très peu puissants. Au moment même où elle se faisait cette réflexion, la certitude qu'elle ne pouvait pas travailler avec quelqu'un d'autre que Malefoy se renforça pour devenir définitive. Même si rien ne devait plus être comme avant, ils étaient capables de former une vraie équipe, plus qu'avec n'importe quel autre Auror. Se promettant d'en faire part à Williamson, elle se plongea dans leur mission, occultant tous les autres détails.
« Bon. Tu as trouvé une faille dans les protections ?
- Non.
- Tu as trouvé par où nous allions entrer, alors ?
- Non.
- Et tu comptes faire quoi ? Sonner et demander gentiment la permission d'entrer ? s'exclama-t-elle, incrédule. »
Il se contenta de la regarder de sa dizaine de centimètres au-dessus, un air narquois sur le visage et elle comprit qu'il se fichait d'elle. Elle lui donna une tape à l'arrière du crâne avec un petit regard faussement énervé. Drago lui attrapa la main, ignorant le frisson que ce contact créait chez la brune. Il aurait pu s'abstenir de le faire, mais l'envie l'en démangeait depuis qu'il l'avait vue, assise à son bureau. Alors s'il possédait la moindre petite excuse pour le faire, il n'allait pas s'en priver. Le Serpentard l'entraîna à l'écart du chemin qui menait au manoir et ils marchèrent un moment dans la petite forêt qui le bordait.
« Comment as-tu pu transplaner ici, au fait ? Tu connaissais les lieux ?
- C'était un Mangemort. »
Sa réponse voulait tout dire et Hermione maudit sa curiosité. Il allait encore se mettre en rogne et devenir froid, à tout les coups. Ils marchèrent donc en silence, Hermione fixant le dos du blond, celui-ci essayant de ne pas se laisser atteindre par la présence de la brune derrière lui. Ils ne s'étaient pas lâchés la main et avançaient donc, les doigts entrelacés.
« Ici. »
Il s'arrêta net et sa main regagna sa poche, pour le plus grand regret de la Gryffondor. La jeune femme regarda autour d'elle. A travers la trouée des arbres on distinguait la façade ouest du manoir, visiblement la moins occupée puisque de nombreux volets étaient fermés et que le lierre attaquait la façade, démontrant ainsi que l'on négligeait cette partie.
« Tu veux pénétrer par le deuxième étage ?
- Oui.
- Et les protections magiques ?
- Les sorciers comme Selwyn n'imaginent pas qu'on puisse marcher pour atteindre son but. Les protections empêcheront d'entrer ceux qui arrivent en transplanant, par balai ou par tout autre moyen magique. Mais si l'on marche et qu'on n'utilise aucun sortilège avant d'être face à lui, il ne saura rien de notre présence. »
Hermione se retint de faire une remarque acerbe sur la prétention des sangs-purs. Cela faisait leur affaire, à quoi bon critiquer. Après un petit regard plein de compréhension, ils se glissèrent donc discrètement jusqu'au manoir qui semblait clairement à l'abandon.
« Tu as vu Selwyn ? chuchota Hermione.
- Non mais il y avait de la lumière ce matin, de l'autre côté.
- Hm. »
Elle espérait que les informations de Williamson étaient justes et qu'ils n'allaient pas escalader un manoir pour rien. Non pas que faire du sport la dérangeait, c'était toujours de l'entraînement à prendre.
« J'y vais, décida-t-elle, arrivée au pied du mur. »
La Gryffondor coinça sa baguette entre ses dents pour l'avoir à portée en cas de problème. Elle tira sur le lierre pour s'assurer qu'il était assez solide puis commença à escalader. Elle fit une halte à la première fenêtre, cachée par des volets. Elle tenta de regarder à travers des fissures mais ne vit que l'obscurité. Au moins, Selwyn ne semblait pas être par là. La brune arriva finalement à la deuxième fenêtre. Elle appuya dessus de toutes ses forces mais elle était fermée. Maudissant les protections qui l'empêchaient de se servir de sa magie, elle ôta tant bien que mal son t-shirt, d'une main, l'autre accrochée au volet pour ne pas tomber.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Le chuchotement de Malefoy lui parvint d'en bas. Elle baissa les yeux et remarqua la lueur de désir dans ses yeux. Même s'il semblait furieux de ressentir ça en cet instant, elle, elle en était plutôt ravie. Il regarda rapidement autour de lui, comme pour s'assurer que personne ne pourrait se rincer l'œil.
« Il faut briser le carreau et je n'ai pas envie d'avoir des éclats de verre coincés dans la main. »
Se détournant du Serpentard qui fulminait, tout en appréciant le spectacle, elle enroula son t-shirt autour de son poing. Drago la regardait, une nouvelle fois charmé. La voir sans t-shirt éveillait des sentiments enfouis. De plus, il admirait à chaque fois le courage dont elle faisait preuve. Il se maîtrisa efficacement, ne laissant pas ses désirs empiéter sur leur mission. Hermione frappa un carreau qui se brisa en petits morceaux. Elle patienta quelques secondes, haletante, mais personne ne vint. Le bruit n'avait même pas du sortir de la pièce. Prudemment, elle glissa son bras à travers l'ouverture, tira sur la poignée, et la fenpetre s'ouvrit.
Heureusement que les sorciers ne connaissent pas le double vitrage.
Elle s'engouffra dans la fenêtre au moment où Drago entamait son ascension. Secouant son haut, elle l'enfila et patienta. Une tête blonde fit enfin son apparition. Il pénétra à son tour dans la pièce, remarqua que Hermione était rhabillée et eu une petite moue déçue qui fit rougir la jeune femme.
Ils quittèrent la pièce à peine éclairée pour s'engager dans le couloir, tout aussi vide. Hermione déglutit. Cela lui rappelait étrangement sa dernière perquisition dans un manoir. La visite s'était très mal terminée. Sauf que, cette fois-ci, elle avait Drago avec elle. Cette pensée la rassérénait totalement. Avec lui, rien ne pourrait lui arriver. Ils se défendaient plus efficacement à deux et n'avait, de toute façon, affaire qu'à un seul sorcier. Baguettes en main, ils se faufilèrent dans le dédale du manoir. Malefoy avait du bien connaître cet endroit car il n'hésita pas à un instant et, en quelques minutes, ils étaient dans le hall d'entrée. Le blond fit un geste en direction d'une des portes. Hermione serra sa baguette, prête à devoir se battre. L'adrénaline coulait dans ses veines. La sensation était agréable et elle se demanda depuis combien de temps elle n'avait pas ressenti une telle excitation. Depuis qu'elle avait été attrapée par Jack, en réalité. Elle n'avait participé à aucune autre mission depuis, et elle se rendait seulement compte d'à quel point cela lui avait manqué. Ils arrivèrent dans une immense salle de réception lumineuse, malgré les arbres que l'on apercevait par la fenêtre et qui masquaient la lumière du jour. Le lustre allumé devait y être pour quelque chose.
Ils s'avancèrent, s'approchant de la table, silencieux comme des ombres. Malefoy jetait des coups d'œil tout autour de lui, attentif au moindre des détails, tandis que Hermione s'assurait que personne ne pénétrait subrepticement dans la salle pour les prendre par surprise. Ils étaient arrivés à la moitié de l'immense table en bois qui siégeait au milieu de la pièce, quand le Serpentard posa ses yeux sur l'unique vase qui était posé sur le meuble, tel un trophée. Il s'arrêta net et écarquilla les yeux. Hermione, qui regardait toujours la porte derrière eux, lui rentra dedans.
« Que... »
Drago se retourna, l'attrapa par le poignet et la tira violemment par là où ils étaient arrivés, tout en se mettant en mouvement.
« COURS. »
La brune le suivit, sans réfléchir. Drago la tira un peu plus et la fit passer devant lui, la poussant dans le dos pour qu'elle courre à son allure. Avec un autre équipier, elle aurait posé des questions, elle aurait cherché à comprendre ce brusque changement de comportement. Mais pas avec Drago, car elle avait pleinement confiance en lui et en ses capacités d'Auror. C'est probablement ce qui lui sauva la vie.
Hermione entendit d'abord l'explosion et sentit ensuite le souffle brûlant traverser son corps. La déflagration venait de derrière eux et elle comprit alors que le vase qui trônait au centre de la table était un objet de magie noire, sûrement conçu pour exploser à un moment précis. La Gryffondor tomba, poussée par la force de l'explosion. Durant sa chute, elle avait continué à serrer la main de Drago dans la sienne et elle avait donc sentit qu'il tombait en même temps qu'elle.
Un sort fusa, frôlant son oreille. La jeune femme roula aussitôt vers la gauche et fit tomber une chaise devant elle. Le haut dossier en bois la protégea du sort suivant et elle put se redresser afin de considérer la scène d'un œil averti. En se relevant prestement, elle vit Selwyn, flanqué dans l'embrasure de la porte. À l'extrémité de son champ de vision, elle devina que Drago se relevait tant bien que mal. Même si elle en mourrait d'envie, elle ne pouvait s'inquiéter de son état, pas tout de suite. Il fallait d'abord maîtriser le mage noir.
Un doloris la frôla à nouveau, qu'elle évita de justesse. Ils avaient beau être deux, ils mirent du temps avant de pouvoir percer les défenses du mage noir. Il n'hésitait pas à se servir de sortilèges interdits et peu connus, rendant le duel plus difficile pour les deux Aurors. Mais Hermione parvint enfin à la stupéfixier en lui envoyant une nuée d'oiseaux qui le déconcentra suffisamment longtemps pour que son sortilège l'atteigne avant qu'il ne dresse un bouclier.
Hermione s'approcha du corps inanimé du mage noir, s'assura qu'il était bien stupéfixié et le ligota avant de pousser un soupir de soulagement. Sa joue couche était ouverte là où un sortilège de Selwy l'avait effleurée, et elle saignait abondamment. Ses jambes lui faisaient horriblement mal et elle était quasiment sûre que son poignet droit était cassé, au vu des larmes qui lui montaient aux yeux dès qu'elle le bougeait. L'explosion avait traversé chacun de ses muscles, chacun de ses os, mais la douleur restait supportable, par rapport à ce qu'elle avait pu endurer. Elle était en vie et Selwyn était mis hors d'état de nuire.
« On l'a eu... Il t'a touché ? Drago ? »
N'obtenant aucune réponse, la brune se détourna du sorcier allongé au sol, malgré ses jambes qui tremblaient énormément, pour chercher le Serpentard. Elle le vit, allongé sur le sol, les yeux clos, sa baguette à quelques centimètres de sa main ouverte.
« Non, Drago, non... »
Tétanisée par la peur, elle tituba jusqu'au blond. Elle le secoua légèrement mais n'obtint aucune réaction. Posant deux doigts devant sa bouche entrouverte, elle sentit un léger souffle. Trop léger pour que ce soit normal. Trop irrégulier pour que ce soit bon signe.
Ignorant les larmes qui brouillaient sa vue, elle passa une main sur le visage de Drago, écartant les mèches pleines de sueur qui lui barraient les yeux. Il avait un visage d'ange, sans aucune plaie. Alors pourquoi n'ouvrait-il pas les yeux et pourquoi son souffle s'affaiblissait-il ? La jeune femme tenta de transplaner, tenant fermement le Serpentard, mais échoua. Les protections de Selwyn étaient efficaces. Ignorant la douleur, tant physique que mentale, elle fit léviter le corps de Drago et se rendit aussi vite que possible à l'extérieur, loin de ce manoir.
Il ne fallait pas qu'il meurt. Il ne pouvait pas. C'était une blessure sans gravité, qui allait être rapidement soignée. Les larmes roulaient sur ses joues, en silence, pendant qu'elle tentait de forcer ses jambes douloureuses à aller plus vite. Elle arriva enfin à l'extérieur des protections et remarqua alors le dos de Drago.
L'explosion l'avait atteint de plein fouet et ses vêtements avaient brûlés. Ils collaient à son dos qui n'était plus qu'une immense plaie à vif. Du sang coulait, gouttant sur le sol, l'affaiblissant à chaque seconde qui passait. Elle retint un cri d'horreur, effarée par ce qu'elle voyait. Le feu qui le brûlait encore n'était pas un feu normal. Le feudeymon faisait d'énorme dégâts et peu de personnes en réchappait. La Gryffondor était terrifiée à l'idée que le blond ne meure, elle avait juste envie de l'enlacer et de lui demander de se réveiller mais elle garda toute sa lucidité et transplana aussitôt à l'hôpital Sainte-Mangouste.
Elle atterri en plein milieu d'un couloir et s'effondra aussitôt sur le sol, tenant Drago sur ses genoux, ignorant son poignet douloureux, le visage penché vers le sien. Des mages arrivèrent, alertés par cet étrange duo.
« Il faut le soigner, lui, d'abord, expliqua faiblement la jeune femme. »
Tout son corps l'élançait. Sa plaie devant saigner plus qu'elle ne l'avait cru car sa vision se floutait. Les bords de sa vision s'obscurcissaient de noir mais elle ne pouvait pas sombrer dans l'inconscience. Elle refusait de laisser Drago tant qu'il ne serait pas pris en charge par des personnes compétentes. Il ne pouvait pas mourir, il ne devait pas. Des guérisseurs se penchèrent sur elle mais elle les repoussa, montrant le corps de Malefoy du doigt.
« Il ne respire presque plus... Le feudeymon, magie noire... »
Ses propres n'étaient pas très cohérents mais elle les répétait en boucle. Il fallait qu'ils comprennent la gravité de son état et qu'ils s'occupent tout de suite de Drago. On voulut l'entraîner mais elle se débattit.
« Non, lui d'abord. »
Même à ses oreilles, ses protestations lui paraissaient bien faibles, presque inaudibles. Elle entendit quelqu'un lui dire, à des lieues de là, qu'on s'occupait déjà du jeune homme. Elle n'avait pas sentit qu'on l'emmenait loin d'elle. A travers sa vision brouillée par les larmes et floutée par le manque de forces, elle vit une tête blonde s'éloigner à toute vitesse, une troupe de guérisseurs l'entourant. Il était entre de bonnes mains, il allait s'en sortir. Elle était prête à s'abandonner à l'inconscience quand, avec un dernier sursaut de lucidité, elle tira sur la manche du guérisseur à ses côtés.
« Williamson ! Il faut... Williamson ! Selwyn, stupéfixié dans manoir... William... »
Puis elle perdit connaissance.
