Je suis désolée de ne pas avoir posté avant mais j'ai eu deux jours sans aucun moment pour me poser et vous livrer la suite ! Mais la voila, enfin :3

magiehp : Je ne vous laisse pas, je vous donne la suite, lalala.
Lula : De rien ! *-* Merci merci merci à toi pour tes reviews !
Sandra : Le bouton actualiser va enfin te proposer quelque chose :P
Shana : Je l'ai dit, je suis incapable de tuer un des deux, de pas faire une happy end, alors ne t'en fais pas !
Swangranger : Je suis super heureuse que ma fic te plaise autant et qu'elle te fasse partager autant d'émotions *-*
Brengre737 : Oh merci, c'est gentil :D
82 : Oui, j'ai déjà commencé à réfléchir à un Dramione qui se passerait pendant Poudlard, je compte pas m'arrêter là, maintenant que j'ai commencé ;)
Nedwige Stew : Alors voila la suite ;P
Deniz : Non j'ai été gentille sur le coup, adieu les mangemorts faut se concentrer sur leur couple maintenant, sinon on n'en sortira jamais :O
Milimagine : Ton vœu va être exaucé puisque là on voit clairement qu'elle n'a plus aucun doute !

LII •

Hermione bougea légèrement sur le fauteuil afin d'évacuer l'engourdissement qui menaçait ses jambes. Elle était assise depuis plusieurs heures, sans jamais bouger, hormis lorsqu'elle se tortillait un peu pour trouver une position plus confortable. Actuellement, les jambes repliées contre son torse, elle avait passé ses bras autour de ses tibias et avait posé son menton dans le creux de ses genoux. Ce fauteuil était devenu son nouveau lieu d'habitation depuis plusieurs jours.

Cela en faisait cinq depuis qu'ils s'étaient rendus chez Selwyn afin d'arrêter le mage noir. Cinq jours depuis qu'elle avait réussi, tant bien que mal, à emmener Drago à Sainte-Mangouste. Cinq jours qu'ils avaient été pris en charge par les médicomages. Amusée, elle se souvint de la tête de Williamson quand celui-ci était venu s'enquérir de son état.

La porte s'entrouvrit légèrement et la tête du chef des Aurors s'introduit dans l'entrebâillement pour s'assurer que la Gryffondor ne dormait pas. Elle était allongée dans le lit d'hôpital, dans ce cadre qui lui était devenu étrangement familier, la tête reposant sur un énorme coussin. Williamson entra, le visage partagé entre les reproches et le soulagement. Il tira un fauteuil près du lit de la brune et s'y assit, tandis qu'elle le suivait des yeux, un petit sourire de bonjour sur les lèvres.

« Je crois que je vais devoir prendre un abonnement à l'année à Sainte-Mangouste, grommela-t-il. »

Hermione ne retint pas son petit rire. Il était vrai que, ces derniers temps, les Aurors avaient défilés à l'hôpital. Entre Hermione et son coma, les nombreux Aurors blessés après la traque de Jack, et maintenant elle et Drago.

« Tu vas bien ? demanda-t-il, cédant à l'inquiétude.
- On ne peut mieux. Les médicomages ont soigné mon poignet cassé et, hormis quelques courbatures, je ne me suis jamais sentie aussi bien. »

Elle ne mentionna pas qu'il n'y avait pas que les courbatures qui lui posaient problème. Ne pas savoir comment allait Drago l'angoissait au plus haut point, mais personne ne voulait lui en parler, arguant le fait qu'elle devait se reposer au lieu de se préoccuper de l'état de santé de son équipier. Comme si elle en était capable. Elle n'avait plus posé de questions, attendant patiemment qu'on la laisse sortir pour foncer voir le blond.

« Tant mieux.
- Vous avez arrêté Selwyn ?
- Même à l'hôpital tu ne penses qu'au travail ? se récria Williamson.
- Je ne voudrais pas avoir laissé un Mangemort s'échapper, se justifia-t-elle.
- Alors ne craint rien. Les médicomages m'ont alerté aussitôt que tu as prononcé mon nom. Ton sortilège était puissant, il était encore stupéfixié quand nous sommes arrivés. Il est désormais à Azkaban. »

La Gryffondor poussa un petit soupir de soulagement. Au moins, leur mission n'aurait pas été vaine. Même si elle était blessée et que Drago était... la brune déglutit, refusant d'envisager le pire. Il allait bien. Il ne pouvait en être autrement.

C'était il y a cinq longs jours. Hermione était rapidement sortie. Le soir même, elle était libre d'aller où elle le souhaitait. Dire qu'elle s'était précipitée dans la chambre de Drago était un euphémisme. Si elle avait pu transplaner pour y aller plus vite, elle l'aurait fait. Cinq jours qu'elle le veillait, espérant qu'il ouvrirait les yeux, attendant le moindre signe de sa part.

Quand le vase avait explosé, il avait libéré une forme modifiée du feudeymon qui s'était précipité à la rencontre du premier corps qu'il pourrait brûler. En poussant Hermione en avant, Drago l'avait sauvé mais, par la même, il s'était condamné. Le souffle de l'explosion avait peut-être blessé la jeune femme mais n'avait provoqué que des dégâts minimes, tandis que le feu s'était accroché au Serpentard, le mutilant profondément. Pendant que le feudeymon poursuivait son œuvre, dévorant sa peau et sa chair, il avait continué à se battre, malgré la douleur et l'effort que cela avait du lui demander. Jusqu'à ce qu'il s'évanouisse, à bout de forces et à cause de tout le sang qu'il avait perdu.

Les médicomages se disaient confiants. Ils lui avaient assuré que le corps du Serpentard avait juste besoin de se remettre de la perte abondante de sang. Les mages avaient très bien œuvré. Le feudeymon avait été retiré du corps de Drago, malgré le défi que cela représentait, et les chairs brûlées se reconstituaient lentement. Trop lentement au goût de la brune. Elle connaissait très bien le feudeymon et savait que les dégâts qu'il causait pouvaient être irréparables. Même si les potions que les médicomages faisaient boire à Drago avaient pour but de refermer les plaies et de faire redevenir sa peau aussi lisse que celle d'un bébé, rien ne leur garantissait que cela fonctionnerait, qu'il n'y aurait pas une forme de rejet. Non, elle ne serait rassurée que quand le blond aurait définitivement quitté l'hôpital en pleine forme.

Rapprochant son fauteuil, elle attrapa la main du Serpentard et posa sa tête sur son torse. Avait-il ressenti la même chose lorsqu'elle était dans le coma ? La question tournait en boucle dans son esprit. Si la réponse était oui, elle comprenait désormais à quel point il avait du souffrir de la voir ainsi, immobile, endormie pendant des jours d'affilés. Et elle comprenait encore plus à quel point il avait pu être blessé de la voir avec Alec et de les entendre parler de bébé alors qu'il n'avait attendu qu'une chose pendant qu'elle était dans le coma : son réveil.

Alors Hermione passait ses jours et ses nuits ici. Elle refusait de manquer le réveil de Drago. Elle ne laisserait plus rien se glisser entre eux deux. La Gryffondor avait envie de pleurer sans qu'aucune larme ne coule jamais. Elle contemplait le visage d'ange de l'homme qu'elle aimait, se répétant en boucle qu'il aurait pu mourir là-bas. Que serait-il resté, dans ce cas ? Des ressentiments par centaine, des non-dits à la pelle, des regrets immenses et une belle histoire brisée. Ils savaient tous deux le malentendu qui les avait éloignés, mais aucun n'avait osé faire le premier pas pour amorcer la guérison. Ce que se reprochait constamment Hermione depuis cinq jours. Elle s'en était fait la promesse : sitôt qu'il se réveillerait, elle laisserait de côté le passé et ferait tout pour qu'ils reprennent leur relation. Elle ne pouvait pas vivre en paix, pleinement heureuse, sans le blond à ses côtés. C'était impossible, d'autant plus qu'elle s'en était maintenant rendue compte. Bien sûr, il faudrait qu'ils parlent. Mais ce ne serait qu'un détail, une formalité dans sa décision de faire de lui l'homme qui partagerait sa vie.

La Gryffondor se mit à parler à voix haute, sans se soucier du fait que Drago ne l'entendait peut-être même pas. Quand elle était dans le coma, elle avait entendu ses voix. Son réveil les avait occultées mais elle s'en était souvenu au bon moment. Peut-être que cela aiderait le blond à sortir de son sommeil. Hermione s'endormit au bout d'un moment et fut doucement réveillée par Pansy. La brune s'étira et fixa la blonde de ses yeux ensommeillés.

Pansy, Ron et Blaise passaient souvent voir comment allait le Serpentard mais ils savaient aussi qu'elle avait besoin d'être seule avec lui et leur laissait donc du temps. D'un commun accord, ils n'avaient pas prévenu Harry et Ginny. Il ne leur restait que deux jours avant leur retour et leurs amis n'avaient pas voulu précipiter la fin de leur lune de miel.

« Tu es encore là, soupira Pansy. »

Elle n'était pas agacée de voir son amie veiller son meilleur ami, loin de là, mais elle était persuadée qu'il n'était pas sain pour la jeune femme de passer ses journées entières ici.

« Hmm, répondit simplement la concernée.
- Tu devrais rentrer te reposer, fit Pansy pour la centième fois.
- Non ! refusa Hermione pour la centième fois. »

La discussion habituelle s'engagea alors entre les deux amies. Pansy essayait de convaincre la Gryffondor de rentrer un peu chez elle, celle-ci refusait catégoriquement.

« Hermione, il va bien. Les guérisseurs l'ont assuré.
- Mais s'il restait dans le coma ? »

Sa voix était angoissée. Elle se souvenait plus ou moins des sensations ressenties durant son coma. Et parmi elle, il y avait un bien être immense. Elle était détachée de tout problème, de toute douleur, et avait été tentée d'y rester pour toujours. Elle avait peur que le jeune homme ne sorte jamais de ce coma, préférant lui aussi le bien être procuré par l'abandon.

« Ce n'est pas le même genre de coma, la rassura la Serpentard. Le tien était beaucoup plus profond. Il a simplement besoin de récupérer.
- Et s'il avait besoin de plus ? continua-t-elle, des larmes brouillant sa voix.
- Mione... »

Pansy s'approcha et la serra dans ses bras. Elle avait réussit son objectif : ses deux amis avaient ouvert les yeux et elle sentait qu'ils allaient tout faire pour reconstruire ce qu'ils avaient perdu. Elle aurait aimé que cela se déroule sans un passage à Sainte-Mangouste. Mais il fallait souvent de grands chocs pour ouvrir les yeux les plus solidement fermés.

« Je sais que tu es inquiète, mais il va s'en sortir.
- Pansy, je connais le feudeymon, je sais qu'il existe toujours un risque que... »

Sa voix se brisa et la blonde se figea. Elle avait beau faire fière figure devant Hermione, elle n'en menait pas large. Elle aussi s'inquiétait énormément pour Drago mais préférait ne pas s'y vautrer. Il valait mieux garder espoir.

« Je sais que vous ne voulez pas m'inquiéter encore plus. Mais ce vase était un objet de magie noire, et il est difficile de guérir les blessures qu'elle cause. Rien ne dit qu'il guérira complètement. Même s'il se réveille, il pourrait avoir de graves séquelles ou... Je sais que son dos n'arrive pas à cicatriser, pas correctement, en tout cas... Et si...
- Ça n'arrivera pas. Drago sait comment vaincre la magie noire. Il l'a déjà fait une première fois, lorsqu'il était Mangemort. Et il s'agissait d'un combat plus dur qu'une simple résistance physique : son esprit aussi était mis à l'épreuve. Il est vrai que son état est plus préoccupant que ce que disent les guérisseurs mais il s'en sortira. Fais-moi confiance. Et maintenant, rentre chez toi sinon je préviens Harry et Ginny, menaça la blonde.
- Tu ne vas pas...
- Si ! répliqua-t-elle fermement. Je veillerais sur Drago. Va dormir. Et ne revient pas avant demain soir. »

L'ordre de Pansy ne souffrait aucune réponse. Hermione lâcha donc la main de Drago au bout d'une longue minute. Elle avait envie de poser ses lèvres sur les siennes, de lui caresser la joue mais elle se contenta d'un simple regard angoissé. Suivie par le regard autoritaire de son amie, elle quitta Sainte-Mangouste à contrecœur pour rentrer chez elle. Elle n'était pas en état de tenir tête à la Parkinson et devait admettre que l'idée de dormir dans un vrai lit était alléchante. Cependant, elle avait l'impression d'abandonner Drago et devait se retenir de toutes ses forces pour ne pas faire demi-tour immédiatement.

Hermione avait à peine transplané chez elle qu'un miaulement accusateur retentit. Elle se baissa, avant de s'installer en tailleur à même le sol, afin de caresser Lumos. La culpabilité l'envahit alors. Elle était incapable d'être une bonne amie, une bonne petite-amie et une bonne maîtresse, tout ça en même temps. Il fallait toujours que quelque chose cloche. Quand ce n'était pas son couple, elle délaissait ses amis, quand elle s'occupait de l'homme qu'elle aimait en faisant attention à préserver ses meilleurs amis, elle abandonnait lâchement la petite boule de poils qui ne demandait que de l'attention et de l'affection.

Les barrages qu'elle avait inconsciemment dressés contre la tristesse cédèrent alors et les larmes la submergèrent, telle une vague d'une puissance inouïe. Suffocant tandis que le souffle lui manquait devant la violence de la sensation, elle serra le chaton contre sa poitrine, éclatant en sanglots. Tout allait de travers depuis des mois. Elle s'était crue assez forte pour pouvoir gérer sa vie qui partait à la dérive mais elle n'avait fait que se voiler la face. Elle avait besoin de ses amis et, elle en prenait seulement la pleine mesure, elle avait besoin de Drago. Il était comme un pilier auquel elle pouvait s'accrocher afin de ne pas se noyer. Et maintenant, il était dans le coma.

Quand les larmes commencèrent à se tarir, elle se leva, Lumos dans les bras, et se dirigea vers sa chambre, se fiant plus à son instinct qu'à sa vue, brouillée par les larmes. Elle s'effondra sur le lit. Alors qu'elle pensait, quelques minutes auparavant, ne jamais trouver le sommeil, elle s'endormit au moment même où sa tête toucha l'oreiller et sombra dans un sommeil sans rêve.

Hermione fut réveillée par les rayons du soleil qui filtraient à travers ses fenêtres dont elle n'avait pas rabattu les rideaux. Quelques nuages flottaient dans le ciel mais ça avait l'air d'être une bonne journée. Son réveil lui indiquait que la matinée était déjà bien avancée, ce qui voulait dire qu'elle avait dormi pendant plus d'un tour complet du cadran. Elle se sentait reposée, ses courbatures n'étaient plus qu'un lointain souvenir et elle n'avait déjà plus qu'une envie : retourner à Sainte-Mangouste.

Elle sauta de son lit et allait s'habiller quand elle se souvint de ce que Pansy lui avait dit. Hors de question qu'elle retourne là-bas avant ce soir. La brune ne doutait pas un instant que Pansy avait transmis l'ordre à Blaise et Ron et que ni l'un, ni l'autre, ne la laisserait pénétrer dans la pièce avant ce soir.

Alors elle se mit à errer dans son appartement, en pyjama. Elle ouvrit de nombreux livres avant de les refermer, incapable de se concentrer suffisamment longtemps pour pouvoir savourer sa lecture. Comment allait Drago ? Elle essayait de se persuader qu'il ne servait à rien de se ronger les ongles là-dessus : s'il s'était réveillé, Pansy en personne se serait déplacée pour le lui dire, elle en était convaincue, s'il y avait eu une complication, un hibou l'aurait prévenue mais sans succès. Hermione était incapable de détacher ses pensées du blond.

Après avoir tenté de lire une bonne dizaine de livres, elle essaya de s'intéresser au dossier de Selwyn qu'un hibou avait gentiment déposé sur son bureau, mais elle abandonna en peu de temps. Le mage noir avait été emmené aux mains de Williamson quand elle s'était évanouie et il croupissait en prison, attendant son jugement qui allait arriver en même temps que celui de ses comparses. Les preuves étaient accablantes, il n'y avait aucune chance qu'il en réchappe. Hermione n'avait donc plus besoin de rien faire sur ce dossier.

Elle fouilla ensuite dans de nombreux grimoires à la recherche d'un remède miracle contre le feudeymon, mais ne trouva rien. De toute façon, se dit-elle, les guérisseurs étaient extrêmement qualifiés, ils avaient déjà exploré toutes les pistes. Le traitement qu'ils donnaient à Malefoy devait être le seul capable de combattre cette magie noire, même si ce n'était pas suffisant au goût de la brune. C'est à contrecœur qu'elle abandonna donc ses recherches avant de ne céder complètement au désespoir.

Finalement, n'y tenant plus, elle attrapa un manteau et quitta son loft qui, malgré sa superficie, lui semblait bien trop exigu. Hermione erra un moment dans le Chemin de Traverse, sans aucune idée de quoi faire. Le mois d'octobre touchait à sa fin et celui de novembre allait bientôt entamer sa part. Pourtant, le temps était assez doux. Un léger vent soufflait, jouant avec ses cheveux. Le froid qui commençait à se faire ressentir lui rosissait légèrement les joues mais elle n'avait pas encore besoin de sortir ni gants, ni écharpe, ni bonnet. Autour d'elle, les gens allaient et venaient, tout occupés à leur quotidien, sans imaginer seulement que Drago Malefoy était en ce moment même dans le coma, à Sainte-Mangouste.

Voir l'insouciance et la joie sur tant de visages lui était insupportable alors elle transplana. La Gryffondor arriva en haut d'une petite colline. Le vent était compensé par le soleil qui brillait haut et qui la réchauffait bien assez. La brune étudia l'endroit où elle était pour être sûre qu'elle partait dans la bonne direction puis se mit en marche. Elle alignait un pas après l'autre, cet exercice la réchauffant agréablement, concentrant toutes ses pensées sur le seul chemin à suivre pour ne pas ressasser encore le fait que Drago était à Sainte-Mangouste.

Le lieu était aussi magnifique que dans ses souvenirs. Le lac se trouvait là, paisible, l'eau seulement troublée par le léger vent qui subsistait encore et l'arbre au pied duquel ils avaient mangé, dans ce qui lui semblait être une autre vie. Il avait pris une toute autre apparence avec l'automne. Ses grandes feuilles se teintaient de rouge et d'orange, donnant au lieu un charme particulier. Hermione s'y installa, entre deux grandes racines, ayant prit soin de poser auparavant son manteau pour se protéger du froid du sol. Elle savoura la sensation de plénitude qui s'était installée en elle. C'était comme si elle se trouvait loin de tout, de ses soucis, du froid qui ne l'atteignait même pas, vêtue comme elle l'était d'un bon pull chaud et d'un pantalon.

Dans quelques heures, elle pourrait retourner à Sainte-Mangouste. Pansy serait sûrement agacée de voir son amie revenir à la minute même où elle y était autorisé, mais elle n'en avait cure. Tout son esprit restait dirigé vers le blond. Alors même si elle allait rester ici, n'ayant aucune envie d'être chez elle ou de faire quoique ce soit d'autre que d'être avec le Serpentard, elle retournait à l'hôpital dès que ça lui serait autorisé.

Son esprit divagua jusqu'à repenser à leur mission qui avait si mal tournée. Pourtant, ils n'étaient pas de mauvais Aurors, loin de là, mais ils jouaient de malchance depuis des semaines. Leur travail était un peu un miroir de leur relation. Hermione ferma les yeux, se revoyant dans la grande salle de réception. Drago qui se figeait, qui lui hurlait de courir, qui la traînait derrière lui avant de la pousser en avant. Par ce geste, il l'avait sauvée mais il s'était condamné en même temps. Pourtant, elle se souvenait clairement qu'il avait combattu à ses côtés et qu'il lui avait permis de stupéfixier Selwyn en le déconcentrant suffisamment longtemps pour qu'elle ait une ouverture. Quelles forces avait-il du mobiliser pour pouvoir passer outre la douleur et le feu qui consumait son dos afin de se servir de sa baguette ? Beaucoup, assurément. Beaucoup trop. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il s'était effondré juste après cela. Entre les forces mises dans la bataille, sa brûlure, la perte de sang... il avait de la chance d'être encore en vie. Quelques minutes de plus et... Non, la Gryffondor refusait d'envisager seulement cette éventualité.

Hermione ne savait pas comment elle allait faire s'il ne se remettait pas de ses blessures. Elle regretterait toute sa vie de ne pas avoir su mettre sa fierté de côté pour lui dire ce qu'elle ressentait vraiment. Elle aurait du le faire le soir du mariage de Harry et Ginny, au lieu de simplement danser, sans un mot, de faire comme si tout était normal. Son cœur se serra devant tant de culpabilité. Non, elle ne se pardonnerait jamais cet élan d'orgueil démesuré qui lui avait pris des semaines de sa relation avec Drago. Allait-elle passer des mois à son chevet, avant de perdre tout espoir quant à son réveil ? Et après ? Elle n'imaginait même pas pouvoir reprendre une vie normale avec cette ombre qui planerait sur elle. Il fallait qu'il se réveille. Pour lui, pour elle et pour eux deux.

Hermione l'aimait. Elle s'en était rendu compte le soir où elle et Alec avaient partagé une dernière fois le même lit. Et rien, ni les regards noirs, ni les tortures de Jack, ni les fiançailles avec Colombe, rien n'avait fait disparaître ce sentiment, plus fort que tout. Depuis combien de temps était-elle amoureuse ? En toute honnêteté, elle l'était tombée très rapidement. Peut-être à partir du moment où il avait commencé à se confier à elle, elle était incapable de le dire avec précision. Son pire ennemi s'était imposé dans sa vie, progressivement, jusqu'à occuper toutes ses pensées et à devenir incontournable. Elle avait besoin de lui. Après des années à le détester, elle avait autant besoin de sa présence que de celle de Harry, Ron ou Ginny. Même de là où il était, allongé dans un lit d'hôpital, il tenait son cœur entre ses mains.

Malgré les coups qu'ils s'étaient portés mutuellement, la Gryffondor était désormais persuadée qu'ils n'avaient rien causé d'irréparable. Ils pouvaient reconstruire leur relation. Non, ils n'en avaient même pas besoin. Elle avait été blessée par des mensonges, la vérité l'avait guérie. Si elle ne se l'était pas avoué immédiatement, c'était par peur de revivre cela un jour. Il fallait qu'elle apprenne la confiance et l'abandon. Dans aucune de ses relations, jamais, elle ne s'était investie à cent pour cent. Avec Ron, elle avait longtemps gardé ses distances, avant qu'il ne soit trop tard. Avec Alec, elle se fichait pas mal de ne pas être avec lui tout le temps car elle n'était pas amoureuse de lui. Et maintenant qu'elle l'était de Drago, elle avait eu peur de s'abandonner complètement à un seul homme, peur de lui laisser tant de pouvoir sur sa vie, elle qui était si indépendante et fière de ce fait. Maintenant, la brune donnerait sans hésiter son indépendance de célibataire contre le réveil du blond. Car elle aimait Drago Malefoy, de tout son être. Elle l'aimait irrémédiablement. Et elle ne pourrait pas être pleinement heureuse tant qu'ils ne seraient pas ensemble.

La brune lui dirait tout ça. Ils avaient encore plein de choses à s'expliquer mutuellement mais l'amour est plus fort que tout. C'était ce qu'elle se répétait, assise là où elle avait passé une des meilleures après-midi en compagnie du blond. S'il guérissait un jour, elle voulait revenir ici aussi souvent que possible. Pique-niquer, se baigner, le provoquer... Voir le désir dans ses yeux, le voir s'énerver quand il ne comprendrait pas le second humour de la jeune femme...

Un sourire triste étira ses lèvres. Elle sentit une larme rouler sur sa joue et l'essuya. Le vent vint glacer la trace laissée par la goutte. D'autre suivirent et Hermione enfouit son visage dans ses genoux, les bras serrés autour de ses jambes. La Gryffondor pleura quelques minutes, en silence, déversant toute son amertume et ses regrets dans ces larmes salées. Quand elle fut calmée, elle releva la tête et posa son menton sur ses genoux, fixant le lac, se remémorant ses moments préférés avec Drago. Un petit sourire triste remplaça ses larmes. Elle se perdit dans ses pensées et n'entendit même pas le petit « plop » caractéristique du transplanage dans son dos.