J'ai galéré pour ce chapitre. Ce que j'avais écrit à la base ne me convenait pas du tout alors j'ai tout réécrit, j'étais pas satisfaite... bref, ça m'a pris un temps fou alors j'espère que ça vous plaira quand même !

Winlie-chan : Oui, je vous poste la suite, maintenant, ahah.
Shana : Tu vas vite le savoir :D

LIII •

Le nouveau venu fit un pas puis s'arrêta, les yeux posés sur la jeune femme qui contemplait le lac. Le vent jouait avec ses cheveux, volant entre ses mèches. Elle était perdue dans ses pensées, ses yeux rougis – par le froid ou par les larmes ? - fixant le vide. Il la contempla en silence pendant de longues secondes, ravie de savoir qu'elle n'avait pas conscience de sa présence, car il pouvait profiter de ce fait pour la regarder de tout son soûl. Enfin, défiant l'angoisse qui lui serrait le cœur, cédant au désir qui montait, il fit quelques pas pour se rapprocher d'elle. Les brindilles et les feuilles mortes qui craquèrent sous ses pieds attirèrent son attention.

Hermione sursauta en entendant des pas se rapprocher. Elle tourna la tête, cherchant d'où cela venait. Quand ses yeux se posèrent sur le nouveau venu, elle ouvrit la bouche, tenta d'articuler quelque chose, en fut incapable et la referma. Elle se décala sur son manteau pour lui laisser la place de s'asseoir à ses côtés.

Drago avait l'air épuisé. Des cernes violettes soulignaient ses yeux. Il était encore plus pâle que d'habitude mais son sourire narquois prouvait qu'il allait bien, qu'il était lui même. La Gryffondor ne le lâchait pas des yeux et le détaillait. Il avait enfilé un pantalon marron, un pull taupe dont il avait remonté les manches et avait passé un foulard autour de son cou. Si elle avait déjà senti poindre le désir quand elle l'avait vu, celui-ci ne cessait de monter. Le Serpentard avait beau sembler malade, il n'en était pas moins extrêmement séduisant.

« Comment... que... tu... balbutia la Gryffondor.
- Je savais que je te faisais de l'effet, mais pas au point de t'en faire perdre tes mots, se moqua Drago.
- Je ne m'attendais pas vraiment à te voir ici, grommela la brune, piquée sa taquinerie. »

Hermione tourna de nouveau les yeux sur le lac pour ne pas montrer le lent rougissement qui s'emparait de ses joues. Oui, il avait entièrement raison, il lui faisait beaucoup d'effet. Peine perdue, il s'en rendit compte et s'en amusa.

« Tu rougis parce que je te fais réellement de l'effet ? »

La question ne fit qu'accentuer son rougissement, pour le plus grand bonheur du Serpentard. Il avait envie d'attraper le menton de la brune et de l'embrasser, de lire le désir dans ses yeux, de sentir son corps contre le sien... mais il se retint et se contenta de sentir son épaule contre la sienne.

La Gryffondor était perdue dans un tourbillon d'émotions. Au-delà du désir qui naissait dès que Drago était tout proche, elle sentait le soulagement l'envahir. Il était sorti de Sainte-Mangouste, il allait bien, il était réveillé. Un petit sourire étira ses lèvres.

« Qu'est-ce qui te fais sourire ?
- Tu vas mieux, avoua la jeune femme sans détour. »

L'aveu rendit le Serpentard silencieux. Il contempla le petit lac à son tour, retournant la phrase dans tous les sens, bien conscient de la joie que ces trois petits mots procuraient en lui.

« Quand est-ce que tu t'es réveillé ? demanda Hermione.
- Ce matin.
- Quoi ? Mais pourquoi Pansy ne m'a pas prévenue ? s'écria-t-elle.
- Parce que je le lui ai demandé. »

La brune tourna vivement la tête et considéra le blond d'un regard vexé qu'il interpréta comme il faut.

« Je ne voulais pas que tu me voies comme ça, lâcha-t-il comme explication.
-Je suis restée à ton chevet pendant cinq jours, répliqua-t-elle, sarcastique.
- Je préférais te voir une fois sorti de l'hôpital. »

Hermione soupira intérieurement. Qu'il pouvait être buté et fier quand il s'y mettait. Elle ne bouda pas longtemps, consciente qu'il n'avait pas du aimer le fait de se retrouver à l'hôpital et encore moins pendant cinq jours. Et puis, elle était trop heureuse de savoir qu'il allait bien pour lui en vouloir bien longtemps.

« C'est étonnant que les médicomages t'aient laissé partir, d'ailleurs.
- Je ne leur ai pas vraiment donné leur avis, grogna-t-il. »

La Gryffondor fut secouée par un petit rire. C'était étrange comme son humeur avait brusquement changé. Il y a dix minutes encore, elle était désespérée, triste et malheureuse. Maintenant que Drago était à côté d'elle, elle se sentait bien mieux.

« Je crois que je dois te remercier pour m'avoir sauvé la vie, lâcha-t-il avec une pointe d'ironie dans la voix, rappelant à Hermione un autre moment, au manoir de Pansy.
- Nous sommes quittes, fit celle-ci. »

Ils se turent, profitant du silence. Chacun se gorgeait de la présence de l'autre. Ils avaient tous les deux envie de dire une foule de choses à l'autre mais les mots ne sortaient pas, les pensées étaient désordonnées, alors il gardait le silence. Hermione jouait distraitement avec une feuille morte jusqu'à ce que les doigts du Serpentard la remplace. Elle fixa leurs doigts entrelacés et l'absence de la bague de fiançailles lui sauta de nouveau aux yeux.

« Tu n'as plus d'anneau, constata-t-elle d'une voix neutre, essayant de masquer le soulagement que cela lui procurait. »

Drago eut un sourire narquois.

« Je l'ai enlevé le soir du mariage. »

La brune ne répondit rien, attendant la suite. Elle n'osait poser de questions, de peur que ses espoirs ne s'effondrent et retenait presque sa respiration. Mais elle voulait l'entendre lui dire qu'il avait définitivement rompu toute relation avec Colombe, que cette femme n'interviendrait plus jamais dans leur vie. Alors, si c'était le cas, elle ferait ce qu'elle s'était juré et lui dirait en face tout ce qu'elle lui avait chuchoté à Sainte-Mangouste, tout ce qu'elle avait sur le cœur et qu'elle ressassait depuis des jours.

« Colombe est retournée en France. Je crois que, cette fois-ci, elle a clairement compris que je ne voulais d'un mariage avec elle.

Hermione relâcha enfin sa respiration, n'osant pas jeter un coup d'œil au blond de peur que sa satisfaction soit trop évidente. Elle essayait d'imaginer ce qu'il avait pu dire à la Française mais elle se doutait qu'elle était loin de la réalité. Drago pouvait se montrer violent lorsqu'il était en colère. Un frisson la parcourut. C'était à la fois d'inquiétude, car elle se demandait comme c'était passé la confrontation, et de plaisir, parce que cela signifiait qu'il n'y avait plus rien qui se dressait entre elle et Drago. Plus rien, hormis une discussion qu'ils devaient avoir.

« Je ne te savais pas jalouse, la railla Drago, amusé. »

Hermione tourna la tête pour voir son visage, manquant de s'étrangler. Quand elle vit qu'il plaisantait elle rougit légèrement mais ne détourna pas les yeux

« J'avais de quoi, non ?
- Non.
- Non ? répéta-t-elle en haussant un sourcil.
- Elle n'a jamais partagé ni ma chambre, ni mon lit. »

La phrase ne contenait aucune accusation cependant la Gryffondor se raidit et récupéra sa main pour passer ses bras autour de ses jambes, désormais repliées contre son torse. Le Serpentard avait parfaitement maîtrisé sa voix, ne dévoilant rien de ce qu'il sous-entendait vraiment, mais la soudaine tension qui l'habitait était assez révélatrice aux yeux de la brune. Elle ferma les yeux. Il fallait bien qu'ils y viennent.

« J'ai regretté d'avoir fait ça dès qu'il est parti. Dès que j'ai pris conscience de ce que j'avais fait.
- Alors pourquoi l'avoir fait ?
- Parce qu'il était là. »

Sa gorge se noua et elle inspira longuement pour faire disparaître la boule qui y grossissait et garder une voix égale.

« Je venais de quitter Ginny et Pansy, je ne faisais que repenser à ce que j'avais lu, au fait que tu allais te marier. J'avais mal, continua-t-elle, les larmes brouillant sa voix, et Alec était là. Je me suis dit que, peut-être, si je me concentrais sur sa présence je pourrais t'oublier et que la douleur disparaîtrait, au moins pendant un temps. Et puis, même si j'étais persuadée que tu n'en avais rien à faire de moi, que tu t'étais simplement amusé, j'espérais que si tu apprenais que je le fréquentais à nouveau ça te blesserait aussi. »

Elle avait senti que Drago se raidissait au fil de son discours mais ne s'était pas arrêtée pour autant. S'ils voulaient crever l'abcès, et elle le voulait, elle voulait retrouver le Serpentard, il fallait le faire maintenant.

« Au lieu de croire aveuglément ce que racontait ce journal j'aurais du venir te voir, te mettre devant le fait et entendre tes explications, regretta-t-elle, amère.
- Ce qui est fait est fait, répliqua-t-il d'une voix un peu trop acide au goût de la brune.
- Je sais.
- Pourquoi as-tu si facilement cru que je te trompais ? »

La question était pleine d'une peine mal contenue. Hermione comprit que Drago était blessé parce qu'elle n'avait pas plus cru en lui. Elle avait gobé les yeux fermés ce que racontait le Sorcière Hebdo, sans chercher à avoir d'explications, persuadée que cela finirait par arriver. Elle pouvait comprendre que cela blesse le jeune homme.

« J'ai confiance en toi, commença-t-elle, répondant à l'interrogation muette de Drago, à cette question qui était la cause de la blessure la plus profonde. Je te confierais ma vie, sans hésitation, si on me le demandait. Mais... »

Elle inspira, cherchant à trouver la force de se jeter à l'eau. Assurément, ce qu'elle allait dire n'allait pas plaire au Serpentard. Pourtant, elle le devait.

« Je ne me suis jamais investie dans mes relations amoureuses. J'ai retardé les choses avec Ron jusqu'à ce que soit trop tard. Avec Alec, je savais que je n'étais pas attachée et que je pourrais me séparer de lui quand je le souhaitais. Avec toi... avec toi c'était différent, souffla-t-elle. Tu t'es imposé, petit à petit, jusqu'à devenir indispensable. J'avais besoin de toi constamment, ta présence était essentielle, je ne dormais jamais aussi bien que quand tu étais là... Pour la première fois, j'avais besoin de quelqu'un, j'étais dépendante de quelqu'un. De toi. Ça m'effrayait littéralement, même si je ne le savais pas. Et je gardais, au fond de moi, la peur que ça ne dure pas éternellement. J'avais peur de te perdre et d'être blessée. Peur que, par exemple, tu n'aies pas changé et que tu sois toujours le même qu'à Poudlard. Dans ce cas-là, qu'est-ce qu'un sang-pur tel que toi ferait avec une née-moldue comme moi ? L'article a été comme la confirmation de mes pires craintes et je l'ai cru aveuglément. Parce que c'était plus facile que de se dire que j'avais besoin de toi, plus que de personne d'autre. »

La brune avait dit ça d'une traite, sans s'arrêter malgré sa voix tremblante, et le silence s'installa à la suite de son discours. Elle n'osait pas regarder le Serpentard, de peur d'y lire le rejet dans ses yeux. Dans ce cas là, toutes les fins heureuses qu'elle s'était imaginé n'existeraient jamais. Elle fut étonnée quand Drago parla, d'une voix plutôt douce pour lui.

« Tu as besoin de moi ? »

Hermione tourna la tête et soutint le regard gris du jeune homme. Puis elle hocha la tête, une fois, simplement.

« Répète-moi ce que tu me disais, quand j'étais dans le coma, demanda-t-il.
- Tu te souviens de ce que je te disais ? s'exclama-t-elle. »

Elle se sentit aussitôt rougir. Elle lui avait confessé de nombreuses choses, certaine qu'il ne s'en souviendrait pas, car elle-même gardait des souvenirs troubles de son sommeil comateux. Des choses qu'elle n'était pas certaine de vouloir lui dire comme cela, tout de suite.

« Pas de tout. Même si j'ai l'impression qu'il devait y avoir des choses intéressantes, répliqua-t-il en notant ses joues écarlates. Mais il y avait une phrase, que tu répétais tout le temps. Si c'est la réalité, dis-la. »

La brune hésita un instant. Elle n'avait cessé de lui parler pendant cinq jours et elle se répétait parfois. Pourtant, elle savait de quoi il voulait parler. D'une phrase qu'elle avait du dire au moins une bonne dizaine de fois. Et qu'il avait retenue. Hermione lu une supplique silencieuse dans le regard du Serpentard et lâcha doucement, chuchotant presque, les yeux baissés, incapable de soutenir les yeux impénétrables du blond plus longtemps :

« Réveille-toi, j'ai besoin de toi, qu'on soit ensemble, pour être heureuse. »

Les yeux résolument fixés sur ses doigts, elle se sentait presque soulagée. Elle l'avait dit. Elle avait avoué qu'elle avait besoin de lui, envie de lui, pour que son bonheur soit complet. L'épaule de Drago qui touchait la sienne se détendit. Ses paroles l'avait soulagé ? S'inquiétait-il, lui aussi, de la façon dont il serait accueilli ? Si c'était cela, il n'avait plus aucun soucis à se faire puisque Hermione venait de lui dire, sans aucun doute possible, qu'elle le voulait, lui et seulement lui, qu'elle avait besoin de lui.

Peut-être que cet aveu allait pouvoir tout simplifier, effacer le passé et leur permettre de reprendre là où ils s'étaient arrêtés. C'était peut-être le cas pour Drago, rectifia-t-elle amèrement, mais par pour elle. La brune lui avait tout avoué, elle lui avait expliqué son comportement. Mais trop de questions tournaient encore dans son esprit. Elle aussi avait besoin de savoir pourquoi. Pourquoi avait-il couché avec Nadja. Pourquoi avait-il si facilement cru le fait qu'elle le trompait avec Alec ? Lui aussi aurait pu s'empresser de venir mettre les choses au clair, ce qu'il n'avait pas fait, préférant se contenter de ce qu'il avait vu, l'interprétant comme c'était possible.

« Mais ? fit Drago en réponse à sa précédente phrase. »

Hermione releva la tête, toujours autant étonnée de voir qu'il pouvait la comprendre rien qu'en la regardant. Il avait perçu sa réserve sans qu'elle n'ait besoin de l'exprimer.

« Mais tu as couché avec Nadja. Mais tu as facilement avalé le fait que je te trompe avec Alec, sans objecter. »

La Gryffondor ne demanda pas pourquoi, sachant que Drago comprendrait la question sous-jacente.

« Avec Nadja, c'était pour me prouver que tu ne m'attirais pas, lâcha-t-il de but en blanc. »

La brune tourna la tête, ébahie par sa réponse. Les questions se bousculaient sur le bord de ses lèvres mais Drago reprit la parole, sans attendre son intervention. Lui aussi sentait que c'était le moment de dire la vérité, de ne rien cacher à l'autre s'ils voulaient pouvoir reconstruire quelque chose de solide.

« Je t'ai toujours détestée. Tu étais une insupportable Miss-Je-Sais-Tout, une sang-de-bourbe à l'époque où je croyais encore à cette distinction de sang, une Gryffondor. C'était normal pour moi de ne pas t'aimer. Quand je suis devenu ton équipier, je ne m'attendais pas à une collaboration facile. Mais tu m'es devenue sympathique. Je me confiais à toi, je te désirais, savoir que Jack ou un autre te convoite m'était intolérable. Alors j'ai couché avec Nadja pour me prouver que ce n'était qu'une histoire d'attirance purement physique, qu'il n'y avait rien d'autre que cela. Comme ça avait toujours été le cas me concernant. »

Il eut un petit sourire, à la fois amer et ironique. C'était la première fois qu'il abaissait autant les barrières qu'il érigeait entre les autres et ses pensées les plus intimes.

« Ce qui n'a pas été concluant. Comme toi et Alec. »

La jeune femme sentit la honte s'emparer d'elle à nouveau. Elle baissa les yeux, gênée. Néanmoins, elle ressentait une pointe de satisfaction maintenant qu'elle savait qu'il avait réagit de la même manière qu'elle, une fois. Il ne pourrait plus le lui reprocher impunément. Et, plus encore, elle était heureuse de ce qu'il venait de lui avouer à demi-mot. Son cœur manqua un battement quand il continua et qu'elle entendit les premiers mots.

« C'est la première fois que je m'attache autant à quelqu'un, Hermione. Ce n'est pas dans mes habitudes, c'est quelque chose que mon père aurait pointé comme une faiblesse. J'étais persuadé de ne pas te mériter...
- Pardon, le coupa-t-elle, stupéfaite. Mais... pourquoi ? »

Elle se serait presque étranglée avec son étonnement. Les yeux brillants d'incompréhension, elle fixait le Serpentard. Persuadé qu'il ne la méritait pas ? Comment pouvait-il penser cela ? Lui qui était si sûr de lui, persuadé d'avoir le droit de tout posséder, comment se faisait-il qu'il estime que la jeune femme était trop bien pour lui ?

« Tu es belle, intelligente, courageuse, forte, tu es une très bonne Auror, une amie géniale, tu as un cœur en or. Et moi, je ne suis qu'un ancien mangemort, un lâche qui ne réussit qu'à échouer tout ce que j'entreprends. »

La stupéfaction allait grandissante. Hermione se décala pour faire face au blond et posa une main sur sa joue, résistant à l'envie de se coller contre lui.

« Tu es loin de n'être qu'un ancien mangemort. Tu es un super Auror, tu es séduisant au possible, tu es aussi intelligent que moi, tu as beau le montrer d'une manière particulière, tu tiens à tes amis. Cesse de croire que tu ne vaux rien, Drago. Celui que je connais est attachant, attentionné, drôle, protecteur. Je pourrais continuer longtemps. »

Des larmes de tristesse brouillaient la vue de la brune au fur et à mesure qu'elle parlait. Elle n'avait jamais mesuré à quel point le Serpentard se détestait et cela lui était intolérable. Elle l'aimait tellement qu'elle ne pouvait concevoir que lui-même se haïssait.

La Gryffondor se mit à genoux et avança son visage, posant son front contre celui du Serpentard, les yeux clos. Elle savait que ce qu'elle disait était la vérité. Alors pourquoi ne l'avait-elle pas compris bien avant ? Pourquoi s'était-elle laissée aller à croire qu'il finirait par l'abandonner ? Ils avaient tous deux réagit de la même manière en voyant à quel point ils commençaient à s'attacher à l'autre : en prenant peur. Ils avaient eu peur de s'abandonner complètement dans une relation, chose qu'ils n'avaient jamais faite, l'un comme l'autre. Cela s'était accompagné de la certitude qu'il ne méritait pas Hermione, pour Drago, et de la peur que le Serpentard n'ait pas changé, pour la jeune femme. C'était cela, la cause de leur rupture, plus que les quiproquos et les malentendus. Ceux-ci n'avaient été que l'élément déclencheur. Ils avaient fait le reste tous seuls, avec leurs peurs et leurs doutes.

La main de Drago se glissa dans ses cheveux alors qu'elle en faisait de même. Tout son corps appelait celui du Serpentard, elle mourrait d'envie de l'embrasser, de l'enlacer, de ne plus jamais le quitter.

« Tu as le droit de tourner la page du passé, tu sais, chuchota-t-elle.
- Je pensais que le faire avec toi, répondit-il sur le même ton. Quand je t'ai vue avec Alec, c'était comme si le passé me prévenait qu'il serait toujours là.
- Je suis tellement désolée. »

Sa voix était pleine de larmes.

« Je ne veux pas te perdre. J'ai été idiote de croire que tu n'avais pas changé, j'en ai pleinement conscience. Si tu es prêt à te rendre compte que tu me mérites, comme tu mérites tout ce qui est bon sur terre...
- Quand tu es là, j'en suis persuadé, murmura-t-il.
- Alors plus de doutes ?
- Plus de peur ?
- Tu serais prêt à te lancer dans une relation, pour de vrai ?
- Seulement si c'est avec toi. »

Les larmes qui roulaient à présent sur les joues de la jeune femme était loin d'être des larmes de tristesse. C'était du soulagement. Elle se laissa glisser contre lui, passant ses jambes par-dessus les siennes, posant sa tête contre son torse, laissant les bras du Serpentard se serrer autour d'elle.

Hermione se sentait enfin pleinement apaisée. Drago passa un doigt sur ses joues, essuyant les dernières traces de ses larmes.

« Tu sais, je pensais que, si tu avais été absent une semaine, c'était parce que Colombe était au Manoir... Ce n'était pas le cas, donc ?
- Non. »

Elle n'insista pas mais elle brûlait de savoir ce qui avait retenu le blond tous les soirs pendant une semaine entière. Sa curiosité devait être palpable car Drago toussota puis se décida. Ne venaient-ils pas de décider d'abandonner leurs peurs et leurs doutes ?

« Je rénovais le manoir.
- Il ne m'avait pas l'air d'en avoir besoin, pourtant.
- Je voulais changer tout ce qui pouvait te rappeler ton passage là-bas, ce que tu t'avais fait ma tante... pour que tu puisses y venir, comme moi je venais chez toi. »

La bouche ouverte, elle leva des yeux écarquillés vers un Malefoy qui évitait soigneusement son regard.

« Nous sommes deux idiots, souffla-t-elle.

C'est ce que Pansy n'arrête pas de dire, grogna le blond. »

La brune eut un petit rire dépité.

« Elle a raison. Ils avaient tous raison. Nous aurions pu éviter ces semaines de...
- De ?
- De souffrance. C'était les pires semaines de ma vie... »

Drago serra un peu plus la jeune femme contre lui, dans un geste lui indiquant qu'il n'avait pas été en reste. Hermione se mit à passer ses doigts le long de son bras, appréciant de voir des petits frissons apparaître.

« Ton dos est vraiment guéri, alors ?
- Oui.
- Je craignais que... commença-t-elle.
- Que la magie noire ne soit pas guérissable ?
- Oui...
- Je suis coriace.
- Je n'en doutais pas, souffla-t-elle. Tu as un don pour vaincre la magie noire. »

Le sous-entendu était clair et le blond y répondit en enfouissant son visage dans les cheveux de la jeune femme. Il eut un petit rire et releva la tête.

« Par contre, pour ce qui est de vaincre Pansy...
- Ton réveil a été difficile ? s'amusa la brune.
- Elle a été inquiète cinq minutes. Puis elle m'a ordonné de quitter ce hôpital, de te trouver et de te parler. Elle a même insinué que, si je ne le faisais, c'est que je n'avais pas de... enfin, tu vois, et qu'elle se ferait un plaisir de me les enlever pour de vrai si elles ne me servaient à rien. »

La grimace anticipée de douleur fit rire Hermione.

« Les hormones la travaillent déjà.
- Elle va être insupportable. Je plains Weasley.
- C'est elle qui t'a dit que j'étais ici ? demanda la Gryffondor. Comment a-t-elle pu savoir ?
- Non, elle m'a dit qu'elle t'avait obligée à rentrer chez toi. Je suis passé au manoir me changer et Maki m'a indiqué que quelqu'un avait pénétré la propriété, vers le petit lac. Je suis venu me voir, me doutant de qui c'était. »

Hermione se mit à rougir, pour le plus grand bonheur du blond qui eut un petit sourire plein de tendresse. Drago la serrait contre lui, de toutes ses forces mais en même temps avec une infinie douceur. Le souffle de la Gryffondor lui chatouillait le cou et il aurait souhaité que ce moment dure toujours. Il avait peur de la lâcher, peur que tout cela s'évanouisse et qu'elle disparaisse. Il enfonça son visage dans sa chevelure, déposant de légers baisers sur son crâne.

Hermione avait envie de tout, sauf de disparaître. Cette étreinte était comme une dose de drogue après un long sevrage : salvatrice, libératrice. Dans ses bras, c'était comme si ces dernières semaines n'avaient pas existé. Elle sentit une vague de désir et d'amour l'envelopper tandis qu'il déposait ses lèvres dans ses cheveux et se colla un peu plus à lui, comme pour s'assurer qu'il était bien là, entrain de la tenir dans ses bras.

Ils s'enlacèrent ainsi un long moment, aucun des deux ne souhaitant rompre cette étreinte. Ils ne voulaient pas se quitter, refusaient de laisser l'autre partir. Alors ils restèrent, face au petit lac.