Nedwige Stew : Voici le 54e, tant attendu :P
Yui19993 : Oh c'est gentil et, en même temps, c'est un super compliment. Parce que c'est quand même un peu le chapitre de dénouement, tout ça tout ça. Alors je suis contente qu'il te plaise :)
Lula : Si je continue à avoir des gens qui me suivent comme ça, qui sont aussi gentils, oui, j'écrirais toujours plein de fic parce que c'est un plaisir de vous y faire partager *-*
Swangranger : Mais de rien :D Merci à toi de me donner ton avis !
Milimagine : J'espère que ce sera pas trop rapide à ton goût, alors, quand ils se diront réellement je t'aime ;) Des frissons, carrément... Je suis vraiment heureuse que tu accroches autant à ma fic, et j'espère que les prochaines aussi te plairont ! *-*
Shana : Bientôt le bisou, bientôt :D
Aly : Merci beaucoup *-*

LIV •

« Hé...
- Hmmm ?
- Ouvre les yeux. »

La voix avait beau être douce et apaisante, elle la tirait quand même du sommeil dans lequel elle était plongée. Avant d'obéir à la demande, Hermione profita un instant des sensations ressenties. Elle était allongée contre Drago – ou plutôt, sur Drago, son dos contre son torse, leurs jambes collées – et sentait une main jouer avec ses cheveux tandis que l'autre était posée sur son ventre. La tête reposant au creux du cou du Serpentard, la jeune femme sentait son parfum qu'elle aurait pu respirer indéfiniment. Finalement, elle se sentait parfaitement prête à se rendormir et à rester ici pour l'éternité mais un mouvement du jeune homme la fit se redresser.

La brune s'écarta légèrement de Drago qui la fixait, son regard mêlant amusement et tendresse. Tendresse qui fit bondir le cœur de la jeune femme. Tout ça – dormir contre lui, sentir ses caresses, son odeur, le voir lui sourire, voir cette lueur tendre dans ses yeux – tout ça lui avait horriblement manqué, elle s'en rendait compte maintenant qu'elle y avait de nouveau droit. Hermione se frotta les yeux pour tâcher de les ouvrir un peu plus.

« Je me suis endormie ? bailla-t-elle.
- Oui, répondit-il avec un petit sourire.
- Combien de temps ?
- Ça doit faire presque une heure. Je ne sens plus mes jambes. »

Hermione poussa une petite exclamation désolée et se leva aussitôt. Loin de la chaleur que lui procurait le corps du blond, elle sentit aussitôt le froid mordant. La journée touchait à sa fin : le soleil était presque couché, n'éclairant plus que très peu le ciel. Le champ alentour s'était rempli d'ombres, à l'instar du lac. Le vent soufflait un peu plus fort et le froid se faisait donc plus pressent. Dès que Drago fut debout, elle s'empressa de récupérer son manteau, ignorant les quelques feuilles qui y étaient collés.

La Gryffondor détailla le visage du Serpentard, incapable de ne pas le faire. Elle sentit son cœur se serrer et la culpabilité grandir quand elle nota son visage plus creusé que tout à l'heure, et à quel point il avait l'air fatigué.

« Tu as l'air épuisé, tu n'aurais pas du sortir aujourd'hui...
- Tu insinues que j'ai une mauvaise tête ? »

La question prit au dépourvu la brune qui sentit l'affolement la gagner. Non, elle n'avait pas voulu dire ça, et elle ne voulait pas qu'il prenne mal ses propos. Avant qu'elle n'ait eu le temps de trouver comment rectifier le tir, elle vit que les yeux fatigués du blond brillaient d'amusement. Il se fichait d'elle. Le soulagement fut mêlé de gêne. Pourquoi est-ce que tout ne pouvait pas être si fluide, si normal qu'avant.

« Je voulais plutôt dire que tu aurais du rester te reposer à l'hôpital.
- Je peux aussi bien me reposer chez moi, contra-t-il.
- Alors rentrons. »

Il attrapa la main de la Gryffondor et lui jeta un regard pour lui demander si elle était prête. Celle-ci était inquiète, pas par l'idée de transplaner, mais plutôt par l'idée que Drago manquait peut-être de forces.

« Tu es sûr que tu as la force de transplaner ?
- Plus que celle de marcher, répliqua-t-il. »

La brune hocha la tête, partagée entre le soulagement et l'inquiétude. Elle ne ne sentait pas de marcher pour échapper aux protections du manoir mais n'avait pas envie que Drago s'épuise encore plus. Quoiqu'il en soit, il n'en ferait qu'à sa tête, elle le savait pertinemment, alors elle ne lui lâcha pas la main et se laissa entraîner lorsqu'il transplana.

Ils arrivèrent sur le perron de son manoir. Drago ne retira pas sa main et Hermione ne fit aucun geste pour amorcer la séparation.

La jeune femme resta silencieuse, observant le blond en coin. Elle se sentait aussi gênée que lorsqu'elle s'était rendue compte qu'il lui plaisait, des mois auparavant, et qu'ils avaient commencé à se tourner autour. La brune n'osait pas croiser son regard et trouvait subitement très intéressants les nombreux détails des pierres qui fondaient la demeure. Ce qui changeait, par rapport à la première fois, c'était que Malefoy aussi faisait preuve d'une retenue pudique. Il n'avait pas tout ces petits gestes parfaitement calculés qui déclenchaient tant de choses chez Hermione et qui avaient contribué à faire avancer leur relation. Non, il se tenait droit, devant la Gryffondor, ne la lâchant pas des yeux.

Tout du moins, c'est ce qu'elle croyait. Car la timidité n'était pas du tout dans la nature de Drago. S'il la contemplait, en silence, s'était comme pour se rassasier de cette vision. Il n'avait pas pu regarder Hermione pendant des semaines sans que l'animosité n'apparaisse dans le regard de l'un ou de l'autre. Savoir que tout cela était derrière eux lui procurait un étrange sentiment de satisfaction.

Cependant, il ne resta pas bien longtemps sans rien faire. Il n'avait pas oublié à quel point Hermione pouvait rougir d'un simple contact et il n'avait jamais oublié l'effet que cela lui faisait, à lui. Le pouvoir qu'il avait sur le corps de la jeune femme avait toujours créé une vague de désir chez le Serpentard. Il n'avait plus envie que d'une chose désormais : Hermione. Il n'aspirait qu'à la toucher, la sentir contre lui, respirer son odeur... Lorsqu'elle s'était endormie, complètement apaisée, il s'était senti calme, lui aussi. La tenir contre lui l'emplissait de sérénité, il sentait son parfum, pouvait enfouir son visage dans ses cheveux... Et maintenant qu'elle se trouvait en face de lui, la tête baissée, les joues rosies par le froid et par la gêne, il avait envie de le voir rougir, de la voir frissonner. Il avait envie de voir qu'il lui faisait toujours autant d'effet. Alors il s'avança, réduisant l'espace qui les séparait, de son pas félin, son petit sourire en coin accroché à ses lèvres.

Hermione le vit bouger et releva la tête. Voir de nouveau Drago sourire ainsi, ses yeux brillants de désir et d'amusement renouvela le désir qu'elle ressentait depuis plusieurs heures. Elle recula, incapable de le lâcher des yeux, jusqu'à ce que son dos soit collé contre le bois de la porte et bloqué par le corps de Malefoy. Son souffle commençait déjà à devenir erratique et elle se demandait comment diable il faisait pour lui faire toujours autant d'effet. S'il avait posé sa main sur sa poitrine, il aurait sentit son cœur qui battait à tout rompre.

Le Serpentard baissa les yeux vers la jeune femme, savourant le contact entre leurs corps.

« J'ai terriblement envie de t'embrasser, murmura-t-il, leurs yeux si proches qu'elle les voyait parfaitement contempler la moindre parcelle de son visage.
- Alors embrasse moi, répondit-elle, le souffle court. »

Ils se fixèrent, plongeant dans le regard de l'autre, absorbant le souffle que leurs lèvres rejetaient puis Hermione se hissa sur la pointe des pieds au moment où Drago se penchait et leurs bouches se touchèrent enfin. Leur baiser fut d'abord doux, presque timide, puis devint plus passionné. La Gryffondor fourra sa main dans la chevelure blonde de Drago qui en faisait de même, leurs corps se collant l'un à l'autre, comme deux aimants irrésistiblement attirés.

Hermione en resta haletante, sensation qu'elle n'avait jamais oubliée mais qu'elle avait cru ne jamais plus ressentir. Drago mourrait de désir en la voyant ainsi, les joues rouges d'excitation, le souffle court, et il ne put contenir une réaction physique qui n'échappa pas à la brune et qui accentua son rougissement. Une vague d'envie refoulée depuis trop longtemps monta en elle, trop vite refrénée par sa conscience. Elle savait qu'elle ne voulait qu'une chose : Drago, pour elle et rien que pour elle. Pour toujours. Elle l'aimait, tout son corps le hurlait.

Mais elle devait d'abord se retrouver un peu seule, au moins ce soir, pour repenser à ce qu'ils s'étaient dits. Et puis, elle n'avait aucune envie de reprendre directement leur relation dans un lit, d'où provenaient la majorité de ses doutes.

Alors elle se contenta de l'embrasser – malgré la frustration qui lui ordonnait de lui sauter dessus - aussi tendrement que possible, sa main sur sa joue, comme pour lui insuffler ce dont elle était le plus sûre, à savoir qu'il était tout pour elle et qu'elle s'accrochait à lui comme on le ferait à une bouée en plein milieu de l'océan. Il lui rendit son baiser et elle sentit à son tour tout le désespoir qu'il y mit, ayant trop longtemps convoité une femme qu'il pensait hors d'atteinte – ce qui était une première pour lui.

Hermione rompit le baiser pour enfouir sa tête contre son torse et profiter autant que possible de cette étreinte apaisante.

« Passe une bonne soirée, murmura-t-elle enfin en reculant d'un pas. »

Il attrapa une mèche brune et la glissa derrière l'oreille gauche de la jeune femme avant de la contempler sans qu'elle ne puisse interpréter son regard.

« Toi aussi. »

Puis ils se séparèrent, même si chacun aurait préféré pouvoir garder l'autre près de lui.

Une tasse de thé en main, installée sur sa terrasse, Hermione contemplait les toits de Londres, ses pensées toutes tournées vers Drago. Elle avait encore rêvé de lui cette nuit et, à se souvenir, ses joues devinrent écarlate. Le rêve avait été particulièrement réaliste et vivant. Heureusement qu'elle vivait seule et qu'elle n'avait pas à affronter le regard entendu de potentiels colocataires. Seul Lumos avait dormi avec elle et, actuellement, il se préoccupait surtout de laper son lait avec précaution, dans la cuisine. En même temps, vu le désir qui les avait saisis, elle et Drago, désir inassouvi, il était presque normal qu'elle fasse un rêve pareil.

Elle poussa un petit soupir, souffla sur sa tasse et bu une gorgée. Elle était incapable de penser à autre chose qu'au Serpentard. Si elle fermait les yeux, son image apparaissait. Si elle pensait à ses amis, il reprenait inévitablement le contrôle sur ses pensées. Quoiqu'elle fasse, elle finissait toujours par revenir à lui. Et à leur relation.

S'ils étaient de nouveau libres de former un couple, ce dont ils avaient très envie, l'un comme l'autre, et qu'ils avaient plus ou moins décidé alors qu'ils étaient au bord du lac, la brune ne savait pas comment s'y prendre. Il subsistait une petite gêne quand elle était avec le Serpentard, le poids des semaines passées refusant de s'envoler complètement. Elle savait avec certitude ce qu'elle voulait, désormais. Elle voulait être avec lui, convaincue de qui il était, tous ses doutes envolés. Elle se demandait d'ailleurs comment elle avait pu en avoir. Mais ce qui était fait était fait, il ne lui servait à rien de ressasser le passé.

Il fallait se concentrer sur l'avenir. Hermione se mâchonnait donc la lèvre, cherchant comment ils pourraient reprendre leur relation. Faire comme si de rien n'était ne serait pas la bonne solution. Ils étaient incapables d'oublier ces derniers mois, mieux valait vivre avec plutôt que de tenter d'y cacher au fin fond de soi-même jusqu'à ce que cela créé de nouveaux griefs. Non, elle préférait pouvoir en parler avec Drago, en plaisanter, plutôt que de devoir faire de ce sujet un sujet tabou.

Mais alors que faire ? Ils n'allaient pas discuter éternellement, il fallait agir. Avec un gémissement de désespoir, elle avala une nouvelle gorgée de thé.

Un coup fut frappé à la porte qui s'ouvrit aussitôt. La jeune femme sortir de sa torpeur et tourna la tête pour voir qui débarquait ainsi chez elle. Que la tignasse rousse de Ginny apparaisse ne l'étonna pas du tout. Sa meilleure amie s'installa sur un des fauteuils en face de Hermione, le regard brillant de curiosité.

« Raconte moi tout !
- Bonjour, moi aussi je suis contente de te voir, lâcha Hermione, amusée. »

La rouquine se releva, l'enlaça avant de se rasseoir, la fixant exactement de la même manière qu'une minute auparavant.

« Quand êtes-vous rentrés ? demanda la brune.
- Il y a dix minutes.
- Tu as abandonné Harry sitôt arrivée ?
- Il voulait venir, mais je lui ai dit qu'on devait parler entre filles.
- Tu étais si pressée de me voir ? railla la brune.
- Allez, raconte, il s'est forcément passé quelque chose en plus d'une semaine, la supplia Ginny. Même si, si c'est le cas, je t'en voudrais de ne pas m'avoir envoyé de hibou.
- Il s'est en effet passé des choses mais j'ai une bonne excuse pour le hibou ! Viens. »

Hermione se leva, délaissant la terrasse et le froid matinal pour l'agréable chaleur de son salon. Elle s'occupa de servir une tasse de thé à Ginny, lui tendit une corbeille avec des viennoiseries, en prenant, bien sûr, tout son temps. Dès qu'elles furent assises, Lumos prit possession des genoux de la Weasley qui contemplait sa meilleure amie, avide d'avoir tous les détails. La brune eut un petit sourire et, tout en déchirant un bout de pain au chocolat, interrogea Ginny.

« Alors, cette lune de miel ?
- Oh, c'était parfait ! L'endroit était sublime, Mione. Mais je ne suis pas venue pour parler de mes vacances.
- Je m'en doutais, grommela la brune.
- Que s'est-il passé ? Si tu me dis qu'en deux semaines tu n'as pas eu le temps de parler à Drago, je te jure que, avec Pansy, on vous enferme dans un cachot jusqu'à ce que vous soyez réconciliés. »

L'air farouche et décidé de sa meilleure amie eut le mérite de plonger Hermione dans un petit fou rire, qui se calma rapidement quand elle manqua de s'étouffer avec son pain au chocolat. Elle toussota pour faire disparaître les dernières miettes coincées dans sa gorge.

« Pas besoin de nous enfermer. En fait, on ne s'est pas vu ni parlé pendant plus d'une semaine...
- Vous êtes désespérants.
- Gin, si tu me coupes tout le temps, je ne te raconte pas, grommela Hermione.
- D'accord, d'accord. »

Elle porta sa tasse à ses lèvres, les yeux fixés sur Hermione, une lueur angélique brillant dans ceux-ci.

La Gryffondor eut un petit soupir amusé. Puis elle relata les faits à la rouquine.

« Williamson m'a convoquée. Il avait besoin que je m'occupe d'une mission. Avec Drago. Je m'ennuyais depuis dix jours, je tournais en rond chez moi, toute seule. Harry et toi qui étiez en lune de miel, Ron et Pansy qui étaient trop occupés par je-ne-sais-quoi et Blaise qui était concentré sur le boulot... Bref, j'ai immédiatement accepté. Il voulait qu'on s'introduise chez Selwyn, un mangemort, et qu'on l'arrête. Drago était déjà allé en repérage. »

Hermione lui raconta tout dans les moindres détails, sachant qu'elle n'échapperait pas à la moindre question de la Weasley. Les petites phrases qu'ils se lançaient, la lueur de désir quand elle avait enlevé son t-shirt, l'entrée dans le manoir et tout le reste. Jusqu'au moment où le vase explosa. Elle lui décrivit la sensation ressentie puis le duel qui s'était engagé contre le mage noir. Et, enfin, le moment où elle avait vu Malefoy, inconscient, ne respirant plus que faiblement.

« Mais il va bien ? la coupa Ginny. Oui, je suppose que oui. Tu n'aurais pas cette tête, sinon. »

Hermione grimaça mais ne dit rien, sachant que c'était parfaitement vrai. Elle savait qu'elle avait repris des couleurs, mais les derniers jours n'avaient pas du être fameux : enfermée à l'hôpital, sans jamais sortir, ne revenant que pour se doucher et se changer.

« Je suis sortie aussi vite que possible du manoir, le faisant léviter. Il avait perdu du sang et son dos... J'ai transplané à Sainte-Mangouste et les médicomages se sont occupés de nous. Mais il est resté cinq jours dans le coma. »

Ginny calcula rapidement et fronça les sourcils.

« Il ne s'est donc réveillé qu'hier ?
- Oui. J'ai passé mes journées dans sa chambre, incapable de le laisser, de... »

Le regard entendu de sa meilleure amie la fit lever les yeux au ciel. Oui, elle savait très bien à quoi elle pensait. Que, dans une situation similaire, Malefoy avait fait exactement la même chose. Elle le savait, qu'ils avaient été idiots, si Ginny pouvait arrêter de la regarder comme ça...

La brune continua néanmoins, expliquant comment Pansy l'avait virée de la chambre de Drago – ce que Ginny approuva totalement, ce qui fit grogner Hermione. Elle ne passa pas sous silence sa crise de larmes une fois rentrée chez elle, et les yeux de sa meilleure amie brillèrent alors de compassion, mais elle ne l'interrompit pas une nouvelle fois. Hermione lui expliqua qu'elle s'était endormie pour ne se réveiller qu'au petit matin, qu'elle avait tourné en rond pendant un moment, puis qu'elle s'était décidée à sortir. De là, elle avait eu l'idée de transplaner à l'endroit où ils avaient passé un après-midi magique.

« Tu verrais comme c'est beau, Gin. Bref, j'étais plongée dans mes pensées, entrain de réfléchir à trop de choses quand, d'un coup, il était là. »

Ginny poussa une exclamation ravie, les yeux brillants d'impatience. Elle avait complètement oublié que la brune ne lui avait envoyé aucun hibou, toute sa concentration dirigée vers l'histoire de sa meilleure amie. Celle-ci lui avoua le soulagement ressenti et la joie à l'idée de le voir en bonne santé.

« On a parlé, de son état, de Colombe... Il n'avait plus d'anneau autour du doigt depuis le soir de votre mariage.
- Il l'a enlevé quand il s'est absenté ? devina Ginny.
- Je pense. Il ne m'a pas raconté les détails, et je ne lui ai pas demandé, compléta Hermione avec un petit frisson, mais il m'a dit qu'elle avait compris qu'il ne voulait pas d'un mariage avec elle.
- Je pense qu'elle a passé un mauvais moment, lâcha Ginny, sans aucune compassion.
- Oui, grimaça la brune. Ensuite, on en est venu à Alec. Je lui ai expliqué ce que je ressentais à ce moment là, pourquoi j'avais fait ça... »

La moue de Ginny lui montra que sa meilleure amie n'avait pas du tout oublié cet épisode et qu'elle ne le cautionnait toujours pas.

« Je lui ai dit que j'avais besoin de lui. Il m'a demandé de lui répéter ce que je lui disais quand il était dans le coma, une phrase dont il se souvenait et qu'il voulait m'entendre dire, en face de lui.
- Quelle phrase ? demanda Ginny.
- Que je voulais qu'il se réveille, que j'avais besoin de lui, qu'on soit ensemble pour être heureuse, avoua la brune, les joues roses.
- Ah, il était temps que tu le reconnaisses, grommela la rouquine. »

Hermione lui tira la langue, partagée entre l'amusement et la culpabilité.

« Tu lui as dit, alors ? la relança son amie.
- Oui. Il a compris de lui-même qu'il y avait encore des choses qui me dérangeaient. Alors je lui ai demandé des explications pour Nadja et sur le fait qu'il avait facilement avalé ma tromperie. Il a... Gin', il a dit qu'il ne me méritait pas, relata-t-elle, toujours aussi incrédule. »

Ginny fut aussi stupéfaite qu'elle. Hermione ne lui expliqua pas tous les détails cette fois-ci, refusant de partager certains secrets qui n'appartenaient qu'au Serpentard, mais la rouquine pu comprendre l'ensemble. Elle continua donc à lui rapporter la conversation et en vint à sa conclusion. Il avait eu la même réaction, les mêmes réserves, et toute cette histoire n'avait été qu'un moyen pour qu'elles s'expriment.

La brune poussa un petit soupir, ne pouvant cesser de se dire que, s'il elle était allée voir Drago pour le confronter à l'article, s'il l'avait empêchée d'entrer avec Alec, ils auraient évité des semaines de tortures mutuelles. Mais, en même temps, peut-être que leurs doutes auraient ressurgi, plus tard. Peut-être que c'était mieux, au final, que leur confiance soit mise à rude épreuve maintenant. Elle n'en savait rien. Ce dont elle était certaine, en tout cas, c'était que cette épreuve les avait rendus plus fort. De là à se dire qu'elle revivrait la même chose si on lui proposait de changer le passé... elle n'en était pas sûre du tout.

Écartant ses pensées, elle reprit le fil de son récit.

« Et puis je me suis endormie dans ses bras. Quand il m'a réveillée, on a transplané devant chez lui. On s'est embrassé et on s'est dit bonne nuit. Et voilà, conclut-elle rapidement. »

Ginny oscillait entre la satisfaction et le dépit de voir qu'ils en étaient toujours à un entre-deux.

« Pansy va le tuer, soupira-t-elle.
- Elle aurait milles raisons de le faire, la connaissant, mais pourquoi dis-tu ça ?
- Tu te rappelles quand elle a débarqué chez toi après avoir lu l'interview de Colombe ? Et bien elle est directement allée voir Drago qui l'a proprement envoyée balader. Il a dit un tas d'atrocité sur toi pour montrer qu'il n'en avait rien à faire et lui a demandé de partir. S'il avait seulement laissé entrevoir le fait que tu l'avais blessé – ne fait pas cette tête, Mione, il t'as blessée aussi, ce n'est pas une critique – Pansy aurait résolu l'affaire bien plus vite.
- C'est ce que je me répète souvent, soupira la brune.
- Nous avons quand même réussit notre plan !
- Votre plan ? s'étrangla Hermione. »

Ginny hocha la tête, satisfaite, malgré l'indignation qui croissait chez sa meilleure amie.

« Même si vous vous détestiez, vous étiez trop attirés l'un par l'autre pour que ça passe inaperçu. Pansy a tenté de vous laisser seuls à seuls dans une même pièce, le soir de ton anniversaire, mais vous n'avez pas approfondi les choses. Alors on a décidé de te rendre sublime, c'est pour cela qu'il nous fallait la robe parfaite, pour mon mariage. On a bien cru qu'il avait tout gâché en amenant Colombe mais heureusement elle ne restait pas. Votre attirance physique faisait des étincelles. Le jeu a joué un grand rôle également. Vous étiez obligés de vous toucher et vous avez du rester l'un avec l'autre jusqu'à ce qu'il se termine. Vous avez défié tous nos espoirs en vous enfuyant et en vous retrouvant en tête à tête.
- Je vois, grommela la brune. »

Elle ne savait pas si elle était agacée ou reconnaissante. Probablement un peu des deux.

« Qu'allez-vous faire maintenant ?
- Je ne sais pas, gémit Hermione. On dirait qu'on est... dans un no-mans-land. Je meurs d'envie de ne plus le quitter mais j'ai l'impression d'être constamment gauche en sa présence, comme au début... On ne peut pas faire comme si de rien n'était mais, en même temps, on ne va pas continuer à ressasser les faits éternellement.
- Non, sûrement pas. Hm... Il faut que vous repreniez là où vous vous étiez arrêtés. Vous aviez un rendez-vous au restaurant, non ? Le soir où tu as... avec Alec ?
- Oui, grogna la jeune femme, n'ayant pas du tout envie de repenser à cette soirée.
- Et bien il faut reprendre là ! »

Ginny semblait très fière de son idée et Hermione la fixa, stupéfaite de ne pas y avoir pensé avant.

« Je suis peut-être la plus intelligente du groupe, mais en matière d'histoire amoureuse, tu resteras la meilleure ! »

Le compliment toucha la rouquine dont le sourire s'élargit encore plus.

« Bien, un rendez-vous amoureux, donc. Le premier, n'est-ce pas ? C'est un bon début pour une relation. Pansy et moi allons nous occuper de toi, fit-elle, commençant déjà à réfléchir à tous les points. Je pense qu'elle pourra également souffler l'idée à Drago pour qu'il t'invite.
- Je vais encore devoir essaye des centaines de robes ? gémit Hermione. »

Les deux sorcières se regardèrent et éclatèrent de rire. Hermione retrouva soudain toute confiance en l'avenir.