La suite, en espérant que ça vous plaise !


Une goutte rouge tomba sur la table où étaient éparpillés les ingrédients et divers instruments. Une deuxième vint la rejoindre et rapidement, d'autres gouttes de sang coulaient sur le bois usé.

Le couteau retomba, lâché par une main légèrement tremblante. Lucy contempla sa coupure et serra les dents de douleur. Elle avait eu envie de hurler quand la lame s'était enfoncée. Maintenant, ça ne faisait plus aussi mal qu'il y a quelques secondes, mais quand même. Si elle avait été seule, elle aurait grogné. Oui, elle était un peu étrange parfois.

-Monsieur ! Oh mon Dieu, Monsieur ! Cria Lily près d'elle.

Elle était affolée. Ah oui, c'est vrai, Lily n'aimait pas la vue du sang. Mais bon, on doit apprendre à contrôler sa peur, non ? Lucy n'avait pas eu le choix cette fois. C'était le seul plan qui lui était venu à l'esprit en si peu de temps.

Le professeur, ennuyé, se retourna lentement, avec une expression « qui est-ce qui est encore malade cette fois ? Pff, trop gâtés... » sur le visage. Il chercha d'abord qui l'avait appelé avec un sourcil haussé, puis repéra la main levée de la rousse, là-bas, au fond de la classe. Il soupira. Il devait aller jusque là. Décidément, il aurait du dire qu'il était malade ou quelque chose comme ça, pour ne pas venir travailler. Il avait senti que cette journée ne serait pas une bonne journée. Il se traîna finalement jusqu'au fond, mais sans se presser. À présent, toute la classe s'était retournée pour observer Lucy. Quand enfin il la vit lui aussi, il loucha sur sa coupure, soudainement plus actif. Il fronça le nez et agita rapidement la main de Lucy vers la porte.

-Sortez vite Mademoiselle, allez à l'infirmerie. Allez, dépêchez-vous !

Avec un air de dégoût, il la regarda prendre ses affaires et se diriger vers la porte. Il s'appuya sur le coin de la table en se pinçant l'arête du nez. Décidément, ce n'était vraiment pas une bonne journée.

Lucy, en entendant le vieil homme lui dire de sortir, eut un fin sourire imperceptible. Son plan avait marché. Elle savait que lui non plus n'aimait pas voir du sang. Ou plutôt, il avait horreur du sang. Elle lança un coup d'oeil vers Lily en se penchant pour ramasser son sac. « Tu es sûre que ça va aller toute seule ? » eut l'air de dire la rousse, vu son expression. Son amie hocha la tête et lui lança un sourire rassurant tout en appuyant sur sa coupure. Elle n'avait pas besoin d'entraîner Lily là-dedans, au cas où elle s'attirerait des ennuis. Elle ne voulait pas qu'elle soit pénalisée par sa faute. Ce serait trop injuste.

Elle sortit de la salle rapidement et s'appuya contre le mur un peu plus loin, juste derrière une statue, et lâcha lourdement son sac. Elle prit sa baguette dans sa poche et la pointa avec une petite grimace sur son entaille. Elle chercha une seconde un sort qui conviendrai et murmura « Episkey ». Elle soupira légèrement tandis que la douleur s'évaporait rapidement. Elle posa la tête contre le mur un instant, réfléchissant à ce qui venait de se passer, et secoua la tête avec un très fin sourire. Qu'est ce qu'elle ne pouvait pas faire... Mais reprenant un visage sérieux, elle se dit qu'un jour, ce besoin de toujours réparer les choses, de toujours régler les choses elle-même la perdrait. Elle le savait. Et pourtant, elle ne pouvait s'en empêcher. C'était elle, Lucy. C'était dans sa nature.

Reprenant son sac et se décollant du mur, elle se mit à marcher vers les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée. Elle avait encore quelqu'un à trouver, et plus particulièrement deux personnes à suivre, avant de pouvoir se reposer. Elle avala les marches quatre à quatre, finalement contente de faire du sport régulièrement pour ne pas être trop essoufflée cette fois. Les escaliers (surtout ceux de Poudlard) pouvaient être une vraie torture et vous pomper toute votre énergie, à force des ces petits farceurs qui se croient malin à vous faire faire tout un détour pour seulement monter un étage plus haut. Satanés escaliers...

Mais bon, Lucy avait de la chance, ceux menant au sous-sol étaient fixe, encore heureux. Elle arriva finalement en haut et traversa un petit couloir pour se retrouver au fond du Hall d'entrée, à côté des grands escaliers menant aux étages au-dessus. Mais là, elle s'arrêta. Et maintenant ? Elle commença à froncer les sourcils. Oui, maintenant, elle n'y avait pas réfléchi. Mais elle entendit rapidement un chuchotement qui se répercuta dans le Hall désert, qui à cause des murs de pierre (ou plutôt grâce à eux cette fois) renvoyaient tous les petits sons jusqu'à ce que l'ensemble donne un écho. Et moins il y avait de monde, plus il y avait d'écho.

-Dehors alors ?

-Mais oui, Peter, tu sais qu'il est dehors. Il doit sûrement être là-bas.

Lucy fronça les sourcils. C'était bien Rémus et Peter qu'elle entendait, mais pourquoi est-ce qu'elle avait eu l'impression que le « là-bas » avait été un peu trop accentué ?

-Je pense aussi. Qui d'autre pourrait s'y trouver de toute façon ? C'est le meilleur endroit pour être seul, dit une troisième voix. Enfin, seul jusqu'à ce qu'on ait des amis qui nous connaisse bien, rajouta la voix, amusée.

-James, ce n'est pas le moment. Tu sais qu'il a besoin de nous maintenant.

Rémus se tut pendant quelques secondes puis ajouta, légèrement agacé.

-Est-ce qu'elle avait besoin de lui dire ça vraiment maintenant, le jour de la rentrée ? Ça fait une super impression...

Lucy, soudainement irritée, relâcha la respiration qu'elle ne s'était même pas rendue compte de tenir. Elle ne devait pas se montrer pour pouvoir les filer discrètement, mais si elle avait été en face de lui, elle ne serait pas restée muette. Elle serra sa baguette dans sa main droite, toujours attentive à ne faire aucun bruit malgré tout.

-Oh, râle pas, Lunard, c'est pas la première fois, répondit Potter. Et puis, elle est sympa, Lucy.

Elle se détendit un peu. Ah bon, on pensait ça d'elle ? Elle eu un petit sourire, contente. Mais après, elle se reconcentra. Lunard ? Ça voulait dire quoi ça ? Est-ce que c'était un genre de... nom de code ? En fait, ils étaient des espions ! De qui on ne savait pas, mais bien des espions !

Elle se pinça l'arête du nez et secoua la tête devant sa propre idiotie. Elle devait vraiment arrêter de s'imaginer tout un scénario alors que ça devait être quelque chose de vraiment basique, comme un surnom ou quelque chose. Après réflexion, oui, ça devait être surnom. Mais pourquoi Lunard ? Oui, pour Lucy, il devait toujours (ou très souvent) y avoir une raison aux choses. Elle aimait le rationnel. Pas comme la Divination ou toutes ces choses stupides, qu'elle détestait. Et puis quoi, la Divination, ça servait vraiment à quelque chose ? Non mais sérieusement, qui est l'idiot qui à eu l'idée de mettre cette matière au programme, et encore pire, d'engager ces professeurs tous plus bizarres les uns que les autres.

Elle soupira fortement, sans faire de bruit. Est-ce que c'était vraiment le moment d'y penser ? Non. Ce n'était pas le moment. Elle avait d'autre chose. Alors elle s'exhorta à se reconcentrer sur ce qui se passait, et plus à penser à ces choses stupides qui l'exaspéraient.

-Oui, tu l'aimes bien surtout pour pouvoir traîner avec ta rouquine, non ? Le taquina Peter.

-Qu-

-Stop, arrêta Rémus. C'est vrai, je reconnais qu'elle à l'air gentille..., hésita-t-il. Mais maintenant on doit y aller, les gars.

-Haha, s'exclama Potter. Tu vas voir, elle est sympa, elle est juste comme un chat je pense, il faut pas la caresser à rebrousse-poil ! Et pour info, Peter, c'est peut-être vrai, mais j'apprécie quand même Lucy. Hop, maintenant, on arrête de parler, et direction la Forêt Interdite !

-Tu pouvais pas le crier plus fort, non ? James, vraiment, si le concierge nous entend, on est fichus.

James se contenta de rire et la grande porte en bois menant à l'extérieur s'ouvrit en chuintant.

Lucy les entendit partir mais ne bougea pas. Elle était comme figée. Il y a plusieurs – beaucoup à vrai dire – de choses qui l'avait interpellée dans cette conversation. D'abord, elle avait rêvé où Rémus avait vraiment hésité en admettant qu'elle était gentille ? Bon, d'abord, le regard qu'elle lui avait lancé à midi n'était pas des plus... sympathiques, mais quand même ! Elle n'effrayait pas les gens, non ? … Bon, au pire, elle se rattraperait la prochaine fois. Après, il y avait l'insinuation que James avait vraiment des vues sur Lily. Mais vraiment vraiment, et pas des minces. D'où est-ce qu'il pensait impunément pouvoir traîner avec elle ? C'était sa meilleure amie, et puis quoi encore ! Pour ne pas qu'elle soit trop distancée par le petit groupe de garçons, elle régla ce point en acceptant, à la rigueur, qu'il puisse vouloir sortir avec elle, mais à condition qu'il soit vraiment sincère. Lily était une fille géniale et ne méritait pas d'un idiot jouant avec ses sentiments. Tout mais pas ça, par pitié, elle avait ce genre de personnes en horreur.

Et puis, il y avait cette question du chat. Tous ces cheveux se redressèrent de dégoût en pensant que Potter l'avait associé à un chat. Un chat. S'il vous plaît. Dans la liste des animaux les plus détestés, il y avait les insectes (est-ce qu'il y a jamais eu un être vivant plus inutile que les insectes ?), les lézards et ensuite les chats. Ou même que les chats se plaçaient avant les lézards. Ils étaient des êtres égoïstes, qui ne pensent qu'à faire leur toilette toute la journée et qui reçoivent pourtant – elle ne comprenait pas pourquoi – l'attention de tous et leurs gentilles caresses. Rah, rien que de penser à des chats lui donnait envie de frissonner. Bah. Alors James qui la comparait avec un chat qu'on caresse à rebrousse-poil, non. Simplement non.

Ah et puis une dernière petite chose. La Forêt Interdite ? Lucy avait toujours ce qu'on disait à propos de cet endroit, elle avait toujours cru qu'une multitude de créatures magiques et souvent dangereuses se trouvait là-bas. Ce n'était pas pour rien que tous les professeurs répétaient chaque année qu'il ne fallait pas y aller, et que cet endroit était interdit même aux plus talentueux des élèves de septième année.

Mais les trois garçons avaient l'air sûr d'eux. Sirius se trouvait là-bas. Et Lucy n'était pas une poule mouillée, alors elle irait aussi. Ce n'était pas comme si elle n'arrivait pas à se défendre elle-même. Elle se força à ne pas s'imaginer tout ce qui grouillait entre les arbres, expira, puis se dirigea furtivement vers la porte en bois qu'elle ouvrit avant de sortir. Elle repéra rapidement les garçons qui étaient déjà assez loin, marchant rapidement mais nonchalamment sur l'herbe, comme si rien ne se passait et qu'il était normal qu'ils soient dehors pendant les cours.

Elle suivit et arriva finalement à l'orée de la Forêt Interdite, en faisant bien attention de ne pas se faire voir par le gardien de la Forêt. Parfois, il pouvait être pire que le concierge, cet homme. Elle observa les traces de pas des Maraudeurs et hésita avant de se fondre entre les arbres. Est-ce que c'était vraiment sans risque ? Bien sûr que non. Elle pouvait tomber sur une méchante créature, ou encore se faire prendre par un professeur. Mais est-ce que ça valait le coup de tenter ? Son esprit lui souffla que oui. Et comme elle avait un très bon esprit tactique, elle se décida à y aller. Elle devait retrouver Sirius, même si elle ne savait toujours pas pourquoi ce besoin était si fort. Elle savait juste qu'il pouvait devenir un très bon ami si elle y allait, et qu'il allait l'aider, l'ouvrir aux gens. Parce qu'il attirait les gens à lui, comme un aimant. C'était ça, le charme de Sirius. Quelque chose d'indescriptible, de sauvage, mais qui attirent les gens. Comme si on voulait être la personne qui arriverait à dompter l'animal sauvage.

Alors elle avança. Et dans le silence presque surnaturel de la forêt qui la mettait mal à l'aise, elle entendit encore une fois la voix des trois garçons, qui la guidait. Comment est-ce qu'ils réussissaient à parler aussi naturellement dans un endroit comme ça ? Lucy se dit qu'il n'y avait qu'une raison : ils y étaient déjà venu, et pas qu'une fois à son avis.

Plus elle s'enfonçait dans la forêt, plus elle était nerveuse, mais elle ne pouvait plus rebrousser chemin. Pas maintenant. Elle se tourna plusieurs fois en croyant entendre des bruits, comme des chevaux qui galopent, ou des oiseaux qui s'envolaient à tire d'aile juste au dessus de sa tête. Quand est-ce qu'elle allait enfin trouver Black ?

En marchant, elle tapa dans un caillou, qui roula, roula, et fit un plouf. Attendez... Un plouf ? Elle s'avança rapidement et s'arrêta au dernier arbre. Après, il y avait un lac. Un lac au milieu de la Forêt Interdite ? Cette école n'aurait vraiment jamais fini de révéler ses secrets. Elle vit James, Rémus et Peter longer l'eau, James en envoyant des cailloux ricocher sur la surface.

-Bon, on y est presque. Il doit être de ce côté du lac, non ? Demanda Potter, en montrant la droite.

Rémus acquiesça. Ils continuèrent à marcher et Lucy les suivit en restant cacher entre les arbres. Si ça avait eu lieu dans un autre contexte, elle aurait sourit en s'imaginant être une espionne qui suit discrètement les cibles à qui elle devrait ensuite arracher des informations. Mais bon, ce n'était pas vraiment le moment.

Elle marcha sur une brindille qui se craqua en faisant du bruit, et Rémus se retourna soudainement. Elle jura tout bas en se cachant derrière un arbre, figée. Il ne fallait pas qu'ils la découvrent. Déjà que Rémus ne l'aimait pas, ça ne ferait que empirer les choses. Alors, elle se dit que les filer de trop près était finalement trop dangereux. De toute façon, ils avaient bien dit que Sirius se trouvait près de la rive droite, non ? Alors elle savait la direction à prendre, il fallait juste qu'elle y aille maintenant. Toute seule ou en suivant les garçons, c'était la même chose. Elle les regarda encore une fois s'éloigner en sentant la peur d'être seul monter, mais elle s'éclipsa bientôt entre les arbres.

Elle garda toujours le lac sur sa gauche. Elle l'apercevait assez loin, entre les troncs. Maintenant, il n'y avait vraiment plus aucun bruit. Et ça la mettait mal à l'aise. Elle enroula un bras autour d'elle, l'autre tenant fermement sa baguette. Allez, ce n'était plus très loin, n'est-ce pas ? Elle se dit que la taille des troncs était vraiment impressionnante. Si elle essayait de l'entourer de ses bras, elle n'arriverait même pas à la moitié, pensait-elle. Et pourtant, elle était assez grande. Ces immenses arbres pouvaient très bien cacher quelque chose derrière, se dit-elle, mais n'y croyant pas tellement.

Eh bien, elle aurait du y croire. Elle marchait depuis un certain temps seule, se demandant finalement comment elle trouverait Sirius si elle ne savait pas où chercher, sur cette fameuse rive droite du lac. Elle pouvait être un peu stupide parfois. Et pendant qu'elle réfléchissait, un gros chien noir surgit de derrière un arbre, en face d'elle. Il courut vers elle, babines retroussées sur les canines. Lucy était tétanisée. Et pourtant, elle savait qu'elle devait faire quelque chose. Courir, s'enfuir, lancer un sort, se cacher, quelque chose. Mais pas rester en plein milieu, incapable de bouger devant cette ombre noire qui lui fonçait dessus.

Mais étrangement, arrivée à quelques mètres d'elle, la bête eu une sorte de déclic et ralentit. Elle s'arrêta à deux mètres de la blonde et ne bougea plus. Elle l'observait. Et Lucy surprise, fit de même. Elle ne savait pas pourquoi elle ne profitait pas de cette occasion pour s'enfuir à toute vitesse, pour essayer de mettre le plus de distance possible entre elle et l'animal, mais elle restait là. Quelque chose la poussait à rester là. Comme si ce qui se passait là était important, une des clés pour résoudre le mystère.

La bête était dans une position légèrement défensive, mais Lucy eut l'intuition qu'elle n'allait pas l'attaquer. Si elle avait voulu, elle l'aurait déjà fait depuis longtemps. C'était un grand chien noir, élancé et presque maigre, avec les poils longs et emmêlés. Dans cet état, il n'était pas très beau à voir, sale et mince, respirant fort. Mais pourtant, Lucy ne pouvait pas détacher ses yeux. La bête respirait la sauvagerie et l'instinct de survie. Et pour la blonde, c'était hypnotisant. Mais le pire, ou le mieux peut-être, était ses yeux. Le chien avait de grands yeux gris, avec juste un cercle d'or dedans. Ils n'étaient pas du tout fou comme ceux des animaux sauvages, luttant pour leur survie, mais plutôt pleins d'intelligence et, aussi étrange que ça paraisse, de tristesse. Et Lucy plongea dans ces yeux pour s'y perdre, avec un sentiment bizarre de familiarité. Elle avait l'impression qu'elle avait déjà vu ces yeux quelque part, même si elle n'avait jamais vu la bête.

Les deux êtres se regardèrent et d'une certaine façon, partagèrent une multitude de choses en quelques instants. Lucy avait l'impression que la bête avait instantanément compris des parties d'elle que personne ne connaissait, peut-être même pas elle. Le lien palpable entre eux était envoûtant. Terriblement envoûtant.

Et pourtant, il fut bientôt brisé, lorsque les trois Maraudeurs surgirent entre eux.

-Patmol !


Ahah, j'aime bien couper aux moments intéressants :) Alors, qu'est-ce que vous en avez pensé ?