Je suis désolée, je pensais poster ce chapitre plus tôt, mais au final, entre les fêtes et le ski, je n'ai pas trop eu le temps d'écrire... Mais bon, je sens que vous allez être contents (contentes ? Est-ce qu'il n'y a que des filles qui lisent cette fic ?) avec ce qui arrive dans ce chapitre :3 (comme l'indique le titre d'ailleurs haha ! Et encore merci pour les reviews :) !
Juste une petite question, j'ai un petit problème avec la fin (qui ne vous inquiétez pas, n'arrive pas tout de suite, je vous réserve pleins pleins de choses !), mais bon, il faut y penser pour savoir au moins un peu où se dirige l'histoire ^^ ! Alors j'ai imaginé deux fins, une "bad end" on va dire, qui se termine un peu tragiquement, mais qui à ce moment-là, rentrerait parfaitement dans l'histoire originale d'Harry Potter, ou alors une autre fin, quand même pas "happy end" (n'exagérons pas, il y a toujours du drame avec moi, j'ai réalisé) mais une peu moins tragique, et qui donnerait l'occasion à une suite, mais qui part un peu dans un AU. Alors c'est à vous de choisir, dites-moi vos opinions dans vos commentaires s'il vous plaît :) Ca m'aiderait :) ! Et maintenant, j'arrive ce monologue long et chiant et je vous laisse à votre lecture :) !
-Ah, toi non plus, tu n'aimes pas les chats ?
Lucy tourna légèrement sa tête vers lui.
-Je déteste les chats. C'est paresseux, égoïste, et ça ne sait rien faire, à part sauter agilement. Super talent, vraiment, dit-elle ironiquement.
Elle vit Sirius sourire d'étonnement et ses yeux brillèrent.
-Sérieux, tu dois être la première fille que je rencontre qui n'aime pas les chats.
-Et c'est mal ? Demanda-t-elle sur la défensive.
Il secoua la tête, n'arrivant pas à effacer son sourire.
-Non, justement. Je suis en train de me dire qu'on a vraiment beaucoup de points communs, au final, toi et moi ! Allez, il faut vraiment y aller, on parle, on parle, mais on a pas bougé !
Le brun passa devant elle, et ouvrit le portrait, tout en restant sous la cape.
-Il est où, au fait, le bureau du concierge ?
-Au rez-de-chaussée, mais bien caché.
Elle ne dit plus rien, et ils descendirent les sept étages dans un quasi silence. Ils repensaient tous les deux à pourquoi ils se trouvaient là ensemble, à la remarque de Sirius disant qu'ils se ressemblaient beaucoup, à leur proximité sous la cape.
Lucy se rappela de James, dans la Forêt Interdite, qui avait dit à Rémus qu'ils se ressemblaient presque en tout point. Mais était-ce vraiment le cas ? Quelques points communs ne suffisaient pas pour dire ça. Quand elle disait que deux personnes se ressemblaient, pour elle, c'était plus profond, au niveau de leur façon de penser, d'être, de leurs qualités et défauts... Or, Sirius était l'opposé d'elle. Il était à l'aise en toutes circonstances, alors qu'elle n'arrivait pas à parler aux personnes qu'elle ne connaissait pas. Il était sûr de lui et même arrogant là où elle n'osait pas, là où elle était timide. Et pourtant...
Toutes à ses pensées, elle rata la dernière marche et perdit l'équilibre. Elle fut bien vite rattrapée par Sirius, qui levait la tête pour voir si personne ne venait à cause du bruit. Quand il la rebaissa pour la regarder, il fut happé par son regard chaleureux et ses yeux chocolats. Les gens ne le regardaient jamais vraiment pour ce qu'il était. Sa mère levait sur lui des yeux chargés de mépris et de dégoût, sa famille le voyait comme un enfant indigne d'être un Black, les filles de l'école voulaient être avec lui à cause de sa popularité et de sa beauté. Seuls James, Rémus et Peter savaient vraiment qui il était, le connaissaient vraiment. Et pour la première fois, il y eut quelqu'un d'autre. Il lui semblait que Lucy n'en avait rien à faire de sa famille, de son sang, de sa popularité. Elle mettait tout ça de côté pour ne se concentrer que sur la personne en elle-même. Parce que Lucy était comme ça. Elle savait percer les gens à jour. Pour une fois, cela lui fit tellement de bien, d'être l'attention d'un regard chaud et bienveillant.
-Euh... On devrait peut-être continuer, non ? Fit Lucy qui sentait le rouge lui monter aux joues, au creux des bras de Sirius.
Elle ne s'était jamais retrouvée dans les bras d'un garçon, même si ça avait été un accident. Et la façon dont Sirius l'avait regardé, comme s'il avait peur de lui faire du mal, comme s'il avait vraiment besoin de sa présence, lui avait fait une drôle d'impression. Elle s'était sentie gênée de se retrouver dans cette situation, mais n'était pas à tout prix impatiente d'en sortir. Elle ne comprenait pas ce qui se passait avec elle. Mais le profond besoin qu'elle avait lu dans les yeux de Sirius l'avait secouée. Peut-être nécessitait-il de l'attention et faisait tout pour en avoir à cause de sa mère, qui n'avait jamais rempli son rôle. Elle ne savait pas, et d'un côté, ne pouvait pas comprendre ce besoin, parce qu'elle avait toujours eu l'amour de sa mère. Bien que cet amour avait parfois été étouffant et de trop, au point qu'elle ne le rejette en restant seule, elle avait reçu de l'amour.
Et pas Sirius.
Il la remit droite sur ses pieds et lui sourit avant de se détourner pour continuer d'avancer. Pourtant, Lucy vit dans son regard encore cette petite souffrance qui subsistait. Elle ne savait pas si elle se l'imaginait, mais depuis qu'elle l'avait rencontré, cette douleur n'avait pas quitté ses yeux. Elle était profonde, mais elle avait l'impression de la voir. Alors peut-être qu'elle nageait dans un délire complet, ou peut-être était-ce vraiment réel, et Sirius avait besoin de quelqu'un pour l'aider à panser ses plaies.
Peut-être toi ? Murmura une voix dans sa tête.
Elle se dit qu'elle n'allait vraiment pas bien, et oublia tout de suite. Ils arrivèrent bientôt au rez-de-chaussée, essayant tant bien que mal de marcher sans faire de bruit sur la pierre.
Lucy regarda autour d'elle, mais comme elle l'avait pensé, elle n'avait jamais vu de porte indiquant que c'était le bureau du concierge. Elle fronça les sourcils.
-Et maintenant ? Chuchota-t-elle. Je ne vois aucune porte. Tu es sûr de toi ?
Il la regarda avec un sourire malicieux.
-Je t'ai dit que le bureau est bien caché, non ? Alors écoute-moi un peu, tête en l'air !
Elle s'offusqua et il rit sous cape, avant de l'entraîner de force devant un tableau qui, au goût de Lucy, et de probablement tous les élèves, n'était pas beau. Et encore, c'était un doux euphémisme. On y voyait une grosse femme empourprée, parée d'une robe passée depuis longtemps de mode, sale au niveau du bas et par endroit rapiécée, regarder avec horreur un gros rongeur qui la fixait, assis sur un chaise, sa queue pendant mollement dans le vide. Le tableau était fixe, et l'on avait vite envie de détourner les yeux pour éviter de garder cette image dans sa tête. Lucy se demanda pourquoi Sirius s'arrêta devant cette...oeuvre d'art.
-Tu fais vraiment preuve de mauvais goût...
Il ne releva pas et souffla plutôt sur la queue du rat, qui frémit pendant un court instant, avant que Lucy n'entende un déclic et qui le tableau pivote sur ses gonds pour découvrir une petite pièce rectangulaire.
-Je retire ce que j'ai dit, fit Lucy.
-Encore heureux, tu crois que j'aime ce genre de trucs ? Plutôt mourir !
-Je n'ai même pas envie de savoir comment tu as trouvé ce bureau, alors...
La première chose que la blonde nota en entrant dans le bureau fut la poussière qui s'était déposée au fil du temps sur les meubles. Un temps qui avait été plutôt long, à y regarder de près... Ou en fait, non, la première chose qu'elle remarqua, et surtout sentit, fut la repoussante odeur de poisson frit qui régnait. Elle fronça le nez, son estomac acceptant mal ce fumet peu ragoûtant. Sirius le remarqua et se moqua d'elle en voyant sa tête.
-Ce bureau a toujours sentit le poisson frit, c'est une horreur ! Mais le pire, c'est que j'ai l'impression que cette odeur est devenue plus forte et persistante depuis que James et moi, on est passé par là...
Lucy le regarda avec de gros yeux.
-Je veux pas dire qu'on puait, rassure-toi ! Sourit-il. Ça a peut-être un lien avec un sort qu'on a lancé une fois, en deuxième année... fit-il innocemment. Il a un peu dégénéré et n'a pas disparu avec le temps. Quoique, c'est pas mal pour le vieux Rusard, ça lui débouchera ses vieilles narines. D'ailleurs, ça expliquerait peut-être aussi le fait qu'il nous garde à l'œil depuis cette fois là... Hum, j'ai résolu le mystère de la vie !
La blonde l'observa faire son monologue en ayant une mine dégoûtée, mais bien vite, elle ne put s'empêcher de sourire. Sirius était à lui seul tout un spectacle, et elle se surpris à penser qu'avec lui, elle était sûre de ne jamais s'ennuyer. Au bout d'un moment, elle lui mit une petite frappe sur la tête pour lui signifier d'arrêter. Il la regarda avec des yeux agrandis de fausse stupeur.
-Wouah, Lucy, c'est la première fois que tu me tapes ! Y aurait-il de la rébellion dans l'air ? Tu vas voir, si jamais, fit-il avec un large sourire.
-Tu ne me fais pas peur, haussa-t-elle les épaules. Je te mettrais au tapis.
-Ah oui ? Comme durant notre duel ? S'amusa-t-il.
Elle le regarda avec une fausse rancoeur.
-La prochaine fois, je ne me ferai plus avoir. Je sais que tu es fourbe et que tu es plein de ressources, n'est-ce-pas ?
-Fourbe ? Ce n'est pas de ma faute si je sais faire des sortilèges informulés , ajouta-t-il en se pavanant. Je peux même t'apprendre si tu veux !
-Plutôt en rêve. Je n'ai pas de leçon à recevoir d'un arrogant comme toi.
-Ouh, j'aime définitivement ça, quand tu te rebelles, Lucy.
Il se rapprocha encore plus d'elle et la força à reculer contre le mur. Il s'amusait de la situation, et ses paroles étaient étonnamment vraies. Lucy le divertissait, elle changeait un peu de toutes ces filles chiantes et stupides. Il lui sourit de haut, et attarda son regard sur ses lèvres qui s'étaient légèrement crispées de colère, puis remonta sur ses joues roses et ses yeux qui semblaient encore une fois l'appeler. Il eut un petit rire, satisfait de la manifeste supériorité qu'il avait sur elle. Elle avait beau être forte et sûrement agile, il savait qu'il pouvait facilement la maîtriser.
''Comme l'a fait Rosier n'est-ce-pas ?''
Il se raidit à cette pensée et se détourna finalement, enlevant la cape qui les recouvraient tous les deux.
-Tu es sûr que c'est une bonne idée, d'enlever la cape ?
-Ne t'inquiètes pas. Rusard est en train de faire sa ronde. Bon, la carte doit être dans un de ses tiroirs, au travail !
Lucy leva les yeux et eut une mine dépitée. Des tiroirs en bois tapissaient les parties inférieures de deux des quatre murs de la pièce. Elle essaya de les compter mais arrêta vite. Ça faisait beaucoup de tiroirs...
-Tu ne sais pas où elle est exactement ? S'écria Lucy.
-Non, répondit-il avec amusement. Je crois qu'à un moment, le vieux a compris qu'on venait récupérer nos trucs, alors maintenant, il les change à chaque fois d'endroit.
Sa réponse irrita la blonde. Pourquoi est-ce qu'il prenait tout avec autant de détachement ?
-Mais je crois que le vieux fait un registre des objets qu'ils confisquent, les feuilles doivent être dans son bureau, regarde pendant que moi je commence à chercher.
Et en plus, elle avait l'impression d'être une esclave !
-En fait, tu m'as juste ramenée pour que le boulot se fasse plus vite, c'est ça ?
Il se tourna vers elle alors qu'il avait ouvert un tiroir, lui sourit gentiment et dit :
-Bien sûr que non. Ta compagnie est agréable, tu sais ? Bon c'est vrai que je voulais pas non plus être tout seul, parce que James doit faire un devoir à la dernière minute, mais considère ça comme un honneur d'être avec moi !
Lucy se contenta de soupirer, avant de s'approcher du bureau, vaincue. Des feuilles étaient éparpillées partout sur la surface, et les coins du meuble étaient abîmés. Probablement le chat qui avait du faire ses griffes. Elle passa derrière et ouvrit le tiroir en haut à droite. Il n'y avait là que des bougies et des allumettes. Des allumettes ? Lucy se rappela que le concierge était Cracmol, et que de ce fait, il ne pouvait pas faire de magie.
-Le pauvre... souffla-t-elle. Ça doit être dur, dans une école de magie...
-Qu'est-ce-qui a ?
-Non, non, rien. Je me parlais à moi-même.
Sirius lui jeta un coup d'oeil amusé par-dessus son épaule.
-Allez, dépêche-toi, ça m'énerve de tomber sur des trucs débiles qui ne sont pas à nous, comme cette chaussure ou cette sarbacane faite magiquement. Ah, d'ailleurs, c'est pas mal en fait ça, il faut que je pense à le dire à James, on pourrait en faire une nous aussi. Ce serait marrant, sourit-il.
-Une chaussure ? Sérieusement ? Et oh, arrête de préparer tes coups là, j'ai l'impression que je suis complice !
-Cherche pas pour la chaussure. On trouve vraiment des trucs bizarres dans ce château...
Lucy ouvrit plusieurs autres tiroirs et soupirait à chaque fois avec irritation quand elle ne trouvait pas ce fameux registre. Et enfin, elle poussa un petit cri de victoire.
-Trouvé ! J'ai trouvé !
-Ok, essaie de voir où il l'a rangée, s'te plaît.
Elle chercha tout d'abord à comprendre comment le concierge avait organisé son registre, parce qu'elle avait l'impression qu'il n'y avait pas d'ordre du tout. Les dates se mélangeaient, ce n'était pas par ordre alphabétique... Elle se dit que le travail administratif était définitivement repoussé concernant son futur. Elle préférait plus aller sur le terrain, elle préférait l'action. Elle ne savait pas encore ce qu'elle voulait faire mais elle savait qu'elle n'allait pas croupir dans un bureau toute sa vie. Elle ne le voulait pas en tout cas.
Elle poussa un petit cri de frustration quand elle comprit qu'elle n'arriverait pas à trouver ce qu'elle cherchait.
-Je crois que je vais devoir regarder dans les tiroirs...
Elle remit le registre à l'endroit exact où elle l'avait pris, et détourna déjà la tête, en retirant sa main. Mais en effleurant le fond du tiroir juste avant de le fermer, elle sentit quelque chose. Un petit trou, parfaitement circulaire. Trop circulaire pour ne pas être fait exprès. Elle rouvrit en grand le tiroir et se pencha pour mieux observer. Elle savait qu'elle avait les doigts sensibles, et qu'elle sentait parfois des choses en touchant que certains ne sentaient pas. Sa mère lui avait une fois dit qu'elle avait de longs doigts aussi légers que des plumes et aussi sensibles que des doigts de fée.
-Sirius, viens voir, je crois que j'ai trouvé un truc...
Il s'approcha, irrité lui aussi de n'avoir pas trouvé tout de suite la carte. Il pensait vraiment que ça irait vite. A chaque fois qu'il était venu chercher quelque chose ici, ce n'était pas très bien caché. Mais cette fois là, le vieux avait bien fait attention. Il avait compris qu'il reviendrait reprendre ce qui était à lui.
Il se posta à côté de Lucy et quand il regarda de plus près, il ne put s'empêcher de sentir la douce odeur de la blonde. Un mélange de shampoing à la vanille, d'orange et quelque chose dont il n'arriva pas tout de suite à identifier.
''Elle sent les feuilles. Elle sent la forêt. Elle sent l'herbe.''
''Elle sent la nature.'' comprit-il.
Il sourit discrètement. Il savait que cette odeur venait des moments où elle faisait ses escapades dans la Forêt Interdite pour aller retrouver le chien. Pour aller le retrouver. Même si elle ne savait pas que c'était lui, Sirius était enchanté de savoir le temps qu'elle lui accordait à lui, indirectement. Il ne savait pas non plus très bien pourquoi, mais il était vraiment content de savoir qu'il comptait pour elle, à travers sa forme de chien.
-Ça ressemble à... commença-t-il. Alohomora. Non, pas ça... Bon, on y va à la façon moldue...
Il trifouilla un petit peu puis eut un grand sourire en sentant le panneau de bois bouger.
-Bingo ! C'est un tiroir à double fond ! Malin, le vieux, mais pas assez pour moi, ahah !
Lucy haussa un sourcil, pour cacher sa petite admiration.
-Ça va tes chevilles, là ?
-Très bien, plaisanta-t-il. A toi, l'honneur, Lucy.
Elle ne devrait pas aimer la façon dont il disait son prénom. Non, elle ne devrait pas aimer autant le sourire qu'elle sentait dans sa voix quand il lui parlait. Alors pourquoi aimait-elle ?
Elle souleva le fond et découvrit ce qu'il s'y cachait en même temps que Sirius. Il poussa un petit cri de joie quand il aperçu le bout de papier parcheminé qu'il cherchait, et s'en empara aussitôt.
-Tu ne te rends pas compte du mal qu'on a eu à faire cette carte, c'était vraiment chiant ! Mais au final, ça valait le coup !
-C'est sûr, ça doit être sympa d'espionner les gens, marmonna-t-elle.
Un petit carnet avait attiré son attention. Il se trouvait en dessous de la carte et lorsque Sirius l'avait prise, le carnet était apparu. Il était noir, avec la couverture probablement en cuir, les feuilles un peu jaunies par l'humidité. Elle souleva sa main et toucha la reliure. Oui, c'était bien du cuir. Un peu sec, mais toujours doux. Elle aimait le cuir.
Elle se demanda pourquoi il se trouvait là, bien caché au fond de ce tiroir, et pourquoi il n'était pas dans un des tiroirs contre le mur. Qu'est-ce qu'il y avait dedans ? Elle commença à ouvrir le calepin, lorsque Sirius dit :
-Bon, on a trouvé ce qu'on cherchait, on y va, viens !
Elle le regarda avec les sourcils froncés, comme si elle rêvait.
-Allez, bouge toi un peu ! Si ça se trouve, Rusard va revenir !
Lucy se frotta les cheveux et hésita, avant de se décider. Après tout, on avait sûrement oublié l'existence de ce carnet, parce qu'elle avait l'impression qu'il était là depuis longtemps, vu la fine couche de poussière qui s'était déposée avant que la carte ne le recouvre. Personne n'était venu le chercher. Alors si elle le prenait, qui s'en apercevrait ? Elle s'en empara sans vraiment savoir pourquoi, seulement guidée par cette envie de savoir ce qui se trouvait dedans, ce qui devait être assez important pour être caché. Encore cette insatiable curiosité. Un jour, ça allait sûrement la perdre.
Elle le mit dans la poche de sa robe de sorcière, et replaça précautionneusement le double fond, avant de fermer le tiroir et de se diriger vers Sirius.
Elle vit qu'il était content de son plan qui avait bien fonctionné, et il lui dit malicieusement :
-Je te montre comment ça marche après, si tu veux.
Il agita la carte.
-Tu te rends compte que tu es une privilégiée, pour être au courant de ça ? Considère ça comme un honneur !
-Un honneur ? D'être mêlée avec toi ? Ne me fais pas rire, répondit-elle pour plaisanter.
-Ne me cherche pas la blonde, répliqua-t-il avec espièglerie. Tu ne sais pas de quoi je suis capable.
Elle s'apprêtait à riposter, quand ils entendirent tous les deux un bruit venant de l'extérieur de la pièce. Ils se regardèrent instantanément, avec les yeux grands ouverts, plongeant leurs regards l'un dans l'autre.
-On est mal. Le vieux rapplique.
Il bougea rapidement et attrapa d'un geste souple la cape d'invisibilité avant de pousser Lucy vers le fond et de les recouvrir tous les deux, les faisant ainsi disparaître. Elle avait le dos collé aux tiroirs, et ce n'était pas très confortable, mais elle n'était pas en position de râler. Sirius lui faisait face et elle vit sur ses traits qu'il écoutait attentivement.
-Je croyais que tu étais sûr qu'il faisait sa ronde, gronda-t-elle à travers ses dents.
Elle ne voulait pas se faire attraper. Comment se justifierait-elle ?
Il la regarda et lui envoya un sourire confiant pour la rassurer. Comment pouvait-il toujours être aussi décontracté ? Une part d'elle lui en voulait pour ça, mais l'autre n'avait d'autre choix que de l'admirer. Il était un peu tout ce qu'elle voulait être, et ce qu'elle ne serait probablement jamais. Après tout, elle ne croyait pas que les gens pouvaient changer. Au plus profond d'eux-mêmes, elle voulait dire. Bien sûr qu'on pouvait modifier notre comportement, notre attitude, mais tout ça, ce n'était qu'en surface. On ne changeait pas l'essence des gens, ce qui les composait.
-On est jamais sûr, Lucy. C'est ça, le goût du risque.
-Il y a des limites...
-Tais-toi, maintenant. Il rentre, souffla-t-il.
Un bruit sourd résonna, puis la porte s'ouvrit en grinçant affreusement sur ses gonds. Avec sa démarche trébuchante, Rusard entra dans son bureau, en tenant une lampe à la main et marmonnant dans sa barbe inexistante.
-Satanés tableaux... Ils ne servent qu'à attraper la poussière pour que je me casse le dos à les nettoyer... Et il y a aussi ce satané Peeves... Je l'aurai, un jour, je l'aurai..
Il alla jusqu'à un tiroir contre le mur et Lucy, qui observait tout, contrairement à Sirius qui était de dos, vit avec horreur qu'il sortit de là des chaînes et des menottes. Il s'installa à son bureau et commença à les astiquer minutieusement.
-Un jour, je m'en servirai à nouveau, pour enfermer tous ces élèves minables...
Elle eut un hoquet et Sirius la regarda de travers, avant de jeter un coup d'oeil par-dessus son épaule pour voir ce qui la perturbait. Il haussa les épaules, mais devant l'expression de la blonde, il lui glissa à l'oreille, le plus silencieusement possible :
-T'inquiètes pas. Il a pas le droit.
La chatte de Rusard poussa un miaulement, rappelant son existence à son maître. Elle faisait des ronds autour du bureau, et quand elle passa à côté de Sirius et de Lucy, ce qu'ils craignaient arriva. Elle sembla remarquer que quelque chose, une odeur inhabituelle, flottait dans l'air.
Elle feula.
Sirius sentit Lucy se tendre en face de lui. Il fallait dire que lui non plus n'était pas très fier à ce moment là. Il s'en fichait pas mal d'être pris sur le fait, dans le bureau du concierge. Ce n'était pas la première fois qu'il enfreignait les règles, et ce n'était sûrement pas la dernière.
Mais ce qui le fit se sentir mal, c'était d'avoir embarqué Lucy là-dedans. Il ne regrettait pas, bien au contraire, parce que plus il passait du temps avec cette fille, plus il l'appréciait. Elle était simple, mais avait quand même de la répartie, et il se sentait attirée par elle, comme par un aimant. Par sa présence rassurante, son regard chaud et ses lèvres rouges. Il se demanda un moment si la couleur intense de ses lèvres était due à du rouge à lèvres, mais il vit à la distance où il était que non, c'était naturel. Tout était naturel, chez cette fille, c'en était vraiment intriguant. Rien n'était faux. Elle regardait par-dessus son épaule, et ne s'apercevait donc pas qu'il l'observait minutieusement, ce qui lui convenait bien. Alors il se dit que non, il ne regrettait aucunement de l'avoir amenée ici, même si ça devait faire de lui le plus grand égoïste de la Terre. Mais si elle se faisait attraper, ce serait de sa faute, et il comptait bien tout faire pour lui éviter ça.
Cette envie aussi forte de protéger quelqu'un, c'était nouveau pour lui. Mais il avait pour habitude de toujours suivre ses pulsions, ses instincts, parce qu'il était comme un animal. Il ne se posait pas trop de questions et fonçait. Il se demandait parfois si ce trait de caractère avait été amplifié avec son statut d'Animagus, mais il en doutait. La forme de l'Animagus de chaque personne reflétait d'abord la partie animale qui existait en chacun, mais au final, il pensait que cette forme était le miroir complet de la personne, même de la partie humaine. Comme le Patronus d'ailleurs.
Rusard se retourna, perplexe, pour observe sa chatte.
-Qu'est-ce qu'il y a ma belle ?
Lucy avait l'impression que l'animal voyait parfaitement à travers la cape, et que son regard la transperçait. Les poils de sa nuque se hérissèrent, en partie de peur de ce qui allait arriver, en partie de colère et de mépris envers le chat. Elle essaya avec peine de calmer sa respiration, mais elle avait toujours l'impression que les battements de son cœur résonnaient dans tout le château. Elle était paralysée.
Miss Teigne feula encore une fois plus férocement, toujours dans leur direction, et le concierge se leva, suspicieux. Il s'approcha d'eux pour regarder de plus près, alors que sa chatte faisait les cent pas au pied de la cape. Sirius sentait Lucy s'agiter de plus en plus, et c'était mauvais. Il fut forcé de s'avancer vers elle pour que Rusard ne sente pas la cape en s'approchant. Il se reposa donc sur elle et cela semblait la calmer un tant soit peu. Il ne put s'empêcher de réaliser leur proximité, les cuisses de la blonde touchant les siennes, son ventre contre le sien, son menton qui s'appuyait maintenant légèrement contre son épaule, faute de place, et surtout, surtout, sa poitrine pressée contre son torse.
Ce n'était bien sûr pas la première fois qu'il se retrouvait aussi proche d'une fille, mais il ne savait pas pourquoi, il sentait que c'était un peu différent cette fois. Il ne pensait pas seulement à lui, il voulait que la blonde en face de lui éprouve la même chose, cette sensation de bien-être, de totale sécurité. Il avait envie de chasser la tension des muscles de Lucy, de l'enlacer et de la protéger, à cet instant. Il sentait son cœur qui battait follement de peur, et ne savait pas quoi faire pour l'apaiser.
Rusard s'arrêta à un pas d'eux et plissa les yeux. Retenant sa respiration, Lucy attrapa la main de Sirius, qui flottait contre sa jambe, et la serra fort pour essayer d'évacuer sa peur. Surpris, il lui jeta un regard, mais ne fit rien pour se défaire de cette étreinte. Sa main était chaude et il n'avait pas du tout envie qu'elle le lâche. Enivré par cette sensation, sans vraiment savoir pourquoi et sans vraiment se contrôler, il regarda profondément Lucy, qui l'aperçut juste avant qu'il ne se penche et pose ses lèvres sur les siennes.
Lucy ouvrit des yeux effarés, surprise par son geste, et ne fit rien, incapable de penser, incapable de bouger. Sirius serra en retour la main qui le tenait. Son baiser était doux, comme une caresse, comme une main passée sur sa joue pour l'apaiser. Elle prit conscience des moindres parties de son corps et même du sien, sentit sa poitrine qui se soulevait doucement pour respirer, son ventre musclé qui se creusait en même temps, de leurs jambes collées les unes contre les autres, de leur main enchevêtrées. Écoutant ce que lui soufflait une petite voix dans sa tête, elle ferma les yeux et essaya tant bien que mal de répondre à son baiser. Elle n'avait jamais embrassé personne, elle ne savait pas ce qu'il fallait faire. Elle espérait juste que ce qu'elle faisait était bien, et ne donnait pas envie à Sirius de s'enfuir loin d'elle en courant.
Au bout d'un long moment, elle ne savait pas quand parce qu'elle avait perdu la notion du temps, ils se séparèrent et le regard qu'ils échangèrent réchauffa Lucy, et lui fit pour un temps oublier où elle se trouvait et la menace qui planait au dessus d'elle. Elle se sentait bien et lut dans les yeux de Sirius qu'il n'y avait qu'elle à ce moment là dans son esprit. Elle en fut ravie, parce que c'était la même chose pour elle. Il avait occulté toutes les autres choses.
Mais il fallait revenir à la réalité. Et la chatte du concierge se chargea de la faire, en miaula avec insistance.
Voyant que Miss Teigne ne se calmait pas, Sirius décida de faire quelque chose. Prendre sa baguette dans sa poche aurait été trop risqué, parce qu'il aurait pu malencontreusement toucher Rusard en bougeant le bras. Alors il essaya quelque chose, pas très sûr si ça allait marcher, mais une partie de son esprit était encore un peu autre part, sur les lèvres si douces de Lucy, pour être vraiment rationnel et se dire que ça ne marcherait jamais.
Il posa son regard sur la chatte et chercha en lui son Animagus, sa partie animale. Chez lui, il fallait dire que cette partie n'était pas enterrée très profondément, vu qu'il n'était fait que d'instincts et de pulsions. Il laissa cette partie effleurer la surface, comme il le faisait quand il voulait se transformer, mais il ne laissa pas la transformation s'opérer. Il ne sut pas très bien comment il fit, mais seulement son aura changea, pour devenir une aura de chien enragé, reflétant sa haine à l'égard du chat. Il essaya d'envoyer son aura frapper l'animal, en s'imaginant dans sa tête qu'il était sous sa forme de chien, et qu'il grognait furieusement contre un chat, découvrant toutes ses dents. Il ne savait pas si c'était possible, mais il eut l'impression que ça avait marché, parce que la chatte se détourna brutalement et s'enfuit à l'autre bout de la pièce en miaulant contre la porte.
Rusard, qui avait levé la main pour toucher le mur à l'endroit où Miss Teigne regardait, suspendit son geste en voyant sa chatte courir de l'autre côté du bureau. Quelques centimètres de plus, et il aurait sentit la cape. Il reposa sa main contre son corps et demanda à son chat ce qui n'allait pas, avant de la prendre dans les bras et de sortir du bureau pour aller faire un tour, voyant qu'elle voulait à tout prix s'échapper de cette pièce.
Quand la porte claqua, Lucy et Sirius restèrent encore un long moment dans leur position. Ils n'osaient pas croire qu'ils n'avaient pas été découverts, et avaient peur qu'à tout moment, Rusard ne revienne, triomphant, en leur disant que bien sûr, il savait qu'ils étaient là. Mais en constatant que la porte ne se rouvrirait pas, ils soupirèrent de soulagement, avant de se regarder et de se sourire en même temps. Puis le souvenir de leur baiser leur revint à tous les deux, et Sirius vit que Lucy rougit furieusement, en tentant de cacher sa gêne. Il ne savait pas ce qu'elle pensait de son geste, et peut-être qu'au fond de lui, il avait peur de savoir. Alors il se contenta de lâcher sa main qu'il tenait toujours et de dire :
-Désolé, tu peux te dire que j'ai fait ça sur le moment.
Il se détourna et sentit qu'elle le suivait sous la cape. Il ouvrit la porte et ils remontèrent en silence jusqu'au dortoir, en faisant bien attention à chaque coin de couloir que le concierge ne s'y trouve pas.
Lucy ressassait dans sa tête la phrase que Sirius avait lâché dans le bureau. Qu'est-ce qu'il a voulu dire ? Que ce qu'ils avaient échangé ne comptait pas pour lui ? Qu'il l'avait embrassée juste parce qu'ils étaient proches et qu'il avait juste une envie qui l'avait traversé ? Mais la formulation de sa phrase la laissait perplexe. « Tu peux te dire ». Ça voulait dire quoi ça ? Quel était le véritable sens de son geste ? Pendant le chemin du retour, ces questions tournèrent dans sa tête, et elle ne trouvait pas de réponse. Elle avait envie de toucher Sirius pour le forcer à lui faire face, et le forcer à s'expliquer. Mais au final, elle ne trouva pas le courage, ou la force, ou l'envie de le faire.
Elle avait peur de la réponse qu'il pourrait lui donner. Parce qu'elle avait réalisé quelque chose, en l'embrassant, en écoutant son corps et surtout son cœur.
Elle considérait Sirius plus que comme un ami. Elle croyait bien qu'elle était tombée amoureuse de lui. Et elle ne savait pas quoi faire de ses sentiments, comme c'était la première fois.
En enlevant sa robe de sorcière dans son dortoir, elle sentit dans sa poche quelque chose de dur. Elle y plongea la main et toucha la reliure de cuir du carnet qu'elle avait pris chez le concierge. Elle l'avait presque oublié. Et pourtant, quand elle y repensa des mois, des années plus tard, elle se dit que c'est en allant chez le concierge, en étant avec Sirius, en prenant le carnet, que sa vie avait changé. Définitivement.
Elle ne savait pas si c'était en bien ou en mal. Mais ce qu'elle savait, c'était qu'elle ne regretta jamais ce moment, elle ne regretta jamais d'avoir pris ce carnet, malgré toutes les conséquences de cet instant précis, malgré tout ce qui s'était passé après. Elle ne regretta jamais.
N'oubliez pas de me dire quelle fin vous préféreriez dans un petit commentaire, s'il vous plaît :) Sinon... Ben, je choisirai sur le moment, et puis Sirius m'aidera dans mon choix :p (oui oui, vous ne saviez pas ? Il vient régulièrement me rendre visite, ce bon petit :p) A bientôt :D !
