Voilà le chapitre suivant, où l'angoisse et la peur sont bien présents. Pour me racheter de ça (et également de mon retard), j'espère que vous apprécierez la fin toute douce :) Ce serait tellement bien si c'était tout le temps comme ça, n'est-ce-pas ? Malheureusement, mon esprit a tendance à vouloir mettre une touche de drame un peu partout, pour pimenter un peu la chose, vraiment désolée ! En tout cas, un énorme merci à ceux qui ont pris le temps de lire les derniers chapitres, ainsi que celui-là, et bien sûr à ceux qui ont commenté, vous avez fait mes journées ! Bonne lecture, maintenant !


Avant même d'ouvrir les yeux, elle sentit le vent s'engouffrer dans sa chevelure et des mèches se plaquer sur ses joues. Sentant qu'elle se tenait debout, elle décida de découvrir la première chose que son esprit avait décidé de projeter. Elle ne savait pas à quoi s'attendre.

Une bourrasque la fit vaciller alors qu'un paysage montagneux se révélait devant elle. Un lac était niché entre deux collines. Mais ce qui la laissa pantelante, ce fut le vide à ses pieds. Elle se trouvait sur une petite plateforme qui semblait venir de nulle part. Elle n'arrivait en tout cas pas à distinguer comment elle était soutenue. Lucy devait être perchée à plusieurs centaines de mètres de hauteur, sans aucune barrière, juste le précipice devant elle, derrière elle, partout. Elle suffoqua malgré elle. Si elle n'avait même jamais réfléchi à l'offre de Sirius de jouer au quidditch, c'était bien à cause de cette peur. Passait encore de grimper à un arbre, mais les grandes hauteurs lui ôtaient ses moyens. Elle s'agrippa à sa baguette même si elle savait que ça n'allait rien changer. Elle n'arrivait plus à respirer, sa poitrine se soulevait de façon irrégulière. Voilà pourquoi elle n'avait jamais aimé voler en balai, voilà pourquoi elle n'avait jamais aimé les parcs d'attractions moldus.

S'accroupissant et mettant sa tête entre ses genoux, elle de força à respirer sans penser au vide sous ses pieds, parce que des étoiles commençaient à danser devant ses yeux. Elle avait mal à la gorge, aux poumons, et elle sentait bien que ça n'allait pas être la fin, mais plus vite elle trouverait une solution, plus vite elle sortirait de cette simulation.

Une simulation.

Après l'instant de panique, elle se ressaisit. Ce n'était pas réel. Ça ne l'était pas, n'est-ce pas ? Professeur Durart l'avait dit. Ce n'était que dans sa tête.

Elle se remit debout, son coeur battant moins la chamade. Malgré sa révélation, elle resta longtemps à osciller dans le vent, le temps de rassembler son courage. Le courage de le faire. S'il ne se passait pas ce qu'elle pensait, elle était morte. Mais elle ne voyait pas d'autre moyen, malgré ses efforts pour chercher. Prenant une longue inspiration, elle ferma les yeux et leva son pied pour l'avancer. S'imaginant sur un sentier de forêt, elle le posa sur ce qui se trouvait être le vide auparavant. Pourtant elle sentit de la matière, comme si le sol se déroulait devant elle. Elle s'avança encore, son cœur ratant un battement quand elle se dit qu'elle devait sûrement se trouver dans le vide, mais qu'elle en avait décidé autrement.

Un pas seulement, et elle flottait dans le vide. Mais ce qui était étrange, c'était qu'elle ne sentait plus le vent. Ni l'air frais. Elle sentait plutôt l'atmosphère que dégageaient les vieilles pierres. Elle ouvrit les yeux, et à sa grande surprise, elle ne se trouvait plus entre les montagnes mais dans une pièce faiblement éclairée. Cherchant ses repères, elle se tourna et aperçut un groupe de personne un peu plus loin. Ses pas résonnant entre la pierre, elle s'en approcha, pour découvrir que c'était en fait ses amis, dont Sirius, Lily et James.

Affichant un sourire, elle accéléra vers eux.

-Lily ! Sirius ! J'ai fini, regardez !

Ils pivotèrent tous dans sa direction. Mais les regards qu'elle reçut ne correspondirent pas à ce à quoi elle s'attendait. Sirius l'observait avec un prochain dégoût, Lily se cacha derrière James, qui lui, affichait le même sourire qu'il avait lorsqu'il regardait Severus Rogue.

-Je suis surpris que tu reviennes vers nous après ce que tu as fait, dit Potter. La dernière fois ne t'as pas suffi ?

La blonde s'arrêta, les sourcils froncés.

-Mais de quoi tu parles ?

-Ne fais pas l'innocente, ajouta Sirius. Tu sais très bien de quoi on parle.

Elle fit un pas en avant, levant la main vers le groupe.

-Mais…

James attira Lily un peu plus loin pour l'éloigner de Lucy, comme si elle était dangereuse. Tout le monde entourait la rousse et avait l'air très protecteur avec elle. Sirius fut le seul à se poster devant, pour l'empêcher de passer.

-Mais qu'est-ce que tu fais ? secoua-t-il la tête, méprisant. Tu ne vois pas que plus personne ne veut te voir ?

Ce fut comme un coup de poignard planté dans la poitrine de la jeune sorcière. Elle n'en croyait pas ses yeux, elle ne comprenait pas ce qu'il se passait. Qu'avait-elle bien pu faire à Lily pour qu'elle soit traitée comme ça ?

-Sors de notre vie, reprit Sirius. Tu nous as trahis. Je ne veux plus te voir. Si tu réapparais devant moi…

Il fit un pas en avant, menaçant, alors que la blonde, désemparée, recula maladroitement.

-Je serais beaucoup moins gentil que maintenant. Tu sais comment je peux être quand on m'énerve, et – il eut un sourire mauvais – pour une fois, je le serais contre toi.

A ces mots, il se détourna d'elle et marcha vers les autres.

Lucy avait l'estomac noué et respirer était difficile sous le coup de l'émotion. Ses jambes ne semblaient plus pouvoir être capable de supporter son poids beaucoup plus longtemps, et elle tomba rapidement à genoux. Incapable de produire un son, elle se contentait de regarder ce qui fut un jour ses amis. Elle ne comprenait pas. Les mots de Sirius virevoltaient dans sa tête comme une tornade, lui rabâchant sans relâche qu'elle avait failli. Elle les avait trahi. C'était insoutenable, elle laissa son front reposer sur le sol froid, comme s'il était coordonné avec l'état de son cœur. Elle n'avait plus la force. Le regard de Sirius semblait s'être gravé dans son esprit. Elle n'avait plus la force.

Elle ne comptait plus les minutes passées. Ou peut-être les heures. Elle ne savait plus. Le sol commençait à lui brûler sa peau devenue glacée. Elle s'était déconnectée et plus rien ne tournait dans sa tête. Enfin un peu de calme. Elle avait mis de côté sa souffrance, après un si long moment. Elle ne savait plus quoi faire, mais au moins elle n'avait plus mal.

Elle se releva lentement, appréciant le calme qui régnait dans son corps et dans son esprit, et regarda autour d'elle. Il n'y avait plus personne dans cette salle calme et silencieuse mais étrangement oppressante. Elle se demandait où elle devait aller ou ce qu'elle devait faire quand elle remarqua une porte de l'autre côté de la pièce. Elle décida d'aller voir ce qui se trouvait derrière quand elle sentit l'air frais en l'ouvrant.

La porte donnait sur l'extérieur mais il semblait qu'elle était en plein forêt parce que des arbres entouraient la sortie. Lucy était toujours dans son état d'apaisement quand elle s'aventura au-dehors. Il ne faisait pas froid et le vent lui caressait la peau. Étrangement, elle voyait très bien, alors que la nuit régnait. Elle comprit pourquoi lorsqu'elle vit la lune, pleine et ronde, se réfléchir dans le lac qui s'offrait devant elle après seulement quelques minutes de marche. N'y faisant pas plus attention, elle s'intéressa plus au lac qu'elle trouvait vaguement familier. En s'approchant, elle reconnut subitement le lac de la Forêt Interdite.

Laissant un fin sourire lui étirer ses lèvres, elle respira à plein poumons l'air chargé de senteurs boisées qu'elle ne semblait plus avoir senti depuis des années, même si elle ne savait pas pourquoi elle avait cette impression. S'accroupissant, elle joua un peu avec l'eau qui remuait à peine à ses pieds. Elle avait l'impression d'être à la maison. Et peut-être qu'elle l'était.

Toujours dans cet état apaisé qu'elle goûtait avec délice, elle posa sa baguette près d'elle et ramassa un caillou pour le lancer dans l'eau en faisant des ricochets. Elle y arrivait plutôt bien quand elle se concentrait. Un bruit derrière elle la perturba et elle rata son lancer. La blonde jeta au coup d'œil par-dessus son épaule et vit une silhouette se diriger lentement vers elle. Intriguée, elle discerna les traits de Rémus dans la quasi-obscurité. Il semblait respirer avec difficulté, aussi se leva-t-elle rapidement pour lui venir en aide.

-Rémus ! Qu'est-ce qu'il se passe ?

Elle se rapprocha de lui pour le soutenir. Il était chancelant.

-C'est... essaya-t-il de dire. Ça va... Pour l'instant...

Fronçant les sourcils, Lucy passa son bras sur son épaule et commença à faire quelques pas, ayant pour objectif de le ramener à l'infirmerie. Elle ne comprenait pas pourquoi il s'était aventuré dans la Forêt Interdite dans cet état. Il gémit de douleur mais ne bougea pas.

-Désolé... Lâcha-t-il.

La blonde le sentit s'appuyer sur elle de tout son poids et serra les dents pour essayer de rester debout. Ses jambes tremblaient sous l'effort, même si le brun n'était pas lourd pour un garçon. Elle sentait même la dureté de ses os à travers ses vêtements. Rémus laissa échapper un lourd soupir qui se transforma en un râle. Surprise, Lucy le regarda. Pour tout de suite le laisser s'écrouler par terre et reculer précipitamment.

Tout le corps du Maraudeur s'agita et des poils commencèrent à pousser sur sa peau. Son museau s'allongea, de même que ses dents, qu'elle devinait maintenant être des crocs pointus. Des griffes remplacèrent ses ongles et l'effrayant processus était en plus renforcé par le jeu d'ombre qui s'effectuait sous la lumière de la lune.

La lune. Rémus.

Elle était vraiment stupide. Et dans le pétrin. Elle se rappela tout à coup, et à son grand malheur, quel goût avait la peur. Son état de calme vola en éclat. Son ventre se tordit alors que la bête se redressait de toute sa hauteur devant elle, menaçante. Elle plongea sa main dans sa poche à la recherche de sa baguette, mais son cœur rata un battement, et même plusieurs, lorsqu'elle se rendit compte qu'elle l'avait posée sur la berge et ne l'avait pas reprise. Le temps sembla s'arrêter et son esprit était vide. Elle jeta un coup d'œil prudent par-dessus son épaule et aperçu le petit bout de bois à quelques pas, mais trop loin à son goût, beaucoup trop loin. Le loup-garou fit un pas, relevant ses babines pleines de baves sur ses crocs et fit ronfler sa poitrine. Elle recula en même temps, mais dans la mauvaise direction, puisqu'il la forçait à s'éloigner de sa baguette.

-Rémus… C'est moi, Lucy ! Combat le loup, je sais que tu peux le faire, dit-elle avec une voix qu'elle voulait apaisée.

Elle ne savait pas si elle y arrivait très bien. Il continuait d'avancer vers elle en claquant de temps en temps la mâchoire. Lucy sentit ses mains trembler.

-Une belle bête, n'est-ce-pas ?

Elle ne savait pas que c'était possible, mais son sang se glaça encore plus. Sa tête tournait et son tremblement allait en empirant.

Elle avait reconnu la voix.

Refusant de détourner les yeux de Rémus, elle l'entendit s'approcher derrière la bête. Si seulement elle pouvait s'emparer de sa baguette, peut-être qu'elle arriverait à se sortir de cette maudite situation.

Il se posta à côté du loup-garou et tous les espoirs de Lucy que ce ne soit pas qui elle pensait s'envolèrent. Il posa la main sur la créature et la caressa affectueusement. Rémus avait disparu et seule la folie régnait dans ses yeux jaunes.

-Avoir un loup-garou sous son contrôle, je n'aurais pu rêver de mieux…

Elle darda enfin son regard sur lui. Pendant un instant, la colère et le dégoût prirent le pas sur la terreur. Elle afficha un sourire sur ses lèvres, certes tremblant, mais portant toute sa méprise à l'égard de la personne qui correspondait à la voix aussi froide que de l'acier.

-Rosier, quel plaisir…

Lui aussi sourit.

-Tu ne diras plus ça dans quelques secondes.

Il tapota encore quelques fois les poils du loup-garou de son bras gauche, où Lucy discerna dans la nuit les contours d'une forme noire. Son tatouage bougeait, comme impatient.

-Je n'ai jamais supporté les Sang-de-Bourbes, mais enfin, grâce au Seigneur et à son pouvoir, vous allez disparaître de ce monde, ajouta-t-il. Fais tes adieux.

Il sembla observer les alentours, comme s'il les découvrait pour la première fois. Il reprit la parole avec un sourire sardonique.

-Dommage que tu sois seule dans cette forêt pour mourir. Je pense que personne n'entendras tes derniers mots au final.

-Va en enfer, cracha-t-elle.

Il haussa les épaules, puis recula de quelques pas.

-Tu me diras s'il y fait chaud, vu que tu vas y être très bientôt.

Un regard s'échangea entre eux, avant qu'il ne crie à Rémus d'attaquer. A présent dépourvue de toute humanité, il s'élança en direction de la blonde, qui avait profité de ce moment pour se jeter sur le côté, en espérant pouvoir atteindre sa baguette. Mais elle était trop lente, puisque des griffes lui lacérèrent la peau, de l'épaule à la hanche. Un cri s'échappa de sa gorge alors que tout son corps brûlait de douleur. Elle tomba au sol et entendit la bête se rapprocher. Roulant sur le dos, elle contempla celui qui fût autrefois Rémus, mais qui à ce moment n'était plus qu'une créature recherchant le sang et l'excitation de la chasse. Elle se sentait déjà faiblir alors que le liquide rouge s'écoulait hors de son corps, mais une rage folle s'empara d'elle. Si elle devait mourir, elle ne voulait pas donner ce plaisir à cette enflure de Rosier. Elle allait donner tout ce qu'elle avait pour défendre sa vie à tout prix.

Mais sans baguette, que pouvait-elle encore faire ?

« Il faut dépasser les limites de ton corps et de ton esprit, Lucy ». La phrase résonnait dans sa tête, et soudain elle comprit. Elle n'avait pas besoin de sa baguette pour être forte. Juste de la magie et de la volonté.

Avant qu'elle ne le sache, elle était devenue ce qu'elle avait toujours voulu être et s'était transformée en Animagus. Un loup contre un loup-garou. Elle se releva sur ses quatre pattes et s'élança à la rencontre de son opposant. Un combat de griffes, de crocs et de coups de pattes commença, alors que Lucy n'était plus que gouverné par la volonté de défendre sa vie.

Elle avait oublié le fait qu'elle était dans une simulation à cause du sort qui avait un trop grand effet sur son esprit, mais elle s'était convaincue qu'elle pouvait y arriver, alors son esprit avait tout simplement accepté.

Elle referma la mâchoire un énième fois, aveuglée par un mélange de peur et de détermination, et entendit un gémissement vibrer entre ses canines. Elle avait mordu à la gorge du loup-garou, le clouant au sol. Une énorme vague de culpabilité la frappa, la laissant chancelante, alors qu'elle se reculait et observait les tâches rouges qui constellaient le pelage de la bête en face d'elle. Elle était sûre d'être dans le même état, mais elle avait fait du mal à Rémus.

Son ami.

Elle l'avait peut-être même tué, elle ne savait pas. Un long râle douloureux s'échappa de sa gorge à cette pensée.

Puis elle secoua la tête, se forçant à se rappeler que Rémus avait disparu, et qu'elle avait fait ce qui était nécessaire. Ce n'était pas son ami qu'elle avait sous les yeux, mais quelque chose qui avait voulu sa mort à elle.

Se forçant à se détourner, elle se retransforma inconsciemment dans sa forme humaine et reprit sa baguette. Il lui restait encore une chose à faire, rattraper Rosier. Elle allait le faire payer.

Elle se mit à courir et à slalomer entre les arbres, avançant coûte que coûte, même si elle ne savait pas si c'était la bonne direction. Elle suivait simplement son instinct. Plus elle courait, plus un mauvais pressentiment lui perforait l'estomac. Elle avait l'impression que ce sentiment n'avait pas de fin, et qu'elle n'avait que ressenti ça de toute sa vie.

-Je t'attendais.

Elle l'avait enfin retrouvé. Elle allait le faire payer. Mais devant lui, alors qu'il était posté dans une trouée entre les arbres, se trouvaient deux personnes.

-Ne fais pas ça, menaça-t-elle.

Il mit sa baguette contre la tempe d'un des deux adultes agenouillés.

-A toi de choisir. Je peux les tuer, ou tu peux le faire toi-même.

Elle sentit les larmes couler sur ses joues, alors qu'elle contemplait ses deux parents devant elle. Elle ne savait pas pourquoi elle avait l'impression confuse qu'ils devraient être déjà morts, mais les voir vivants était un tel apaisement. Et cela ne fit qu'ajouter à sa douleur.

-Laisse les partir, dit-elle avec un sanglot. Je ferai tout ce que tu veux.

Elle s'écroula à genoux.

-Tout ce que tu veux… murmura-t-elle en regardant ses parents, la vue brouillée par ses larmes.

-Ce que je veux, c'est simplement te voir souffrir, tu sais. Maintenant, décide-toi. Tu peux choisir de les tuer toi-même, ou que ce soit moi qui le fasse.

Elle ne répondit rien. Elle n'avait même plus la force de la regarder. Elle l'entendit jubiler lorsqu'il reprit :

-Tu n'y échapperas pas tu sais.

-Tu vas payer pour tout ça.

-Ah oui ? Et que vas-tu faire ? Tu n'as pas de courage, tu ne sais rien faire à part pleurnicher. Quoique, non, j'avoue que je suis surpris que tu t'en sois sortie face à ton cher ami le monstre, mais bon, peut-être que c'était à prévoir…

Elle le regarda, les yeux chargés de mépris. Puis elle empoigna fermement sa baguette.

-AVADA KEDAVRA !

Un filet vert de magie s'échappa et fila en direction de Rosier, mais il le para d'un simple coup de baguette. Il affichait toujours ce sourire mauvais qui insupportait Lucy au plus haut point.

-Tu es si faible. Comment as-tu pu survivre jusqu'à maintenant ?

Elle n'avait plus aucune force, abattue par le désespoir.

-Je pense que tu as fait ton choix, après tout.

Il replaça sa baguette contre la tête de son père, et semblait prêt à prononcer les mots mortels. Elle vit ses parents afficher tous les deux un calme étrange. Ils n'avaient pas peur, et elle ne comprenait pas pourquoi. Sa mère reporta à nouveau son regard sur elle.

-Tu as ta réponse sous tes yeux, ma chérie, dit-elle. N'oublie jamais d'utiliser ton esprit dans ces situations. Et sache que nous serons toujours avec toi.

Son père acquiesça à côté, le regard rempli de fierté, ce que Lucy trouva étrange. Mais elle avait compris les mots de sa mère. Elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait. Il lui suffisait de croire. D'avoir la foi.

Elle pointa sa baguette en direction de Rosier.

-Tu sais que ça ne marchera pas, se moqua-t-il.

Puis, sans un mot, elle tourna le poignet.

-Pas sur toi. Mais sur moi, si.

Le bois de sa baguette effleura son propre front, alors que Rosier écarquilla les yeux.

-Avada Kedavra, murmura-t-elle.

Et tout s'arrêta.


Elle ouvrit subitement les yeux en prenant une grande inspiration, avalant l'air comme si elle n'avait plus respiré depuis des années. Se redressant précipitamment dans le fauteuil et serrant les accoudoirs si fort que ses mains devinrent blanches, elle remarqua autour d'elle que plusieurs personnes l'observaient avec attention. Affolée, ne comprenant pas ce qu'il se passait ni où elle était, elle sentit les battements de son cœur s'accélérer. Les souvenirs étaient encore trop frais dans sa mémoire.

Elle sentit une main se poser sur son épaule, la faisant sursauter. Elle était comme un loup mis en cage.

-Mademoiselle Garrison, tout va bien, dit un homme avec une voix qui se voulait apaisante. Vous êtes de retour parmi nous.

Elle fronça les sourcils. Puis enfin, tout lui revint. Ce n'était qu'une simulation. Une simulation pour lui faire connaître ses peurs, une simulation créée par son professeur de DCFM. Elle se força à respirer plus calmement, puis hocha la tête.

-Ce fut vraiment impressionnant, lui dit-il.

Elle lui jeta un regard perplexe.

-J'ai l'impression d'avoir mis des heures, ça a dû être beaucoup moins bien que Sirius.

Il la regarda avec un mélange d'amusement et quelque chose qu'elle n'arrivait pas à identifier. Croisant les bras, il rajouta :

-Vous voulez savoir combien de temps vous avez mis ?

Elle acquiesça.

-La perception est toute autre dans ce genre de situation. En réalité, cela a duré quatre petites minutes. Une de moins que Monsieur Black.

Il observa l'effet que ses paroles eurent sur la blonde. Elle n'y croyait pas. Ça avait semblé si long dans sa tête, interminable ! Et quand elle y repensait… Toutes ses peurs prenaient pourtant sens. Mais ça l'avait plus affecté qu'elle ne l'aurait cru. L'image de ses parents, Rémus, Rosier…Tout cela avait semblé réel. Trop réel. Néanmoins, elle ressentait une certaine fierté à l'avoir fait.

Une main se posa sur son épaule lorsqu'elle tenta de se lever, l'arrêtant dans sa volonté. Le professeur se pencha vers elle et baissa la voix de manière à ce que personne d'autre n'entende. Il l'avait aussi fait avec Sirius alors elle s'attendait juste à ce qu'il lui donne quelques conseils, mais certainement pas à ça.

-Vraiment, ce fut très impressionnant. Une fois que l'esprit a conscience qu'il est dans une simulation, il peut accomplir toute sorte de choses normalement impossible en réalité.

Elle acquiesça un peu perplexe, se demandant pourquoi il était nécessaire de lui dire ça, mais il reprit bien vite.

-Cependant… Vous n'auriez pas dû être capable de certaines… transformations.

Il la jaugea du regard, lorsqu'elle comprit qu'il parlait du moment où elle s'était transformé en loup. Elle réalisa avec horreur qu'il avait lui aussi vu dans son esprit lorsque Rémus s'était transformé en loup-garou. Elle commença à s'agiter. S'il ne l'était pas déjà, il ne devait pas être au courant de cette partie, et elle avait bien peur qu'elle lui avait tout révélé involontairement. Elle ouvrit de grands yeux et dit précipitamment.

-Ce n'était que mon esprit qui faisait ce qu'il voulait, j'en suis sûre. Par contre, tout ce qui s'est passé dans la simulation n'est pas forcément vrai, comme pour-

Il la coupa avec un sourire, et de son pouce, effectua un mouvement circulaire pour la calmer.

-Ne vous inquiétez pas, je suis au courant. Vous ne pensiez quand même pas que le directeur n'allait rien faire pour sa protection ? ajouta-t-il, un peu malicieux. Néanmoins, vous comprenez à quel point ce genre de sort peut être dangereux, reprit-il, plus grave. Pour en revenir à vous, comme je le disais, ce n'est pas possible en temps normal, ce qui démontre une très forte volonté de votre part. Il se trouve qu'un certain professeur m'a parlé de votre cas.

Il lui fit un petit clin d'œil alors qu'elle regardait nerveusement de droite à gauche. Elle n'aimait pas être l'objet de discussions, encore moins entre professeurs. Elle vit que certains élèves se demandaient aussi ce qu'il se passait et pourquoi cette petite discussion privée durait aussi longtemps.

-Voyons, ne vous inquiétez pas mademoiselle, je ne veux que votre bien. Venez aujourd'hui à la fin de vos cours me voir dans mon bureau. Je trouverai bien un moyen de vous aider, sourit-il une dernière fois, avant de se redresser. Qui est le prochain ?

Un peu perdue, Lucy se contenta de retourner à sa place et de réfléchir à tout ce qu'il venait de se passer. Ses amis et Sirius lui lancèrent un regard, mais seul ce dernier comprenait dans quel état elle devait être. Le reste du cours se passa comme dans un brouillard.


« Essayez de persuader les centaures ».

Essayer, essayer, de persuader les centaures, mais à quoi avait pensé ce vieil homme, ce vieux sénile » ? Elle lâcha un rire exaspéré. Elle savait qu'elle était forte, mais pas à ce point-là. Il fallait dire que la diplomatie n'était pas une de ses premières vertus.

Repoussant ses longs cheveux noirs derrière ses épaules, elle contempla encore quelques secondes la cour et le lac qui s'offraient devant elle. Perché sur un des hauts toits de l'école, cet endroit était rapidement devenu l'un de ses préférés pour le calme qu'il procurait.

A 358 ans, les conversations futiles et puériles des élèves n'avaient plus aucun intérêt pour elle.

De sa grâce féline, Tasha se remit sur ses pieds et descendit rapidement retrouver la terre ferme à l'aide des nombreuses prises que les murs de pierre offraient. Elle rit intérieurement lorsqu'elle repensa à un petit deuxième année qui lui avait demandé si elle pouvait voler. Des rares fois où elle se baladait de façon à être vue, il fallait qu'on lui demande ça. Les gens lisaient vraiment trop d'histoires. Si en plus des pouvoirs qu'elle avait déjà, elle pouvait voler, ce serait trop injuste pour les humains. Elle serait invincible.

Mais la cicatrice sur sa hanche lui rappela avec douleur que ce n'était pas le cas. D'ordinaire, les vampires guérissaient rapidement et toute trace de blessure disparaissait. Mais pas les blessures résultant de la magie noire. Elle retroussa les lèvres à ce souvenir. Elle ne voulait pas se rappeler.

Alors elle fit ce qu'elle avait l'habitude de faire pour oublier, elle se mit en chasse. Elle partirait trouver les centaures après. Elle ne pouvait pas se permettre de s'afficher faible devant eux, déjà qu'ils ne voudraient certainement pas la voir. Les vieilles rancunes entre les différentes espèces ont la peau dure. Elle savait pertinemment que même si elle arrivait à les voir, les convaincre d'aider Dumbledore à défendre le château contre une menace invisible serait presque impossible. Pourquoi le feraient-ils, après tout ? Ils ne restaient dans la Forêt Interdite que parce qu'on leur offrait cet espace, et parce qu'au dehors, ils seraient chassé pour leurs nombreux avantages. Mais aider les sorciers alors qu'ils n'auraient rien en échange, alors qu'ils n'avaient jamais rien fait pour ces mi-hommes mi-chevaux et pour leur cause, elle n'y croyait pas vraiment.

En tout cas, ce n'était pas elle qui allait réussir cette mission, mais apparemment Dumbledore n'avait pas assez de volonté pour se déplacer lui-même. Il avait de la chance qu'elle ait des comptes à rendre, sinon jamais elle ne serait venue dans ce stupide château. Elle accordait autant d'importance au sort de ces petits sorciers dont la vie était si triste et éphémère, qu'à la vie des insectes.

Reniflant la trace d'un cerf, elle laissa le fumet de son sang guider ses mouvements, fermant son esprit. Elle allait accomplir ce pour quoi elle était venue ici et ensuite, elle partirait, loin, pour ne plus jamais avoir à faire avec les sorciers. Ces traîtres. Ces êtres répugnants.

Lorsqu'elle arracha la peau de la gorge du pauvre animal, elle s'imagina tenir à la place le cou d'un certain mage noir entre ses longs doigts fins. Son sang rouge qui gouttait sur le sol, avec un tel goût de victoire qu'il l'alléchait presque. Ses yeux remplis de peur. Sa bouche crispée pour former une dernière demande de pitié.

Elle plongea ses crocs dans la chair de l'animal mort.

Elle prendrait sa revanche.


Lucy se réveilla en sursaut, à la recherche désespérée d'un peu d'air pour remplir ses poumons. Elle avait encore faire un cauchemar. Après ses nombreuses nuits passées avec trop peu de sommeil depuis le début de l'année, cela commençait à se remarquer. Cependant, ce cauchemar était différent des autres. Ou de l'autre, puisque le même revenait encore et encore à chaque fois. Non, cette fois, elle avait rêvé de sa simulation, de ses parents avec un étrange regard vide qui se relevaient pour venir l'enlacer dans une étreinte mortelle, sous la tutelle de Rosier. De Rémus qui devenait une bête folle et incontrôlable, n'ayant pour seul but que la mort. D'elle, qui tombait dans un trou noir, sans fin.

Elle se passa une main sur le visage et se recoucha sur ses oreillers. Se tourna pour essayer de se positionner confortablement, puis se retourna. Encore une fois. Puis une autre. Exaspérée, elle rejeta les couvertures. Elle n'arriverait plus à trouver le sommeil et elle ne pourrait rien faire sans réveiller les autres, alors la blonde décida de descendre dans la salle commune, emmitouflée dans un gros pull. Au moins, il y avait un feu.

Calée dans le canapé, elle regardait sans vraiment les voir les flammes qui léchaient le bois. Son corps réclamait du repos mais son esprit ne voulait pas se reposer. Elle n'arrêtait pas de se demander de ce qu'elle aurait à faire pour se débarrasser de ses peurs, pour se rendre plus forte. A chaque fois qu'elle pensait avoir fait un pas en avant, il semblait qu'en fait elle reculait.

Une bûche craqua, la ramenant à la réalité. Elle ne savait pas qu'elle heure il était, mais elle vit au coin de son champ de vision le tableau de la Grosse Dame s'ouvrir pour laisser quelqu'un passer. A son grand étonnement, ce fut Sirius, qui secouait négligemment ses cheveux pour se débarrasser de la pluie. Il se passa une main sur sa nuque et lorsqu'il releva les yeux, il la remarqua. Surpris, il marqua un temps d'arrêt.

-Lucy ? Qu'est-ce que tu fais là à cette heure ?

Détaillant sa tenue fripée et son pull avec quelques traces de boue, elle répondit doucement :

-Je n'arrive pas à dormir.

Elle détourna les yeux, se concentra sur ses jambes. Pendant une seconde, il ne sembla pas bouger mais hésiter, puis il lâcha un soupir et la rejoignit en deux longues enjambées. Elle leva les yeux au bruit de froufrou de tissu, pour constater qu'il enlevait son pull, qu'il jeta sans plus d'intérêt au sol. Il portait en dessous un t-shirt noir qui mettait en valeur ses épaules et bras plutôt biens musclés.

-Bouge, dit-il en se postant devant le canapé.

Lucy fronça les sourcils, ne comprenant pas. Il lui lança un regard mi-exaspéré, mi-amusé, puis la prit par les épaules et releva son buste pour se positionner derrière elle. Elle ne dit rien, les sourcils toujours froncés, tendue. Il remua encore un peu derrière afin de caler confortablement ses jambes et globalement tout son corps, avant de la ramener contre lui.

-Là, dit-il de sa voix grave, détends-toi, je vais pas te manger.

Il lâcha un petit rire et elle sentit toutes les réverbérations de sa poitrine dans son dos. Il sentait la forêt, il sentait la pluie, il sentait l'herbe, la terre, le bois. Il sentait la nature et cela lui procura un sentiment d'apaisement qui lui fit lui relâcher tous ses muscles contractés par l'appréhension. Cette appréhension cumulée tout au long de la journée. Elle se lova contre lui et posa sa tête contre son torse, observant le plafond avec absence.

-Tu étais dans la forêt.

Ce n'était pas une question, et il le savait. Juste une simple affirmation.

-Je devais tout préparer pour Rémus. C'est demain.

La nuit semble parfois avoir des propriétés magiques, parce qu'elle suspend le temps et vous envoie dans cet autre univers où tout est infini.

Lucy ne dit plus rien, réfléchissait simplement. Si on lui demandait à quoi, elle n'aurait su le dire, mais elle pensait à plein de choses en même temps. Le bruit de la pluie contre les carreaux, le feu qui crépitait dans l'âtre et la respiration de Sirius, qui avait passé ses bras autour d'elle, la rendaient si calme.

-Tu n'as jamais eu peur ?

Elle chuchota. Elle n'avait pas envie de réveiller les fantômes, pas envie de réveiller les morts.

Il resserra son étreinte.

-Tous les jours, lui murmura-t-il à l'oreille. Certains moins que d'autres. Certains plus. On s'y habitue, tu sais.

La respiration de Lucy se bloqua dans sa gorge.

-Mais de lui ? reprit-il. Jamais. J'ai toujours eu confiance en lui. Ou les deux autres aussi, je sais qu'ils seront toujours là, quoiqu'il se passe. De toute façon, ça s'est toujours bien plutôt bien passé. Rémus aussi mène son combat, comme nous.

Elle caressa ses avant-bras puis agrippa ses mains et les serra. Il soupira.

-Tu l'as vu, n'est-ce-pas ? Il faisait partie de la simulation.

Elle se demanda comment il pouvait toujours tout savoir mais acquiesça faiblement. Il soupira encore une fois, la faisant se sentir coupable, parce qu'elle avait peur d'un de ses meilleurs amis, puis il posa son menton sur le haut de sa tête.

-Il faut juste que tu gardes à l'esprit qu'à ce moment-là, ce n'est pas lui. Ce n'est pas lui, mais cette putain de bête qui vit en lui, à cause de cet être égoïste, cracha-t-il avec venin.

-Comment est-il devenu un loup-garou ? demanda-t-elle doucement, voulant le ramener dans le même état de calme qu'elle avait atteint grâce à sa présence.

-Ce n'est pas mon histoire, ni ma place pour la raconter, mais on le devient en se faisant mordre.

-Comme les vampires.

Il hocha la tête.

-Je ne sais pas pour les vampires, mais en tout cas, ce n'est pas comme si quelqu'un avait particulièrement envie de devenir une bête furieuse à chaque pleine lune, dit-il.

Le silence retomba, laissant à Lucy d'intégrer ses paroles. Elle se retourna au final, plongeant ses yeux bruns dans les siens, ces yeux gris qu'elle adorait.

-Et toi, c'est quoi ton combat ?

Elle le sentit se tendre pendant une fraction de seconde sous elle, puis ce fut à nouveau comme avant. Il ne répondit pas avant longtemps, semblant mettre les bons mots les uns derrière les autres dans sa tête. En train de chercher comment dire ce qu'il avait vécu, débattant intérieurement.

Elle posa sa main sur sa joue et nicha la tête dans le creux de son cou. Il serait plus confortable pour parler s'il ne la voyait pas, peut-être.

-Qu'est-ce tu as vu ?

Il lâcha une longue expiration, ressassant sûrement les images de sa simulation. Cela sembla irréel et tellement hors du temps lorsqu'il se remit à parler.

-J'ai vu… J'ai vu une silhouette encapuchonnée allumer un bûcher. Un bûcher sur lequel j'étais attaché. J'ai senti les lianes s'enrouler autour de moi alors que je courais en pleine forêt, me ligoter, me bâillonner. J'étais à la merci du premier venu. Tellement vulnérable. J'ai vu… James, Rémus et Peter se tordre de douleur devant moi, sous l'effet d'un sortilège Doloris, et moi je…

Sa voix craqua.

-C'est moi qui jetais le sort, et je ne pouvais rien faire pour l'arrêter. J'ai vu mon père me frapper sans relâche, et ma mère qui observait avec son air satisfait. A un moment, ils m'ont pris tous les deux et m'ont transporté jusqu'à… jusqu'au Seigneur des Ténèbres. Ils m'ont forcé…

Il se passa la main sur les yeux. Serra les dents.

-Ils m'ont forcé à recevoir la Marque. A commettre toute sorte de crimes pour eux, pour Lui. Et puis il y avait toi… La dernière simulation. La pire. Je devais te traquer, et tu courais entre les arbres. Je devais… te rattraper, te frapper, te tuer. Et Il était là, Il regardait. Il allait s'amuser avec toi après que je lui ai obéi, il allait te prendre comme exemple. « Voilà ce qu'apporte l'affection, voilà ce qu'apporte l'amour ». Il le criait et riait de cette façon, cette façon qui te rend fou.

Il fermait les yeux si forts pour chasser toutes ces images qui tournoyaient dans sa tête. Parler l'avait un peu soulagé mais pas entièrement. Lucy se retourna complètement, se calant à califourchon sur ses jambes et le serra contre elle, laissant reposer sa tête contre son cou. Caressant doucement ses cheveux, elle voulait tellement le rassurer, parce qu'elle sentait qu'il avait été aussi ébranlé qu'elle après sa simulation. Elle se recula, prit son visage entre ses mains, et l'observa. Il avait l'air si ouvert mais si fragile, vulnérable à cet instant. Elle voulait gommer cette expression qui lui apportait tant de peine.

Laissant ses cheveux blonds lui chatouiller l'épaule, elle posa ses lèvres sur les siennes dans un baiser désespéré. Elle était désespérée de le rassurer. Elle embrassa ses joues, son nez, son menton, son front. Il passa ses mains dans son dos et elle sentit qu'il tremblait légèrement. Il ramena son corps contre lui, à la recherche du contact qui l'apaiserait, de son contact qui le rassurerait. Il partit à l'assaut de ses lèvres lorsqu'elle se rapprocha à nouveau des siennes. Ils échangèrent un baiser si passionné mais si innocent qu'ils se passaient de mots. Ils se ressourçaient tout simplement l'un dans l'autre.

Il la relâcha légèrement et la regarda avec intérêt.

-Raconte-moi, toi.

Elle laissa son regard se poser sur sa bouche, sur son cou, son t-shirt, tout sauf ses yeux. Elle joua pendant un instant négligemment avec ses cheveux noirs, puis se recoucha sur son torse, mais de côté, de sorte qu'elle entendait battre son cœur.

Et elle lui dit tout.

Elle lui dit sa peur du vide et que c'était pour ça que malgré le fait qu'il aimait profondément le quidditch et voler sur un balai, jamais elle ne le ferait avec lui. Elle lui dit qu'elle avait peur que tous ses amis ne l'abandonnent, qu'il ne la repousse, qu'il ne la veuille plus dans sa vie. Elle lui raconta d'une petite voix à quel point elle avait peur de trahir ses proches. Elle lui dit, près un instant d'hésitation, pour Rémus, puis pour Rosier. A cette évocation, il se tendit de colère, mais il ne prononça pas un mot, la laissant continuer de parler. Elle lui dit pour ses parents, comment Rosier les avait utilisés pour l'atteindre, comment elle avait préféré se tuer elle-même plutôt que l'un d'entre eux.

Sa voix craqua plus d'une fois. Elle détestait cette impression de vulnérabilité qui l'envahissait, qui la submergeait, mais Sirius semblait s'en moquer. Il balaya ses insécurités de ses caresses, de ses baisers, de ses murmures.

-Tu ne t'en rends pas compte, à quel point tu es forte, tu sais. Dans aucunes de mes simulations je n'ai pu réagir comme tu l'as fait.

Il repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille et lui déposa un baiser sur ses cheveux.

-Je ne sais pas ce que je ferais sans toi, lui confia-t-il, comme s'il s'agissait d'un secret, un secret qu'elle devait garder précieusement.

Elle l'embrassa en retour, lui communiquant toute sa gratitude et tout son amour. Parce que oui, elle savait maintenant qu'elle était bel et bien amoureuse de Sirius. Vraiment amoureuse. Elle se repaissait de son attention et de sa présence, se ressourçant à travers lui. Et il fit la même chose, trouvant son point d'ancrage en elle.

Une éternité passa durant laquelle ils se livraient à un lent combat, les mains féminines ancrées dans la chevelure de jais, les masculines parcourant le dos délicat, les deux bouches l'une contre l'autre, dans l'espoir que plus rien ne les sépare.


Je me demande quelles seraient mes peurs si je devais subir ce sort. Choisiriez-vous de la faire vous aussi ? Moi je pense que oui ! En tout cas, qu'avez vous pensé de ce chapitre ? Xoxo