Merci à Marine, Clelia Kerlais, Amelia TheFujoshi, Blue Doctor, Carbo Queen, U-no-le, et Marali . no1.

Note : bon cette fois ci c'est pour de vrai, voilà le dernier chapitre ^^

XXXX

Le bruit étouffé que fit la bague lorsque John la posa, pas vraiment délicatement, sur la table retenti à leurs oreilles comme si le glas avait sonné.

Ce qui, d'un côté, résonnait tellement vrai.

John Watson venait de retirer son alliance.

La douleur de la trahison.

La souffrance causée par les mensonges.

Tirer sur Sherlock et mentir sur son identité.

Tout ça avait été de trop pour que John ne puisse revenir en arrière et pardonner, ou du moins essayer.

Rien n'avait encore été dit entre les deux hommes et pourtant l'un comme l'autre savait leur destin scellé.

John revenait vivre à Baker Street.

Sherlock avait senti son pouls s'accélérer à la seconde où il avait compris ce que son meilleur ami allait entreprendre mais d'avoir sous les yeux l'alliance traînant presque innocemment sur la table lui nouait la gorge.

Toujours ce même bout de métal qui l'avait tant nargué quelques mois auparavant et face à lui toujours cette même incompréhension quant aux émotions qu'il faisait naître chez le grand détective.

Le même trouble teinté cette fois d'une pointe de soulagement.

John lui revenait enfin.

-Tu es sûr ?

Il fronça les sourcils, ne s'attendant pas à poser la question à haute voix.

Il entendit John bouger dans son fauteuil mais garda obstinément les yeux rivés sur le bout de métal.

-Elle l'a placé à mon doigt comme la balle qu'elle a logé dans ton corps. C'était froid, calculé et douloureux.

Sherlock frémit en l'entendant parler de la tentative d'assassinat, son assassinat quoiqu'il ait pu dire.

-D'accord... Je vais devoir enlever quelques affaires de ta chambre...

Il devina aisément le sourire triste de John.

-Non. Je sais que tu n'y as pas touché. Tu n'as pas voulu.

Le détective fût surpris qu'il sache une telle information.

-Mrs Hudson ?!

John haussa simplement les épaules.

-Non, c'est juste que si la situation était inversée je n'aurais pas voulu, pas pu, y toucher non plus...

Après réflexion il crût bon de rajouter.

-Et puis maintenant que tu t'es de nouveau mis en danger tu vas avoir besoin d'une surveillance médicale constante.

Le regard de Sherlock se durcit en repensant à sa propre idiotie, même si, sur le moment, tout lui avait semblé logique et parfait.

-Je suis désolé John.

Ça aussi c'était sorti sans qu'il le veuille et fit sursauter l'ancien militaire.

-Non tu ne l'es pas, si c'était à refaire tu referais exactement pareil.

Ils partagèrent alors un sourire complice, bulle de légèreté dans cette cacophonie de tourments.

-Exact.

Il se mordit la lèvre, voulant aborder le sujet mais sachant que ce n'était peut-être pas le bon moment.

-Qu'est-ce que tu veux faire pour...

-Rien ! Je ne veux rien faire à ce propos. Je reviens à la maison parce que tu as besoin de moi.

Encore une fois leurs regards se croisèrent et s'accrochèrent, laissant la partie la plus importante non formulée... John revenait parce qu'il avait tout aussi besoin de Sherlock.

Le médecin inspira profondément, heureux de retrouver une certaine familiarité, une stabilité.

Vivre avec Mary était... Il avait vécu avec elle, dans sa maison mais ça n'avait jamais vraiment été chez lui. Pas réellement.

Chez lui était, est, et sera toujours apparemment là où Sherlock Holmes se trouvait.

Le détective s'avança alors vers lui pour s'arrêter devant la table et ramasser la bague qu'il examina scrupuleusement.

Le rire de John retenti.

-Ce n'est qu'une simple alliance tu sais.

Sherlock fronça le nez, offensé.

-Je sais ! Mais... j'ai essayé de comprendre...

-Quoi ?

-Ce que ça pouvait représenter, pour toi... Toutes ces promesses, ce symbole...

Dans un triste sourire John rétorqua.

-Vraisemblablement ça ne voulait pas autant dire que je ne le pensais... Et je ne m'attends pas à ce que tu comprennes... D'ailleurs je n'aurais jamais cru que de vulgaires alliances pouvaient te faire te questionner autant.

Sherlock haussa les épaules.

-Ça n'a plus vraiment d'importance maintenant, si ?

-J'imagine que non... 'Prochain mariage' tu avais dit... Si jamais je veux retenter ça une seconde fois tu as l'autorisation de prendre des mesures drastiques...

Cela avait peut-être été dit sur le ton de la badinerie mais les deux hommes eurent le visage grave un instant.

'Mesure drastiques' et 'prochain mariage' n'étant pas vraiment des idées sur lesquelles ils voulaient s'appesantir pour le moment.

Sherlock regarda John, le contemplant pendant longtemps avant de répondre sérieusement. Plus sérieux qu'il ne l'avait peut-être été jusqu'alors.

-Je te le promets John.

Le médecin le dévisagea, comprenant la parole implicite qui se cachait derrière.

Ils ne seront plus séparés. Jamais.

Voilà, c'était sans doute cela un mariage, un véritable mariage, pas besoin d'échange d'alliances insignifiantes, juste l'échange d'une promesse.

De la plus belle de toutes.

Celle d'être présent l'un pour l'autre.

XXXXX