Une semaine.
Une semaine tout entière à se poser inlassablement la même stupide question.
Comment diable pouvait-il se débrouiller pour rendre ce foutu bout de bois magique à son foutu propriétaire foutrement Serpentard qui allait sans aucun doute foutrement le tuer s'il apprenait qui lui avait dérobé sa foutue baguette ?
Sans surprise, même une semaine après, il n'avait toujours pas trouvé de réponse valable à cette question.
Étrangement, Malefoy ne semblait pourtant pas se comporter différemment de d'habitude. Durant les cours de sortilèges, les maraudeurs avaient même eu la surprise de le voir sortir une autre baguette magique que la sienne, assez semblable cependant à celle que Remus détenait encore. A croire que la disparition de sa baguette ne le perturbait absolument pas. Il ne semblait même pas chercher l'identité des voleurs, se contentant d'utiliser sa nouvelle baguette probablement payée une fortune pour avoir été créée si rapidement pour remplacer la précédente.
Pour autant, une telle attitude ne permettait pas à Remus de garder le précieux objet pour ainsi éviter d'affronter son propriétaire. Après tout, il avait en sa possession quelque chose ne lui appartenant pas. Et il ne pouvait clairement pas demander à ses amis d'exécuter cette tâche à sa place. Sirius et James risqueraient de s'en servir pour une énième bêtise et Peter ne serait pas plus enchanté que lui d'aller trouver Malefoy.
Et puis, même si n'importe qui semblait mieux placer que lui pour aller lui rendre son bien, il ne pouvait décemment pas expliquer à qui que ce soit pourquoi il se sentait gêné. Que ce soit pour le baiser ou... pour les fantasmes qui en découlaient malheureusement. Oui, les fantasmes. Parce que son esprit coupable s'amusait aussi à lui rappeler chaque jour, ou plutôt chaque nuit, le plaisir qu'il avait pris à savourer les lèvres chaudes de l'affreux serpentard blond contre les siennes...
Enfin visiblement, il se trouvait dans une impasse. Une belle impasse contenant Malefoy dans l'équation. Une impasse plutôt flippante , donc.
Les rideaux fermés autour de son lit empêchant quiconque de le surprendre, sa main se saisit alors de la baguette cachée sous son oreiller, profitant de se retrouver seul pour l'examiner denouveau . Aussi bizarre que ça pouvait l'être, dissimuler ce morceau de bois lui donnait de plus en plus l'impression d'avoir réussi à voler un trésor à l'insu de tous ou même de garder un secret si précieux qu'il en était inavouable.
Pourtant la situation n'était pas si étrange que ça, pas vrai ? Ce n'était que le résultat de la vengeance stupide de ses meilleurs amis, rien d'autre...
Après tout ce n'était pas comme s'il était un fanatique et qu'il avait de lui-même volé un objet appartenant à l'objet de son obsession. Franchement, il n'avait pas chipé une chemise pour la renifler tous les soirs comme s'il était tombé malade d'amour, non plus ! Et c'était uniquement la peur de la réaction de Malefoy qui l'obligeait à la garder, il ne fallait pas imaginer quoi que ce soit d'autre...
Et puis surtout, il ne pouvait décemment pas faire d'obsession à propos de Malefoy ! Les aristocrates imbus d'eux-mêmes n'étaient franchement pas sa tasse de thé et il était clair qu'une personnalité si frigide et fière ne l'attirait pas du tout.
Enfin peut-être pas sa personnalité mais la douceur de ses lèvres lui avait tout de même donné de nombreux papillons dans le ventre...
Constatant avec effroi qu'il tapotait délicatment les siennes avec la baguette de sa "non-obsession", il s'empressa de la reculer de son visage, rougissant un peu de ses propres gestes. Pourtant il était certain de rien faire de mal avec cette baguette, à part redouter de la rapporter à son propriétaire. Après tout, il se contentait de la tenir entre ses mains et de la détailler un peu plus chaque soir...
Et pour tout avouer, il ne put s'empêcher de penser que cette baguette n'était pas si désagréable à tenir en mains qu'il ne le croyait au départ. Bien qu'elle soit rigide et étrangement froide, elle était si lisse qu'elle semblait vouloir glisser entre les doigts et un simple geste intuitif semblait pouvoir activer de puissants sorts. Autant dire qu'elle indiquait clairement les dons de Malefoy en sortilèges...
Enfouissant l'objet sous son coussin comme après chacune de ses petites séances d'observation du soir, il se jura une énième fois que c'était le tout dernier jour et que, le lendemain, il s'efforcerait de faire preuve de courage comme un véritable Gryffondor.
Parce qu'il était clair qu'affronter Malefoy lui filait de plus en plus la frousse...
- AÏE !
Le coup de pied qu'il donna dans sa table de chevet pour que celle-ci se décide à s'ouvrir le fit jurer violemment, la douleur affluant tout le long de sa jambe. Il grimaça en constatant que le tiroir ne s'ouvrait même pas sous sa violence... Et pourtant, il n'avait rien retenu de ses forces. D'accord, ce n'était pas peut-être pas très malin de sa part de taper sur les meubles, mais fouiller sachambre de fond en comble sans rien trouver commençait lentement mais surement à le tuer.
Le pire dans tout ça était qu'il ne tenait pas tellement à cette baguette.
Il en avait hérité de son père avant sa première rentrée à Poudlard, sa mère lui ayant bien précisé que c'était désormais à lui de lui apporter toute la valeur qu'un sang pur tel que lui pouvait lui offrir. Forcément, comme elle ne l'avait pas quittée depuis, il n'aimait pas l'idée de la perdre brutalement mais... ce qu'il voulait surtout éviter, c'était bien que ce fait remonte aux oreilles de son père. Il serait bien capable de débarquer à Poudlard et de le gifler pour l'humilier publiquement...
Grognant en constatant qu'il avait mis à sac toute sa chambre pour tenter de récupérer sa baguette magique, il jeta un regard mauvais à celle qui trônait fièrement sur le lit. Il avait réussi à s'en acheter une de justesse avant de reprendre les cours de la semaine, trafiquant avec certains Serpentards, même ceux qu'il n'appréciait pas forcément. Mais jeter un sort avec ce fichu bout de bois le rendait toujours nerveux. Il sentait bien qu'elle ne lui convenait pas aussi bien que sa véritable baguette magique et qu'il prenait le risque de tout foirer à chaque sortilège...
Autrement dit, il était grand temps qu'il trouve le coupable du vol de sa baguette. Parce qu'on la lui avait volée, sans aucun doute.
S'il ne l'avait pas perdu par lui-même, alors c'était un petit prétentieux qui se pensait en droit de s'approprier le bien d'autrui qui l'avait dérobé. Et ce qui était certain, c'était qu'une fois qu'il l'aurait retrouvé, il n'hésiterait pas à le désintégrer sur place. Il n'avait pas de temps à perdre avec ce genre de types et il valait mieux mettre les choses au clair avant qu'on ne tente de le choisir comme cobaye définitif pour de stupides farces de ce type.
Enfin le point positif... C'était qu'il pouvait diriger toute sa colère sur ce sujet-là et non pas sur... le reste...
Comme par exemple ses rêves étranges qui l'obligeaient à revoir presque toutes les nuits la scène du placard et, souvent même, à la poursuivre sur un terrain érotique très étrange mais qui le laissait un peu plus humilié et frustré chaque matin. Ce souvenir datait pourtant d'une semaine entière ! Ce n'était qu'un simple baiser, ce qu'il pouvait obtenir autant qu'il le voulait de Narcissa ! Ca n'aurait pas du le perturber. Ca n'aurait pas dû lui faire tant envie surtout...
Tac. Tac tac. Tac tac tac.
Les bruitsde bec sur la vitre eurent au moins le mérite de calmer sa mauvaise humeur. Avisant le réveil qui avait, malencontreusement, fini projeté contre un mur, il fut rassuré de constater qu'il fonctionnait encore mais surtout qu'il indiquait une heure correcte. Il avait donc encore le temps de faire entrer Noctua sans pour autant rater le dîner de la Grande Salle.
La plupart des hiboux se rendaient là-bas le matin pour délivrer le courrier mais lui avait pris l'habitude de la faire entrer par la fenêtre de sa chambre pour le recevoir, laissant à chaque fois la petite chouette s'effondrer sur son lit à cause de la fatigue de ses longs voyages. Les cousines Black avaient bien trop tendance à lire par-dessus son épaule et, bien qu'il n'avait rien à leur cacher puisque seule sa famille lui écrivait, il préférait éviter de les entendre commenter chaque mot inscrit sur ses lettres.
- ...Eh ben, t'as l'air vraiment crevée aujourd'hui. Y en avait pas tant que ça, si ? ...Autant pour moi, repose-toi bien, ajouta-t-il au regard désapprobateur de l'oiseau. T'aurais pas trouvé ma baguette, toi, par hasard, non ?
Ne vous moquez pas. S'il lui parlait, c'était que bien souvent, la chouette trouvait un moyen de répondre à ses questions.
Mais en l'entendant hululer faiblement et battre des ailes avec hargne, Lucius prit ça pour un "non mais laisse-moi tranquille" et préféra donc éviter de lui faire la conversation. Il saisit les quelques lettres qu'elle venait de lui apporter pour les déposer sur son bureau, songeant qu'il pourrait ainsi les lire tranquillement après avoir mangé à la table des Serpentards et ramené un morceau pour rendre un peu de forces à sa pauvre chouette.
Toc toc toc.
Sa main sur la poignée de porte, Lucius se figea soudainement, relevant inutilement un regard surpris sur la porte face à lui qui se fit plus méfiant par la suite.
Personne ne venait jamais le trouver ici. C'était un peu son espace personnel et il y tenait beaucoup trop pour révéler son emplacement à qui que ce soit. Même les demandes incessantes de Narcissa ne l'avaient jamais fait plier, si bien que la jeune femme avait fini par abandonner. Mais celle-ci ne lâchait pas prise facilement... Alors aurait-elle finalement décidé de l'espionner pour réussir à trouver sa chambre ?
Définitivement, non. Elle le connaissait assez pour savoir qu'il ne se gênerait pas pour la virer comme une malpropre si elle osait une telle indiscrétion.
Mais alors qui ?
Peut-être était-ce plus simple d'ouvrir pour le découvrir que de s'interroger davantage mais il avait une très mauvaise intuition à ce propos...
En baissant lentement la poignée pour ouvrir la porte, il s'efforça de dissimuler sa surprise derrière un air neutre, sentant tout de même la colère monter lentement en lui en réalisant l'identité de ce mystérieux visiteur. Mystérieux visiteur auquel il aurait préféré ne plus jamais repenser...
Ses yeux baissés sur le sol ainsi que les légères rougeurs empourprant ses joues montraient clairement sa gêne, cependant, cette note inhabituelle ne l'empêcha pas de siffler son nom avec un agacement certain.
- Lupin.
- Malefoy... Bonsoir...
Sa voix n'était qu'un murmure mais en l'état actuel des choses, il ne pouvait tout simplement pas en faire davantage.
Pour que Malefoy crache ainsi son nom et qu'il daigne adresser la parole à un sang-mêlé tel que lui, celui-ci devait être de très mauvaise humeur. A tous les coups, il avait choisi le pire moment pour le déranger avec cette histoire. Ou alors sa simple présence suffisait à le mettre hors de lui désormais. Mais maintenant qu'il s'était lancé, il ne pouvait tout simplement plus reculer et repartir comme si de rien n'était...
C'est donc avec une détermination contrainte que Remus se força à relever la tête vers le visage de celui qui continuait pourtant de l'effrayer.
- Je...
Sauf qu'à peine prit-il la décision de l'affronter que Malefoy s'empressa de l'attraper par le col pour le plaquer contre le mur le plus proche, augmentant encore d'un cran son stress. Au point qu'il remarqua à peine que Malefoy venait de claquer la porte derrière lui et de la fermer à double tour... et à la main.
Par contre, ce qui lui sauta aux yeux, ce fut bien sa mâchoire crispée et la haine qu'il vit danser dans le regard qu'il n'avait pourtant jamais vu autrement que froid et indifférent.
- Qu'est-ce que tu fous ici ?!
Se mordant l'intérieur des joues, Remus se surprit à être bien plus déstabilisé par ses paroles que son comportement pourtant inhabituel.
La voix du Malefoy face à lui était presque identique à celle qui lui avait murmuré à l'oreille l'autre jour. Ces légers sifflements dans chacun de ses mots lui rappelaient tellement son chuchotement... Mais si la voix avait perdu toute sensualité pour prendre la teinte de la colère cette fois, réaliser qu'il avait déjà entendu Malefoy s'adresser à lui suffit à le perturber durant quelques secondes.
Pourtant il s'obligea à rester concentré sur le but de sa visite, glissant sa main dans les plis de sa robe sous le regard scrutateur et méfiant du blond.
- Je viens m'excuser... pour ta baguette.
Mais malgré ses paroles sincères, Malefoy ne parut visiblement pas plus rassuré. Aussi, toujours autant sur la défensive, dès que Remus tenta de sortir sa main de ses poches pour en extraire sa baguette, le concerné s'en saisit aussitôt par réflexe.
Et l'un comme l'autre furent gênés de frissonner au contact de leurs doigts entremêlés.
Remus se sentit même rougir lorsque les sourcils du Serpentard se froncèrent, son regard se posant la baguette magique qui séparait à peine leurs paumes de mains ainsi que leur visage respectif. Il dut cependant finir par l'identifier car ses doigts se resserrèrent lentement sur les siens, comme voulant capturer leur proie, rendant Remus encore plus mal à l'aise.
Leurs mains étaient là bien étrangement liées l'une à l'autre mais la prise de Malefoy ne lui permettait même pas de se dégager pour sortir de cette position embarrassante.
- Euh... Malefoy... Tu... Tu peux me lâcher ? Je veux juste... te la rendre... tu sais...
Sa voix se brisa en sentant l'extrémité de la baguette s'enfoncer contre sa gorge, le blond semblant très loin de vouloir lui obéir gentiment.
Il adressa un regard perdu à Malefoy pour tenter de comprendre son geste, visiblement apparenté à une menace muette, mais cela ne suffit qu'à pousser le Serpentard à se saisir de son cou de sa main libre . Il sentit ses frissons s'intensifier en sentant ses ongles glisser délicatement sur sa peau, comme s'il hésitait encore à l'écorcher pour le blesser, rendant le souffle de Remus légèrement irrégulier.
Cependant l'expression indéchiffrable de Malefoy semblait encore plus inquiétante que leur position pour le moins singulière.
Surtout qu'il semblait... vraiment très en colère...
- Je... Je vois, t'es vraiment... énervé... Alors si tu veux te venger... avec un sort... ou autre... peu importe...
Avec une inspiration brève mais pleine de courage, il cessa de trembler pour affronter dignement le regard courroucé de Malefoy.
- ...Si c'est ce que tu veux, vas-y. Puisque c'est mérité... alors je t'y autorise.
Fixant les prunelles noisettes si déterminées, ses sentiments passèrent du simple agacement à la rage incontrôlable en quelques secondes à peine.
Merlin ce que cet abruti de lion pouvait être présomptueux ! Comme quoi les Serpentards n'avaient pas le monopole de la vanité et de l'orgueil !
Il n'avait pas besoin de son autorisation pour lui faire subir quoi que ce soit, surtout que oui, c'était amplement mérité ! Voler une baguette était un acte considéré comme très grave, assez pour qu'il soit immédiatement viré de Poudlard s'il venait à le dénoncer au Directeur. Bien sûr, il préférait gérer cette histoire par lui-même plutôt que de perdre son temps avec le vieux fou. Mais Lupin n'allait pas s'en tirer si facilement pour autant !
Un instant, le visage de Narcissa s'imposa dans son esprit, suivi de près par celui de Bellatrix. En grande partie en se souvenant de la haine dansant dans leurs yeux lors de la fête. Ni l'une ni l'autre n'hésiteraient un instant avant de lui lancer un sort. Quelque chose d'humiliant... et peut-être même de douloureux. Parce que c'était tout ce que méritait ce Sang-Mêlé qui avait osé s'en prendre à un Sang Pur tel que lui.
Il le savait. Et il se devait d'agir en conséquence.
Mais ça ne l'empêchait pas d'admirer sans vouloir se l'avouer la lueur douce et calme et pourtant si effrontée des grands yeux résignés de l'adorable Lupin.
Adorable ?
Il se retint de justesse de hoqueter à ce... ce qualificatif honteux et digne d'un véritable Poufsouffle en mal d'amour, sa main resserrant encore sa prise sur le cou fin, ses ongles effleurant même la peau délicate sous ses doigts. Il ne pouvait pas le tuer d'un seul avada kedavra dans l'enceinte de Poudlard ou même resserrer ses doigts jusqu'à ce qu'il suffoque sans avoir d'ennuis... Pourtant cette option le tentait de plus en plus.
Tout plutôt que de réaliser qu'il était en train de contempler l'étrange courage encré dans les yeux de son vis-à-vis.
Mais s'il ne pouvait pas l'étrangler... Il pouvait au moins tenter de s'en dégoûter pour le faire fuir et ne plus avoir à l'affronter ? Après tout... C'était un Serpentard. Alors il pouvait bien monter un plan de Serpentard...
- Je vois. Donc tu ne vas donc pas te débattre. Peu importe ce que je ferai... Tu l'accepteras quoi qu'il arrive puisque c'est une vengeance méritée ?
- O-Oui... Bien sûr. Je n'ai qu'une seule parole. Je ne bougerai pas, promis, assura-t-il avec aplomb, certainement sincère.
- Bien, cracha-t-il avec tout le mépris qu'il ressentit à cette réponse purement Gryffondor.
Sans surprise cependant, lorsque son visage se rapprocha jusqu'à ce que le bout de leurs nez s'effleure, ses yeux s'écarquillèrent de surprise et... de peur. Envolé le courage légendaire des lions... Et la colère de Lucius se mua en une satisfaction qu'il se refusa de juger malsaine, alors même qu'il l'avait considérée comme telle sur sa fiancée, grandissant encore en observant certains détails dans l'attitude faussement résignée du brun.
Sa main toujours prisonnière de la sienne qui se crispa un peu plus, tremblant même légèrement. Son expression effrayée avant que ses paupières ne se ferment, sans doute en voyant son visage soudainement si proche du sien. Son souffle saccadé, la vaine tentative de son corps de s'enfoncer un peu plus contre le mur, ses lèvres bien trop pincées pour être réellement détendues...
Ces lèvres qu'il effleura délicatement, juste avant de souffler juste contre elles, articulant lentement ...
- Imbécile...
Et il fut absolument ra-vi de retrouver toute sa superbe quand Lupin ouvrit de nouveau les yeux, n'hésitant pas à lui montrer toute sa surprise ainsi que toute sa stupidité, ce qui ne l'étonna absolument pas venant d'un rouge et or.
Lucius éloigna donc son visage de quelques centimètres, toisant de nouveau son vis-à-vis de son expression hautaine et froide. Enfin une réaction décente de sa part face à ce fichu Lupin. Il savait pourtant qu'il se devait de l'ignorer comme il y arrivait si bien avec tous les autres mais difficile d'oublier quelqu'un que vous avez embrassé par erreur et qui vous a ensuite volé votre baguette magique...
Tout du moins, c'était une bonne excuse pour expliquer ses pensées et comportements étranges jusqu'ici.
Mais peu importe puisque maintenant il allait se reprendre et il n'aurait alors même plus à s'interroger.
- Tu te laisserais violer simplement pour tenir ta stupide promesse ? Tsss, imbécile. Ta parole ne vaut rien si tu abandonnes toute dignité aussi facilement. Heureusement pour toi, je ne fais pas "ça" avec n'importe qui, encore moins avec une loque de sang-mêlé...
Reniflant avec dédain pour appuyer le sens de ses paroles, il relâcha finalement Lupin et récupéra sa baguette, profitant de la prise tremblante du jeune homme pour la lui arracher des mains et la glisser dans les poches de sa robe .
Mais si ça semblait encore être la meilleure solution pour se détourner de lui et que tout s'arrête là, ce fut sans compter sur Lupin qui se décida finalement à réagir. Car à peine se détourna-t-il de lui que le brun se saisit de son bras pour le forcer à lui faire face de nouveau, agrippant le haut de sa robe pour le tirer vers lui et... déposer ses lèvres sur le coin des siennes.
Ce fut ainsi à son tour de se montrer déboussolé mais, par chance, le brun ne semblait pas s'en rendre réellement compte ; Ses joues venaient de retrouver la couleur rouge vif qu'elles possédaient lorsque Lupin n'avait même pas encore passé le seuil de la porte, ses yeux toujours résolument fermés alors qu'il l'embrassait avec une timidité étrangement... touchante.
- Je ne suis pas... une loque, gronda-t-il aussi méchamment que possible dans son embarras, ouvrant les yeux mais refusant néanmoins de croiser son regard.
Le mot "adorable" revint en flèche dans son esprit, s'effrayant tout de même un instant de sentir les bras du brun l'attirer plus surement qu'un aimant vers celui-ci.
Un instant, uniquement.
Parce que Lupin entreprit par la suite de se mordiller la lèvre inférieure, assez gêné de son manque de contrôle, et que cet acte inconscient l'hypnotisa complètement.
Si bien qu'il s'aperçut trop tard qu'il s'en approchait un peu trop pour que ce soit innocent, leur front se collant l'un contre l'autre et quelques mèches de ses longs cheveux caressant même le visage de Lupin, retombant doucement sur les épaules de celui-ci. Ils furent alors si proches qu'il put sentir son souffle chaud s'écraser sur son visage.
Cette proximité le poussa à poser ses mains à plat sur le mur, emprisonnant la tête de Lupin entre celles-ci, déposant les armes alors qu'il laissait doucement ses lèvres capturer leurs consœurs.
Le baiser fut doux et fragile, à l'image de la situation improbable et délicate dans laquelle ils se lançaient. Étrange venant de deux personnes censées être raisonnable, sans doute, seulement la main que Lupin glissa dans la sienne ainsi que celle qui s'accrocha fermement à sa robe l'empêcha de réfléchir convenablement à comment retrouver une attitude présentable.
Leurs doigts de nouveau entrelacés, sans baguette magique pour séparer leur paume et prétendre à un contact anodin cette fois, il n'hésita plus à approfondir leur baiser pour goûter un peu plus à la douceur et la chaleur du jeune homme. Comme à leur premier baiser, sa langue mutine en caressa une plus timide et maladroite, l'inondant d'une tendresse qui lui fit presque tourner la tête.
Les mains du brun s'attachèrent solidement à son cou, lui offrant la possibilité de passer ses bras autour de sa taille pour maintenir son corps un peu plus contre le sien, glissant même sous sa robe pour tenter de toucher ne serait-ce qu'un peu de sa peau. Pourtant son attention fut détournée un moment quand il surprit un sursaut chez son partenaire, venant d'effleurer à tout hasard ses magnifiques petites fesses fermes.
Merlin. Il était vraiment en train de peloter ce sang-mêlé de Lupin !
Et le gémissement plaintif qui résonna contre ses lèvres ne l'aida en rien à s'arrêter, dévorant chaque recoin de la bouche caressante de mille attentions, comme si le contact risquait de se briser à tout moment. Il sentit la peau douce frissonner sous ses doigts quand il explora lentement le dessous de son haut et de sa robe, le poussant à s'oublier aussi longtemps que sa conscience pouvait le lui permettre.
Juste pour quelques instants... Juste un peu plus... Un tout petit peu plus...
- Male... foy...
La voix du brun était si faible et si basse qu'il mit un moment avant de comprendre que Lupin murmurait son prénom.
Son cœur s'accéléra en l'entendant le répéter comme une litanie sans fin à chaque fois que leurs lèvres se détachaient momentanément. Le regard embrumé de son futur amant et le soupir délicieux qu'il poussa en passant tendrement ses doigts dans sa chevelure blonde lui donnèrent immédiatement envie de le déshabiller sur place, ce qui n'arrivait jamais ou en tous cas... jamais au point de vouloir dévorer son partenaire...
Néanmoins, il se troubla un instant en sentant une certaine pression étrangement dure contre son entrejambe... clairement dans le même état...
Et quand le corps de Lupin se frotta légèrement au sien et que leurs virilités se heurtèrent dans le même mouvement, il fut légèrement honteux de constater qu'à la place du dégoût tant attendu, il ressentit un plaisir intense... et une inqualifiable impatience. En tous cas, assez pour qu'il s'empare de la taille de Lupin et le dirige plus ou moins inconsciemment à s'asseoir sur ses cuisses en allant s'installer sur le lit.
Si bien qu'après avoir fugitivement pensé qu'il aimerait beaucoup se débarrasser de leurs habits qui devenaient de plus en plus gênants et encombrants ... A cause de son peu de contrôle...
- M-Malefoy !
...leurs vêtements décidèrent de s'envoler par magie.
Et vu l'expression purement choquée de Lupin, celui-ci fut extrêmement gêné de se retrouver dans une telle situation. Ce qui était parfaitement justifié vu leur tenue. Ou plutôt leur absence de tenue. Même lui, sans oser le montrer, se sentit tout de même un peu... embarrassé. Mais puisque le châtain continuait de rougir aussi éhontément, la situation risquait de devenir encore plus délicate...
Et très vite s'il en jugeait par ses lèvres sèches qu'il ne pouvait s'empêcher d'humidifier en voyant ce délicieux Lupin rougissant comme une vierge effarouchée, assis sur lui, sursauter en s'apercevant de sa soudaine nudité et serrer les cuisses pour tenter vainement de dissimuler son érection...
Hm...
Peut-être même extrêmement vite...
- Tu... Tu pouvais... Tu pouvais prévenir avant de... de ça... Marmonna-t-il avec une gêne visible, son regard brillant détaillant néanmoins son futur partenaire avec moins de pudeur que ses mots.
- Sshh... Chut...
Effaçant toute autre vague de protestation en caressant sa joue brûlante du pouce, Lucius enfouit alors sa tête dans son cou, s'offrant le luxe de lécher et mordiller la peau offerte sans retenue. Ses narines s'emplirent d'une odeur musquée très masculine mais qui, pourtant, excita ses sens encore bien plus que n'importe lequel de ces horribles parfums féminins si envahissants dont les dames semblaient toutes s'asperger quotidiennement.
Alors que cette flagrance... Si naturelle, si boisée. Plus sa langue parcourait la peau laiteuse, goûtant avidement cette douceur enivrante, plus l'excitation et le désir semblaient grandir en lui, submergeant complètement son sang-froid et son légendaire self-contrôle.
Doux...
Ses halètements dus à l'exploration de sa langue et de ses mains étaient le meilleur compliment, l'une d'entre elles glissant d'ailleurs le long de ses cuisses pour les écarter un peu plus, se rassasiant de ses gémissements au passage de cette zone si sensible. Mais cet endroit ne semblait pas être le seul à être érogène chez le jeune homme, vu ses soupirs d'extase et ses mouvements de bassin incontrôlables alors que ses dents malmenaient durement l'une de ses oreilles...
Mais alors qu'il s'occupait ainsi du brun, une langue rosée incertaine pointa légèrement dehors pour s'enrouler lentement autour de ses doigts. En se reculant pour l'observer, Lucius s'aperçut alors que Lupin avait fermé les yeux, extrêmement concentré sur sa tâche malgré ses joues enflammées. Son sexe durcit alors clairement face à la vision du châtain suçotant la chaire entre ses lèvres.
Il ne résista pas à son envie de rassurer cette petite mine inquiète qui le rendait si faible, déposant quelques baisers sur le visage lunaire, de ses joues à son front sans oublier le bout et l'arête de son nez...
- Si doux...
Son propre murmure le surprit mais les grands yeux noisette qui s'ouvrirent à sa déclaration pour partager son étonnement empêchèrent tout remord. Plus encore quand Lupin relâcha ses doigts pleins de salive pour tenter de lui offrir un sourire réservé, s'essuyant prestement la bouche en apercevant le mince filet de bave le reliant encore à ses doigts luisants.
Adorable était visiblement le qualificatif qui collait à la peau de Lupin. Et ça, même lui ne pouvait réussir à le nier... surtout pas dans un moment comme celui-ci.
Surtout pas quand l'un de ses doigts humides caressa l'entrée de son corps chaud, s'enfouissant lentement à son léger tressautement de surprise, provoquant un gémissement plaintif chez son futur amant. La sensation devait être inconfortable voire douloureuse puisque Lupin l'enlaçait fermement, sa respiration fébrile chatouillant même son épaule dans son étreinte.
Mais le sentir aussi désespérément attaché à ses bras l'empêcha de regretter son geste... en tous cas pas plus de quelques secondes.
Ce qui fut bien assez pour tirer de nouveaux gémissements à son partenaire, s'enfonçant plus profondément pour venir effleurer cet endroit détendant son corps et le faisant miauler de plaisir. Durant un moment, il resta un peu troublé de sentir l'érection du jeune homme frotter contre la sienne mais le plaisir lui fit rapidement oublier tout ce que ce fait pouvait impliquer de plus dangereux et de plus révélateur.
Et bientôt, son esprit ne fut plus capable que de se concentrer sur les lèvres rouges et pleines de Lupin qui exhalaient de chauds soupirs erratiques ainsi que sur son corps étrangement strié de cicatrices de toute taille et de toute forme à plusieurs endroits. Il s'appliqua à les lécher minutieusement, espérant même durant un instant de folie les faire disparaître une à une de cette manière.
Puis, en remontant vers son visage, Lupin prit soudainement son visage en coupe pour dévorer désespérément ses lèvres, comme pour s'assurer dans un moment de panique qu'il continuerait de l'embrasser et de le traiter avec la même douceur. Alors lentement , Lucius retira ses doigts de l'intimité de son partenaire, répondant au baiser avec tendresse pour calmer cette angoisse soudaine tout en l'allongeant calmement sous lui.
Et leurs regards se rencontrèrent à nouveau...
- Tu... Tu sais... Chuchota subitement Lupin, visiblement encore un peu paniqué. On ne devrait pas... normalement et... tu vois...
- Je sais, le coupa-t-il d'un murmure, comme si parler trop fort risquait de briser ce moment si spécial. En temps normal, ça ne devrait pas arriver...
- Mais... Il y a un "mais" pas vrai ?
Si sa raison avait été encore suffisamment présente dans son esprit pour ça, il aurait pu se moquer de l'espoir qui brillait dans ses yeux et se jetait corps et âme sur cette échappatoire pour éviter de succomber à cette tentation absurde.
Seulement cette idée ne parvint même pas à effleurer ses pensées. A la place, il l'enlaça pour le câliner gentiment, rassurant le brun par des gestes tendres dont il fut aussitôt récompensé par un sourire reconnaissant qui le fit définitivement chavirer. Ce qui ne l'empêcha pas de répondre à la question du châtain, voulant définitivement qu'il se détende entre ses bras.
- Oui... Il y a visiblement un "mais"...
Dommage qu'il n'arrive cependant pas à mettre la main sur la raison précise de ce "mais"... Même si pour tout avouer, il préférait peut-être ne pas trop creuser la question...
Embrassant le cou qu'il avait déjà couvert de suçons violacés sans vraiment y prêter attention, il descendit jusque sur les tétons dressés, se demandant quelques secondes si cet endroit était sensible également chez les hommes. Toutefois, l'érection qui durcit contre la sienne et le gémissement à peine étouffé de Lupin quand il mordilla l'un de ces mamelons rosés confirma rapidement sa théorie.
- L-Lucius... S'il te plaît... On peut... ?
Obéissant à la demande sous-entendue, Lucius releva précautionneusement les jambes de son amant, ravi d'entendre celui-ci glapir en positionnant son sexe contre sa fente. Il ne se rappelait pas avoir déjà été aussi excité mais chaque réaction du brun semblait destinée à lui faire perdre un peu plus ses moyens, comme si son corps désirait réellement ce moment depuis la semaine précédente.
Après avoir prononcé quelques formules de protection contre les maladies sexuellement transmissibles, il s'enfonça donc en lui avec précaution, soufflé de le sentir aussi étroitement serré autour de son membre. Mais il s'efforça tout de même de guetter toute expression de douleur ou d'inconfort sur son visage avant de bouger, peu désireux de le blesser de cette manière.
Il aurait... d'autres occasions pour lui faire du mal, voilà tout. Là... c'était beaucoup trop... mal venu.
Se penchant pour l'embrasser avec douceur, ils gémirent de concert quand il percuta durement sa prostate, enflammés par cette intense sensation qui ne tarderait pas à les amener à la jouissance. Les poings de Lupin se refermèrent alors sur les draps, cherchant un point d'ancrage, ses halètements révélant tout de son plaisir grandissant à son partenaire.
- Remus...
Le concerné avait les yeux qui papillonnaient , ses jambes le retenant toujours fermement contre lui, comme s'il avait peur de le voir s'enfuir.
Alors son corps s'appliqua à lui démontrer le contraire .
Ses baisers sur son visage, son cou, ses épaules. Ses dents maltraitant ses oreilles pour l'emporter dans l'extase. Leurs hanches se heurtant l'une contre l'autre dans une danse enfiévrée, faisant exception à l'attitude tendre et rassurante de Lucius. Le blond ne semblait même pas prêter attention aux ongles qui, pourtant, après avoir lâché le tissu sous leurs corps enlacés, griffaient désormais très largement son dos clair.
Ce fut ainsi à son tour de souffler son prénom encore et encore, faisant frissonner Remus entre ses bras alors les coups de butoir se faisaient de plus en plus intenses et passionnés. Il y eut quelques cris, dont Lucius ne réussit jamais à en définir le propriétaire, avant que les deux amants ne se libèrent ensemble, une semence chaude et poisseuse inondant leurs corps alanguis et satisfaits.
Et, le visage enfoui dans le cou de Lupin, Lucius ne put retenir un sourire qui illumina aussitôt son visage.
Remus criait durant l'orgasme. Et cette nuit, ce cri avait pris la forme de son prénom. Et désormais, il savait que quand Remus jouissait, il poussait un adorable petit soupir de satisfaction qui vibrait d'ailleurs encore à ses oreilles. C'était probablement un simple détail sans importance pour amant mais... si ce n'était qu'un instant de folie entre lui et Remus, un moment qui ne se reproduirait plus jamais, alors même ce petit détail avait peut-être un peu d'importance...
Remus... ? Depuis quand l'appelait-il par son prénom ? Ah oui, depuis qu'il le lui avait chuchoté à l'oreille en lui faisant l'amour...
Oh et puis peu importe.
Rem... Lupin avait les yeux désormais totalement clos, son souffle irrégulier redevenant de plus en plus silencieux, et il ne semblait pas esquisser le moindre geste pour s'enfuir de ses bras. Alors peut-être qu'il pouvait simplement s'endormir contre lui, justifiant ce fait par la fatigue et non l'envie de le serrer contre lui le lendemain matin, pour sauver ce qu'il lui restait de fierté.
Seulement il se conforta tellement dans cette idée qu'il ne vit pas le regard pétillant du brun blotti contre lui qui, après l'avoir discrètement mais minutieusement observé, le suivit paisiblement dans les bras de Morphée.
Ainsi, roulant toujours sous le lit, une certaine baguette réapparue fut complètement ignorée, sa course folle uniquement arrêtée par la présence de plusieurs vêtements tout aussi abandonnés.
Et le reste de la nuit des deux amants ne fut alors plus que froissements de draps et corps timidement enlacés...
