L'esprit du Catha pénétra dans la grotte, espérant y trouver son propriétaire. Il pouvait sentir sa présence magique, mais ça ne voulait pas dire qu'il était tout près. En fait, étant ce qu'il était, il pouvait très bien être à des lieues sans que son contact s'atténue.
Mais Alator semblait avoir de la chance : alors qu'il s'enfonçait légèrement dans la caverne aux proportions énormes, il l'aperçut couché sur le sol, apparemment endormi. Le Grand Dragon était encore plus grand que ce qu'il pensait : l'entrée de la grotte qu'on apercevait de loin rendait bien hommage à son habitant.
Il fallait qu'il parle à Kilgharrah de ce que Morgane avait découvert. Merlin lui avait un peu parlé du dragon et de sa libération, et il avait entendu des rumeurs parmi les magiciens et sorciers qui racontaient qu'un dragon, celui qu'Uther avait fait prisonnier vingt ans auparavant, survolait de nouveau la région, libre. Le dragon semblait avoir noué un lien assez étroit avec le jeune magicien.
Au moins, il espérait que ce lien serait assez fort pour que Kilgharrah accepte de prévenir Merlin du danger qui le guettait : maintenant que Morgane savait qui il était, nul doute qu'elle allait essayer de l'anéantir, comme elle le voulait depuis tant d'années. Il ne pouvait pas se rendre à Camelot en personne sans se reposer plusieurs jours, son esprit avait tout de même des limites. Le dragon pourrait s'y rendre en moins d'une heure.
Alator s'approcha de la tête du dragon endormi, dont les écailles d'un marron doré se soulevaient au rythme de sa respiration. En projetant sa conscience, il devrait pouvoir atteindre celle du dragon et le réveiller.
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Kilgharrah dormait profondément, d'un sommeil de dragon en pleine nuit. Il n'avait pas souvent l'occasion de se reposer ainsi, car cela signifiait se plonger dans une sorte de transe, et il restait toujours sur le qui-vive à l'affut d'un appel du jeune magicien ou du bébé dragon inexpérimenté et potentiellement en danger qu'était Aithusa. Mais Merlin ne s'était pas manifesté depuis qu'il l'avait appelé pour lui demander conseil, lorsque Camelot avait été conquise par la sorcière une deuxième fois, soit six mois auparavant.
Il sentit soudain une présence contre son esprit, le pressant de se réveiller. Qui osait le déranger dans son sommeil ? Le Grand Dragon grogna.
« Qui est là ? »
« Un ami du jeune magicien que vous aidez quelquefois, Grand Dragon, lui répondit un esprit qu'il n'avait jamais rencontré. Je m'appelle Alator le Catha. »
A ce nom, Kilgharrah fronça les sourcils puis ouvrit un œil. Il ne vit rien, en revanche il percevait une présence juste devant lui, la présence magique d'un petit homme. Le dragon ne le voyait pas, ce qui signifiait…
« J'ai quitté mon corps, l'interrompit Alator, ayant suivi le fil de ses pensées. J'ai voyagé aussi vite que possible depuis Aldor pour vous prévenir d'un potentiel danger, Kilgharrah. »
« Et pourquoi avoir quitté ton corps ? »
« Je le devais, j'étais torturé par la sorcière Morgane jusqu'à ce matin même. »
« Morgane ? »
Kilgharrah grogna plus fort et sa queue s'abattit lourdement sur le sol de la caverne, faisant tomber des particules de poussières du plafond. Il sentit l'esprit du Catha reculer légèrement. Il détestait la sorcière, elle était l'exact opposé du jeune magicien qu'il avait vu s'épanouir à Camelot.
« Que voulait-elle ? reprit-il, un peu calmé. »
« Savoir qui est Emrys, afin de le détruire… »
Alator avait prononcé cela prudemment, guettant la réaction du dragon. Cette fois, celui-ci rugit en rejetant la tête en arrière et en se relevant d'un coup. Ses ailes se déployèrent, et les murs de la caverne en tremblèrent tant que l'esprit crut un instant que tout le flanc de la montagne allait s'effondrer. Mais il n'en fut rien, et le Grand Dragon rabaissa la tête, les sourcils froncés et les ailes repliées, toujours énervé.
« A-t-elle obtenu ce qu'elle voulait ? demanda-t-il, pressé. »
« Malheureusement, oui. J'ai abandonné mon corps en utilisant une technique que seuls les Cathas connaissent : séparer le corps de l'esprit. Morgane a utilisé l'anthropomancie pour trouver dans mes entrailles le nom d'Emrys, Merlin. »
Alator marqua une pause pour laisser au dragon le temps d'assimiler toutes ces informations. C'était le résumé essentiel de ce qu'il s'était passé, mais ça n'en restait pas moins horrible. Il n'en revenait toujours pas que Morgane ait osé utiliser cette technique, encore moins qu'elle ait tenu jusqu'à obtenir ce qu'elle voulait.
« Quand j'ai compris qu'elle avait trouvé ce qu'elle cherchait, j'ai fui la salle du vieux château d'Aldor le plus vite possible. La première idée que j'ai eue a été de venir vous voir, Grand Dragon. Je sais que c'est Merlin qui vous a libéré, et j'espérais que vous accepteriez au moins de le prévenir du danger qui le guette au moment même où nous parlons. »
Kilgharrah resta silencieux un moment, réfléchissant aux implications des actes de la sorcière. Bien sûr, il ne songeait pas une seconde à ne pas prévenir Merlin il comptait même rendre visite au sorcier pour lui en parler. Ce serait mieux que d'utiliser la télépathie. Puis il opina.
« Merlin et moi avons vécu beaucoup de choses ensemble, Catha, commença-t-il. Et j'admets que nous n'avons pas toujours été sur la même longueur d'onde. Cependant, il est mon espèce, ma famille. Il est le dernier Seigneur des Dragons, et en tant que tel je me dois de le servir jusqu'à la fin de ma vie. C'est mon devoir. Comme le tien a été de trouver un moyen de prévenir Merlin, par mon intermédiaire. »
En effet, le dragon comprenait pourquoi Alator n'était pas allé directement à Merlin : il ne le pouvait pas, cela lui demandait trop d'énergie et par conséquent de repos.
« Je te remercie d'être venu m'en parler, poursuivit Kilgharrah. Sans toi, le futur de Merlin et du royaume d'Albion aurait pu être perdu. Maintenant, nous avons une chance de faire en sorte qu'il continue à briller de mille feux. Que comptes-tu faire ? »
Le Grand Dragon sentit l'esprit devant lui frémir, et sut qu'il n'avait pas pensé à ce qu'il se passerait après avoir aidé Emrys. Il ressentit un élan de sympathie envers cet esprit qui se retrouvait sans corps, sans enveloppe charnelle.
« Je n'en sais rien. J'aimerais trouver un animal qui m'offrira son corps, mais je comprendrai si aucun n'accepte, j'accepterai ma vie éternelle d'esprit errant qui ne peut rejoindre le royaume des morts. Je ne pourrai jamais traverser le voile, à moins que l'on me permettre de réintégrer mon corps pour ensuite me tuer. »
L'esprit d'Alator commença à s'en aller d'où il était venu, par l'entrée de la grotte. Au dernier moment, il se retourna et appela Kilgharrah, qui tourna la tête vers lui.
« Je vous remercie, Grand Dragon, d'avoir pris en compte mes paroles. J'espère vous revoir, un jour, déclara-t-il, solennel. »
« J'espère te revoir également, grand Catha. »
Et il disparut dans la nuit, laissant Kilgharrah seul.
oOoOo
Morgane était étendue sur son lit, dans le château d'Aldor. Elle l'avait officiellement réquisitionné, ça lui faisait une forteresse où elle pouvait demeurer quand elle n'attaquait pas. La sorcière avait rebâti toute une aile du château, y créant une chambre à coucher la plus spacieuse possible quand on était dans un château en ruines depuis des siècles, où elle avait installé un lit et un bureau pour écrire. La chambre était également prévue pour qu'Aithusa, tant qu'elle ne serait pas trop grande pour passer dans le trou qu'elle avait fait par magie, puisse y rester avec elle.
La jeune femme se séparait le moins possible de la jeune dragonne d'ivoire, qui était sa seule amie. Mais en ce moment même, Aithusa était sortie se dégourdir les ailes, profitant de la nuit claire où la pleine lune éclairait largement la forêt alentours. Morgane se retrouvait donc seule dans sa chambre, à réfléchir.
Après les révélations du corps d'Alator, elle l'avait fait brûler. Si le Catha était encore à l'intérieur, mort, il était définitivement passé de l'autre côté du voile. Et il n'y avait aucune chance pour qu'il soit vivant, Aithusa elle-même n'avait pas ressenti un frisson de vie dans son corps. Elle avait ensuite eu besoin de dormir afin de récupérer de l'épreuve qu'avait représenté l'anthropomancie. C'était probablement une des choses les plus horribles de la vie de la sorcière, mais ça en valait la peine.
Elle savait maintenant qui était Emrys. Celui qui causerait sa perte n'était autre que Merlin. Pour la jeune femme, que Merlin et Emrys ne soient qu'une personne était inconcevable. Merlin était le serviteur d'Arthur, toujours prêt à exécuter les moindres désirs du prince et à mettre sa vie en danger un nombre de fois incalculable pour sauver celle de son ami. En aucun cas il ne pouvait être un sorcier ! Encore moins un sorcier puissant !
Merlin était celui qui l'avait empoisonné. Depuis, il n'était qu'une irritation qui trouvait toujours le moyen de se mettre en travers de ses plans, et paraissait avoir une chance inouïe à chaque fois. Il avait toujours réussi à s'extirper de tous ses problèmes, à commencer par la fois où il s'était échappé des créatures de la forêt. Normalement, celles-ci auraient dû le détruire, et même un magicien, aussi puissant soit-il, ne tenait pas longtemps face à elles. Leur venin vous faisait subir une agonie lente et douloureuse, exactement ce qu'elle aurait voulu que Merlin subisse. Et qu'elle voulait encore aujourd'hui.
Mais elle avait toujours vu le serviteur comme un problème légèrement gênant, rien de plus. Et puis, s'il était magicien, pourquoi ne pas avoir utilisé ses pouvoirs avant ? S'il était cet Emrys, alors ses pouvoirs étaient énormes, et elle n'avait jamais vu ou ressenti le moindre flux de magie en lui.
Elle en était à ce stade de ses réflexions quand elle entendit un battement d'ailes caractéristiques : Aithusa revenait ! La jeune dragonne d'ivoire passa par le trou béant dans le mur, et vint se poser directement sur le lit, à côté de Morgane. Elle n'était pas encore très lourde, et ne risquait pas d'écraser son amie humaine ou le lit. Aussitôt, Morgane se tourna vers elle et posa une main à la base de son cou, là où les écailles étaient tellement blanches qu'elles en étaient presque transparentes. La dragonne ronronna et se roula en boule contre son amie.
« Tu vas bien ? lui demanda Aithusa. Tu sembles inquiète. »
Morgane sourit. Aithusa la connaissait parfaitement, et vint nicher son museau au creux de son épaule en fermant les yeux.
- C'est à cause d'Emrys. J'ai enfin trouvé celui qui causera ma perte, mais je n'arrive pas à y croire.
La dragonne grogna doucement. Son amie humaine ne lui avait toujours pas dit qui était Emrys, et elle avait envie de le savoir.
« Et alors ? Qui est-ce ? »
- Merlin… Le serviteur du prince Arthur de Camelot, précisa Morgane.
Après tout, Aithusa ne le connaissait pas, elle n'avait jamais été à Camelot. La dragonne se tendit imperceptiblement, Merlin ? Le même Merlin qui l'avait fait éclore huit mois auparavant ? Mais… Mais Kilgharrah, le dragon énorme, lui avait parlé du jeune homme très gentiment, il était celui qui avait permis son éclosion et qui avait libéré le Grand Dragon.
Aithusa ne répondant pas, Morgane supposa que la dragonne ignorait vraiment totalement qui était Merlin.
- Tu ignores qui c'est, n'est-ce-pas ? lui demanda la sorcière. Ça ne m'étonne pas, c'est le serviteur le plus idiot et le plus pitoyable que j'aie jamais vu de toute ma vie.
« La vérité est souvent bien cachée, Morgane. Il ne faut pas se fier aux apparences. »
La dragonne restait volontairement évasive, n'arrivant pas à concilier toutes ces informations : si Merlin était Emrys, Kilgharrah lui en aurait parlé. Elle savait seulement qu'il était Seigneur des Dragons, et qu'en tant que tel si un jour il l'appelait, elle devrait y aller. Mais il ne l'avait encore jamais fait, et elle doutait qu'il le fasse un jour. D'autant que, s'il était la perte de Morgane, alors il n'était pas si gentil que ça.
- Qu'est-ce que tu veux dire, Aithusa ?
La voix de son amie ramena Aithusa dans le présent. Morgane détestait qu'elle parle par énigmes, et ça faisait toujours sourire la dragonne de voir la tête que la jeune femme faisait dans ces moments-là. Morgane prenait une tête perplexe, et fronçait les sourcils tout en la regardant attentivement. C'était exactement ce qu'elle faisait en ce moment même.
« Exactement ce que je viens de dire, la taquina-t-elle. »
- Aithusa ! Ce n'est pas le moment !
« Si ton Merlin est vraiment Emrys, il se peut qu'il joue les idiots, afin que personne ne le remarque. C'est une excellente couverture. »
Elle ne précisa pas qu'il lui avait paru très sage lorsqu'il l'avait fait éclore. En y repensant, il pouvait très bien être un sorcier. Un sorcier qui voulait du mal à son amie humaine. Aithusa faillit montrer les dents et grogner, mais se retint au dernier moment et se frotta contre Morgane pour la rassurer.
- C'est possible… admit Morgane.
« Que comptes-tu faire ? »
- Le détruire, afin de pouvoir vivre des jours heureux avec toi, ma très chère amie.
La jeune femme renforça ses caresses sur le cou d'Aithusa, qui ronronna de nouveau en tendant la tête. Morgane comprit et vint lui caresser le museau, au grand plaisir de la dragonne qui ferma les yeux.
« Ça me convient parfaitement. »
Puis la dragonne baissa la tête pour la poser sur le lit. Elle était fatiguée et voulait dormir. Morgane l'imita. La nuit portait conseil, disait-on.
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Kilgharrah ne s'était pas rendormi une fois que l'esprit d'Alator était reparti. Comment aurait-il pu ? Celui à qui il devait la vie était en danger de mort – nul doute que Morgane ne se contenterait pas seulement de le faire souffrir si elle l'attrapait – et ça le mettait en colère.
Il tenait à payer sa dette envers Merlin, qui l'avait laissé en vie alors qu'il avait détruit Camelot et presque anéanti le destin du jeune sorcier en blessant gravement Arthur. Le Grand Dragon avait déjà sauvé la vie du jeune homme plusieurs fois, et tous deux avaient construit une relation entre dernier dragon et dernier Seigneur des Dragons digne de ce nom. Merlin l'appelait quand il avait besoin de ses conseils, et Kilgharrah faisait de son mieux pour les lui donner correctement, maintenant qu'il avait perdu l'amertume d'être captif.
Il devait voir Merlin. S'il partait maintenant, il serait à Camelot dans une heure. Il savait par expérience que le jeune sorcier mettait autant de temps à arriver jusqu'à la clairière où ils se retrouvaient. Le Grand Dragon devait donc contacter le Seigneur des Dragons avant de partir.
Fermant les yeux, il se concentra pour projeter son esprit jusqu'à celui du magicien, à des lieues de là. Il le ressentit, profondément endormi.
« Merlin. »
Kilgharrah sentit l'esprit du magicien s'agiter, sans pour autant se réveiller.
« Merlin ! »
Le ton qu'il avait mis dans son appel fit sursauter Merlin qui, à des lieues de là, se réveilla en sursaut. Cette voix, c'était celle qui l'avait appelé dès son arrivée à Camelot. Perdu dans les brumes du réveil, il reconnut tout de même la voix de Kilgharrah. Pourquoi le dragon le contactait-il maintenant ? Le jeune sorcier lui répondit d'une voix lourde de sommeil.
« Kilgharrah… Pourquoi m'appeler ? »
Dans sa caverne, Kilgharrah sourit. Merlin l'entendait ! Il avait eu peur un instant que leur lien ne soit pas assez fort pour permettre au jeune sorcier de communiquer avec lui alors qu'ils étaient séparés par une grande distance.
« Nous avons un problème, jeune sorcier. »
Cette phrase alarma Merlin et acheva de le réveiller complètement. Pour que le Grand Dragon lui parle aussi franchement, c'était que le problème était grave. Peut-être Aithusa. Il sentait le dragon qui suivait le fil de ses pensées, et n'eut pas besoin de lui préciser son idée.
« Non, Aithusa va bien, lui dit le dragon. C'est un problème qui te concerne. Retrouve-moi dans la clairière dans une heure. »
Kilgharrah rompit le lien magique. Que Merlin pense aussitôt à Aithusa ne le surprenait pas : comme lui, le jeune sorcier devait s'inquiéter pour la dragonne d'ivoire qu'il n'avait pas revu depuis six mois.
Le Grand Dragon sortit de sa caverne en marchant, arrivant sur le surplomb qui en marquait l'entrée afin de pouvoir décoller. Il déploya ses ailes et s'envola droit vers Camelot.
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Merlin s'inquiétait : un problème qui le concernait ? Quel genre de problème ? Et surtout, quel genre de problème qui poussait le dragon à le contacter en pleine nuit ? Il avait senti l'inquiétude de Kilgharrah, mais n'avait pas eu le temps de le questionner à ce sujet. Le dragon avait été très explicite : il devait aller jusqu'à la clairière pour l'y retrouver.
Cessant de réfléchir, Merlin sortit de son lit pour s'habiller de sa tenue habituelle. Il enfila ses bottes et sortit de sa chambre en prenant soin de ne pas faire de bruit pour éviter de réveiller Gaius, qui dormait profondément. Arrivé près de la porte, il prit sa veste et sortit dans la cour du château.
Passer devant les gardes ne représentait pas un réel défi, ceux-ci étant fatigués pendant la nuit et par conséquent faciles à leurrer avec un sort. Mais marcher de nuit, dans la forêt, avec une lumière quasiment inexistante si bien qu'il dut utiliser une boule magique, s'avérait plus difficile.
Au bout d'une petite heure, il arriva enfin dans la clairière, suffisamment spacieuse pour que le dragon puisse s'y poser sans problème. Elle était bordée d'arbres hauts et feuillus, et recouverte d'herbe. Un rocher s'y trouvait, Merlin s'assit dessus pour attendre l'arrivée de Kilgharrah.
Le jeune magicien l'entendit bien avant de le voir : le bruit des battements d'ailes caractéristique d'un dragon qui arrivait. Merlin se releva pour accueillir Kilgharrah.
Celui-ci se posa doucement dans la clairière et replia ses ailes. Il semblait très pressé, mais inclina tout de même la tête pour saluer le Seigneur des Dragons. Merlin, impatient et à la fois effrayé de ce que le Grand Dragon allait lui annoncer, prit aussitôt la parole :
- Pourquoi m'avoir appelé en pleine nuit ? demanda-t-il. Et quel est ce problème dont vous m'avez parlé ?
- Morgane sait qui tu es réellement, jeune magicien…
