- Morgane sait qui tu es réellement, jeune magicien. Elle sait que tu es Emrys.

Cette révélation laissa Merlin bouche bée. Morgane savait qu'il était Emrys. Elle savait qu'il était celui qui causerait sa destruction. Kilgharrah vit le flot d'émotions qui traversa le magicien : surprise, peur, incompréhension, réflexion, de nouveau la peur. Finalement, Merlin baissa la tête.

- Comment l'a-t-elle su ? demanda-t-il d'une petite voix.

- Elle a capturé Alator le Catha et l'a torturé, répondit le dragon d'une voix douce.

- Alator ? Mais c'est un Catha ! Entraîné à résister et infliger la torture !

- Jeune sorcier, tous les hommes, aussi forts soient-ils, finissent un jour par céder à la torture. Cependant, ton ami n'a pas cédé : Morgane a utilisé l'anthropomancie pour lire le véritable nom d'Emrys.

Un éclair de répulsion passa sur le visage de Merlin. L'anthropomancie ? Quelle horreur !

- Qu'est-il devenu ?

Kilgharrah comprit que pour l'instant, Merlin ne se souciait que du sort du Catha et pas du sien. Le magicien préférait souffrir mille morts plutôt que de voir quelqu'un mourir par sa faute.

- Il a séparé son corps de son esprit, et ère maintenant dans ce monde à jamais.

- Pauvre homme, commenta Merlin. J'espère qu'il finira par trouver la paix… Depuis combien de temps Morgane est-elle au courant ?

- Ce matin même. Si elle prévoit de faire quelque chose, tu as peu de temps pour te préparer.

- Evidemment, elle va tenter quelque chose pour me détruire. N'y a-t-il vraiment aucun moyen de ramener Morgane vers la lumière ?

- Non, jeune sorcier, répondit catégoriquement Kilgharrah. Tu dois faire ce qui est nécessaire pour que l'avènement d'Albion puisse advenir.

Merlin resta silencieux un moment puis opina. Si Morgane venait le chercher, il serait prêt à l'accueillir, même si ça lui déplaisait.

- Si tu as besoin d'aide, jeune sorcier, n'hésite pas à m'appeler. Je viendrai aussi vite que possible.

Après cela, le dragon s'envola, soulevant des brassées de vent derrière lui et laissant le magicien seul. Celui-ci resta encore un moment à réfléchir, assis sur son rocher, puis repartit en direction de Camelot. Il n'avait pas le temps de retourner dormir avant que la grande cloche ne sonne, aussi prit-il son temps.

Le jeune homme passa à nouveau devant les gardes sans difficultés, et alla déjeuner aux appartements de Gaius. Le médecin comprendrait en ne le voyant pas qu'il était déjà réveillé et était déjà parti chercher le petit déjeuner d'Arthur.

Merlin ressortit des appartements et se dirigea vers les cuisines. Il rassembla rapidement la nourriture du roi sur un plateau puis monta jusqu'à ses appartements. Arthur était encore endormi, Merlin posa le plateau sur la table avant d'aller ouvrir les rideaux et de déclarer d'une voix forte :

- Debout, Sire, le petit déjeuner est servi !

La lumière du jour inonda le lit d'Arthur, qui grogna en réponse avant de se redresser légèrement, pas encore réveillé.

- Comment fais-tu pour être aussi joyeux dès le matin, Merlin ? marmonna-t-il.

- Une question d'habitude ! Dépêchez-vous, ou vous allez rater l'entraînement prévu pour ce matin.

Ceci stimula Arthur, qui finit par se lever et aller jusqu'à la table pour déjeuner. Le roi se levait toujours plus facilement quand Merlin lui annonçait qu'un entraînement était prévu.

- Entraînement à quelle arme ? fit-il entre deux bouchées.

- L'arbalète…

Tout en lui répondant, le serviteur commença à faire le lit : remettre les oreillers bien en place, lisser les couvertures sur le matelas, des gestes quotidiens qu'il accomplissait avec joie et qui ne nécessitaient pas qu'il se mette en danger inutilement. Car pendant l'entraînement à l'arbalète, Arthur aurait besoin d'une cible mouvante, et le roi choisissait toujours la même personne pour porter le gros disque de bois extrêmement lourd : Merlin. 'Ça te fait les muscles' prétendait-il. Le jeune sorcier n'avait pas besoin d'une cible pour se muscler, d'autant que celle-ci lui causait surtout des crampes dans les bras et dans les jambes pendant toute la journée.

- Excellent ! commenta Arthur.

oOoOo

Comme prévu, Merlin servait de cible mouvante à Arthur et ses chevaliers. Les seuls présents étaient Gauvain, Léon, Elyan, Perceval et Arthur, mais ça n'en était pas moins épuisant et décourageant : il était le serviteur du Roi Présent et à Venir, et celui-ci lui faisait porter des cibles pour le viser avec des objets blessants et dangereux.

Le terrain d'entraînement était vaste et caché derrière le château, Arthur préférait cela parce que ça lui permettait de se relâcher un moment, seul avec ses amis chevaliers et son serviteur, sans avoir à se soucier du port de l'étiquette. Il aimait être roi, mais aimait tout autant pouvoir oublier le poids qui pesait sur ses épaules de temps en temps.

Mais pour l'instant, la séance d'entraînement ne s'était pas révélée très fructueuse : Merlin se traînait à vingt mètres des chevaliers, et par conséquent la cible en bois qu'il était censé remuer était aussi facile à viser qu'une cible immobile. Et les ennemis ne restaient pas immobiles le temps qu'on les vise puis qu'on tire…

- Allons Merlin, Gaius courrait plus vite que toi, railla Arthur, énervé.

- Je suis désolé de ne pas être à la hauteur, Sire, répondit du même ton son serviteur, un peu sarcastique tout de même.

A l'autre bout du terrain, Merlin soupira fortement, sachant qu'Arthur ne l'entendrait pas. Il était exténué. Sa petite virée nocturne, pendant laquelle il s'était dépêché pour rejoindre Kilgharrah, pressé de savoir ce que le dragon avait à lui dire, l'avait épuisé mentalement et physiquement. Mais il ne pouvait pas raconter à Arthur qu'il était allé voir le dragon que le roi avait supposément tué, ni que celui-ci lui avait dit que Morgane savait qu'il était Emrys, le plus puissant sorcier de tous les temps, et que par conséquent elle allait très certainement essayer de l'éliminer au plus vite.

Alors oui, Merlin traînait la cible comme si elle pesait des tonnes. Il n'avait pas l'esprit à cela. Arthur dut s'apercevoir que quelque chose tracassait son serviteur, car il fronça les sourcils, mais ne dit rien. Après tout, il pourrait toujours lui en parler plus tard.

- Changement d'armes ! cria-t-il à l'adresse de Merlin. On passe à l'épée !

Merlin soupira de nouveau et ramena la cible avec les autres objets servant à l'entraînement Le serviteur savait parfaitement ce que ça voulait dire : il allait devoir tenir un bouclier, avec un casque sur la tête, et attendre que chaque chevalier lui tape dessus avec son épée.

Il attrapa le bouclier avec le dragon des Pendragon peint en or dessus, mit un casque sur sa tête, et retourna se positionner en plein milieu du champ, où l'herbe était déjà bien piétinée.

- Ne fais pas cette tête, Merlin, c'est autant utile à nous qu'à toi, regarde tes muscles ! le taquina Arthur.

Merlin grimaça sans répondre, ce qui rendit de nouveau le roi perplexe : d'habitude, lorsqu'il lançait une pique à son serviteur, celui-ci lui répondait de tout son sarcasme. Mais Merlin se mit simplement en position de défense et attendit, prêt à encaisser les coups qui allaient inévitablement suivre.

oOoOo

Pendant ce temps, au vieux château d'Aldor, Morgane s'était réveillée, Aithusa à ses côtés. Alors que la jeune dragonne d'ivoire dormait encore, elle avait mis un plan au point pour détruire son pire ennemi : Emrys. Son idée était simple, mais efficace : faire en sorte que le sorcier qui causerait sa perte soit inoffensif, de préférence mort ou au pire des cas totalement et définitivement dépouillé de ses pouvoirs. Mais elle comptait faire subir à Merlin, qui en plus était celui qui l'avait empoisonnée, une agonie lente et douloureuse, pendant laquelle il serait seul et incapable d'y changer quoi que ce soit.

Après cela, elle pourrait conquérir Camelot à sa guise, le sorcier ne serait plus là pour contrecarrer ses plans. Et Arthur ne représentait pas une grande menace, il était juste une poupée dont les fils étaient tirés par Emrys et qui s'était retrouvée catapultée sur le trône à la mort de son ère. De leur père, qu'elle avait gracieusement achevé lorsque celui-ci avait été mortellement blessé.

Plus elle pensait à son plan, plus elle l'appréciait et souriait. Il n'y avait aucun moyen qu'il échoue ! Il était parfait, pensé et repensé dans les moindres détails. Morgane, satisfaite, se leva en prenant garde à ne pas réveiller Aithusa et sortit de la vieille chambre. Elle ferma la porte doucement, et se dirigea vers la salle où les Southrons se reposaient. Ceux-ci se levèrent et baissèrent la tête en la voyant, prenant soin de ne pas la regarder dans les yeux.

- Vous cinq ! Je vous charge d'une mission à part, susurra-t-elle en désignant un groupe à part.

Les cinq hommes s'approchèrent. L'un d'eux, probablement leur chef, osa relever la tête.

- Quel genre de mission, madame ?

- Vous allez me ramener Emrys !

- Mais… madame, s'il est aussi puissant que vous le pensez, nous ne ferons pas le poids contre lui !

- Bien sûr que si, bande d'incapables, si vous prenez ceci.

Elle lança à l'homme un paquet bien enveloppé. Celui-ci l'attrapa et l'ouvrit précautionneusement. Il écarquilla les yeux lorsqu'il reconnut ce que c'était. Evidemment, maintenant ils étaient sur un pied d'égalité avec le magicien. Le mercenaire sourit sadiquement, une lueur dans les yeux.

oOoOo

Merlin, encore plus épuisé qu'avant l'entraînement, avait ramené le bouclier dans l'armurerie avant de retourner aux appartements d'Arthur pour l'aider à ôter son armure. Après cela, il était allé manger chez Gaius avant de passer l'après-midi à faire ses corvées, à commencer par polir l'armure, puis nettoyer les écuries. Le roi l'avait enfin libéré à l'heure du repas, prétextant pouvoir se coucher seul. En vérité, Arthur avait remarqué que son serviteur tenait à peine de bout, et ne voulait pas qu'il s'effondre le lendemain.

Merlin, congédié, retourna donc chez Gaius pour y dîner. Les deux hommes parlèrent peu, Merlin parce qu'il était exténué et Gaius parce qu'il voyait que son pupille n'était pas en bonne forme. Cela l'inquiétait, d'habitude Merlin souriait, plaisantait et était le plus énergique possible. Mais là, le magicien mangeait simplement son porridge d'un air las, et lorsque la fin du repas arriva, il se contenta de ressortir pour nettoyer les assiettes et les couverts, avant de revenir les poser sur la table et d'aller droit dans sa chambre.

Une fois à l'intérieur et la porte fermée, Merlin s'assit sur son lit, enfin capable de soupirer. Il se doutait que Gaius avait vu qu'il était fatigué, mais le vieil homme ne lui avait pas posé de questions, et il lui en était reconnaissant. Il n'avait pas envie l'interrogatoire qui suivrait inévitablement s'il disait à Gaius que Morgane savait qu'il était Emrys. Il préférait repousser l'épreuve au lendemain.

Le magicien ôta sa veste et sa chemise en gémissant, courbaturé. C'était toujours ainsi lorsqu'il portait la cible pendant un entraînement. Et c'était encore pire lorsqu'il devait tenir le bouclier tout en se faisant taper dessus. Après avoir ôté ses vieilles bottes usées et fatiguées, il se releva et alla jusqu'à son placard pour y prendre la chemise qu'il mettait pendant la nuit.

Une fois prêt, Merlin s'installa confortablement dans son lit. Le contact moelleux et doux du matelas et des couvertures lui fit un grand bien, et il posa sa tête contre l'oreiller pour réfléchir tout en observant le plafond.

Sa chambre, il la connaissait par cœur. Lorsqu'on ouvrait la porte, la première chose qu'on voyait était le lit, avec sa couverture blanche rayée de marron dessus, soigneusement lissée. A droite se trouvait le placard où il rangeait ses chemises et ses pantalons, il était en bois, du vieux chêne qui sentait bon. A l'opposé, il avait un bureau, qu'il utilisait quand il étudiait son livre de magie – toujours après s'être assuré que personne ne viendrait le déranger – et lorsque Gaius lui demandait de faire quelque chose qui ne nécessitait pas d'être dans la chambre principale. Si le magicien montait sur son bureau, il pouvait atteindre une fenêtre qui s'ouvrait sur la ville basse et la forêt au-delà. Il aimait se poser là un moment avant d'aller au lit, mais ce soir il n'en avait pas envie.

Et bien sûr, il y avait toutes les autres choses qui n'étaient connues que de Gaius et de lui, à commencer par la planche qui se délogeait sous son lit. De là, il pouvait atteindre son bâton des Sidhes rapidement en cas de besoin, mais aussi son grimoire. Ces deux objets, totalement illégaux, lui vaudraient une exécution si quelqu'un les découvrait. Mais à moins de déplacer le lit puis de toquer sur la planche, qui sonnait creux, personne ne pouvait savoir qu'ils étaient là si on ne le leur disait pas.

Merlin pensait à Morgane. La jeune sorcière savait qui il était réellement. Emrys. Nul doute qu'elle allait tenter quelque chose. Mais quoi ? Conquérir Camelot en prenant garde à ce qu'il ne puisse rien faire ? Dans ce cas, cela signifierait qu'il serait obligé, d'une manière ou d'une autre, de révéler ses pouvoirs à Arthur. Et puis, comment pourrait-elle le priver de ses pouvoirs ? Le magicien n'avait jamais fait de grandes recherches sur ce sujet, il ne connaissait qu'un moyen et doutait que la Prêtresse l'utilise.

Que pouvait-elle faire d'autre ? Venir en personne à Camelot, se faufiler dans le château et le tuer en plein sommeil ? Cette idée lui donnait des frissons dans le dos, et il résolut de mettre en place un sort qui lui permettrait de détecter toute présence magique entrant dans les appartements du médecin. Il devait le faire dans la nuit, quand Gaius serait endormi.

En attendant que le vieil homme s'endorme, Merlin continua à réfléchir. Puis, le moment venu, il se leva sans bruit et se rendit à la porte principale. Le magicien l'ouvrit doucement en faisant attention à ne pas faire de bruit, et réfléchit un instant avant de pointer une main sur l'encadrement et de murmurer les paroles du sort.

Merlin sentit le sort prendre effet, referma la porte et, satisfait, retourna se coucher. Soulagé d'avoir trouvé un moyen de se protéger contre Morgane, il s'endormit d'un sommeil profond. Il avait besoin de récupérer de sa journée.

oOoOo

A des lieues de là, dans la forêt bordant Camelot, les cinq Southrons engagés par Morgane galopaient le plus vite possible vers leur destination. Leur maîtresse les payerait plus s'ils lui ramenaient Emrys plus rapidement. Arrivés en vue des tours du château, ils descendirent de leurs chevaux et les attachèrent à des arbres pour qu'ils ne s'enfuient pas. Puis, silencieusement, ils s'approchèrent de la cité. Les deux gardes postés à l'entrée ne posaient pas un gros problème pour cinq Southrons bien entraînés, particulièrement dans les coups en traître.

Une fois débarrassés des sentinelles, dont ils cachèrent les corps afin d'éviter d'attirer l'attention, ils marchèrent à pas feutrés dans la cour pour atteindre la porte qui permettait d'entrer dans le château. C'était presque trop simple, pensaient-ils. Les mercenaires gravirent les marches menant aux appartements du Médecin de la Cour – leur maîtresse leur avait dit que c'était là que résidait Emrys – dont la direction était soigneusement indiquée par des pancartes. A croire que tout Camelot s'alliait pour leur faciliter la tâche.

La porte émit un cliquetis lorsqu'ils entrèrent, mais cela ne réveilla pas les deux hommes qui dormaient profondément à l'intérieur. Un des Southrons s'approcha du vieux médecin, et conclut d'après son apparence que ce n'était pas celui qu'ils cherchaient. Alors, d'un même mouvement, tous les cinq tournèrent leur regard vers la porte du fond à laquelle on accédait par trois marches.

Cette porte, elle, grinça. Cependant, l'occupant de la chambre ne fit que bouger, sans se réveiller. Les cinq hommes se répartirent autour du petit lit, deux d'un côté, deux de l'autre, et un à la porte, prêt à barrer le chemin au jeune homme déginganté qui se trouvait dans le lit. Vraiment, ce petit homme était Emrys ? Il n'en avait pas du tout l'apparence.

Le Southrons le plus proche de lui posa une main sur la bouche de Merlin, l'empêchant de parler et le réveillant en sursaut. Le magicien, désorienté, sentit qu'on lui maintenait les bras et les jambes plaquées contre le lit. Il était incapable de bouger. Il regarda rapidement autour de lui et compta cinq ennemis. Faciles à éliminer, pensa-t-il. Mais avant qu'il n'ait eu le temps d'entreprendre la moindre chose, le dernier homme proche du lit lui maintint fermement la tête, malgré le fait que le jeune magicien se débattait furieusement, et celui qui avait une main sur sa bouche l'enleva, seulement pour enfoncer un bâillon dedans. Deux hommes le forcèrent alors à se redresser pendant que l'autre maintenait le morceau de tissu en place puis le nouait à l'arrière de sa tête, en serrant bien fort. Il fut ensuite obligé de sortir de sa chambre, les mains maintenues dans le dos, tout cela en l'espace de trente secondes à peine.

Le bruit que firent les hommes en renversant un tabouret réveilla en sursaut Gaius, aussi désorienté que son pupille l'avait été. Le vieil homme vit Merlin devant lui, maintenu par deux hommes, bâillonné fermement et forcé d'avancer, avec deux autres hommes et un derrière. Le magicien s'arc-boutait de toutes ses forces et émit soudain un grognement. Puis le médecin vit ses yeux brûler d'or, et fut soulagé un instant. Les cinq hommes ne faisaient pas le poids face à la magie du magicien…

Mais rien ne se passa. Les yeux de Merlin arrêtèrent de briller, et le jeune homme prit une expression perplexe, tout en continuant de résister. Mais contre cinq hommes, beaucoup plus imposants et forts que lui, il n'avait aucune chance. Un seul homme à lui seul faisait probablement deux fois son poids, et les deux qui le tenaient le portèrent pour sortir plus rapidement. Ils avaient vu le vieil homme réveillé, et bien que celui-ci semblait pour l'instant incapable de faire un geste, nul doute qu'il allait bientôt sonner l'alarme.

- Sonnez le tocsin ! cria en effet Gaius de toutes ses forces quelques instants plus tard, ayant retrouvé la voix.

Merlin, quant à lui, était emmené contre son gré et avait peur de ce qui allait se passer. Entendant le cri de Gaius, il redoubla d'efforts pour se libérer, mais cessa toute résistance lorsqu'un des hommes l'assomma, le plongeant dans le noir complet.