Réponses et commentaires inutiles par rapport aux reviews du chapitre précédent :

Apokhalypso : Désolé mais non, je ne pense pas insérer de romance entre Sirius avec quelqu'un d'autre. Ça va peut-être te décevoir, toi et d'autres lecteurs, mais je ne l'ai pas prévu et... avec ce que j'ai imaginé pour la suite, j'ai du mal à placer cette idée-là donc ça ne se fera sans doute pas, sauf idée lumineuse qui apparaîtrait d'un seul coup dans ma tête. Et c'est vrai que Narcissa n'a pas beaucoup de chance concernant ses fiançailles... Vraiment pas en fait.

Lassa-Liam : Comme quoi, on est synchro ce coup-là ! Et ta dernière phrase m'a fait tellement rire que j'avais mal aux côtes durant au moins une demie-heure ! Merci pour cette crise de rire, ça fait du bien !

Westyversionfrench : Heureuse de lire que le chapitre t'a plu ! Bon, celui-ci est un peu moins "riche" en émotions... Mais j'avais besoin de l'écrire, même si c'est peut-être un peu trop centré sur Remus et Lucius. Quand au rôle de Severus... Je te laisse deviner toute seule ;p !


- Et voilà, on est arrivé. C'est gentil à toi de m'avoir raccompagné... même si rien ne t'obligeait à le faire, tu sais.

D'un geste vague de la main, Remus lui signala que ça ne l'avait absolument pas dérangé de lui tenir compagnie sur le chemin du retour. Après tout, ils avaient discuté ensemble sur tout le trajet - essentiellement de ce crétin de James Potter d'ailleurs... - et aucun des deux n'avait vu le temps passer. Mais plus Lily observait le châtain, plus elle s'inquiétait de l'air fatigué et des cernes qui commençaient à creuser sous les yeux de son ami.

Est-ce que James et Sirius ne le poussaient pas un peu trop à participer à leurs légendaires beuveries nocturnes ? Depuis l'épisode des épouvantards débarquant en plein milieu de la soirée à cause des Serpentards, la jeune femme s'était jurée de ne plus y aller, même pour ne serait-ce que jeter un coup d'œil... seulement, elle savait bien que Remus était incapable de leur refuser quoi que ce soit, lui, de son côté.

Et si elle appréciait énormément la gentillesse et la sensibilité du jeune homme, elle avait parfois un peu peur pour lui quand elle le voyait aussi soumis face aux caprices de ses meilleurs amis. Sans compter que les dits meilleurs amis ne se rendaient pas toujours compte de la portée de leurs actes...

- Remus... Je vois bien que tu ne tiens plus debout. Ne force pas trop, d'accord ? Rentre directement et essaie de dormir un peu...

- Mmh... C'est une façon subtile de me faire remarquer que j'ai vraiment une sale mine, c'est ça ?

- Non, pas du tout, se mit aussitôt à rire la préfète-en-chef. Mais ça finira quand même par t'amocher si tu ne prends pas la peine de dormir un peu, un jour ou l'autre... Et... ce serait dommage pour ta petite-amie, non ?

La bombe eut finalement encore plus d'impact que prévu. Remus se figea si brutalement que Lily perçut immédiatement sa crispation, ses yeux grands ouverts reflétant son trouble et poussant la jolie rousse à lui offrir un sourire réconfortant.

- Tu... Comment est-ce que tu... ?

- Sirius est venu me voir pour essayer de glaner quelques informations... Il était persuadé que j'étais au courant de tout et que je t'aidais secrètement. Alors évidemment, il est reparti bredouille mais ça ne m'empêche pas d'être ravie pour toi.

- E-Eh bien... Merci mais... tu sais, c'est assez compliqué pour l'instant et...

- Je ne compte pas te poser la moindre question, le coupa-t-elle avec toujours le même sourire qui reflétait toute son amitié. Ni sur son identité ni sur quoi que ce soit la concernant, sauf bien sûr si c'est toi qui désires en parler. Alors pour l'instant... laisse-moi juste être heureuse du bonheur de l'un de mes amis, d'accord ?

Honnêtement, la réaction de Lily n'aurait pas pu lui faire davantage plaisir, infiniment soulagé qu'il était de ne pas être obligé d'utiliser de mauvaises excuses pour la convaincre de changer de sujet... Après tout, il se sentait déjà suffisamment coupable de cacher la relation qu'il entretenait avec Lucius à ses meilleurs amis, inutile d'ajouter Lily à la liste de ceux à qui il était obligé de mentir.

Enfin "relation"... c'était peut-être un peu exagéré comme terme.

Après tout, ils n'avaient passé qu'une seule et unique nuit ensemble, même si Remus avait promis de revenir le voir dès que possible. Une promesse qu'il aurait aimé tenir ce soir d'ailleurs, puisqu'il était pile au bon étage... même s'il n'était pas certain que ce soit une bonne idée finalement. Il tenait à peine debout, alors forcément, imaginer coucher avec le Serpentard paraissait tout de suite un peu compliqué dans ces conditions...

- Bonne nuit, Remus.

- Bonne nuit, Lily... Et... encore merci.

- C'est la moindre des choses, tu sais. Surtout pour un ami qui vient de t'offrir un cadeau aussi spécial que celui-ci...

Désignant fièrement le badge toujours épinglé à sa robe de sorcière où scintillaient encore les mots qui faisaient tant horreur à James, la jeune femme s'autorisa un tout dernier clin d'œil complice avant de refermer la porte de sa chambre derrière elle. Et c'est ainsi que Remus se retrouva entièrement seul dans ce couloir complètement désert, complètement tiraillé entre sa raison et ses envies.

La tentation de se planter devant un mur et de murmurer un mot de passe bien particulier pour faire apparaître cette chambre qu'il voulait tant retrouver était formidablement attrayante... Et c'est finalement en se rendant compte qu'il ralentissait le pas au fur à mesure qu'il s'approchait de la sortie du couloir et perdait de plus en plus de force rien qu'à se questionner sans arrêt sur quelle décision il devait prendre qu'il se décida à arrêter cette stupide hypocrisie.

Alors, lorsqu'il se tourna vers l'imposant mur de pierre, son murmure était peut-être hésitant, seulement lui ne l'était plus.

Au point qu'il demanda mentalement à Lily de l'excuser de ne pas pouvoir écouter son sage conseil de rejoindre les dortoirs au plus vite...

- Serpencendre...

Après tout, il avait bien tenté de se résoudre à ne plus y penser mais puisque les choses ne faisaient qu'empirer, il n'avait plus qu'à jouer la carte de l'inconscience gryffondorienne. Honnêtement, il ne pouvait pas continuer à ne penser qu'à ça en permanence !

Et peut-être que parler avec Lucius et se rendre compte à quel point il était horrible pourrait l'aider. Ne serait-ce qu'un peu. Peut-être.

D'accord, c'était sans doute l'excuse douteuse que sa bonne conscience venait de lui fournir pour qu'ils se revoient sans que ça ne le culpabilise, enfin de toute façon... les choses n'étaient claires. Pourquoi l'avaient-ils fait, d'abord, hein ? Et puis c'était aussi la faute du blond s'il revenait, c'était lui qui lui avait donné ce fichu mot de passe qu'il n'arrivait pas à se sortir de la tête !

Se mordant un peu la lèvre en se rendant compte à quel point il était stupide de tout rejeter sur le Serpentard alors qu'il était tout aussi responsable que lui, il poussa néanmoins la porte qui venait d'apparaître devant lui, y entrant aussi discrètement que possible. Et s'il fut un peu décontenancé au début de n'entendre aucun bruit et de voir la chambre entièrement vide, en s'approchant de la fenêtre et du lit, Remus se sentit se détendre insensiblement.

La vision du lac à travers la vitre était réellement apaisante et la familiarité des lieux réussit immédiatement à l'apaiser.

Néanmoins, son attention fut détournée quand son regard se posa sur le bureau jusque-là ignoré, sa curiosité prenant le dessus en constatant que plusieurs feuilles y étaient éparpillées. Malefoy avait dû abandonner ses devoirs peu avant de sortir de sa chambre... même si à cette heure-ci, il était étonnant que Lucius soit encore dehors. Peut-être faisait-il une ronde cette nuit ? Pourtant, Remus avait cru entendre que c'était le préfet de Poufsouffle et de Serdaigle qui s'en chargeaient...

Regardant de plus près les notes du Serpentard en se permettant de s'asseoir sur la chaise face au bureau, le loup-garou se surprit à admirer son écriture soignée et à fouiller plus que nécessaire dans les affaires du jeune homme. Non pas qu'il y est quelque chose d'intéressant pour autant, les feuilles devant lui n'étant que de simples copies de cours... Mais étrangement, son regard ne pouvait déjà plus quitter un instant les pages souillées par l'encre.


- James ! James ? Jaaaames ! JAMES ! Bon sang mais pourquoi tu nous attends pas ?!

Grognant contre Merlin qui lui amenait deux de ses meilleurs amis sur un plateau d'argent alors qu'il ne faisait que le prier depuis tout à l'heure pour qu'il fasse apparaître le seul manquant du groupe, le dénommé James finit par se retourner avec un sourire forcé tout à fait atroce, conscient qu'ignorer les hurlements stridents de Sirius finirait par être plus que suspect.

Et comme il était hors de question d'alerter les deux gryffons...

- Désolé, je vous avais pas entendu.

- Mauvais mensonge, Prongs. Paddy était tout sauf discret à crier ton nom et on t'a couru après tout le long du couloir ! Lui rappela malheureusement Peter, toujours le plus suspicieux et le plus intelligent de leur petit groupe quand Remus était absent.

- Wormtail a raison, t'sais. Et c'est très mal de mentir à ses meilleurs amis ! Surtout qu'on sait très bien pourquoi tu nous évites.

- Vous... Vous savez que... ?

- Bien sûr, idiot. Mais c'est inutile de t'inquiéter autant pour Lily, elle ne va pas s'envoler ! Et puis elle apprend que tu la surveilles, ça va l'énerver...

- Les filles de Gryffondor nous ont avoués que t'étais passé devant leur dortoir pour vérifier si elle était là-bas, précisa inutilement Wormtail, guettant visiblement chacune de ses réactions avant de changer brusquement de sujet, grimaçant d'anxiété. Mais on devrait vite y aller, le couvre-feu va pas tarder et Picott va tout de suite nous attraper si on reste dans le couloir...

Évidemment, James se contenta d'acquiescer d'un hochement de tête à ce conseil. Contrairement à Peter qui ne voulait pas risquer sa peau, le brun à lunettes n'était en vérité que très peu pressé de rejoindre leur salle commune où avait lieu la fête célébrant leur victoire, encore terrifié à l'idée de ne pas avoir retrouvé Lily malgré toutes ses recherches.

Malheureusement, il n'avait pas eu assez de temps pour réellement vérifier chaque endroit où la jolie rousse pouvait se trouver. Pourtant, si à cette heure-ci elle n'était ni à la bibliothèque ni au dortoir des filles... Alors elle était forcément dans sa chambre... Mais dans ce cas précis, il n'était pas certain de réellement vouloir savoir si elle était seule ou bien... tout sauf seule.

Parce que même s'il n'imaginait toujours pas Remus capable d'une telle trahison, pour l'amour d'une fille aussi exceptionnelle que Lily, alors peut-être... Peut-être.

En temps normal, il se serait confié à Sirius et ce dernier aurait ri à gorge déployée en l'entendant dire que Remus sortait peut-être avec sa merveilleuse Lily Evans... Seulement, sa gorge se serrait à chaque fois qu'il y pensait et la simple idée d'en parler lui semblait définitivement insurmontable.

- Alleeeeeeeeez, souriiiiis un peu ! Tu la verras demain, ta Lily. Et elle te donnera ta gifle quotidienne qui te manque tant. Alors au moins pour ce soir, arrête de t'inquiéter de ne pas la voir plus de quelques heures pour qu'on puisse profiter de notre célébrité bien méritée, ok ?

Forçant un peu plus son sourire crispé pour toute réponse, James attendit tout de même que Peter et Sirius se concentrent de nouveau sur autre chose que sur lui pour jeter un dernier regard désespéré au couloir qu'il se devait de quitter, même à contre-cœur.

Enfin de toute façon, pour l'instant, il ne pouvait rien faire d'autre que de se forcer à sourire, prier silencieusement Merlin, espérer...

Et croire en la fidèle amitié de Remus.


- Bonjour.

La voix n'était qu'un simple son chuchoté à son oreille mais ce léger murmure suffit tout de même à le faire violemment sursauter. Et en se retournant, il eut la surprise de plonger dans un regard gris bien familier... et sans doute un peu trop proche de son visage pour l'aider à calmer ses battements de cœur. Trop pris par sa lecture et par ses pensées, Remus n'avait certainement pas dû entendre la porte d'entrée s'ouvrir derrière lui...

En tous cas, ce fut la seule explication qui lui vint à l'esprit pour justifier l'apparition soudaine d'un Lucius Malefoy... aux cheveux et à la peau humides... ?

- Bonjour... Tu... Tu reviens des douches... ?

- Exact. Et toi, est-ce que tu fouilles dans mes papiers depuis longtemps ?

- Quoi ? Non ! Non, bien sûr que non, je... je ne fouillais pas. Je ne suis pas comme ça. J'ai à peine regarder. C'était juste... de la curiosité mal placée.

Réalisant qu'il venait de se contredire en cherchant à nier son geste pour finalement le justifier presque aussitôt, Remus se mordit la lèvre d'un air embarrassé. Définitivement, le serpentard allait le prendre pour un imbécile à être aussi indiscret...

- Hm... Désolé, ne put-il d'ailleurs s'empêcher de s'excuser, même en se rendant parfaitement compte que ça ne faisait que l'enfoncer.

Cependant, Lucius ne semblait pas particulièrement vexé de son attitude. Au contraire, il s'accouda au dossier de la chaise, comme semblant vouloir lire par-dessus son épaule, toujours avec cette nonchalance lui étant si particulière. Sauf que son regard d'onyx resta fixé au sien, quelques gouttes d'eau perlant sur son visage ainsi que... le long de sa mâchoire... et de son cou... donnant sur une chemise ouverte d'un blanc quasi-transparent...

Détournant le regard de cette vision vaguement troublante, Remus tenta alors désespérément de penser à autre chose, fixant de nouveau les notes face à lui, sans pour autant être assez concentré pour en comprendre le moindre sens. Sauf que le blond ne fut visiblement pas du même avis que lui et entreprit de taquiner son cou en le parsemant d'une myriade de baisers, souriant contre la peau frissonnante du loup-garou.

Sourire qui ne manqua pas de s'élargir quand, lorsque sa langue eut l'audace de lécher le dessus de son oreille, Remus poussa un ravissant petit cri d'indignation, indéniablement surpris et embarrassé par son audace.

Un cri qui s'éteignit dès que son regard se posa sur le visage de nouveau si proche du propriétaire des lieux...

Et pourtant, Remus ne tenta même pas de le repousser pas quand ce dernier se pencha un peu plus vers lui, rougissant tout de même lorsque leurs lèvres s'effleurèrent. Le contact resta toutefois aérien, à peine perceptible finalement, mais son visage était tellement proche du sien... Et il n'osait pas fermer les yeux cette fois, cherchant au contraire quelque chose dans le regard de Lucius qui pourrait apaiser ses peurs.

Quelque chose qui réussirait à lui faire croire qu'il n'avait pas été le seul à se tourmenter ces derniers temps.

Et même si ces lèvres tièdes et un peu humides doucement déposées sur les siennes le firent frissonner, il se surprit à avant tout admirer longuement ce regard où semblait se refléter ses propres craintes et angoisses, frappé par l'intensité du trouble qu'il réussit à y lire. Ainsi, quand leurs lèvres se détachèrent, il s'aperçut que si le baiser n'était pas aussi langoureux et passionné qu'on aurait pu le croire, il reflétait tout de même leurs sentiments.

Un baiser évoquant simplement la présence et le besoin de l'autre, quémandant avec timidité une autorisation de continuer entre eux ce jeu dangereux.

- Je ne pensais pas que tu reviendrais, lui avoua finalement Lucius dans un murmure que Remus se refusa de juger sensuel et hypnotique.

Le baiser avait beau s'être stoppé, son visage était toujours si peu éloigné du sien que le loup-garou ne pouvait s'empêcher de s'imaginer qu'il n'allait sans doute pas tarder à l'embrasser de nouveau, ou au moins le toucher, l'effleurer. Et même s'il fit tout son possible pour garder une expression neutre, Remus ne doutait pas un instant que son regard s'était illuminé en entendant l'aveu du Serpentard.

Car même s'il voulait cacher ce sentiment de chaleur qui l'envahissait de plus en plus, ce n'était pas comme s'il pouvait pour autant détourner le regard des deux orbes grises qui continuaient de le fixer avec intensité. À croire que leur propriétaire attendait sa réponse pour s'autoriser à détourner le regard, contredisant l'expression formidablement indéchiffrable du reste de son visage.

De toute façon, Remus était bien plus concentré sur les yeux encore ancrés dans les siens, et sur cette immobilité, cette attente indécise, si étonnante de la part du jeune homme, pour se préoccuper du reste. Sans compter que leurs regards ainsi liés l'un à l'autre donner l'irrépressible envie au châtain de lui chuchoter des mots doux et rassurants à l'oreille, les longues mèches blondes semblant même le supplier d'être doucement lissées entre ses doigts.

Ce qu'il ne fit pas, cependant... Évidemment.

Ce n'était pas le moment de faire fuir Lucius Malefoy à cause de ses idées un peu folles, surtout quand elles semblaient aussi... romantiques. Après tout, ils n'étaient pas de foutus Poufsouffles énamourés venant d'officialiser leur couple, bon sang de Merlin !

- Je... Je crois qu'en fait... Moi non plus... Finit-il tout de même par bredouiller sous l'insistance du regard orageux.

Mais même si c'était sans doute encore un peu étrange de penser que Lucius Malefoy était beau, et même séduisant, il savait qu'il finirait par s'y habituer, rien qu'en admirant le doux sourire qui lui répondit. Non, en fait... Pour être honnête, il s'y était déjà habitué, depuis bien longtemps. Sinon il n'aurait pas pris le risque de coucher avec lui et même de revenir le retrouver ce soir. Et il aurait sans doute été dégoûté de découvrir que c'était lui qui l'avait embrassé dans ce fichu placard...

Oh non, définitivement, il était bien trop tard pour qu'il puisse encore s'autoriser à penser que Lucius ne l'attirait pas et n'était pas devenu autre chose à ces yeux que cet imbuvable sang-pur tellement distant. Surtout quand il se surprenait à admirer le léger sourire qui flottait sur ses lèvres et le visage serein qu'il ne laissait probablement apparaître qu'entre les murs de sa chambre. Un sourire qu'il se permit d'amener contre ses lèvres, l'embrassant tendrement à son tour.

Après tout, s'il avait peur de voir Lucius s'enfuir s'il devenait soudainement romantique par les mots... Il pouvait encore se permettre de l'être par ses actes.

En tous cas, visiblement, l'aristocrate n'était pas contre, si on en jugeait par les mains qu'il venait de glisser sur ses hanches, le relevant même de la chaise pour l'amener tout contre lui. De nouveau, Remus constata que la bouche du jeune homme était chaude et douce, lui créant toutes de sortes de délicieuses sensations en remuant ne serait-ce qu'un peu contre la sienne.

Et en passant ses bras autour de son cou pour s'y attacher comme lors de leur premier baiser, Remus reconnut les sensations familières et frissonnantes qui le parcouraient à chaque fois qu'ils s'embrassaient. Sa langue glissant contre la sienne et s'amusant à l'amener exactement là où Lucius le désirait... Toutes ces sensations si... douces...

Cependant, son corps finit malheureusement par céder, supportant trop de fatigue et d'émotions depuis bien trop longtemps pour pouvoir continuer à tout encaisser.

- Wow... Est-ce que ça va ? Tu tiens à peine sur tes jambes, on dirait...

- Je suis désolé... Pardon... Murmura le jeune homme, mortifié de s'écrouler avec aussi peu de retenue contre le torse du blond.

- Remus... Ce n'est pas un reproche. Pourquoi est-ce que tu t'excuses ? Tu commences à m'inquiéter...

- C'est juste que... que j'ai voulu tenir ma promesse... mais je suis trop fatigué... alors je... je pourrai pas coucher avec toi... pas ce soir... désolé...

Cette fois, ses mots étaient emplis de remords et de regrets. Et ces sentiments lui serrèrent le cœur quand il constata que Lucius gardait le silence, son regard devenu entièrement absent. Peut-être regrettait-il sa venue finalement, maintenant qu'il venait d'avouer qu'ils ne coucheraient pas ensemble ce soir... Après tout, le Serpentard devait espérer tout autre chose le jour où il lui avait donné le mot de passe de sa chambre.

Et s'il l'avait déçu... Peut-être que Remus ferait mieux de partir et de ne revenir que lorsqu'il serait à nouveau capable d'au moins lui offrir son corps...

Sauf qu'à peine songea-t-il à rejoindre son dortoir que les bras du blond passèrent derrière ses épaules et ses jambes, le soulevant du sol pour venir le déposer sur le lit. Et si Remus rougit un peu face à cette surprenante attention, il paniqua en réalisant que Lucius entreprenait désormais de le déshabiller, ses mains commençant déjà à dénouer sa cravate rouge et or.

- Lucius... N-Non... J'ai dit...

- J'ai parfaitement compris, idiot. Je pensais que tu avais retenu la leçon, je n'ai pas pour habitude de violer les loques qui passent me voir alors qu'elles devraient gentiment se reposer dans leur dortoir... Alors détends-toi et dors. Je vais juste te mettre au lit, imbécile.

Non sans noter que Lucius avait décidément pris l'habitude de l'insulter lorsqu'ils étaient seuls tous les deux, Remus finit tout de même par obéir au jeune homme en se laissant choir sur les délicats draps en soie, fermant doucement les yeux mais ses muscles refusant cependant de se décrisper. Après tout, se détendre alors que les doigts fins parcouraient son corps, effleurant délicatement sa peau à chaque fois que le blond lui enlevait le moindre morceau de tissu, était impossible...

Et il ne put s'empêcher d'être parcouru d'un frisson quand Lucius retraça du bout des doigts les cicatrices sur son torse, remontant lentement vers...

- Cette cicatrice... Elle n'était pas là... avant...

...son épaule.

Le cœur battant à toute allure en réalisant que le jeune homme risquait de lui demander des explications sur l'apparition de cette toute nouvelle cicatrice, Remus se mit aussitôt à prier Merlin et tous les grands sorciers de l'histoire de sa connaissance pour que Lucius s'imagine qu'il était déjà endormi, fermant désespérément les yeux et s'interdisant de bouger d'un pouce... Et par chance, il sentit rapidement le blond s'étendre à ses côtés, remontant la couverture avant de l'enlacer.

- Je vois... Alors dans ce cas... Bonne nuit, Rem'...

Par chance, comme Lucius venait de passer ses bras autour de lui, sa tête était désormais plongée dans le cou du blond et ce dernier ne pouvait donc pas voir l'expression de son visage changer à ces mots. Alors quand Remus inspira silencieusement la délicate odeur de menthe et de savon émanant du jeune homme, il s'autorisa à un sourire un petit peu niais...

Rem'...


Au petit matin, un rayon de lumière traversait toujours la vitre de la fenêtre.

Lucius le savait, bien sûr. C'était sa chambre après tout. Sauf que ce n'était pas du tout le cas de... euh... en fait si, c'était aussi le cas de Remus désormais, puisque celui-ci s'était déjà réveillé dans le lit et surtout entre les bras du blond.

Décidément, ses résolutions n'avaient pas fait long feu. Dire qu'il s'était persuadé qu'il ne ferait qu'une seule incartade à sa digne ligne de conduite... Qu'une erreur était pardonnable s'il ne la réitérait pas une seconde fois... Parce que c'était sans doute une erreur, malheureusement.

Pourtant, comment pouvait-il résister à la tentation et croire que leur relation était malsaine quand ce regard gris le regardait aussi intensément chaque matin ?

- Salut.

- Salut...

- ...

- ...

Cette fois, les deux jeunes hommes se souriaient franchement, à la fois amusés et embarrassés par cette situation. Ce silence gêné entre eux à chaque fois qu'ils se réveillaient tendrement enlacés... Si Remus avait le droit à un souhait à ce moment-là, sans doute aurait-il fait celui de pouvoir revivre cet instant chaque matin. Au moins jusqu'à la fin de leur scolarité. Jusqu'à ce qu'ils soient repérés par quelqu'un. Jusqu'à... demain peut-être.

Et même s'il refusait d'y penser pour l'instant, Remus était tout de même heureux de pouvoir garder de tels souvenirs. Ce serait peut-être douloureux à l'avenir... Mais pour l'instant, il ne se lassait pas de profiter de la tendresse de Lucius et de partager avec lui ces quelques instants à deux.

- Ca va mieux maintenant ?

- O-Oui... Merci de m'avoir laissé dormir ici...

- Je n'avais pas l'intention de te laisser t'évanouir juste devant ma porte. Même si personne ne peut la voir, ça aurait fait un peu tâche...

Lucius souriait, semblant vouloir lui assurer qu'il ne s'agissait que d'une plaisanterie. Néanmoins, Remus y vit presque une invitation à le questionner à ce sujet.

- Apparemment, tu caches plutôt bien son emplacement, c'est sûr. Toutes les filles cherchent à la localiser, tu sais ? Certains pensent même que tu caches des tas de trucs honteux à l'intérieur...

- Tsss, bien sûr que non... C'est juste que j'aime la tranquillité de cette pièce. Alors c'est normal que je ne fasse pas entrer n'importe qui.

- Pourtant... Je suis là, moi.

- D'accord mais toi c'est... enfin c'est... Tu ne me déranges pas.

En l'entendant marmonner cette toute dernière phrase à toute vitesse, comme inquiet de son effet et de son importance, Remus fut cette fois certain que Lucius n'avait pas autant l'habitude qu'il l'avait redouté de se trouver des amants pour la nuit qu'il se l'imaginait. Sinon, ses mots auraient probablement été plus charmeurs et assurés. Mais étrangement, ce fut plus rassurant pour le châtain de constater que c'était bien loin d'être le cas et que la gêne et l'hésitation étaient partagées.

Peut-être dans l'espoir que tout soit réel et pas le simple jeu d'un séducteur. Même si à bien y penser, entre eux, il n'y avait aucun espoir dans la durée. Que Remus le souhaite ou non, ce n'était que temporaire.

Le temps que quelqu'un l'apprenne, les méprise et les dénonce, amenant à ce que ce lien déjà si mince entre eux vienne à se rompre définitivement...

Mais tandis Remus partageait son sourire, la main du Serpentard retraçait déjà la cicatrice que la dernière pleine lune avait laissée sur son épaule, atténuant un peu la douceur du moment. Surtout lorsque Lucius posa la question fatidique qu'il avait désespérément tenté d'éviter la veille...

- Tu semblais vraiment épuisé hier soir... Et cette cicatrice... Est-ce qu'on a essayé de te faire du mal ?

- N-Non... O-On ne m'a rien fait... J'étais juste un peu fatigué, c'est tout...

- Pourtant, on dirait qu'on t'a enfoncé quelque chose de tranchant ici... Tu n'as pas pu te faire ça tout seul... Alors... aide-moi à comprendre...

Oh... Merlin...

Au regard perçant de Lucius, celui-ci était persuadé que quelqu'un lui avait fait du mal et qu'il allait réussir à lui faire cracher le morceau.

Et une chose était sûre, ce n'était pas bon du tout pour le loup-garou que le blond insiste ainsi pour connaître la cause de ses blessures. Il était hors de question qu'il confie sa... sa condition à qui que ce soit. Surtout pas à Lucius. Surtout pas maintenant ! Il ne tenait absolument pas à être jeté de son lit ou même voir le dégoût et la honte dans les yeux pour l'instant si doux du jeune homme.

Hors de question de lui avouer qu'il avait fait l'amour à un monstre.

- Je... Je t'assure que personne ne me fait de mal, Lucius...

- Dans ce cas, tu n'as aucun problème à m'expliquer pourquoi ton corps est strié de cicatrices, dont plusieurs viennent tout juste d'apparaître.

- E-Eh bien... Je les ais depuis longtemps, en fait... J'étais maladroit étant enfant et... T-Tu as juste dû oublier celles-ci m-mais...

- ...Est-ce que c'est l'un de tes amis ? Black ?

Le nom de Sirius avait été craché avec un certain dégoût et Remus réagit au quart de tour à l'évocation de ses amis, choqué que Lucius ose les soupçonner.

- Quoi ? Mais non ! Jamais ! Mais je t'interdis de dire ça ! Ce sont les meilleurs amis que j'ai jamais eus, tu n'as même pas idée de tout ce qu'ils ont fait pour moi ! Ils ne me feront jamais de mal ! Jamais !

Pour le coup, le loup-garou avait réussi à surprendre Lucius en beauté. D'ailleurs celui-ci ne semblait même pas vouloir faire l'effort de le cacher.

Il faut dire que Remus n'avait pas pour habitude de hausser la voix pour rien et ceux qui ne le connaissaient que de loin ne pouvait l'imaginer en colère. D'ailleurs même avec l'habitude, Sirius et James restaient toujours impressionnés lorsqu'il s'énervait. Alors évidemment, comme Lucius n'avait pas été prévenu à l'avance que le timide Remus pouvait parfois se transformer avec la colère ou le choc...

- Wow...

...Il y avait de quoi être un peu sonné.

- Euh... Désolé. Je sais que j'y vais un peu fort m-mais... je tiens beaucoup à eux et... tu vois...

- Oui. Je vois. Donc ce n'est pas eux... selon toi.

- Ce n'est pas eux, point barre. Il n'y a même pas à en discuter plus longtemps.

Mais même si Remus paraissait assez autoritaire pour que Lucius réalise qu'il était plus sage pour lui de se taire bien sagement, le Serpentard n'était pas pour autant entièrement convaincu. La plaie sous ses doigts semblait à peine commencer à cicatriser, comme si elle avait été provoquée il y a très peu de temps. Est-ce que ses amis avaient appris la nature de leur relation et avaient décidé le lyncher ? Après tout, ils passaient bien leurs nerfs sur Severus, tout était possible...

D'ailleurs, si le châtain était venu le rejoindre dans un tel état, c'était peut-être parce qu'il craignait de repasser par le dortoir qu'il partageait avec les trois autres. Même si Remus les défendait bec et ongle, semblant de toute façon incapable d'émettre la moindre critique les concernant, c'était une hypothèse à envisager.

Et comme cette idée lui était particulièrement blessante et désagréable, Lucius passa outre les mots de Remus qui auraient pourtant dû clore ce sujet.

- Est-ce qu'ils savent pour... nous ?

- Lucius... Non, ils ne sont pas au courant. Et même s'ils l'étaient, ils ne me passeraient pas à tabac pour ça.

- Pourtant, ils ne se sont jamais gênés pour s'attaquer à Severus...

Touché.

Remus baissait désormais les yeux, sachant parfaitement qu'il ne pouvait contester ce fait.

Après tout, lui-même n'avait jamais su les calmer concernant le Serpentard aux cheveux gras, devant se contenter d'être un témoin parmi tant d'autres des scènes d'humiliation qu'ils faisaient subir à ce dernier. Non pas qu'ils l'agressaient physiquement, seulement le désir de l'humilier était présent dans chacun de leurs gestes... Bien sûr, il se sentait coupable de ne pas savoir les cadrer et de ne pas être capable d'insister davantage... mais il n'y pouvait rien.

Ses amis étaient à la fois sa plus grande force et sa plus grande faiblesse.

- Ils ne se rendent pas compte de ce qu'ils lui font subir... Je sais que ça ne justifie rien mais... ils ne sont ainsi qu'avec lui...

- Remus, promets-moi juste de faire attention, d'accord ? Et s'ils te demandent de choisir entre eux et moi...

- Mais arrête ! Jamais ils ne feront une chose pareille !

- D'accord, d'accord. Mais s'ils le font... ne te sens pas obligé de me choisir. Tu serais malheureux sans eux... et ce n'est pas ce que je veux.

Si Remus avait encore l'envie de lui hurler que ses meilleurs amis ne seraient en aucun cas violent, encore moins s'il était un jour concerné, le regard inquiet et même un peu douloureux de Lucius le stoppa immédiatement dans son élan. Quoi qu'il décide de lui répondre, le jeune homme ne changerait probablement pas d'avis... mis à part s'il lui exposait toute la vérité, bien entendu.

Seulement, ce n'était pas une option.

- Les cours ne vont pas tarder à commencer... On devrait peut-être commencer à se rhabiller...

- On a encore du temps devant nous avant de devoir y aller... S'il te plaît, Remus. Si tu me promets de faire attention à toi... Je te jure que j'attendrais que tu me fasses assez confiance pour me confier tes problèmes de toi-même.

- Mais je te fais confiance ! Je t'assure ! C'est juste... une situation tellement compliquée... Mais je te jure que tout ira bien pour moi. D'accord ?

- Mmh...

Et bien que Lucius semblait encore assez inquiet d'être mis à l'écart de ses problèmes et de ne pouvoir aider son désormais amant-plus-que-potentiel, Remus entreprit soigneusement de le rassurer grâce à de nombreux baisers et quelques mots doux glissés au creux de l'oreille...


Assis juste au coin des escaliers et tournant sa baguette entre ses mains sans la moindre once d'enthousiasme ou d'amusement, le brun savait qu'il offrait un tableau assez pathétique aux rares passants qui filaient de toute façon sans lui adresser le moindre retard jusque la Grande Salle. Ses propres amis l'attendaient certainement encore là-bas mais il était hors de question qu'il les rejoigne, du moins pas tout seul.

Et ça même si se confronter à la réalité risquait d'être douloureux s'il voyait ses soupçons se justifier juste devant ses yeux...

Redressant la tête en entendant des bruits de pas empressés claquer sur les pavés, il ne tarda pas à apercevoir cette silhouette qu'il avait espéré avec tant d'impatience et d'anxiété se dessiner dans le couloir, l'obligeant à se relever de sa marche d'escalier à regret. Déjà son cœur battait à toute vitesse et ses yeux le scrutaient pour tenter de savoir si le jeune homme était suivi ou non.

Mais même si celui-ci ne semblait pas accompagné par qui que ce soit, son cœur se compressait déjà dans le plus atroce des étaux en l'observant s'avancer vers lui.

Remus avait l'air tellement heureux... Peut-être était-ce aussi parce qu'il se croyait sans doute encore seul et parce qu'il était simplement trop pris par ses pensées, seulement son ami se consumait déjà de jalousie à la seule vue d'un bonheur aussi éclatant. Aucun doute, Remus était amoureux. Et cette nuit, il ne l'avait pas passé tranquillement dans son lit comme Peter et Sirius se l'imaginaient sûrement encore naïvement...

- James...

Ah, enfin. Notre cher tourtereau venait finalement de prendre conscience que le couloir n'était pas aussi désert qu'il le devrait. Vu l'heure, les deux gryffons seraient très certainement en retard s'ils voulaient encore rejoindre Peter et Sirius mais aucun des deux ne risquaient de s'en préoccuper pour l'instant. James venait de réajuster ses atroces lunettes rondes sur son nez, comme à chaque fois qu'il était embarrassé, fixant désormais son - ex ? - meilleur ami droit dans les yeux.

Un ami qui semblait profondément intimidé par l'air grave et silencieux qui n'était présent chez James que lors de moments graves... très graves.

- Remus, je sais tout... et je crois qu'on devrait sérieusement en discuter, tous les deux. Maintenant. Si possible.

Et bien sûr, sans surprise, Remus pâlit.