Cela faisait une journée et demie que Merlin avait eu son accès de désespoir. Depuis, il s'était ressaisi, mais n'avait pu profiter d'aucune occasion pour s'échapper. Les Southrons menaient le jeu d'une main de fer, et Merlin n'arrivait pas à penser à un plan sans se retrouver très vite coincé. Il ne pouvait pas s'enfuir pendant la nuit, à cause de la masse de cordes qui l'entravait, et ne pouvait risquer de faire trois pas le jour sans se retrouver à nouveau pris au piège.

Bard trouvait à chaque fois un prétexte pour le frapper, si bien que le magicien était couvert de bleus. Son nez qui avait saigné le premier soir ne représentait rien face à maintenant : il avait le visage entièrement tuméfié, c'était un miracle qu'il arrive encore à voir correctement, ses vêtements étaient inondés de sang et ses côtes lui faisaient un mal de chien – c'était un des endroits préférés du Southron, parce qu'il pouvait observer sa victime se plier en deux sous la douleur.

La rancœur de Merlin envers lui ne fit que grandir, tant et si bien qu'il finit par maudire l'homme tout au long de la journée, souhaitant par-dessus tout avoir ses pouvoirs pour lui faire payer. Il fusillait la poupée vaudou du regard, c'était l'objet de tous ses malheurs. S'il avait pu s'en débarrasser, ô combien ces Southrons le regretteraient ! Mais il devait se contenter d'attendre, de ruminer sa colère, et d'essayer d'être le plus en forme possible pour affronter Morgane.

Il espérait que la jeune femme commettrait une erreur qui lui permettrait de s'en sortir. C'était un espoir insensé, mais c'était ce qui lui permettait de ne pas sombrer dans la folie en songeant à ce qui l'attendait et ce que ceux à qui il tenait devraient faire face par la suite.

Merlin ne dormait pas des nuits, et les Southrons ne lui donnaient que deux ou trois gorgées d'eau à boire par jour et pas de nourriture. Si on ajoutait les températures extrêmes qui s'étaient considérablement refroidies, surtout depuis qu'ils avaient pénétré dans les terres d'Odin – Merlin ne reconnaissait pas le paysage, c'était ce qui lui avait permis de déduire qu'ils n'étaient plus dans Camelot – et qu'ils s'y enfonçaient, on pouvait dire que le magicien n'était pas en très grande forme.

Peu avant midi, de ce que Merlin pouvait en juger, il sentit un frisson lui parcourir l'échine. Il en avait souvent, ces jours-ci, mais celui-ci était plus intense que les autres. Le magicien sentit un regard peser sur lui, et releva la tête pour scruter les environs. Il était presque sûr que ce n'était pas le regard de Bard. Mais tenter de repérer quelqu'un alors qu'on était secoué sur un cheval au galop et que relever la tête causait une douleur énorme. Merlin observa le plus attentivement possible chaque arbre devant lui, espérant que la présence dont il sentait le regard serait de ce côté du cheval et pas de l'autre.

Enfin, le jeune homme repéra quelqu'un. Un homme dans la quarantaine, accroupi derrière un arbre, presque invisible. Il portait une longue robe de la couleur des arbres et des feuilles, lui permettant de se dissimuler très efficacement. Merlin reconnut cet habit typique : un druide ! Si seulement il pouvait communiquer avec lui ! Le druide, quant à lui, le regardait passer avec une expression proche de l'ahurissement, ce qui poussa Merlin à croire qu'il le reconnaissait comme étant Emrys. La situation n'était peut-être pas aussi désespérée qu'il le croyait !

Mais le druide ne fit rien, se contentant d'observer Merlin jusqu'à ce que le magicien soit hors de son champ de vision, toujours avec cette même expression. Alors, Merlin laissa retomber sa tête, frémissant à la douleur provoquée, et ne la releva pas.

Le midi comme le soir, il n'eut pas envie d'affronter les Southrons du regard, et se laissa faire sans opposer aucune résistance, même lorsque Bard commença son rituel et qu'il se retrouva avec de nouveaux bleus à ajouter à sa collection déjà impressionnante.

Merlin était complètement abattu : si même les druides ne l'aidaient pas, alors qu'il était un des personnages centraux de leurs prophéties, que lui restait-il ? Est-ce qu'Arthur s'était au moins lancé à sa poursuite ? Le magicien commençait à en douter, au vu de la situation.

oOoOo

Le druide avait trente-cinq ans, la peau mate, les cheveux châtain foncé et les yeux verts foncés. Il s'appelait Ishlar, et était une des sentinelles de son clan, car il était un des plus rapides et avait une des meilleures ouïes de tous les druides du clan. En général, il ne se laissait pas surprendre par grand-chose mais quand il avait vu Emrys, couché en travers d'un cheval, passer, il en était resté abasourdi pendant plusieurs minutes. Emrys était censé être à Camelot, où il protégeait le Roi Présent et à Venir des attaques meurtrières tout en le préparant à unifier Albion et à accepter la magie.

Et là, Ishlar le voyait, pieds et mains liés, bâillonné, tuméfié de partout et le regardant d'un air suppliant. Le druide l'avait regardé dans les yeux, cherchant à confirmer que c'était bien Emrys devant lui, et pas simplement un magicien quelconque. Il en avait eu la certitude, lorsqu'il sentit la présence magique du garçon, qui ne s'atténua que très peu avec la distance.

Une autre question lui était apparue peu après qu'Emrys ait disparu de son champ de vision : pourquoi le plus grand sorcier de tous les temps ne faisait-il pas usage de ses pouvoirs ? Il n'était en présence de personne susceptible de le reconnaître comme étant magicien – personne de vivant à Camelot, en tout cas – alors rien n'aurait dû l'en empêcher.

Ishlar laissa cette question de côté si Emrys n'utilisait pas ses pouvoirs magiques, c'était qu'il y avait une bonne raison. A la place, il réfléchit et décida d'agir pour aider le magicien. Il savait par des observateurs proches de Camelot que le roi était très proche de son serviteur, et si c'était le cas, alors il se serait lancé à sa poursuite. Du moins, il l'espérait. Le druide contacta le chef du clan en pensée, pour l'informer de son départ.

« Terrym, je dois m'absenter pendant quelques jours, dit-il. »

« Très bien. Quelque chose de grave ? demanda une voix grave qu'il reconnut comme étant celle de Terrym, son chef. »

« Peut-être. J'y risque ma vie. »

« Sois prudent, recommanda Terrym. »

Ishlar le remercia avant de rompre le lien mental. Puis il se mit en route vers la direction d'où venaient Emrys et les cinq hommes qui l'emmenaient, vers le sud. S'il marchait d'un bon pas et que le roi s'était mis à la recherche du magicien, il pouvait espérer le rencontrer avant la fin de la journée.

oOoOo

Arthur, accroupi sur le sol, tenant les rênes de son cheval, observait les traces. Malgré tous leurs efforts, il était évident que les ravisseurs gagnaient de l'avance sur eux : les empreintes, moins marquées qu'au début du voyage, indiquaient qu'ils avaient au moins quelques heures d'avance sur eux. A cause de cela, le roi enrageait. Le but était de rattraper Merlin, pas de faire en sorte qu'il s'éloigne !

On était au beau milieu de l'après-midi, les traces devenaient de moins en moins visibles à cause de la luminosité décroissante, et ils devraient bientôt s'arrêter plutôt que risquer de suivre une mauvaise route. Et pendant ce temps, les hommes prendraient encore de l'avance sur eux, réduisant les chances que les chevaliers avaient de les rattraper. Mais ce n'était pas la seule chose qui inquiétait Arthur : depuis le début de la journée, des traces de loups suivaient celles qu'ils pistaient, bien que les empreintes de l'animal soient plus fraîches. A en juger par la taille des empreintes, le loup était énorme, peut-être un des plus gros de son espèce.

Entendant soudain des bruits de pas, Arthur se releva tout en posant la main droite sur le pommeau de son épée. Ils étaient dans les terres d'Odin maintenant, et une patrouille pouvait surgir à tout moment pour tenter de les tuer. Les quatre chevaliers et le roi avaient donc redoublé de vigilance tout en continuant de s'arrêter régulièrement pour chercher les traces.

Arthur fronça les sourcils devant l'homme qui se tenait devant lui : brun, bronzé et grand, il arborait la robe particulière des druides. Aussitôt qu'il la reconnut, le roi tira son épée, méfiant. Les druides étaient pacifiques, mais celui-ci faisait peut-être exception à la règle. S'il décidait d'utiliser sa magie, il serait mort avant d'avoir pu prononcer un mot.

- Paix, Arthur Pendragon, dit l'inconnu en levant les mains en signe de reddition. Je me nomme Ishlar, porteur de nouvelles quant à votre serviteur.

- Merlin ? fit Arthur, surpris. Qu'est-ce que vous savez sur lui ? continua-t-il en pointant son épée sur le druide.

Ishlar fronça les sourcils un instant, décontenancé. Il ne connaissait pas le vrai nom d'Emrys, il savait seulement qu'il était serviteur à Camelot, et dut supposer que le roi parlait de la même personne. Les autres chevaliers, en entendant ce nom, s'étaient rassemblés autour d'Arthur.

-Baissez votre épée, je ne vous veux aucun mal. J'ai croisé votre serviteur il y a quelques heures, mené par cinq hommes, pieds et mains liés et bâillonné.

Ce fut au tour d'Arthur de froncer les sourcils : pourquoi Merlin était-il bâillonné ? Si ses ravisseurs voulaient des informations sur Camelot, comme il le pensait, ça n'avait aucun sens !

- Qui me dit que vous dites la vérité ? demanda Arthur. Pourquoi n'êtes-vous pas intervenu ?

- Je vous en donne ma parole, comme vous avez juré sur votre honneur de respecter le peuple des druides il y a plusieurs mois. Si vous le souhaitez, je peux vous rapprocher de votre serviteur et vous faire gagner un temps précieux, répondit Ishlar. Je n'ai pas eu le temps d'intervenir, ils étaient déjà hors de ma vue quand j'ai reconnu votre serviteur.

Ishlar avait joué carte sur table en rappelant au jeune roi le serment qu'il avait fait devant un des enfants druides persécutés pendant la Grande Purge. « Je jure que le peuple druide sera respecté avec tout le respect qu'il mérite » avait déclaré Arthur. Le serment avait parcouru tous les clans des druides, aucun n'ignorait ce que le roi avait promis ce jour-là.

- Très bien, fit Arthur, j'accepte. Prenez mon cheval. Mais je vous préviens, continua-t-il en brandissant son épée une dernière fois, si jamais vous nous avez menti, vous le paierez de votre vie.

Ishlar inclina la tête à la menace, puis saisit les rênes qu'Arthur lui tendait. Le druide caressa ensuite le cheval sur le chanfrein, afin que l'animal l'accepte. Une fois cela fait, il monta en selle, et regarda derrière lui pour voir qu'Arthur s'était mis en croupe derrière un chevalier aux cheveux blonds bouclés. Ishlar lança sa monture au galop, guidant les chevaliers tout d'abord grâce au chemin qu'il venait d'emprunter, puis en cherchant la faible présence magique d'Emrys, ce qui leur permit de ne s'arrêter qu'une fois que la nuit fut entièrement tombée.

Le druide sauta du cheval et se tourna vers Arthur :

- Vous me retrouverez demain dès que l'aube se leva, dit-il. Je ne passe pas la nuit avec vous.

Arthur accepta d'un hochement de tête, il comprenait cela : Ishlar se méfiait. Le roi était satisfait : grâce au druide, ils avaient probablement gagné du terrain, puisqu'ils n'étaient plus obligés de chercher les traces. Il espérait juste qu'Ishlar ne les menait pas dans une mauvaise direction.

Le lendemain, ils repartirent de la même façon.

oOoOo

Merlin n'avait pas pu résister à quelques heures de sommeil malgré lui. Lorsqu'il se réveillé, la première chose qu'il sentit fut que les cordes qui le maintenaient à l'arbre étaient beaucoup moins serrées. Mieux, lorsqu'il ouvrit les yeux, il réalisa qu'elles n'étaient plus attachées du tout, elles pendaient mollement sur ses jambes ! Ses mains étaient également détachées, mais ses pieds ne l'étaient pas.

Prudent, Merlin jeta un œil aux Southrons, qui dormaient à poings fermés. Rassuré, il ôta son bâillon, détacha ses pieds et se dépêcha d'arracher la poupée vaudou de sa ceinture. S'il s'éloignait suffisamment, il aurait à nouveau ses pouvoirs !

Le magicien vit alors un chemin tracé à travers les arbres, un chemin que seuls des sorciers pouvaient voir. Il le suivit, et déboucha au milieu d'une clairière, où un homme se tenait en plein milieu. En plissant les yeux, Merlin le reconnut : Gilli ! Le jeune homme se rua vers son ami pour le serrer dans ses bras.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Merlin.

- Je rendais visite à de la famille quand je t'ai vu. Je ne pouvais pas te laisser comme ça.

Gilli raconta alors à Merlin comment il l'avait aidé. Le jeune homme marchait dans la forêt, en pleine nuit, quand il avait entendu le bruit d'un feu de camp. Prudent, il s'en était approché, et avait vu cinq hommes couchés autour, endormis. En tournant la tête, il avait distingué un autre homme, un peu plus loin, solidement attaché à un arbre. Le malheureux avait eu toute sa compassion, jusqu'à ce qu'il plisse les yeux et le reconnaisse : c'était Merlin ! Le magicien qui l'avait aidé lors du tournoi à Camelot !

Gilli avait alors réfléchi frénétiquement : il ne pouvait pas laisser Merlin là, il ignorait ce que le magicien avait fait, mais en tout cas il ne méritait pas cela. Alors, il avait utilisé ses pouvoirs magiques, pour défaire les cordes qui le maintenaient à l'arbre. Puis il lui avait détaché les mains et, toujours avec l'aide de la magie, avait tracé un chemin que les hommes ne pourraient pas voir.

Il était alors allé se positionner au milieu de la clairière, pour y attendre son ami.

- Je te remercie, Gilli. Grâce à toi, je vais pouvoir rentrer à Camelot ! fit Merlin, heureux.

- Qu'est-ce que ces hommes te voulaient ?

Merlin n'eut pas le temps de répondre qu'ils entendirent des bruits de pas dans la forêt. Se retournant, il vit les cinq Southrons qui se rapprochaient, et se prépara aussitôt à utiliser sa magie en prenant une posture agressive. Ces Southrons allaient payer ce qu'ils lui avaient fait ! Les yeux du magicien se dorèrent de toute leur splendeur, image même de sa furie.

Au même moment, Merlin vit Bard tendre le bras pour jeter quelque chose du coin de l'œil. Il recula instinctivement, cherchant à éviter l'objet qui fusait vers lui, mettant par la même occasion fin au sort qu'il préparait. Les Southrons continuèrent à avancer en cercle. Pendant ce temps, Gilli s'approcha du petit objet qui avait atterri aux pieds de Merlin pour voir si c'était dangereux, tout en gardant à l'œil les cinq hommes qui s'approchaient. Il ne reconnut pas ce que c'était, une espèce de figurine faite de brindilles, tout à fait inoffensive. Alors pourquoi Merlin avait-il reculé ?

Se maudissant de sa réaction, Merlin jeta à nouveau le sort qui lui permettrait de se débarrasser des Southrons. Il n'avait pas vu où l'objet avait atterri, trop occupé par la surveillance de ses ennemis, et s'en moquait. Tout ce qui lui importait était qu'il avait pu l'éviter et qu'il allait éliminer ses adversaires.

Encore une fois, malgré ses yeux qui se dorèrent, rien ne se passa. Gilli fronça les sourcils surpris, et Merlin grogna. Dans le même temps, les cinq Southrons coururent vers eux sans lui laisser le temps de réagir, et l'un d'eux se positionna devant lui. Sans réfléchir, Merlin frappa, réussissant à esquiver grâce au manque de souplesse de son adversaire. Il réussit, même sans ses pouvoirs, à faire en sorte qu'il tombe, et se tournait pour aider Gilli lorsque Bard arriva devant lui et lui envoya son poing dans la figure trop rapidement pour que Merlin l'évite. Le magicien se retrouva sur le sol en quelques secondes, étourdi.

Bard eut alors tout le loisir de ramasser la poupée vaudou qu'il avait lancé sur une impulsion, pour la raccrocher sur la ceinture du garçon.

- Tu pensais vraiment pouvoir nous échapper ? demanda-t-il narquoisement à Merlin.

Le Southron ramena Merlin au camp en le portant et, une fois là, il utilisa les cordes abandonnées pour rattacher le garçon comme avant. Gilli subit le même traitement, et fut jeté en travers d'un autre cheval tandis que Merlin se retrouvait sur celui qui le portait, recouvrant difficilement ses esprits.

Il eut envie de hurler d'horreur, bien que cela lui soit impossible. Il avait eu une occasion de s'enfuir, et s'il n'était pas resté à discuter avec Gilli, s'ils avaient couru, il aurait pu échapper à Morgane ! Et maintenant, plus que son propre sort qui s'était aggravé avec son action, il craignait le sort que la sorcière réserverait à Gilli. Elle ne montrerait aucune pitié.

oOoOo

Le soir même, les Southrons s'arrêtèrent plus tard que d'habitude, ce qui permit à Merlin de deviner qu'ils étaient arrivés à destination. Leur sort allait se décider ce soir, quoiqu'il arrive. Soit Morgane mourrait, soit Merlin mourrait, mais ça ne pouvait plus continuer ainsi. Plus maintenant que Morgane savait qui il était réellement.

Bard le descendit brusquement du cheval, avant de le mettre en travers de son épaule et d'avancer, suivi de ses quatre hommes, dont un qui tenait Gilli de la même façon. Merlin ne vit pas où ils étaient avant que Bard le repose et qu'il soit forcé de s'agenouiller au beau milieu d'une clairière, à même le sol glacé contre lequel il se heurta les genoux.

Merlin entendit des bruits de pas tout autour de lui, et fit une inspection rapide. Une vingtaine de Southrons, plus les cinq qui les avaient amenés là, en tout vingt-cinq hommes et Morgane. Si Gilli l'aidait, il pourrait s'en débarrasser, mais Morgane serait une autre affaire. La Prêtresse s'était sans doute bien préparée pour ce moment.

Merlin releva la tête pour découvrir Morgane juste devant lui. La sorcière souriait narquoisement, fière d'elle. Elle avait enfin réussi à coincer Emrys ! Ce sourire donna à Merlin la chair de poule, bien qu'il se concentrât pour garder un visage impassible. Nul doute que ce qu'elle lui avait réservé était encore pire que ce qu'il avait imaginé.

Mais le magicien vit autre chose, une petite forme blanche, juste à côté de Morgane, et eut un mouvement de recul lorsqu'il la reconnut : Aithusa ! Qu'est-ce que la dragonne faisait avec la Prêtresse ? Aithusa le regarda dans les yeux, l'expression indéchiffrable. Elle se souvenait visiblement de lui.

Morgane attribua le recul de Merlin à sa surprise de voir un dragon vivant, et fut encore plus satisfaite. Son ennemi était entre ses mains, et maintenant elle avait tout le loisir de lui faire souffrir mille maux. Elle n'allait pas se priver.

- Bonjour, Emrys, fit-elle en insistant sur son nom pour se moquer.