Ishlar arrêta son cheval. Arthur et ses chevaliers devaient continuer sans lui à partir d'ici. Ils n'étaient plus très loin de l'endroit où Emrys se trouvait, le druide pouvait le sentir à la présence magique toute proche et de plus en plus forte. Il descendit souplement du cheval avant de tendre les rênes à Arthur, qui descendit à son tour et vint près de lui.

- Vous nous quittez maintenant ? s'étonna le roi.

- Je ne dois pas intervenir dans ce qui va se passer. Continuez tout droit pendant quelques minutes, mais faites attention à ne pas faire de bruit, répondit Ishlar. Réfléchissez bien avant de prendre une décision, Arthur Pendragon.

- Je vous… remercie de votre aide… dit Arthur, un peu désorienté.

Que voulait dire le druide ? Qu'il allait être confronté à un choix difficile ? Ça n'avait aucun sens ! Tout ce qui lui importait pour le moment était de sauver Merlin, et s'il devait tuer ses ravisseurs pour cela, il le ferait sans hésiter.

- Sauvez votre serviteur. A n'importe quel prix. Au revoir, Arthur.

Sur ces mots, le druide s'inclina légèrement et s'éloigna. Il ne connaissait pas Arthur, mais les quelques heures qu'il avait passé en sa compagnie n'avaient pas été désagréable. Il s'était méfié au début, craignant que le roi ou un de ses chevaliers le tue dès qu'il aurait le dos tourné, mais il était évident qu'ils n'en avaient pas l'intention.

Ishlar ignorait ce qui allait se produire, mais il avait le pressentiment que ça allait changer beaucoup de choses. Il regarda Arthur et les autres partir, et attendit jusqu'à ce que le bruit des chevaux s'éloigne avant de se mettre en route. Il ne pouvait pas intervenir dans ce qui allait se passer, comme il l'avait dit à Arthur, mais ça ne l'empêchait pas d'y assister.

Au bout d'une vingtaine de minutes, le druide atteignit une clairière. Prudent, il s'avança doucement en veillant à rester sous le couvert des arbres. La scène qu'il découvrit alors le stupéfia : Emrys, le même garçon qu'il avait vu sur un cheval, était agenouillé au centre de la clairière, maintenu au sol par un homme. A côté de lui se trouvait un garçon qu'il ne connaissait pas, mais ce n'était pas ça qui le surprenait. Devant Emrys, la Grande Prêtresse de l'Ancienne Religion, Morgane Pendragon, se dressait, fière et avec un sourire qui fit courir un frisson le long de la colonne vertébrale d'Ishlar.

Ainsi, Morgane cherchait à éliminer Emrys. Probablement pour pouvoir prendre le trône de Camelot tranquillement. Emrys protégeait le Roi Présent et à Venir, Arthur, il était un obstacle entre elle et ce qu'elle convoitait le plus.

Ishlar distingua alors autre chose : une petite forme blanche, qu'il reconnut comme étant un dragon. Il fronça les sourcils, surpris : qu'est-ce qu'un dragon faisait avec une femme aussi haineuse ? Il ne se posa pas davantage de questions, car il vit sur sa droite un reflet brillant : Arthur et les chevaliers ! Il espéra que le roi ne serait pas assez fou pour s'élancer dans la clairière, la trentaine d'hommes et Morgane le réduiraient en poussière avant qu'il ait eu le temps de faire quoi que ce soit.

oOoOo

Merlin tremblait. Il ignorait si c'était dû à la peur ou au froid, probablement aux deux. Il avait l'impression d'être transformé en glaçon, et le regard que lui jetait Morgane n'arrangeait rien. Un regard à figer quelqu'un sur place, qui effrayait le magicien plus qu'il ne voulait l'admettre. Il se força à se ressaisir : d'accord, Morgane savait qui il était et allait très certainement le faire souffrir atrocement. Mais rien n'était encore perdu.

Merlin respira plus fort, réagissant à la manière dont elle avait prononcé son nom druidique. Elle n'avait pas du tout peur de lui. Il jeta un œil à Aithusa, qui le regardait curieusement et avec une pointe de… d'animosité ? Il n'avait rien fait à la dragonne, pourquoi se montrait-elle si peu accueillante ?

Le magicien décida qu'il s'en occuperait plus tard et reporta son regard sur Morgane. C'était elle, son principal problème, il pouvait arrêter Aithusa grâce à ses pouvoirs de Seigneur des Dragons s'il le fallait. Enfin, encore faudrait-il que quelqu'un lui enlève son bâillon. Pour l'instant, si Aithusa décidait de faire quoi que ce soit, il serait impuissant et devrait la regarder faire.

- On a bien voyagé ? fit Morgane, moqueuse.

Elle savait parfaitement comment s'était déroulé le voyage, il n'y avait qu'à regarder l'état de Merlin pour comprendre : sale, la chemise trempée de sang, grelottant, le visage tuméfié. Merlin plissa le nez et les yeux. Le message était clair : il ferait payer à la sorcière tout cela. Morgane rit, narquoise, et fit signe à Bard, qui maintenant le magicien au sol.

Aussitôt, Bard se pencha derrière Merlin, et défit le nœud qui maintenant le bâillon en place. Il lui fallut un certain temps – il avait beaucoup serré le morceau de tissu – mais le bâillon finit par tomber. Merlin cracha un peu de sang qui le dérangeait depuis le début de l'après-midi.

- On ne peut mieux, articula-t-il, ironique.

Il ne donnerait pas à Morgane ce qu'elle voulait, il ne se plaindrait pas du traitement qu'il avait subi. Ça mettrait la sorcière en position de force, elle le croirait faible. Exactement ce qu'il voulait éviter.

- Dis-moi, Merlin, continua Morgane, comment as-tu réussi à te cacher d'Uther et d'Arthur pendant tout ce temps ? Comment as-tu réussi à faire échouer tous nos plans sans te faire remarquer ? Un idiot maladroit comme toi ne devrait pas en être capable. Et lui, qui est-ce ? demanda-t-elle en désignant Gilli.

- Un garçon qui a tenté d'aider Emrys, répondit Bard avant que Merlin ait eu le temps de parler.

Gilli n'eut pas le loisir de réagir, il était trop perdu par la situation. Merlin ne semblait pas vraiment effrayé par la Prêtresse, du moins par ce qu'il en jugeait. Il répondait à Morgane comme s'ils étaient des connaissances de longue date – ce qui était vrai, à la réflexion. Merlin connaissait Morgane depuis plusieurs années, aussi bien quand elle était gentille que maintenant, après s'être tournée vers la haine.

- Je m'occuperai de lui plus tard, déclara Morgane. J'ai une dernière question, Merlin : ma sœur t'avait piégé avec les scorpions. Comment as-tu réussi à t'échapper ?

Elle n'avait jamais réussi à comprendre comment, et même maintenant qu'elle savait ce que Merlin était, elle ne comprenait toujours pas. La magie ne tenait pas les scorpions éloignés, surtout s'ils se rassemblaient en grand nombre, et de ce que Morgause lui avait dit, ça avait été un des plus grands rassemblements qu'elle avait jamais vu.

Merlin réagit brusquement à cela : il redressa la tête, une lueur dans les yeux. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ?

- Si vous voulez, plutôt que de vous en parler, je peux vous montrer, fit-il, sur un ton de connivence.

Il fallait qu'il manipule Morgane, pour gagner du temps. Son nouveau plan fonctionnerait, mais il avait besoin de quelques minutes pour agir.

- Je t'en prie, répondit la jeune femme, moqueuse.

Elle croyait que Merlin allait tenter d'utiliser la magie, oubliant la poupée vaudou qui l'en empêchait. Il allait se ridiculiser, et elle en jubilait d'avance. Le magicien, lui, souriait d'anticipation : il savait très bien ce que Morgane pensait, et elle allait être surprise. Il allait utiliser quelque chose qui ne nécessitait pas du tout l'emploi de la magie, et qui marcherait à coup sûr.

Merlin rejeta la tête en arrière et hurla vers le ciel. Il faillit s'écrouler aussitôt après, à cause de la douleur que ça lui causa, mais tint bon et regarda à nouveau Morgane, fier. La sorcière rit : pour elle, Merlin venait de tenter d'utiliser ses pouvoirs et avait échoué. Puis tout se passa très vite.

oOoOo

Dans sa grotte, Kilgharrah sursauta : le jeune magicien venait de l'appeler ! Et son appel semblait pressant, comme lorsqu'Arthur ou lui étaient en danger de mort. Plus qu'un appel, ça ressemblait à une supplique.

« J'arrive, jeune magicien, lança-t-il par télépathie. »

Pas de réponse. Etrange. Merlin lui répondait toujours, quand il utilisait ce lien. Le dragon décolla aussitôt, et se dirigea vers l'endroit où il pouvait sentit que le magicien était, loin de Camelot, vers le nord. Que faisait-il là-bas ? Il était proche de la grotte, c'était un avantage, il arriverait rapidement, en quelques minutes.

oOoOo

Aithusa rugit et se dressa sur ses pattes arrière. Elle avait reconnu le langage des Seigneurs des Dragons : Merlin venait d'appeler le Grand Dragon ! Mais elle n'eut pas le temps de prévenir Morgane.

Un grand loup jaillit hors du bois en grognant, se ruant vers le centre de la clairière et bousculant Bard au passage, qui perdit l'équilibre. Merlin en profita pour se remettre tant bien que mal sur ses pieds, imité par Gilli. Le loup se campa devant Merlin, les poils hérissés et les crocs dévoilés. Il n'était pas de taille face à un dragon, même un dragonneau comme Aithusa, mais il ne semblait pas avoir peur.

Voyant cela, la vingtaine de Southrons autour de la clairière se rapprocha jusqu'à former un cercle serré et compact, chacun hurlant le plus possible pour faire partir le loup et l'effrayer. Le loup perdit un peu de sa hargne et baissa son grognement, mais ne recula pas pour autant. Il affronterait ces hommes et ce dragon, même s'il devait y mourir.

Il reprit de plus belle et fit reculer légèrement Aithusa, qui n'était pas certaine quant à la conduite à adopter. Elle n'avait pas peur du loup, mais il avait quelque chose d'étrange. Il n'aurait même pas dû se ruer ainsi au centre de la clairière, les loups évitaient le contact des hommes, encore plus celui des dragons. Toute l'attention de la dragonne était sur cet animal agressif, elle ne pensait plus du tout à Morgane ou à Merlin. Elle décida d'affronter le loup, et rugit pour lui faire peur.

Au même moment, un autre rugissement monta du ciel, beaucoup plus fort et beaucoup plus sauvage. Tout le monde s'arrêta et leva les yeux pour voir un énorme dragon de couleur marron doré fondre sur eux. Les bruits de son arrivée avaient été masqués par les cris des Southrons. Seul Merlin l'avait entendu, et soupira de soulagement. La situation allait forcément s'arranger maintenant, Morgane n'oserait pas affronter Kilgharrah.

La jeune femme avait reculé de surprise. Ce dragon, Arthur lui avait raconté qu'il l'avait tué lorsqu'elle était revenue à Camelot, alors que faisait-il là ? Il ne s'agissait pas d'un fantôme, son rugissement était bien trop réel pour ça. Mais pourquoi se montrait-il maintenant ? Et pourquoi décidait-il d'intervenir dans ce qui se passait ?

Kilgharrah était fier de son effet : il avait réussi à faire s'éparpiller la masse d'hommes assemblés dans la clairière, ne laissant au centre que Merlin, la sorcière, un garçon, un loup et… Aithusa ? Mais qu'est-ce qu'Aithusa faisait ici ? Le dragon décida de s'en inquiéter plus tard. Il savait maintenant pourquoi le jeune magicien l'avait appelé avec une telle hâte, la sorcière l'avait capturé ! Continuant son plongeon, il se posa lourdement derrière Merlin, la clairière étant heureusement assez grande pour le lui permettre.

Aussitôt, il vit ce qui empêchait le magicien d'agir contre la sorcière, il avait les mains attachées dans le dos et les pieds attachés ! Kilgharrah s'empressa de l'aider, utilisant une de ses serres pour trancher les cordes. Merlin, ayant tourné la tête pour voir ce que le dragon faisait, pria pour qu'il ne lui tranche pas une main en même temps. Mais le dragon fit attention, et aussitôt que Merlin sentit ses mains libérées, il décrocha sa ceinture pour attraper la poupée vaudou et la jeter le plus loin possible. Dans sa fureur, la poupée atterrit bien au-delà des arbres délimitant la clairière, nul doute qu'elle était suffisamment loin pour lui permettre d'utiliser ses pouvoirs.

Merlin sursauta en voyant passer la tête de Kilgharrah juste à côté de lui. Le dragon avait traité les cordes de Gilli de la même façon que les siennes, et avait baissé le cou pour être au niveau des yeux des humains. Kilgharrah plaça sa tête juste devant Morgane, dont les yeux avaient commencé à briller d'or, probablement dans une tentative pour tuer Merlin avant qu'il n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit, et rugit encore plus fort qu'avant, la gueule grande ouverte sans pour autant cracher de feu. Merlin comprit que le dragon le laissait décider de ce qu'il voulait faire à Morgane.

Merlin tourna la tête vers Gilli qui, d'un accord tacite, se prépara à utiliser ses pouvoirs contre les quelques Southrons encore présents. Les autres avaient pris leurs jambes à leur cou, soit quand Kilgharrah s'était posé, soit il y a quelques instants quand il avait rugi pour la seconde fois.

Le magicien, quant à lui, contourna l'énorme tête du dragon, qui ne semblait pas vouloir bouger d'où il était, pour se positionner devant Morgane, dont les yeux ne brillaient plus. Le dragon l'avait suffisamment surprise pour qu'elle oublie momentanément son sort, mais cela ne durerait pas. En effet, comme il l'avait prévu, quelques secondes plus tard, elle dirigea un sort mortel contre lui, sans aucune incantations puisque ses pouvoirs étaient actuellement guidés par ses émotions. Merlin le vit venir, et leva la main pour le contrer :

- Gesclidan !

La barrière formée par le magicien n'était pas visible, mais il savait qu'elle avait fonctionné. Sans perdre de temps, Merlin contre-attaqua pour prendre l'avantage.

- Astrice !

L'explosion de pouvoir frappa Morgane, qui n'eut pas le temps de créer une barrière, les yeux de Merlin brûlant de tout leur feu. Morgane cria et vola à l'autre bout de la clairière, restant un instant étendue au sol avant de se relever. Elle ne riposta pas tout de suite, comme si elle réfléchissait au meilleur moyen de le faire. Elle avait apparemment compris qu'attaquer Emrys de front n'était pas une bonne idée. Ses yeux se dorèrent à nouveau brièvement sans qu'aucun sort n'arrive, rien ne se passa. Merlin, s'attendant à ce qu'elle réplique par quelque chose d'aussi puissant que ce que lui avait lancé, en resta abasourdi : est-ce que Morgane abandonnait le combat ? Il n'eut pas de réponse à sa question, car la sorcière disparut dans un nuage de poussière, un rictus sur les lèvres.

Merlin entendit plusieurs hommes crier et se tourna pour voir les derniers Southrons voler dans les airs, bien que moins loin que Morgane. Ils retombèrent à quelques mètres de l'endroit où ils s'étaient tenus, assommés par le choc du sort lancé par Gilli. Le jeune homme sourit et se redressa, pâle. Il utilisait rarement une magie aussi puissante en si peu de temps.

Un grognement à sa gauche surprit le magicien, qui se tourna à nouveau, cette fois pour voir un affrontement d'un tout autre genre. Kilgharrah avait déplacé sa tête et regardait maintenant Aithusa, si petite qu'elle faisait à peine la taille de son museau. Il grognait, un grognement d'avertissement et de mécontentement, adressé à la petite dragonne. Le loup, quant à lui, observait la scène sans bouger un poil, ne semblant pas le moins du monde effrayé par la grosse tête du dragon qui se trouvait à moins d'un mètre de lui. Aithusa avait courbé l'échine et semblait misérable, il était clair que Kilgharrah lui faisait des reproches.

Le Grand Dragon ne comprenait pas ce qu'Aithusa faisait avec la sorcière. Il ne l'avait pas revue depuis plusieurs mois, et supposait qu'elle parcourait le monde pour s'instruire. Mais là, en découvrant qu'elle s'était alliée à celle qui voulait la mort d'Emrys et la destruction de Camelot, il avait été profondément déçu. Bien sûr, la dragonne ne connaissait pas la prophétie, elle était encore trop jeune pour qu'il lui en ait parlé. Mais les dragons étaient capables de sentir l'essence même d'une personne, et tout ce que Kilgharrah sentait de Morgane était de la haine, de la fureur et un désir de vengeance. Aithusa devait sentir cela aussi, et devrait donc éviter Morgane plutôt que s'allier à elle.

Aithusa redressa soudain la tête et rugit, bien que celui-ci couvrit à peine le grognement sourd de Kilgharrah. Elle avait pris sa décision : elle allait rester avec Morgane, que ça plaise à l'autre dragon ou non. Elle voulait aider son amie humaine, pour qui elle avait vu un futur brillant. La dragonne déploya les ailes et s'envola, Kilgharrah relevant la tête pour la regarder s'éloigner sans faire mine de la poursuivre. Il aurait pu la rattraper aisément, mais il préférait laisser Aithusa tranquille pour le moment. Il pourrait toujours communiquer mentalement avec elle, si le besoin s'en faisait ressentir. Il regarda la dragonne d'ivoire s'éloigner dans les airs jusqu'à n'être plus qu'un minuscule point à l'horizon, puis inclina la tête pour contempler le loup, qui n'avait toujours pas bougé.

Il lui semblait familier, cet animal, ce qui lui fit froncer les sourcils. Kilgharrah observa plus attentivement le loup. Il était grand pour son espèce, atteignant facilement la cuisse d'un homme tel que Merlin. Son pelage était fait de nuances de gris et de noir, avec des poils qui blanchissaient sur le museau et particulièrement autour de la truffe. Ses yeux étaient couleur d'or, ce qui n'était pas inhabituel pour un loup. En revanche, ce qui était inhabituel, c'était le flamboiement de cet or, qui le rendait presque vivant. Ce n'était pas… ? Le loup ouvrit la gueule et laissa sa langue pendre pour respirer, d'un air joyeux.

« Bonjour, Kilgharrah, dit-il. »

Cette voix, le dragon la reconnut. Elle permit au dragon de confirmer ce qu'il pensait. Ainsi, l'esprit qui lui avait rendu visite cinq jours plus tôt avait finalement trouvé un hôte.

« Bonjour, Alator, répondit-il, joyeux. »

Il était heureux qu'Alator ne soit plus condamné à l'état d'esprit errant, et le loup qu'il avait choisi était magnifique et puissant.

« Ainsi, continua-t-il, tu as trouvé un animal qui a accepté de t'accueillir. J'en suis heureux. »

« Je vous remercie, Grand Dragon. »

Merlin avait observé le dragon depuis qu'il l'avait entendu grogner, et vit le changement d'attitude de celui-ci. Il avait semblé résigné lorsqu'Aithusa s'était envolé, mais maintenant il semblait… heureux. Et son regard était fixé sur le loup. Le magicien s'avança vers eux, dans le but d'obtenir une réponse. Il voulait savoir pourquoi ce loup était intervenu, et aussi pourquoi il ne s'était pas enfui en voyant Kilgharrah, et pourquoi il ne s'en allait toujours pas.

- Merlin !

Cet appel le fit sursauter et s'arrêter. Cette voix, il pourrait la reconnaître entre mille. Elle exprimait du soulagement, un soulagement extrême, mais aussi une certaine perplexité et de la prudence. Et Merlin sut qu'il n'allait pas obtenir de réponses à ses questions concernant le loup maintenant. Il allait d'abord devoir répondre à certaines questions.

Merlin se tourna vers la source de la voix, et vit Arthur courir vers lui, l'épée à la main, suivi des quatre chevaliers.