Notes / réponses / tout ça tout ça :

Alors tout d'abord... Pardon pour le temps d'attente entre ces deux derniers chapitres, j'ai été très occupée (examens, examens, l'horreur...) et pas forcément très inspirée non plus. Surtout que ce chapitre n'a pas été le plus facile à écrire, puisque c'est le tout dernier avant le début du HP/DM ! Eh oui ! Il y aura une ellipse vu que je ne tiens pas à décrire la guerre, même s'il y aura tout de même plusieurs retours en arrière...

Bref, ces explications ne sont peut-être ni très utiles ni très compréhensibles alors... bonne lecture à tous !

Apokhalypso : Moi aussi, j'aime beaucoup le Remus/Sirius à la base... mais bizarrement, dans mes fics, je les mets jamais ensemble, je ne sais même pas pourquoi ;p Et moi aussi, j'aime bien "ma" Narccisa ^o^ Même si sa décision va peut-être être mal vu avec ce chapitre... En tous cas, merci pour ton enthousiasme par rapport à cette fic, c'est toujours génial de lire et relire tes reviews !

Lassa-Liam : Vu que Remus voulait absolument garder l'amitié de Sirius, c'était évident pour moi qu'il saisirait la première occasion pour lui pardonner... Ca me semblait être plus dans son caractère que de "s'imposer", même si je suis tout à fait d'accord avec toi. Et puis, l'auteur de cette fic est probablement incapable de laisser ces deux-là fâchés trop longtemps ;p

Amista : Merci :3

Polkanimal : Longue vie aux scènes mignonnes et à la guimauve ! (Héhé, je t'ai filé le virus de la bizarrerie alors...) Effectivement, c'est un peu comme s'il y avait deux parties, l'une pour le premier couple et l'autre pour le second... D'ailleurs à ce propos, ce chapitre est justement fait pour répondre à ta curiosité concernant le futur HP/DM ;p

Elaelle : Sûr, ça va changer les choses. Pas forcément dans ce sens mais... son choix va quand même tout changer ;p

Caliypso : Merci, merci ! ^^ C'est toujours agréable d'entendre qu'on écrit bien ;p


Ce matin-là, ce ne fut pas le rayon de lumière traversant la fenêtre qui réveilla Remus.

En effet, entièrement allongé sur toute la longueur du lit, le loup-garou s'entendit plus qu'il ne décida de geindre en sentant la couverture recouvrant son dos glisser jusque ses hanches, grondant néanmoins de satisfaction en sentant une peau chaude épouser tout naturellement la sienne, son cou bien vite recouvert d'une multitude de baisers brûlants tandis que les longs bras de Lucius l'étreignaient doucement.

Un réveil en amoureux qu'il ne pouvait que tenter d'éterniser, évidemment...

Et lorsque Remus releva la tête et croisa le regard mercure de celui avec qui il venait de passer la nuit, ce fut tout naturellement que leurs lèvres se trouvèrent et se scellèrent dans un baiser doux et amoureux. Rien de brûlant ou de langoureux contrairement à leurs attentions de la veille, néanmoins la douceur de leurs caresses sur leurs peaux nues et l'effleurement de leurs lèvres suffirent tout à fait à révéler toute la sensualité de leurs sentiments.

Sans compter que le souffle de Lucius n'arrêtait pas de chatouiller son épaule, tout comme ses longs cheveux y glissant délicatement, lui donnant l'irrépressible envie de sourire bêtement...

- Bonjour, mon loup... Susurra finalement la voix chaude et caressante du blond au creux de son oreille, lui tirant d'agréables frissons.

- Mmh... Salut, mon ange...

Jamais aucun des deux ne s'était jamais autorisé à donner un petit surnom à l'autre mais après tout ce qui s'était passé la veille, peut-être n'était-ce pas si étonnant que leurs attitudes soient moins hésitantes et incertaines désormais... En tout cas, ce léger changement n'était pas si désagréable à vivre et le petit silence habituel flottant entre eux ne fut rapidement brisé que par leurs seuls et uniques soupirs.

Au point que Lucius n'était pas loin de se dire que d'enlever le loup-garou dans sa chambre pour ne plus jamais en sortir était une option tout à fait satisfaisante...

Dommage que la réalité finisse toujours par s'imposer, même aux plus rêveurs et aux plus amoureux. Et à propos de réalité, il y avait encore quelques sujets qu'ils se devaient d'aborder s'ils voulaient pouvoir réellement tenter un avenir à deux... Et même si pour l'instant, Lucius avait davantage envie de se perdre dans le regard brillant de son amant, il était nécessaire qu'il garde néanmoins ce fait bien à l'esprit.

Ce qui n'était définitivement pas si facile avec un Remus Lupin allongé juste sous lui et confortablement installé entre ses bras, soupirant à ses baisers et s'extasiant sur leur toute nouvelle situation...

- Tu sais, je crois que je n'arrive toujours pas à réaliser ce qui s'est passé... C'est tellement... dingue. J'aurais jamais imaginé un instant que tu puisses... pour moi... devenir animagus, comme ça, juste pour me soutenir... Tu te rends compte ?

- Sincèrement... Non. Pas vraiment. Je n'ai pas spécialement réfléchi, pas au début, en tous cas. Ca semblait juste... évident.

- Et... comment est-ce que tu t'es rendu compte que... j'étais... ?

Le mot "loup-garou" ne semblait pas vouloir franchir ses lèvres et Lucius devina facilement que ce secret devait peser sur les épaules de Remus. Il le connaissait désormais assez pour savoir que le châtain ne s'aimait pas... En tout cas, pas autant qu'il le méritait, lycanthrope ou non. Et quand il lui raconta de quelle manière il avait découvert son secret, Lucius prit soin de lui préciser qu'il n'avait jamais ressenti le moindre dégoût ou la moindre envie de le quitter.

Parce que c'était sans doute ce que craignait le jeune homme en lui cachant cette partie de lui. Ce qui était compréhensible étant donné que quelques mois plus tôt, quand il était encore tout à fait étranger à Remus, Lucius était le premier à penser que les loups-garous étaient des bêtes féroces à exclure de la société civilisée...

Et pourtant... Après avoir passé la nuit avec l'un d'entre eux... Après avoir hurlé contre la pleine lune et joué à ses côtés sans le moindre préjugé à l'esprit...

Il s'était surpris à penser qu'il tombait également éperdument amoureux de cette toute nouvelle facette de Remus.

Au point qu'il n'hésita pas un instant quand il eut l'occasion de lui proposer de partager toutes leurs nuits désormais. Même les nuits de pleine lune, où le jeune homme se transformerait pourtant inévitablement en bête sauvage qui n'hésiterait pas à le réduire en charpie s'il gardait forme humaine, puisqu'il avait tant apprécié cette nuit passée dans la peau d'un animagus. Surtout aux côtés du loup-garou...

Néanmoins, l'évidence ne semblait pas aussi réciproque qu'il l'avait envisagé au départ.

En tout cas, c'était ce que laissait sous-entendre l'expression presque peinée de Remus lorsque celui-ci se retourna vers lui, passant ses bras autour de ses épaules pour caresser doucement ses cheveux dans un geste tendre mais probablement aussi un peu préoccupé.

- Tu voudrais rester avec moi... même durant les nuits de pleine lune ?

Sa voix était un peu fébrile et Lucius eut du mal à définir si le Gryffondor ne pouvait accepter cette idée... ou s'il était simplement ému qu'il lui fasse une telle proposition.

- C'est ça. Enfin à condition que ça te plaise... bien sûr.

- J'aimerais me réveiller dans tes bras tous les jours, je te jure. Seulement cette nuit-là... je la partage avec mes amis. Depuis des années. Je ne peux pas leur interdire brutalement de m'accompagner... Ce serait injuste après tout ce qu'ils ont fait pour moi.

Ses amis... Évidemment. Qui d'autre ?

Après tout, sa fidélité allait avant tout envers eux. Que ce soit à leur demande ou simplement pour les aider à être heureux, Remus était prêt à tout. Même à faire passer son propre bonheur à la trappe. Il ne s'en vantait jamais parce que le sacrifice était naturel chez lui, puisque sa lycanthropie était assez honteuse pour que ce ne soit qu'un juste retour des choses selon lui, mais tous ceux le côtoyant pouvaient facilement s'en apercevoir...

Et malheureusement en profiter, même inconsciemment, puisque le loup-garou n'oserait jamais se plaindre du comportement de qui que ce soit...

Mais comme il s'agissait de ses meilleurs amis et que ceux-ci avaient pour l'instant la totale immunité aux yeux de Gryffondor, la moindre critique risquant sans doute de transformer leur conversation en première dispute de couple... En bon Serpentard, Lucius pouvait ruser et tenter un compromis.

- Dans ce cas... Je vous laisse ensemble durant cette nuit-là. Mais je te rejoins pour qu'on puisse se réveiller ensemble le lendemain matin.

- Tu... Tu crois ? Je ne sais pas si...

- Remus, le coupa aussitôt Lucius. J'ai juste envie de me réveiller chaque matin près de toi... Tu n'en as pas envie, toi ?

Visiblement, sa question venait de déclencher tout un dilemme intérieur chez son amant. En fait, rien que son visage reflétait parfaitement toutes ses hésitations, le Gryffondor étant indéniablement tenté par l'idée de se réveiller chaque jour aux côtés de Lucius... et en même temps un peu inquiet de devoir imposer le Serpentard à ses meilleurs amis, surtout durant cette nuit tout de même particulière pour tous les maraudeurs.

Même si ceux-ci devraient forcément s'y faire à un moment ou un autre de toute façon...

Et bien qu'il se jugea aussitôt comme profondément égoïste, Remus ne put s'empêcher de blottir sa tête dans le cou du Serpentard, murmurant faiblement sa réponse, comme s'il espérait que celle-ci passe inaperçue ou devienne moins gênante à avouer...

- ...Si.

- Alors c'est réglé. Enfin... Il reste tout de même un point qu'on doit aborder.

Souriant face à l'air de nouveau inquiet du lycanthrope, Lucius fondit complètement lorsque le jeune homme quitta son cou et pencha la tête sur le côté, lui donnant en même temps l'envie formidablement masochiste de se mettre deux claques pour récupérer ne serait-ce qu'un peu de son ancienne fierté. Après tout, il n'était pas obligé de virer Poufsouffle dès que Remus faisait quelque chose de mignon ou d'adorable... Si ?

- Quand je dis que j'ai envie de me réveiller chaque matin à tes côtés... Ce n'est pas uniquement pour le reste de l'année scolaire, tu sais. Et même si je n'ai sans doute pas le droit de dire ça puisque je suis officiellement encore fiancé à Narcissa... Vu que je compte rompre avec elle...

- Tu veux rompre avec Narcissa ?

Apparemment, cette future séparation était loin de déplaire à Remus. En fait, celui-ci l'avait tout de suite interrompu avec un enthousiasme surprenant, semblant presque attendre cette déclaration depuis des siècles. Et en le voyant rougir et détourner de nouveau le regard, Lucius n'eut plus aucun doute sur le fait que ses fiançailles devaient particulièrement gêner le jeune homme, peut-être même depuis les débuts de leur relation.

Définitivement, il devait trouver Narcissa et l'affronter. La technique "fuyons jusqu'à ce qu'elle décide elle-même de rompre" n'était utile que si elle ne blessait pas Remus au passage, déjà qu'elle n'était pas bien glorieuse de sa part. Et même si le Gryffondor ne voulait sans doute pas le lui demander, il valait sans doute mieux qu'il mette un terme à leur "lien" de lui-même...

- Je vais rompre avec Narcissa. Dès que possible. On ne peut juste plus faire semblant d'avoir un avenir ensemble maintenant. Mais...

- Mais... ?

- Mais nous deux... Si t'en as envie, toi aussi... Peut-être... qu'on peut essayer de sortir ensemble et... d'emménager à deux après Poudlard ?

Aux grands yeux de Remus, ce dernier venait de comprendre tout ce qu'impliquer sa proposition.

Restait à définir si pour le Gryffondor, il s'agissait d'une bonne ou mauvaise chose... Après tout, c'était probablement un peu risqué de faire une proposition sur un si long terme alors qu'ils ne sortaient pas encore officiellement ensemble et n'avaient encore jamais fait de véritables projets de vie à deux. Surtout que la pression autour d'eux risquait d'être terrible une fois Poudlard au courant de leur relation...

Mais en même temps... avec tout ce qui s'était passé la veille, Lucius avait tellement envie de pousser sa chance un tout petit peu plus loin...

- Tu... Tu veux dire... ?

- C'est juste une proposition, je ne te force à rien. On peut se contenter du présent et éviter de penser au futur si...

- ...Ça me va parfaitement, le coupa aussitôt le châtain. Vraiment. Essayer maintenant et dans le futur, c'est juste... parfait.

Son sourire se refléta aussitôt sur le visage de son amant. En tous cas, Remus semblait sincèrement touché et réellement emballé par l'idée de vivre avec lui, ce qui le soulageait énormément. Après tout, Lucius n'était pas forcément très à l'aise lorsqu'il s'agissait de se jeter à l'eau.

Mais visiblement, il n'était pas le seul à se brider jusqu'à être certain que tout se passerait bien...

- Et... pour ta famille ? Je veux dire... notre relation risque de ne pas beaucoup leur plaire...

- Ils s'y feront... J'espère. Bien sûr, personne dans mon entourage ne nous donnera jamais sa bénédiction mais... peu importe.

- Je suis vraiment désolé...

- Tu n'as pas à l'être. Tu sais, je suis vraiment très heureux que tu acceptes de rester avec moi, même après Poudlard.

Aussitôt, le sourire de Remus s'élargit, le jeune homme cherchant désespérément à le cacher en se mordant la lèvre inférieure dans une expression transpirant à la fois la gêne mais aussi le bonheur. Et en voyant le regard interrogateur de Lucius, le loup-garou ne put échapper à une petite explication.

- On a... des projets d'avenir. Comme un vrai couple...

Comprenant que Remus avait du mal à réaliser sa chance, Lucius se contenta de l'embrasser sur le front avec toute la tendresse du monde, le laissant s'habituer petit à petit à l'idée. Après tout, le lycanthrope avait toujours dû s'imaginer un avenir tout à fait solitaire, persuadé de toujours être rejeté par tous... Et quelque part, le Serpentard était plutôt fier d'être celui qui avait réussi à lui démontrer que son futur n'était pas forcément sombre et triste.

- Une douche dans la salle de bains des préfets, ça te dit ?

- Ensemble ?

- Bien sûr. Quel intérêt sinon ?

Ricanant quelque chose à propos de perversité tout à fait serpentarde, Remus accepta néanmoins sans la moindre protestation de s'habiller pour traverser le couloir avec un minimum de décence et ainsi rejoindre la fameuse salle de bain qu'il avait déjà utilisé de nombreuses fois.

Privilège de préfet qu'il appréciait de plus en plus depuis qu'il connaissait Lucius d'ailleurs...

Néanmoins, ses pensées légères et agréables s'interrompirent dès qu'il se saisit de la poignée de porte et l'abaissa sans hésitation, ne se doutant pas qu'en l'ouvrant, il tomberait nez à nez avec Narcissa, la jeune femme attendant depuis un long moment déjà dans le couloir que cette fameuse porte apparaisse enfin devant ses yeux pour découvrir toute la vérité...

Une Narcissa pour le moins étonnée par cette surprenante vérité d'ailleurs...

- Lupin... ?


- Alors... c'est toi. Et c'est ici... La fameuse chambre de Lucius Malefoy.

Sans surprise, aucun des deux amants ne pipa mot lorsque la jeune femme s'avança vers eux, les contournant cependant pour aller se poser près de la fenêtre, semblant vouloir aller y admirer la vue.

Ce qui n'était néanmoins clairement et absolument pas le cas...

- Lupin. Ici.

En temps normal, recevoir cet ordre aussi court que sec aurait dû lui donner envie d'envoyer balader n'importe qui. Et probablement sans trop de tact. Mais Narcissa n'était pas n'importe qui et son regard indiquait clairement que la jeune femme n'accepterait aucune tentative de fuite de sa part. Et au vu de la situation, peut-être valait-il mieux ne pas trop lui en demander non plus...

Il prit une discrète mais néanmoins importante inspiration pour s'obliger à obéir docilement, avançant de quelques pas timides vers elle, non sans adresser un dernier regard inquiet à Lucius resté derrière lui.

Son regard se glaça dès qu'il arriva face à elle, donnant tout de suite à Remus envie de reculer, même s'il s'efforça de supporter cette désagréable sensation autant que possible. La teinte dégoûtée qu'il lisait dans ses yeux n'était pourtant pas loin de l'achever. Il faut dire que Narcissa semblait clairement furieuse. Perchée sur ses hauts talons, sa taille lui permettait aisément de le surplomber de toute sa hauteur, la rendant encore plus effrayante.

Mais même si Remus eut mille fois envie de s'enfuir en courant, il s'obligea néanmoins à garder son regard encré dans celui de la demoiselle qui devait bouillir de rage, le cœur battant à tout rompre. Après tout, son fiancé la trompait... avec lui. Un homme, un sang-mêlé. Elle avait clairement toutes les raisons du monde de l'insulter, de lui assurer que Malefoy ne la quitterait jamais vraiment pour lui, de le blesser pour sauvegarder un minimum de sa fierté...

Pourtant, malgré tout, il allait affronter son dégoût sans détourner les yeux.

Parce que c'était sans aucun doute un de ces moments où un Gryffondor se devait de prendre son courage à deux mains.

- Depuis quand est-ce que... vous deux... ?

- Eh bien... depuis la fête avec les épouvantards, plus ou moins...

Elle hocha lentement la tête. Puis son regard se fit pensif pendant quelques secondes, comme si elle se rappelait tous les événements ayant eu lieu durant et après cette fête, les associant sans doute aux différents changements de comportement de Lucius.

Cependant ses yeux finirent par s'étrécir, peut-être en comprenant que le loup-garou observait chacune de ses expressions pour tenter de déterminer son niveau de colère, réussissant immédiatement à le faire rougir de honte. La Serpentarde n'avait clairement jamais été aussi impressionnante à ses yeux. Et pourtant, elle l'était déjà beaucoup trop à son goût, même en temps normal et donc de préférence assez loin de lui...

Ne cessant de le jauger de haut en bas, la jeune femme s'autorisa finalement à renifler dédaigneusement, ne prenant même pas la peine de lui répondre.

Le silence entre ses phrases, combiné à cette attitude pour le moins hautaine, commençaient d'ailleurs clairement à le rendre nerveux à en mourir. À croire qu'elle cherchait à le tuer sans même être obligée de prononcer un mot. Ce n'était pas la singularité de Lucius, pourtant, de passer toute sa rancœur en un regard ? Rien qu'à l'idée d'avoir énervé la jeune femme à ce point, Remus se mordit les joues jusqu'au sang, de plus en plus mal à l'aise mais s'interdisant de se montrer vacillant.

- Bien.

Il cligna plusieurs fois des yeux, ne retenant que trop tard une expression de surprise - et peut-être d'espoir - sur son visage et dans son regard.

"Bien" ?

Pourtant, Narcissa le regardait toujours avec les lèvres pincées, droite comme un piquet et grimaçant comme s'il risquait de lui transmettre une maladie incurable s'il faisait ne serait-ce qu'encore un seul pas vers elle. Rien ne semblait avoir changé dans sa position guindée mais ce simple mot transforma l'ambiance pesante en une atmosphère presque mystérieuse.

Que pouvait-elle bien entendre par ce simple "bien" ?

- La guerre arrivera bientôt. Bien sûr, quand elle sera là, nous serons dans des camps opposés. Et à ce moment-là, je n'hésiterai pas à te tuer si j'en ai l'occasion. C'est une évidence.

Quelque chose chuta lourdement dans sa poitrine, comme si les mots de la jeune femme tentaient de le poignarder plus profondément à chaque syllabe.

Elle le tuerait durant la guerre si l'occasion se présentait... Et c'était évident... complètement évident. Ah ah... Bien sûr, oui...

S'il n'avait pas été aussi terrifié en cet instant, Remus aurait très certainement éclaté d'un rire complètement hystérique, sa nervosité menaçant de lui faire perdre son calme apparent à tout moment. Heureusement, être cloué sur place avait l'avantage de l'empêcher de s'enfuir en courant, ce qui aurait été tout de même légèrement humiliant et inapproprié de sa part...

Ainsi, le seul mot qui sortit de sa gorge fut un "oui..." peu assuré qui fut, de toute façon, immédiatement happé par la suite du discours de la jeune femme.

- Mais si jamais tu blesses Lucius, le mot "torture" sera réinventé juste pour toi. Même Bellatrix n'oserait pas aller jusque ce que je prévoie de te faire dans ce cas de figure. Tout le monde pense que nous sommes aussi folles l'une que l'autre mais je suis bien pire en vérité. Alors tu as intérêt d'assurer. Je ne te souhaite évidemment pas bonne chance.

Ses yeux s'écarquillèrent, son corps aussi figé qu'une statue de pierre, n'osant même pas acquiescer de la tête ou la suivre des yeux lorsqu'elle passa près de lui, prenant soin de ne surtout pas de le toucher ou même de l'effleurer.

Pourtant, Remus s'attendait à être menacé par Narcissa depuis que celle-ci était entrée dans cette chambre, alors il ne pensait pas être surpris. Mais il avait plutôt imaginé des menaces de torture, de mort et toutes les joyeusetés qu'elle était en droit de jurer dans sa position de femme trompée s'il refusait de rompre avec Lucius plutôt qu'une... garantie sur le respect des sentiments de celui-ci.

Et la peine qu'il avait pour elle se mua finalement en une admiration discrète mais réelle. Parce que tout de même... Elle devait tout de même tenir beaucoup à Lucius pour s'assurer ainsi de ce qu'il pouvait ressentir et sacrifier son avenir tout tracé pour le seul bonheur de celui-ci.

Enfin...

C'est ce qu'il pensa avant d'entendre la gifle retentissante qu'elle venait d'infliger au concerné, le tirant aussitôt de son immobilité parfaite pour pouvoir observer la scène.

- NARCISSA ! Comment tu... Comment oses-tu...

- Ta gueule, Malefoy.

Le concerné se tut immédiatement, hésitant vraisemblablement entre le choc et l'indignation pure et simple.

Après tout, Narcissa n'était jamais, ô grand jamais, vulgaire.

Même s'il fallait avouer que la situation était assez particulière pour qu'elle y fasse exception, il ne s'attendait pas à ce que ses paroles sortent avec autant de... spontanéité. Si bien qu'aussi étrange que cela puisse paraître, Remus Lupin et Narcissa Black, ces deux personnes si contraires et si opposées en tous points, eurent exactement la même réaction face à l'expression si surprenante du jeune homme.

Un sourire.

Un simple sourire prouvant que certaines choses pouvaient changer finalement...

- Eh bien, cette expression non plus, je ne la connaissais pas... Oh non, pas de regard noir, Malefoy. Cette claque est mon petit moment de bonheur et de dignité. Tu ne vas certainement pas me l'enlever.

Conscient de ne pas être en position de se plaindre d'une simple gifle après sa relation extra-conjugale mise à jour, le jeune homme ravala ses commentaires affligés qui ne seraient vraisemblablement pas crédibles dans cette situation, préférant avoir la décence d'afficher un air gêné.

- Bien.

Lucius émit un grognement qui n'engageait en rien. Visiblement, lui non plus n'était pas très rassuré lorsque Narcissa prononçait ce mot.

- Si on te pose des questions sur le motif de notre rupture, c'est moi qui t'ai jeté parce qu'un meilleur parti a demandé ma main. Je suis folle de rage contre toi et Lupin, cependant. Alors ne t'approche pas de moi lorsque la guerre se déclarera. Mais avant tout...

Voyant la jeune femme s'approcher dangereusement de lui, Lucius eut à son tour un instant l'idée de se reculer. Au cas où l'idée de lui remettre une baffe lui venait à l'esprit. Même s'il ne pouvait pas nier que c'était amplement mérité, il sentait encore sa joue picoter douloureusement. Et si la jeune femme lui était toujours apparue classe et distinguée, il pouvait désormais témoigner qu'elle possédait également une bonne droite... alors il ne tenait pas tellement à renouveler l'expérience.

Mais finalement, elle ne semblait pas vouloir lui provoquer quelconque douleur cette fois.

Et lorsque la demoiselle claqua furtivement un baiser sur sa joue après une toute petite seconde d'hésitation, Lucius ne réagit même pas. En tous cas, pas sur le moment. Après tout, si cette surprise-là fut tout de même plus agréable à recevoir que la précédente, avec tout ce qui s'était passé ces derniers temps, c'était presque étrange d'imaginer que Narcissa avait réussi à tout lui pardonner aussi facilement...

Après tout, Lucius avait fait voler leur avenir commun en éclat, quelque part... Et cette situation ne devait pas lui être particulièrement plaisante.

- Si tu l'aimes à ce point... Alors t'as intérêt de tout donner avec Lupin. Et rends-moi service en donnant toi aussi ce conseil à Andromeda. Tout comme elle avec son sang-de-bourbe, ce sera probablement difficile pour vous de faire durer une relation pareille, après tout. Mais s'ils vous rendent heureux... alors c'est peut-être pas si mal finalement de tenter de vivre auprès de sonGrand Amour...

Soufflé par ce qu'elle venait de lui murmurer à l'oreille, Lucius ne put que lui adresser un regard perdu, extrêmement expressif pour une personne telle que lui. Malgré tout, Narcissa ne lui rendit qu'un regard de fierté et de pure indifférence, celui que tous deux possédaient à chaque fois que les circonstances exigeaient une parfaite maîtrise de leurs émotions.

Et pourtant, le petit sourire qui flottait sur son visage et qui ne la quitta même pas lorsqu'elle sortit de la pièce sans jamais leur adresser aucun regard de remords ou bien même de regrets, même lorsqu'elle se murmura doucement à elle-même que tout irait bien, malgré toutes les difficultés qui l'attendaient, en avouait peut-être bien plus sur ses véritables pensées...

- Lucius...

- Mmh ?

- Eh bien, tu sais... Aussi étrange que ça puisse paraître... Je crois qu'il s'agit peut-être... de sa bénédiction... ?

Remus semblait n'avoir aucun doute sur ce point... Et à bien y penser, le Gryffondor avait probablement raison.

Alors maintenant... Il n'avait plus aucune excuse pour se défiler et s'empêcher d'être heureux aux côtés de son loup-garou aussi longtemps que possible, pas vrai ?


- Vive les mariés ! Je serai le témoin, j'espère ?

- Bien sûr, idiot. Tout comme Remus et Peter, c'était une évidence, pour nous deux.

- Mais je suis le parrain du petit ! Je suis encore plus important, non ?

- Non, Sirius. Non.

- Bouh... ~

Souriant en voyant les quatre adultes se disputer exactement de la même manière que lorsqu'ils étaient à Poudlard, Lily Evans - et bientôt Potter - secoua la tête de droite à gauche, murmurant à Harry que son papa et ses amis étaient décidément restés de véritables idiots immatures à la sortie de l'école. Le bébé applaudit de ses toutes petites mains, gazouillant pour marquer son accord, ou plutôt attirer toute l'attention des adultes sur lui...

Une technique qui fonctionna parfaitement puisque dès que Lily s'avança vers le salon, le tout petit fit le tour des bras de tous les invités, sauf Peter qui refusa aussitôt de le toucher, trop effrayé à l'idée de faire tomber le bébé ou de mal le tenir. En fait, même Lucius eut droit à le tenir contre lui, encouragé par le sourire de la maman et le regard d'adoration de son compagnon posé sur le bout de chou.

D'une certaine manière, James et Lily avaient un peu fait les choses à l'envers en devenant parents avant même de se marier ; mais la naissance d'Harry les avait pris complètement au dépourvu... Enfin même si les jeunes parents avaient été un peu paniqués au début, au final, ils étaient tous deux heureux de pouvoir l'élever.

- Il est adorable... S'extasia d'ailleurs le loup-garou dès que Lucius rendit Harry à sa mère.

- Quand il dort, il l'est, oui. Par contre, un peu moins quand il nous réveille en plein milieu de la nuit...

- Dit celui qui continue de dormir comme une masse quand c'est moi qui me lève à chaque fois pour le nourrir...

- Mais ma chérie, on n'a pas vraiment le choix, puisque c'est toi qui l'allaites !

- Ce qui t'arrange bien, père indigne !

Amusé de voir son fiancé lui balbutier de pitoyables excuses et de multiples arguments pour tenter de se sortir de cette situation, Lily finit tout de même par avoir pitié de lui, profitant du sommeil profond d'Harry pour lui voler un baiser pour le rassurer. La soirée se déroula sans la moindre complication, chacun racontant aux autres toutes les nouveautés qui avaient eu lieu dans leur vie respective depuis leur dernière soirée, même si celle-ci ne remontait jamais à bien longtemps.

En effet, les quatre amis se réunissaient souvent, décidés à ne pas se perdre de vue malgré leurs études et leurs quotidiens différents. Et il était devenu tout à fait naturel que Lily et Lucius participent à ces soirées, étant les partenaires de deux des maraudeurs et ayant appris à s'apprécier. En fait, même les nombreuses tensions entre Lucius et Sirius avaient fini par s'apaiser, l'animagus chien étant rapidement redevenu le coureur hétérosexuel d'origine...

Et maintenant qu'ils vivaient ensemble, dans la même maison, se réveillant chaque matin dans les bras l'un de l'autre et dans le même lit, Lucius n'avait définitivement plus rien à craindre de l'ancien Gryffondor. Remus était trop honnête pour le tromper et son quotidien auprès de l'ex Serpentard lui plaisait beaucoup trop pour même penser à aller voir ailleurs, ce qui était tout à fait réciproque.

Finalement, ils avaient eu beaucoup de chance. Ils avaient surmonté toutes les difficultés d'une relation pourtant désapprouvée par beaucoup de leurs proches. D'ailleurs, la famille Malefoy avait fini par couper définitivement les ponts avec Lucius. Incapable de déshériter leur enfant, ils avaient cependant laissé une belle somme au jeune homme pour poursuivre ses études et emménager avec son amant, les parents de Remus ayant également beaucoup participé.

Une vie que Lucius n'aurait échangée pour rien au monde...

- Belle soirée, non ?

- Mmh... Oui, plutôt.

- Harry est décidément vraiment très mignon... Il leur ressemble tellement... Et je suis content pour le mariage de James et Lily. C'est vraiment le genre de couple qu'on imagine tout de suite marié pour la vie...

Glissant sa main dans celle de Remus, Lucius s'amusa de son sursaut, ravi de voir ses joues se colorer alors que le loup-garou guettait les alentours pour vérifier que la rue était bel et bien déserte. Évidemment, à cette heure-ci, plus personne n'était dehors, mais les deux hommes s'étaient bien vite habitués à n'échanger aucun geste amoureux en public. Ce n'était jamais plaisant de devoir subir des regards dégoûtés ou des paroles insultantes de parfaits inconnus devant tout le monde...

Il n'empêche que simplement se balader ainsi, main dans la main, était tout de même plutôt agréable...

- Tu as cours demain matin ?

- Oui. On s'approche des examens. J'ai plutôt intérêt à les réussir, déjà que je ne suis pas certain de pouvoir trouver un emploi...

- Tu trouveras.

- Ah oui ? Et comment tu le sais, ça ?

- Je le sais, c'est tout.

Sa main légèrement refroidie par la fraîcheur de la nuit se resserra sur la sienne, le remerciant implicitement d'être toujours là pour lui assurer que tout irait bien, même lorsque le doute était pourtant permis. Après tout, personne ne voudrait engager un lycanthrope. Surtout en temps que professeur ! Un monstre ne pouvait pas s'occuper d'enfants et participer à leur éducation... Mais avec un peu de chance, il arriverait peut-être à dissimuler son secret.

Surtout qu'il avait désormais l'avantage d'avoir un petit-ami en études de potionniste et qui connaissait donc par cœur la fabrication de la tue-loup...

Une vie rêvée, vraiment. Une vie qui aurait cependant sans doute été radicalement différente s'ils n'étaient pas rentrés chez eux ce soir-là et si le couple n'avait pas trouvé en passant leur porte d'entrée, posé juste au niveau de leurs pieds, quelque chose de toute à fait improbable.

Voire quelqu'un.

Quelqu'un qui dormait aussi paisiblement que le petit Harry entre les bras de sa mère...

- C'est... C'est un... ?


- C'est un bébé ! Un bébé !

- Calme-toi.

- Me calmer ? Tu plaisantes, là ? C'est un bébé, je te signale ! Un bébé !

Pour être tout à fait sincère, Lucius comprenait parfaitement l'affolement de Remus. Lui aussi était tenté de perdre tous ses moyens. Seulement, c'était probablement une mauvaise idée avec un garçon de cet âge somnolant paisiblement entre ses bras. À peine quelques mois selon le dossier que Remus avait ouvert, découvrant ainsi toute la paperasse officielle concernant l'enfant.

Un bambin aux cheveux si blonds qu'ils paraissaient presque blancs... et dont les yeux gris s'étaient ouverts à peine quelques secondes avant de se refermer paresseusement, le petit semblant tout à fait insensible à l'inquiétude des deux hommes et à sa ressemblance indéniable avec l'un d'entre eux...

- Je... Je ne comprends pas. Comment... Comment est-ce qu'on a pu le déposer à l'intérieur de la maison ?

- Les sorts de protection de la cheminée. Je n'ai pas encore eu le temps de... les activer...

- Alors n'importe qui peut passer par notre cheminée, juste comme ça ?

- ...Mmh.

Un peu gêné que Remus souligne son erreur de cette manière, Lucius se contenta de marmonner pour confirmer sa question de toute façon tout à fait rhétorique. Il faut dire qu'avec leurs emplois du temps plus que chargés, sans compter leur emménagement, Lucius avait un peu oublié ce... détail.

Enfin de toute façon, ce n'était sans doute pas la réelle cause d'inquiétude de son compagnon...

Cessant finalement de tourner en rond comme un lion en cage, Remus finit par aller s'effondrer sur le canapé, s'emparant du dossier du petit au passage pour pouvoir le parcourir en diagonal, sous le regard attentif et silencieux de son petit-ami portant toujours son enfant tout contre lui.

Parce qu'il était évident qu'il s'agissait de son enfant, n'est-ce pas ?

Le sien et celui de Narcissa, sans aucun doute...

- Drago Black, fils de Narcissa Black... Non reconnu par son père... Mais il y a tous les papiers et adresses te permettant d'y remédier et même de lui offrir ton nom... En fait, elle semble vraiment avoir tout prévu dans les moindres détails...

Inutile de préciser l'identité de celle à qui Remus faisait référence. Et même si le châtain semblait assez impressionné par toutes les précautions que la jeune femme avait pris soin de prendre pour son fils, malgré ce qui semblait s'apparenter à un abandon d'enfant, il était indéniable que sa voix vibrait d'émotions beaucoup moins positives, ce qui était pour le moins compréhensible.

- On doit... la retrouver. Elle ne peut pas... Elle ne peut pas abandonner son fils comme ça...

- Remus, personne n'a de nouvelle d'elle depuis la fin de Poudlard. Andromeda et Ted eux-mêmes nous ont avoué que sa disparition devait être tout à fait volontaire, en attendant qu'elle devienne Mangemort aux côtés de Bellatrix... Tu sais qu'on ne la retrouvera jamais, même avec toute la meilleure volonté du monde.

- Mais c'est son fils ! Il a besoin de ses deux parents pour l'élever ! Pourquoi est-ce qu'elle t'a caché une information aussi importante ? C'était... C'était le meilleur moyen pour que tu restes auprès d'elle pourtant...

Sa voix s'était brisée à la fin, semblant seulement réaliser à cet instant la complexité de la situation. Rejoignant Remus sur le canapé, Lucius lui fourra le bébé entre les bras sans lui laisser le temps de protester, espérant sans doute inconsciemment que le petit l'aiderait à apaiser à un peu la panique de son amant.

- Peut-être que c'est justement pour ça qu'elle n'a rien dit... Pour ne pas m'obliger à revenir vers elle.

- Sauf que ce n'est pas... raisonnable... pour son fils...

- Si. Quand on a été élevé par des parents qui ne se sont jamais aimés et se forcent à rester ensemble, je pense que ça l'est...

Remus ne trouva rien à répondre à ça. Sirius lui avait souvent parlé des disputes légendaires entre son oncle et sa tante, ce que Lucius avait ensuite largement confirmé en lui racontant quelques-uns de ses souvenirs d'enfance passés chez les Black.

D'accord, Narcissa était probablement plus que consciente qu'il était mauvais pour un enfant d'être élevé par des parents qui se détestent et qui choisissent de s'ignorer la plupart du temps, ne serait-ce que pour éviter de tuer son conjoint devant témoin.

Néanmoins... Ce petit avait définitivement besoin de parents...

Et même si Narcissa avait sans doute voulu lui offrir une famille qui s'aime en le déposant ici avant de filer chez les Mangemorts, Remus ne pouvait s'empêcher de culpabiliser d'être indéniablement tenté d'élever ce petit être blond aux yeux gris aux côtés de Lucius...

- Je sais qu'on n'a encore jamais parlé d'avoir des enfants ensemble... Mais vu le regard que tu as à chaque fois en voyant Harry... Tu en veux, non ?

- Pas au point de voler l'enfant d'une autre !

- Remus... Tu ne le lui voles pas, je t'assure...

Peut-être. Après tout, jamais il n'avait souhaité une telle situation et s'il avait su, effectivement, il aurait sans doute été le premier à pousser Lucius vers la mère de son enfant. Pourtant, à ressentir une telle tendresse pour ce bébé installé tout contre lui et plongé dans ce doux sommeil, Remus avait tout de même le sentiment... de vouloir lui voler cet enfant. Ce qui était sans doute mal de sa part.

Néanmoins... Il fallait tout de même prendre une décision au final.

Et lorsque Lucius quitta le canapé pour poser un genou à terre juste face à lui, Remus comprit plus que jamais l'importance de ce choix. Après tout, il concernait tout de même leurs trois voire quatre vies réunies...

- Tu te souviens quand Narcissa a accepté notre relation... ?

Hochement de tête. Remus semblait désormais complètement hypnotisé par sa position plus que symbolique.

- Elle m'a dit de tout faire pour que ça dure... Et je me suis promis que ce serait le cas. De toute façon, je ne me vois plus vivre sans toi, maintenant. Tu fais entièrement et complètement partie de moi. Et même si je ne peux pas te demander de m'épouser, j'ai tout de même envie qu'on puisse passer notre vie ensemble... Et je sais que tu seras le meilleur père possible si tu acceptes d'élever... cet enfant... Drago... avec moi. Narcissa doit le penser aussi pour nous l'avoir confié...

Silence. Sa main se posa doucement sur celle de Remus, la caressant du bout des doigts. Le petit blond commença à s'agiter, commençant sans doute à se réveiller, ouvrant péniblement ses paupières pour découvrir celui qui le portait... et lui sourire.

Un tout petit sourire qui poussa néanmoins Remus à caresser sa joue ronde de bambin et qui l'attendrit plus que nécessaire...

- ...D'accord. On peut... essayer. Après tout, ce petit a besoin de parents... Mais je veux quand même qu'on essaie de retrouver Narcissa.

Même s'il était peu probable que leurs recherches aboutissent à quoi que ce soit, Remus n'avait pas envie que ce petit ange soit privé d'une maman. Alors s'il y avait la moindre chance pour que Drago puisse au moins savoir qui était sa mère et peut-être même la connaître... Ce n'était pas Remus qui allait l'en empêcher ou même choisir d'oublier Narcissa à tout jamais.

- Promis, mon loup. Et... merci...

Seul le sourire de Remus, ainsi que les gazouillements du tout petit désormais tout à fait éveillé, firent écho à sa promesse.

Au final, leur véritable vie à deux n'était pas seulement destinée à se vivre à trois et les deux parents n'étaient encore qu'au tout début de leur histoire d'amour...