Après deux jours de chevauchée à vive allure, Elyan arriva enfin en vue de la cité. Ne pas avoir à poursuivre quelqu'un lui avait permis de couper droit à travers les arbres, la seule chose qu'il avait eu à faire était de laisser une marque régulièrement pour qu'Arthur et les autres puissent retrouver son chemin si ses traces s'effaçaient.
Seul le repos de son cheval et le sien l'avait arrêté, juste assez longtemps pour récupérer et manger un peu. Il pourrait se reposer une fois à Camelot, en attendant le retour des autres. En alternant marche et galop comme s'il avait le diable aux trousses, il avait couvert la distance séparant le cœur du royaume d'Odin à celui de Camelot en un temps record. Le seul contretemps avait été une patrouille de soldats d'Odin, trois hommes dont il s'était débarrassé du mieux possible. Ils ne rivalisaient pas avec ses talents d'épéiste, même si l'un d'entre eux avait réussi à le surprendre et à lui infliger une coupure à l'avant-bras gauche. Bien que la blessure ne soit pas très profonde, elle faisait mal et saignait considérablement. Le bandage de fortune que le chevalier avait fait avec un morceau de sa chemise réduisait la plaie, mais elle aurait probablement besoin de points de suture. C'était une des raisons pour laquelle il était si soulagé d'atteindre Camelot.
Maintenant son bras blessé contre son torse, il remit son cheval en mouvement, à un rythme moins soutenu. La dernière chose dont il avait besoin était que sa monture s'écroule de fatigue alors qu'il ne lui restait plus que quelques minutes de voyage.
Son entrée dans le château fut remarquée, les passants s'écartant par habitude, même s'il n'arrivait pas au triple galop comme souvent. La reine descendait les marches, accompagnée de Gaius, quand Elyan sauta à bas de son cheval.
- Elyan ! fit Gwen avec soulagement.
Elle s'était beaucoup inquiétée durant l'absence des chevaliers, et pas seulement pour Merlin. Plus l'attente était longue, plus elle se demandait si tout se passait bien, malgré les paroles de réconfort de Gaius. Le médecin aussi était extrêmement inquiet, mais il le cachait tant bien que mal pour éviter d'angoisser encore plus la reine. En voyant Elyan revenir seul, blessé, cette inquiétude n'avait fait que s'approfondir. Les chevaliers avaient-ils été attaqués ? Et s'ils étaient tous morts, sauf lui ?
- Tout va bien, dit Elyan en voyant les expressions de sa sœur et de Gaius. Nous allons tous bien, Arthur, Merlin et les autres seront de retour dans quelques jours.
Gaius soupira de soulagement en entendant cela. Merlin était vivant et il allait bien ! Gwen ferma les yeux un instant aussi, son mari et ses amis n'étaient pas morts ni en danger. Cependant, elle fronça aussitôt les sourcils : pourquoi n'étaient-ils pas là ?
- Pourquoi es-tu le seul à rentrer ? demanda-t-elle, prudente.
- Ils ramènent un prisonnier avec eux, répondit Elyan.
- Elyan, vous êtes blessé ! Il faut soigner cela tout de suite ! cria presque Gaius en voyant la blessure sur le bras du chevalier.
Le médecin empoigna Elyan par son bras intact et l'emmena vers ses appartements, offrant par la même occasion l'opportunité pour le chevalier de raconter ce qui s'était passé loin des oreilles indiscrètes de la cour. Gwen leur emboîta le pas après qu'un soldat se soit chargé d'emmener le cheval d'Elyan aux écuries. Elle voulait aussi connaître les détails, sans devoir attendre que son frère ait fini d'être soigné et puisse faire son rapport devant toute la cour.
Aussitôt qu'ils furent dans ses appartements, Gaius ordonna à Elyan de s'asseoir de se déshabiller pour qu'il puisse soigner la coupure sans avoir à s'inquiéter des vêtements, qui étaient imbibés de sang. Pendant que le chevalier faisait ce qui lui était demandé, le médecin commença à rassembler son matériel, prenant également de quoi recoudre la plaie. Gwen, elle, s'installa sur un tabouret en face de son frère, laissant ainsi de la place à Gaius.
- Raconte-nous tout ce qui s'est passé, dit-elle avec une certaine fermeté.
Elyan soupira avant de grimacer quand Gaius commença à nettoyer sa coupure. Il n'allait pas révéler ce qu'ils avaient tous découvert là-bas, pas sans la permission de Merlin. Il allait devoir inventer une histoire, en espérant avoir le temps d'en parler avec Arthur avant que le roi doive en parler lui-même avec le conseil.
- Merlin a été enlevé par des Southrons, commença Elyan. Ils comptaient l'interroger pour obtenir des informations sur Camelot.
Gwen se raidit à cela, mesurant les implications. Si Merlin avait livré quoi que ce soit…
- Ils n'ont pas eu le temps de l'interroger, rassura aussitôt le chevalier. Nous les avons traqués pendant quatre jours, et ils étaient sur le point de commencer quand nous les avons retrouvés. Nous avons combattu les Southrons dans une clairière, dans le royaume d'Odin, et nous les avons vaincus. Un seul est encore vivant, c'est le prisonnier que j'ai évoqué. Il pourra témoigner de ce qui s'est passé.
La dernière partie n'était qu'un demi-mensonge, mais ça permettait à Elyan de donner des détails. Ce n'étaient peut-être pas eux qui avaient combattu les Southrons, mais le résultat était le même : ils étaient tous soit morts soit en fuite, et ils avaient bien un prisonnier.
Gwen ferma à nouveau les yeux de soulagement : leurs ennemis ne connaissaient pas les points faibles de la citadelle, Merlin n'avait pas été torturé et n'était pas mort. Quant à Gaius, il était autant sinon plus soulagé, mais il resta concentré sur son travail, ne souhaitant pas aggraver la blessure.
- C'est là-bas que tu as été blessé, Elyan ? demanda Gwen.
- Non. Arthur m'a renvoyé ici pour que je vous prévienne, ils peuvent mettre une semaine à rentrer à Camelot. J'ai été attaqué par une patrouille d'Odin en revenant.
- Repose-toi, conclut la reine avant de sortir.
Elle devait aller parler à la cour, qui s'était forcément réunie pendant qu'elle était ici. Elyan soupira, malgré leur âge, Gwen continuait à se montrer protective envers lui. Cela le fit repenser à Merlin, et froncer les sourcils. Visiblement, Merlin avait toujours utilisé sa magie pour protéger Arthur.
- Tout va bien, Elyan ? demanda Gaius, voyant l'expression du chevalier. Vous semblez troublé.
- Je ne peux pas vous en parler, Gaius. Je n'en ai pas le droit.
C'était vrai. Gaius ignorait probablement que Merlin avait des pouvoirs, il ne pouvait pas risquer de révéler cela.
- Je comprends. J'espère que ce n'est rien de grave.
- Ne vous inquiétez pas, répondit Elyan en souriant. Merlin vous en parlera peut-être.
Gaius se raidit presque imperceptiblement à cela, mais se ressaisit aussitôt. Il était impossible que ce soit ce qu'il pensait. Et il ne pouvait pas demander confirmation au chevalier. Ils étaient dans une impasse : Elyan ne pouvait pas avouer à Gaius qu'il savait que Merlin avait des pouvoirs, et Gaius ne pouvait pas lui demander si c'était ça qui le tourmentait. Un silence gêné s'installa, jusqu'à ce que Gaius ait bandé la blessure.
- Evitez de bouger votre bras, recommanda-t-il, et il devrait guérir sans laisser de séquelles. Vous devez rejoindre votre sœur, afin de confirmer ce qu'elle doit être en train d'annoncer à la cour.
- Merci, Gaius, dit Elyan avant de se rhabiller, de se lever et de sortir.
Une fois dehors, il soupira. Maintenant, il ne restait plus qu'à attendre qu'Arthur revienne.
oOoOo
Assise sur un tronc au milieu de la forêt, Morgane ruminait. Elle avait pu s'échapper de la clairière, mais cet acte lui avait coûté une grande fatigue. Et elle n'avait pas pu se transporter au château d'Aldor. Elle était dans un endroit inconnu, probablement dans un royaume où elle n'allait jamais. Et l'obscurité de la nuit ne faisait rien pour arranger les choses.
Elle ne comprenait toujours pas comment le dragon était apparu. Qu'il soit vivant était déjà surprenant, mais même ainsi il devait se cacher dans les confins de la terre pour éviter de se faire repérer et d'être tué à vue. Enfin, pour tuer une bête de cette taille, il fallait avoir une sacrée détermination ! Le dragon s'était clairement montré hostile, mais pas envers n'importe qui. Non, envers elle précisément, il n'avait même pas semblé dérangé par la présence de Merlin.
Elle ressassait cette pensée en boucle depuis qu'elle avait quitté la clairière, une heure auparavant. Et à force d'y penser, elle se souvint de quelque chose dont sa sœur, Morgause, lui avait parlé. La sorcière morte avait évoqué avec elle un groupe d'hommes très rares qui se faisaient obéir des dragons : les Seigneurs des Dragons. Et bien qu'elle n'ait pas entièrement compris ce que Merlin avait dit lorsqu'il avait crié au ciel, un mot lui revenait sans cesse à l'esprit : 'drakon'. Aucun autre mot ne l'avait frappée, et celui-là la faisait penser au dragon. D'après sa sœur, les Seigneurs des Dragons appelaient les dragons grâce à un ancien langage que seuls eux connaissaient.
Etait-il réellement possible que Merlin soit un Seigneur des Dragons ? Si c'était le cas, les événements qui s'étaient déroulés ensuite prenaient tout leur sens : le dragon baissant sa tête jusqu'à être à son niveau, sans que Merlin semble le moins du monde inquiet. En revanche, ce qu'elle ne comprenait toujours pas, c'était pourquoi le dragon n'avait pas craché de feu pour la tuer. Ça lui aurait été si facile, et pourtant il avait juste rugi. Un rugissement des plus impressionnants, qui l'avait effrayée et coupée dans son élan. Elle avait dû se ressaisir et attaquer Merlin en vitesse. Mais le magicien l'avait surpassée.
Il avait eu l'air de la contrer avec tellement de facilités qu'elle s'en était énervée, une fureur telle qu'elle n'en avait pas connue depuis longtemps et qui ne s'était toujours pas calmée. Ce serviteur, qui l'avait empoisonnée, qui avait mis en échec chacun de ses projets depuis, continuait à se moquer d'elle en faisant passer la magie pour un simple jeu d'enfants. Ah ! S'il se tenait encore devant elle en ce moment même !
Un sourire machiavélique étira alors les lèvres de Morgane. Elle repensa à sa dernière action. Pour sûr, Merlin croyait qu'elle avait agi n'importe comment, qu'elle avait fait usage de magie mais que rien ne s'était passé. C'était sa revanche. Que le serviteur croie qu'elle était étourdie, et qu'elle était trop abasourdie pour agir pendant un certain temps contre Camelot.
Son sourire disparut aussi rapidement qu'il était apparu. Elle n'aimait pas la tournure que les choses avaient prises. Elle ignorait ce que Merlin raconterait à Arthur et à Gaius, mais elle ne pouvait pas se permettre de supposer qu'il resterait tranquille sans rien faire.
Morgane soupira en pensant à ce qui l'attendait. Elle allait devoir planifier sa prochaine attaque contre Camelot dans les moindres détails, en prenant en compte le fait que Merlin l'affronterait avec sa magie s'il en avait l'occasion. Il pouvait maintenant la battre comme il venait de le faire à chaque fois qu'elle tenterait quelque chose.
Cela suffit pour la faire désespérer à nouveau, et lui donner envie de s'endormir pour oublier ses problèmes. Seulement, il y avait des chances pour que son sommeil soit troublé par des visions à cause de ce qu'elle venait de vivre, et elle ne tenait pas à s'exposer sans défenses dans un lieu potentiellement hostile. Pour l'instant, elle ne pouvait pas utiliser sa magie sans s'attirer de problèmes, sa téléportation lui avait coûté une grande partie de ses pouvoirs. Il fallait qu'elle trouve un endroit où elle serait en sécurité, et le plus tôt serait le mieux.
Soupirant à nouveau, elle se leva péniblement, les articulations douloureuses après être restée plus d'une heure immobile assise sur son tronc. Si elle sortait de cette maudite forêt, elle pourrait se repérer et retourner à Aldor, où elle retrouverait sûrement Aithusa.
Morgane culpabilisa soudain d'avoir laissé la dragonne toute seule. Elle ne craignait pas que l'autre dragon lui fasse du mal, entre animaux de la même espèce ce serait ridicule. Mais si Merlin était Seigneur des Dragons, il pouvait lui ordonner de rester avec lui et ne pas la rejoindre. Aithusa serait malheureuse comme les pierres de faire quelque chose contre sa volonté, et Morgane ne la reverrait plus. Elle aurait dû rester et s'assurer que la dragonne vienne avec elle !
La jeune femme s'interrompit dans ses pensées. Elle venait d'entendre un craquement, dont l'écho se répercuta dans toute la forêt silencieuse comme la mort. L'atmosphère était tendue, sans qu'elle sache pourquoi. Elle plissa les yeux, cherchant à identifier la source du bruit. Elle aurait préféré ne pas la trouver cependant, quand tout un groupe d'hommes armés d'épées sortirent de derrière les arbres.
Morgane se mit aussitôt en position défensive, prête à se battre malgré ses faibles moyens. Des bruits derrière elle lui annoncèrent que ses attaquants ne se trouvaient pas seulement devant elle, ils l'entouraient. Rapidement, elle étudia ses agresseurs : mal rasés pour ce qu'elle en voyait, des hommes sales qui étaient dans la forêt depuis plusieurs jours. Les quelques rares cottes de mailles que certains portaient étaient toutes déchirées, mais la plupart des hommes portaient simplement des habits un peu plus résistants que les chemises habituelles. Leurs épées étaient couvertes de rayures, certaines avaient même des entailles.
Ce n'étaient pas des soldats d'une prestigieuse armée. Ils n'appartenaient même probablement à aucune armée. Si elle devait faire une supposition, elle dirait que c'étaient des mercenaires, payés pour la capturer. Intérieurement, elle grimaça : des mercenaires étaient toujours les mieux pour ce genre de mission, ils ne laissaient rien s'interposer entre leur but et eux-mêmes.
Refusant de se laisser abattre, elle affiche une expression déterminée et sauvage. Elle mit à terre le premier mercenaire qui la chargea, se saisissant de son épée par la même occasion pour l'achever. Apparemment, la chance lui souriait, l'épée était une des meilleures que ces hommes possédaient. Cela la fit sourire ironiquement. Puis, se plongeant dans la bataille, elle s'élança à travers la nuée d'hommes, et chaque coup de son épée en tua ou blessa un.
Malheureusement, la fatigue la ralentit bientôt. Elle maudit intérieurement Merlin, pour l'avoir forcée à utiliser ses réserves de forces pour lui échapper. Morgane ignorait combien d'hommes elle avait tué, en revanche elle savait que ce n'était pas assez pour lui laisser une chance. Sans qu'elle puisse les compter, les mercenaires devaient bien être une cinquantaine au moins, et aussitôt qu'elle en tuait un, cinq autres revenaient à la charge.
La jeune femme se prépara à faire ce qu'elle s'était réservé en dernier recours : utiliser la magie. Dans son état, elle ne pourrait pas se débarrasser de tous les hommes, et savoir qu'elle aurait pu si elle était dans sa forme habituelle la rendait furieuse. Sans arrêter de parer et d'attaquer, elle commença à rassembler son pouvoir, et se prépara à le libérer en une explosion la plus grosse possible.
Comme elle s'y attendait, le résultat ne fut pas très concluant. Une dizaine d'hommes seulement vola dans les airs, ce qui en laissait encore une trentaine. Morgane remarqua au même moment que les mercenaires ne cherchaient pas à répondre à ses coups : ils ne faisaient qu'esquiver ses attaques, sans jamais répliquer. Ils attendaient le moment propice pour agir, comprit-elle.
Ce moment se présenta bien trop tôt, quand l'effort qu'elle avait fourni pour envoyer voler quelques hommes la projeta elle-même au sol, roulée en boule avec un mal de crâne terrible. Elle en hurla presque de douleur, ne se retenant que parce que ça aggraverait sa situation. Des larmes perlèrent tout de même aux coins de ses paupières. Elle entendit les mercenaires qui l'entouraient ricaner, et deux d'entre eux la saisirent par les bras pour la remettre sur ses pieds. Elle resta là, inerte, presque inconsciente, ne bougeant que lorsqu'un cri monta du ciel.
Ayant perçu les bruits de la bataille, Aithusa descendait en piqué vers son origine. Lorsqu'elle découvrit ce qu'il s'y passait, elle rugit. Des hommes attaquaient son amie humaine ! Et Morgane semblait avoir du mal à s'en sortir !
La dragonne atterrit lourdement, rugissant de nouveau en gonflant le poitrail et les ailes. De nombreux hommes s'agglutinèrent autour d'elle, criant et tapant des pieds en agitant leurs épées. S'ils croyaient lui faire peur, ils se trompaient lourdement. Son amie était en danger, elle avait besoin d'elle ! Elle se ramassa, prête à bondir, lorsqu'elle entendit un des hommes parler.
- C'est ton amie, là-bas, pas vrai ? demanda l'homme à Morgane en la prenant par le menton.
Morgane ne répondit pas, mais le regard qu'elle donna à Aithusa exprimait tout. L'homme ricana, avant de lancer d'un air féroce :
- Si tu veux qu'elle reste vivante, fais exactement ce qu'on te dit, et reste tranquille bien sagement !
Sur un signe de l'homme, le troupeau qui entourait Aithusa se jeta sur la dragonne, lui écrasant les ailes et l'aplatissant au sol. Aithusa sentit vaguement une corde se refermer autour de son museau, et des chaînes lui entourer les pattes et le cou. Lorsque les hommes s'écartèrent, elle tenta de rugir à nouveau, en vain. La corde agissait comme une muselière, lui fermant le museau et l'empêchant de faire quoi que ce soit. Et lorsqu'elle tenta de décoller, elle fut maintenue au sol par une dizaine d'hommes qui tenaient les chaînes.
« Morgane ! cria-t-elle par la pensée, désespérée. »
Son amie ne répondit pas, toujours affaiblie. Les hommes qui la tenaient lui avaient lié les mains dans le dos, et la poussaient maintenant dans la forêt, les mercenaires qui tenaient Aithusa tirant sur les chaînes pour la forcer à faire de même.
Elles furent conduites devant un homme qui semblait être le chef de tous les autres, et qui déclara froidement :
- Morgane Pendragon, enfin. Vous nous avez donné du fil à retordre, mais maintenant que vous êtes là, n'espérez pas vous en sortir de sitôt. Savourez le temps que vous passerez ici !
Morgane ne réagissant pas, l'homme disparut, les mercenaires conduisant la sorcière et la dragonne jusqu'à un puits où ils les jetèrent presque, deux hommes seulement descendant à leur suite pour accrocher les menottes reliées au mur par des chaînes.
Semblant enfin reprendre contact avec la réalité, Morgane leva les yeux juste avant que la grille du puits soit refermée, à temps pour voir le chef penché vers elles.
- Si vous tentez quoi que ce soit, très chère, votre chère amie le payera lourdement, déclara-t-il sournoisement.
La grille fit un bruit mat en se refermant. Dans l'obscurité, Morgane observa les contours du puits : Aithusa était forcée de se rouler en boule, et même ainsi elle prenait presque toute la place de la cellule. La dragonne lui toucha le visage de son museau, rassurante, avant de déclarer :
« Ne t'inquiète pas, tout ira bien. »
Morgane en doutait. Elle ne récupérerait pas pleinement sa magie avant plusieurs jours, peut-être même une semaine, d'ici là l'homme pourrait faire ce qu'il voulait. Elle n'avait pas été capable de protéger la dragonne. Sa haine envers Merlin grandit encore : c'était à cause de lui si elle se retrouvait dans une situation pareille.
oOoOo
Un point pour qui devine qui est ce mystérieux homme qui a capturé Morgane et Aithusa !
