- Dis-moi, Merlin, pourquoi Morgane voulait te tuer ? demanda Arthur.

Ils étaient tous installés autour d'un feu de camp, Merlin enveloppé dans la couverture qu'Arthur lui avait donné. Ils avaient chevauché tranquillement aujourd'hui, n'étant pas pressés de rentrer. Plus personne ne risquait rien maintenant, la seule chose dont ils avaient à s'inquiéter étaient les patrouilles, mais tant qu'ils monteraient la garde à tour de rôle ils ne seraient pas surpris.

Merlin soupira. Cette question était inévitable, mais il aurait aimé avoir au moins une nuit de sommeil avant d'y répondre. Il espérait juste qu'Arthur accepte d'avoir les détails de l'histoire plus tard, quand ils seraient de retour à Camelot.

- Il existe une vieille prophétie concernant Emrys, répondit-il. C'est le sorcier le plus puissant de tous les temps. Il est destiné à être la perte de Morgane. Je suis ce sorcier.

Arthur et les autres en restèrent bouche bée. Merlin était le plus puissant sorcier qui existerait jamais ? Alator, lui, resta tranquillement allongé près du feu, prêt à aider Merlin si nécessaire. Il savait déjà tout ce que le magicien racontait, et l'entendre raconter cela à ses amis l'emplissait de joie.

- Depuis l'accident avec les Dorochas, poursuivit Merlin, elle recherche Emrys pour le tuer et pouvoir prendre le trône de Camelot.

- Et comment a-t-elle su que c'était toi ? demanda Léon.

A ce moment, Merlin regarda Alator avec une pointe de tristesse dans les yeux. Le Catha pouvait peut-être continuer à vivre, mais il était coincé dans le corps d'un loup. Tout ça à cause de lui.

- Vous vous souvenez du moment où Gaius a été enlevé ?

Quand tous les chevaliers acquiescèrent, Merlin continua.

- Il a été enlevé par Morgane, et torturé pour qu'elle sache qui était Emrys. Il est au courant de ma magie depuis que je suis arrivé à Camelot, précisa-t-il. C'est Alator qui l'a torturé.

Arthur regarda le loup comme s'il voulait le torturer à son tour.

- Calmez-vous, fit Merlin en levant les bras. Quand il a appris ce à quoi était destiné Emrys, il m'a protégé. Il y a peu de temps, Morgane l'a retrouvé et torturé.

« Si je n'avais pas accepté d'aider la sorcière cette fois-là, rien de tout cela ne serait arrivé, déclara Alator. »

- Ce n'était pas de votre faute, vous ne saviez pas qui j'étais et ce que je devais faire.

« Vous avez failli être tué à cause de moi ! »

- Sans vous, je serais encore un magicien qui se cache dans l'ombre, contra Merlin.

Tous les autres froncèrent les sourcils. Merlin donnait l'impression qu'il parlait tout seul.

- Hum, Merlin ? dit Arthur.

Le magicien détourna le regard de celui d'Alator, et prit conscience que tous les yeux étaient posés sur lui.

- Désolé, s'excusa-t-il. Je vous expliquerai plus tard.

« Il faut qu'on ne communique que par pensée maintenant, pour qu'on ne me prenne pas pour un fou qui parle tout seul, ajouta-t-il pour Alator. »

- Morgane a utilisé l'anthropomancie pour trouver le nom d'Emrys dans les entrailles d'Alator, continua le magicien à haute voix. C'est comme ça qu'elle a su qui j'étais.

Arthur fronça légèrement le nez de dégoût, comme les autres. Morgane était prête à aller jusqu'à faire quelque chose qui la répugnait probablement pour trouver son ennemi juré ? C'était effrayant.

- Très bien, fit-il en se levant. A moins que vous n'ayez d'autres questions, je suggère que nous allions dormir. Je prends le premier tour de garde, continua-t-il en voyant Merlin sur le point de parler et de se lever. Toi, tu dors.

- Mais, Sire…

- Tu as besoin de te reposer. Tu crois que nous n'avons pas remarqué que tu étais épuisé ?

Devant l'insistance d'Arthur, Merlin capitula. Une bonne nuit de sommeil lui ferait du bien. Il attrapa au vol le sac de couchage qu'Arthur lui lança.

- Tu peux prendre mon sac de couchage, je prendrai celui de Léon quand il prendra son tour de garde.

- Merci, dit Merlin.

Visiblement, Arthur ne voulait pas seulement qu'il n'ait pas à se réveiller, il voulait qu'il dorme le mieux possible : le sac de couchage du roi était de meilleure qualité que les autres. Merlin sourit puis déroula les couvertures, avant de s'installer dessus. Il ferma les yeux, prêt à s'endormir.

« Merlin ? demanda Alator. »

« Oui ? »

« Merci. »

« Pourquoi ? »

« Pour m'avoir accepté. Vous auriez pu me rejeter, ou même me tuer après que j'aie révélé votre secret à Morgane. »

« Vous n'avez rien révélé volontairement, elle a utilisé une des méthodes les plus barbares pour obtenir ce qu'elle voulait. Vous n'auriez pas pu faire autrement. »

« Si je n'avais pas quitté mon corps, elle n'aurait pas pu faire ce qu'elle a fait, se morfonda le loup. »

« Elle aurait trouvé un autre moyen pour vous faire plier. »

« Peut-être… Je vous en prie, tutoyez-moi. Vous êtes mon maître, dans tous les sens du terme, il est injuste que vous me vouvoyez. »

« Seulement si vous faites de même, répondit Merlin. »

« … Très bien. »

Le magicien n'en démordrait pas, il n'avait pas le choix. Après cela, Alator ferma les yeux et posa la tête sur ses pattes. Il avait encore un peu de mal à s'habituer à son corps de loup, même si c'était agréable de tenter cette expérience.

Merlin, quant à lui, sourit avant de se tourner. L'avenir promettait d'être bon, avec Arthur au courant pour sa magie et Alator à ses côtés. La prochaine fois que Morgane attaquerait, ils seraient prêts, et elle échouerait.

oOoOo

Le retour à Camelot se fit en fanfare, la foule s'amassant dans la rue pour accueillir le roi et ses chevaliers. Cinq jours après le retour d'Elyan, chacun était impatient de voir revenir les autres. L'annonce de leur arrivée rassembla une bonne partie des gardes dans la cour, ainsi que les chevaliers, la reine, Elyan et Gaius. Les membres de la cour étaient également présents, avides de voir dans quel état leur roi revenait.

Les revenants, eux, étaient un peu moins joyeux que la population de Camelot. Ils avaient vu les cadavres de la patrouille d'Odin, puisqu'ils avaient suivi exactement le même chemin qu'Elyan. Rien n'indiquait que le chevalier s'en était sorti indemne, et leur inquiétude ne se dissipa que lorsqu'ils le virent souriant à côté de Gwen.

Dès qu'ils mirent pied à terre, des gardes vinrent prendre les chevaux pour les emmener aux écuries. Arthur alla directement voir Gwen, tandis que Gaius venait serrer Merlin dans ses bras. L'inquiétude qui ne l'avait pas quitté depuis que le magicien avait disparu, y compris quand Elyan avait rapporté les bonnes nouvelles, le quitta enfin, pour laisser la place à un grand soulagement.

Merlin lui rendit son étreinte, heureux d'être de retour à Camelot. Dès que Gaius le lâcha, ce fut au tour de Gwen de le prendre dans ses bras, ayant fini ses retrouvailles avec son mari. Les membres de la cour, ayant satisfait leur curiosité, se rassemblaient déjà dans la salle du conseil, et Arthur soupira, sachant ce que ça signifiait. Il allait à son tour devoir faire un rapport devant eux, ils ne le laisseraient pas tranquille tant que ce ne serait pas fait.

Le roi emboîta le pas aux conseillers, après avoir demandé à deux gardes d'emmener le Southron prisonnier aux cachots et de n'autoriser personne à le voir. Merlin le suivit. Il devait être présent, après tout c'était lui la victime dans tout cela, même s'il n'en avait aucune envie. Il aurait largement préféré aller dans les appartements de Gaius, pour discuter avec le médecin et attendre tranquillement que la nuit tombe afin d'aller rechercher Alator. Ils avaient dû laisser le loup à l'orée de la forêt qui bordait Camelot, avec la promesse que si quelque chose tournait mal, il contacterait Merlin sur le champ. Voir un loup déambuler dans les rues de la cité aurait pu éveiller les instincts barbares de certains habitants, ce n'était pas un risque à prendre. Il avait été convenu qu'une fois la nuit tombée, Merlin le rejoindrait pour lui permettre de passer les gardes et rejoindre la chambre du magicien.

Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas les regards insistants que les conseillers lui jetaient. Ceux-ci étaient facilement interprétables : Arthur était parti à la recherche de son serviteur, sans se soucier de ce qu'ils pourraient penser et sans même les prévenir. C'était la reine qui avait dû se charger de répondre à leurs questions, et elle n'en savait guère plus qu'eux. Sans compter que Merlin portait toujours la cape du roi, qui avait refusé de la récupérer même quand ils étaient arrivés en vue de Camelot.

- Votre Majesté, auriez-vous l'obligeance de nous expliquer pourquoi vous êtes parti ainsi à la recherche de votre serviteur ? Votre départ soudain nous a laissé perplexe, demanda un conseiller une fois qu'ils furent rassemblés dans la salle.

Arthur soupira. Il se doutait de ce que pensaient chacun des hommes présents ici, et les explications ne faisaient probablement que commencer.

- Je suis sûr qu'Elyan vous a donné les raisons de cet acte, répondit-il. N'est-ce pas ?

Elyan, qui commençait à s'inquiéter de ne pas pouvoir raconter à Arthur ce qu'il avait dit, saisit l'allusion et s'éclaircit la gorge.

- Bien sûr, Sire, dit-il. Je leur ai raconté notre combat contre les Southrons, dans le royaume d'Odin, afin d'empêcher nos ennemis d'obtenir des informations sur Camelot.

Il en disait autant que possible sans indiquer clairement tous les faits comme si le roi n'avait pas été là. Arthur sourit presque imperceptiblement, satisfait.

- Comme vous pouvez le voir, cette mission n'avait pas seulement pour but de sauver un homme…

Merlin releva la tête en entendant cela. Bien sûr, Arthur ne pouvait pas montrer qu'il s'était rongé les sangs pour son serviteur en public. Mais le roi était parti, au départ, uniquement pour le sauver, se fichant de ce qui pourrait arriver.

- … c'était également pour empêcher nos ennemis de conquérir Camelot, acheva Arthur. C'était une mission d'une importance capitale. L'un d'entre vous a-t-il quelque chose à ajouter ?

- De quels ennemis parlez-vous, Sire ? demanda un autre conseiller.

- Ce sont des Southrons que nous avons affronté. Nous pouvons donc en conclure que Morgane était derrière tout cela. Ce n'est malheureusement guère surprenant.

- Comment avez-vous réussi à la vaincre ? Avec tout le respect que nous vous devons, Sire, elle utilise la magie, et nous avons tous déjà vu ce qu'elle peut causer, continua l'homme.

Arthur tourna brièvement le regard vers Elyan, qui répondit en secouant très légèrement la tête. Evidemment, ce point n'avait pas encore été éclairci, sinon l'homme n'aurait pas posé la question.

- Elle n'était pas présente, répondit-il. Nous supposons qu'elle allait arriver, et que les Southrons avaient décidé de commencer le travail pour la satisfaire. Une interrogation du prisonnier que nous avons ramené vous confirmera ces faits.

C'était un pari risqué, il le savait. Après tout, il ignorait ce que Morgane avait raconté à Bard, encore plus si elle lui avait donné les vraies raisons de l'enlèvement de Merlin. Mais ça permettait de clouer le bec aux conseillers.

- Nous en discuterons demain, quand nous aurons tous eu une bonne nuit de sommeil.

Les conseillers comprirent et baissèrent la tête avant de sortir. Seul Merlin resta dans la pièce, le temps d'enlever la cape d'Arthur et de la tendre au roi. Il ne serait pas bien vu s'il se promenait dans le château avec la cape du roi.

- Va te reposer, Merlin, dit Arthur. Tu as jusqu'à la grande cloche.

Le magicien sortit à son tour, pour se diriger droit vers les appartements de Gaius. Le médecin y était déjà retourné, attendant impatiemment le retour de Merlin.

- Merlin ! cria-t-il presque lorsque le magicien entra. Raconte-moi tout !

Merlin soupira avant de s'asseoir, Gaius en face de lui. Après ça, peut-être qu'il pourrait dormir un peu, après s'être lavé.

- C'est Morgane qui était derrière tout ça. Elle a découvert que j'étais Emrys en torturant Alator, le Catha. Elle comptait très certainement me tuer, mais Kilgharrah m'a aidé, et Arthur et les autres sont arrivés à ce moment.

Gaius se raidit, soucieux. Si Arthur avait vu Kilgharrah, alors…

- Il sait que j'ai des pouvoirs magiques, et il les accepte. Vous imaginez, Gaius ! Je n'aurai plus besoin de me cacher maintenant ! dit Merlin avec un sourire sur le visage.

Il se réjouissait franchement qu'Arthur sache, plus aucun secret ne les séparait désormais.

- Je comprends, Merlin, répliqua Gaius avec un sourire. Va te reposer maintenant, tu l'as bien mérité. Tu me raconteras les détails plus tard.

- Réveillez-moi avant que la grande cloche sonne, si je ne le suis pas déjà. Je vous expliquerai à ce moment.

Gaius acquiesça, et Merlin monta dans sa chambre pour se laver. Une fois propre, il revêtit des vêtements intacts, fourra sa chemise et son pantalon usagés dans un coin et s'installa dans son lit, ravi de retrouver un matelas moelleux.

oOoOo

Des coups sur la porte le tirèrent de son sommeil, Merlin ouvrant les yeux pour voir la porte de sa chambre s'ouvrir et Arthur passer la tête à l'intérieur. La grande cloche n'avait pas encore sonné, sinon Gaius l'aurait déjà réveillé. Alors que faisait-il là ?

- Je viens avec toi, annonça abruptement Arthur. Pas question que tu sortes seul dans les bois pour l'instant.

Merlin soupira. Il l'aurait parié. Si ça continuait, Arthur ne le laisserait pas mettre un pied dehors sans protection. C'était beau de voir son inquiétude, mais un peu lassant aussi.

- Très bien, capitula-t-il en se levant. Vous ne céderez pas de toute façon.

Arthur sourit innocemment avant d'ouvrir pleinement la porte, permettant à Merlin de voir comment il était habillé. Par-dessus sa cotte de mailles, le roi portait une cape bleu nuit avec une capuche, une qu'il ne mettait que lorsqu'il ne voulait pas être vu. Au moins, il avait eu la clairvoyance de ne pas mettre que sa cotte de mailles, qui aurait reflété la lumière des torches comme un miroir.

Gaius haussa les sourcils lorsqu'il vit Arthur redescendre les marches, suivi de Merlin. Le roi ne lui avait pas donné les raisons de sa visite, même s'il se doutait que ça avait un lien avec ce que Merlin lui avait demandé.

- Nous allons chercher Alator, déclara Merlin, décidant d'y aller droit au but.

- Mais… il n'est pas mort ? demanda Gaius, perdu.

- Il est vivant… plus ou moins. Mieux vaut que vous voyez par vous-même, répondit le magicien.

- Ne faites rien d'imprudent, dit simplement le médecin.

Merlin sourit, avant d'enfiler sa veste et de sortir, suivi d'Arthur. De là, tous deux se glissèrent vers la cour de Camelot, évitant facilement les patrouilles. Arthur observa les yeux de Merlin se dorer tandis qu'il distrayait les gardes, pas totalement partisan. Après tout, c'étaient les gardes qui donnaient l'alerte en cas d'attaque, ils ne devraient pas se faire avoir si facilement.

« Nous sommes en chemin, annonça Merlin à l'attention d'Alator. »

« Je vous attends. »

Merlin et Arthur marchèrent en silence pendant une quinzaine de minutes, se concentrant sur l'endroit où ils posaient les pieds pour ne pas tomber. Il faisait presque nuit noire maintenant, se prendre le pied dans un trou était facile.

Alator se leva lorsqu'ils arrivèrent, ayant entendu leurs pas dans la forêt. Arthur émergea du bois, suivi de Merlin, pour s'avancer dans le petit espace dégagé. Il alla s'asseoir sur une bûche qui se trouvait là, imité par Merlin. Ils avaient un peu de temps avant de devoir repartir pour Camelot, autant en profiter. Le loup retourna s'asseoir là où il était avant qu'ils arrivent.

- Comment on va faire ? demanda brusquement Merlin.

Il ne s'adressait à personne en particulier, c'était plus comme si il réfléchissait à voix haute. Ça n'empêcha pas Arthur de froncer les sourcils, et Alator de le regarder, curieux.

- Quoi donc ?

- Pour que les gens acceptent Alator. Il n'a pas pu venir aujourd'hui de peur que les gens l'agressent, mais le problème sera le même demain.

« Je sais me défendre, assura Alator. »

« Je n'en doute pas un instant, mais face à une foule en colère ? Tu es un loup, un animal supposé sauvage qui attaque l'homme, c'est suffisant pour que certains cherchent à t'éliminer. »

- J'y ai déjà réfléchi. Et j'ai ma petite idée là-dessus, sourit Arthur.

- Et donc ?

Alator releva la tête en fronçant les sourcils – autant qu'un loup pouvait le faire. Il était curieux de voir ce que ce roi avait prévu. Pour qu'il ait l'air si content de lui, il avait dû longtemps y réfléchir.

- Tu verras demain. Vous aussi, continua-t-il en tournant la tête vers le loup. Mais je suis presque sûr que ça vous plaira, à tous les deux.

Après cela, Arthur se leva, indiquant qu'il était temps qu'ils repartent à Camelot. Merlin conjura une boule de lumière pour éclairer le chemin et prit la tête. Passer devant les gardes fut aussi facile qu'à l'aller, et Gaius ne cacha pas sa surprise en voyant un loup débarquer dans ses appartements. Ce n'était pas vraiment ce à quoi il s'était attendu quand Merlin lui avait assuré qu'Alator était « plus ou moins vivant ». Un loup ? Il avait pris le corps d'un loup ? Mais comment c'était possible ?

« Dis-lui que Morgane a utilisé l'anthropomancie sur mon corps, et que j'étais coincé en esprit, suggéra Alator. C'est un érudit, je suis sûr qu'il comprendra. »

Merlin répéta la phrase d'Alator, et attendit de voir comment allait réagir le vieil homme. Gaius se contenta d'un « ah ! » et sourit de compassion.

« Je ne veux pas de compassion, commenta gentiment Alator. J'ai pu intégrer le corps d'un loup, et j'en suis heureux. »

Gaius continuant de sourire, Merlin soupira avant de se diriger vers sa chambre, suivi du loup. Arthur les avait laissés à un croisement, jugeant que Merlin saurait se débrouiller seul jusqu'aux appartements du médecin. Une fois dans sa chambre, le magicien alla chercher quelques couvertures dans son placard, les déplia et les posa sur le sol, laissant à Alator le soin de les installer correctement.

« Ça te va ? demanda-t-il. Désolé, je ne peux pas faire mieux, à moins que tu veuilles dormir sur mon lit. »

« C'est très bien comme ça. Merci, Merlin. »

Merlin sourit avant de s'installer dans son lit pour dormir.

oOoOo

- Ce loup a sauvé la vie de mon serviteur, déclara solennellement le roi le lendemain. Il l'a défendu, alors qu'aucun autre animal n'aurait osé le faire dans une situation pareille. Il appartient désormais à Merlin, et quiconque y touchera devra répondre de ses actes devant la reine et moi.

Ils étaient tous rassemblés dans la salle du trône, Arthur fièrement habillé dans sa cape. Merlin, Alator, Gwen et lui s'étaient réunis dans la salle avant que les membres de la cour arrivent, et alors qu'il faisait sa déclaration le loup se tenait assis bien droit à côté du magicien. La manière dont le roi avait déclaré ces mots ne laissait aucun doute possible quant à sa décision : elle était sans appel. Rien de ce que quiconque dirait ne le ferait changer d'avis.

Voyant cela, les conseillers s'inclinèrent, intérieurement peu satisfaits de la situation. Certains grognèrent même dans leur barbe. Ils allaient vraiment devoir laisser un loup se promener tranquillement dans le château ?

Choisissant de ne rien dire pour le moment, ils sortirent après la dernière phrase d'Arthur :

- Je vous charge de diffuser cette information dans toute la cité. D'ici la fin de la journée, je veux que tout le monde soit au courant.

« Merci, pour ce que vous venez de faire, déclara à son tour Alator une fois qu'ils furent tous partis. Ça représente beaucoup pour moi. »

- Je vous en prie, répondit Arthur une fois que Merlin eut répété. C'est la moindre des choses, après ce que vous avez fait pour Merlin.

Alator sourit, avant de sortir, suivi de Merlin. Dans quelques jours, l'excitation qu'allait causer la présence du loup se calmerait, et ils avaient tout un château à convaincre qu'un loup n'était pas forcément dangereux. Du travail en perspective, mais qui ne leur faisait pas peur. La vie était belle parfois, et c'était le cas en ce moment pour le magicien qui se trouvait à nouveau auprès de tous ses amis.