Réponses et commentaires inutiles par rapport aux reviews du chapitre précédent :

Lassa-Liam : C'est sûr qu'Harry a appris beaucoup de choses personnelles sur lui... Pour le chapitre d'avant, je sais que le changement de point de vue de Remus à Harry est un peu brutal mais je voulais une nette coupure, un peu comme deux parties de cette fic. Visiblement, c'est raté, tant pis ;p

Polkanimal : Merci beaucoup ^^ Les poupées russes sont une bonne métaphore pour ce chapitre, c'est vrai que c'est un peu le but que je recherchais ;p C'est cool de voir que ça t'ait donné cette impression ;p

Paprika Star : Je trouve aussi que les pensines sont géniales ;p


Descendant les escaliers pour aller prendre son petit-déjeuner avant que qui que ce soit ne commence à s'inquiéter pour lui, Harry se figea néanmoins lorsque Drago passa près de lui, celui-ci semblant cependant rejoindre l'étage contrairement à lui. Et dire qu'Harry avait espéré ne jamais devoir partager le moindre repas aux côtés du blond... Visiblement, il pouvait oublier cette idée, c'était de toute façon fichu d'avance.

Tressaillant légèrement lorsque Drago posa un regard méprisant sur lui, Harry ne put qu'éviter soigneusement de croiser ses yeux et s'empresser de descendre quatre à quatre les marches, priant pour que l'ancien Serpentard ne se rende pas compte de son trouble. Il ne doutait pas une seconde que ce dernier choisirait de lui arracher le cœur et les tripes si jamais il apprenait ce qu'il avait découvert la veille.

Tout comme il risquait de le faire payer à Teddy, d'ailleurs... À moins qu'il n'ait l'immunité en tant que petit-frère...

Enfin de toute façon, Harry n'avait pas l'intention de tester cette hypothèse. Il était déjà bien assez chamboulé pour ne pas en rajouter avec la future et probablement affreuse vengeance de Drago. Enfin il n'était pas idiot, le jeune homme finirait forcément par s'en apercevoir un jour ou l'autre, même si Harry tenterait sans aucun doute en courageux Gryffon de le lui cacher le plus longtemps possible...

- Bonjour, Harry. Tu viens de croiser Drago, non ? Il est parti réveiller Teddy.

- Mmh, oui... Bonjour, Remus.

Le loup-garou semblait toujours aussi enjoué que d'habitude, ce qui aurait normalement dû le rassurer. Seulement, pour Harry, l'image du père préoccupé par son fils vint immédiatement s'y superposer, ne faisant que le troubler davantage au contraire. Un peu comme s'il ne saisissait que maintenant la véritable histoire de toute la famille Lupin-Malefoy...

- Harry, tu te sens bien... ? Tu es tout pâle... Est-ce que ça va ?

- Ce n'est rien, je dois juste avoir... un peu faim. Ça va passer.

Son mensonge tenait debout et Harry en était le premier surpris. Néanmoins, Remus semblait vaguement sceptique. Enfin il continuait de sourire avec cette douceur qui le caractérisait, bien sûr, mais lorsqu'ils choisirent tous deux de s'asseoir à table, Remus prit soin de lui démontrer qu'il n'était pas dupe et qu'il se doutait que sa gêne n'était pas seulement due à sa prétendue hypoglycémie...

- Tu sais, il ne faut pas t'inquiéter par rapport à Drago. À cause de la guerre, il a pris l'habitude de repousser tout ce qu'il aime pour éviter de s'y attacher et de montrer qu'il a besoin d'aide et d'affection. Au début de son adoption, Teddy avait exactement le même réflexe que lui.

- Vraiment... ?

- Pourquoi as-tu été obligé de me ramener de force après ma stupide fuite, à ton avis ?

Cette fois, ce fut ses propres souvenirs qui lui revinrent en mémoire. En effet, peu après l'adoption de Teddy, Remus avait pris la fuite, persuadé qu'il ne serait jamais un bon père pour cet enfant. Enfin il faut dire que Drago manifestait déjà clairement son "envie" de devenir Mangemort et Lucius passait beaucoup plus de temps au travail que près de son compagnon, ce qui ne l'avait certainement pas aidé à croire en lui...

Mais au final, Harry avait gagné son titre de parrain en le renvoyant illico presto auprès de ses proches.

Et en voyant combien toute cette petite famille était unie, il fallait avouer qu'Harry était heureux d'avoir ordonné à Remus de la conserver. Bien sûr, le loup-garou aurait sans doute fini par les rejoindre un jour ou l'autre, ne serait-ce qu'en comprenant qu'ils avaient tous besoin les uns des autres, lui-même autant que son mari et ses enfants d'ailleurs... Mais Harry était tout de même heureux d'avoir aidé à les rassembler dès cet instant.

- Tu sais, j'étais persuadé que Teddy me haïssait à ce moment-là, poursuivit finalement le lycanthrope avec une pointe de nostalgie. Après tout, il acceptait Lucius qui avait pourtant peu de temps à lui consacrer... Et il restait toujours auprès de Drago qui ne cessait de le repousser... J'étais le seul qui faisait tout pour lui plaire, qui lui avait même offert son nom, et qu'il refusait pourtant d'accepter près de lui.

- Vraiment... ? Drago... le repoussait ?

- Juste au début... pour la forme. Histoire de montrer qu'il restait notre fils à forte tête qu'on ne devait surtout pas oublier. Mais comme tu as pu le remarquer, ces deux-là sont bien vite devenus complètement inséparables...

Au moins, cette remarque aida Harry à retrouver le sourire. Là-dessus, aucun doute, les deux frères s'appréciaient et s'aimaient, sans doute même plus que tout au monde. En fait, ils avaient même l'air de se connaître mieux que personne... Au point de savoir dénoncer l'autre, malgré les risques par rapport à leur relation, quand ils le jugeaient nécessaire ? La plus grande des loyautés exigeant pour survivre de petites trahisons...

Relevant la tête en entendant les marches d'escalier grincer de plus en plus fort, Harry ne tarda pas à y voir apparaître Drago, ce dernier tentant plutôt difficilement de garder entre ses bras le petit Teddy déjà un peu trop grand pour encore être porté par son grand-frère. Et pourtant, le cadet n'hésitait pas à s'accrocher paresseusement à son cou, son pyjama à moitié déboutonné et ses cheveux aussi en bataille que ceux de son parrain indiquant clairement qu'il venait tout juste d'être extirpé de force de son lit...

Déposant doucement son petit frère sur sa chaise, Drago tiqua en constatant que la sienne était placée juste en face d'Harry, s'y asseyant cependant sans la moindre remarque, préférant ne pas risquer de s'opposer au choix de ses parents en sachant qu'il devrait aussitôt justifier sa conduite. Et le matin, sans sa tasse de chocolat chaud, Drago Malefoy n'avait de toute façon pas la force de se plaindre de quoi que ce soit et surtout de qui que ce soit...

- Bonjour, les enfants. Teddy, c'est extraordinaire que ton frère puisse encore te porter à ton âge sans s'effondrer, tu sais... alors par pitié, un jour ou l'autre, apprends à te lever et à descendre les escaliers tout seul.

- Maiiis... c'est trop tôt d'abord... et puis, je suis trop fatigué...

- On se lève tous très tôt pour pouvoir aller chercher tes fournitures, jeune homme, rappela Lucius. Tu serais donc prié de ne pas trop te plaindre...

- Ah... oui, c'est pas faux... Désolé, parrain Harry, grand-frère Drago...

- Et nous, alors ?

- Ben vous, vous êtes mes parents, c'est aussi à ça que vous servez, répliqua immédiatement Teddy, volontairement provocant vu son large sourire.

- Fils ingrat... Grognèrent en cœur les deux concernés, faussement irrités.

Amusé de voir le petit Teddy attaquer fièrement son assiette, Harry ne put s'empêcher de laisser son regard dériver vers celle de Drago, remplie de... pains au chocolat et de croissants. En plus du chocolat chaud encore fumant que Drago sirotait avec bonheur, ce petit-déjeuner semblait finalement plus français qu'anglais. Et malgré toutes les années qu'il avait passées à l'épier de la table des Gryffondors, Harry n'avait jamais réellement prêté à attention à cet intérêt particulier pour la cuisine française...

Néanmoins, étant donné que le blond était le seul à avoir une assiette différente de tous ceux étant assis à cette table, Harry devait bien être le seul à ne pas connaître les goûts de Drago... Au final, Teddy n'avait sans doute pas tout à fait tort, le brun ne savait sans doute pas assez de choses sur son "ennemi" pour réellement prétendre le connaître, même après toutes ces années à Poudlard.

Se disputant intérieurement pour toujours ressasser le même problème, Harry choisit finalement de reporter toute son attention sur son propre petit-déjeuner, relevant la tête de son bacon le moins possible. Drago, lui, ne semblait pas le moins perturbé du monde, dévorant ses viennoiseries avec un plaisir évident, fermant parfois les yeux de délice.

Une vision qui n'aurait pas dû autant gêner Harry, d'ailleurs...

- Dis, parrain... Tu stressais, toi, à ta première rentrée... ? Parrain ? L'interpella Teddy, le sortant finalement de ses pensées existentielles.

- J-Je... Je n'ai pas vraiment eu le temps de stresser, en fait... Après tout, je ne connaissais même pas l'existence de Poudlard avant d'y entrer. Tout s'est enchaîné plutôt rapidement pour moi, tu sais.

- Mais... même si tu ne connaissais personne au début, tu t'ais quand même fait des amis à force, hein ? Je veux dire, moi non plus, je connais pas grand-monde... Enfin si, les Weasley, c'est sûr... Et puis Nymphadora, même si elle est même pas en première année...

Étonnamment, alors qu'Harry allait rassurer le futur écolier qui semblait finalement assez angoissé par rapport à sa prochaine rentrée, un vague grognement détourna son attention, sa surprise s'accentuant en constatant qu'il avait été émis par Lucius Malefoy. D'ailleurs, en voyant Remus soupirer et lever les yeux au ciel comme s'il s'agissait en fait d'un très vieux conflit, Harry en fut presque encore plus troublé.

Mais finalement, ce fut Teddy qui se décida le premier à éclairer sa lanterne.

- 'Dora est folle amoureuse de Papa Mumus... À chaque fois qu'elle le voit, elle rougit et devient toute timide. Et ça énerve toujours Papa Lulu. Pourtant, c'est pas grave, elle est trop petite pour papa de toute façon !

- Exactement ! Je pourrais comprendre si jamais l'écart d'âge entre nous deux était ne serait-ce qu'acceptable et si je n'avais jamais connu Ted et Andromeda... Et si je n'étais ni gay ni amoureux de cette tête de mule, aussi, bien sûr, c'est évident... Mais là...

- Peu importe, ce n'est pas un sentiment rationnel, c'est juste... une mauvaise intuition... concernant cette... fille...

Aussitôt, Remus secoua la tête de droite à gauche, à la fois amusé et désespéré par cette jalousie qu'il jugeait probablement illogique et stupide, tentant d'apaiser Lucius qui serrait désormais les dents à la simple évocation de sa... "rivale". Pourtant, Harry était plutôt de l'avis du loup-garou ; Dans cette vie, il était assez évident que la petite Nymphadora n'avait aucune chance face au véritable compagnon de Remus...

Surtout qu'en effet, le couple Lupin-Malefoy avait été particulièrement proche de ses parents lorsque ces derniers étaient encore en vie. Au point qu'après la mort de Ted Tonks, Lucius et lui avaient pris la décision de nommer leur fils adoptif exactement comme celui-ci pour lui rendre hommage... Alors évidemment, ce serait probablement pour le moins étrange pour Remus de considérer leur fille autrement que comme une... petite fille, non ?

- Bon, terminons-là cette discussion stérile. Dépêchez-vous de terminer votre petit-déjeuner et allez tous vous préparer, dans une heure, on doit tous être en route pour le Chemin de Traverse !


- Drago, Drago ! Je l'ai trouvé, regarde ! Elle est vraiment trop mignonne en plus !

Secouant la tête de droite à gauche avec un certain amusement, le blond accepta finalement de s'avancer vers son petit-frère pour pouvoir observer la petite bête que son frère semblait déjà avoir adopté. Un chat, évidemment. Enfin une chatte plus précisément. Et à en croire ses yeux perçants et la fiche fièrement exposée sur les barreaux de sa cage, un siamois.

Enfin Drago n'avait rien contre l'idée d'adopter cette siamois, au contraire, ce chat semblait être un parfait compagnon pour Teddy... seulement...

- Une femelle... ? Tu sais, je crois que ce serait peut-être plus simple de prendre un mâle...

- Pourquoi ? T'es devenu sexiste, maintenant ? C'est nul !

Teddy avait l'air sérieusement sur la défensive, enlaçant son chaton comme pour le protéger de tous ceux voulant le lui reprendre des bras, des ronronnements doucereux s'échappant déjà de la petite boule de poil affectueuse. Drago et Harry venaient pourtant tout juste de passer la porte d'entrée de la Ménagerie Magique mais Teddy semblait déjà tout à fait sous le charme de sa nouvelle amie.

Pourtant, Harry se souvenait parfaitement que leurs parents avaient spécifié à Drago de choisir un mâle plutôt qu'une femelle, sans doute pour éviter l'ennui des petits, avant de se disperser pour récupérer plus vite les fournitures scolaires de Ted. Autrement dit, Drago aurait dû insister un peu plus et lui demander de choisir un autre animal, avec sa froideur habituelle. Sauf que le jeune homme se contenta de rire et... de céder.

À croire qu'il n'y avait qu'avec Harry que ce dernier restait buté sur ses positions...

- D'accord, d'accord. Comme tu veux. Après tout, c'est ton chat, c'est à toi de choisir. Et puis, elle est plutôt mignonne, j'avoue... Alors on va dire que c'est moi qui me chargerai de convaincre les parents.

- Yes ! Merci, grand-frère !

Entreprenant de gratter derrière les oreilles de l'adorable chaton, Drago n'ajouta rien de plus, les ronronnements de la petite bête se décuplant tellement que ceux-ci surprirent Harry. Peut-être parce qu'il avait déjà entendu dire que les animaux n'appréciaient que les gentilles personnes... Enfin bien sûr, cette légende était probablement plus qu'infondée vu la relation tendue entre Ron et Pattenrond.

Mais quand même... Drago paraissait mille fois plus gentil et doux avec ce chaton qu'avec lui, le câlinant aussi attentivement et gentiment que pouvait le faire Teddy. Non pas qu'Harry soit jaloux du petit animal mais il fallait reconnaître qu'être toujours ignoré et méprisé commençait petit à petit à sérieusement le déranger...

- Et quel prénom tu lui as choisi ?

Baissant timidement les yeux vers le sol, Teddy se dandina d'un pied sur l'autre, marmonnant un nom incompréhensible en rougissant terriblement.

- Pardon ? Je n'ai pas du tout compris ce que tu viens de dire...

- Vicky... Elle s'appelle Vicky.

- Hum hum...

- Sans commentaire, grand frère.

Visiblement, Teddy n'avait pas choisi ce nom par hasard, même si Harry ne comprenait pas vraiment pourquoi ce choix faisait autant sourire l'aîné Malefoy. Cependant, en voyant Drago se saisir de la fiche du chaton et se diriger vers la vendeuse pour demander à en devenir le propriétaire, Harry en profita pour le suivre, espérant ainsi obtenir une réponse à ses interrogations... et peut-être enfin réussir à discuter tranquillement avec le jeune homme pour une fois.

- Pourquoi est-ce que si amusant que Teddy appelle le chaton "Vicky" ?

- On ne se parle pas, Potter. Ne l'oublie pas.

- S'il te plaît... Drago...

Le jaugeant un long moment du regard, Drago finit par hausser les épaules avec nonchalance, repartant en direction de la caisse, si bien qu'Harry crut un instant qu'il n'obtiendrait jamais de réponse. Et pourtant, lorsque le jeune homme sortit son porte-monnaie et fit semblant de concentrer toute son attention dessus, ses lèvres se remirent à bouger et - ô miracle - ses paroles furent bel et bien adressées à Harry.

- Teddy craque pour la fille Weasel... celle de Bill et Fleur... et elle s'appelle Victoire. Autrement dit, tout le monde la surnomme Vicky. D'où le nom du chat. J'imagine que tu connais cette énième Weasel.

- Ted est amoureux de Victoire ?

- Bravo pour cette incroyable déduction, Potter.

- Onze gallions, s'il vous plaît. Si vous les avez encore...

Si Harry tiqua en entendant le commentaire de la vendeuse, Drago ne réagit pas, se contentant de tendre son argent à celle-ci sans un mot, ne semblant pas se poser de questions à propos des paroles pourtant suspectes de la jeune femme.

Des propos qui empirèrent lorsque Drago et Harry commencèrent à s'éloigner et que celle-ci se mit à piailler avec l'une de ses collèges sans la moindre discrétion...

- C'est une honte, les Mangemorts devraient tous être enfermés à Azkaban maintenant... Et eux se baladent tranquillement dans les rues avec toute leur petite famille comme si de rien n'était...

- Attends mais Malefoy n'était pas du bon côté finalement ?

- Tu parles... Tu sais ce qu'on dit, y a pas d'effluve sans chaudron... Et puis, il a été élevé par deux hommes... ça a dû laisser quelques traces... D'ailleurs, l'autre homme, ça doit être son... tu vois quoi... Et ils se baladent ensemble devant son petit-frère en plus...

- Hey !

Si Harry avait bien l'intention d'intervenir le discours de ces deux homophobes de base et de défendre le jeune homme qui ne méritait pas un tel jugement, Drago se saisit de son bras pour le traîner derrière lui, ne désirant visiblement pas attirer l'attention sur eux. Et au fond, sans doute avait-il raison, même si Harry aurait aimé pouvoir confronter son avis à celui très arrêté de la jeune femme qui n'avait visiblement rien compris à la complexité du rôle de Drago durant la guerre.

Ni même que le fait d'être homosexuel n'était pas forcément signe d'un traumatisme profond... Après tout, ce n'était plus considéré comme une maladie depuis un bon moment maintenant ! Et les enfants de deux homosexuels pouvaient parfaitement être hétérosexuels, ce n'était pas contagieux comme elle semblait le croire...

Sauf que rien que pour pouvoir accéder au Chemin de Traverse sans être submergé par ses fans, encore plus nombreux maintenant qu'il était devenu Celui-qui-a-Vaincu comme les journaux aimaient l'appeler, Harry avait dû ruser avec plusieurs sortilèges visant à modifier son apparence, du moins aux yeux des inconnus qu'il était obligé de croiser sur une rue aussi fréquentée que le Chemin de Traverse. Alors il valait sans doute mieux qu'il reste le plus discret possible.

Et pourtant, cette fois, Harry aurait apprécié pouvoir profiter de son image de Sauveur pour faire la leçon à ces filles sur ces paroles si dangereusement simplistes...

- Reste discret, Potter. Ne joue pas au héros outragé à la moindre occasion ou quelqu'un finira forcément par te reconnaître, abruti.

- Mais... ces filles...

- Si elles sont assez stupides pour croire à ce qu'elles disent, c'est leur problème. Ni le tien, ni le mien. Alors ferme-là une bonne fois pour toute, bon sang.

Et dire que durant quelques secondes, Harry s'était imaginé que cette conversation à propos de Teddy et Victoire allait peut-être enfin signer le début d'une toute nouvelle relation, sans haine et animosité... Finalement, l'ancien Gryffondor avait toujours autant de mal à comprendre son ancien ennemi et ce qui pouvait bien dicter ses réactions et émotions.

A moins que Remus ait raison... Drago était peut-être simplement gêné et repoussait sans doute son aide par réflexe...

- Tu sais... Je voulais juste te défendre... Je ne pensais pas que ça t'énerverait... surtout pas à ce point...

Son ton devait être particulièrement pathétique puisque Malefoy desserra finalement sa poigne de fer de son bras, son ton se radoucissant un peu.

Enfin juste un peu...

- Je sais, Potty. Tu cherches toujours à défendre tout le monde. Mais je ne suis pas une faible victime sans défense, je peux me débrouiller tout seul.

- Bien sûr ! Je n'ai jamais dit le contraire. Seulement... elles étaient tellement injustes...

- Réveille-toi, Potter. La vie elle-même est injuste. Si je devais répondre à toutes les insultes des débiles que je croise, je n'aurais même plus le temps pour ne serait-ce que respirer. Mais ce n'est pas pour autant que je n'en suis pas capable.

- Je sais... Ce n'est pas ce que j'ai dit...

Définitivement, Harry l'avait blessé dans sa fierté en répondant à cette vendeuse à sa place. Même s'il semblait un peu moins remonté contre lui maintenant qu'il venait de lui présenter ses excuses, étrangement. En fait, Drago finit même par lui adresser un petit sourire sans méchanceté mais vaguement moqueur, non sans cependant lever les yeux au ciel et laisser échapper un soupir un peu las.

Mais Harry n'eut pas le temps de le questionner à propos de cette étrange réaction, Teddy revenant vers eux en trottinant joyeusement, le sourire aux lèvres, son nouveau chaton somnolant gentiment désormais contre sa poitrine. Une vision qui apaisa un peu l'inquiétude d'Harry, Drago retrouvant immédiatement son attitude de grand-frère protecteur.

- On va montrer Vicky aux parents ? J'ai trop hâte de la ramener à la maison ! Regarde, elle est juste trop adorable !

- Je sais, je sais, Ted. On y va, ne t'inquiète pas. Pars devant, on te suit.

Obéissant docilement à la demande de son grand-frère, Teddy ne se préoccupa nullement des deux adultes, se doutant que ces derniers finiraient forcément par le suivre de toute façon pour ne pas le perdre de vue. Après tout, Drago ne laisserait jamais son petit frère se balader tout seul à travers le Chemin de Traverse, quand bien même il était préoccupé par la présence de son parrain.

Enfin pour le moment, en vérité, c'était plutôt l'inverse. Et lorsque Drago suivit calmement son petit-frère, ne prononçant alors plus un seul mot, Harry ne put s'empêcher de le retenir en posant sa main sur son épaule. Ce qui lui valut tout de même l'air particulièrement idiot puisqu'il ne réussit pas à prononcer le moindre mot lorsque le blond se retourna vers lui en haussant son intimidant sourcil aristocratique...

- D-Drago... J-Je... Réussit-il à peine à bredouiller après quelques secondes de silence pesant.

Visiblement conscient de son trouble, Drago eut de nouveau ce petit sourire moqueur qui rappelait vaguement à Harry leurs années de scolarité. En moins cruel et mesquin, cependant. Juste de quoi troubler un peu plus l'ancien Gryffondor qui se sentait déjà affreusement mal à l'aise lors de ses discussions plus ou moins forcées avec son ex pire ennemi.

Au point que lorsque Drago enleva sa main de son épaule et l'entraîna derrière lui, entrelaçant inconsciemment ses doigts avec les siens, Harry se sentit rougir...

Bien sûr, l'ancien Serpentard ne faisait pourtant que se dépêcher de suivre Teddy, histoire de ne pas le perdre de vue et pouvoir ainsi rejoindre au plus vite leurs parents qui devaient désormais les attendre. Leurs mains entrelacées ne l'étaient pas... naturellement. Même si les deux vendeuses, dont il croisa d'ailleurs le regard dégoûté en sortant du magasin, semblaient intimement persuadées du contraire...

- Avance, Potter. Tu traînes, je te signale. Et...

- Et... ?

- Et n'essaie pas de t'excuser à propos de ces filles. Ou je vais penser que tu regrettes de m'avoir défendu... Et de ta part, sache que je le prendrai comme un coup bas.

Drago continuait d'avancer d'un pas ferme, empêchant ainsi Harry de croiser son regard. Un peu comme si l'ancien Serpentard était trop gêné par ses propres mots pour pouvoir réellement l'affronter droit dans les yeux, ce qui fit immédiatement sourire le brun.

- ...Compris.

- Ne souris pas non plus comme un débile.

- Pardon.

- Je t'ai dit de ne pas t'excuser !

- D'accord. Je ne le ferai plus.

Visiblement, son ton satisfait agaçait Drago au plus haut point. Peut-être aussi était-ce ses réponses anormalement soumises qui énervaient l'ancien Serpentard. Après tout, en temps normal, Harry aurait répliqué avec beaucoup plus d'agressivité, ce qui les aurait irrémédiablement conduit à se déchaîner l'un contre l'autre, que ce soit simplement en paroles ou bien même... avec leurs baguettes... ou leurs poings.

Mais étrangement, cette fois, Harry voulait tenter une autre technique. Non seulement pour éviter qu'ils se sautent à la gorge au final mais aussi parce que Drago semblait déstabilisé... ce qui le rendait tout simplement adorable.

Évidemment, cette pensée le fit frissonner... d'horreur. Bon sang de Merlin, Harry Potter ne pouvait tout de même pas penser que Drago Malefoy pouvait être adorable, c'était juste contre-nature. Bon, peut-être pas contre-nature étant donné qu'il ne découvrait sa véritable personnalité que maintenant. Mais tout de même, ses amis en feraient sans aucun doute une syncope.

Bien que ce soit... anormalement naturel comme pensée...

- Et arrête de toujours être d'accord avec moi, aussi !

- Toujours aussi teigneux, pas vrai... ?

Aussitôt, Drago cessa de lui donner des ordres, se stoppant juste devant la porte d'entrée de la boutique dans laquelle Teddy venait de s'engouffrer. Et si Harry était persuadé que sa tirade venait de souffler le blond, il s'aperçut bien vite que ce n'était sans doute pas l'unique raison de son soudain silence...

En effet, les deux jeunes hommes venaient tout juste de s'arrêter devant la boutique de Madame Guipure...

- Je savais exactement qui tu étais, finit par m'avouer l'ancien Serpentard.

- ...Pardon ?

- Lorsqu'on s'est rencontré dans cette boutique, je savais que tu étais Harry Potter. Remus m'avait déjà parlé de toi, après tout. Et même sans les enjeux de la guerre... je t'aurais sans doute fait très mauvaise impression, dès le départ.

- Tu veux dire que même sans pression, tu te serais quand même comporté comme un Serpentard arrogant et stupide ?

La tentative de plaisanterie d'Harry tomba immédiatement à l'eau, Drago lui paraissant même encore plus tendu qu'avant. En fait, le blond fut même assez gêné pour de nouveau fuir tout contact visuel, le brun sentant sa main se resserrer légèrement sur la sienne.

- O-Oui... parcequeétaispressionné...

- Hein ? S'exclama Harry avec la plus grande intelligence.

- Oui parce que j'étais trop impressionné pour pouvoir te parler correctement ! Tu m'as toujours rendu nerveux de toute façon ! Voilà, content ?

Clignant les yeux pour marquer son incompréhension la plus totale, Harry finit cependant par assimiler que Drago était en train de lui avouer... quelque chose qui pouvait être qualifié de particulièrement important...

Sauf que la porte d'entrée venait de s'ouvrir, les interrompant brutalement, Teddy en sortant accompagné de ses deux parents. Ces derniers portaient tous de grands sacs contenant probablement les nouvelles affaires de Ted et, en les apercevant, Remus et Lucius en lâchèrent certains de surprise, leurs regards écarquillés suffisant amplement à montrer leur étonnement.

Et si les deux garçons se demandèrent quelques secondes ce qui pouvait causer chez eux une telle réaction, en réalisant que leurs mains étaient toujours liées l'une à l'autre, les deux anciens ennemis s'empressèrent de se lâcher, leurs joues ne tardant pas à brûler de honte en imaginant les mauvaises conclusions que pouvaient tirer les adultes de ce geste un peu trop... significatif.

D'ailleurs, Lucius ne tarda pas à se moquer gentiment d'eux...

- Bien. Je vois que finalement, vous ne vous êtes pas étripés... Au contraire, tout semble s'être plutôt bien passé... voire même très bien passé...

- On peut y aller ? Interrompit soudainement Drago avant que les choses ne dérapent. Je ne crois pas qu'il reste quoi que ce soit à acheter.

Bien sûr, ce brusque changement de sujet n'eut aucun effet sur le sourire entendu de la petite famille qui les observait désormais avec une malice à la fois gênante et irritante. Même Teddy semblait rire sous cape en voyant leurs airs de gamins pris en faute, en fait.

Heureusement pour eux, Remus finit cependant par avoir pitié, ordonnant à toute la petite famille ainsi qu'Harry de le suivre jusqu'à la cheminée la plus proche pour pouvoir rentrer chez les Malefoy au plus vite. Même si sur le chemin, Teddy sembla tout de même faire quelques réflexions au creux de l'oreille de son grand-frère puisque celui-ci le foudroya plusieurs fois du regard sans qu'Harry n'en comprenne réellement la raison.

Bien que celle-ci soit finalement plutôt évidente au fond...


Alors que cette journée avait un peu apaisé les tensions, cette seconde nuit chez les Malefoy fut étonnement éprouvante pour Harry.

Pourtant, la soirée s'était déroulée tout à fait tranquillement. Pendant le dîner, Teddy avait bien entendu essayé de questionner son grand-frère sur la raison qui les avait poussé à se tenir la main en plein lieu public mais Drago avait réussi à le faire taire en faisant remarquer que son nouveau chaton ne s'appelait pas "Vicky" par hasard, ce qui avait finalement grandement soulagé Harry.

Lui-même était déjà assez troublé par cette étrange relation pour ne pas devoir en plus supporter les regards et sourires moqueurs... Surtout que pour l'instant, Harry sentait bien qu'il continuait malgré tout à marcher sur des œufs avec Drago...

D'ailleurs, le jeune homme osa à peine le saluer poliment en haut de l'escalier, lorsqu'ils durent chacun s'éloigner pour rejoindre leur chambre et ainsi aller se coucher. En fait, pas tout à fait, puisque leurs mains s'effleurèrent juste avant de se séparer... mais Harry était persuadé d'être le seul à avoir remarqué ce détail et à être conscient à ce point de la présence de l'autre.

Et si le brun pensait simplement s'endormir et ainsi pouvoir ne plus y penser, en tous cas pas avant le lendemain matin au réveil, les cauchemars qui envahirent son esprit furent pire que tout...

Au fond, ce n'était pas si étonnant. Même si la guerre était désormais terminée depuis un moment, la plupart des nuits de "Celui-qui-a-Vaincu" étaient hantées par le souvenir des morts tombés sur le champ de bataille. Bien sûr, ce n'était pas spécialement original mais Harry n'y pouvait rien, son inconscient refusait de croire qu'il avait le droit de passer ses nuits autrement qu'à hurler et à pleurer.

Parce que bien évidemment, si Harry ne se rendit absolument pas compte qu'il partageait dans son sommeil les cris affolés de ceux qu'il revoyait tomber pour ne plus jamais se relever, ce ne fut pas le cas de tous les habitants de cette maison... Et Harry se réveilla immédiatement lorsque deux bras vinrent le secouer comme un prunier, le forçant ainsi à ouvrir les paupières bien que ses yeux soient embués de larmes, avant de l'étreindre gentiment.

- D... Drago... ?

- Chut... Potter, tu vas réveiller tout le monde si tu continues comme ça... Calme-toi, tu veux...

En fait, Harry n'avait pas conscience des larmes chaudes coulant sur ses joues avant que Drago ne les essuie d'un revers de main, l'autre lui tendant finalement un kleenex. Cependant, pour que le jeune homme ait réussi à l'entendre de sa chambre et se soit assez inquiété pour venir jusqu'à la sienne avec une boîte entière de mouchoirs, Harry avait dû être particulièrement bruyant.

- Allez, Potter... Mouche-toi. T'es tout morveux. Et crois-moi, c'est tout sauf sexy. Ça t'arrive souvent de hurler comme ça en pleine nuit ?

- D-Désolé... Je ne voulais pas vous réveiller...

- Je sais, Potty.

Apparemment, Drago se doutait de la cause de ses cauchemars puisque le jeune homme ne lui posa aucune question à ce sujet, se contentant de l'enlacer jusqu'à ce qu'il arrête de pleurnicher. D'ailleurs, peut-être en avait-il fait lui aussi à la fin de la guerre. Après tout, Harry n'était pas le seul à avoir été traumatisé. Drago avait tout de même perdu sa mère sur le champ de bataille...

Et uniquement parce que celle-ci avait déclaré Harry mort pour permettre la victoire au camp de son fils...

Se mouchant en se faisant la réflexion qu'en effet, il devait être tout sauf sexy à cet instant, Harry prit soin d'éviter le regard du blond qui le dorlotait étrangement, se sentant vaguement honteux de ce comportement un peu pitoyable. Un homme majeur normal ne fondait pas en larmes en pleine nuit. Ou en tout cas, pas au point d'alerter les propriétaires des chambres d'à côté.

Et de se faire consoler par l'un d'entre eux, aussi...

- D-Drago...

- Mmh... ?

- Tu... Tu trouves que je suis pas sexy... ?

Cette fois, sa plaisanterie douteuse sembla faire effet. Les épaules de Drago se mirent à sursauter, celui-ci semblant retenir son rire, bien qu'un léger ricanement réussit finalement par s'échapper de ses lèvres. Et si Harry se sentit vaguement fier de cette réussite, le rire du jeune homme qui résonna à ses oreilles finit surtout par lui envoyer de véritables papillons dans le ventre.

- Si tu arrives à poser ce genre de questions, j'imagine que tu vas un peu mieux. Tu es un véritable idiot, Potter.

- Peut-être. Mais pour une fois, je suis arrivé à te faire rire, non ?

- Pour une fois, pour une fois, Potty. N'en prends pas trop l'habitude non plus.

Sauf que justement, Harry était tout à fait capable d'en prendre l'habitude. Drago le cajolait de la meilleure des façons, ses mains caressant ou tapotant son dos pour tenter de l'apaiser, son nez enfoui dans ses cheveux ébouriffés alors que le visage d'Harry était blotti dans son cou pâle. En fait, Drago était étonnamment gentil avec lui maintenant qu'il était en position de faiblesse.

Finalement, l'ex rouge et or s'apercevait qu'il n'avait jamais permis à personne de le voir dans cet état. En même temps, Harry ne se serait jamais permis d'inquiéter un peu plus Hermione et Ron qui s'en faisaient déjà beaucoup trop pour lui. Et le brun ne se voyait pas parler de ses terreurs nocturnes à qui que ce soit d'autre qu'à ses deux meilleurs amis... Même s'il était étonnamment naturel pour lui d'être rassuré par les bras de Drago...

Et pourtant, Harry ne l'aurait jamais cru lorsqu'il considérait l'ancien Serpentard comme son éternel rival...

Il faut dire qu'Harry ne se serait jamais permis à l'époque de leur scolarité d'être aussi vulnérable près du jeune homme. De toute façon, celui-ci n'aurait sans doute jamais pris le risque de sécher les larmes de celui qu'il était censé haïr plus que tout.

Alors que maintenant, le blond le serrait contre lui comme si ce geste était tout à fait naturel, soupirant paisiblement...

- Ça fait longtemps que je n'ai pas réconforté quelqu'un en le serrant dans mes bras comme ça...

- Tu... Tu veux dire que ça t'est déjà arrivé avant ? Je croyais que tu trouvais que c'était pas sexy de pleurer !

Bien sûr, ça ne le regardait pas du tout. Sauf que sa voix était partie vers les aiguës, semblant indiquer le contraire, un peu comme s'il était indigné par les paroles de l'ancien Serpentard. D'ailleurs, le concerné dut se faire cette réflexion lui aussi, à en juger par son injuste sourire en coin et son ton vaguement moqueur.

- Je ne faisais pas référence à un petit-ami. Je faisais référence à Teddy.

- ...Oh. Teddy... Teddy faisait des cauchemars, lui aussi ?

- Maintenant, c'est devenu assez rare... mais avant, c'était fréquent, avoua finalement Drago après quelques secondes d'hésitation. Il avait entendu dire que les familles homoparentales étaient contre-nature et pensait qu'on allait l'obliger à aller dans une autre famille. Ou bien même le ramener à l'orphelinat. Je ne sais pas qui lui avait mis ça en tête mais ça le terrorisait.

Harry sentit aussitôt ses doigts se resserrer avec force sur les draps. Teddy était son filleul et Harry détestait l'idée que le petit garçon ait été terrorisé par de telles idioties. Surtout en se rappelant que si ce dernier se réfugiait auprès de son grand-frère avant le début de la guerre, durant celle-ci, il en avait été privé et avait probablement dû affronter ses cauchemars... tout seul.

Après tout, ses parents avaient eux aussi été touchés par le départ de Drago... et Teddy n'avait probablement pas dû oser les déranger avec ses propres problèmes...

- D'ailleurs, c'est l'un de mes regrets... Finit par lui avouer le blond, visiblement mélancolique. Ne pas avoir été là pour lui durant la guerre... Ni pour lui ni pour le reste de ma famille d'ailleurs...

- Mais si tu t'es éloigné d'eux, c'était dans leur propre intérêt, non... ?

- Peut-être mais... disons que j'aurais aimé que les choses soient différentes. Même si quelque part, ne pas leur parler de mon rôle d'espion m'a permis d'être un peu plus sûr de moi. Pour tromper ses ennemis, il faut avant tout savoir tromper ses amis et j'étais certain de pouvoir duper les autres Mangemorts si même ma famille pensait que j'étais de leur côté... Et puis, ça m'a permis de rencontrer Narcissa...

Un peu ému par le regard pensif du jeune homme et surtout par son sourire étonnamment doux, Harry ne put s'empêcher de serrer un peu plus l'ancien Serpentard contre lui pour lui montrer son soutien. En fait, le brun prit même un peu d'assurance en se rendant compte que le jeune homme ne réagissait pas, laissant glisser ses lèvres au creux de son épaule, les y déposant en priant pour que ce timide baiser dans le cou passe inaperçu.

Et si son ancien ennemi eut un léger tressaillement, prouvant que ce n'était absolument pas le cas, étrangement, il ne s'en plaignit pas...

- Mes condoléances pour ta mère... Je sais que j'aurais sans doute dû te les présenter bien avant mais...

- C'est rien, Potter, l'interrompit Drago avant qu'il ne s'embrouille encore une fois dans ses propres mots. Je comprends. Et... Merci.

À la plus grande surprise d'Harry, son ancien rival se permit à son tour de parsemer ses cheveux de baisers, déposant ses lèvres aussi légèrement que les siennes, comme si lui aussi espérait que son geste ne soit pas perçu par le brun, faisant battre le cœur d'Harry beaucoup plus vite. Ce n'était pas grand-chose, pourtant. Mais ses lèvres étaient douces et caressantes, bien plus agréables qu'un véritable baiser finalement.

En tout cas, bien plus agréables que les baisers mouillés et collants qu'il avait dû subir lorsqu'il était avec Cho ou Ginny...

En fait, tout était déjà complètement différent de tout ce qu'Harry avait pu connaître avec ses anciennes petites-amies. Au contraire d'elles, Drago était attentif à chacune de réactions, prenant mille précautions en déviant lentement ses baisers vers son cou, semblant craindre autant que lui un soudain rejet, ne prenant confiance que petit à petit et ne se jetant pas sur lui comme s'il était naturel pour lui d'imaginer qu'Harry en avait envie.

Et encore moins qu'il allait forcément lui rendre la pareille au centuple parce qu'il était "le Survivant" et donc forcément quelqu'un d'expérimenté... Surtout qu'en vérité, Harry était plutôt intimidé par les contacts intimes et l'indéniable pression que ceux-ci pouvaient engendrer, du moins en temps normal...

Parce que maintenant que c'était Drago qui prenait soin de l'embrasser au creux de son épaule, le blond se rendant visiblement compte de sa sensibilité à cet endroit, Harry n'était plus réellement certain de vouloir l'arrêter. Pourtant, le jeune homme remontait de plus en plus vers son visage, embrassant sa mâchoire, sa joue, le coin de ses lèvres... et finissant même par l'interroger du regard lorsque leurs lèvres se retrouvèrent trop proches pour que ce soit un simple hasard.

Et comme il semblait plutôt évident qu'ils étaient sur le point d'échanger un véritable baiser, Harry décida de se lancer sans plus de réflexion... Si bien que lorsque ses lèvres légèrement tremblantes rencontrèrent presque brutalement les siennes, leurs dents se heurtèrent, l'une des mèches blondes de Drago se glissant au coin de leurs lèvres scellées...

En fait, techniquement, ce baiser était raté. Et la tentative d'Harry de ne pas décevoir Drago probablement définitivement gâchée. Mais Drago ne le repoussa pas pour autant. Au contraire, sa main partit caresser sa joue avec une infinie douceur, dégageant au passage la mèche de cheveux incriminée, mordant ses lèvres avec une fermeté qui fit complètement fondre Harry, glissant finalement sa langue contre la sienne...

Et ce baiser fut indéniablement parfait.