YOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !

GZAKUETARAVCENCHRRYAIAOCGOOOOOOOOOOW, paaaardooooon ! J'ai traînassé x(

M'enfin me voilà me voilà ! J'ai mis mes tripes dans ce chapitre ! en espérant que vous passiez un chouette petit moment de lecture )

Merci à tous les péchus et leurs superbes coms ! YOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOSSSSSSHHHHHHHHHHHHH !

Ezana : Merci beaucoup pour ta review ! C'est toujours caviarissime d'apprendre qu'un(e) lecteur/ice a dévoré les chapitres en une fois ! ;3

Haha, je sais pas si on peut vraiment les appeler « couple »… Un duo dépareillé, un peu bancal mais attendrissant et ferme je dirais xD

Enfin, j'espère que ce chapitre-ci te plaira tout autant )

Enjoy it 3

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6- À âme ouverte

Le claquement du verrou résonna contre les murs, mais ils n'y prêtèrent pas attention. Personne ne se lèverait pour venir voir à quoi était dû ce bruit.

La caserne s'était endormie depuis quelques heures lorsque deux silhouettes s'étaient glissées hors des dortoirs respectifs pour se retrouver dans la salle de repos (qui avait connu un remue-ménage monstre lors du grand nettoyage), éloignées des chambres à coucher.

- Au moins, la pièce est propre, articula avec peine Petra au creux des lèvres de Rivaï.

Combien de temps s'était-il écoulé depuis qu'ils s'étaient retrouvés dans cette même salle de repos, pendant la séance de ménage ? Quelques heures, quelques jours ?

La faible clarté filtrait à travers l'interstice des volets mi-clos, diluant dans l'encre noire de la salle de repos une lueur grise ricochant sur les corps. C'était une pièce impersonnelle, vide de caractère, mais c'était surtout le seul lieu décent dans lequel ils pouvaient se réfugier, éloigné des dortoirs et situé dans l'aile droite du bâtiment parfaitement déserte à cette heure-ci. Petra ne demandait pas mieux. Elle discernait la silhouette de Rivaï, sentait ses bras autour de ses épaules et sa respiration contre sa poitrine. Elle sentait ses lèvres s'entrouvrir avec empressement contre les siennes, sans retenue, sans pudeur, avec une profondeur hâtive mais dénuée de brutalité.

Les mains de Rivaï se montraient autrement plus audacieuses et pour la première fois, la jeune femme sentit les paumes du soldat contre la peau de sa taille. Le Caporal l'entraîna vers le lit dépliable vétuste et elle sentit une onde de délice et d'adrénaline l'envahir lorsque le corps de Rivaï pressé contre le sien la poussa contre le matelas et qu'ils se retrouvèrent à l'horizontale, se cherchant et se découvrant dans un brouillon de gestes entremêlés. Petra sourit en sentant les mèches sombres chatouiller ses joues et ce contact fit remonter à la surface, comme une bulle d'oxygène, une pensée fugace qu'elle s'était imposé inconsciemment d'enfouir. Rivaï sentit les gestes de la jeune femme se faire moins sûrs et ralentir considérablement. Il s'efforça de l'enhardir de nouveau mais remarqua qu'elle semblait vaguement évadée et qu'elle ne répondait pas franchement à ses gestes.

Il la regarda et la brillance pensive des yeux de Petra avait quelque chose de troublant dans cette semi-obscurité.

- Tu t'ennuies déjà ?

Petra sourit et secoua la tête, sembla prendre conscience qu'elle avait ralenti, mais Rivaï haussa légèrement un sourcil lorsqu'elle demanda dans un souffle :

- Désolée… Je me demandais simplement pourquoi vous faîtes ça.

- Faire quoi ?

- Enfin, ne m'obligez pas à le dire, rougit Petra en se retenant de lui donner un petit coup gêné. Ça… Je veux dire, être là, avec moi, maintenant.

- …Certainement que je cherchais en pleine nuit des coquelicots à tresser dans la crinière des chevaux, je suis tombé sur une soldate ayant l'air désœuvré à cette heure-ci. Entre insomniaques, autant passer le temps à deux.

- Je me disais bien que ça devait être quelque chose comme ça. Au diable les coquelicots, je suis flattée de vous avoir détournée de votre activité première.

Petra jouait le jeu de l'ironie de Rivaï mais ce dernier sentit malgré tout quelque chose titiller la jeune femme. Il retint un long soupir et se redressa sur les coudes pour regarder la jeune femme.

- Tu es inquiète de quelque chose ?

- Non… Perplexe plutôt.

- Je te l'ai dit, si tu préfères arrêter, dis-le tout de suite. Ne joue pas au yo-yo, c'est un très mauvais plan.

Petra pinça les lèvres, essayant d'organiser ses pensées. Elle s'en voulait un peu de les avoir interrompus pour ce qui lui apparaissant maintenant comme un doute ridicule. Et bien qu'aucun de leur geste, aucune de leur avance n'est été forcée mais découlant d'une envie simple et complète, elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir légèrement impressionnée par la situation.

- Le plus grand espoir de l'humanité tout de même, souffla-t-elle en donnant à ce titre une intonation presque solennelle. Si vous le vouliez, vous auriez sans doute des tas d'opportunités. J'imagine qu'une personne ordinaire se demanderait ce qu'elle ficherait ici.

Le soldat la fixa avec sérieux et il se contenta de rétorquer :

- Et toi, Petra ? D'après ce que je comprends, ce qui pourrait motiver une personne ordinaire pour se retrouver dans mon lit est ma réputation. Alors c'est la raison de ta présence ?

- Non.

Sa voix était claire et tranchante. Elle s'attendit à ce que Rivaï la pousse à en dire plus, mais ce dernier se contenta d'effleurer sa mâchoire de ses lèvres.

- Tant mieux, souffla-t-il simplement en guise de réponse. Il vaut mieux que tu ne fasses aucun amalgame entre la réputation d'un homme et ce qu'il fait au lit.

- Pourquoi, au vu de votre statut de plus puissant soldat de l'humanité, je pourrais être déçue ? taquina-t-elle.

- Fais-toi une opinion toi-même, rétorqua Rivaï. Mais j'espère que tu n'es pas ici pour m'évaluer dans ce domaine.

- Ce n'est pas avec mon adulé Caporal que je veux être, souffla-t-elle. Je préfère voir découvrir ce que je peux partager avec Rivaï.

La jeune femme sentait Rivaï la regarder longuement. Ses lèvres la brûlaient d'avoir prononcé si facilement son nom dénué de tout titre ou de marque de respect hiérarchique. Ce nom, épuré, allégé du poids de son rang, dont la sonorité faisait vibrer les lèvres et lui donnait l'impression que l'appeler ainsi la propulsait au large de tous les protocoles, toutes les règles qui les maintenaient à distance.

Les lèvres de Rivaï se posèrent sur celles de Petra et l'entraînèrent de nouveau tandis qu'il commençait à déboutonner son chemisier, mais Petra se sentit prise d'un élan subit d'alerte et elle bloqua les gestes du Caporal, l'interrompant avec fermeté quoique frémissant légèrement.

- Vous en premier.

- Moi qui voulais être galant et alléger la dame d'abord.

- Allons, vous n'avez jamais été galant Caporal, fit-elle sans réaliser que l'habitude avait pris le dessus dans l'appellation. Vous n'allez pas commencer maintenant.

Son ton était léger, mais Rivaï la sentait légèrement tendue. Lâchant un soupir (se rapprochant plus d'un grognement) et se faisant violence, il retira ses mains du vêtement de la jeune femme tandis que la sienne se retrouvait aux pieds du lit quelques instants après.

La peau qu'elle dévoila était marquée, tel un paysage zébré de chemins égarés, que l'obscurité terne et tiède de la pièce soulignait étrangement.

Le corps d'un soldat, au fil des années, se trouvait marqué par les sangles du harnais. Remarquant déjà de légers stigmates sur sa propre peau, Petra n'osait imaginer celle des vétérans. Cependant hormis ces ciselures violettes, leur profession n'engendrait la plupart du temps que peu de blessures. Rares étaient ceux qui avait le luxe de rentrer en vie après avoir été blessés. Rares étaient les blessures elles-mêmes, combattre les Titans étant sans demi-mesure. Cependant, les meurtrissures causées par les sangles de l'équipement tridimensionnel de Rivaï n'étaient rien à côtés des cicatrices visibles. De vieux hématomes, comme des taches d'ombre, qui semblaient être là depuis toujours et ne plus vouloir faire mine de disparaître, des plaies anciennes, mal soignées et dont les sutures grossières ressemblaient à de minuscules scarifications involontaires. Et, déployée à sa vue, cette cicatrice, énorme, large comme un poing d'enfant, qui s'étalait sur le torse de Rivaï et qu'elle avait entrevue cette fois-là dans l'escalier. Pile à l'endroit du cœur. Le stigmate était étrange, comme le vestige d'une vieille brûlure consciemment apposée, délimitée avec un soin relatif. Semblable à un gribouillage méticuleux cherchant à dissimuler une obscénité.

Petra avança la main et l'effleura, sentant sous ses doigts la poitrine de Rivaï palpiter. Elle le sentait se contenir, les mains crispées sur les hanches de la jeune femme pour s'empêcher d'ôter celles de Petra de son torse. Ils se dévoilaient l'un à l'autre et le soldat savait que Petra voulait voir ces marques, les toucher. Alors se faisant violence, il la laissa atteindre cette cicatrice qu'il savait si belle et si sale, mais dont elle, ne savait rien.

Petra se pencha et posa ses lèvres contre la marque, embrassant avec une tendresse émouvante ce cœur balafré et singulier, opaque au dévoilement. Peut-être ne parviendrait-elle jamais à l'élucider. Peut-être cela lui prendrait-il des lunes, des années. Elle avait tout le temps que lui accorderait la longueur de sa vie. Leur accord commun, muet comme une évidence, énonçait une absence d'engagement mais elle savait ses intentions indissociables du désir de découvrir Rivaï. De l'apprendre. Elle avait envie d'apprendre à caresser ces marques, à se familiariser avec elles pour les soustraire au corps de Rivaï. Couvrir ses cicatrices d'impudiques et prévenantes tendresses pour en abstraire l'existence et arracher de ses mains le soldat, les arracher tous deux, à la violence sanglante de ce monde.

Car à présent, elle était plus proche de Rivaï qu'elle ne l'avait jamais été.

- Petra.

L'infime rayon pâle s'infiltrant par l'interstice des volets leur permettait de s'entrevoir mutuellement, mais la jeune femme eut l'impression que si cette voix avait résonné dans l'obscurité la plus totale, elle aurait pu s'y fier sans la moindre hésitation pour trouver son chemin dans le noir. Cette voix grave, contenant avec peine son agitation, emplit l'âme de la jeune femme d'une onde de délice alors qu'elle hochait la tête pour autoriser les mains de Rivaï à s'aventurer à son tour.

Le tissu glissa le long de ses épaules, dévoilant ses propres meurtrissures, légères. Montrer ces marques à quelqu'un d'autre aurait pu l'embarrasser, mais elle ne se sentait pas le moins du monde gênée ou blessée du regard qu'y portait Rivaï.

Elle et lui avaient les mêmes. Ces mêmes mâchures ceignant les cuisses, le bassin, barrant la poitrine d'une marque violacée et zébrant le dos. Ces stigmates étaient ceux de l'équipement militaire, l'emblème de la lutte pour la survie de l'humanité. Et même si Petra, en les détaillant seule devant son miroir les trouvaient plutôt disgracieuses, elle se sentait presque fière de les arborer face à Rivaï. Comme lui, elle travaillait dur, s'impliquait dans le combat de l'humanité, supportait les meurtrissures de l'équipement. Comme lui elle était un soldat, et blottie contre son corps, sentant ses propres muscles se fondre contre les siens et leurs marques se frôler, elle avait l'impression de se sentir plus vivante et forte que jamais.

Lorsque le vêtement fut complètement ôté, la silhouette à demi-nue de Petra se dessina dans le noir. La courbe douce des seins attirait le regard, les mains, la bouche de Rivaï comme un irrésistible aimant. Petra sentait son visage la cuire et elle alors qu'elle se penchait vers celui de Rivaï pour oublier la rougeur de ses joues, le soldat l'attira à elle et l'étreignit, la tempe pressée contre la sienne. Petra répondit à l'enlacement et ressentit avec délice la nudité de son corps contre le sien.

Le contact de leurs torses nus était troublant, chaud, palpitant. Ils restèrent ainsi quelques longues secondes, savourant à âme ouverte la présence de l'autre. Ils sentaient les battements du cœur de l'autre se répercuter à travers leur cage thoracique et résonner de manière lointaine contre leur poitrine, comme un appel à l'abandon, ténu mais sûr.

Rivaï bougea légèrement, s'appuyant contre elle avant de redescendre le visage vers son cou, comme il l'avait fait auparavant. Leurs bas glissèrent naturellement aux pieds du lit et, accompagnant le vêtement de Petra le long de ses jambes, Rivaï descendit le visage vers son bas-ventre.

Lorsqu'elle sentit les lèvres de Rivaï glisser sur la ligne de son ventre, Petra inspira profondément et posa ses mains sur les épaules du soldat, le poussant légèrement et presque inconsciemment vers le bas. Rivaï se pencha vers l'entre-jambe de Petra et Il lui jeta un petit coup d'œil mais elle ne le regardait pas, alors il se pencha.

Ses lèvres effleurèrent celles, sensibles, du sexe de Petra, qui pressa instinctivement un bras contre son visage. La moiteur de la pièce amplifiait l'odeur de sueur et des corps et la jeune femme craignit un commentaire avant que les gestes de Rivaï ne la détache de sa pleine raison et occulte toute souci stupide.

Rivaï ne se posait aucune question. Il ne s'en embarrassait pas, car il était complet dans sa manière d'accomplir les choses. Il avait retourné la « question Petra » en tous sens et s'il en était arrivé à une conclusion lui permettant d'être avec elle dans ce lit, c'est que les doutes restants étaient à négliger et qu'il n'avait plus à se concentrer que sur l'instant présent, sans scrupule.

Petra s'agitait, crispant inconsciemment ses cuisses sur Rivaï. Lui-même perdait un peu pied. Il avait l'impression que cela faisait des lustres qu'il ne s'était pas retrouvé ainsi avec quelqu'un. Une femme. Et elle était Petra.

La voix de Petra s'étrangla lorsqu'un mouvement brusque agita son dos, alors les lèvres et les doigts de Rivaï se détachèrent d'elle et il revint se placer au-dessus de la jeune femme. Elle essaya d'articuler quelque chose qui parvint de manière inintelligible à Rivaï.

- Je suis censé comprendre quelque chose là-dedans ? souffla-t-il alors qu'elle l'enserrait.

Effervescente, l'envie crue de sentir tout son corps contre elle fit s'entourer ses bras autour du cou du Caporal et l'attirer à elle dans une étreinte semblable à une poigne de désespoir. Rivaï sentait la fine cage thoracique s'ouvrir et se fermer contre son torse et réfrénant douloureusement son impatience, il l'attendit.

Elle sentit contre son pubis l'érection chaude de son partenaire et, instinctivement, elle descendit la main vers le sexe de Rivaï. Mais alors que ses doigts frôlaient à peine son bas-ventre, la main du soldat se referma sur son poignet et ramena son bras au niveau de leurs épaules, refusant catégoriquement que la jeune femme aille titiller plus bas. Petra resta un peu perplexe mais Rivaï, ne lui donnant aucune explication, embrassa sa joue, puis la tempe et frôla son oreille de ses lèvres. Il n'eut besoin de ne prononcer aucun mot pour que Petra soulève les reins en réponse à la question silencieuse.

Ils glissèrent l'un vers l'autre sans gêne, doucement, sûrement. Naturellement. Légèrement désaccordés, leurs premiers mouvements finirent par s'harmoniser et ils trouvèrent vite leurs marques dans la danse.

C'était agréable et cuisant. Leurs propres mouvements les entraînaient peu à peu hors d'eux-mêmes et même s'il y avait alors une retenue navrée et difficile au vu des circonstances peu privées, Petra sentait la profondeur des gestes de Rivaï et la force des battements de son cœur.

Le sommier du vieux lit dépliable semblait joliment huilé, le parquet muet. Toute la pièce était fondue dans un silence complice. Leur propre voix se maîtrisait admirablement, étouffée au fond de la gorge. Le reste du bâtiment ne recevait aucun indice de ce qui se déroulait dans la petite salle de repos close. Un secret chaud, tendre et sanguin.

Petra glissa les mains le long du dos de Rivaï et les croisa au creux de ses reins, l'attirant contre elle autant que possible, faisant légèrement trembler son corps. Ce corps sur lequel était écrite l'histoire de toute une vie. Ce corps qui avait encore un peu de place, intacte, pour les meurtrissures à venir. Ce corps réduit à l'état primitif et rayonnant de vulnérabilité et de force humaine.

Les lèvres de Rivaï s'entrouvrirent contre la tempe de Petra mais aucune parole ne se fit entendre, alors il les referma en un baiser léger.

Le bouillonnement animant l'intérieur de son ventre prenait de plus en plus de place, s'exaltant dans ses veines, la faisant se tendre un peu plus à chaque mouvement, lorsqu'elle le sentit se tendre brutalement et tous les muscles de son dos furent secoués d'une convulsion. Elle entendit sa voix se refouler dans sa gorge, le souffle coupé net et elle entoura sa tête de ses bras lorsqu'elle le sentit atteindre sa limite. Son ventre s'arqua contre celui de Rivaï, qui étouffa sa voix en pressant sa tête à celle de Petra, le front appuyé contre l'oreiller. Les muscles restèrent figés dan une tension cuisante, le silence vrombit en emplissant leur crâne comme de l'écume, puis la suspension de la conscience se retira et il sembla à Rivaï qu'il respirait enfin, sans que cela lui ait véritablement manqué. Son corps se reposa contre Petra mais elle n'eut pas le temps de sentir son poids qu'aussitôt il roulait sur le côté pour s'étendre contre elle.

Petra resta immobile. Ce n'était pas avec son réputé supérieur qu'elle venait de passer ce moment, hors du temps. Ni avec le plus puissant soldat de l'humanité, meilleur combattant et adulé héros. Ce n'était même pas avec un soldat, collègue ou camarade. L'homme avec lequel elle venait de faire l'amour était la personne droite, acide, infaillible mais viscéralement humaine qui avait toujours eu le pouvoir de la fasciner, de la charmer silencieusement, de lui ôter la notion du temps et la peur de la prochaine expédition. Durant cette longue étreinte, elle avait senti comme il était complet, et comme elle emplie de force violente prête à se dévouer toute entière à lui.

Et cette nuit, elle avait appris cette humilité, cette pudeur rugueuse qui entourait l'essence du « plus puissant soldat de l'humanité ». Elle ferma les yeux quelques instants, et savoura les sensations de lourdeur appesantissant ses membres. Un hululement parvint depuis l'extérieur, la faisant sursauter. Ah oui : il y avait un monde autour d'eux… Elle s'extirpa prudemment hors du lit et commença à enfiler ses vêtements. Rivaï la regarda faire et fit remarquer sur un ton légèrement pâteux :

- Tu n'es pas obligée de te carapater comme une criminelle.

- Si on nous voit…

- Il est deux heures du matin. Tout le monde dort, à part cet enfoiré de hibou qui hulule tout son soûl pendant toute la nuit.

- C'est sûrement un langage codé pour avertir toute la caserne de ce que nous faisons !

Le petit air comique et exagérément suspicieux de Petra traduisait cependant une légère inquiétude qui fit froncer les sourcils de Rivaï. Il se passa machinalement une main dans les cheveux (et fut traversé par la pensée qu'il aurait besoin d'aller prendre une douche) et constata :

- Tu aurais presque l'air de regretter finalement.

Le regard que lui lança Petra semblait capable de désintégrer sur-le-champ quiconque osait prétendre une chose pareille.

- Ne sois pas si nerveuse alors. Il n'y aucune raison qu'on ait des emmerdes si on est un peu précautionneux.

Sans doute n'appréciait-il pas trop qu'elle saute hors du lit et dans ses fringues une fois l'affaire conclue, pour s'éclipser ensuite aussi sec. Elle réalisa la maladresse de son attitude et se rassit à ses côtés.

- Je ne suis pas vraiment pressée de regagner mon lit, murmura-t-elle.

Ils avaient pourtant une rude journée d'entraînement demain, et un lever aux aurores prévu comme à l'ordinaire. Rivaï s'était rhabillé aussi mais il se rassit sur le lit et resta immobile quelques instants. Son profil se dessinait dans le rayon gris de la nuit et Petra avait l'impression de pouvoir le tracer au pinceau. Le silence les enveloppant pulsait presque sous les pensées de Rivaï. Petra sentait son esprit plein à craquer de choses, mais elle fut surprise lorsque celles-ci s'explicitèrent :

- Tu n'es engagée en rien, Petra, finit par déclarer doucement Rivaï dans le silence opaque de la pièce. Tu es libre de te trouver quelqu'un d'autre si tu le souhaites.

La jeune femme ne répondit rien, se contentant de secouer doucement la tête. L'obscurité devint soudain plus dense. Rivaï perçut un mouvement sans voir Petra, mais il sentit ses lèvres effleurer son front. Le sourire léger sembla laisser une empreinte invisible sur sa peau, et Petra s'envola comme un papillon de nuit.

- Bonne nuit Capitaine.

- Bonne nuit soldat.

Et la bulle d'intemporalité se creva doucement, le ramena à la surface du présent. Les couloirs étaient noirs et lourds du sommeil des hommes. Lorsqu'il retourna à son lit, se faufilant à travers le dortoir sans faire le moindre bruit, il trouva les draps agréablement frais. Sa tête et ses sens étaient encore emplis de Petra et le monde autour paraissait un peu vide, un peu grand. Un peu froid.

Cependant, côtoyant la vision d'elle toute entière contre lui, quelque chose d'amer l'étreignait, et il le ressentait de manière lointaine mais persistante. La première pensée qu'il avait eue en étreignant Petra et en se mouvant avec elle ce qu'il aurait au contraire dû occulter plus que tout autre chose : la date de la prochaine expédition. Encore, ils allaient risquer leur vie, risquer de tout perdre. Cette pensée, alors qu'elle s'était déployée comme un éclair dans la tête de Rivaï tandis qu'il pulsait avec la jeune femme, avait eu une saveur plus âcre que d'habitude et lui crispait encore le ventre.

Il s'y prenait mal. S'il voulait murer la fatalité des expéditions, sa propre crainte atavique, il ne devait pas agir ainsi avec Petra. Cependant le choix était fait, depuis longtemps.

Il savait que quoi qu'il arrive, il ne le regretterait jamais.

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Eh ben voilààà, here we are !

Bon, yooohooooooplaboom ! 8D

(putain de vouvoiement/tutoiement en français On sait jamais où situer la limite, quand on peut passer au tutoiement sans être maladroit…Fichue hiérarchie !)

Damned… Aurais-je fais du chamallow ? O-O Nooooooooooooooooooon… Non.

ALORS, j'ai reçu des tas de reviews bourrées d'enthousiasme qui laissaient entendre une légère impatience quant à la sortie de ce chapitre (et je peux vous dire que ça m'a mis la pression, j'ai cuisiné ça avec mille précautions xP) MAIS : ce premier rapport est assez sobre et quitte à en décevoir certains, c'est un parti pris : comme j'en parlais avec quelques-uns, cette première scène de sexe n'est pas l'aboutissement de la relation des deux soldats, c'est pas un « ouuuf, enfin on y est, alors y a intérêt à ce que ce soit de la bombe ». Je vois ce rapport comme le premier d'une relation, donc dans les prochains « chapitres » (qui seront loin d'être tous des lemons) évoquant une scène sexuelle, je travaillerai plus une évolution des rapports. La ptite histoire de Petra et Rivaï quoi. Voilà, ce n'était pas LA scène affriolante de l'année mais je considère que pour une première fois entre eux deux, se lancer dans les envolées érotiques et fantasmiques était déplacé donc on commence en pseudo-douceur et dans un confortable mélange entre banalité et découverte ! (roh l'autre, elle se la pète avec ses analyses à la con… disons juste que j'essaie d'anticiper les remarques que je pourrais avoir X) Quoi qu'au contraire, je les reçois avec joie, on est jamais assez humble dans ce domaine !)

BREEEEEEEEEEEF. J'espère que ce « chapitre »-OS 6 vous a plu et que ce soit ou non le cas, je carbure toujours aux commentaires/remarques/conseils ! D

PRENEZ SOIN DE VOUS, gardez la patate, faites l'amour avec les gens et la guerre contre les Titans, mangez comme il faut et à bientôôôôôôôôôôt !

Cha cha ! D