YOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !

Pfouuuuuuu, comme je risque de m'absenter une ou deux semaines, j'avais envie d'envoyer les derniers chapitres de tous mes bazars avant de partir et tacatacatacatacatac!, j'ai pétaradé pour boucler celui-là ^^ Il a été groooosse crème à écrire, j'ai pris mon pied tout du long et je crois que certains vont apprécier aussi P (ils se reconnaîtront au moment opportun…)

Merci à tous les commentateurs D

Vava : Yo ! Comme on se retrouve, comment vas-tu ? D

Ah, toujours un plaisir immense d'apprendre que tu continues d'apprécier ce bazar P Vwoui, j'avais très envie de mettre l'escouade un peu en condition mais en vrai mission, le danger était vraiment trop présent quoi… Donc, mission sans Titans, idée d'une simulation donc ^^'' Merci beaucoup, je suis super contente que cette idée t'ait plu, de même que le moment de tendresse fugitif entre Ravioli et Petra !

Je me donne à fond pour la suite, et ta review participe à mon élan d'énergie ! YAHOOOOOOOOOOOO !

Ezana : YOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO ! EZA-CHAAAAAAAAN, hawww yaaaaaaaay ! COMMENT VAS-TU BIEN ? La patate, la frite, le punch ?

(haha, pas de souci pour le double post ! xP *Combien de fois ça m'est arrivé…*)

Ah, règle de base : un pavé me PLAIT par définition D Donc déjà, je vois ton nom, je sais que ça va être du lourd… et je plane d'avance XD (après tu pourrais me dé-fon-cer ma gueule dans la review, j'aurais toujours la satisfaction que ce soit fait de manière détaillée x'D)

Ah, deux mots plutôt bien choisis ! Bon, j'ajouterais aussi « consternation dans un trou de blaireau et réflexion quant à sa place dans l'Univers ».

Yeaaaaaah, j'ai exactement essayé de décrire au mieux la complicité taquine et tendre unissant ces soldats, et je suis ravie que cette « mise en situation » t'ait plu D En effet, va y avoir de vrais combats à l'avenir… et cette fois je suis pas sûre qu'ils aient le temps de se poser pour discuter de leur vie ! xP

(Ça m'énerve, j'aimerais tellement pouvoir mettre mes idées en anime plutôt que me démener en descriptions désespérées de scènes ! Le passage avec Auruo qui se fait taquiner puis cou-couche-panier par Rivaï, je me suis démerdée comme une bouse pour essayer de retranscrire l'ambiance et les attitudes, c'est tout con pourtant mais BREF, je ferme ma gueule. Ah oui non en fait je devrais juste dire : merci du compliment ^^'' Je me sens un peu à côté de la plaque parfois mais les remarques dans ce genre me reboostent vis-à-vis de ces scènes ! :D)

Quand je dis qu'il n'y a pas grand-chose niveau relationnel, tu fais bien de me reprendre, je veux en fait dire qu'on ne constate pas d'évolution singulière et visible de leur relation mais en effet il s'agit de révélations pudiques qui leur permettent de s'ouvrir un peu plus à l'autre et t'as grave raison, C'EST HYPER IMPORTANT ! :D

HAHA, j'adore ton radar Rivertra ! xD J'avais complètement oublié le caillou à vrai dire, j'avais pas prévu d'en reparler dans ce chapitre mais en arrivant à ce stade du texte j'ai eu un flash et je me suis dit « mais bon sang mais c'est bien sûr, la caillasse ! Y a que ça de vrai ! »… Et BIM ! Rivaï romantique ! …à sa manière. Oui parce qu'attends, il a failli se faire passer pour une guimauve, il avait bien besoin de faire une remarque rivaillesque pour sauver son honneur de tsundere ) Ah, l'Amûr. Mais ouais, pour moi Rivaï est pas un gars à mots, il prouve les choses, volontairement ou non, par les actes, les petits riens qui laissent des preuves de sa sincérité.

(Rrrrrrrrrrr, mershi beaucoup pour ton compliment ! Damned, vite, une cachette pour dissimuler mon rougissement et mes tortillements ridicules !)

Hein, poète ? Moi non plus je ne le savais pas XD J'ai des élans de lyrisme parfois, mais la plupart du temps ça sonne affreusement faux, pas comme dans ma tête en tout cas ! M'enfin heureusement que cette fois-là, c'est pas trop mal ressorti, je suis ravie que ça t'ait plu )

Pour les combats, y en aura bientôt mais le 8 n'est pas à proprement parlé basé sur ça. Par contre… eh ben, tu vas voir justement )

MERCI BEAUCOUP pour ta super review, Eza-chan, elle m'a fait super plaisir et j'espère que ce 8e OS te plaira tout autant ! (et si ce n'est pas le cas, n'hésite pas à me balancer critiques et conseils !)

Petit PS du « double post » p (pas de souci à ce propos, hein, au contraire D) : oui en fait on dirait deux grands paumés : « que fais-tu là ? qui es-tu ? où suis-je ? O-O »

Scarlett : YO ! Enchantée D Haha, c'est un délice d'apprendre que tu as accroché comme ça ! Promis, je me donne à ond pour fournir des tas d'autres chapitres ! Je te remercie beaucoup pour tes compliments et tes super encouragements ! :D

Yosh yosh… j'ai envie de dire, ALLONS-Y !

(ah oui non… je vous demande pardon pour le titre. Je l'ai trouvé à l'ultime minute, j'avais aucune idée… Non, juste pardon quoi.)

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8- Capitaine Crétin

La nuit enveloppait le bâtiment comme un édredon épais, le plongeant dans un silence absolu.

La silhouette, se déplaçant dans le couloir désert sans un bruit, traversa les étages et ouvrit la porte de la cuisine.

- Troupeau de crétins…

La voix sourde de Rivaï siffla dans le silence de la pièce tendit qu'il s'appuyait sur le rebord du comptoir de la cuisine, la tête lourde. Le vacarme de la réunion lui vrillait encore les tympans. Cet enfoiré d'Erwin avait de la chance de valoir la peine qu'il se traîne jusqu'au centre de Sina pour l'accompagner au Conseil trimestriel des représentants des corps d'armée… Évidemment, c'était lui, Rivaï, qui se tapait le malheureux honneur d'accompagner le Commandant en personne à titre représentatif. Sûr qu'Erwin le choisissait à chaque fois au moins un tout petit peu pour l'embêter. Cinq jours de « congé » pour en passer trois à faire du voyage et deux, atroces, à crécher dans les appartements ridicules d'Utopia et à assister passivement aux meetings.

Bon, le trajet interminable en bateau et en calèche passait encore, l'ennui de la réunion aussi, mais les banquets superficiels auxquels il n'avait pas réussi à échapper avaient manqué de l'achever. Ces gloussements de bourgeois exaspérants, les piaillements insupportables des femmes, cette odeur fiévreuse de parfum, l'embrouillamini de couleurs extravagantes, la richesse écœurante des plats… De la rudesse des rues souterraines à la dangerosité fatale des champs de combats contre les Titans, Rivaï semblait définitivement taillé pour les situations extrêmes mais non, décidément les salons huppés d'Utopia risquaient de venir à bout de lui.

Il avait à peine la force de se faire un thé avant d'aller s'effondrer sur son matelas (après une bonne douche cependant) et il dut se faire violence pour remplir la casserole d'eau et la mettre à chauffer, n'ayant plus qu'à patienter.

- Putain, 'plus de derche…

Il se massa les reins en émettant un petit grognement, pestant intérieurement contre ses lombaires et son postérieur qui avaient grandement souffert des longues heures de calèche à travers les routes mal pavées menant à Sina.

Il s'appuya contre le mur en attendant que l'eau boue et, dans le silence de la nuit, il entendit quelqu'un arriver. Un noctambule ou un insomniaque certainement, venu se concocter une tisane soporifique, ou bien piquer un peu de saucisson dans un placard. Rivaï décida d'ignorer l'arrivant (après tout, n'ayant pas allumé la lumière et se retrouvant noyé dans l'obscurité de la pièce, il passerait peut-être même inaperçu jusqu'à ce que le soldat s'en aille) et, silencieux, il se contenta de jeter un coup d'œil vers la porte lorsque celle-ci s'entre-ouvrit, laissant passer un rai de lumière fade, et permit à l'arrivant de se glisser dans la cuisine. Malgré la faible clarté des lieux, Rivaï retint son souffle en découvrant une Petra, à moitié ensommeillée, déambuler en bâillant dans la salle. Elle ne paraissait pas désireuse de s'éblouir avec la lumière et elle était venue sans chandelle. Rivaï devina qu'elle ne venait que boire un peu, sans doute.

Il l'entendit bâiller encore une fois, émettre de petits borborygmes ensommeillés et pester léthargiquement en se cognant légèrement à un recoin. Et lui restait immobile, silencieux, absent dans son petit coin de cuisine, observant la jeune femme qui ne se doutait pas de sa présence.

Sublime opportunité.

- Rmnmnmnnn..., marmonna-t-elle, à moitié comateuse, en se dirigeant vers un l'évier.

Elle n'entendit pas un souffle. Mais elle sentit, par tous les pores de sa peau. Trop tard pour se rééquilibrer : le coup frôla sa tempe, manquant de la faire trébucher

Elle se rétablit aussitôt et, cherchant son adversaire du regard, elle ne put que détecter sa prochaine attaque, qui manqua de la faucher aux côtes. Elle bloqua le coup avec autant de fermeté que sa somnolence en fuite le lui permettait. Un sourire aiguisa ses lèvres et elle tenta sa chance en visant l'endroit où devait approximativement se trouver la tête de l'individu. Malgré son énergie, ce fut sans surprise que son poing fut arrêté, heurtant une paume chaude qui emprisonna la main de Petra.

Deux éclats métalliques étincelèrent brièvement dans l'obscurité, et une voix merveilleusement familière parvint à Petra :

- Mon premier coup t'aurait touchée.

- Mais ma contre-attaque vous aurait terrassé Capitaine.

- Pas si sûr. Tu veux qu'on refasse la scène ? L'effet de surprise en moins mais bon.

- Refaisons-la. Vous verrez bien.

Elle sentit plus que vit Rivaï se redresser, certainement hausser un peu les épaules avec un air blasé et faire quelques pas en arrière. Elle était prête cette fois, et elle attaqua presque simultanément que lui, esquiva son offensive en avançant pour essayer de contre-attaquer. Sûre d'elle, elle frappa… le vide. Elle n'eut pas le temps de se réorienter qu'elle sentit les deux bras du soldat lui attraper les poignets, la faire tournoyer sur elle-même comme un pantin désarticulé et resserrer le tout, l' emprisonnant.

Cependant la position des mains du Capitaine sur ses bras permit à Petra de se situer un peu mieux par rapport à lui et elle amorça un mouvement un peu brusque. Sa bouche trouva celle de Rivaï et s'y pressa dans un élan vif et long qui manqua de faire reculer le soldat, qui délia doucement ses bras. Petra se laissa peser contre lui, le faisant se pencher légèrement en arrière et appuyer ses mains au comptoir. Lorsqu'elle se détacha de lui, Rivaï la toisa, haussant un sourcil, la bouche légèrement engourdie.

- C'était un baiser ou une nouvelle attaque ça ?

- Tu ne l'as pas parée en tout cas.

Rivaï sourit légèrement, protégé par l'obscurité, et se pencha doucement vers elle. Ils entrouvrirent aussitôt les lèvres et s'enserrèrent avec délice, les joues chaudes et les paupières mi-closes. Lorsqu'ils se séparèrent doucement, Petra parvint à deviner les contours du visage de Rivaï et elle passa une main tendre et espiègle dans ses cheveux. Elle pouvait bien survivre cinq jours sans lui, mais les retrouvailles n'en étaient pas moins rafraîchissantes.

- Je suis contente de te voir maintenant.

- Tu dois vraiment être très fatiguée, rétorqua Rivaï avec un soupir. Je fouette un mélange de sueur et de parfum dégueu, je tire une gueule de déterré et je suis courbé comme un pépé après les six heures de tape-cul aller-retour jusqu'à Sina. Je ne serais pas follement content de te voir si tu ressemblais à ça.

- Détrompe-toi, là est tout mon plaisir : qui d'autre aurait l'occasion de voir le Capitaine Rivaï en telle posture désavantageuse de faiblesse, fatiguée, pas lavé, ankylosé ? Je suis témoin d'une vision inédite.

- Ce n'est pas non plus le genre de « vision inédite » que j'ai franchement envie que tu gardes de moi.

Disant cela, il effleura les lèvres de Petra qui riait doucement et l'enserra plus fermement. Petra glissa aussitôt les mains sous sa chemise et Rivaï s'apprêta à faire de même avant de s'interrompre brusquement. Il s'écarta et secoua la tête avec un air dépité.

- Pas moyen. Je vais nous achever tous les deux si je ne vais pas prendre une douche tout de suite.

Petra roula des yeux et enserra davantage Rivaï pour lui faire clairement comprendre qu'il ferait mieux de ne pas se dérober ainsi.

- Tu iras te laver juste après, Capitaine.

- Oh que non, après il sera l'heure pour la caserne de se réveiller, et j'aimerais vraiment dormir un peu.

Petra comprenait bien son supérieur et ressentait presque une certaine pitié pour lui, de le sentir si accablé par son propre état, mais sans méchanceté elle essayait tout de même de le faire craquer un peu, désirant se retrouver quelques instants avec lui avant que la frénésie des journées ne les happe.

- Tu as plus envie de retrouver la douche que moi ?

Rivaï soupira et la regarda.

- Arrête ça. J'ai foutûment envie de toi, mais je me sens tellement crade et claqué que je ne serai capable de rien faire Petra. J'ai pas franchement envie de m'endormir pendant qu'on couche, tu le prendrais assez mal je crois.

Il avait avoué cela avec un air clairement irrité qui attendrit la jeune femme.

Elle aimait cette honnêteté qu'avait Rivaï par rapport à lui-même et par extension, cette connaissance empirique qu'il avait de l'organisme humain, de ses limites, de ses points faibles. La conscience qu'il avait de ses propres extrêmes, poussant l'effort jusqu'à l'usure maximale sans jamais dépasser le seuil de l'irréparable, dépensant la totalité de son énergie en combat ardus sans jamais épuiser l'ultime réserve vitale. Il savait ce qu'il devait faire pour entretenir l'endurance de ses muscles, ce qu'il avait exactement besoin de manger pour tenir, combien de temps il avait besoin de dormir. Il était humble par rapport à ses besoins et Petra respectait cela.

Il savait quand il avait envie de faire l'amour avec elle et ne cherchait pas à faire de détour ni à en rajouter. Il savait quand il n'avait pas envie du tout ou n'était pas en condition, et l'avouait aussi sans complexe. Incroyablement égal à lui-même en toutes circonstances, sincère et cru, respectueux de lui-même et de la personne face à lui. Parfois, Petra n'en revenait pas d'être celle qui recevait et percevait tout cela, et qu'elle puisse partager cette relation si vive avec lui.

Cette pensée l'enhardit davantage et elle se serra contre lui en un contact feignant l'innocence, avant qu'elle ne glisse son nez dans le cou de Rivaï, qui essaya faiblement de la repousser en sentant la jeune femme l'embrasser avec taquinerie.

Il sentait bien la sueur et cette odeur âcre et persistante des parfums embaumant les salons de banquet d'Utopia, mais cela ne dérangeait pas Petra, qui le lui fit comprendre en embrassant longuement son cou moite. Elle l'enserra et se pressa davantage contre lui et sourit en l'entendant fléchir.

- Tch. Merde…

Il affaissa les épaules dans un mouvement vaincu et chercha le visage de Petra pour embrasser son sourire satisfait, la poussant contre le meuble de cuisine non loin duquel la casserole d'eau chauffait.

Elle sentit ses mains se glisser sous ses cuisses et retint un son de surprise lorsqu'il la souleva comme un fétu de paille et la posa doucement sur le rebord du plan de travail en continuant de l'embrasser fiévreusement. Petra se sentit secouée d'un long frisson lorsque les paumes de Rivaï glissèrent sur ses reins et, atteinte d'un éclair de raison, elle mobilisa sa conscience pour articuler :

- Attends-attends… On ne va pas le faire juste ici…

- C'est bien parti pourtant. Et c'est toi qui m'as retenu.

- Je pensais au moins… qu'on irait dans la chambre vide…

- Trop tard.

La voix grave de Rivaï était complètement envoûtante sans qu'il fasse rien pour y donner une quelconque intonation, et elle dût puiser plus profondément en elle-même pour trouver la force de souffler avec un semblant de taquinerie :

- Je vais faire comme si je… ne savais pas que c'est parce que tu es trop flapi… pour tenir jusque là-bas.

Rivaï grogna et la fit taire. Alors qu'il reprenait ses caresses en embrassant la jeune femme, il s'immobilisa soudain, si vivement que Petra manqua de continuer à embrasser le vide. Il s'était interrompu, l'oreille frémissante, à la manière d'un animal aux aguets et l'espace d'un instant, la jeune femme eut la drôle d'impression que même les battements de cœur du soldat s'étaient suspendus, comme si une réaction atavique d'alerte avait figé tout l'organisme de Rivaï. C'en était presque terrifiant et la violence de sa réaction la pétrifia.

Puis, sans crier gare, il se tourna de nouveau vers elle l'air de rien et reprit où ils en étaient, murmurant simplement en guise d'explication :

- J'ai cru entendre quelqu'un.

- Par les saints Murs, j'ai cru qu'on était envahis par les Titans, souffla Petra. Ne réagis pas de cette manière, j'ai l'impression que tu te tiens prêt à ce qu'une meute de sociopathes défonce la porte.

Elle se tut aussitôt, ne sachant trop comment Rivaï prendrait cela, et elle craignit qu'il croit qu'elle était inconsciente que c'était bien là le genre de choses auquelles il s'était tenu prêt chaque nuit durant ses années souterraines, et elle redoutait qu'il pense qu'elle dénigre cela. Mais Rivaï ne releva même pas sa remarque et l'embrassa doucement, et Petra fut émue par la tendresse de ce contact.

Elle glissa la main vers le ventre de Rivaï, apprécia le léger frémissement qui secoua ses muscles et accrocha ses doigts à la ceinture pour la déboucler. Lorsqu'elle eut descendu la fermeture éclair et légèrement ouvert son pantalon, Rivaï eut un frisson, comme s'il reprenait ses esprits, et sa main l'interrompit. Encore. Elle haussa légèrement un sourcil.

- Tu ne veux pas…

Rivaï étouffa sa voix dans un baiser mais Petra se détacha légèrement, parvenant à articuler :

- Tu ne me laisses jamais te toucher, Rivaï. Il y a un problème ?

- Je n'aime pas ça, c'est tout, fit-il en tentant de se rapprocher d'elle pour reprendre les devants.

- Pourquoi ?

Rivaï la fixa longuement et Petra, dans l'obscurité, soutint son regard. Elle ne voulait pas paraître intrusive, mais ce refus constant de Rivaï la concernait à présent quelque peu et elle aurait aimé comprendre la raison pour laquelle il se montrait intransigeant lorsqu'il l'empêchait ainsi de s'occuper un peu de lui, à son tour.

L'eau émit un sifflement d'ébullition et Rivaï poussa la casserole hors de la plaque, l'éloignant d'eux pour éviter de les brûler.

- C'est comme ça, répondit simplement Rivaï.

Il savait qu'une fois piquée, la curiosité de Petra était sans limites aussi décida-t-il de faire la sourde oreille, montrant outrageusement qu'il était actuellement bien trop occupé pour répondre à quoi que ce soit en embrassant sa poitrine, descendant rapidement vers son entre-jambe. Il était parti dans l'idée de savourer un moment rapide et vif avec Petra, mais l'envie de pousser un peu les cajoleries eurent raison de sa fatigue initiale. La jeune femme voulut l'interrompre pour insister sur son interrogation, mais sa voix avorta dans sa gorge.

Il mordilla son aine, faisant se cambrer la jeune femme qui émit un gémissement pressant, et ce fut à ce moment exact que la porte s'ouvrit violemment.

- Oops !

Rivaï manqua de bondir mais l'identité de l'arrivant inopportun s'imposa aussitôt à lui, le figeant plus qu'autre chose. Obnubilé par la voix de Petra, il n'avait rien entendu venir cette fois. Hanji, ébouriffée mais ne semblant plus le moins du monde ensommeillée, fixait niaisement le spectacle de Petra, perchée sur le rebord de la cuisine et chemise ouverte, Rivaï entre ses cuisses, éclairés par la lueur du couloir se dirigeant droit sur eux par la porte ouverte.

Petra rabattit les pans de sa chemisette à la vitesse de la lumière et sentit son visage s'ébouillanter simultanément qu'une angoisse vive lui pimenta le cerveau et le cœur. Rivaï se redressa, se tenant debout contre le comptoir sans s'écarter de la jeune femme. Il ne prit pas la peine de reboucler sa ceinture ou s'attifer correctement, au point où ils en étaient face à Hanji…

- Ah, je… Bonsoir ! grabouilla la chef d'escouade. Jolie nuit n'est-ce pas ? Rivaï ! Comment s'est passé votre petite réunion à Sina ? Pas trop mal au cul ?

- Qu'est-ce que tu veux, Binoclarde ?

Rivaï la suivit du regard sans s'éloigner du rebord sur lequel était assise Petra, qui le poussa cependant légèrement pour se reposer au sol et reprendre contenance, manquant de s'effondrer de honte.

- Un verre ! Avec de l'eau dedans. Ou une bouteille, peu importe. Ou une bouteille d'autre chose que de l'eau. Mais de l'eau ça me paraît bien, surtout à cette heure-ci, non ?

Rivaï attrapa une petite bouteille, donna un coup dans le robinet pour faire couler l'eau et la remplir et la balança à la chef d'escouade.

- T'as ta flotte, si tu pouvais foutre le camp maintenant.

- Ah oui oui, merci Rivaï. En fait, je vais peut-être plutôt me faire un café, tu sais, maintenant que je suis bien réveillée, autant me mettre à trav…

- Tire-toi !

Rivaï commençait vraiment à s'agacer mais Hanji semblait beaucoup s'amuser de la situation et Petra concentrait toute son énergie pour essayer de perdre toute consistance, devenir invisible, disparaître. Elle s'était lâchement réfugiée derrière Rivaï en prenant bien garde à ne pas le toucher et elle fixait obstinément un point à l'opposé de Hanji, le front bouillant d'une fièvre de honte et d'anxiété. Elle ne put cependant s'empêcher de sursauter lorsque la chef d'escouade l'interpella avec un sourire :

- Tu devrais boire aussi un peu d'eau Petra, tu m'as l'air d'avoir un peu chaud.

Et elle disparut en refermant précautionneusement la porte, closant la bulle sur les deux amants démasqués. Rivaï lâcha un soupir désabusé.

- Tu avais raison Petra, c'était bien une invasion de Titans. Un putain de Déviant en plus.

Cette fois, la remarque ne fit pas rire Petra. Elle s'était remise à fixer ce point à l'opposé de la pièce qui l'empêchait de regarder Rivaï et ce dernier crut que la gêne l'avait murée dans un mutisme irrémédiable, mais la jeune femme finit par demander d'une voix rendue un peu trop aigue par le stress :

- On a un problème ?

- On a des tas de problèmes mais Hanji n'en est pas un si c'est ta question.

Petra ne sembla pas écouter la réponse et continua de fixer le point imaginaire. Rivaï soupira et rassura :

- Elle est l'une des premières personnes que je connaisse capable d'atteindre un niveau astronomique d'aberrance cérébrale tout en ayant une conscience aigue de délimitations à respecter chez les gens. Tu n'as pas à t'inquiéter à propos d'elle. Elle est la dernière qui ira commérer en public à ce sujet. Même si tu dois t'attendre à des allusions potaches quand tu la croiseras…

Il essayait tant bien que mal de faire comprendre à Petra qu'elle n'était pas en danger et que le fait que Hanji les ait vus ne risquait pas de mettre sa carrière en péril, ou quoi que ce soit que craigne la jeune femme vis-à-vis de sa position. Cependant l'intervention de Hanji avait atteint le point d'anxiété critique de la soldate :

- Le Commandant Erwin est-il au courant pour nous deux ?

- Évidemment.

La réponse fut lâchée sans hésitation, sur ce ton un peu traînant qu'avait Rivaï lorsqu'il énonçait une évidence. Petra s'en sentit aussitôt étrangement blessée, comme si cette vérité transcendant tous ce que faisait Rivaï, et que leurs moindres gestes, les moindres moments partagés finissaient en rapport professionnel au bureau du Commandant. Elle croisa les bras sur sa poitrine en un geste défensif et farouche.

- Tu lui en as parlé…

- Je n'ai pas eu à le faire. Il le sait, c'est tout.

Petra eut la brève impression d'être la dernière des idiotes : tout le monde autour d'elle semblait se révéler être au courant de leurs affaires, et elle apprenait à peine que leur situation semblait être le dernier secret au monde.

- Qu'en pense-t-il ? reprit-elle d'une petite voix.

- Que veux-tu qu'il en pense ? Qu'il nous donne sa bénédiction et nous souhaite une longue vie heureuse, entourés de marmots joufflus ?

- Sérieusement, insista Petra.

- Ce que je viens de te dire. Il ne cautionne pas. Mais il ne prohibe pas non plus.

Rivaï paraissait tranquille et cela aurait pu rassurer Petra, qui restait cependant crispée. Elle savait que ce n'est pas les relations entre soldats, mais celles entre un soldat et son subordonné qui étaient désapprouvées par le règlement, et elle savait aussi que si Rivaï n'était pas Rivaï et Erwin n'était pas Erwin, les choses se compliqueraient. Seul le Commandant Smith se permettait d'être indulgent avec son singulier subordonné, et ce parce que leur relation transcendait beaucoup de protocoles.

- Erwin est droit dans ses godasses, reprit Rivaï, s'il sent que toi ou moi partons en vrille à cause de cette histoire, de mauvaises décisions que je prendrais ou n'importe quoi, il prendra les mesures nécessaires. Aussi je ne veux rien faire qui lui laisserait croire qu'il aurait raison de le faire.

C'était une sorte d'invitation à poursuivre leur relation comme ils l'avaient toujours fait : tout en discrétion dans l'intime, et en indifférence en public. Aucun traitement de faveur, aucun comportement intempestif. Une soldate et son supérieur, rien d'autre. Il continuait de la regarder franchement, essayant de capter son regard pour faciliter la communication, mais les yeux de Petra étaient fuyants et évasifs. Elle inspira cependant profondément pour montrer qu'elle comprenait malgré tout la situation et n'allait pas faire de crise de nerfs. Après tout, Rivaï l'avait mise en garde et elle était censée être consciente des aléas de leur relation. Cependant, ni l'un ni l'autre ne bougea, continuant de se fixer en silence. Formidable soirée.

- Enfoirée de binoclarde, siffla le soldat pour lui-même.

En plus d'avoir sauté à pieds joints dans le plat, son intervention avait admirablement bousillé l'ambiance en installant un malaise évident. Lui qui avait fait tant de concessions et avait refoulé sa fatigue et son besoin de se laver pour Petra, voilà que l'épuisement lui retombait lourdement dessus. Il soupira et, faisant inconsciemment craquer ses épaules avec un grognement éreinté, il lâcha sur un ton d'abdication :

- Bon… Je vais définitivement me doucher. Je n'en peux plus de macérer dans mes fringues.

Il fit un petit signe de main fatigué à la jeune femme et se dirigea vers la sortie, laissant là une Petra immobile.

- Je t'aurais bien proposé de me rejoindre là-bas mais entre toi qui est à présent incroyablement tendue et moi qui somnole à moitié, je crois qu'on n'arriverait plus à grand-chose et qu'une douche érotique n'y changerait rien.

Petra aurait souri habituellement, mais elle ne répondit rien. Rivaï s'approcha d'elle et déposa quelque chose ressembla à un léger baiser sur son nez avant de s'éloigner.

- Bonne nuit alors.

On geste avait attendrit Petra et elle aurait voulu trouver un petit quelque chose, infime, pour faire comprendre à Rivaï avant qu'ils ne se quittent qu'elle n'était ni fâchée ni frustrée ni névrosée, mais la porte se referma sans qu'elle ait rien fait.

- Idiote, pesta-t-elle en se tapant le front.

Elle se retrouvait seule dans le noir, la peau encore moite et le pouls nerveux. Elle n'avait plus sommeil le moins du monde, mais se sentait incapable d'aller retrouver Rivaï. Plus ce soir.

Elle tourna la tête et remarqua la casserole d'eau brûlante. Rivaï en avait oublié son thé. Elle alla chercher une tasse, trouva dans le placard un sachet de thé noir. Ce n'était pas son préféré mais l'odeur lui plaisait, pour être associé inconsciemment aux multiples moments de détente partagés avec l'escouade et leur capitaine. Elle remplit la tasse d'eau fumante et tira une chaise près de la fenêtre, soufflant pensivement sur la tasse pour la refroidir.

Le premier quart de lune était voilé par un souffle de nuage, mais irradiait un halot bleuâtre un peu terne et doux dans le ciel, à travers la fenêtre, et cela rendait Petra un peu triste ce soir. Pour la première fois, elle s'était sentie mal à l'aise, sans que ce soit entièrement la faute de Rivaï. S'il disait que les choses n'étaient pas graves, elles ne l'étaient pas… mais elles gardaient de l'importance, et cela rendait Petra maussade et tendue à la pensée que leur relation avait perdu en quelques minutes cet éclat secret qui la protégeait.

Elle but une première gorgée de thé, en pensant au lendemain, à la prochaine expédition, aux années à venir si elles venaient pour eux, et elle réalisa que leur relation actuelle était sans doute celle qu'ils auraient à jamais. D'un certain côté ce besoin de rester discret arrangeait Rivaï, elle le savait. Cela l'empêchait d'officialiser quoi que ce soit. Non pas que la jeune femme souhaite faire évoluer dans l'immédiat l'état de leur lien, mais elle se reprenait parfois à imaginer une relation plus franche avec Rivaï. Plus complète. Elle aimait celle qu'ils entretenaient, elle ne pousserait jamais Rivaï à faire plus, mais elle lui en voulait de ne sans doute pas ressentir ce besoin, parfois, de ne pas se sentir oppressé par le risque.

Elle lui en voulait un peu de se satisfaire de ce que leur position leur permettait, parce qu'elle savait qu'il était incapable d'offrir et de recevoir plus. Il l'affectionnait sincèrement, la chérissait à sa manière, mais il ne pouvait pas éprouver pour elle la même brûlure que ressentait Petra pour lui.

Elle lui en voulait pour cela, et souriait presque de son propre pathétisme.

- Capitaine Crétin, souffla-t-elle en finissant son thé avant de poser la tasse dans l'évier.

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Aaah, bon, y a pas à dire, j'avoue que j'adore écrire des trucs un peu consistants et physiques entre eux ! Alors ? Cette intervention divine de Hanji ? (je sais que certains l'attendait !)

J'ai adoré apprendre que certains lecteurs prévoyaient une situation de ce genre, les deux nazes découverts par Hanji ou Erwin, et comme j'avais prévu un OS de ce genre j'ai pas pu tenir suite aux reviews abordant le sujet : j'ai travaillé direct dessus pour en faire le chapitre 8 P

Le prochain OS est grandement avancé mais je ne sais pas si je l'aurais fini avant la fin de la semaine et m'absentant pour les deux à venir, je crains que rien ne soit publié d'ici là

M'enfin, je vous souhaite à tous de bonnes vacances puisque je ne l'ai pas encore fait (honte honte honte °/°), profitez bien, reposez-vous, mangez comme des forcenés ! VIVE LA VIE !

Prenez soin de vous D

Cha cha !