- Tu veux dire… que je t'ai entendu penser ? souffla Arthur, incrédule.
Merlin hocha lentement la tête, l'air de ne pas y croire lui-même.
- C'est impossible ! s'exclama le roi.
- Ça ne devrait pas l'être, d'autant que vous n'êtes pas un sorcier. Mais le lien ne devrait pas être possible non plus.
- Kilgharrah a dit, que quand tu étais inconscient, tu te fermais de l'intérieur… réfléchit Arthur à voix haute.
- Quoi ?
Le magicien releva la tête, surpris. Il ne comprenait pas de quoi Arthur parlait.
- Alors même toi tu n'es pas conscient de ce que tu fais ? Mais comment peux-tu faire quelque chose sans le savoir ?
- Mais de quoi vous parlez ? Expliquez-vous !
- Demande à Alator, j'ai à peine compris ce que Kilgharrah m'a expliqué !
« Quand tu es inconscient, comme lorsqu'on attendait Kilgharrah, tu bloques ton esprit. Personne ne peut y entrer et communiquer par pensées avec toi, dit aussitôt le loup. »
- Je fais vraiment ça ? Et le lien, vous le sentez quand même ?
- Oui. Kilgharrah n'était pas au courant pour lui, ni pour la prophétie, se rengorgea Arthur, un peu fier d'avoir appris à un dragon quelque chose.
Merlin fronça les sourcils. Depuis qu'il le connaissait, Kilgharrah lui parlait des prophéties et du destin. En toute logique, il aurait dû connaître celle qu'Alator leur avait récitée. Il faudrait qu'il trouve la raison de ce problème avec le dragon, quand ils seraient tous hors de danger.
- C'est étrange… Logiquement, vous ne devriez pas sentir le lien.
- Evite de perdre connaissance, et tu n'auras plus de questions à te poser, taquina Arthur.
- Evitez de vous mettre en danger, et ça résoudra pas mal de problèmes, répondit Merlin sur le même ton.
- Ce n'est pas de ma faute si tu es tombé malade !
- Non…
- Et je ne me suis pas mis en danger depuis plusieurs mois ! continua Arthur, sans faire attention à l'hésitation et à l'expression pensive du magicien.
- Si, quand vous êtes venu à la clairière. Vous imaginez, si je n'avais pas pu appeler Kilgharrah ? Vous seriez mort, Morgane vous aurait tué !
- C'était pour venir te sauver toi. Et tu l'aurais empêchée de me tuer. C'est ton rôle, non ?
- Et j'aurais fait comment sans mes pouvoirs ? J'aurais essayé de la convaincre avec des mots ? Ou avec des larmes ? Vous savez très bien que ça n'aurait pas marché.
Arthur ne répondit pas et fronça les sourcils. Ce que Merlin venait de dire l'avait interpellé.
- Tu viens bien de dire sans tes pouvoirs ?
- Evidemment, vous croyez vraiment que j'aurais laissé ces Southrons m'emmener là-bas sinon ? demanda Merlin, comme si c'était une évidence.
- Tu ne l'as jamais mentionné ! Et comment t'es-tu retrouvé sans magie ?
- Morgane a utilisé la même astuce que j'ai utilisé sur elle lorsque nous avons repris Camelot il y a quelques mois. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi elle n'a pas réussi à vous envoyer voler dans la salle du trône ?
- Si, avoua Arthur. Mais ça ne m'explique pas comment elle a fait, ou comment tu as fait.
- Une poupée vaudou. C'est un ancien rite, qui permet de bloquer les pouvoirs d'un sorcier tant qu'elle est proche de lui.
- Et comment s'est-elle débrouillée pour que ses hommes te la mettent ? Tu es un sorcier, tu aurais pu les envoyer voler en un quart de seconde !
- Imaginez que vous dormez tranquillement après une grosse journée épuisante. Vous vous croyez en sécurité parce que le seul ennemi qui risque de vous atteindre, vous saurez s'il arrive. Et tout à coup, vous êtes réveillé en sursaut par une main qui se pose fermement sur votre bouche, vous ouvrez les yeux pour voir cinq hommes très costaud devant vous, dont un qui vous bâillonne. Sans que vous ayez le temps de comprendre ce qui se passe, on vous prive de votre meilleur atout. Qu'est-ce que vous feriez, sans votre épée ?
- Tu marques un point, reconnut Arthur. Désolé.
- Ce n'est pas grave, je vous comprends, assura Merlin. Pour répondre à votre question, j'ai essayé d'envoyer voler ces hommes, comme vous dites.
- Je croyais que tu étais bâillonné ?
- Je n'ai pas toujours besoin de mots pour faire de la magie. Une bonne partie de mes pouvoirs sont totalement instinctifs. Ça n'a pas marché. Je suppose qu'un des Southrons, probablement Bard, avait la poupée vaudou sur lui. Il m'a assommé, et l'a accrochée au devant de ma ceinture. Je ne pouvais pas l'enlever.
- Ça a été dur pour toi, de te retrouver sans pouvoirs pendant plusieurs jours ?
- C'est comme… perdre une partie de soi-même. J'étais sans défense, et je n'avais aucun moyen de m'enfuir. Bard en a bien profité, cracha-t-il presque.
Il serra les poings au souvenir de ce que le Southron lui avait fait. C'était une expérience qu'il ne souhaitait en aucun cas revivre, se sentir si impuissant et devoir regarder son ennemi faire ce qui lui chantait.
- Je suis désolé, pour ce qu'il t'a fait.
Arthur imaginait sans peine ce qui avait dû se passer. L'état dans lequel il avait retrouvé son ami parlait de lui-même. S'il n'avait pas déjà vu d'autres cas comme celui-ci, il se serait demandé comment un homme pouvait maltraiter un autre homme à ce point.
- Ce n'est pas de votre faute. Vous avez fait tout ce qui était en votre pouvoir, vous et les chevaliers.
- Si j'avais su avant pour tes pouvoirs, j'aurais pu… Tu aurais pu venir me parler, et nous aurions trouvé une solution. Tu n'aurais peut-être pas été enlevé comme ça.
- Vous auriez peut-être évité cela, mais Morgane aurait trouvé un autre moyen, assura Merlin.
- Si nous étions partis avant l'aube, nous aurions pu te rattraper plus tôt, et…
- Vous auriez dû attendre l'aube de toute manière pour trouver des traces. Et vous avez avancé à un bon rythme, vous êtes arrivé peu de temps après nous.
- On nous a aidés, confia Arthur.
Il venait de réaliser qu'il n'avait pas encore parlé de ça à Merlin. C'était le moment ou jamais. C'était uniquement grâce à ça qu'ils étaient arrivés à temps.
- Pardon ? Qui ça ? demanda le magicien.
- Un druide… Il a dit qu'il t'avait vu passer.
- A quoi ressemblait-il ? l'interrompit Merlin.
Il avait une idée quant à l'identité de l'homme. S'il avait raison, alors il devrait le trouver, pour le remercier.
- Il s'appelle Ishlar, et il est grand, brun et bronzé. Il portait une robe de druide couleur de la forêt quand il est venu nous voir. Pourquoi ?
- Je l'ai vu. Il m'a regardé passer devant lui, l'air totalement ahuri. J'ai su qu'il m'avait reconnu en tant qu'Emrys, mais il n'a rien fait, j'ai cru qu'il avait choisi de ne pas m'aider.
- Il t'a aidé. C'est grâce à lui que nous avons été aussi vite. Pendant une après-midi et une journée, il nous a guidé, je n'ai jamais su comment. Mais maintenant, je suppose qu'il a cherché ton emprunte magique.
- Il faudra que je le trouve, pour le remercier. Sans lui, vous n'auriez pas découvert mon secret.
- Heureusement qu'il était là alors, conclut Arthur en se levant. Allons nous coucher.
Merlin acquiesça et plongea son regard dans le feu. Ses yeux se dorèrent, et Arthur fronça les sourcils, curieux.
- Le feu tiendra toute la nuit, dit le magicien. Il nous procurera de la chaleur.
- Dis-moi, Merlin, tous les sorciers ont les yeux dorés quand ils font de la magie ? demanda Arthur.
- Non, seulement ceux qui ont une certaine puissance. Et je ne suis pas un sorcier, je suis un magicien, répondit Merlin, assez fier de lui devant l'air perplexe du roi.
- Il y a une différence ?
- Les sorciers ont choisi d'étudier la magie. Les magiciens, eux, sont nés avec leurs pouvoirs. Ce sont en général eux qui sont les plus puissants.
- Wow, fit Arthur, fasciné.
Merlin haussa les sourcils en souriant, et Arthur songea que la magie avait encore beaucoup de choses à lui apprendre. Il espéra que son ami aurait le temps de lui parler de tout ce qu'il savait pendant leur voyage. Le magicien alla s'enrouler dans sa couverture, Arthur l'imitant pour dormir.
« Il t'aime beaucoup, dit Alator à Merlin. »
Merlin ne prit même pas la peine de demander à qui il faisait référence.
« Je sais, répondit-il. »
« Plus encore que tu ne le crois. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Tu as vu tout à l'heure, comment il a réagi quand tu as parlé de Bard ? Et comment il s'est excusé pour tout ce qui s'est passé ? »
« J'avoue que ça m'a étonné. Arthur n'exprime pas ses sentiments facilement. »
« C'est ce qui fait que ça a d'autant plus de valeur. Il ne supporterait pas qu'il t'arrive quoi que ce soit. Tout comme tu ne supporterais pas qu'il lui arrive quelque chose. Vous êtes vraiment les deux faces d'une même pièce, l'un ne va pas sans l'autre. »
« Oui, soupira Merlin. J'imagine que c'est ce qui arrive quand deux êtres passent autant de temps ensemble et sont faits pour être ensemble. »
Le magicien se retourna. Il avait déjà pensé à ce qu'Alator venait de lui dire. Depuis qu'il avait été enlevé, Arthur et lui s'était beaucoup rapprochés. Il n'y avait plus aucun secret entre eux, et Merlin devait avouer que ça faisait du bien de pouvoir parler de magie avec son ami, et de pouvoir se montrer tel qu'il était devant ses amis. Les futurs problèmes de Camelot semblaient depuis moins impressionnants, il ne serait plus seul avec Gaius pour le renseigner pour les affronter. Il aurait Arthur à ses côtés, et les chevaliers.
- Merlin, dit soudain Arthur d'un ton qui rendit aussitôt le magicien méfiant. J'ai demandé à Kilgharrah de me dire comment il s'est libéré de sa prison sous le château.
Arthur vit Merlin se tendre et se retourner en se redressant sur un coude pour le regarder dans les yeux. Il culpabilisait un peu d'avoir demandé cela au dragon, il comprenait pourquoi le magicien avait refusé de lui en parler.
- Il vous a raconté ? demanda précipitamment Merlin, sachant pertinemment la réponse.
- Oui…
- Il ne vous est pas venu à l'idée que j'attendais le bon moment pour vous en parler ?! explosa le magicien.
- Le bon moment ? Ça fait trois semaines que je suis au courant de ton secret, et à aucun moment tu n'as fait mine d'être sur le point de tout me dire !
- Parce que vous croyez que c'est facile pour moi ? Tous les jours, je pense à tous les innocents qui sont morts à cause de ce que j'ai fait ! Mon père est mort à cause de ça, j'ai à peine eu le temps de le connaître pendant une journée !
Arthur grimaça. Il se doutait que Merlin réagirait de cette façon, mais pas aussi violemment. Il fallait qu'il trouve un moyen de rassurer son ami.
- Ce n'était pas de ta faute Merlin, il t'a forcé à le faire.
- Mais si je ne lui avais pas promis sur la vie de ma mère…
- C'était ça ou laisser mourir Camelot. Tu as fait le bon choix, assura Arthur. Peu de gens sont capables de prendre une telle décision. Tu as tenu ta promesse, et tu as sauvé bien plus de vies que celles que Kilgharrah a ôtées, y compris la sienne. Et je suis sûr que tu ne regrettes en aucune façon de l'avoir épargné.
Merlin resta muet, surpris de voir Arthur énoncer exactement ce qu'il avait besoin d'entendre.
- Imagine, continua le roi, si tu ne l'avais pas laissé vivre. Tu n'aurais pas survécu à Morgane il y a trois semaines. Elle t'aurait tué, elle m'aurait tué parce que j'aurais très certainement couru droit sur elle pour te venger, et elle aurait pris Camelot. Le royaume serait perdu. Tout ce que tu m'as aidé à construire serait détruit. Il n'y aurait plus d'Albion, ajouta-t-il, certain de toucher une corde sensible avec ce mot.
- Je n'aurais même pas vécu jusque-là… marmonna Merlin pour lui-même en baissant les yeux.
- Pardon ?
- Rien du tout, je parlais pour moi-même, esquiva le magicien.
- Merlin. Explique-moi pourquoi tu viens de dire ça. Tout de suite.
Merlin soupira, résigné.
« Ça ne sera pas pire que de lui avouer que c'est toi qui a libéré Kilgharrah, l'encouragea Alator. Tu ne risques rien en lui disant cela. »
- Très bien. Vous vous souvenez, lorsque Morgane est revenue, nous avons subi un siège. J'ai disparu pendant deux jours.
Arthur acquiesça. Il se souvenait très bien de ce moment. Sans prévenir, Merlin avait disparu, le laissant se débrouiller seul. Il avait été très en colère, même quand son serviteur avait réapparu. Puis le siège lui avait donné d'autres choses à penser.
- Le soir, j'ai suivi Morgane jusqu'à un point de rendez-vous où elle a retrouvé Morgause, continua Merlin. Elles ont discuté du siège et de Cenred, et Morgane m'a repéré. Les hommes de Morgause m'ont rattrapé, et elle m'a fait prisonnier. J'étais enchaîné dans la forêt, une chaîne magique. Morgause m'a laissé seul après avoir essayé de me faire avouer pourquoi je risquais tant ma vie pour vous. J'ai essayé de briser la chaîne, mais plus j'essayais, plus elle se resserrait, au point de me couper la circulation. Au bout d'un moment, des scorpions se sont montrés. Ils se réunissent lorsqu'ils sentent quelqu'un qui est seul pour l'attaquer.
- Tu n'as pas réussi à leur résister ?
- Au début, si. Mais ils étaient extrêmement nombreux, je n'en avais jamais vu autant. J'étais déjà épuisé, et l'un d'entre eux a réussi à m'avoir sans que je le voye. Il m'a piqué au bas du dos, j'en porte encore la cicatrice.
Merlin se retourna et souleva sa chemise et sa veste, dévoilant à Arthur deux trous, un plus gros que l'autre, qui s'étaient refermés au fil du temps.
- Comment as-tu fait pour t'échapper ? demanda-t-il. Le poison des scorpions immobilise une personne et est extrêmement douloureux, et il provoque la mort à la fin.
- Avant d'être totalement immobilisé, j'ai réussi à appeler Kilgharrah. Je l'ai attendu, étendu sur le dos, pendant une éternité. Quand il est enfin arrivé, les scorpions allaient m'avoir. Il a enflammé plusieurs d'entre eux et m'a soulevé du sol. Je n'étais déjà plus conscient à ce moment-là.
- C'est lui qui t'a soigné ?
- Oui. Mais j'avais besoin de repos. Kilgharrah a veillé sur moi pendant une journée, jusqu'à ce que la douleur s'estompe. Puis il m'a ramené à Camelot. Sans lui, je serais mort ce jour-là.
- C'est à cela que tu dois penser, dit Arthur, solennel, le moment où il t'a sauvé la vie, plus que celui où il a détruit la moitié de Camelot. A chaque fois que tu penses à ce qui s'est passé quand tu l'as libéré, je veux que tu penses à ce moment.
- J'essayerai. Merci, Arthur.
- Les amis sont là pour ça.
oOoOo
Deux jours après, ils étaient au beau milieu du royaume de Loth, l'héritier de Cenred. Le roi d'Escetia n'était pas un très grand allié de Camelot, ils n'étaient pas en paix, même s'ils n'étaient pas en guerre non plus. C'était plus une cohabitation forcée. Tant qu'un royaume ne dépasserait pas les bornes, l'autre non plus.
Arthur et Merlin avaient redoublé de vigilance. Ils n'étaient pas à l'abri d'une attaque. Ils essayaient de communiquer par pensées, de la même manière qu'ils avaient amélioré le lien. Ils n'avaient eu aucun résultat pour l'instant.
Ils chevauchaient tous les deux en silence, au pas pour ménager leurs chevaux. Merlin cherchait Aithusa pour savoir dans quelle direction aller. Il devait être suffisamment près maintenant pour pouvoir la sentir, et ça leur ferait économiser du temps de voyage.
Perdu dans sa recherche, il n'entendit pas les légers bruits dans les broussailles, pas plus qu'Arthur. Sans crier gare, une patrouille surgit du couvert des arbres. Ils se retrouvèrent tous deux à terre avant d'avoir eu le temps de faire quoi que ce soit. Arthur se releva plus vite que Merlin et eut le temps d'aller chercher son épée sur sa selle avant que le premier soldat le menace. A vue de nez, il devait bien y avoir une dizaine d'hommes. Pourquoi Merlin ne faisait-il rien ?
Un grognement retentit. Alator était parti en éclaireur, et avait rebroussé chemin dès qu'il avait senti que quelque chose n'allait pas. Le loup déboula au milieu des combats et fit face à un soldat qui s'apprêtait à prendre Arthur par derrière, toutes dents dehors. L'homme hésita un instant devant cet animal enragé avant d'attaquer. Ils devaient tuer les intrus, quels qu'ils soient. Alator esquiva l'épée avant de sauter à la gorge du soldat, le faisant tomber à la renverse.
Occupé à affronter un soldat devant lui, Arthur ne vit pas un troisième s'approcher derrière lui, prêt à le poignarder dans le dos. Merlin, lui, le vit et ne pensa plus qu'au danger imminent, sans se préoccuper de lui-même.
- Arthur ! hurla-t-il à la fois à voix haute et dans sa tête.
Arthur s'immobilisa une seconde sous l'effet du cri qui envahit son crâne, reconnaissant très bien la voix. Il se retourna aussitôt et vit le soldat, se précipitant pour le tuer, furieux.
- STOP ! entendit-il soudain. Ou je tue ton copain !
Arthur s'immobilisa à nouveau, essoufflé, et se retourna, cherchant la source de la voix. Sa fureur ne fit qu'augmenter lorsqu'il la trouva, un soldat qui tenait un couteau sous la gorge de Merlin, trop concentré sur son ami pour songer à se protéger lui-même. Le soldat arborait un grand sourire narquois, certain de sa victoire, sans se soucier des mains de Merlin qui s'accrochaient à son bras. Arthur laissa tomber son épée, jouant le jeu de leur ennemi. Aussitôt, les autres soldats se rapprochèrent et les encerclèrent, leurs épées pointées sur sa gorge et sur Alator, qui avait aussi cessé de bouger.
« Essaie toujours et on va voir, pensa Arthur pour lui-même. »
« Je n'aurais pas mieux dit ! entendit-il Merlin répondre joyeusement. »
Avant qu'il ait eu le temps de comprendre quelque chose, tous les hommes volèrent dans les airs, y compris celui qui tenait Merlin. Arthur vit les yeux de son ami se dorer, le magicien faisant attention à éloigner le couteau de sa gorge. Le roi ramassa son épée et la fit tourner en l'air pour impressionner les soldats qui retombèrent sur le sol.
- Ne menacez jamais un sorcier ! s'exclama-t-il d'une voix forte.
Les soldats ne demandèrent pas leur reste et se relevèrent tant bien que mal pour s'enfuir, humiliés. Aussitôt qu'ils furent hors de vue, Arthur se laissa tomber sur le sol à côté de Merlin.
- Tu pouvais pas… faire ça avant ? demanda-t-il.
- J'étais trop occupé à surveiller vos arrières, répondit Merlin avec une expression amusée.
- Merlin, c'est vraiment toi que j'ai entendu penser ?
- Vous connaissez d'autres gens capables de vous répondre alors que vous pensez quelque chose ? répliqua Merlin avec un air de défi.
- Je suis sérieux, Merlin. Tu aurais pu crier moins fort, j'ai cru qu'on m'explosait le crâne.
- Désolé, Altesse, la prochaine fois qu'on vous attaque par derrière je vous laisserai mourir.
- Merci, dit Arthur avec une expression faussement soulagée. Il n'empêche que je t'ai entendu répondre à ce que j'ai pensé.
- J'ai répondu. C'était ma réplique, d'ailleurs.
- Tu n'étais pas censé l'entendre !
- Je suis content de voir que vous avez autant confiance en moi, Sire, coupa Merlin.
- Je te connais, tu ne fais jamais ce qu'on te dit. Je ne vois pas pourquoi cette fois aurait été différente. Et nos vies étaient en jeu. J'ai eu raison, non ? Ces soldats y réfléchiront à deux fois avant de nous attaquer maintenant.
- Eux oui, mais les prochains, non. Nous devrions nous dépêcher de nous remettre en route, pour sortir du royaume de Loth au plus vite et éviter d'autres attaques.
Arthur acquiesça et ils se relevèrent pour remonter sur leurs chevaux, quittant l'endroit au galop.
oOoOo
Plus d'explications que d'action dans ce chapitre… La conversation entre Merlin et Arthur était censée durer moins longtemps, mais ils ont décidé de continuer à parler. Au moins ça fait moins de choses à se dire après ^^ !
