YOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !

Hellow, Monde ! Comment allez-vous bien ?

Bon eh bien voici le 10ème chapitre ! Je me disais que pour fêter ça je devrais en faire un du tonnerre mais finalement le scénario que j'avais prévu a été décalé au suivant… Donc ben, celui-là raconte ce qu'il peut et voilà ^^ Mais j'ai toujours pris un sacré plaisir à écrire ce bazar !

Ezana : YOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO ! Ici la Rivetra-Sphère ! xD Nous vous recevons mon commandant, tout va bien à bord !

EZA-CHAAAAAAAAAAAAAN, comment vas-tu ? As-tu toujours cette patate d'enfer que j'adore ressentir dans tes reviews ? :D RAAAAAAAAAH PUTAIN QUELLE PECHE, BAAAAAM ! Ça envoie tellement d'énergie de lire tant d'enthousiasme !

Au fait au faaaait, as-tu passé de bonnes vacances ? Où es-tu allée ? :D

Woaaaaaaaaaaa, sééérieux ?! Ça me fait trop plaisir ! Rah làlàlàààààà, Underlife est vraiment LE bazar qui hante mes nuits, l'histoire qui me torture et dans laquelle je mets toutes mes tripes, et c'est jouiffissime de savoir que tu l'as lu (« ENGLOUTIE », dis-tu !) et autant appréciée ! RAH OUAIS, ça me ferait trop plaisir d'avoir ton avis détaillé de c'te chose-là quand tu auras le temps D (mais je veux surtout pas que tu le fasses par contrainte hein, je sais qu'il faut avoir la foi pour se lancer dans un com xD)

Hun hun hun… Oublie ça… Personne ne viendra te sauver ici. Pas même Rivaï Heichou… PERSONNE ! (mais… qui sauvera mon ordi de tes petites griffes méphistophéliques ?! Damned, mon plan de séquestration présente une faille. Je vais réétudier ça !)

Bon, pendant que je réfléchis, je te laisse attachée au lit hors de portée de mon ordi et pour passer le temps les Survey Corps danseront la Gangnam Style pour nous _

(aaaah, ça ça me fait carrément grave plaisir ! Moi aussi j'adore discuter avec toi, c'est génial quand on dépasse un peu le stade de « review/réponse » pour s'éloigner un peu du chemin et partir en vrilles et débats XD)

Eh oui, ce fichu petit caillou ! x) Oui, on le revoit de temps en temps, il ressurgit pour rappeler son existence, engendre un petit moment de méditation sentimentale puis repart se fourrer dans la poche du Cap'tain ! P

Le passage entre Erwin et Rivaï a été, tu t'en doutes, plutôt GRAVE agréable à écrire ! *w* Je les surkiffe tellement, MAAAAN DIEU. On a tout dit déjà, surtout toi : il y a entre eux une véritable complicité, une confiance a-bso-lue, mais on sent tout de même l'autorité d'Erwin sur Rivaï. Ah, c'est marrant ce que tu dis là (« Je me demande tout de même si Erwin n'aimerait pas que son « ami » puisse trouver une personne lui apportant du soutien ») c'est exactement ce que je me dis… pour Erwin x) En fait tous les deux sont des guerriers exclusifs, la battle avant tout ! Les amours après. Ils vont mourir seuls, ces cons, merde !

Tu demandes si tu as été trop loin dans les relations aux seins des Bataillons, je ne pense pas, c'est vrai, ce n'est pas quelque chose que l'on verrait dans un épisode, cependant, les explorateurs sont pour moi des gens particuliers, vivant pour mourir au nom de l'humanité, donc je pense qu'a certains moment ils ont besoins de relâcher la pression tout simplement.

Hun hun hun… William ! J'apprécie beaucoup que tu en parles, il est un peu la cinquième roue de la charrette vu que les membres de l'escouade auxquels on est habitués c'est le quatuor décédé, mais ça me rend toute contente qu'il te plaise ! C'est exactement ça, c'est un peu le boute-en-train du groupe ! Un peu puéril sur les bords mais attachant )

(en fait ce personnage je ne l'ai pas vraiment inventé, mais je pense que la plupart ont oublié à qui il fait référence. Tu le verras bien assez tôt D Mais il serait cruel d'essayer de te rassurer à son sujet !... ^^'')

Quant à Rivaï… Égal à lui-même tout en se lâchant j'ai envie de dire ? x) Les gars un peu tsundere comme ça, qui en imposent et t'écrasent d'un regard, je les vois bien avoir au fond une âme de gros gamins ! Là il s'est défoulé comme un petit ouf… tout en restant sérieux ! La bagarre, c'est la bagarre, la loi du plus fort xD Si la population l'avait vu comme ça…

Hehe, Hanji Hanji Hanji… En fait je crois qu'il n'y a pas vraiment de personnage que je n'apprécie pas (à part Bertold… c'est pas que je l'aime pas, il est adorable et plutôt complexe mais il est trop « effacé » pour moi… Et toi, y en a que tu n'aimes pas trop ?) Bref, Hanji donc, tout ça pour dire que (comme c'est étonnant !) j'adore aussi écrire sur elle ! *w* T'as raison d'en parler belle gosse, je suis d'accord, y a un grand naturel entre Rivaï et lui, on sent qu'ils n'ont aucun complexe (…est-ce que Rivaï a des complexe avec quelqu'un même ? -.- Enfin, un peu avec Petra oui mais bon) et sont très crus et entiers l'un avec l'autre ! Je les adore !

VWOUI, c'est vrai / Dans cette scène totalement immature j'ai cherché à faire une petite référence à la pugnacité des soldats du Bataillons. Là c'est complètement infantile, dénué de toute gravité et de toute conséquence, mais j'avais envie de peindre une scène déchaînée illustrant la manière qu'ont ces soldats de tout faire à fond (roooh, j'imagine si Erwin avait pris part au combat… qu'est-ce que ça aurait donné ? xD)

Je suis bien contente que tu aies à ce point apprécié ce chapitre, c'est un pur délice de ressentir autant de peps ! *w* Ça me fout un sacré coup de jus, MERCI pour ce temps que tu prends pour reviewer, merci de détailler autant tes remarques ! C'est sublimerveillique de discuter avec toi D

(quant au chap centré sur Ravioli Heichou… ce sera le chapitre 13 ou 14 je pense D)

(réponse au(x) P.S : ouais, c'est super confus leur truc ! En fait le « clan de la rose » ec'est la Garnison. Mais après celui de la Licorne, apparemment on l'appelle aussi bien Police militaire que Brigades spéciales ! Zarb. La Garnison est aussi un corps d'armée spécialisé dans la police ! Bon, disons que chacun s'en accomode comme il peut et qu'on essaie tous de se comprendre à peu près à ce sujet !

Merci de ton aide en tout cas :D)

Valà, TRES BONNE RENTREE A TOI AUSSI EZA-CHAAAAN, bonne chance pour cette nouvelle année de labeur (que fais-tu d'ailleurs ?) et que cette énergie géniale ne te quitte jamais !

Komakoo : YOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !

Salut à toi, chère Komakoo ! :D (désolée de répondre si tard )

Alors ouais, je veux pas me l'avouer parce que c'était pas mon intention de départ, mais tout ça ressemble plus à une histoire continue qu'à un recueil d'OS… Disons que ce dernier terme justifie plus facilement l'irrégularité de la chronologie et les ellipses de malade ! x)

Cela dit, tu dis que justement cela te plaît du fait qu'on peut semer sans contrainte des passages plus pépères, moins intenses et c'est vrai ! Ça donne un peu plus de liberté (même si dans mes fanfictions « continues » je le fais aussi sans vergogne ! XD)

(ah ? tu écris du RivaMika ? :P)

Ah, ça me fait plaisir ! Étant allergique à la tendresse avec un grand T, je névrose dès que j'ai l'impression de faire trop guimauve !

(après, chacun son truc ! x3 Il y a des tas de lecteurs qui eux adorent la romance, la vraie de vraie, avec du chamallow fondant ! C'est pas un défaut d'aimer écrire ça, moi c'est pas mon truc mais si ainsi est ton style, ne change pas !)

Alors, quant à ta question : je serais bien en peine de m'expliquer… Bon, disons que plutôt que de choisir ce titre en anglais à dessein, je l'ai fait sur une impression personnelle. « Beautiful » = belle ou beau donc, et « Belle » en titre de chapitre… YEURK, je supporte pas, j'ai l'impression d'écrire une fanfiction sur Twilight ! Ça sonne très présomptueux, je n'apprécie pas du tout ce simple mot en résumé du chapitre, il me donne l'impression de transmettre plus d'élan que je ne le voudrais. Après c'est sûrement stupide et peut-être n'ya-t-il que moi qui le ressens ainsi, mais je trouve que « Beautiful » a quelque chose d'atténué, de plus arrondi comme mot, moins cru dans sa signification, à la sonorité il apporte l'idée avec moins de lourdeur. M'enfin, encore une fois : impression perso ! :D

HA, on embraye donc directement sur le com du chapitre 9 ! xD « Merci de m'avoir fait autant tourner en bourrique » dis-tu ? x'D Ça alors c'est pas banal, écoute… Ce fut un plaisir ! Ravie que ce chapitre t'ait plu ! :3

Ah, ça m'intéresse ta remarque ! J'essaie d'équilibrer entre le réalisme de mes textes et l'intérêt même de la fanfiction, soit de créer d'inventer et créer des scènes qui n'arrivent pas dans le manga. Mouais, j'ai sans doute poussé un peu loin la complicité, mais même si on a jamais vu pareil moment au sein des bataillons, ça ne me paraît pas impossible ) Mais j'apprécie aussi qu'on me dise honnêtement « Nem's, tu vas un peu loin là ! -_- »

Rrrrrrrrr, ça me fait plaisir que tu abordes ce passage ! Il a été très plaisant à écrire et JAMAIS, dans aucune fanfiction francophone ou autre, je n'ai vu de textes traitant des Bataillons eux-mêmes. J'en faisais une constipation énorme, j'avais une monstrueuse envie d'écrire sur ça ! Ouf, me voilà soulagée ! Par contre, c'est vrai que ça n'a apparemment pas grand-chose à voir avec le Rivetra… Cela dit, comme ce passage aborde la force des liens au sein des Bataillons, ça rejoint la relation vive des deux soldats.

(y a-t-il une intrigue ? …Un fil conducteur disons plutôt ! Techniquement, l'intrigue tend vers le dénouement final, hors comme tu le dis on sait tous comment fini Petra.. T3T)
(hehe, t'en fais pas pour les spoils… Je lis tous les scans, c'est dire si je suis loin par rapport à l'anime, à côté de ça je dévore chaque interview d'Isayama-sama, je lis tous les bonus, je guette le moindre signe… Une vraie psychopathe, n'aie pas peur de me spoiler P)

(réponse au PS : OUARF, t'inquiète pas pour ça D (et je parle en connaissance de cause, étant une sous-bouse en informatique en général, c'est un exploit quand je peux ne serait-ce que publier un chapitre !) Connectée ou pas, ce n'est pas un souci, et bonne chance pour te familiariser avec ce site ^^)

Chère Komakoo, je te remercie sincèrement pour tes deux reviews qui m'ont fait énormément plaisir ! Merci pour tes compliments adorables autant que pour tes remarques, j'adore en discuter ! )

J'espère que ce chapitre-ci te plaira autant ! (mais je te préviens, il est un peu space)

YOOOOSH ! Enjoy it )

XXXXXXXXXXXXX

10- Loin des yeux, loin du corps

Un néant total.

Elle sentait un grand vide bourdonner en elle, comme une nuée d'insectes creusant lentement sa cage thoracique. Elle se trouvait sur un genre de champ de bataille… Les formes autour d'elles étaient noires, les silhouettes fugaces, immenses et minuscules, et Titans, arbres, combattants et nuages se mêlaient comme dans un maelström. Les sons semblaient décalés par rapport aux images. Les choses se confondaient. Et elle restait spectatrice immobile. Cette vision de combat, dans sa tête, avait des allures d'illusion, et elle le réalisa lorsqu'elle se sentit transportée et se retrouva en un temps infime dans un simple couloir, nu et faiblement éclairé.

Des pas la firent se retourner. Devant elle passa un cortège silencieux, froid, sorti de nulle part : deux silhouettes sans visage la dépassèrent, portant une civière. Sous le drap blanc, la forme étendue d'un homme. Ou de ce qui en avait été un. Peut-être était-ce le relief de la silhouette brisée, ou bien une simple intuition… Mais l'identité du gisant ne faisait aucun doute pour Petra.

Un effondrement terrifiant abattit en elle chaque pierre la composant elle, Petra, le roc, la faisant s'effritant dans un bouillonnement d'effroi cuisant, assourdissant, aveuglant, une avalanche ravageant tout en elle, ruinant l'intérieur de son corps immuablement droit et immobile.

Elle ouvrit la bouche, sentit ses yeux se dilater d'effroi, son corps se glacer à la vue de la silhouette déchiquetée qui souillait lentement le drap blanc d'une marée pourpre. Elle voulut bouger, en vain. Et les taches rouges détrempaient le drap, formaient de larges fleurs s'éclosant dramatiquement, le teintaient entièrement, faisant goutter à terre le sang mort.

Seul son nom put franchir ses lèvres, et elle sentit dès lors sa respiration devenir terriblement ardue et elle se courba, la poitrine brûlée.

Les hommes s'enfoncèrent dans l'ombre du couloir, ignorant les suffocations de la jeune femme. Étaient-ils soldats ? Civils ? Ils auraient aussi bien pu être des Titans finalement, elle ne l'aurait pas remarqué. Seul comptait ce brancard, ce linceul opaque, ce cadavre que sa conscience aurait mieux fait de garder anonyme. Elle était si pétrifiée qu'elle avait l'impression que l'un d'eux lui maintenait les poignets et les jambes, l'immobilisant, l'empêchant de les suivre pour leur arracher leur précieux fardeau.

Elle tenta de se débattre, de rattraper le cortège mortuaire, ne ressentant encore rien d'autre qu'un bouleversement profond, troublé dans un capharnaüm la bousculant de l'intérieur et où naissait une chaleur de colère. Elle ne savait pas ce qui la retenait enchaînée, pétrifiée, immobile dans ce couloir, incapable de courir après eux et de leur arracher leur chargement, leur arracher ce drap, s'arracher elle-même à cette léthargie tétanisée. Mais ses entraves invisibles étaient plus résistances que tout, et elle restait impuissante, debout, regardant disparaître le brancard.

- Rendez-le ! hurla-t-elle brusquement d'une voix qui crispa ses tripes et cuisit sa gorge.

Le bruit de pas s'éteignit, suivi par la flamme des bougies dont la clarté faiblit jusqu'à disparaître, la laissant seule, le souffle si court que chaque inspiration haletante était une souffrance.

- Capitaine !…

Elle se courba en deux, sa voix s'étranglant dans sa gorge, le corps secoué de sanglots secs.

- Je vous en prie… Rendez-moi Rivaï…

- Petra…

La jeune femme sursauta et releva la tête : Rivaï. Rivaï debout. Vivant, dans la pénombre de l'espace.

Le soldat la regardait avec cette fausse indifférence, cette dureté feinte pour elle, cet acier polaire et minéral, comme un miroir sans teint dissimulant une tendresse muette. Il était là, debout face à elle. Les dernières secondes qui venaient de s'écouler, la vision de son cadavre, rien, plus rien n'avait la moindre importance. Il était vivant à présent.

Tout est possible et impossible, ici. Du moment qu'on ne se pose pas trop de questions.

- Recule un peu, Petra, ordonna tranquillement Rivaï.

Et elle s'exécuta, sans poser de questions. Sans s'interroger.

Elle sentait ses pieds s'embourber dans un sol meuble et spongieux mais continuer de regarder Rivaï avec sérénité. Des bras l'enserraient, surgissaient de l'univers et cherchaient à l'attirer en arrière, mais elle n'avait pas peur encore, parce que Rivaï ne s'inquiétait de rien.

Et elle vit sa peau se dissoudre, et le corps du soldat se faire assaillir à son tour des bras tentant de le happer, de l'éloigner d'elle, le tirant en arrière sans parvenir à le faire bouger.

Sous les yeux horrifiés de Petra, sous l'assaut brutal des mains, ses vêtements, sa chair se désagrégeaient comme du papier de soie. Et au milieu du brasier glacé, le visage simple immuable, comme figé, du plus puissant soldat de l'humanité continuait de la regardait. Insensible au feu. À la douleur. À la mort. Insensible et immobile.

Les silhouettes humaines la bousculant gonflèrent comme des cumulus et bientôt des mains immense se disputaient le petit corps de Petra et elle sentait une terreur flouter sa conscience. Mais Rivaï continuait de la fixer sans bouger, se mourant à petit feu, ne laissant paraître qu'un orgueil serein et impassible. Et ils disparaissaient tous. Lui, et elle, et le monde entier disparaissait, et un gouffre immense s'ouvrait comme une gueule infinie qui dévorait tout.

Un hurlement atroce la réveilla en sursaut, la faisant se redresser sur le lit comme un ressors.

- RIVAÏ !

- Oi… Je suis juste là, pas la peine de rugir.

Elle resta figée dans la direction de la voix (qui sonnait incroyablement réelle), essayant de rassembler ses idées. Elle distingua dans la pénombre Rivaï, redressé sur un coude sur le matelas, à ses côtés.

Oui… Elle avait dû s'endormir. Cela lui arrivait parfois, et toujours Rivaï parvenait à se réveiller avant l'aube pour lui rappeler qu'ils devaient regagner leur couchette.

Il ne devait même pas être deux heures du matin, devina-t-elle en jetant un coup d'œil à la lune et en finissant de se resituer complètement dans le présent. Rivaï avança une main vers elle mais elle secoua la tête.

- Ça va…, haleta-t-elle, désorientée. Ça va. Pardon, je t'ai réveillé ?

- Pour ne pas être réveillé par un hurlement pareil il faut être carrément mort.

Elle sentit son ventre se serrer légèrement à ces mots et la main de Rivaï se poser sur son avant-bras. Elle semblait incroyablement fraîche sur sa peau fiévreuse. Il ne prononça pas un mot, et semblait simplement attendre dans le noir qu'elle reprenne son souffle. Elle finit par expirer longuement, démontrant qu'elle était calmée, et elle se rallongea sur le matelas, dos à lui. L'air était chaud et dense dans la petite pièce et, mal à l'aise, elle sentait ses aisselles et sa nuque humides de sueur et se tendit en entendant Rivaï inspirer profondément derrière elle.

- Tu devrais aller prendre une douche, fit-il sans raillerie, sentant le mal-être de la jeune femme.

Elle ne répondit pas, feignant de se rendormir sans autre forme de cérémonie. Elle tressaillit soudain lorsque les doigts de Rivaï écartèrent ses cheveux et effleurèrent sa nuque moite. Elle le chassa doucement, mais il se rapprocha et posa fermement sa main sur sa hanche, refusant de se faire écarter ainsi. Petra sentait la pression de ses doigts sur son ventre et elle avait l'impression qu'il prenait la tension de tout son corps : les pulsions affolées de son cœur, la course vive du sang dans ses veines, la crispation de ses muscles, l'effervescence de son cerveau encore fébrile du cauchemar.

Elle ne sut s'il parlait de son mauvais rêve ou de l'expédition imminente lorsqu'il demanda dans un chuchotement :

- Tu as peur ?

- Pff… Tu n'as jamais peur toi ?

- C'est très impoli de répondre à une question par une autre question.

- Et si tu répondais à mes questions à moi, pour une fois ?, rétorqua doucement Petra.

Rivaï soupira, essaya de la tourner vers lui mais la jeune femme restait cramponnée aux draps, bloc de béton pétrifié dans sa position. À l'affût. Il soupira une nouvelle fois et, contre toute attente de Petra, déclara :

- Quand j'étais encore un gosse, j'étais à l'arrache. Tout l'était, j'étais né à l'arrache, j'avais grandi à l'arrache, tout ma vie était comme ça et c'était le cas pour tous les enfants de salopards qui traînaient là-bas. Et là-bas justement (il évitait soigneusement, ou naturellement, de nommer cet endroit), tu te bagarres avant de savoir marcher. On était confronté très tôt à tout ce qui « fait peur », les plus grands que toi, les chasseurs de mômes, les ruelles sombres, les bandes de zonards à moitié ivres et armés comme des névropathes, ce genre de conneries.

Il marqua une pause, semblant chercher ses mots ou bien vaguement plongé dans un souvenir épars. Petra ne sut le dire, mais il reprit :

- Je crois pas que quand tu sors de ce nid de merde, tu as conscience de la peur. En fait… (il cherchait vraiment ses mots et Petra se serait presque sentie touchée des efforts d'éloquence qu'il faisait pour s'ouvrir un peu à elle) En fait, tout est tellement intense et futile, tout le temps, que c'est comme si chacun de tes gestes était motivé par une trouille monstre, une trouille de tout. Comme si les gestes les plus naturels, jusqu'à mâcher un bout de pain, respirer, courir, tu les accomplissais avec empressement et avidité. On est constamment tendu, on croit être en l'alerte mais c'est de l'angoisse je crois. Ça nous colle à la peau, et ça finit par s'imprimer tellement en nous que ça ne nous quitte plus. Plus jamais, jamais. Comme si tout le temps, on avait une nervosité grouillant dans le ventre et qui te donne l'impression de constamment jouer ta vie. Alors je crois que j'ai adopté ce sentiment et ai fini par m'en accommoder, à ma manière. Tu vois ce que je veux dire ?

Cette question était stupide, ils le savaient tous les deux. Bien sûr que non, Petra ne pouvait pas s'imaginer exactement ce que lui expliquait Rivaï. Cependant cela lui fit profondément plaisir que le soldat le lui demande, et elle hocha légèrement la tête.

- J'imagine que j'ai une frousse sensationnelle parfois, reprit Rivaï, mais peut-être qu'elle est trop naturelle pour moi pour que je la remarque encore. Elle décuple tout, et quand elle se manifeste je la ressens comme un coup d'adrénaline. C'est tout.

Petra l'écoutait en silence et sentait son cœur battre fort dans sa poitrine. Non plus à cause du cauchemar – celui-ci s'était volatilisé, ne laissant qu'un gout âpre dans sa bouche et aucune image dans son esprit. Elle était toute ouïe, buvant la voix de Rivaï dans le silence de la pièce. Elle savait qu'il ne racontait pas ces détails par envie de égocentrique de les partager, mais était heureuse qu'il le fasse. Les plus furtifs mots évoquant ses abysses étaient des grains de lumière dans la pénombre opaque qu'il était pour elle.

Rivaï ne le montrait pas, mais il sentait qu'il avait besoin de reprendre son souffle. Cependant ce qu'il racontait lui paraissait vide pour lui-même. Il n'avaot pas d'effort à fournir. Ce n'était que des mots.

- C'est naturel d'avoir peur, souffla-t-il. C'est ce qui maintient certains de nous en vie. Alors c'est sans doute inconcevable que je n'ai pas peur, c'est juste que je n'y prête pas vraiment attention. Je ne suis pas différent de toi, de William ou des autres.

Elle le sentit effleurer sa nuque. Cet endroit exact qui était vital aux Titans et que la lame létale du plus puissant soldat de l'humanité déchirait avec fureur, il le trouva de ses lèvres sur Petra et l'embrassa avec douceur, l'attirant à lui dans une étreinte dont se dégageait une dilection rude et tendre.

Pas différent…

xXxXx

[douze jours plus tard]

Petra se tournait et se retournait dans son lit. Non, décidément elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Les heures s'étaient écoulées depuis le couvre-feu et même les respirations paisibles de ses camarades endormies dans le dortoir et le calme des lieux plongés dans une pénombre tiède ne parvenaient à arracher Petra à l'activité turbinescente de son esprit.

Elle se rappelait de cette nuit-là dans les moindres détails. Le cauchemar, elle n'en avait pas le moindre souvenir, seule lui subsistait cette sensation de mal-être et de soulagement fébrile et moite suite à un mauvais rêve. Ce qui gardait ce moment vif et proche était peut-être le fait que Rivaï avait parlé de lui, un peu, ou bien qu'il l'avait embrassé avec douceur, sans que ce soit un préambule du sexe mais un simple geste rappelant sa présence à ses côtés. Car même s'ils passaient d'agréables moments, des discussions privilégiées, des entraînements secrets, Rivaï n'avait la tendresse des gestes que lorsqu'il était décidé à faire l'amour, sans quoi il se contentait de son attitude physique habituelle. Tout ou rien.

Petra soupira et elle eut l'impression que ce bruit était assez fort pour réveiller toute la chambrée endormie. Elle aurait tellement aimé le voir, être avec lui à ce moment. Et cela ne serait plus possible. Pas avant le retour de l'expédition.

Il y avait de cela plus de deux semaines, le Capitaine avait dû quitter le QG des Bataillons, sur ordre de son unique supérieur, et se rendre dans la caserne d'une petite division d'éclaireurs, plus au Sud, vers le district de Shingashina.

Et cela peu de temps avant la prochaine expédition extra-muros, qui débuterait dans moins de vingt jours.

Un souffle de suspicion puéril lui avait fait penser que le Commandant Smith l'avait fait exprès pour les éloigner, mais Rivaï avait tranché net ses doutes en affirmant qu'Erwin avait d'autres chats à fouetter que faire de petites manigances mesquines dans leur dos à ce sujet. Hanji et Mike avaient eux aussi été temporairement mutés, dans des casernes secondaires au Nord et à l'Est, apaisant la paranoïa de la jeune femme. Cette expédition était préparée pour être de plus longue durée, il fallait un maximum d'hommes et les caporaux et chefs d'escouades étaient chargés de les lever pour le jour du départ.

Merde. Ça tombait vraiment mal. Elle qui avait soudain tant envie de le sentir à ses côtés, avant l'expédition…

Malgré cela, elle eut un sourire en repensant à tout ce chemin parcouru. De jeune recrue admirative, à subordonnée dévouée, elle avait évolué vers lui, se délectant de ce qu'ils échangeaient. Elle s'amusait de leurs moments d'intimité, qui épluchaient Rivaï comme un oignon et faisait choir les préjugés.

Parfois, Petra était attendrie par l'admiration populaire vouée au Capitaine. Parfois elle la trouvait bête. Les gens le voyaient comme un brave chevalier au cul vissé sur son destrier, tailladant le Titan sans reprendre son souffle. Il n'était pas une figure de l'armée sempiternellement vêtue de son uniforme. Il devait ôter ses vêtements le soir, comme tout le monde, et les remettre le lendemain, comme tout le monde. Ensommeillé, sa manière d'enfiler sa chemise n'était pas plus classe qu'une autre.

Il piquait du nez de temps en temps, sentait la sueur après l'amour ou l'entraînement, éternuait quand il avait froid (ce qui arrivait rarement, certes) et avait le ventre qui gargouillait quand il avait faim (ce qui n'arrivait pas souvent non plus). Le Capitaine semblait n'avoir jamais sommeil, ou faim, ou soif, ou froid, ou peur, ou tomber malade, ou quoi que ce soit témoignant qu'il était un être humain accessible grouillant dans la même bassesse que le reste de son espèce, et pourtant Petra savait que cet homme n'en était au fond qu'un simple.

Mais sous son assurance sereine et l'expertise de ses gestes, dénuée de la moindre prétention, elle sentait une fébrilité difficilement maîtrisée. Une maladresse touchante, douloureuse,

Elle le ressentait dans la brusquerie parfois erratique qui le secouait lorsqu'il se serrait contre elle, dans la régularité fausse de sa respiration, dans cette manière qu'il avait de faire en sorte qu'elle ne s'attarde jamais sur lui, ni de ses yeux, ni de ses mains, ni de ses gestes.

Dans la minutie rustique avec laquelle il effectuait ses propres gestes envers elle, et cette déférence était parfois presque ridicule comparée au dédain qu'il témoignait pour tout soin qu'elle souhaitait lui porter.

Et elle savait que la douceur avec laquelle il agissait avec elle, ses égards et ses précautions étaient feintes admirablement et que quelque chose de cru, rude, grossièrement taillé forgeait tout son corps et son esprit.

Elle était comme un objet nouveau entre ses mains, sculpté, précieux, et les mains noircies de suie et de sang de Rivaï la maniaient avec la délicatesse que l'on réserve aux cristaux cassables, mais qui ne lui était pas naturelle. Et dans son habileté, elle ressentait toute sa gaucherie.

Elle avait envie d'étreindre ses mains secrètement malhabiles, mais elle ne saurait qu'en faire. Que lui apprendre ? Il semblait tout savoir, ne s'étonner de rien, couler contre elle comme une anguille s'adaptant parfaitement à n'importe quelle forme que Petra puisse prendre, à n'importe quelle parole qu'elle puisse prononcer. Qu'apprendre à son partenaire, alors qu'il semblait être si serein ? Elle avait envie d'empoigner sa maladresse, de l'embrasser avec ferveur, et la marque invisible des lèvres de Rivaï sur son cou la brûla avec délice à cette pensée.

Elle voulait le découvrir toujours plus, et le serrer toujours plus fort, et elle ne le pouvait pas, maintenant. Il lui manquait, un peu. Une frustration désagréable lui serra le ventre.

Quel temps perdu… Ce temps si précieux, qu'ils pourraient passer à se découvrir et se redécouvrir, à s'apprendre du bout des doigts, à défier tous les codes.

Elle avait encore tant de choses à apprendre de lui ! Elle les sentaient dans ces zébrures marbrant sa peau, ces vieux hématomes, presque effacés, cloquant les jointures de ses mains, cette cicatrice qu'elle avait sentie sous ses doigts, cachée sous les cheveux noirs, à la limite de la zone rasée qu'elle adorait triturer.

Et cette marque sur sa poitrine, comme une fleur rose, éclose en explosion, qui renfermait comme un secret barbare.

Rivaï. Un nom qui en son absence, sonnait fort dans le noir, rauque, rustique, comme une lame rugueuse d'un côté, mais au fil mortellement aiguisé. Et dans la musique de son nom, le souvenir des dizaines de nuits dérobées et de moments complices et secrets irradiaient dans son esprit

Elle caressa l'endroit de sa nuque que Rivaï avait embrassé ce soir-là, après son cauchemar.

Rivaï dont elle connaissait les moindres fissures de son enveloppe, les moindres courbes et ombres de sa coquille externe. De ses drôles de cheveux ras de la nuque au creux de ses reins dans lequel elle pouvait croiser les mains pour l'attirer contre elle, elle connaissait et appréciait tout.

Et elle ne pouvait pas le lui montrer à cet instant, alors qu'elle le désirait tellement.

Elle ressentait ses caresses, l'effleurement empressé de ses mains sur son corps, elle sentait son odeur et, à travers ses paupières mi-closes, s'étonna presque qu'il ne fut pas la malgré le réalisme croissant de ces sensations. Enfouissant son front dans l'oreiller, elle arqua le flanc, tendant ses muscles à l'extrême à la fois pour chercher à apaiser cette sensation lancinante et pour l'amplifier à la fois, appréciant avec trouble le frétillement intérieur de tout son être que procurait Rivaï, alors qu'il n'était pas là.

Sa main retraça prudemment la courbe de son sein et en effleura le bout, frissonnant au contact de ses doigts incroyablement et délicieusement froids. Son souffle se densifia et, fébrile, elle tâta le long de son ventre, de sa hanche, ressentant à travers ce mouvement le geste familier de son partenaire.

Elle s'interrompit brièvement, à l'écoute. Mais toute la chambrée dormait d'un sommeil lourd, et l'intérieur son ventre à elle crépitait de frustration. Foutue consigne, foutue distance…

Frémissante, elle glissa une main sous le bas de son vêtement de nuit, et expira lourdement en pressant moins timidement sa main contre son entrejambe. Elle effleura sa chair et, se mordant la lèvre, se caressa avec moins de pruderie. Ses doigts trouvèrent le chemin qu'empruntaient ceux de Rivaï, et reproduisirent ses gestes.

Rivaï.

Là où il était, loin, tout aussi seul qu'elle sans doute, il ne devait pas se douter de l'envie qui mordait les joues, la poitrine, le ventre de Petra, faisait perler la sueur sur sa peau et s'amplifier sa respiration.

Les doigts de la jeune femme avaient trouvé leurs marques, ses cuisses s'étaient écartées dans un mouvement mécanique lent et irrésistible et ses gestes de moins en moins inhibés floutaient fantastiquement l'image de Rivaï dans son esprit et l'attirait tout contre elle, jusqu'en elle, le coulant contre tout son être à vif.

Rivaï…

Il faisait noir et le sommeil lourd de la petite humanité de la chambre la rendait plus seul et isolée que jamais. Le drap était brûlant et collait à sa peau. Elle se sentait se tendre de plus en plus et sa raison s'écoulait peu à peu hors de sa tête, elle ne savait plus très bien si elle retenait encore sa voix et ses gestes ou si son corps ne pouvait plus refouler ses mouvements.

- Petra ? Tout va bien ?

La voix de Lena, dans la couchette au-dessus d'elle, lui parvint comme à travers un épais matelas mais lui fit l'effet d'un électrochoc. Petra se figea, glacée sur place, et bafouilla dans des intonations suraigües :

- H-hein ? Euh, eh… Quoi ?

- Je t'entends te plaindre, tu as mal quelque part ?

- Non, non ! balbutia-t-elle d'une petite voix pâteuse se voulant confuse et ensommeillée. Tout va bien, j'ai dû marmonner dans mon sommeil.

Lena haussa les épaules en bâillant et se recoucha, semblant se rendormir aussi sec.

Petra se roula en boule, se tournant honteusement vers le mur en essayant de restreindre l'espace qu'elle occupait et de rendre sa respiration la plus insonore possible. Des millions de fourmis grouillaient dans son bas-ventre et son entre-jambe, diffusant à présent en elle une sensation de léger malaise. Elle inspira calmement et se résolut à ne plus changer de position. Quelle idiote, pensa-t-elle avec autant de trouble et de gêne qu'elle n'en ressentait point quelques secondes plus tôt. Idiote idiote idiote !

Elle se sentait très fatiguée soudain et se sentait peser contre le matelas. Les émotions, la surprise et le coup d'adrénaline l'avaient vidée, et elle ne ressentait à présent, lourde comme du plomb, que la vague anxiété précédant la mission prochaine.

Il n'y avait rien qu'un homme puisse entièrement prévoir (qu'il s'appelle Erwin Smith, Rivaï, ou n'importe), et dieu savait que les centaines de morts enveloppés de la cape des Bataillons reposaient sous terre ou dans leur estomac à cause d'un imprévu, un paramètre aléatoire, un élément hasardeux survenu par mégarde, par malchance, par Destin. Même Rivaï pouvait disparaître dans un claquement de crocs. Il l'avait dit lui-même : il n'était pas différent d'elle ou des autres, et combien d'excellents soldats avaient fini par périr… Bon, il était le plus puissant de l'humanité, mais il n'était pas éternel. Cette évidence n'affola pas Petra, il valait mieux qu'elle s'occupe d'abord d'elle-même avant de se soucier de son supérieur. Car plutôt que la terreur, c'était la tristesse de ne pas le retrouver qui la perturbait.

Ils ne se reverraient pas avant le jour du départ, et s'ils n'allaient pas au-delà de cette expédition, si l'un ou l'autre restait là-bas, au-dehors de Maria sur la plaine immense, plus jamais ils ne se toucheraient comme ils pouvaient le faire dans les souvenirs chauds de Petra.

Elle se perdit dans la somnolence, recroquevillée, serrant contre elle la sensation des caresses passées de Rivaï et ce baiser d'une légèreté insoutenable qu'il avait déposé sur sa nuque.

xXx

Ses muscles étaient anormalement endoloris. La tension sans doute. Et si la douche glacée qui ruisselait sur lui apaisait cette crispation, elle ne parvenait à rafraîchir la brûlure de son corps.

Seul soldat éveillé dans la petite caserne près de Shingashina, Rivaï faisait couler l'eau de toute la puissance du jet, s'inondant totalement, se sentant pourtant presque fumer sous l'averse froide. Il posa son front contre le mur dégoulinant d'eau glacée, les mains tremblant légèrement.

- Merde…

Cette fichue consigne… Erwin n'aurait pas pu attendre ? Non, bien sûr, quelqu'un devait se charger de cette caserne. Mais là, maintenant… Alors que l'expédition accourait ! Son boulot de soldat primait sur tout. Absolument tout. La pitié, les états d'âme, les hésitations, les pulsions, les doutes. Tant qu'Erwin était à la tête de ce commandement, tant que les ordres venaient de lui, Rivaï occultait tout et obéissait avec une droiture rude. Sans poser de questions. Sans la moindre forme d'opposition. Mais bon sang, ce foutu ordre d'enfoiré était une vraie chierie.

Comme un éclat, l'image de Petra l'avait agrippé dans la soirée et ne le lâchait plus, alors qu'il n'avait jusque là pas été franchement peiné par la distance. Et à présent il sentait sa main caresser son ventre, laissant un sillon de frémissements sur les muscles parcourus, il sentait ses doigts effleurer son pubis… et sa propre main repousser sans douceur celle de Petra, l'éloignant avec intransigeance de son corps.

Le soldat lâcha un grognement rauque et appuya brutalement l'arrière de son crâne à la paroi froide.

Il s'épuisait lui-même. Il savait que Petra était perplexe, et qu'elle le trouvait injuste de poser ainsi des limites mystérieuses sans la moindre explication. À elle qui s'offrait toute entière, sans la moindre retenue, à elle qui se vouait à lui et rayonnait de sincérité et de clarté, il ne se donnait qu'à moitié, malgré lui. C'était plus fort que lui.

Bon sang, avec tout ce qu'il avait vécu en la matière, il n'était même pas capable de faire correctement l'amour à une femme telle que Petra. C'était absurde et ridicule. Il se fissurait à chaque fois et craquait, l'éloignant pour ne lui offrir qu'une conclusion hâtive et fiévreuse, bien qu'il y mît toute sa tendresse et son ardeur.

Mais c'était vraiment plus fort que lui. C'était viscéral.

Comme une vieille courbature imaginaire, il sentait par-dessous les caresses récentes de Petra la douleur réminiscente de ses reins, heurtant la surface inconfortable et froide d'un ciment sale. De son dos, trop arqué contre la dureté des murs. De tous ses membres, dont les muscles tendus à l'extrême tremblaient parfois sous l'effort. Et alors les gestes de Petra et ses effleurements sur sa peau n'étaient plus qu'un coloriage futile, par un feutre trop clair et usé, ne pouvant masquer les gribouillages laids en-dessous.

Comment lui faire comprendre son stupide blocage. Cette sensation dégueulasse d'immondice, de saleté encrée dans sa chair comme un tatouage indélébile. Ces souvenirs de ruelles ou de paillasses sales, l'endolorissement pénible de l'organisme, les corps-à-corps primaires qui déchiraient le chair et niquaient les lèvres. Il aimait la fraîcheur salvatrice que lui apportait Petra, mais ne se résolvait pas à la laisser l'arpenter tout entier avec cette innocence, sans savoir. Une fillette jouant sur un terrain miné. Il ne le pouvait pas, et ne le voulait pas.

À présent qu'ils étaient arrivés jusque là, il avait à sa manière l'envie de lui apprendre ce qu'était Rivaï, mais ne pouvait le formuler, le montrer, l'évoquer. Alors il fermait les cloisons, occultait tout et lui offrait ce qu'il pouvait. Piteux, pathétique …

Et là, loin d'elle, alors que rien ne stimulait particulièrement le souvenir de Petra, il ressentait avec avidité sa présence et sentait son prénom caresser sa gorge. Alors qu'elle était absente, il lui semblait soudain plus facile de se dévoiler, et il se maudissait davantage de ne jamais l'avoir réellement fait.

Il se passa une main épuisée sur le visage et augmenta la pression du jet d'eau froide. Se sentant de plus en plus mal à l'aise, à l'étroit. Il inspira longuement et essaya de se concentrer sur le vital, l'essentiel.

Ce serait vraiment bien si l'expédition se déroulait au mieux. Il donnerait tout pour qu'elle se déroule au mieux.

Pourvu que les autres aussi.

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Alors ouais, les deux glands ont l'air de deux grosses patates de frustration sexuelle eh ben merde hein, faut croire que j'étais d'humeur ! Quant au début, j'avais très envie de faire une Petra agitée dans son sommeil à un moment dans la fanfiction. Son rêve est …chelou. Trèèès. - '' M'enfin c'est un rêve, on s'en fiche. On fait tous des rêves bizarres non ? x)

Bon. On peut dire… qu'il ne se passe pas grand-chose. Enfin, surtout des tracas de sommeil et de pieu (qui ont été formidablement chouettes à écrire d'ailleurs) mais bref ! Roh niveau action le suivant envoi du pâté, je m'y attèle à toute vitesse ! En attendant c'est toujours un plaisir de recevoir vos avis et impressions, vos remarques et vos conseils D

Prenez grand soin de vous les petites poules d'eau !

Cha cha ! :D