« … »

Arthur soupira et se passa une main dans les cheveux, frustré. Ça faisait presque une heure qu'ils essayaient de reproduire ce qui s'était passé lors de l'attaque de la patrouille, et toujours aucun résultat. Pourquoi la magie était-elle si compliquée ?

- Pourquoi est-ce si dur, Merlin ? demanda-t-il abruptement. Je t'ai parfaitement entendu tout à l'heure, comme si tu parlais normalement. Pourquoi ça ne marche plus ?

Merlin soupira. D'après Arthur, maintenant qu'ils avaient communiqué par pensées une fois, ils devraient pouvoir le faire constamment. Et comme ça ne marchait pas, le roi cherchait des réponses auprès de la seule personne qui pouvait en avoir : lui.

- Vous essayez trop, répondit-il, à peu près certain que c'était la bonne explication.

- Quoi ?

Arthur était incrédule. Il avait déjà entendu quelqu'un lui reprocher de ne pas essayer suffisamment, mais jamais trop. Ce n'était pas possible.

- Le premier sort que j'ai dû apprendre, avec la formule et tout, c'était pour révéler les serpents cachés dans le bouclier de Valiant. J'ai essayé toute l'après-midi et toute la nuit, de toutes les manières possibles et imaginables. Au bout d'un moment, je récitais le sort presque sans y faire attention, à moitié endormi. C'est comme ça que j'ai réussi.

- Je ne comprends pas.

Merlin soupira à nouveau, presque désespéré. Il avait essayé de faire comprendre ce qui n'allait pas à Arthur en lui racontant une de ses propres expériences. Il allait devoir trouver un autre moyen.

- Pendant l'attaque, vous n'avez même pas songé à me parler par pensée, n'est-ce-pas ?

- Et alors ?

- Pourtant, c'est arrivé. Et je vous ai répondu. Sans qu'aucun de nous deux ne l'ait voulu.

- Tu étais concentré sur moi à ce moment, se souvint Arthur. Tu n'as pas fait quelque chose qui a pu renforcer le lien ?

- Je vous l'ai dit, je n'ai rien fait ! C'est l'évolution logique des choses mais vous devez arrêter d'essayer autant et juste… le laisser arriver, dit Merlin en haussant les épaules.

Arthur haussa un sourcil, pas convaincu. Comment était-il censé laisser arriver quelque chose qu'il ne comprenait pas ?

- A l'instinct ? suggéra-t-il, cherchant une solution.

- C'est ça, à l'instinct ! Faites-vous confiance, vous saurez quand le moment sera venu, et à ce moment, agissez comme vous avez agi face à ces soldats. Nous avons tout notre temps devant nous, alors cessez de vous concentrer là-dessus, et ça viendra tout seul.

- Ça revient à agir à l'exact opposé de ce qu'il faudrait faire, ce n'est pas logique !

- La magie n'est pas logique. Je ne suis pas logique. Et c'est à moi que vous êtes connecté. Je savais bouger des choses avant de savoir parler ou même marcher, la magie est la première chose que j'ai maîtrisé, vous trouvez ça logique ?

- Oui, répliqua Arthur. Tu es avec ces pouvoirs. Ils se sont manifestés dès ton premier jour de naissance, parce qu'ils ont grandi en même temps que toi. Mais je comprends ce que tu veux dire, ajouta-t-il en voyant Merlin sur le point de répondre.

- Enfin ! s'exclama Merlin, soulagé. Allons dormir. Et n'oubliez pas : vous saurez quand ça marchera. Alors ne réfléchissez pas, et pensez. N'importe quoi, et je vous répondrai si je l'entends.

- J'ai compris, Merlin.

C'était la deuxième fois que Merlin lui faisait ces recommandations. Il aurait dû être idiot pour ne pas comprendre. Arthur secoua la tête avant de s'installer pour dormir et obtenir autant de sommeil possible avant qu'ils repartent dès l'aube, tous deux voulant quitter le territoire de Loth au plus vite pour éviter d'autres patrouilles. Même si Merlin avait des pouvoirs, ils ne s'en sortiraient pas toujours aussi bien.

« J'ai cru que tu n'arriverais jamais à lui faire comprendre, commenta Alator, amusé. »

Il disait rarement quelque chose pendant les conversations entre les deux amis, puisque Merlin était le seul à pouvoir l'entendre et que ça lui faisait parfois perdre le fil de la discussion. En revanche, il finissait presque toujours par donner son impression à la fin de celle-ci, lorsque Merlin n'était plus occupé et pouvait lui accorder sa concentration totale.

« Il a toujours été comme ça, répondit Merlin. Il comprend vite, mais il faut lui expliquer longtemps. Mais maintenant qu'il a compris, il va faire ce qu'il faut, et nous y arriverons. »

oOoOo

Plus tard dans la nuit, Arthur ne dormait toujours pas, réfléchissant aux paroles de Merlin, les mains derrière la tête pour regarder les étoiles. D'après le magicien, il sentirait le bon moment, mais comment savoir à quoi il ressemblait ?

Il décida d'analyser ce qu'il sentait en ce moment, pour pouvoir détecter tout changement, même subtil. Il se sentait calme, et en paix avec lui-même. Les bruits des animaux de la forêt l'entouraient, mais ne le dérangeaient pas, c'était plus comme s'ils l'accompagnaient dans sa veillée. Il se sentait rarement aussi bien, aussi serein.

Il pouvait dire que Merlin, même dans son sommeil, se sentait aussi bien que lui. Arthur fronça les sourcils. Merlin avait dit qu'il saurait quand le moment arriverait. Il se répéta cela dans sa tête, se demandant si maintenant pouvait être le bon moment. S'il essayait, et que ça ne marchait pas, alors il saurait que ce n'était pas dans des moments comme ça. Le roi hocha la tête, décidant de procéder par élimination.

Il chassa toutes les idées dans sa tête et ferma les yeux, se concentrant sur sa respiration pour ne plus penser à rien, et lorsqu'il y parvint, c'est presque naturellement qu'il s'entendit demander, d'une voix claire et précise, à Merlin :

« Tu penses que c'est le bon moment ? »

Arthur s'immobilisa lorsqu'il réalisa ce qu'il venait de faire, et se redressa immédiatement pour se tourner vers Merlin, de l'autre côté du feu. Le magicien roula dans ses couvertures, comme dérangé dans son sommeil.

« Crétin, je dormais, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, répondit une voix lourde de sommeil. »

« Merlin ? »

« Qui voulez-vous que ce soit d'autre ? Vous reconnaissez ma voix, non ? »

Avec un soupir, Merlin se retourna et rencontra le regard d'Arthur, souriant.

« Je vous avais dit que ça marcherait le moment venu. »

« J'y ai déjà assisté tout à l'heure, et pourtant j'ai toujours du mal à le croire. »

Sur le point de répondre, Arthur s'arrêta. Il ne connaissait pas cette voix. Merlin avait-il deux personnalités ?

« Il va falloir t'y habituer, Arthur aussi peut t'entendre, visiblement, dit le magicien. »

« Entendre qui ? demanda le roi. »

« A votre avis ? »

« C'est un plaisir de vous rencontrer, Altesse. Je n'avais jamais eu l'occasion de le dire avant. »

Soupçonneux, Arthur détourna le regard de Merlin et fixa Alator.

« C'est vous que j'entends ? demanda-t-il à nouveau. »

« Oui. Maintenant, vous voyez ce que ça fait, lorsque Merlin et moi communiquons. »

« Je vois très bien, en effet. »

« Stop ! s'exclama Merlin. Ma tête n'est pas un terrain de conversation ! »

« Comment ça ? fit Arthur, fronçant les sourcils. »

« Vous entendez Alator à travers moi, je suis comme un relais entre vous deux. »

« C'est possible ? »

« J'aurais pensé qu'au bout d'un moment, vous arrêteriez de poser cette question, Arthur. Avec la magie, tout est possible. »

« Surtout avec le sorcier le plus puissant de tous les temps, s'amusa Alator. »

oOoOo

- Merlin, comment je dois faire, si je veux pouvoir penser sans que tu entendes tout ?

Après leur réussite de la nuit dernière, les deux amis s'étaient rendormis, et étaient maintenant proches de la frontière du royaume de Cenred. D'ici le lendemain soir, à ce rythme, ils atteindraient l'endroit où Aithusa était retenue prisonnière. Ils avaient à la fois hâte d'y être et appréhendaient le moment où Morgane serait libre de ses mouvements.

Merlin rit, pas surpris qu'Arthur lui pose cette question. Le roi avait encore un peu de mal avec l'idée de communiquer par pensées, et honnêtement, il comprenait pourquoi. Lui-même s'était interrogé sur cette faculté quand il l'avait découverte, cherchant des réponses auprès de Gaius. Et il avait posé exactement la même question qu'Arthur.

- Pourquoi, vous avez quelque chose que vous ne voulez pas me dire, Sire ? demanda-t-il, taquin, riant du regard mi-amusé mi-réprobateur qu'Arthur lui jeta.

- Non, mais j'aimerais autant pouvoir réfléchir sans que j'aie à penser que tu entends tout. Je n'ai pas envie que tu sois dans ma tête tout le temps.

- Vous trouvez que j'ai l'air d'être dans votre tête en ce moment ?

- Non, concéda Arthur. Mais ça ne répond pas à ma question.

- Quand vous voulez me parler, il vous suffit d'imaginer que vous me parlez. Je vous entendrai. Autrement, vos pensées resteront dans votre tête.

- Merci.

Arthur se tut et poussa son cheval en avant, accélérant le rythme pour franchir la frontière avant la nuit. Il en avait assez d'être dans un territoire ennemi, ça lui donnait l'impression d'être constamment observé. Le royaume dans lequel ils allaient entrer n'était pas un grand ami de Camelot non plus, mais peut-être que changer de territoire lui permettrait de se relaxer un peu.

« Tu m'entends ? demanda-t-il après quelques minutes. »

« Oui, Arthur, je vous entends, soupira Merlin, lassé. »

Depuis qu'ils s'étaient réveillés, Arthur faisait ça très souvent, comme pour s'assurer qu'il n'avait pas rêvé de ce qui s'était passé la nuit dernière, au point que ça en devenait presque ridicule. Il était à la fois surpris et content à chaque fois que Merlin répondait, et déçu les quelques fois où Merlin ne l'entendait pas pour une raison ou pour une autre.

« Il faut vraiment que vous arrêtiez ça, poursuivit le magicien, vous allez vous rendre fou à force. »

« Désolé. J'ai toujours un peu de mal à y croire. »

« J'avais remarqué. »

oOoOo

« Et maintenant, on fait quoi ? demanda Merlin. »

« On attend, on observe, on cherche un plan. »

Ils avaient atteint la prison d'Aithusa et Morgane comme prévu, et étaient maintenant cachés derrière des arbres, observant le lieu à une distance sûre. Arthur appréciait que Merlin entende ses pensées, ça évitait qu'ils se fassent repérer en parlant.

« Aithusa est proche, dit Alator. Juste à côté de Morgane, à une dizaine de mètres devant nous. Je peux aller y jeter un œil. »

« Trop dangereux, déclara Merlin, catégorique. Arthur, vous savez qui sont ces hommes ? »

« Idiot, je le sais depuis que Kilgharrah nous a dit où le dragon était. »

« Pourquoi n'avoir rien dit ? demanda le loup. »

« Ça ne servait à rien tant que nous n'étions pas arrivés. Ce royaume s'appelle Amata. »

Merlin se raidit à ce nom. Tous les gens habitant à Camelot connaissaient Amata et son roi, le Sarrum. Il était réputé pour être froid, un homme sans aucune compassion qui était prêt à tout pour obtenir ce qu'il voulait. On disait aussi qu'il ne s'alliait à quelqu'un que pour pouvoir le poignarder dans le dos et obtenir toute la récompense et le pouvoir qu'il pouvait.

« Pourquoi un homme tel que lui a capturé Morgane et un dragon ? réfléchit Arthur. »

« Morgane est une Grande Prêtresse de l'Ancienne Religion, répondit Alator. C'est un moyen de montrer sa puissance, et de narguer les autres royaumes. Il est le seul homme à avoir jamais réussi à contenir une Grande Prêtresse. Quant à Aithusa, c'est une dragonne, la plus noble des créatures magiques. L'avoir sous son contrôle lui donne également une sensation de puissance. »

« Si elle est blessée… commença le magicien. »

« Merlin, tu t'occuperas de ces hommes plus tard, l'interrompit Arthur. Pour l'instant, nous devons trouver un moyen de les sortir de là. »

« J'y vais, annonça Alator. Même si c'est dangereux. Le danger est partout autour de nous. Je pourrai peut-être faire sentir à Aithusa que nous sommes là pour l'aider. »

« Alator, non ! »

Avant que Merlin ait eu le temps de l'arrêter, le loup s'élança dans les bois, silencieux et rapide, décrivant un grand cercle pour éviter le campement des soldats.

« Si Morgane ne s'est pas encore échappée, c'est probablement parce qu'elle ne peut pas utiliser sa magie, raisonna Merlin. Dans ce cas, Aithusa ne le peut certainement pas non plus. »

« Ne sous-estime jamais un dragon, répliqua Alator. Ils sont capables de certaines choses que même eux ne comprennent pas parfois. »

« Elle reste un bébé dragon, contrairement à Kilgharrah. J'imagine ce que ces hommes récolteraient s'ils essayaient de le capturer, renifla le magicien. »

« Mieux vaut ne pas y penser. Il causerait autant de destruction qu'à Camelot, répondit Arthur. Ces hommes n'auraient que ce qu'ils méritent. »

oOoOo

« Kilgharrah ! »

Le Grand Dragon sursauta, réveillé par l'appel qu'il venait de recevoir. A en juger par le ton de celui-ci, ce n'était pas son premier essai.

« Qu'y a-t-il, jeune magicien ? Tu as encore besoin de mon aide pour te sortir des ennuis dans lesquels tu t'es mis ? »

« Très drôle, répondit Merlin. Nous sommes dans le royaume d'Amata, tout près d'Aithusa. Est-ce que vous êtes proche, au cas où ? »

Kilgharrah admira la prévoyance du magicien. Le Seigneur des Dragons avait beaucoup grandi et mûri depuis leur toute première rencontre.

« Je peux venir. Vous allez attaquer maintenant ? demanda le dragon. »

« Non, pas en pleine nuit, c'est trop risqué. Enfin, plus risqué que d'attaquer en plein jour, corrigea Merlin. Nous attaquerons demain à l'aube, mais il y a une trentaine d'hommes, et Aithusa pense que je veux du mal à Morgane – même si ce n'est pas le cas aujourd'hui. Mieux vaudrait que vous soyez présent au cas où. »

« Je te préviendrai quand je serai là. »

Kilgharrah rompit la communication et se prépara à s'envoler. Il n'avait pas l'intention d'intervenir dans l'attaque à venir, à moins que ça ne soit entièrement nécessaire, mais Aithusa serait rassurée de le voir présent, surtout après plusieurs semaines d'enfermement.

oOoOo

Le lendemain matin, Arthur, Merlin et Alator retournèrent à leur point d'observation pour se préparer. Le loup était revenu rapidement de sa reconnaissance, fournissant au roi et au magicien des détails sur la répartition des gardes autour du puits dans lequel Morgane et Aithusa étaient enfermées.

Il y avait toujours au moins cinq soldats autour du puits, répartis en cercle. Les vingt-cinq autres soldats présents tout autour du camp étaient plus relaxés, mais leur attirail et leur façon de se déplacer indiquaient qu'ils étaient des guerriers habitués à tuer de sang-froid. Un homme en particulier avait attiré leur attention, qu'Arthur avait reconnu comme étant le Sarrum.

Kilgharrah était arrivé vers le milieu de la nuit, et avait trouvé une clairière pour pouvoir se poser sans avoir à démolir des arbres et faire du bruit. Ils avaient aussitôt été le rejoindre pour lui parler du plan, et le dragon se tenait prêt à intervenir au moindre problème.

Merlin inspira un bon coup et s'élança derrière Alator, suivant le chemin que le loup avait pris la veille pour se rapprocher du puits, Arthur sur ses talons. Les deux amis restaient en contact télépathique constant, pour ne pas avoir à parler. Une fois là-bas, ils se cachèrent derrière des arbres et révisèrent une dernière fois le plan. Alator repartir dans la direction opposée, prêt à agir.

« Maintenant ! cria Merlin. »

Alator déboula du bois, hurlant et aboyant le plus fort possible pour attirer l'attention d'un maximum de soldats, y compris ceux qui gardaient le puits. Une bonne dizaine d'hommes cria au loup et s'élança à sa poursuite, alors qu'Alator décrivait un cercle pour bousculer les gardes, jetant au passage un coup d'œil furtif dans le puits. Il fit demi-tour et repartit dans la direction opposée et, lorsqu'il arriva à distance raisonnable, il se retourna à nouveau et fit face aux hommes qui se tenaient devant lui, les crocs dévoilés et le poil hérissé, calculant son moment pour passer pour un loup tout à fait ordinaire qui se sentait menacé par les armes.

Sans un bruit, Arthur prépara l'arbalète qu'il avait emmenée et tira sur plusieurs soldats qui tombèrent raides morts, puis dégaina son épée et s'élança dans la bataille, s'avançant jusqu'à se positionner entre le puits et les hommes du Sarrum, protégeant la prison – et Merlin – en se battant comme un forcené.

Merlin sortit à son tour de sa cachette et courut vers le puits, un geste vif de la main propulsant la grille en fer lourd sur les soldats qui approchaient. Il ne se souciait pas de dévoiler sa magie, ils étaient en territoire ennemi et c'était leur meilleure chance. Il regarda en bas et aperçut rapidement un bout de sol entre Morgane et Aithusa et, sans hésiter, sauta, atterrissant au bon endroit. Morgane le regarda avec des yeux hagards, Aithusa avec une expression interloquée.

Sans perdre de temps, Merlin murmura une incantation et les chaînes retenant Aithusa se brisèrent, la dragonne se redressant immédiatement mais refusant de partir.

- Envole-toi, Aithusa ! On n'a pas le temps pour ça !

Aithusa secoua la tête, toujours immobile. Merlin soupira avant de briser les menottes qui retenaient Morgane, décidant d'utiliser ce qu'il aurait préféré ne pas avoir à faire. Mais tant que la dragonne ne sortirait pas du puits, il n'y aurait pas de place pour que Morgane et lui se tiennent côte-à-côte.

- Ithi ! s'exclama-t-il.

Avec un grognement menaçant, Aithusa déploya ses ailes autant qu'elle le pouvait et s'envola, suffisamment petite pour arriver à battre un peu des ailes et sortir du puits. Une fois qu'elle fut dehors, Merlin redressa Morgane, haletante et abasourdie, et passa un de ses bras autour de ses épaules pour qu'elle se tienne à lui. Il murmura une autre incantation, ses yeux se dorèrent et ils s'envolèrent, parcourant rapidement les quelques mètres qui les séparaient de la surface. Merlin atterrit doucement sur le sol et fit asseoir Morgane, se retournant dès qu'Aithusa se positionna entre son amie et lui.

Arthur tuait tous les hommes qu'il pouvait, mais perdait peu à peu du terrain, et finirait par tomber dans le puits à force de reculer.

« Arthur, Alator, c'est bon ! Venez ! cria-t-il. »

Alator feinta sur la gauche et partit à droite, faisant un détour et rejoignant Merlin le plus vite possible, pendant que le roi reculait lentement, en décrivant un arc de cercle pour éviter le puits, les soldats se rapprochant en même temps.

Une fois qu'Arthur fut à côté de lui, Merlin décida de mettre un terme à tout ça et envoya tous les hommes voler, tous retombant sur le sol, assommés, y compris le Sarrum. Il se détourna aussitôt pour aider Morgane à se relever pour qu'ils puissent tous fuir, mais il la vit debout, soutenue par Aithusa, à quelques mètres de là, reculant lentement et la main levée, prête à agir.

- Morgane, attends ! appela-t-il, passant d'instinct au tutoiement.

Morgane s'arrêta, hésitante, puis son regard s'assombrit et son expression se durcit. Elle avait pris sa décision, peu importe ce qui en découlerait.