Tout le monde est parti à l'exacte opposé de ce que j'avais en tête concernant Morgane, je suis assez contente de moi sur ce coup-là ^^

Bonne lecture !

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En entendant l'agitation dehors, Morgane avait cru que le Sarrum venait les voir à nouveau, Aithusa et elle. Il aimait faire cela, pour contempler ses deux prises et se réjouir de ce qu'elles subissaient. Occasionnellement, il lui demandait si elle était prête à se rendre et à le servir, avec son dragon.

Morgane refusait toujours. D'abord pour elle, parce qu'elle ne voulait avoir de compte à rendre à personne, elle voulait rester libre et indépendante, mais aussi pour Aithusa. Les dragons étaient de magnifiques créatures qui devaient être laissées libres de parcourir le monde, sans contraintes et sans lois. Les seules personnes qui devaient pouvoir se faire écouter d'eux étaient les Seigneurs des Dragons, et certainement pas un homme aussi petit et insignifiant que le Sarrum.

Aithusa comprenait que Morgane faisait cela pour elle, et la remerciait de toutes les manières possibles. Quand la dragonne avait vu une occasion pour elles deux de se sortir de là, elle n'avait pas hésité un seul instant, certaine de pouvoir empêcher Kilgharrah de tuer son amie. Relevant la tête, elle avait poussé un long rugissement bas et grave, modulant le son pour que l'autre dragon la comprenne. Une vibration avait parcouru la tête, résonnant dans chaque coin et recoin jusqu'à atteindre le Grand Dragon, qui avait répondu de la même manière, d'un ton rassurant et irrité envers les hommes du roi.

Et elle avait attendu, faisant confiance à Kilgharrah pour trouver une solution. Au bout de plusieurs jours, elle avait senti ce qu'elle se refusait à croire : l'approche d'une puissante magie, ancienne et familière, la magie d'un Seigneur des Dragons. Aithusa était resté éveillée toute la nuit, se demandant si Merlin, le seul Seigneur des Dragons encore vivant, était venu pour jubiler à leur dépens.

Le lendemain matin, elle avait été réveillée par cette même force, en mouvement cette fois, de plus en plus proche jusqu'à être juste à côté d'elles. Elle s'était empressée de réveiller Morgane, qui l'avait regardé d'un air interrogateur.

Morgane avait levé la tête en voyant la grille qui fermait le puits être littéralement envoyée voler dans les airs, comme poussée par une force surhumaine, bien qu'à sa connaissance aucun des soldats du Sarrum n'ait de pouvoirs. Elle était ensuite restée totalement bouche bée, en voyant qui se tenait au-dessus et sautait dans le puits. Devant elle se trouvait nul autre qu'Emrys, son ennemi mortel. Incapable de trouver quelque chose à dire, elle l'avait regardé faire usage de magie pour briser les chaînes qu'Aithusa avait autour du cou et des pattes et celles qu'elle-même avait autour des poignets, tout en demandant prestement à la dragonne de partir.

Malgré ses demandes, Aithusa avait refusé de partir, et Morgane avait facilement compris pourquoi. Merlin avait alors confirmé ce qu'elle soupçonnait depuis qu'il l'avait confrontée la première fois en tant qu'Emrys : il avait utilisé ses pouvoirs de Seigneur des Dragons pour forcer la dragonne à sortir du puits.

Elle avait cru sa dernière heure arrivée quand elle s'était retrouvée seule avec le magicien, pensant qu'il allait en finir et la tuer. Mais avant qu'elle ait eu le temps de comprendre, elle était dehors, assise, Aithusa entre Merlin et elle, les ailes déployées. Morgane avait alors eu tout le loisir d'observer la situation, et avait vu Arthur combattre les soldats et se retourner comme si on venait de l'appeler pour revenir auprès de Merlin, imité par le même loup qui était intervenu pour l'empêcher de tuer Merlin.

Elle s'était redressée difficilement, pour tenter de s'échapper le plus discrètement possible lorsque tous les soldats furent mis hors d'état de nuire. Mais avant qu'elle ait eu le temps d'aller très loin, Merlin s'était retourné et la regardait maintenant droit dans les yeux.

- Morgane, attends ! appela-t-il, passant d'instinct au tutoiement.

Morgane s'arrêta, hésitante, puis son regard s'assombrit et son expression se durcit. Aithusa se tendit, prête à agir pour protéger son amie.

- Pourquoi ? cracha-t-elle. Pour que tu puisses me poignarder dans le dos et me regarder mourir, comme tu as toujours voulu le faire ?

- Ne t'enfuis pas, répondit Merlin, d'un ton plus doux. Nous ne te voulons aucun mal. Si ça avait été le cas, nous t'aurions laissée dans ce puits, à la merci de ces hommes, sans Aithusa.

Comme pour appuyer ses dires, Arthur rengaina son épée et le loup se redressa, prenant une position moins menaçante.

- Tu espères vraiment que je vais te croire ? demanda Morgane d'un ton narquois.

Elle n'était pas prête à l'affronter. Pas après avoir passé un mois dans une prison avec sa magie bloquée. Sa meilleure chance était de fuir et de se cacher pour pouvoir reprendre des forces, et revenir en force plus tard pour se venger.

- Il dit la vérité, Morgane, dit Arthur en s'avançant d'un pas, les bras ouvert pour ne montrer aucun signe de menace. Nous sommes venus ici uniquement pour vous sortir de là, toi et la dragonne.

Il ne mentionna pas le fait que c'était surtout pour Aithusa qu'ils étaient venus au départ. Quelque part, il se sentait aussi soulagé d'avoir libéré Morgane, même si elle avait causé beaucoup de tort à Camelot.

- Tu n'es qu'un serviteur ! cria hargneusement Morgane. Et toi, Arthur, tu ne connais la magie que depuis un mois ! Vous ne pouvez pas comprendre ! Aucun de vous ne le peut !

- Tu te trompes, déclara doucement Merlin. Je suis né avec mes pouvoirs, et je sais ce que tu as enduré pour l'avoir vécu. La peur d'être découverte et d'être envoyée au bûcher, la peur de ne pas se faire accepter par les siens. Tu as laissé cette peur te ronger de l'intérieur. Je comprends la haine que tu as pu ressentir lorsque j'ai dû t'empoisonner, ou lorsque ta sœur Morgause est morte à cause de moi, continua-t-il en se rapprochant lentement de Morgane, qui restait totalement immobile et semblait comme hypnotisée par son discours. Je sais ce que ça fait, de perdre un être cher, j'ai perdu mon père et plusieurs amis. Mais tu ne dois pas laisser le ressentiment t'aveugler à ce point, je sais que tu es capable de réfléchir et de comprendre ce que nous sommes en train de faire.

Arthur et Alator le regardaient tous les deux, à la fois extrêmement surpris et content de ce qu'il faisait. Le roi en particulier était assez choqué par ce qu'il voyait, c'était une facette du magicien qu'il n'avait jamais vu auparavant. C'était le seul moyen pour que Morgane accepte de leur parler. Arrivant devant elle, Merlin posa doucement une main sur son bras.

- Laisse-nous vous aider, Aithusa et toi, poursuivit-il. Vous avez besoin de soins, toutes les deux. Après, tu seras libre de choisir ce que tu veux, tu pourras t'en aller et ne jamais nous revoir si c'est ce que tu veux.

- Qu'est-ce qui me dit que tu tiendras parole ? demanda Morgane, sur la défensive, semblant enfin sortir de son état subjugué.

Merlin soupira légèrement. Il s'était attendu à cette question. Jouant le tout pour le tout, il se tourna et s'agenouilla devant Aithusa, baissant la tête en signe de respect pour ne pas effrayer la dragonne. Il la regarda ensuite droit dans les yeux, déclarant sérieusement :

- Aithusa, je sais que tu n'as pas une très haute opinion de moi. Tu es loyale à Morgane, et tu me vois comme l'ennemi qui cherche à la tuer. Je n'ai jamais eu l'intention de faire ça, et je ne compte pas le faire, ni maintenant ni jamais. Tu es une dragonne, et je sais que tu peux voir si je suis sincère ou pas. Je sais que Kilgharrah a dû te parler de moi en tant que Seigneur des Dragons, et peu importe ce qu'il t'a dit, tu peux le croire. Il a toujours été honnête depuis que je suis devenu Seigneur des Dragons.

En mentionnant le Grand Dragon, Merlin espérait qu'Aithusa comprendrait qu'il ne leur voulait aucun mal. Kilgharrah était une sorte de père pour elle, elle s'identifiait forcément à lui et peut-être qu'avec un peu de chance elle prendrait exemple sur lui.

« Je te promets de ne pas vous blesser, ni Morgane, ni toi, ajouta-t-il mentalement pour la dragonne, pour que Morgane ne l'entende pas. »

Aithusa réfléchit pendant un moment, pesant le pour et le contre. Les deux visions de Merlin qu'on lui avait dépeintes se superposant dans sa tête. La vision de Kilgharrah, et la vision de Morgane. Morgane ne connaissait qu'une infime partie de la prophétie, celle qui indiquait qu'Emrys était son destin et sa perte, qu'il la tuerait un jour. Kilgharrah connaissait le magicien depuis son arrivée à Camelot, et le connaissait mieux que personne en tant que Seigneur des Dragons.

A ce moment, une ombre passa au-dessus d'eux, et ils levèrent tous la tête pour voir le Grand Dragon piquer droit vers eux, sans se soucier d'être vu ou pas. Il déracina plusieurs arbres en se posant au-dessus d'Arthur et d'Alator, une patte tout près de Merlin, de la dragonne et de Morgane.

« Tu peux lui faire confiance, Aithusa, dit-il en même temps. Le jeune magicien tient toujours ses promesses. »

Morgane recula précipitamment en le voyant, mais s'arrêta lorsque Merlin se redressa et posa une main sur la patte de Kilgharrah.

- Tout va bien, la rassura-t-il, il ne te fera aucun mal.

- Alors, demanda Arthur en venant à côté du magicien, est-ce que vous avez pris une décision ?

Sa question s'adressait à la fois à Morgane et à Aithusa. Les deux avaient le choix, et il voulait s'assurer qu'elles le savaient.

Morgane regarda la dragonne, semblant réfléchir à ce qui lui conviendrait le mieux. Aithusa était vraiment mal en point, sa croissance ayant été ralentie pendant un mois. Ses écailles étaient ternes et étaient tombées par endroit, laissant la peau en-dessous à nue. Elle ne ressemblait plus à la dragonne qu'elle avait connue pendant huit mois. Malgré tous ses efforts pour le cacher, Morgane put voir la patte qu'elle maintenant repliée contre son ventre, et sa décision fut prise.

- J'accepte, dit-elle. Mais que ce soit clair : je ne fais ça que pour Aithusa. N'allez pas croire que ça signifie que nous sommes amis, loin de là. Dès qu'elle ira mieux, nous partirons.

Elle n'avait pas besoin de consulter la dragonne pour connaître son avis sur la question. Après tout, elles avaient vécu six mois ensemble, et en étaient venues à se connaître parfaitement l'une et l'autre.

« J'accepte aussi, dit Aithusa. »

Merlin sourit, franchement heureux. Jusqu'au dernier moment, il avait cru qu'elles allaient refuser. Aithusa n'acceptait probablement que parce que Kilgharrah était intervenu. Le Grand Dragon avait dû sentir que c'était ce dont la dragonne avait besoin, et le magicien ne doutait pas un instant qu'il avait écouté toute la conversation depuis le début, et qu'il avait même très probablement suivi l'attaque.

- Fort bien, déclara le dragon, content lui aussi. Je peux tous nous emmener à un endroit sûr, où personne ne nous dérangera. Je pourrai vous ramener à Camelot après, continua-t-il en s'adressant à Merlin, Arthur et Alator. Ça vous fera gagner du temps.

Les yeux du magicien s'élargirent, surpris. C'était la première fois que Kilgharrah proposait volontairement de transporter quelqu'un.

- Vous auriez pu nous amener ici, reprocha-t-il.

Le Grand Dragon tourna et baissa la tête pour être à hauteur de Merlin, toujours à côté de sa patte.

- Certes, mais tu avais besoin d'éclaircir certaines choses avant, répondit-il d'un ton mystérieux.

Merlin comprit et n'insista pas. C'était déjà assez bien que le dragon leur propose de les ramener.

- Il faut que je m'occupe des chevaux avant, dit-il. Arthur, venez avec moi.

Il s'éloigna vers l'endroit où ils avaient attaché les chevaux, à distance du camp des soldats pour éviter qu'ils se fassent repérer. Arthur lui emboîta le pas, et marcha en silence à côté du magicien, réfléchissant à ce que Morgane avait dit.

- Tu crois qu'elle pensait ce qu'elle a dit ? demanda-t-il finalement à Merlin. Qu'elles partiraient dès qu'elles seraient soignées ?

- Je pense que oui, répondit Merlin. Nous ne pouvons pas nous attendre à beaucoup plus, même après ce que je lui ai dit. Morgane a besoin de temps pour réfléchir.

- Et Aithusa ?

- Aithusa est loyale à Morgane, mais elle semble avoir compris que je ne lui veux aucun mal. J'espère qu'elle parviendra à changer cette image qu'elle a de moi.

- J'en suis sûr, Merlin. Tu changes toutes les personnes que tu croises, Aithusa ne sera pas différente.

Merlin rit, sachant très bien qu'Arthur ne cherchait pas seulement à le rassurer. Lorsqu'ils atteignirent leurs chevaux, Arthur alla détacher le sien et resserra la sangle pour éviter que la selle glisse. Ils avaient tous les deux desserré les sangles pour permettre aux chevaux de récupérer pendant qu'ils s'occupaient de libérer Morgane et Aithusa.

- Tu comptes faire quoi exactement ? demanda Arthur une fois que Merlin eut fait pareil.

- Les renvoyer à Camelot grâce à un sort.

- Ils paniqueront, en voyant nos chevaux revenir sans nous, avança le roi.

- Pas exactement à Camelot, précisa Merlin. Ils nous attendrons dans la clairière où Kilgharrah nous déposera, pour que nous rentrions comme nous sommes sortis. Enlevez-lui son mors, et rattachez-le derrière sa bouche, pour qu'il soit tranquille, dit-il ensuite, suivant son propre conseil. Et coincez les rênes dans les étriers pour éviter qu'il se prenne les sabots dedans.

Une fois les chevaux prêts, le magicien incanta et ses yeux se dorèrent, son cheval le regardant droit dans les yeux avant de se tourner en direction de Camelot. Merlin recommença avec le cheval d'Arthur puis lâcha les rênes, les deux chevaux s'élançant souplement au petit galop.

- J'espère qu'ils n'auront aucun problème, murmura Arthur en les regardant partir.

- Ne vous inquiétez pas. Personne ne pourra les approcher, et ils se reposeront suffisamment pour atteindre Camelot sans mettre leurs vies en danger, répondit Merlin. Et ils éviteront les patrouilles.

Ils rejoignirent les autres, et Kilgharrah s'allongea sur le sol en les voyant arriver. Alator monta en premier, réussissant assez facilement à s'agripper aux écailles grâce à l'animal agile qu'il était. Arthur suivit et s'installa sur les épaules du dragon, là où ils auraient le plus de place pour se tenir. Morgane monta à son tour, suivie aussitôt par Merlin pour la soutenir. Elle était encore faible sur ses jambes, et dut plusieurs fois s'appuyer sur le magicien, bien qu'elle n'en ait pas envie. Elle soupira de soulagement lorsqu'elle put s'asseoir. Aithusa, elle, les rejoignit en volant pour éviter de s'appuyer sur sa patte blessée. Elle se coucha directement, et Kilgharrah se releva une fois que tout le monde fut installé.

« Je suppose que vous nous emmenez à votre caverne ? demanda Merlin au Grand Dragon. »

« Tout à fait, jeune magicien, répondit celui-ci. C'est le seul endroit que je connaisse où vous serez tous en sécurité. »

Il déploya lentement ses ailes et s'envola le plus doucement possible, s'élevant à l'horizontale dans les airs pour éviter de trop bousculer ses passagers, qui s'agrippèrent à la crête de piques qui lui parcourait le dos. Après tout, seul Merlin était habitué à voler à dos de dragon. Une fois à hauteur raisonnable, il s'élança vers son repère, sans qu'aucun d'entre eux ne remarque le regard du Sarrum qui les suivait, pas si inconscient que ça.

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Lorsqu'ils arrivèrent à la caverne, Morgane regarda partout autour d'elle, inspectant les lieux. Merlin pouvait la sentir tendue et sur la défensive, elle ne s'éloignait jamais d'Aithusa, et il pouvait dire qu'elle cherchait un moyen de savoir s'ils allaient la piéger ici ou quelque chose comme ça. Il soupira intérieurement, comprenant pourquoi elle se sentait ainsi, mais souhaitant qu'il en aille autrement.

Pendant les quelques jours qu'ils passeraient tous ici, il espérait pouvoir discuter avec elle sans qu'elle se renferme en elle-même, et peut-être aussi lui montrer combien il regrettait de l'avoir empoisonnée. Il voulait aussi montrer à Aithusa qu'elle pouvait avoir confiance en lui, et qu'il l'aiderait au moindre problème.

Il savait qu'Arthur espérait la même chose – ils en avaient discuté un peu pendant le voyage par télépathie, en convenant de garder leur lien secret, il pouvait se révéler un atout dans des situations difficiles.

Une fois que Kilgharrah les eut déposés, il repartit chercher à manger pour tout le monde, laissant à Merlin le soin de tout organiser pour leur cohabitation. Heureusement, la caverne était suffisamment grande pour que le dragon puisse s'y coucher dans n'importe quel sens, facilitant la tâche.

Dans l'après-midi, Morgane et Aithusa se reposèrent pour reprendre des forces. La magie les aiderait à guérir, mais si leurs corps n'avaient pas suffisamment de forces, elle pourrait tout aussi bien les tuer. Pendant ce temps, Arthur alla remplir les gourdes qu'ils avaient récupéré sur les chevaux au ruisseau, accompagné d'Alator. La caverne de Kilgharrah étant à la frontière entre Camelot et le royaume de Loth, il fallait qu'ils sortent toujours au moins par deux pour éviter trop d'ennuis. Et maintenant qu'Arthur pouvait parler avec Merlin et Alator par pensées, Merlin ne craignait plus de le laisser seul avec le loup.

Le magicien inspecta l'entrée de la caverne et installa le sort qui le préviendrait d'une quelconque intrusion – ou d'une quelconque sortie. Ainsi, il saurait si Morgane tentait de s'en aller, même s'il ignorait ce qu'il ferait si elle essayait. Il doutait que quelqu'un essaye d'entrer, étant donné la pente abrupte qu'il fallait escalader pour atteindre l'entrée.

Avant de dormir, Merlin resta un moment assis à contempler les étoiles, Kilgharrah à côté de lui. Le dragon s'était déjà couché en travers de la caverne, formant ce qui ressemblait à une séparation entre deux chambres : une, du côté plus profond, pour Morgane et Aithusa, et l'autre pour Merlin, Arthur et Alator. Ils avaient convenu qu'il valait mieux se répartir ainsi, pour éviter un quelconque problème dans la nuit. Aithusa était couchée contre Kilgharrah, profitant de la chaleur de son flanc, Morgane elle-même blottie contre la dragonne. Alator et Arthur étaient couchés contre l'autre flanc du Grand Dragon, qui avait posé sa tête près de Merlin pour profiter d'un moment avec lui. C'était la première fois qu'ils faisaient ça, s'installer comme deux membres de la même famille, aucun des deux ne parlant jusqu'à ce que le magicien se lève et aille se coucher près d'Arthur, Kilgharrah étendant son aile au-dessus d'eux pour les protéger du vent et ramenant sa tête autour d'eux.