- Aithusa, s'il te plaît, écoute-moi ! pria Merlin, las.
Au matin, il avait demandé à la dragonne de venir avec lui hors de la caverne, pour pouvoir lui parler tranquillement. C'était elle qui nécessitait le plus de soins, et tant qu'elle ne l'accepterait pas un minimum, il ne pouvait pas l'aider.
« Pourquoi devrais-je t'écouter ? demanda-t-elle, sur la défensive. Je n'ai pas à le faire, pas tant que tu chercheras à éliminer Morgane ! »
Merlin soupira. Il avait espéré qu'en étant seul avec la dragonne, elle accepterait de le laisser s'expliquer. Il avait même refusé qu'Arthur vienne, pour qu'elle ne se sente pas menacée, et aussi pour ne pas laisser Kilgharrah seul avec Morgane. Le Grand Dragon avait toujours la même opinion sur celle qu'il appelait la sorcière, et bien qu'il ait accepté de l'accueillir dans son repaire, rien ne garantissait qu'il ne se montrerait pas agressif envers elle.
- Je n'ai jamais cherché à la tuer ! protesta-t-il.
« Menteur ! Tu l'as empoisonnée ! »
Le magicien s'immobilisa, surpris. Il aurait dû se douter que Morgane raconterait tout à Aithusa. Ça expliquait un peu mieux pourquoi elle se montrait si butée et protectrice.
- Je ne voulais pas le faire, répondit-il d'une petite voix. C'était soit ça, soit laisser Arthur et tout Camelot mourir.
« C'est à cause de toi qu'elle est aussi perdue aujourd'hui ! Si tu ne l'avais pas empoisonnée, le Sarrum ne l'aurait jamais capturée ! »
- Je regrette ce que j'ai fait, dit-il en relevant la tête, sûr de lui. Mais ne me tiens pas pour responsable de ce qui est arrivé avec le Sarrum. Elle était probablement affaiblie au moment où il l'a capturée, pas à cause de moi.
« Je n'étais pas avec elle, concéda Aithusa. Mais elle était affaiblie à cause de toi, à cause d'Emrys et du sort qu'elle venait de lancer pour t'éliminer ! »
Merlin s'immobilisa à nouveau. Si ce que disait Aithusa était vrai, alors il savait maintenant qui l'avait rendu malade au point de presque en mourir. Quelque part, il l'avait toujours su, et ça ne l'étonnait pas. Morgane avait cherché à le tuer dès le moment où elle avait appris qu'il était Emrys.
« Emrys est destiné à la tuer, continua la dragonne, pour appuyer ses arguments. Comment veux-tu qu'il en aille autrement ? »
- La prophétie dit qu'Emrys est son destin et sa perte, contra Merlin. Je suis Emrys depuis ma naissance, je n'ai pas choisi mon destin, et je ne peux rien faire pour le changer. Mais il n'indique pas clairement que je vais tuer Morgane.
« Et comment crois-tu que tu causeras sa perte autrement ? »
- Je n'en sais rien, mais je n'ai pas l'intention de la tuer, insista le magicien.
« Je suis une dragonne, je connais les prophéties mieux que personne. Tu crois pouvoir me tromper avec tes paroles ? Tu n'attends qu'une chose : le moment où Morgane baissera sa garde pour la poignarder dans le dos ! »
Merlin s'assit sur le sol, pour éviter de faire les cents pas. Il n'aurait jamais pensé qu'un dragon puisse être aussi buté ! Il s'était déjà disputé avec Kilgharrah quand ils n'étaient pas du même avis, mais ça n'avait jamais été aussi loin qu'avec Aithusa, elle refusait de céder un pouce de terrain !
- Si j'avais voulu ça, je l'aurais laissée mourir dans ce puits ! Pourquoi crois-tu que nous soyons venus ?
« Parce que Kilgharrah t'a demandé de m'aider moi, et pas elle. »
- Nous sommes venus quand même ! J'espérais que ce geste lui permettrait de voir que nous ne lui voulons pas que du mal, expliqua Merlin, décidant de jouer franc jeu. Elle a accepté de venir ici pour récupérer, et toi aussi. Mais si tu ne me laisses pas faire, je ne peux rien faire pour l'aider.
« Et après ? Tu espères qu'elle t'en sera reconnaissante, et qu'elle te remerciera ? demanda Aithusa, un peu curieuse tout de même. »
- Et pourquoi pas ? Pas qu'elle me remercie, je ne fais pas ça pour obtenir du crédit. Mais elle pourrait cesser d'attaquer Camelot et de vouloir la mort d'Arthur à tout prix.
Aithusa se tut, perdue dans ses pensées. Ce que lui disait Merlin semblait honnête et sincère, mais elle se méfiait. Morgane et lui étaient ennemis depuis un long moment, et Merlin pouvait la tuer d'un simple geste. Surtout en ce moment où elle était affaiblie. Une fois encore, les deux images qu'elle avait du magicien se superposaient. Laquelle choisir ? Elle ne pouvait pas lui faire confiance si tout ce qu'il voulait était se débarrasser de Morgane, ça signifierait trahir une amie et un avenir plus beau que celui que Kilgharrah voyait. Mais elle repensait également à l'homme qui était venu les sauver, et qui avait tenu parole en faisant sortir Morgane du puits après elle-même.
Elle repensa aussi aux paroles de Kilgharrah quand il s'était posé près de leur ancienne prison : « Le jeune magicien tient toujours ses promesses. ». Le Grand Dragon avait paru sûr de lui, et elle avait tendance à le croire, vu l'expérience qu'il avait.
« Tu aurais pu utiliser tes pouvoirs de Seigneur des Dragons pour m'obliger à faire ce que tu veux, au lieu de rester là à tenter de me convaincre, fit-elle soudain remarquer. Pourquoi ? »
Merlin ferma un instant les yeux. Il sentait que, quelle que soit sa réponse, elle déciderait de ce qu'Aithusa ferait. Sachant qu'il tenait là une occasion de convaincre la dragonne, il choisit soigneusement ses mots avant de répondre.
- Je ne veux pas me servir de mes pouvoirs sur toi, à moins que ça ne soit absolument nécessaire, tout comme avec Kilgharrah. Vous êtes des dragons, des créatures magiques et fantastiques qui n'obéissent à personne – à part les Seigneurs des Dragons. Je pense que personne ne doit jamais vous soumettre, et surtout pas vous faire faire quelque chose contre votre volonté.
La dragonne le regarda, pensive. Ça collait avec l'image que Kilgharrah avait de Merlin. Et ça ressemblait beaucoup à ce qu'un Seigneur des Dragons dirait, s'il n'avait en tête que le bien-être d'un dragon.
« Très bien, décida-t-elle. Tu peux me soigner. Mais je te préviens, menaça-t-elle en approchant son visage à moins de cinq centimètres de celui de Merlin, qui recula instinctivement, si tu nous trahis, moi ou Morgane, je trouverai un moyen de te le faire payer très cher. »
Merlin soupira de soulagement. Il ne doutait pas qu'Aithusa mettrait sa menace à exécution s'il la décevait, mais il ne s'en souciait pas vraiment. Il n'avait pas du tout l'intention de leur faire du mal, seulement de les aider.
- Merci, Aithusa, dit-il.
Sans un mot, la dragonne se tourna et s'envola, le laissant seul dans la forêt. Il baissa la garde et se prit la tête entre les mains, fatigué.
« Tout va bien, Merlin ? demanda Alator, inquiet. »
Il avait empêché Alator et Arthur de communiquer avec lui par télépathie le temps de sa conversation avec Aithusa, pour pouvoir se concentrer sur la dragonne. Maintenant qu'il avait fini, il pouvait sentir qu'Arthur était inquiet lui aussi.
« Mal à la tête… répondit-il. J'ai passé une heure à essayer de convaincre un dragon. »
« Elle a accepté, au moins ? demanda à son tour Arthur. »
« Oui, heureusement. »
« Rentre vite, ordonna presque le roi. Il ne fait pas bon traîner seul dans les parages. »
« Je sais me défendre, Arthur. Et j'ai déjà voyagé seul, il ne m'est jamais rien arrivé. »
« Les ennuis te courent après. »
« Seulement quand je suis avec vous. »
« Ce n'est pas vrai ! s'offusqua Arthur. »
« C'est vous qui attirez les ennuis comme un aimant ! continua Merlin, dissimulant son hilarité. »
« Merlin ? »
« Je sais. »
« La ferme et rentre. »
Merlin sourit et se leva pour rentrer, tout en réfléchissant au meilleur moyen de soigner Aithusa. Pour Morgane, ça serait simple, il avait déjà une idée du sort à utiliser. Mais il n'avait encore jamais soigné un dragon. Il n'avait même jamais essayé de faire de la magie sur un dragon – à part pour essayer d'attaquer Kilgharrah lorsqu'il s'en était pris à Camelot, et ça n'avait pas marché.
Il supposait qu'une magie bienveillante fonctionnerait mieux qu'une magie malveillante, c'était la seule explication qu'il voyait. Il s'encourageait en se disant qu'à aucun moment Kilgharrah n'avait dit que ça ne serait pas possible. S'il y avait eu un quelconque problème, le dragon lui en aurait parlé, il en était sûr.
Arrivant près de la caverne, il vit Arthur debout à l'entrée de celle-ci et lui fit signe pour qu'il cesse de s'inquiéter. Le roi répondit de même et disparut à l'intérieur, pendant que Merlin arrivait au pied de la falaise et envisageait d'escalader, malgré la difficulté que cela représentait.
Il n'eut pas le temps de se résoudre à le faire que la tête de Kilgharrah apparut et descendit vers lui. Reconnaissant, Merlin s'accrocha aux écailles juste derrière la tête du dragon et se laissa soulever de terre et emmener dans la caverne. Comme il s'y attendait, Aithusa était déjà rentrée, et était allée s'installer près de Morgane, qui dormait toujours.
Le magicien décida d'attendre qu'elle se réveille. Ça lui permettrait de la soigner plus vite. Et il aurait peut-être besoin qu'elle soit sur pieds rapidement.
oOoOo
Morgane ne s'éveilla qu'en fin d'après-midi, et après quelques instants où elle regarda autour d'elle, un peu perdue, elle demanda brusquement qu'on les soigne pour qu'elles puissent partir d'ici au plus vite.
- Morgane, ce n'est pas aussi simple, répondit Merlin.
Il avait parlé avec Kilgharrah pour avoir ses conseils. Le dragon lui avait confirmé ce qu'il supposait depuis le début : sa magie ne suffirait pas à guérir Aithusa. En revanche, elle serait amplement suffisante pour Morgane.
- Et pourquoi ? demanda Morgane, hargneuse.
- Je peux te soigner toi. En revanche, je ne peux pas soigner Aithusa…
Merlin n'eut pas le temps de finir sa phrase. Morgane se leva, furieuse, et s'approcha de lui à une vitesse folle.
-Je le savais ! cria-t-elle. Tu t'es moqué de nous ! Tu n'as jamais eu l'intention de nous aider ! Quel coup bas ! Je n'aurais jamais pensé que tu t'abaisserais à ça, Emrys ! Tu n'es qu'un lâche, tu ne mérites pas de vivre !
Elle le saisit à la gorge et Merlin suffoqua à cause du manque d'air. Avant qu'il ait eu le temps de penser à faire quelque chose, des mains se saisirent des bras de Morgane et Kilgharrah poussa un rugissement d'une puissance extraordinaire.
Morgane sursauta mais ne le lâcha pas pour autant. Ayant de plus en plus de mal à réfléchir et sa vision se troublant, Merlin réussit néanmoins à faire appel à sa magie et repoussa Morgane. Aussitôt qu'elle fut hors de portée, il se pencha en avant, une main sur sa gorge, haletant et toussant. La patte de Kilgharrah s'abattit entre Morgane et lui, défendant la sorcière d'approcher Merlin en grognant.
- Merlin, ça va ? demanda frénétiquement Arthur, penché à côté de lui, une main sur son dos.
- … tout seul, fit le magicien d'une voix rauque et cassée, hochant la tête en même temps.
- Quoi ?
Merlin, tout rouge, se redressa en s'appuyant sur Arthur, et regarda Morgane, qui le regardait par-dessus Aithusa, toujours furieuse.
- Je ne peux pas soigner Aithusa tout seul, acheva-t-il enfin. J'aurai besoin de toi, Morgane.
« Merlin, elle a montré ce qu'elle voulait réellement, dit Kilgharrah. La sorcière n'est pas digne de confiance. »
« Je sais ce qu'elle a fait, répondit le magicien. Mais c'est la seule solution. Je me protégerai. »
Joignant le geste à la parole, Merlin s'entoura d'un sort qui empêcherait Morgane de lui faire du mal. Avec réticence, Kilgharrah ôta sa patte mais resta prêt à intervenir.
- Viens ici, demanda Merlin à Morgane.
Elle s'exécuta, sans chercher à dissimuler son dédain. Une fois qu'elle fut devant lui, elle ferma les yeux, il posa ses mains sur ses tempes et prononça les paroles du sort qui avait servi à la sortir du coma, lors des évènements qui avaient suivi sa visite dans l'Antre de Cristal.
Morgane inspira profondément, sentant la magie faire effet en elle et sur elle. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, ils étaient dorés, signe que sa magie se superposait à celle de Merlin pour l'aider. Elle se sentit revigorée et en pleine forme, et attendit que les effets du sort prennent fin. Lorsque ce fut fait, elle fit un petit sourire à Merlin, qui répondit de même.
Aithusa, qui était restée sur le qui-vive, s'avança à son tour.
« Tu as tenu ta promesse, au moins envers Morgane, dit-elle à Merlin. »
« Ça a toujours été mon intention, répondit-il. A ton tour. »
Elle cligna des yeux et se plaça entre Merlin et Morgane, sûre d'elle.
« Comment comptes-tu t'y prendre ? demanda-t-elle. »
- Je ne peux pas lancer le sort de guérison tout seul, dit Merlin à voix haute pour que tout le monde entende. Morgane, est-ce que tu as retenu les paroles du sort que j'ai utilisé ?
Morgane acquiesça et Merlin en resta un instant impressionné.
- Nous allons utiliser le même, reprit-il. Tu as déjà uni ta magie à quelqu'un ?
- J'y ai travaillé avec Morgause.
- Tu te souviens de la façon dont tu t'y es prise ?
Morgane acquiesça à nouveau, et le magicien se sentit soulagé. Il avait eu peur pendant un moment de devoir lui enseigner la technique, qu'il connaissait depuis qu'il était né. Il prit les mains de Morgane et éleva les bras en cercle autour d'Aithusa en fermant les yeux.
Plongeant en lui-même, il libéra sa magie et sentit Morgane faire de même. Il laissa la magie de la jeune femme et la sienne s'unir pour ne faire qu'un, et se renforcer mutuellement. Il sentit que Morgane était encore un peu réticente à l'idée de s'ouvrir complètement à lui, mais son désir d'aider Aithusa prit le dessus et elle se détendit, s'efforçant de se calmer en respirant lentement.
Ils surent tous les deux que le moment était venu lorsque leurs magies mêlées, arrêtant d'aller l'un vers l'autre, se stabilisèrent et formèrent comme une boule de pouvoir entre eux deux, exactement à mi-chemin. Alors, inspirant un bon coup, ils prononcèrent en même temps les paroles du sort, et attendirent qu'il fasse effet.
Une lumière blanche se mit à briller entre eux et descendit vers Aithusa, qui leva le museau vers celle-ci, confiante. Lorsque la lumière la toucha, Merlin sentit le sort tirer dans ses réserves. Il avait caché la fatigue que la guérison de Morgane lui avait causé, et elle revenait maintenant en force. Il chancela un instant avant de se rétablir, et se concentra sur le sort. Il pourrait être fatigué tout son soûl après le sort, quitte à dormir pendant une semaine, mais surtout pas pendant.
Morgane sentit l'état dans lequel il était et jubila un instant de voir le grand Emrys presque vaincu par un simple sort de guérison, avant de se reprendre. Si Merlin faiblissait, Aithusa en pâtirait et pouvait en mourir. Rassemblant ses forces, elle augmenta la puissance fournie par sa magie pour compenser sa fatigue passagère.
A côté d'eux, Arthur s'inquiéta. Il observait le déroulement de la guérison d'un œil critique et minutieux, et sentit également la fatigue de Merlin. Ne pouvant pas intervenir dans la magie, il fit la seule chose à laquelle il put penser : il posa une main sur l'épaule de son ami et la serra en guise de soutien, et sentit Merlin inspirer un bon coup avec une force renouvelée, comme s'il puisait dans la sienne.
Aithusa se crispa sous les effets du sort qui pénétrait en elle. La lumière la parcourut de la tête à la queue, intérieurement et extérieurement, passant dans chaque muscle et dans chaque veine. Elle se concentra sur la patte qu'elle ne posait toujours pas sur le sol, et la dragonne sentit la douleur décroître progressivement, jusqu'à disparaître complètement.
De l'extérieur, ils pouvaient tous voir les changements : les écailles d'Aithusa s'éclaircirent, reprirent leur couleur d'origine, un blanc brillant qui ressemblait à de l'ivoire. D'autres écailles poussèrent, et ses ailes se développèrent de quelques centimètres. Seul Kilgharrah ne trouvait pas cela surprenant, la dragonne reprenait son âge normal. Son museau s'épaissit et une crête d'écailles se développa au niveau de sa nuque.
La lumière blanche finit par s'éteindre, révélant Aithusa dans toute sa splendeur. Elle se redressa de toute sa hauteur, et atteignit la poitrine de Morgane. En dressant le cou, sa tête dépassait celle des humains. Les sorciers, tous deux en sueur, ouvrirent les yeux et se lâchèrent les mains pour reculer d'un pas et admirer la dragonne qui avait désormais l'apparence physique de ses neuf mois.
A peine Merlin avait-il reculé que ses genoux cédèrent et qu'il s'écroula en arrière. Arthur le rattrapa juste à temps et s'accroupit pour permettre au magicien de s'allonger.
- Merlin, qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il frénétiquement.
« Fatigué… répondit son ami, les yeux à moitié fermés. »
Arthur le transporta jusqu'à l'endroit où ils avaient dormi la veille et lui ôta sa veste pour la rouler en boule et la mettre sous sa tête. Aithusa courut presque jusqu'à lui et passa sa tête sous son bras, joyeuse.
« Merci, Merlin déclara-t-elle avec ferveur. Merci. »
« Je t'avais dit… que je vous aiderais, répondit Merlin en souriant légèrement et en la caressant. »
Aithusa s'enleva, permettant à Kilgharrah de se coucher en travers de la grotte. Arthur, toujours agenouillé à côté de Merlin, le poussa contre le dragon pour le tenir au chaud.
- Vous avez besoin de repos, toutes les deux, dit Kilgharrah, la tête tournée vers Morgane et Aithusa, de l'autre côté de son flanc. Toi aussi, jeune magicien, continua-t-il en tournant la tête vers Merlin. Dors, tu es en sécurité ici.
Merlin ne se le fit pas dire deux fois et ferma entièrement les yeux, se retournant pour pouvoir mettre son dos contre le flanc de Kilgharrah. De l'autre côté, Morgane s'appuya contre Aithusa et ferma les yeux, profitant de son corps en pleine forme. Arthur s'assit et resta près du magicien, veillant sur son ami.
