Chapitre 8 : Réveil à l'hôpital

Je rouvris les yeux sur un plafond blanc. Je me redressais, puis je pus admirer ma chambre d'hôpital. Cela faisait longtemps que je n'avais pas été à cet endroit ! Mais cela ne m'avait pas du tout manqué, loin de là ! Je me souvenais de l'accident d'Art, et ma précipitation pour le rejoindre…

Balayant ses souvenirs néfastes dans ma mémoire, je m'enfonçais dans les couvertures. Qu'est-ce que ça faisait du bien d'être dans un vrai lit ! Ça changeait de la tente dans laquelle je vivais… Puis je sentis une petite douleur. Je me redressais de nouveau sur mon oreiller : mon bras était couvert de bandage… sûrement était-ce à cause du bout de verre qui m'était rentré dans la peau…. A tous les coups, ça devait être infecté…

Je ne me sentais pas à l'aise. Je me demandais intérieurement pourquoi, quand je réalisais qu'aucun livre n'était près de moi. Je me relevais en vitesse, et, constatant cette absence, je voulu directement appuyer sur le bouton pour contacter l'infirmière. Mais alors que je m'apprêtais à exercer la pression, j'entendis une voix derrière moi :

-Yo ! Qu'y-a-t-il ? Tu étais mal à l'aise de ne pas m'avoir à côté de toi ?

Ces paroles aurait été vraies si c'était un livre qui parlait. Or, un livre ne parle pas. Enfin, pas comme ça. Lorsque je reconnu la voix, je me réinstallais dans mon lit, puis soupirais :

-Birthday… Qu'est-ce que tu fais là ?

-Quoi ? disait-il, déçu. J'en attendais plus qu'un soupire pour mon arrivé ! Ah ! C'est ça ! (son visage se fendit d'un sourire idiot) Tu es gênée n'est-ce pas ? Tu es gênée parce que l'élu de ton cœur est dans la même chambre que toi et viens d'arriver n'est-ce pas ?

Autant Summer m'agaçait avec ses coups de fils à tout va, autant lui, il m'énervait juste par sa présence. Je serrais le poing, voulant faire le veux de le percuter contre se joue, mais je contenais ma rage, pour dire avec un sourire forcé :

-Comment vont Art et Summer ?

-Ah oui ! Répliqua-t-il sans répondre à ma question, avec un grand sourire idiot de plus. Tu veux savoir comment va le vrai élu de ton…

Je voulu alors vraiment lui foutre un pain, mais ce fut Ratio qui le fit à ma place. Birthday s'écroula au sol, se plaignant de sa douleur à Ratio ou moi-même, mais aucun de nous deux l'écouta. Ratio réajusta son gant, puis me regarda avec un sourire amical :

-Comment vas-tu ? Désolé pour Birthday… Il est insoutenable, soupira-t-il

-Oui, c'est sur ! Je vais bien, mais je m'inquiète un peu pour les deux autres…

C'est à ce moment que je me sentis gênée en repensant aux paroles de Birthday. Finalement, il avait bien réussit son tour, celui-là… Ratio enleva son cache œil pour « voir à travers mon corps ». Il s'avança et prit mon bras dans son poignet, toujours scrutant la moindre anomalie. Il replaça son cache, puis il annonça le diagnostic :

-Ta blessure va beaucoup mieux. L'infection ne se propage plus, et même, elle disparait. Je suis content que ça s'arrange… Je pense que tu pourras sortir demain au plus tard… ce n'est plus si grave que ça.

-Je te remercie, Ratio. Cependant, il y a une chose que je ne supporte pas… C'est d'être ici sans le moindre bouquin ! M'écriais-je soudain avec un accent de colère dans la voix

-Ah… Oui, j'avais oublié… disait Ratio, une goutte de sueur suintant de son front.

En réalité, les personnes connaissaient bien mon état quand je n'avais pas de livres à mes côtés : je devenais progressivement agressive, coléreuse, criant sur tous les gens que je croisais, qu'ils m'aient fait du mal ou non. Mais c'était dans ma nature : je ne pouvais pas me contrôler.

-Où est-il ?! Demandais-je

-De quoi ? Disait Birthday, venant de se relevait sans avoir suivit la conversation

Je me levais de mon lit pour le prendre par le col et lui crier au visage que c'était mon livre que je voulais, et pas un idiot blond aux lunettes de soleil ayant un cerveau de moineau. Mais Ratio m'arrêta dans ma course, répétant que je devais me reposer. Je grognais entre mes dents, et Ratio disait :

-Ecoutes, je ne sais pas où il est… (Il se tourna vers Birthday) Toi ! Va chercher son livre dans l'hôpital…Il doit être à l'étage où sont entreposer tous les objets des patients !

-Comprit, chef ! Répondit-il au garde à vous, avant de foncer en flèche dehors.

-Summer et Art vont bien, répliqua le docteur, changeant de conversation. Ils n'ont pas des blessures trop graves, comme toi ils devraient sortir d'ici peu.

-Je vois, disais-je reprenant mon calme. Et les poupées ? Où sont-elles ?

-Elles sont en sécurité. Cependant, Doll vient de sortir ce matin pour un interrogatoire. Si tout se passe bien, elle inversera le processus, et toutes les poupées disparaîtront.

-Tant mieux… soupirais-je. Mais…comment avez-vous fait pour arriver ? Je veux dire…à ce moment précis, à cet endroit précis ?

-Nice a donné un appareil à Summer : si elle est en danger, elle n'a qu'à appuyer dessus, et elle nous envoi sa position accompagné d'un message. Et le message disait : « allez sauver les poupées ». Je pense qu'elle se doutait qu'il n'y avait pas que vos poupées dans l'histoire… Elle a du voir les cheveux du précédent client ramassé par Doll.

-En tout cas, je suis contente que tout le monde aille bien, ou s'en sors avec seulement des égratignures…

Ratio hocha la tête. Birthday revenait, à mon grand soulagement. Mais mes muscles se retendaient quand je vis ses mains vides. Il se gratta la nuque, puis disait :

-Je n'ai pas trouvé ton livre, désolé ! Le personnel de l'hôpital m'a annoncé qu'on l'avait déjà retiré…

Oh non….

-Ah qui ?! M'écriais-je. A qui l'a-t-on donné ?!

-Calme-toi, Fumiko ! Disait Ratio en me tenant par les épaules pour m'éviter de m'enfuir. Cherche-le, Birthday !

-A vrai dire (Il se gratta la joue) je sais déjà où il est…

-Bah alors ! Il est où ? Commençais-je à perdre patience

-Je ne suis pas vraiment sûr que cela va te plaire…

-Abrège ! Disait Ratio, ayant du mal à me retenir de lui casser la figure

-Ok ok ! Disait-il finalement. Il est dans la chambre d'Art…

Quoi ? Dans la chambre d'Art ? Dans sa chambre à lui ? Je commençais à rougir : même si je n'avais rien écrit de trop compromettant à l'intérieur, tous mes sentiments y étaient inscrits. Si jamais il le lisait…

Je paniquais : il fallait absolument qu'il ne l'ouvre pas. J'avais déjà écris quelques lignes, et je l'avais déjà évoqué… Je demandais quand même à Birthday, brisant le silence :

-Il était en train de le lire ?

-Je ne sais pas…ils juste dit qu'ils l'avaient donné à un « Art »…

-Ou est sa chambre ?! Criais-je à Ratio

Il me regarda de son seul œil découvert, puis il soupira avant de dire le numéro de chambre. Je passai alors de l'autre côté du lit en vitesse, évitant le médecin, puis percutai Birthday pour pourvoir sortir, n'entendant que mon nom prononcé par le bond résonner dans ma tête. Je courrai dans les couloirs : c'était au même étage que le mien. J'entendais alors Birthday et Ratio qui courraient à ma poursuite. Pas le temps de faire demi-tour !

Puis je percutais Nice, au passage, qui fut autant étonné par ma course que par ma présence ici, alors que je devais être dans ma chambre. Puis j'aperçus le numéro de la chambre d'Art. Je le regardai, ou plutôt l'admirai.

La lumière du jour traversaient la vitre pour l'illuminer, lui, son torse nu, seulement couvert de bandage. Sûrement était-ce du au gros bloc de pierre qui étaient au dessus de lui. Il était assis dans son lit, les cheveux vers l'avant, et il lisait un livre. Ce livre, c'était… le mien !

J'arrêtai de l'admirer à la seconde où je posai mon regard sur le livre. Je fonçai alors dans la pièce, et Art leva la tête de sa lecture, étonné en me voyant sortit de ma chambre. Je lui dérobai alors le livre des mains, puis je serrai l'objet contre ma poitrine. Ça faisait tellement du bien de le retrouver, de le serrer ainsi… Je feuilletai les pages, sentant le papier du bout des doigts. Je lançai un regard noir à Art : lire mon livre, c'est comme si on lisait en moi, qu'on regardait tous mes secrets… Je détestais cette sensation.

-Contente que tu ailles mieux, Fumiko…sourit-il, la lumière rendant son visage des plus beaux

J'essayai de lui montrer ma colère, à quel point je détestai ça, que l'on lise mon bien le plus précieux, mais contre Art, je ne pouvais pas me mettre en colère…

-Qu-Que faisais-tu avec mon livre ? Bafouillais-je, rouge

-Je t'avoue que j'étais curieux de voir ce que tu écrivais à l'intérieur…

Alors il le lisait. Alors il était curieux. Alors il était super mignon…

Je secouai la tête, chassant ses pensées qui n'avaient rien à faire là-dedans.

-Et…Tu as lu quoi, au juste ?

J'avais peur de la réponse. Il soupira et disait :

-Tu sais, il n'y a pas grand-chose à l'intérieur…Si ce n'est que deux-trois lignes…

J'écarquillai les yeux : comment-ça « deux-trois lignes » ? J'étais pourtant sûre d'en avoir écris plus que ça… Je feuilletai le livre, inquiète, et c'est à ce moment que je m'étais souvenue que je venais de l'acheter : quel boulet ! Je n'avais encore rien écrit à l'intérieur… Je devenais rouge, comprenant mon erreur.

-Né-Néanmoins, continuai-je, tu ne dois pas me piquer mes affaires ! Ces livres sont plutôt personnels, tu vois…

-Je ne le savais pas…je suis désolé… Je ne le referai plus, si tu y tiens tellement.

Il semblait sincère. Il me regardait avec tant de douceur, tant de chaleur… Mon cœur palpitait dans ma poitrine : pourquoi ne pouvais-je ne pas me mettre en colère contre lui ? Alors que je l'étais il y a moins d'une minute… Mais son visage m'a complètement fait changer d'avis…

Un silence s'installa, dans lequel nous nous regardions intensément. Etais-ce le résultat d'une alchimie, que d'être attirée par cet homme ? Ses muscles mis en valeur par son torse nu, ses cheveux soyeux que j'avais déjà touché, son regard profond qui me faisait valser, et plonger dans un tout autre univers, les traits de son visage, élégant et charismatique…

C'est sûrement là, à ce moment précis que je le réalisais, je l'avouais au plus profond de moi-même, je m'en rendais vraiment compte, même si de nombreuses personnes me l'avaient déjà répété, encore et encore… Je repassais en boucle les souvenirs d'enfance, de l'Académie, de son séjour à l'hôpital, de l'acharnement avec laquelle je voulais qu'il vive, car il comptait énormément pour moi… En fait, je l'avais toujours ressentit, je l'avais toujours su, je l'avais toujours remarqué… Mais…

« -Tu sais, tu devrais arrêter de te mentir à toi-même… ça fait quand même des années que tu contiens tout ça, mais tu ne remarques rien. »

Summer. Je comprenais tes paroles, à présent. Je m'étais menti à moi-même, je l'avais toujours fait… Mais aujourd'hui, c'était finit : je ne me mentirai plus, car j'ai enfin vu la vérité de mes propre yeux.

Je l'aimais.