Chapitre 11 : Journée shopping

Je rentrai dans mon appartement, la mine triste. Toutes ses péripéties m'avaient envahi le cerveau, donnant une espèce de mélange entre la culpabilité, la victoire, et la tristesse. Art était au commissariat, il devait envoyer un rapport. Puis je repensai à mon livre éparpillé… Je ne pu m'empêcher d'être extrêmement dégoutée d'avoir perdu l'un…Non plutôt LE bien le plus précieux pour moi. J'allais devoir m'en racheter un… Puis retourner à une banque pour refaire ma coiffure… Oh, et puis zut ! Moi qui voulais faire des économies !

Je regardais mes vêtements et ma peau : le sang du voleur était toujours là, toujours présent, comme s'il voulait me marquer. Je me disais qu'une bonne douche me fera le plus grand bien. Je posai mon manteau taché sur le canapé, puis sans m'assoir une minute, je continuai en direction de la salle de bain. Enlever ce sang était ma priorité : je me sentais extrêmement mal à l'aise.

Alors que je m'approchai de la salle de bain, j'entendis des bruits suspects, comme des frottements. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine : je ne serai pas seule dans l'appartement ? Quelqu'un serait entré par effraction pendant qu'Art et moi étions partis ?

Je commençai un peu à stresser. Je me rendis en vitesse dans la petite commode dans l'armoire à côté de la télévision. Je l'ouvris silencieusement, puis prit l'arme de défense à l'intérieur. Je charger le pistolet d'une ou deux balles, puis je m'avançai à pas lent en direction de la salle de bain.

Je marchai silencieusement, mon arme proche de moi. Je tournai la poigné doucement, puis la porte s'ouvrit, et je continuai ma route. Les bruits étaient de plus en plus forts, et je me plaquai contre le mur : le bruit venait juste de derrière. Je n'avais plus qu'à faire une rotation vers la gauche pour être en face de ce qui pouvait être « un intrus ».

Je ne savais pas quand y aller, et mon cœur cogna dans ma poitrine de plus en plus fort. Puis soudain, j'entendis un bruit de claquement inhabituel jusqu'ici, et c'est à ce moment que je décidai d'y aller. Je me tournai, bras tendu, les deux mains sur l'arme, un peu tremblante. Je lançai un regard noir en face de moi, jusqu'au moment où je réalisai mon erreur, et que le sang empourpra mon visage.

Art était là.

Nu, seulement avec une serviette autour de la taille.

-Euh…Art ?

Je n'avais réussi à prononcer que ces deux mots. Je laissai tomber mon arme sur le sol glissant, sans détacher mon regard de son visage qui me regardait, étonné. Puis je baladai mes yeux sur ses cheveux mouillé, sur son torse imposant, ses abdos sculptés, les quelques gouttes d'eau suintants sur son corps nu, musclé, à découvert.

Je vis les joues d'Art se rosir et son visage se tournant, ne voulant croiser mon regard, gêné, avant de demander :

-Tu… Tu pourrais sortir, s'il te plait ?

Mon visage était complètement rouge, brûlant.

-T-Tout de suite ! M'exclamais-je en me retournant à toute vitesse.

Je déambulais jusque la porte de la salle de bain que je claquai dans un fracas. Je me laisser glisser le long de la porte pour m'assoir à terre et enfouir ma tête dans mes genoux. Je repensai à son corps musclé, puis je rougissais, essayant de chasser ses idées de ma tête. Puis je repenser :

« - Fumiko, c'est bien cela ? Disait-il, me concertant du regard. Je te connais… Tu sais que tu peux être très puissante ? Tu sais que quelqu'un en ce moment cherche à libérer ton pouvoir ? »

Les paroles de l'homme mort résonnaient dans ma tête : sur le coup, je n'y avais pas vraiment pensé, mais…avait-il raison ? Et si quelqu'un était vraiment en train de me chercher, dans le but de libérer mon pouvoir ? Mais quel intérêt aurait-il à faire cela ? Et surtout…comment le mec de la banque pourrait-il le savoir ?

Je sentis un vide se créer dans mon dos, puis, autrefois appuyée contre la porte, je basculai en arrière pour que ma tête aille se loger entre les deux jambes d'Art qui me regarda, surprit de me voir sur le seuil de la salle de bain. Je levai la tête, puis une image de son torse humide me revint en tête. Le sang monta sous le hâle de mes joues, avant de me lever avec fracas :

-Je…Je vais me chercher une sucrerie… Tu en veux ?

-Arrêtes Fumiko… Va te laver, je pense que vu ton état, tu as besoins de te rafraichir.

Je me retournai. Il n'avait pas tort : toutes ses péripéties ne m'avaient pas aidé à aller mieux… Et à vraie dire, la scène d'Art dans la salle de bain m'avait aidé un peu à penser à autre chose.

Je pris donc une douche, frottant bien sur les parties ou le sang avait recouvert ma chaire. C'était comme si je balayai les souvenirs du braquage, ainsi que la vision de son corps en miette sur la moquette. Mais il y avait autre chose… Je me sentais bizarre : non par la scène d'Art, mais par tous ces évènements suspects : pourquoi Doll et le type de la banque me connaissaient ? Ils disaient que mon pouvoir pouvait s'agrandir, et qu'une certaine personne le voulait… Mais pourquoi ? Est-ce que d'autre Détenteur criminel vont apparaitre, et aussi me connaitre ? Peut-être qu'ils le cherchent, eux aussi ?

Ce n'était peut-être qu'une hypothèse, mais ce n'était pas loin d'être la vérité. Si jamais tout cela se passait ainsi, alors j'étais en danger. Encore plus, les personnes proches de moi le sont également. Je repensai à Summer et Art à l'hôpital après l'affaire de Doll…

Je sortais de la douche et me rendis dans le salon. Je vis Art se rhabiller pour aller bosser. Dès que je le voyais boutonner sa chemise, je ne pouvais m'empêcher de penser à la scène dans la douche. Je chassai rapidement ces pensées dans ma mémoire, tandis que je changeai de sujet, espérant qu'il n'allait pas me réprimander d'être rentré par effraction dans la salle de bain :

-Tu retournes bosser ? Je viens avec toi, attends, je…

-Non, me coupa-t-il, toi, tu restes ici.

M'en voulait-il en réalité ? J'allai insister et le contredire, mais il m'en empêcha d'un geste de la main :

-Non, n'insiste pas. Tu as vu ce qui t'est arrivée, cette après midi ? Je refuse que tu ailles travailler avec ça sur la conscience…

-Mais je vais bien, lançai-je. Je t'en pris, c'est en partie à cause de moi si il s'est mis en colère… et si aussi…

Je repensai au bain de sang et mis ma main au visage. Ça avait été écœurant. Art me regarda, s'inquiétant pour moi :

-Fumiko, tu n'es pas dans ton état normal en ce moment. Tu dois vraiment te changer les idées et prendre l'air. Avec l'affaire de Doll, l'hôpital, et maintenant ça, je doute que tu puisses tenir longtemps… De plus, ton livre a été détruit, et je me doute que ça doit t'ajouter à tes problèmes.

Je baissai la tête. Il était vrai, et il fallait l'admettre : je me sentais mal. Extrêmement mal. Limite au point de pleurer. Le pendentif, les poupées, mon livre, le danger d'être la cible que quelqu'un…D'ailleurs, j'hésitais à me confier à Art, avec tout ce qui s'était passé mais finalement j'y renonçai. Je l'inquiéterai trop.

-Ecoute, soupira-t-il, s'il y a quoi que ce soit qui ne va pas, dis-le moi, d'accord ? Il accompagna ses paroles avec un sourire.

Il enfila sa veste puis prit ses clefs. Avant de partir, il me tendit des billets. Je comptai : 15000 yens[1]. Je levai les yeux, comme pour demander la raison de cette somme. Il fit juste un sourire :

-Tu dois te racheter un livre et te refaire une coiffure, non ? Tu devras peut-être demander à Summer si elle voudrait faire une journée shopping avec toi, ça te changera les idées… De plus, je pense que racheter des vêtements ne serai pas une tâche inutile…

Il regarda en direction de mon blouson tâché de sang, mes vêtements tâchés eux aussi, et mon peignoir, qui était le seul vêtement propre de ma garde-robe. Je baissai la tête sans en dire d'avantage, juste un petit « merci », avant qu'il ne quitte l'appartement.

Je m'allongeai dans le canapé et regardai les billets qu'Art m'avait donnés. C'était très gentil de sa part. Depuis le début, il était gentil avec moi, m'offrant une place dans mon appartement, me faisant à manger, me donnant même de l'argent pour ma garde robe, mes bouquins et ma coiffure…alors que moi, je n'avais rien fait pour l'aider, ou pour le remercier…

Je composai le numéro de Summer. Elle aussi avait vécu la même chose que moi à la banque, et c'était vrai qu'en quelque sorte, cela faisait longtemps que nous n'avions pas fait du shopping…

Directement, elle acquiesça, puis nous nous donnions rendez-vous au Café Nowhere. J'arrivai rapidement, et Nice et Murasaki étaient en train de se disputer pour savoir laquelle des deux affaires proposées ils allaient choisir. Je soupirai, et m'assis à une table en l'attendant. Elle arriva rapidement, et, voyant la dispute prendre de plus en plus d'ampleur entre les deux garçons, nous sortions rapidement pour prendre la direction du centre-ville.

-Ah, soupira-t-elle, toujours à ce disputer ces deux là…

-Oui, effectivement... Comment vas-tu depuis ce matin ?

-Un peu tourmenté, à vrai dire… Etre prise pour un otage, puis massacré un type bizarre, et ça dans la même semaine, c'est crevant…

-Tu as pris de l'argent ? Demandais-je sans commenter sa réponse, pensant qu'elle était fauchée

Elle leva avec fierté de quoi payer ses nombreux achats à venir. Je restai pétrifié devant la somme, puis je demandai :

-Mais…comment tu as fait ? Ce ne sont pas tes économies pour ton appart j'espère !

-Non t'inquiète ! Je les aie gagnés en pariant sur un jeu avec Birthday. Le pauvre est tellement idiot qu'il n'a rien vu passer !

Je rigolai : cela faisait du bien de trainer avec ma meilleure amie. Comme prévu, nous faisions alors le tour : Summer se faisait un brushing pendant que je me refaisais ma coiffure : à présent, j'avais deux mèches longues jusqu'aux épaules vers l'avant, cachant mes oreilles, et coupées avec deux élastiques. Les reste était coupé au carré au niveau du bas des oreilles.

Summer trouvait que cela m'allait très bien. Je la remerciais, puis nous commencions les boutiques de vêtements. Summer me demandai ce que je cherchai pendant qu'elle regarda les différents pulls. Je lui répondis :

-Il faut quelque chose qui puisse aller pendant le travail, mais qui ne soit pas trop studieux non plus…

-Tu veux quelque chose qui ressemble au style d'Art, n'est-ce pas ? Me taquina-t-elle

Elle avait beau plaisanter, elle avait à moitié raison : je voulais aussi que cette tenue plaise à Art. Et j'avoue que son style était de bon gout. Devant mon silence, Summer comprit que ce n'était pas vraiment faux, puis elle me disait d'attendre dans la cabine, avant qu'elle ne trouve un truc « trop cool ». Je m'exécutais, attendant qu'elle me passe les vêtements par le rideau. Elle leva son pouce en l'air, puis me laissa me changer.

Lorsque j'enfilai les vêtements, je les trouvais plutôt chouettes, voir classe même. Une chemise sans manche avec une cravate noire, une jupe noire avec le bout argenté, des chaussettes montante jusqu'en bas des genoux, des bracelets simples, noirs et argentés, puis à mes pieds, des bottes gothiques, qui me faisaient penser à ceux d'Art. Je me regardai dans la glace avec un air satisfait. Il était vrai que c'était mieux ça que mes anciens vêtements tâchés en rouge !

Summer me regarda et réprima un sifflement avant de m'emmener à la caisse Illico. Je payai avec l'argent que m'avait donné Art, puis Summer paya aussi des vêtements qu'elle avait acheté.

Je gardai ma tenue tandis que l'on se rendit dans mon endroit favori : la librairie. Je restai à regarder avec admiration l'enseigne qui m'encouragea à foncer à l'intérieur pour m'acheter une multitude de romans et de mangas. Mais Summer me tenait par les épaules, avant de dire :

-Ecoute, on achète UN seul livre d'accord ? Celui avec des feuilles blanches, et c'est tout, OK ?

Je hochai la tête en vitesse, impatiente, puis je me précipitai à l'intérieur. L'odeur des livres, du papier, du cuir, de l'encre, du neuf, puis toute sorte d'odeur liées à cette endroit empli mes narines : c'était comme mon chez moi, mon paradis, c'était mon magasin favori, où j'achetai tous mes livres : la librairie la plus impressionnante et importante de Yokohama. J'en connaissais les recoins par cœur.

Summer semblait déstabilisé devant la taille de l'établissement, ainsi qu'au nombre de livre qu'il y renfermait. Malgré son hésitation, je l'emmenai de force par le poigné à la papèterie. J'y vis les différents modèles de livre à feuille blanche, et au bout de quelques minutes, j'en étais encore à essayer de choisir. Summer me demanda avec colère de me dépêcher, n'aimant pas vraiment l'endroit.

Après encore quelques minutes d'hésitation, je choisis mon modèle. J'avais une irrésistible envie d'aller voir les nouveautés en terme de roman, mais Summer du me prendre par le col pour que je résiste à la tentation. Alors que j'insistai encore et encore, je m'arrêtai brusquement. Summer ne comprit pas mon geste inhabituel, puis suivit mon regard, et elle fut aussi absorbée que moi par l'objet : une plume était exposée dans une vitre en verre.

Magnifique, elle était façonnée dans un métal argenté. Les extrémités était dorées, tandis que le bout était pointu, parfaitement taillé pour bien écrire. Je restais comme collée à l'objet : cette plume était vraiment une pièce rare…

-Vous êtes intéressé par cet objet ?

Nous nous tournions vers un vendeur qui avait un sourire des plus lumineux. Il semblait assez vieux, comme un vendeur d'antiquité. Alors que je n'osai parler, Summer demanda directement :

-A combien la faite-vous ?

Elle avait demandé ça sans aucune politesse, en pointant l'objet du doigt. Le vendeur fut d'abord étonné, puis il ricana doucement :

-Désolée, mais elle n'est pas à vendre… C'est une exposition, d'aujourd'hui.

Je sentis la déception gonfler dans ma poitrine. Elle était tellement belle, j'aurai voulu l'acheter… Malgré le fait qu'on ne pouvait pas en faire l'achat, je demandai, curieuse :

-Elle est vraiment splendide… En quoi est-elle faite ?

-La plume entière est faite en argent pur, et les extrémités en or. Elle a été fabriquée main !

-De l'or ? Du vrai ? Demanda Summer, les yeux pétillant au mot « or »

-Oui, du vrai ! Mais vous savez, c'est rare de trouver des gens aussi intéressés par cette œuvre…

-On peut écrire avec, au moins ? Demandai Summer, pensant que c'est une œuvre d'art

-Bien sûr, répondit-il, mais plus personne n'utilise de plume pour écrire aujourd'hui ! Pour vous dire, l'argent afin de la confectionner à était choisi spécialement pour sa légèreté !

Le visage de Summer se fendit d'un sourire et se tourna vers moi quand elle entendit les paroles du vieil homme. Mais j'étais trop absorbée par la beauté de l'engin : si fin, délicat…

Nous le regardions encore un peu, puis Summer me fit une tape sur l'épaule, comme pour nous dire d'aller à la caisse. J'abandonnai la plume avec difficulté, puis je payai mon livre avec soulagement. Lorsque nous sortions, ma meilleure amie disait :

-Dommage… J'aurai pu le menacer avec une lame pour le forcer à nous la donner… Mais bon…

-Oui, c'aurai été un peu un crime…gloussai-je

Nous rions, puis nous vîmes le soleil en train de se coucher. Puis en un instant, je vis le visage d'Art dans ma tête. Il était vrai que je ne lui avais encore rien donné…

-Summer, est-ce que tu peux m'aider à trouver un cadeau pour Art ? J'aimerai lui donner quelque chose en échange de ce qu'il m'a donné…

-Et avec quel argent ? Tout ce que tu as sur toi est son argent ! On n'appelle pas ça un cadeau !

-Je lui rembourserai la somme… S'il te plait !

Voyant mes yeux violets l'implorer, elle soupira, puis accepta finalement. Nous déambulions alors dans les boutiques à la recherche d'un cadeau qui pourra plaire à Art. Je me demandai ce qu'il pouvait aimer à part les sucreries… Je demandai quand même à Summer de ne pas viser un cadeau trop cher, car je tenais à mes économies…

Nous arrivions alors devant un magasin vendant des strates : ces petites figurines que l'on accrochait aux portables. Nous entrions à l'intérieur, puis j'en vis un avec un petit cookie au bout. Je le regardai intensément : Art qui aimait les sucreries, ça devrait lui plaire, non ? Je demandai conseil à Summer :

-Tu penses qu'Art aimerai ça ?

-Tu sais, la tradition, c'est d'en acheter deux pour symboliser le fait qu'un lien nous uni… Pourquoi ne pas en prendre un pour toi aussi ?

Je sentis la chaleur monter à mon visage : un lien avec des strates ? C'était original… Et c'est comme si Art est moi serions connecté…

Nous sortions du magasin tandis que j'accrochai mon cookie sur mon portable, à côté de mon petit livre. Il se faisait déjà tard quand Summer et moi allions nous séparer. Elle me disait au revoir, me contactant par messages. Je la remerciai pour tout, puis je me rendis vers mon appart.

Lorsque je franchis la porte d'entrée, Art était déjà rentré et changé. Il se leva en m'entendant arriver, puis disait à l'autre bout de la pièce :

-Ah ! Je t'attendais pour commencer à faire à manger…

J'approchai, comme pour lui montrer, et c'est à ce moment qu'il aperçut mon changement de look. Il porta son regard de haut en bas, avant de dire :

-Waouh ! Quel changement ! Ça te va plutôt bien ! Autant les cheveux que la tenue !

Je rosis légèrement, puis je lui montrai mon livre, et lui expliquai que cette balade m'avait fait le plus grand bien, avant d'enchaîner sur le boulot. Il n'avait que fait les rapports et recueillit les témoignages durant mon absence, ainsi que de la paperasse, mais rien à signaler.

Alors que nous mangions, je venais de me rappeler le cadeau que je devais lui faire. Je le sortis du sachet pour le mettre devant ses yeux, et lui expliqua :

-Tiens, c'est un petit cadeau pour toi…J'ai le même, regarde (je lui montrais mon portable). Je sais que ce n'est pas grand-chose mais…Je te rembourserai dès que possible…

-C'est vraiment pour moi ?

Je hochai la tête, légèrement gênée. Il regarda le cookie avec sourire, avant de sortir son portable afin de l'accrocher. Il l'observa encore un moment, tandis que j'attendais ses commentaires. Il disait alors :

-Je suis vraiment touché… C'est censé représenter un lien, n'est-ce pas ?

-Ou-Oui…En quelque sorte… bafouillais-je en détournant le regard au mot « lien »

-En tout cas, je suis ravi. Merci, Fumiko…

Je ne savais pas combien de fois il m'avait dit merci ainsi : le sourire chaud, réconfortant, sublime… Mais cette fois ci, c'était différent : j'entendais de nouveau les paroles de mes anciens ennemis, des paroles cachant l'existence d'un homme à mes trousses. Si jamais j'étais trop proche de lui, alors…

Quand Art se levai de table, je revins à la réalité. Ne voulant pas lui faire remarquer mon changement brusque de comportement, je lui racontai ma journée avec Summer, ainsi que la magnifique plume en exposition :

-Tu aurais vu les détails ! Ils étaient impressionnants ! Si seulement elle avait été en vente…

-Tu sais, gloussa-t-il, je pense que même si elle était en vente, tu n'aurais pas pu te l'acheter… De l'argent et de l'or coute très cher, tu sais ?

J'enfouis mon menton dans mes bras : n'empêche, j'aurai quand même voulu voir le prix…Après le repas, je me rendis dans ma chambre pour écrire dans mon nouveau livre, tandis qu'Art regardait les infos. J'écrivais beaucoup, ce soir là. Et alors que j'allai écrire ma rencontre avec la fameuse plume, Art m'appela :

-Fumiko ! Vient vite !

Je me rendis rapidement dans le salon, puis il m'indiqua la télé du doigt. J'écoutai les informations, choquée :

« -La plume exposée dans la grande librairie de Yokohama a été volé tard dans la soirée, alors que l'objet était présent pour une occasion. Le voleur est inconnu, et malgré les nombreuses personnes sur les lieux, personnes n'a vu le coupable, suite à une panne de courant. Ecoutons le témoignage de son propriétaire (je reconnu le vieil homme) : « Oui, il y avait bien une fille qui semblait très intéressée, cette après midi : elle avait les cheveux blonds et une tenue blanche et noire. » Sur les caméras de surveillance, on put apercevoir la jeune fille en question accompagnée de son amie. »

C'est à ce moment que je me vis, affiché à l'écran. Je faillis tomber à la renverse : mais quelle était cette histoire ? Je n'avais rien volé !


[1] Environ 110 euros