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Trois jours plus tard


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- Bon, je suppose que vous savez pourquoi je vous ai convoqués ? demanda tranquillement Kakashi, souriant devant la vision d'une équipe sept en fin réunie. Saï m'a prévenu il y a quelques jours qu'il jugeait l'équipe opérationnelle donc je vous ai trouvé une mission : elle n'est pas trop complexe puisque c'est votre première ensemble, mais pas trop simple non plus Naruto, précisa-t-il alors que ce dernier ouvrait déjà la bouche pour protester. Je ne voudrai surtout pas risquer que tu t'ennuies, se moqua gentiment le ninja copieur, l'œil rieur. Des informations nous sont parvenues comme quoi un groupe de mercenaires se terre dans la fôret de Hanaki et attaque les passants.

- La fôret de Hanaki ?! s'exclama Sakura, soudain inquiète.

- Nous pensons que le groupe pourrait être lié aux mercenaires que vous avez eu à affronter lors de votre dernière mission, confirma Kakashi. Il n'y a pour l'instant eu aucun blessé, ils se contentent de tendre des guet-apens sur les sentiers de la forêt pour voler l'argent des passants, expliqua-t-il sous le regard soulagé de Sakura. Mais comme Takatsuka a réussi à s'enfuir la dernière fois, nous pensons qu'il est fort probable qu'il se trouve avec eux. Et sa liste d'acheteurs avec, exposa Kakashi. Votre mission est donc de neutraliser les mercenaires mais, si vous trouvez Takatsuka, essayez de le capturer vivant. Si vous estimez que sa capture peut compromettre la mission, laissez tomber. Une équipe de ninjas spécialisés dans la traque s'en occupera, leur signifia le ninja copieur. Est-ce que vous avez des questions ?

- Non, répondirent-ils d'une même voix.

- Bien, partez dès que possible et prenez le temps qu'il faudra. Je vous souhaite bonne chance, leur sourit Kakashi.

Ils le remercièrent rapidement avant de prendre congé et de se retrouver en bas du bâtiment abritant le bureau de l'Hokage.

- L'idéal serait de se retrouver d'ici une trentaine de minutes aux portes du village si ça vous va ? proposa Saï.

- Hn / Aucun souci pour moi / Ça roule Saï !

- Très bien. Préparer des affaires pour trois jours maximum, je doute que la mission nous prenne plus longtemps, estima le capitaine de l'équipe. On se retrouve tout à l'heure, termina-t-il avant de disparaître dans un nuage de fumée.

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Deux jours plus tard, forêt de Hanaki


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Sakura soupira : ils étaient sur le chemin du retour et l'ambiance était lourde au possible. La mission s'était bien déroulée et elle avait pu soigner sans problème les quelques égratignures que ses coéquipiers avaient récolté lors de leur combat contre les mercenaires. Malheureusement, ils n'avaient pas pu mettre la main sur Takatsuka qui, selon les mercenaires qu'ils avaient combattus, ne restaient jamais au même endroit plus de deux jours de suite. Ils avaient joué de malchance et avait apparemment raté le criminel de seulement quelques heures. Kakashi n'aurait plus qu'à envoyer son équipe de traqueurs pour neutraliser l'ancien chef criminel.

Elle secoua la tête de droite à gauche avant de revenir à ce qui la perturbait auparavant. Depuis qu'ils avaient pris le chemin du retour, personne n'avait prononcé le moindre mot, laissant un silence pesant prendre place. Bien sûr, c'était toujours mieux qu'une dispute mais Sakura désespérait de voir un jour tous les membres de l'équipe s'entendre les uns avec les autres. Elle savait que Naruto avait plusieurs fois tenté de parler à Sasuke, essayant de comprendre ce qui lui arrivait mais ce dernier l'avait repoussé à chaque fois et, fatigué de se faire rabrouer, Naruto avait fini par arrêter. Il ne pouvait néanmoins s'empêcher de lancer régulièrement des regards tristes vers celui qu'il considérait comme son frère, déçu de leur éloignement.

Commençant à trouver le silence oppressant, elle se tourna vers Saï pour engager la conversation, intensifiant le froncement de sourcils dont Sasuke n'arrivait plus à se séparer ces derniers jours. Sakura était en train de comparer la végétation de la forêt de Hanaki à celle de Konoha lorsqu'elle ressentit une présence hostile non loin d'eux. Elle sentit Naruto et Saï se tendrent à ses côtés mais Sasuke, qui semblait plongé dans ses pensées, continua son chemin sans se soucier d'eux. Elle allait l'interpeler discrètement lorsqu'elle vit la nuée de kunaïs foncer sur le jeune homme. Elle apparu si vite dans le champ de vision de Sasuke que ce dernier ne comprit pas ce qui se passait avant d'entendre le cri paniqué de Naruto lorsque la jeune femme s'effondra.

- Sakura-chan !

...

Le jeune homme blond bondit si vite vers sa coéquipière qu'il réussit à la rattraper avant qu'elle ne touche le sol. Naruto ayant l'air d'avoir la situation en main, Saï engagea le combat avec celui qui les avait attaqués. Il reconnu rapidement leur ennemi comme étant Takatsuka et l'immobilisa assez facilement à l'aide de plusieurs serpents d'encre. Il l'assomma et l'adossa contre un arbre avant de rejoindre rapidement le reste de son équipe, inquiet pour sa coéquipière. Cette dernière reposait dans les bras de Naruto, devant un Sasuke encore figé. Comme il voyait Naruto lui causer, Saï ressentit du soulagement à l'idée qu'elle soit consciente : c'est que sa blessure ne devait pas être trop grave, non ?

Il se statufia en découvrant l'ampleur des dégâts.

- Eh Sakura-chan, je sais que la vieille Tsunade t'a enseigné le Byakugo no jutsu et que ça te permet de soigner n'importe laquelle de tes blessures mais bon… C'est pas parce que tu peux le faire que tu dois te sentir obligée de le faire, la grondait gentiment Naruto. Et puis toi Sasuke, tu pourrais faire un peu attention quand même, sermonna le jeune blond.

- Désolé Sakura… Je, je ne comprends pas comment j'ai pu ne pas le sentir… répondit Sasuke qui semblait un peu perdu.

- Sakura… commença Saï d'une voix blanche, en se penchant vers la jeune femme.

- Désolée… répondit-elle d'une voix faible. C'est pas super hein ?

- Tais-toi ! On doit être à seulement deux heures du village. Tu as apporté des bandages n'est-ce pas ? On va comprimer l'hémorragie comme on peut et on va se dépêcher de rentrer. Ça va aller, je te le promets, affirma le jeune homme. Je m'occupe de tout, toi occupe-toi seulement de rester consciente d'accord ?

- Hm… marmonna Sakura d'une voix fatiguée.

- Sakura ! cria Saï, reste consciente, fais un effort s'il te plaît, commença-t-il à paniquer.

- Eh Saï, ça va aller ! s'exclama Naruto qui ne comprenait pas la panique soudaine de son camarade. Elle va seulement se soigner et on-

- Non Naruto, ça ne va pas aller, tu ne comprends pas ! s'affola Saï en commençant à faire un bandage de fortune à leur coéquipière.

- Qu-quoi ? Mais pourquoi ? demanda Naruto, perdu.

- C'est en rapport avec ce que vous nous cacher tous les deux ? interrogea Sasuke.

« Alors il s'en est rendu compte… songea Saï. Sakura, je…Je suis désolé mais je ne peux pas tenir ma promesse. Pas dans ces conditions ! Pas à ce prix là ! »

- Ce qu'ils nous cachent ? répéta Naruto. Je ne comprends pas, de quoi tu parles Sasuke ?

- Sakura ne peut plus se soigner, avoua rapidement Saï.

- Pardon ?! s'indigna Naruto tandis que Sasuke se figeait sous le coup de la surprise.

- Ce n'est pas le moment Naruto ! le réprimanda Saï. On ne t'appelle pas l'éclair orange pour rien n'est-ce pas ? Utilise ta vitesse et ramène la à Konoha : il faut absolument que Tsunade-sama la soigne.

- Quoi ? Mais elle-

- Naruto, si on ne fait rien, elle va mourir, asséna Saï, espérant faire comprendre l'urgence de la situation au jeune homme. Tsunade-sama peut la sauver mais il faut que tu partes maintenant.

- Sa-Sakura-chan… Je, je pars tout de suite, se reprit Naruto comme il pu, se redressant avec sa coéquipière dans les bras.

- J'ai fait ce que je pouvais avec le bandage mais ça ne tiendra pas longtemps, le prévint Saï. J'envoie une invocation à Konoha pour prévenir Tsunade-sama de ton arrivée.

- Je vais le faire, répliqua Sasuke d'une voix un peu éteinte. Mes aigles iront plus vite.

- Très bien, accepta Saï. Naruto, vas-y maintenant. On se charge de ramener Takatsuka.

Il avait à peine terminé sa phrase que le jeune homme avait disparu dans un éclair orangé, leur précieuse coéquipière bien à l'abri dans ses bras. Sasuke ayant procédé à son invocation, les deux jeunes hommes se mirent en route, suivant le tigre d'encre que Saï avait dessiné pour porter Takatsuka. Les premiers mètres se firent dans le silence le plus total, tous deux étant uniquement concentrés sur l'inquiétude qu'ils ressentaient pour Sakura, quand Sasuke tourna soudainement son regard vers Saï.

- Depuis combien de temps ? demanda-t-il.

- Je n'ai pas de certitude… Quelques mois, peut-être davantage ? estima Saï.

- Tu le sais depuis longtemps ?

- Depuis quelques semaines. J'ai compris qu'il y avait un problème pendant notre dernière mission et je l'ai forcée à me confirmer ce que j'avais deviné, expliqua-t-il. Elle-, commença-t-il avant de se faire plaquer contre un arbre par Sasuke qui semblait furieux.

- Et tu l'as laissée partir en mission ? tonitrua Sasuke, possédé par la rage. Qu'est-ce qui cloche chez toi ? Tu te rends compte du danger dans laquelle tu l'as mise ?

- Ce n'est pas en me protégeant qu'elle s'est faite blessée ! asséna Saï avec une voix glaciale.

...

Sasuke le relâcha immédiatement, douché par l'accusation que son coéquipier avait proférée.

- Désolé, reprit Saï. Je… Je suis inquiet pour elle et je me suis emporté. Je suppose que Sakura aurait dit que c'était mesquin, sourit tristement Saï. Si tu veux, je peux t'expliquer ce dont je suis au courant, proposa-t-il en se remettant en marche, rapidement suivit par Sasuke.

- Je… Je me suis laissé emporter moi aussi, désolé, marmonna ce dernier. Dis-moi ce que tu sais, termina-t-il.

- Ce qu'il faut savoir c'est qu'il y a trois semaines, Sakura pouvait à peine soigner quelqu'un ou seulement avec beaucoup de difficultés. Lorsque je me suis fait blesser pendant notre mission, elle a utilisé beaucoup plus de chakra que ce qui était nécessaire et elle a mis beaucoup plus longtemps que d'habitude. Quand je l'ai interrogée, elle a fini par m'avouer qu'elle n'allait pas très bien depuis quelques temps et que son état émotionnel l'empêchait de maîtriser convenablement le chakra médical. Elle m'a fait promettre de ne rien dire et en échange, je lui ai fait promettre de me prouver qu'elle était de nouveau apte à soigner avant sa prochaine mission. Quand on est rentré à Konoha, elle a finit par m'avouer qu'elle n'arrivait pas à se soigner et qu'elle pensait peut-être ne plus jamais en être capable. Je savais qu'elle s'entraînait depuis plusieurs mois avec Lee pour développer son taïjutsu alors nous avons fait un compromis : si Lee m'assurait qu'elle pouvait se défendre sans problème avec ses nouvelles capacités de taïjutsu, je gardais son secret et j'autorisais l'équipe à partir en mission. Si le taïjutsu ne suffisait pas à garantir sa sécurité, elle devait aller tout avouer à Kakashi-sama.

- Puisque nous sommes là, j'imagine que Lee a donné son feu vert, laissa échapper Sasuke, amer.

- Il l'a fait mais il n'en avait pas besoin. Sasuke, elle a vraiment progressé : pendant le combat auquel j'ai assisté, Lee ne portait pas ses poids d'entraînement et elle l'a mis en difficulté à plusieurs reprises. Personnellement, j'en suis incapable, estima Saï.

Sasuke prit quelques minutes pour digérer ce qu'il venait d'apprendre mais une nouvelle question lui vint en tête.

- Est-ce que tu sais…

- Pourquoi elle ne peut plus se soigner ? devina Saï.

- Oui.

- Elle n'a pas voulu me le dire mais je pense qu'il s'est passé quelque chose pendant la guerre ou un peu après. C'est à cette période qu'elle a commencé à changer. Mais quoiqu'il se soit passé, ça a certainement du la marquer fortement pour entraîner un blocage aussi fort.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Sasuke en fronçant les sourcils.

- Tu ne le sais pas ? s'étonna Saï. Le chakra médical réagit à nos émotions : si Sakura n'arrive pas à se soigner c'est certainement parce que, consciemment ou non, elle ne pense pas le mériter. Je pense qu'elle a fait quelque chose, quelque chose dont elle se sent horriblement coupable. Seulement, je ne sais pas quoi, conclu Saï.

Sasuke réfléchit rapidement : lors de leur conversation chez Sakura, il avait émis l'hypothèse qu'elle devait garder un secret qui lui pesait. Mais il n'aurait jamais pensé que ce qu'elle cachait puisse avoir un effet si dévastateur. Qu'avait pu faire sa coéquipière pour en arriver au point de penser ne pas mériter de se soigner ? Quelqu'un devait vraiment réussir à la faire se confier avant que la situation ne prenne une tournure grave.

« Qu'est-ce que tu racontes ? se fustigea-t-il. La situation est déjà grave : elle a préféré mettre sa vie en danger plutôt que de tout avouer et même Saï n'a pas pu savoir ce qu'elle cachait. Elle ne se confiera pas à n'importe qui. »

- Naruto pourra peut-être réussir à la faire parler, espéra Sasuke.

- Naruto ? s'étonna Saï. Ça m'étonnerait franchement ! Ça fait deux ans qu'elle l'évite autant qu'elle peut. Toi par contre, tu pourrais peut-être la pousser à se confier.

- Moi ? répéta Sasuke, perdu. Ça fait trois semaines que je suis odieux avec elle et avant ça j'ai été absent pendant deux ans : pourquoi est-ce qu'elle voudrait se confier à moi ?

- Elle s'est jetée entre les kunaïs et toi en sachant pertinemment qu'elle ne pourrait pas se soigner alors qu'elle aurait pu te soigner sans problème. Elle se confiera à toi si tu l'y pousses, affirma Saï. Ah, au fait, reprit-il, je compte bientôt demander à Ino d'emménager avec moi alors tu peux ranger ta jalousie mal placée, débita Saï sans aucune autre forme de procès.

- Ma jalousie mal placée ? s'indigna Sasuke. Je-

- Je pense qu'un peu d'honnêteté, même blessante, ferait du bien à tout le monde, l'interrompit Saï, les paroles de Sakura résonnant dans son esprit, laissant Sasuke perplexe.

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Le lendemain matin, Hôpital de Konoha


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Sakura papillonna des yeux mais les referma bien vite lorsque sa rétine fût agressée par la lumière vive de la pièce. Elle les rouvrit doucement, les laissant s'habituer progressivement à la lumière. C'est en se redressant sur son lit qu'elle tomba nez à nez avec des prunelles noisette qui semblaient furieuses.

- Tsunade-sama ! s'exclama-t-elle, surprise.

- Je suis contente de voir que tu vas bien Sakura… Maintenant, tu vas donc pouvoir m'expliquer ce qui a bien pu te passer par la tête petite idiote !

Sakura resta bouche bée devant le visage furieux de son maître : elle n'avait pas pensé devoir l'affronter si vite. Alors, elle fit la seule chose qui lui passa par la tête : elle se mura dans le silence.

- Tu plaisante j'espère ! se récrimina Tsunade, exaspérée du comportement de sa disciple. J'étais censée être en congé quand une invocation m'a trouvée pour me dire que Naruto te ramenait en urgence au village et que tu étais mourante ! Est-ce que tu imagines à quel point je me suis inquiétée en pensant que c'était si grave que tu n'avais même pas pu te soigner ?

Une pointe aiguë de culpabilité la traversa. Mais restant muette, Sakura endura le discours de son maître sans répliquer : qu'aurait-elle pu dire de toute façon ?

- Et Naruto arrive et m'annonce comme une fleur que tu es devenue incapable de te soigner ! continua Tsunade, furieuse contre la jeune femme. A quoi est-ce que tu pensais ? Comment est-ce que tu as pu décider que tu pouvais partir en mission alors que tu n'étais pas au maximum de tes capacités ? Et comment est-ce que ton capitaine a-t-il pu te laisser faire ?

- Ce n'est pas de la faute de Saï ! s'exclama la jeune femme. C'est de ma faute, je lui ai fait promettre de ne rien dire. Il ne devrait pas souffrir à cause d'une décision qui était la mienne, défendit-elle le jeune homme.

- Alors tu te décides enfin à ouvrir la bouche ? Profite-s-en pour m'expliquer pourquoi et depuis quand tu ne peux plus te soigner !

- Mais Sakura s'obstina à rester silencieuse, refusant de s'expliquer.

- Ecoute-moi bien jeune fille, j'ai tout mon temps. Tu resteras ici tant que tu ne te seras pas expliquée alors tu devrais franchement commencer à réfléchir à ce que tu vas me dire, menaça Tsunade tout en quittant la pièce.

A peine l'ancienne chef du village avait-elle quitté la pièce que Sakura était déjà sortie de son lit. Tsunade allait certainement donner des consignes pour la surveiller, elle n'avait pas beaucoup de temps si elle voulait sortir de l'hôpital. Elle récupéra prestement ses affaires et ouvrit délicatement la fenêtre de sa chambre. Tsunade la sous-estimait-elle à ce point ? Elle sauta souplement sur la branche d'arbre située en face et commença à courir : elle savait exactement où aller.

...

Sakura déverrouilla silencieusement la porte de l'atelier de peinture de Saï : ce dernier lui avait prêté un double des clés pour qu'elle puisse s'entraîner discrètement les semaines précédant la mission et elle ne le lui avait pas encore rendu. Personne ne penserait à la chercher ici, elle devrait pouvoir avoir un peu de tranquillité pour penser à ce qu'elle allait faire maintenant que son secret avait été à moitié éventé. Elle se faufila à travers la pièce pour aller fermer les volets qui étaient ouverts.

« C'est bizarre, songea-t-elle, je suis sûre d'être la dernière à être venue et j'avais pourtant bien refermé les- ».

Elle se retourna brusquement en sentant une présence dans son dos.

« Mais quelle idiote ! se fustigea-t-elle. »

Elle allait s'enfuir lorsqu'elle reconnu la personne qui lui faisait face. Stupéfaite, elle resta figée.

- Il faut croire que Saï te connaît vraiment bien, énonça une voix calme. Il était sûr que tu viendrais te cacher ici une fois que tu aurais vu Tsunade.

- Satané membre de la Racine, il est bien trop intelligent, marmonna Sakura. Qu'est-ce que tu veux Sasuke ? demanda-t-elle agressive.

- Plusieurs choses en vérité. Je ne compte pas te dénoncer ou te ramener à l'hôpital alors si tu pouvais te détendre un peu…

- Et pourquoi est-ce que je te ferais confiance ? Ça fait des semaines que tu agis comme un crétin avec moi, renifla-t-elle, mauvaise.

- Je suppose que j'ai mérité le « crétin » cette fois, reconnu Sasuke. Ecoute, je sais que ça n'a pas été la folle entente entre nous ces derniers temps, principalement à cause de moi mais… Dis-toi que Saï ne m'aurait pas dit que tu viendrais ici si tu ne pouvais pas me faire confiance.

Elle réfléchit quelques minutes : depuis le début, Saï avait toujours été honnête avec elle. Plus qu'elle-même ne l'avait été pour dire vrai. Et Sasuke, contrairement à ces dernières semaines, avait l'air ouvert à la discussion : elle pouvait toujours attendre pour voir ce qu'il se passerait et écouter ce qu'il avait à lui dire. Elle se détendit légèrement et fit face au jeune homme plus calmement.

- Je t'écoute.

Son changement soudain de comportement sembla désarçonner Sasuke un instant mais ce dernier se reprit bien vite : il n'avait qu'une seule chance, il n'était pas question de la laisser filer.

- Saï m'a tout raconté : je sais pourquoi tu ne peux plus te soigner, attaqua-t-il directement.

Sakura tressaillit violemment avant de se recomposer un visage neutre. Alors comme ça, il savait ?

- Ça, vois-tu, ça m'étonnerait franchement. Tu tentes simplement un coup de bluff. Un mauvais qui plus est, répondit la jeune femme avec un sourire sarcastique.

- Je ne connais peut-être pas les détails mais j'en sais bien assez, répliqua Sasuke sans se laisser démonter par l'attitude bravache de sa coquipière.

- Eh bien je t'en prie, exprime-toi puisque tu as l'air si bavard aujourd'hui, l'encouragea Sakura avec une ironie mordante.

- Saï m'a expliqué que le chakra médical était lié aux sentiments : il a déduit du fait que tu ne puisses plus te soigner que tu avais dû faire une chose pour laquelle tu te sentais coupable. Tellement coupable que tu penses ne pas mériter d'être soignée lorsque tu es blessée, exposa tranquillement le jeune homme. A partir de là, il a conclu qu'il avait dû se passer quelque chose au moment de la guerre ou très peu de temps après puisque c'est à ce moment que tu as commencé à changer.

Sakura avait blêmit tout au long du discours de son coéquipier. Comment Saï avait-il bien pu deviner tout ça alors qu'elle ne lui avait pas donné le moindre détail ? Une fois de plus, elle avait largement sous-estimé son ami : il était arrivé bien trop près de la vérité. Sasuke était loin d'être idiot lui aussi : s'il continuait à creuser, il finirait par deviner. Elle devait absolument trouver une échappatoire avant d'être définitivement coincée.

...

Sasuke observa le trouble et la crainte prendre possession du visage de la jeune femme qui lui faisait face. Elle n'avait pas eu besoin de lui confirmer que les hypothèses de Saï étaient justes : son regard avait largement suffit. Saï lui avait affirmé qu'elle se confierait à lui mais il commençait fortement à en douter : Sakura semblait seulement être en train de chercher une issue par laquelle s'enfuir. Elle avait l'air d'un animal pris au piège : inquiet de ce qu'elle pourrait faire, il décida d'essayer de la rassurer. Il n'était peut-être pas très bon avec les mots mais il savait parfaitement ce que c'était de ne pas pouvoir se pardonner pour les choses que l'on avait faites.

Et surtout, ce n'était pas n'importe qui se trouvait en face de lui : il s'agissait de Sakura.

Sakura qui avait toujours essayé de le soutenir comme elle le pouvait, Sakura qui lui avait pardonné chaque nouvelle erreur qu'il faisait, Sakura qui avait pleuré pour lui à de nombreuses reprises, Sakura qui lui avait pardonné d'avoir essayé de la tuer et n'avait même pas hésité la moindre seconde à se sacrifier pour lui. Elle était celle qu'il n'avait pas pu s'empêcher de remercier à plusieurs reprises alors que ces mots étaient si étrangers pour lui. Celle qu'il n'avait jamais vraiment pu oublier pendant sa désertion ou encore pendant le long voyage de rédemption qu'il s'était imposé. Celle qu'il…

« Tu peux ranger ta jalousie mal placée… »

Les mots de Saï résonnèrent brusquement dans son esprit. Alors c'était ça comprit-il en retenant un soupir : mais comment l'ancien membre de la Racine avait-il bien pu deviner au premier coup d'œil ce qu'il avait mis tant de temps à comprendre ? Décidément, ils semblaient tous largement le sous-estimer : ce dernier était sans doute le plus malin d'entre eux. Sasuke reprit contact avec la réalité en voyant Sakura esquisser un geste. Il était temps de se lancer : à lui de trouver les bons mots.

...

Sakura fixa Sasuke qui semblait perdu dans ses pensées depuis quelques instants : il ne faisait plus attention à elle, c'était sa chance de fuir. Elle amorça un rapide mouvement mais elle ne réussit qu'à ramener l'attention du jeune homme sur elle.

« Tss, bravo Sakura, merveilleuse tentative de fuite, se morigéna-t-elle. Vingt sur vingt pour la discrétion ! »

- Ecoute Sakura, je sais très bien que je suis sans doute la dernière personne au monde à laquelle tu voudrais te confier mais, quoique tu en penses, je suis le mieux placé pour te comprendre. Je… J'ai fait largement ma part de mauvaises actions et maintenant, eh bien… Je dois vivre avec. Tu peux me faire confiance, je ne te jugerai pas. Je ne te jugerai jamais, jura Sasuke. Tu m'as toujours pardonné malgré tout le mal que j'ai fait alors, s'il te plaît, laisse-moi être la personne qui te pardonnera cette fois.

Sasuke lui laissa quelques instants pour répondre mais, voyant qu'elle ne réagissait pas, il reprit son discours.

- Dis le moi Sakura, dis-moi ce qui te pèse tellement. Tu ne peux pas vivre éternellement dans le passé, il faut que tu arrives à te pardonner, essaya-t-il de la raisonner.

Le cœur serré devant les déclarations de Sasuke, Sakura enroula ses bras autour de son corps, essayant vainement de se protéger. Ses yeux émeraude brillant de larmes contenues, un premier sanglot lui comprima la poitrine tandis qu'une larme solitaire roulait sur sa joue.

- C'est trop facile… murmura-t-elle d'une voix faible, contenant difficilement ses sanglots.

...

Le regard de Sasuke s'éclaira en voyant qu'elle se laissait enfin aller. Il y était presque.

- Qu'est-ce qui est trop facile Sakura ? Essaya de comprendre le jeune homme.

- La confession… La compassion… Je ne mérite pas le pardon, répondit-elle d'une voix brisée.

- Pourquoi tu ne mériterais pas le pardon comme n'importe lequel d'entre nous ? Demanda Sasuke, la voix tremblante, bouleversé par le chagrin immense qu'il discernait dans les prunelles de la jeune femme.

Elle semblait tellement fragile à cet instant, recroquevillée sur elle-même, chancelant à cause des sanglots qu'elle avait de plus en plus de peine à retenir. S'il avait pu, il l'aurait serrée dans ses bras et ne l'aurait plus lâchée, la protégeant de tous les maux qui la faisaient souffrir. Mais il avait peur qu'un tel geste ne la fasse seulement davantage se refermer sur elle-même.

...

La sollicitude et la préoccupation sincères qu'elle lut dans le regard de Sasuke eurent raison d'elle. Elle était tellement, tellement fatiguée. Ce secret qui la rongeait de l'intérieur était en train de la détruire. Et, au moment où elle était la plus fragile psychologiquement, Sasuke avait réussi à pénétrer toutes ses failles, réduisant en cendres une à une les faibles barrières qu'elle avait érigées pour se protéger.

- Je suis une meurtrière… avoua-t-elle d'une voix brisée, détournant le regard.

- Je ne comprends pas Sakura, admit Sasuke. Explique-moi, tu ne peux pas t'arrêter là.

- Je… C'était pendant la guerre, commença-t-elle d'une voix faible, avant que tu ne nous rejoignes sur le champ de bataille. J'étais… J'étais avec l'équipe médicale et je me suis éloignée un peu. Je ne supportais plus d'entendre les cris des blessés… Certains savaient qu'ils allaient mourir, que l'on ne pouvait plus rien faire pour eux… Il y a tellement de gens que l'on n'a pas pu sauver, dit-elle d'une voix pleine de regrets, les yeux perdus dans le vague.

Sasuke comprit qu'elle était repartie là-bas, sur le champ de bataille. Il l'écouta sans l'interrompre : elle avait prête à s'effondrer à tous moments. Alors il la surveillait attentivement tout en se concentrant sur ce qu'elle disait.

- Je ne comprends toujours pas comment j'ai pu ne pas le sentir… Il est apparu tout d'un coup, à seulement quelques centimètres de moi. Il était là et moi je ne pouvais rien faire, commença à sangloter Sakura. Il a dit que c'était un enfant d'un village voisin et… et… hoqueta-t-elle, semblant incapable de continuer.

Sasuke commençait à se sentir perdu : qui était apparu soudainement ? Qui était l'enfant ?

- Qui ça Sakura ? Qui était là ? demanda-t-il doucement.

- Kabuto…

Et ce simple murmure contenait tant de haine que Sasuke tressaillit. Alors c'était lui. Ce monstre qu'il avait côtoyé durant plusieurs années. Celui qui avait déjà fait tant de mal avait recommencé.

- L'enfant, il le menaçait d'une arme… J'étais si proche et je ne pouvais rien faire… Si seulement j'avais su ! Pourquoi je ne l'ai pas senti ? J'aurais dû savoir, j'aurais dû, répéta Sakura en se prenant la tête entre les mains dans un début de crise d'hystérie. C'est là qu'il me l'a proposé… J'étais si proche… Je pouvais le neutraliser en quelques secondes. C'était la chance que l'on attendait tous. La chance que l'on attendait tous…

- Que t'a-t-il proposé Sakura ? L'interrogea avec douceur Sasuke, inquiet devant l'agitation de sa coéquipière.

- Il a dit… Il a dit que j'avais le choix, gémit-elle. Que seul un autre ninja médical pouvait reconnaître les progrès que j'avais faits… Que c'était sa récompense… Qu'il était d'humeur généreuse, renifla-t-elle avec sarcasme. J'aurais dû comprendre… Kabuto a toujours une intention cachée. J'ai été tellement stupide… Tellement naïve. Le choix était ridiculement simple : je pouvais sauver l'enfant ou… Je pouvais décider de le sacrifier en essayant de neutraliser définitivement Kabuto.

- Sakura… murmura Sasuke, bouleversé. Tu… Tu peux arrêter là, j'ai compris, ne te force pas davantage.

- Comment tu pourrais avoir compris ? Ricana amèrement cette dernière. Tu n'as pas compris, asséna-t-elle durement en plantant son regard brusquement furieux dans celui de Sasuke. J'étais tellement, tellement sûre de moi que je l'ai regardé tuer cet enfant sous mes yeux. Il n'avait rien fait Sasuke, il était juste là au mauvais moment. Et moi, j'ai choisi de le sacrifier parce que l'occasion était belle, si belle et j'étais tellement sûre de pouvoir tuer Kabuto, dit-elle avec un rire sombre. Alors je l'ai regardé tuer l'enfant et je l'ai frappé. Un coup supposé être mortel. C'est là que j'ai compris. Quand il a disparu après que je l'ai frappé, c'est devenu une évidence.

- Compris quoi ? Qu'est-ce qui est devenu une évidence ? demanda Sasuke d'une voix brisée devant la si grande amertume qui possédait Sakura.

- C'était une illusion. Depuis le début. L'enfant, il n'a… Il n'a jamais été là.

- Rien n'était réel ? s'exclama Sasuke, la voix emplie d'incompréhension.

- Il n'a jamais eu l'intention de nous laisser la moindre chance de la battre. Mais j'étais tellement fière, tellement stupide. J'ai foncé dans son piège tête baissée… Il voulait seulement me briser, m'empêcher de pouvoir soigner nos blessés. Mais ça aussi je l'ai compris bien trop tard…

- Sakura, commença Sasuke hésitant, si c'était une illusion, tu n'as rien à te reprocher.

- Tu ne comprends pas… Je ne savais pas que c'était une illusion. J'ai à peine hésité avant de décider que la vie de cet enfant était moins importante qu'une occasion de tuer Kabuto. Le fait que je me trouvais dans une illusion ne change en rien le choix que j'ai fait. Kabuto l'avait très bien compris. Je n'oublierai jamais ce qu'il m'a dit avant de disparaître…

- Qu'a-t-il dit ?

- « Pas besoin de réelle victime pour faire de toi une meurtrière. Je me demande si tu seras capable de vivre avec du sang sur les mains ? Même s'il n'est pas réel, je suppose qu'il peut faire autant de dégâts que du vrai. » récita amèrement Sakura sans aucune difficulté, s'étant répété tellement de fois ces mots remplis de venin. Et il avait l'air tellement fier de lui en me disant ça, cracha la jeune femme.

- Tu ne peux pas t'en vouloir pour ça Sakura. Les décisions que l'on est forcé de prendre pendant la guerre… Elles… Tu ne peux pas considérer que tu étais dans une situation normale !

- Alors parce que ce n'était pas une situation normale, j'avais le droit de décider de qui devait vivre et qui devait mourir ? Qui suis-je pour prendre une telle décision ? hurla-t-elle, laissant l'hystérie prendre le dessus.

Sasuke resta muet, ne sachant que dire devant la rage et le chagrin si intenses qui émanaient de la jeune femme. Il n'avait aucune idée des mots qui pourraient la libérer de cette si profonde culpabilité. Il ne savait tout simplement pas quoi lui dire. Alors il décida d'agir.

...

Il avait été tellement rapide que Sakura ne l'avait même pas vu se déplacer. Elle mit quelques secondes à comprendre que son coéquipier l'enlaçait, la serrant à lui briser les os. Comme s'il voulait lui assurer par son étreinte qu'il était là, qu'elle n'était plus toute seule. Mais la jeune femme était tellement en colère contre elle-même qu'elle ne pu se résoudre à le laisser faire.

- Lâche-moi ! hurla-t-elle en se débattant de toutes ses forces. Lâche-moi ! répéta-t-elle hystérique.

- C'est hors de question, asséna Sasuke. Ecoute-moi bien parce que je ne le répèterai pas : je te pardonne Sakura. Je te pardonne, dit-il en martelant chaque mot. Si tu n'es pas capable de le faire, je le ferai à ta place. Tu es pardonnée Sakura. C'est fini, tu es pardonnée… lui répéta-t-il plusieurs fois sans desserrer son étreinte.

« Pardonnée… Pardonnée… »

Le mot résonna de nombreuses fois dans la tête de Sakura qui laissa échapper plusieurs sanglots, se laissant aller contre la poitrine de Sasuke. Celui-ci lui caressa doucement les cheveux et déposa plusieurs baisers sur son crâne. Devant toute la douceur avec laquelle Sasuke accomplissait ces gestes, Sakura ne put s'empêcher de pleurer toute sa peine, sa colère et son amertume. Elle pleura longtemps, déversant tous ses sentiments si longuement enfouis et Sasuke la laissa faire. Il se contenta d'être là, de la serrer contre lui pour lui faire comprendre qu'elle n'était plus seule, qu'il restait là.

Seulement, lorsqu'elle eut fini de pleurer, elle s'écarta légèrement de Sasuke et dit d'une voix enrouée par les sanglots :

- Ça…Ça ne change rien à ce que j'ai fait… murmura-t-elle alors que le jeune homme se crispait en entendant ses mots. Comment est-ce que je pourrais te regarder en face maintenant que tu sais tout ? Comment est-ce que je pourrais regarder les autres en face lorsqu'ils seront au courant ?

- Alors tu vas choisir la solitude une nouvelle fois ? répliqua Sasuke. Comment peux-tu laisser Kabuto avoir encore une telle influence sur toi ! Si… débuta-t-il hésitant, si tu restes avec moi, je ferai tout mon possible pour que tu sois heureuse. Je ne peux pas te promettre que chaque jour sera une fête parce que je n'ai pas ton assurance… Mais je peux te promettre de tout faire pour que l'on soit heureux. Si tu n'es pas à mes côtés, mon retour à Konoha n'a aucun sens, termina-t-il en rosissant discrètement.

« Ces mots… On dirait… Ils ressemblent tellement… pensa-t-elle, confuse. »

- Je n'aurai pas pu oublier ce que tu as dit le jour de mon départ même si je l'avais voulu, murmura Sasuke qui avait deviné son trouble. Je…Je suppose que réutiliser tes mots est maladroit mais… commença-t-il, mal à l'aise.

- Non, chuchota Sakura, lui coupant la parole. C'est… Merci, dit-elle d'une voix serrée par l'émotion.

- Sakura… Laisse-moi t'aider… Laisse-moi te guérir.

- Je… Je ne sais pas Sasuke, murmura-t-elle d'une voix faible. Je ne peux pas oublier ce que j'ai fait, je n'y arrive pas…

- « Nul châtiment n'est pire que le remords » Sakura, récita le jeune homme. Et je pense que tu t'es déjà suffisamment punie… Maintenant, il faut recommencer à vivre.

- Mais comment ? demanda-t-elle, les yeux emplis d'incertitude.

- En t'accordant enfin le pardon que tu mérites. S'il le faut, je te rappellerai chaque jour que tu es quelqu'un de bien, que tu mérites de connaître le bonheur. Tu ne seras plus jamais seule, je t'en fais la promesse. Alors laisse-moi t'approcher, laisse-moi… t'aimer, termina Sasuke en hésitant sur les derniers mots.

Sakura le fixait, indécise, nageant dans un océan de confusion. Devait-elle vraiment se pardonner ou devait-elle continuer à expier son péché ? Elle vit le jeune homme qui lui faisait face tendre doucement sa main dans sa direction, dans une posture interrogatrice. Encore perdue, elle ne réagit qu'au bout d'une longue minute, alors que ce dernier commençait à baisser sa main, l'air déçu.

Sasuke sursauta en sentant un léger frôlement contre ses doigts. Un frôlement qu'il n'espérait plus. Il releva la tête, se perdant dans le regard brillant de Sakura qui resserra ses doigts fins sur sa main. Il était là. Il était là pour elle alors elle allait faire un acte foi.

Elle choisissait la vie.

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La lune éclairait délicatement les deux silhouettes endormies sous les draps. La nuit était calme et la brise légère qui passait à travers la fenêtre entrouverte faisait doucement voleter les rideaux. Un premier bruissement de draps se fit entendre, rapidement suivi de plusieurs autres.

« … je serais curieux de savoir comment réagiraient tes amis s'ils étaient au courant… Qu'en penses-tu ? »

« Non, arrête ! »

Sakura se réveilla dans un sursaut, le souffle court. Elle fixa le plafond pendant plusieurs secondes, essayant de calmer les battements endiablés de son cœur qui raisonnaient dans sa poitrine.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda une voix endormie à ses côtés.

- Rien, seulement… Seulement un cauchemar…

- Rendors-toi Sakura, je reste avec toi. Tu n'es plus toute seule, dit doucement Sasuke en l'enlaçant.

- Je sais… Merci d'être là, répondit-elle en se blottissant contre lui.

- Toujours, promit celui-ci en retournant dans les bras de Morphée.

La tête enfouie dans la nuque de son compagnon, la jeune femme prit une profonde inspiration, inhalant le parfum apaisant du jeune homme. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu'ils étaient ensemble et Sasuke avait tenu sa promesse : elle n'avait plus jamais ressenti la solitude. Alors, peut-être qu'il n'était pas l'homme parfait, qu'ils se disputaient souvent pour des broutilles à cause de leurs deux forts caractères, mais il avait toujours été là pour elle.

Elle repensa aux paroles que Saï avait prononcé quelques mois plus tôt et auxquelles elle s'était raccrochée comme elle avait pu : « Ça va aller Sakura, ça va aller. ». Elle remercia mentalement son ami : si elles avaient été de simples paroles dites sur le moment pour la rassurer, c'était en partie grâce à lui qu'elles étaient devenues vraies. Grâce à Saï qui l'avait soutenue et avait fait de son mieux pour l'aider. Grâce à Saï qui, lui avait raconté Sasuke, avait dit qu'un peu d'honnêteté, même blessante, pourrait faire du bien à tout le monde.

C'est en repensant à ces paroles qu'elle laissa échapper ces quelques mots magiques que ni Sasuke ni elle n'avaient encore osé prononcer : lui par embarras et elle par crainte des conséquences.

- Je t'aime

Les battements d'un cœur qui n'était pas le sien s'accélèrent brutalement et Sakura comprit, mortifiée, que Sasuke ne dormait absolument pas. Elle essaya rapidement de se libérer de son étreinte, trop gênée pour lui faire face mais ce dernier l'en empêcha, refusant de la laisser partir.

- Ne fuis pas, murmura Sasuke dans le silence de la nuit. Ne fuis plus jamais, la pressa-t-il en la faisant lui faire face.

La douce lumière de la lune les éclairant tous les deux, Sakura discerna sans peine les yeux de Sasuke, brillant d'émotion mal contenue.

- Comment est-ce que tu peux seulement encore douter de mes sentiments ? souffla-t-il amusé. Evidemment que je t'aime idiote… reprit-il.

Mais « idiote » semblait être dit avec tellement de tendresse, tellement d'amour que Sakura ne put empêcher quelques larmes traîtresses de couler le long de ses joues. Sasuke laissa échapper un rire léger et l'enlaça de nouveau, déposant un baiser aérien sur ses lèvres.

Un baiser au goût de promesses non dites. Un baiser au goût d'avenir.

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Fin

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Voili voilou ! ^^ Pour ne rien vous cacher, c'était ma première histoire où il y avait un peu de romance : autant vous dire que je suis aussi à l'aise qu'un éléphant en tutu pour les choses de l'ammûûûr (hm hm, désolée).
J'espère vraiment que vous avez aimé ! N'hésitez pas à me laisser une review pour me donner votre avis ! J'accepte tout : les critiques, les conseils et les compliments (ça ne coûte rien d'espérer ^^) !
Plein de bisous et à très vite !