Dragonna : Bon ben, pour Sion et Dhokko, d'accord? Alors moi je dis qu'ils n'ont pas le même âge, pour la bonne raison que je pense que Dhokko vieillit moins vite que les autres chevaliers. À ce que j'en sais, il vieillit seulement d'un jour chaque année (ça c'est s'il le veut) en ralentissant son rythme cardiaque. Ce qui est vraiment pas mal, mais bon, il doit pas faire ça tous les ans, alors peut-être qu 'il a le même âge que Sion, (moi avec mes connaissances là-dessus, j,ai lu que trois des mangas et vu qu'un épisode de l,anime, alors. . . )moi je n'en sais rien, je suis pas là pour tracer l,arbre généalogique des chevaliers, mais pour jouer Cupidon avec! Alors oui, Dhokko va finir avec Sion, mais avant, ils vont souffrir (mon coté sadique doit bien ressortir dans chacun des couples et tant pis si je suis trop durs avec certains d'entre eux. (Mes préférés souffriront le plus, ça vous prévient déjà) La question qui reste à se poser c'est : lesquels sont mes préférés?

Je te le laisse là-dessus.

Camus I

Ces cheveux étaient bruns, longs, soyeux. Elle venait de les brosser. Son corps était musclé et tendu. Ses yeux s'ouvrirent pour la première fois depuis longtemps. L'infirmière sourit, indulgemment, devant l'air presque effrayé de son patient. L'étranger inconnu de toutes les municipalités du pays était resté dans le coma pendant plusieurs semaines. On avait fini par l'identifier comme étant le légendaire chevalier du Verseau, Camus, grâce à un vieux prêtre. La jeune femme avait trouvé étrange, même suspecte la façon qui faisait penser à de la convoitise dont l'homme de dieu observait le chevalier d'or. L'infirmière comprenait par contre qu'ils n'aient pas reconnu le patient avant. Dans l'état où il se trouvait quand on l'avait découvert.

Battant des paupières, Camus essaya de se souvenir, malgré la lumière crue qui lui faisait mal aux yeux, de ce qui lui était arrivé. Il se rappelait la souffrance que lui, Saga, Shura, Mu, Milo et Aiola avait du supporter. Il se rappelait le puit des morts, la mort même, et la noirceur tout autour. La mort, Hadès, Pandore, Athéna, Saga, le complot, la mort, l'obscurité, le froid, Rhadamante, les spectres, la mort de Shaka, Hyoga, sa disparition, Shura, Mu, Milo, Dhokko, Sion, Aiola, le froid, la douleur, le noir, la mort, Athéna morte, le.. . .

Sous le choc de tous ses souvenirs, Camus se dressa brutalement, tremblant de la tête au pied. Autour de lui, tout était clair, aseptisé, froid, vide. Alors quand une main se posa sur son épaule, ce fut beau s'il ne sauta pas jusqu'au plafond.

-Je pensais bien qu'on t'avait donné trop de caféine par intraveineuse, fit l'infirmière en lui offrant un sourire particulièrement apaisant.

Comme par magie, ou plutôt grâce à beaucoup d'effort, Camus se calma. Il portait une chemise blanche, très lâche dans laquelle il avait l'impression de flotter. Et c'était tout. À part que sa tête pesait une tonne et que des images horribles résonnaient dans son esprit. À ce moment, il revit l'ambulance qui venait le chercher après qu'il soit échouer du monde des morts. Il ressemblait à un zombi alors. Mais ça restait vague. Très vague. Presque trop. Se tournant un peu vers la jeune femme qui le tenait par l'épaule, le Verseau ne pu s'empêcher d'ouvrir de grands yeux. Il n'était pas habitué à voir de femme aussi belle. Il décida de se débarrasser de sa soudaine gêne à l'aide d'une judicieuse question.

-Qu'est-ce que je fais ici?

-Cela fait 3 semaines que vous êtes dans le coma, je m'occupe de vous depuis qu'on vous a trouvé. Vous savez que vous avez guéri drôlement vite avec l'état dans lequel vous étiez au départ, déclara-t-elle.

-Peut-être, mais, dans quel pays sommes-nous? Comme a son habitude, l'adulte préférait ne pas prendre quatre chemins différents pour savoir ce qui l'intéressait.

-Mais au Canada! Tu es amnésique ou quoi? S'inquiéta la jeune femme.

La question qui vint alors lui brûlé les lèvres, le Verseau n'osa pas la poser. Mais comment avait-il bien pu atterrir ici? Comment et pourquoi? Il jeta un autre coup d'œil vers l'infirmière avant de détourner le regard. Elle avait des cheveux bleu gris, avec des mèches noires et d'autres argentés, des yeux sombres et troublants. Une posture et un corps. . .

-Un vrai péché à regarder, n'est-ce pas Camus? Fit une voix loin d'être inconnu au blessé, puisqu'elle appartenait au fameux prêtre qui l'avait reconnu auparavant pour l'hôpital. Le vieil homme venait juste d'entrer.

L'infirmière se retourna vers le nouveau venu, l'air outrée. Elle était habillé normalement et cet homme trouvait pourtant toutes les occasions possibles pour l'insulter ou la couvrir de propos honteux. En reconnaissant le pasteur qui s'était occupé de lui dans son jeune temps, le chevalier sentit une colère et une terreur innommable l'envahir.

-À votre place, je ne dirais pas ça, fit-il simplement en regroupant ses couvertures autour de lui, de façons préventives.

-Tu as raison, murmura le vieil homme en laissant les mots chatouiller son palet. Mon fils, nous connaissons tout deux des pécher bien plus graves et plus intéressants.

Le ton mielleux de l'adulte rappela à Camus ses pires souvenirs. Ceux de ces nuits glacials et qu'il aurait voulu si lointaines, où le pauvre gamin qu'il était avait du vivre les caprices du prêtre. Il baissa la tête, sous les images que rappelaient en lui les paroles de cet être qu'il avait appelé père autrefois. Les douleurs qui s'acclimataient à sa peau, prenait le rythme des battements de son cœur et se perdaient dans ses cris.

Les soirs passés dans ses bras forts et durs, à pleurer, sangloter parce que trop souvent, il avait souffert deux fois plus en se débattant face au mal. Cet enfer auquel il avait failli s'abandonner avait duré prêt d'un an. C'était par sa faute que le Verseau avait renié la religion chrétienne. Par sa faute si l'enfant avait fui la France, puis l'Europe pour échapper à ses églises qui lui rappelaient ses supplices. Il avait fui jusqu'en Russie, pour trouver le froid mordant qui saurait gelé ses blessures et ses souvenirs.

La glace que Camus avait appris à contrôler, à faire sienne, pour figer sa mémoire et l'empêcher de ressasser sa douleur. Cette glace, il la sentait fondre en ce moment. Et c'est pourquoi il tremblait un peu quand il releva la tête pour dévisager l'homme de dieu (qui devait plus prêcher par le diable que par le seigneur).

-Vous savez, ce n'est pas parce que vous avez identifié mon patient que vous devez venir l'embêter juste comme il vient de se réveiller. Il a traversé un dur traumatisme et je ne crois pas que vos trucs d'églises puissent. . .

-Ce sont des trucs qui ne se font pas dans une église ma fille, mais sous des arbres en formes de crois, par contre, l'interrompit le prêtre en lançant un regard terrible à Camus, un sourire machiavélique sur ses lèvres fanées.

-Vous êtes trop vieux pour ça, alors filez avant que je ne vous balance au soin intensif, rappliqua le Verseau, l'air plus froid que jamais.

-Tu ne m'en veux donc pas tant que ça, sourit le pasteur.

-Si vous ne le faites pas sortir d'ici dans les prochaines secondes, il passe par la fenêtre, je vous préviens, ajouta Camus à l'intention de l'infirmière. Celle-ci, devant son regard noir, accepta sans rien dire. Elle fit donc sortir le curé, en lui lançant des regards courroucés par ses œillades vicieuses.

Quand elle revint, elle retrouva le chevalier, la tête à demi baissée, les épaules voûtées, tremblant de la tête au pied, comme s'il supportait un terrible poids. Celui du passé. Ses cheveux longs, bruns et soyeux traînaient autour de son visage comme pour le cacher du reste du monde. Sa respiration devenait saccadée comme la lutte intérieure à laquelle il se livrait le déchirait un peu plus. Hadès, la mort, le suicide d'Athéna, le visage de Hyoga avant qu'il ne disparaisse, le froid, la nuit, son enfance brisée par le prêtre et ses nuits de cauchemar, ses amis, chevaliers d'or, périssant autour de lui, sa trahison, la mort, le froid, la peur . . .

Tous ses souvenirs affluaient en lui, tout à la fois, douloureux, amers et durs. Toutes ses peines et toutes ses peurs. À ce moment, il se sentait si faible.

Camus réprima un cri, fermant les yeux pour ne pas pleurer, secouant la tête comme si ça pouvait en chasser ses horreurs. Devant le spectacle qu'il offrait, l'infirmière qui avait déjà deviné avoir à faire à un jeune adulte torturé cru comprendre une bonne part de ses tourments. Elle posa une main rassurante sur son épaule, forçant ses tremblements à s'arrêter.

-Je suis désolée d'avoir laisser ce type vous voir, il n'était pourtant pas censé y avoir de visites permises pour vous avant que vous ne soyez sorti du coma.

-Arrêtes de me vouvoyez, ordonna t'il en se débarrassant de la main qui cherchait à le calmer. Il ne supportait plus depuis longtemps que quelqu'un le touche. Elle obéit, s'assit sur le bord de son lit, devinant à l'avance ce qui, normalement, devrait suivre. Mais elle ne connaissait pas encore très bien Camus.

-Ton nom, finit-il par dire, pour meubler le silence oppressant qui les entourait.

-Allanah, murmura t'elle en cherchant à capter son regard. Ce pauvre homme avait beaucoup souffert et la Canadienne s'était toujours promis d'aider son prochain, peu importe ce qu'il lui en coûterait.

-Allanah, répéta le guerrier, doucement, pour bien goûter chaque syllabe. Eh bien, Allanah, je vais êtres franc, je voudrais quitter cet endroit le plus vite possible. Me trouver un appartement pour quelque temps, une bibliothèque pleine à craquée, un travail et un billet pour la Grèce.

-Tu devrais commencer par penser à la paix intérieur.

-Peut-être, accorda t'il, mais avant, je veux savoir ce que je dois faire pour avoir le reste.

-Tu es du genre obstiné toi, observa la jeune femme en démêlant une de ses mèches brunes à l'aide de ses doigts. Étrangement, même pour lui-même, le Verseau ne réagit pas à sa marque de compassion. Peut-être parce qu'il sentait les bonnes intentions qui poussaient Allanah à agir ainsi.

-Alors, redemanda t'il en daignant tourner son regard qu'il aurait voulu dur vers elle.

-Tu dois accepter d'avoir une infirmière chez toi, pour te surveiller jusqu,à ce que tu ailles mieux et oublier le travail et la Grèce.

Devant ses yeux noirs hallucinants, le chevalier ne su pas quoi faire. Et i ne pensa pas à grand chose d'autre que ce qu'elle venait de lui dire. Déglutissant sous le choc que lui apportaient les papillons flottant dans son ventre quand il croisait le regard de la Canadienne, il parvint tout juste à poser une autre question.

-Je pourrais la choisir, cette infirmière?

-Si ça ne te dérange pas, ce sera très certainement moi, je m'occupe de toi depuis que tu es arrivé ici.

-Bien, dans ce cas, je n'ai plus qu'une question à te poser.

-Je t'écoute.

-Où est-ce que je peux avoir de vrais vêtements?

Le sourire bienveillant qui résulta de son air un peu exaspéré le réconforta plus que n'importe quel parole lancée en l'air par un ami.

Et oui, c'était bel et bien Camus et c'est maintenant fini pour aujourd'hui. Alors salut à toutes mes lectrices qui vont, je l'espère, s'empresser de me reviewé pour me forcer à écrire la suite.