Dragonna :Ikki et Esmeralda, mignon n'est-ce pas? C''était plus fort que moi. Et puis maintenant, pour celles qui ont remarqué son absence, voici Shaka. L'histoire commence peut-être à se répéter mais dis-moi, si tu trouves que la vierge se ressemble ou pas. (Tu l'aimes peut-être pas, mais je ne pouvais pas passer à coté pour la mauvaise raison que je ne le connaissais presque pas. . .) Quant au fils d'Hadès, je vais vous faire une belle fiche documentaire sur lui après le chapitre où il réapparaîtra, pas avant. . . Encore du suspense…
Shaka I
-Faites attention, prévint une vois féminine derrière lui.
Le jeune adulte aux cheveux blonds se retourna, mais il était ralenti par sa confusion. Le guerrier était mort, sacrifié durant son combat contre Saga, Camus et Shura, puis, après leur victoire sur Hadès, comme tous les autres chevaliers d'or, il avait été ramené à la vie. Mais le pauvre était bien loin de son temple en Grèce. Dépaysé, il avait surgi, à demi-mort, en plein milieu d'une rue assez passante. Une dizaine de voitures, de camions et de taxis semblaient prêts à se faire la course.
Une auto filant droit sur lui, Shaka eut tout juste le temps de sauter de coté pour se retrouver sur les rayes tremblantes d'un chemin de fer. Le cri d'un train retentit derrière lui, mais la vierge sentait déjà toute sa force le quitter. .Quel est ce pays de fou? Je n'ai rien fait et ils veulent tous me tuer! » maugréa-t-il en se retournant vers le monstre de fer se dirigeant droit sur lui.
Le jeune adulte sentit que ses jambes allaient se dérober sous lui et comprit qu'il n'avait plus la moindre chance de se tirer de là. Et à ce moment, il fut fauché par un éclair blanc pour se retrouver étendu dans l'herbe tendre longeant le chemin ferré. Sa concentration normalement si grande l'avait désertée sous la file de choc reçu. Quand il découvrit ce qui lui avait sauvé la vie, le guerrier devina que ses séances de méditations ne lui seraient pas permises avant longtemps.
Une jeune femme aux cheveux rouges et au regard bleu comme la mer se tenait au-dessus de lui. Le chevalier, à son simple contact, pouvait dire qu'elle portait un débardeur au décolleté plongeant, une minijupe ainsi que des souliers à talons aiguille qui lui torturaient les pieds. Il n'avait ni le besoin ni l'envie de la voir pour en savoir plus. Mais alors qu'il allait se débarrasser d,elle sans ménagement, Shaka saisit que devant lui se tenait sa salvatrice.
-Non, mais, tu pourrais pas faire un peu plus attention? Et d'ou tu sors pour te planquer au milieu de la rue comme ça? C'est dangereux, ta mère ne te l'as jamais dit? Bon sang, rugit-elle en s'écartant de lui, se dressant sur ses genoux et jetant des regards inquiets autour d'eux.
La vierge réussit tout juste à se redresser sur ses coudes, complètement épuisé. La montée d'adrénaline qu'avait provoqué en lui les deux derniers accidents retombait, pompant le peu d'énergie qu'il gardait de sa renaissance subite. Le pauvre ne pouvait pas dire que la mort et le royaume d'Hadès lui avait permis de se refaire des forces. Au contraire, il ne s'était jamais senti aussi proche de tomber dans les vappes. Ses poumons avaient de la difficulté à respirer de nouveau, ils n'en avaient plus l'habitude.
Et toutes ses couleurs qu'on lui offrait après le néant, le vide noir et blanc. Les sons, les voix, les formes, le vent sur ses joues, toutes ses sensations qu'il avait perdu. S'il avait été assez fort pour, Shaka aurait bien abandonné son masque sérieux pour un éclat de rire. C'était comme s'il était un enfant, redécouvrant le monde avec cette incroyable capacité de s'émerveiller devant tout. Même le regard noir de la jeune fille lui ayant sauvé la vie. « Si c'est ça revivre, je suis prêt à mourir autant de fois qu'on le voudra pour me sentir comme ça. C'est si bon d'échapper à la peur. »exulta-t-il intérieurement.
Comme si les dieux pouvaient entendre ses pensées et s'en offusquer, Shaka vit toute son innocence être remplacée par ses souvenirs les plus douloureux d'un seul coup. Il avait été tué par trois hommes censés faire partie de ses meilleurs amis. Athéna était morte, sous les yeux horrifiés de ses impuissants frères d'armes. Et lui, n'était déjà plus là pour les soutenir. Lui, n'avait jamais semblé être là pour les soutenir. Il était trop froid, trop dur, et sérieux pour ça.
Les souvenirs poursuivirent leur tourmente, devenant de plus en plus clairs dans son esprit. Aiola, Mu et Milo avait été balancé dans le puis des morts, pour y souffrir éternellement. Saga, Camus et Shura avait dévoilé leur machination à Pandore, pour ensuite périr sous le fruit de sa colère et devant leur successeur, les chevaliers de bronze. Sion, après son retour éclair, avait disparu lui aussi et cette fois, pour de bon. Kanon avait fiché le camp on ne sait ou et le seul chevalier d'or restant, c'était le vieux Dokko.
N'en supportant pas davantage, Shaka ouvrit ses yeux les plus bouleversés sur la jeune prostituée qui l'avait secouru. Elle le regardait d'un air compatissant et lui tendit la main pour l'aider à se relever. Elle avait cessé de l'injurier et comprit qu'il était trop faible pour parler beaucoup suite à son traumatisme. Bientôt la vierge fut sur ses pieds, vacillant sur place.
-Tu me fais presque pitié tu sais, fit-elle en lui offrant son épaule pour qu'il s'y appuit et puisse marcher.
-Pas besoin de ça, parvint à dire le guerrier sur un ton chevrotant. Il commençait à se sentir fiévreux.
-Pas besoin de ma pitié ou de mon aide? Demanda-t-elle en le forçant à la suivre.
-Qui? Ou? Voulut-il savoir.
-Je suis Yasmine et on est à Los Angeles, tu sais, aux Etats-Unis. Toi, c'est quoi ton petit nom? Son ton mit le jeune adulte particulièrement mal à l'aise. En fait, presque autant que la manière que la jeune fille avait de se coller contre lui.
-Je.. .Shaka. Qu'est-ce que… ? émit-il d'une voix à peine percevable.
-Je veux bien t'aider, mais il n'est pas question de laisser les flics te ramasser parce que tu titubes comme un ivre mort, alors passe un bras autour de ma taille et appuie-toi sur moi, sans que ça paraisse trop, ordonna Yasmine en forçant la vierge à s'exécuter. À bout de force comme il l'était, Shaka ne pouvait montrer aucune résistance.
-C'est bien ma veine, maugréa la jeune femme. Il fallait que je tombe sur mon premier Apollon sans défense alors que j'avais déjà foutu ma vie en l'air.
-Pas… d'argent, fit-il alors, en considérant avec une certaine crainte tous les bâtiments qui les entouraient, couvrant la ville de lumière et de flash.
-C'est tant mieux, je vois que tu as deviné quel était mon travail. Mais tu sais quoi? La boutique est fermée pour la semaine, t'as pas de chance, mignon.
-Dis pas ça, je déteste. . .
-Les femmes comme moi, n'est-ce pas?
Shaka secoua la tête en raffermissant sa prise sur la taille de la jeune fille. Sa chaleur le réconfortait. Et il avait tellement froid que ça ne pouvait pas lui faire de mal. Yasmine se laissa faire, comprenant un peu le geste de l,adulte, Il n'aimait pas les femmes comme elle, parce qu'il ne les connaissait pas, il ne pouvait donc pas juger. Les cheveux rouges de ce que le chevalier découvrait n'être qu'une toute jeune fille vinrent caresser sa joue. Se sentant faiblir un plus à chaque pas, il se laissa entraîner entre les rues qu'il ne connaissait pas.
D'un pas rendu pressé par le sentiment d'urgence que le blond faisait grandir en elle, la demoiselle le fit traverser la foule de Los Angeles aussi vite qu'elle le pouvait. Ils rencontrèrent des riches comme des pauvres, charognards des trottoirs, travailleuses de nuit, bar d'ivrognes chancelants, voiture de police et limousine, homme de la loi profitant de leur pouvoir abusivement, clochards et enfants abandonnés. La plupart adressèrent de discrets clins d'œil, d'admiratives œillades ou même des bourses pleines à craquer de l'argent qu'elle avait mérité en vendant son corps encore jeune.
-Mais, c'est l'enfer, murmura le pauvre chevalier devant toutes ces horreurs. Pour rajouter à son désarroi, un drogué en pleine crise s'effondra devant eux comme il prononçait ces quelques paroles.
-Bienvenu dans mon monde, répliqua ironiquement la jeune fille tout en le faisant entrer dans une maisonnette miteuse. À l'intérieur, il y avait un lit au matelas défoncé, un divan qui ne valait guère mieux, un frigidaire et une table entourée de trois chaises dont l'une était brisée, Avec une commode encore plus défoncée que le lit, c'était là tout le mobilier de la pièce.
-Bon sang fut le seul commentaire de Shaka devant ce capharnaüm.
-Je suis d'accord, mais tu as le choix, le lit ou le fauteuil?
Sans plus de préliminaires, ne pouvant plus émettre le moindre son, l'adulte s'écroula dans le divan qui était tout proche de lui, tremblant de fièvre. Il était sous le choc. C'était le moins qu'on puisse dire. Il était mort, était revenu à la vie après des dizaines d'atrocités au cours desquelles il n'avait rien pu faire. Une fois vivant, le guerrier avait failli passer sous les roues d'un train pour ensuite voir les plus bas fonds de l'humanité. Ce n'était certes pas l'accueil réconfortant auquel les autres chevaliers avaient eu droit.
Les yeux troublés de l'adulte rencontrèrent ceux, attendris, de sa bienfaitrice. La jeune fille vint se nicher tout contre lui sur le divan, pour lui donner toute sa compassion. Elle n'était pas une mauvaise femme et avait un cœur plus pur que le cristal. La vierge pouvait percevoir les blessures gardées cachées au fond d'elle, celles qui l'avaient menée vers sa vie brisée.
-Je n'ai rien pour ta fièvre, mais tu devrais t'en sortir. Shaka, c'est ça? Tiens bon et ne t'inquiète pas pour moi. Tu me rendras la pareille plus tard, j'en suis sûre.
Dans sa confusion et ses pensées fiévreuses, rien ne sembla plus clair à Shaka qu'une seule idée. « Au nombre de combats que j'ai livrés, sortir cette pauvre enfant de son enfer n'en sera qu'un de plus. Mais cette victoire-là, paraîtra plus que les autres, je le sens, je… je le sais. » se dit-il avant de sombrer dans un sommeil agité.
