Dragonna : D'accord avec toi, Crystal à une très mauvaise opinion des chevaliers, mais tu imagines? Les mauvaises langues pourraient vraiment faire courir une telle rumeur sur eux. Pauvre Athéna. Et notre cher Milo qui se voit être l'heureux récipiendaire (receveur, destinataire, choisi le mot que tu veux) d'une jeune vierge pas trop enchanté par la nouvelle. Tu peux imaginer sa tête, il en revenait pas. Mais comme l'un ne va pas sans l'autre, ami, amant ou pas, voici le chap qui suit celui de Milo. Celui de Camus!
(Au fait, si tu mets très vite une review, j'envoierais le retour à la vie d'Aioro avant de prendre un pause pour les congés scolaire (je serais trois jours sans ordi, il y en a qui vont devoir prendre leur mal en patience…)
Camus II
Camus dormit très mal cette nuit là. Quand il ouvrit enfin les yeux et se redressa dans son lit, à la fin de son cauchemar, il fut soulager de constater qu'il n'était pas seul, attaché à un arbre en flamme, hurlant devant l'ombre de cendre qui tendait ses mains vers lui. Son enfer. Sa peur et sa terreur. Cet arbre en forme de croix, ces flammes qui venaient lui brûler les doigts et l'ombre qui avait exactement la forme hantant ses nuits depuis des années.
Ce cauchemar d'enfant qu'il ne comprenait pas encore, mais qui l'effrayait toujours autant. Le verseau avait bien cherché dans les livres ce que ça signifiait. Il pourrait encore être en train de chercher. Mais ça ne changerait rien.
Alors comme pour le tirer de ses sombres pensées, deux yeux noirs se mirent à briller dans l'obscurité.
-Je t'ai entendu crier, tu as fait un cauchemar? S'inquiéta Allanah.
-C'est si évident que ça, fit semblant de s'étonner le guerrier en parvenant à oublier son mauvais rêve devant le regard compatissant de sa garde infirmière.
-Tu criais, je te dis, j'ai compris assez vite, c'était exactement ce que tu disais quand tu as commencé à sortir du coma, expliqua-t-elle en s'assoyant sur le bord de son lit, comme à l'hôpital.
-Qu'est-ce que je criais? Voulut-il savoir inquiet d'avoir dit quelque chose qu'il désirait gardé pour lui.
-Plein de chose, mais surtout des noms comme Hyoga, Milo, Athéna et puis aussi, ça brûle. Tu pourrais m'expliquer ce que ça veut dire? En se penchant un peu vers lui.
Il se recula sur son matelas, énervé.
-Ce ne sont que des cauchemars, dit-il.
-Tu sais qu'on dit que si on raconte un de nos cauchemars à quelqu'un, on ne le fera plus?
-Bon. Si tu insistes. Il y a… Hyoga par exemple, c'était mon élève, mon apprenti si on veut. J'ai commencé à m'occuper de lui quand il était petit. Jusqu'à ses 16 ans. Ensuite, je suis mort sans avoir le temps de lui dire un mot. J'ai pu lui sourire et je me suis évanoui en poussière.
-Tu ne l'as pas revu depuis?
-Non, fit-il simplement, fâché de s'être confier aussi facilement et encore plus frustré de réaliser que ça lui avait fait du bien. Il ne connaissait Allanah que depuis quelques semaines et pourtant…
-Et Athéna? S'enquit la jeune femme avec une pointe de jalousie dans la voix, que Camus eut plaisir à entendre.
-La principale raison de ma vie de chevalier est de protéger Athéna, et je l'ai vue se suicider sans pouvoir intervenir. J'ai même dû faire semblant d'en vouloir à sa vie et me battre contre mon meilleur ami.
-Milo?
-Oui. Je l'ai trahi ce jour-là et je n'ai même pas pu lui dire que c'était faux. Une comédie quoi, soupira-t-il.
-Mais les autres, ils ont pu le lui dire non? Chercha à le réconforter la jeune Canadienne.
-Bien sûr. Mais j'aurais préféré pouvoir le lui dire moi-même.
-Lui et Hyoga te manques beaucoup n'est-ce pas?
-Je déteste quand tu interprètes mes sentiments comme ça, se renfrogna le verseau en s'éloignant de la silhouette qui essayait de l'approcher pour le soulager de la douleur pulsant au fond de son être.
-Je suis ton infirmière, je dois savoir quand tu souffres pour m'occuper de toi. Et en ce moment, je sais que tu as mal, murmura-t-elle.
Le guerrier grogna son mécontentement. Il l'avait peut-être laisser se rapprocher de lui durant les derniers jours, mais il n'était pas encore prêt à ça. Il n'avait jamais admis le mal qui le rongeait, alors, l'accepter face à elle. Le jeune adulte n'aimait pas être sensible à son passé. Être nostalgique lui faisait peur, parce qu'il aurait pu regretter l'ombre de ses cauchemars.
-Tu n'as pas peur du noir?
-Pourquoi tu me demandes ça? S'énerva-t-il.
-Moi, seule dans l'obscurité, j'ai peur, avoua-t-elle, d'une vois plus légère qu'une plume d'oiseau. D'un ton qui ne mentait pas.
-Tu n'es pas toute seule, s'adoucit-il.
-Camus, réponds à ma question, s'il te plait, le pressa-t-elle.
-Je.. il repensa à l'ombre d'un noir de cendre de son rêve. Aux doigts crochues et sombres tendus vers lui. Ça dépend de quel noir, finit-il par admettre.
-Je sais que tu as mal en ce moment, maintenant tu n'as plus à te battre et tu es confronté à toi-même. Quelque chose dans ton passé t'empêche d'aller plus loin.
-Où tu vas pêcher ça!
-Je suis ton infirmière, je te l'ai déjà dit.
-Tu n'agis pas comme une infirmière, remarqua t'il en se sortant de son lit, nerveusement.
-Tu n'es pas un patient comme les autres, fit-elle en allant et venant dans la pièce sans qu'il puisse voir où elle se trouvait.
La douce lumière du clair de lune vint éclairer la pièce, comme la jeune femme écartait les rideaux de la fenêtre. Camus ne portait qu'un pantalon noir pour dormir, mais il ne se sentait pas gêné pour autant. Il devinait les sentiments de la Québécoise et savait que ses intentions étaient bonnes. Sa robe satinée et sans manche était d'une pudeur presque plus attirante que le touchée si doux dont elle semblait être dotée. Elle était blanche et allait bien à la jeune femme.
-Est-ce que c'est moi qui t'ai réveillé en criant tout à l'heure, ou alors, tu étais déjà debout à cause d'un cauchemar? Demanda-t-il en croisant ses yeux tremblants dans la semi obscurité.
-Quand tu disais, que ça te brûlait, ça avait l'air affreux, peut-être que tu devrais me conter ce rêve là aussi.
Elle vint vers lui et s'arrêta à une distance respectable de quelque pas. Son trouble était visible. Elle avait bel et bien été secouée par un mauvais rêve, exactement comme lui. Un peu comme Hyoga qui revoyait sa mère parmi les morts du naufrage de son navire. La jeune femme avait le même regard que le petit garçon qu'il avait consolé autrefois.
-Allanah, c'est toi qui a mal, ça se voit.
-Quoi? Non, ce n'est pas ce que tu crois.
Visiblement, elle ne voulait pas l'ennuyer avec ses problèmes. Attendri malgré lui, Camus sen oublia l'ombre de ses cauchemars. Il enjamba la peur qui les séparait et prit la jolie brune dans ses bras, avec une douceur qu'il n'avait plus utilisé depuis longtemps.
-Si tu ne veux pas m'expliquer ce qui te met dans cet état, ça ne fait rien, mais tu passeras le reste de la nuit avec moi. Je t'éviterais de faire d'autre cauchemar. C'est le moins que je puisse faire pour toi, murmura-t-il.
-Mais…
-Dis-toi que ce soir, il y a un père qui veille sur toi ou un grand frère. Tu es une enfant et je suis ton protecteur. Un de ceux qui ne veux réellement que ton bien, poursuivit-il en l'amenant avec lui entre les draps de son lit.
-Et, si un jour, je venais à vouloir plus?
-Un autre soir, peut-être.
La jeune femme se serra contre son ami, en l'enlaçant de ses bras elle aussi, pour lui donner le réconfort qu'il méritait. Tous les deux se sentaient, pour la première fois depuis longtemps, en sécurité.
-Merci Camus, sans toi, je n'aurais jamais su qu'il restait des hommes bons sur cette terre.
« Et moi non plus. » pensa-t-il. Mais il garda ses pensées pour lui et posa un très léger, presque fugace baiser sur son front. Une preuve de plus que cette douce Allanah avait su remuer bien des choses en lui.
